Gil Rivière-Wekstein's banner
Gil Rivière-Wekstein's profile picture

Gil Rivière-Wekstein

@AEGRW15,579 subscribers

Rédacteur d’Agriculture & Environnement. Décrypte les politiques agricoles et le lobby écolobio (pesticides, OGM, irrigation…). Inventeur du terme «agribashing»

Shorts

Bizarrement, quand il s’agit de pulvériser un insecticide dans les rues de La Grande-Motte pour lutter contre les moustiques, le 20 heures de France 2 ne met pas de musique anxiogène, ne s’alarme pas sur les effets sanitaires, ne s’interroge pas sur l’impact sur les abeilles et la biodiversité. C’est juste un espoir pour les «habitants excédés». En revanche, dès qu’il s’agit des pratiques des agriculteurs, c’est une tout autre ambiance !

Bizarrement, quand il s’agit de pulvériser un insecticide dans les rues de La Grande-Motte pour lutter contre les moustiques, le 20 heures de France 2 ne met pas de musique anxiogène, ne s’alarme pas sur les effets sanitaires, ne s’interroge pas sur l’impact sur les abeilles et la biodiversité. C’est juste un espoir pour les «habitants excédés». En revanche, dès qu’il s’agit des pratiques des agriculteurs, c’est une tout autre ambiance !

153,569 Aufrufe

S'il y a un domaine dans lequel le député écolo Benoît Biteau est productiviste, c'est celui des vérités alternatives. Car non, Justus von Liebig n'a jamais dit cette phrase sur les semences. Et von Liebig n'est pas non plus le fondateur du Codex Alimentarius, puisque le chimiste allemand est mort en 1873 et que le codex a été créé en 1963 par l'OMS et la FAO.

S'il y a un domaine dans lequel le député écolo Benoît Biteau est productiviste, c'est celui des vérités alternatives. Car non, Justus von Liebig n'a jamais dit cette phrase sur les semences. Et von Liebig n'est pas non plus le fondateur du Codex Alimentarius, puisque le chimiste allemand est mort en 1873 et que le codex a été créé en 1963 par l'OMS et la FAO.

36,588 Aufrufe

Videos

AEGRW's profile picture

Pourquoi les retenues d'eau ne se construisent pas en France. Ce n'est pas technique. • Le constat fait consensus : l'eau tombe en hiver, les cultures en ont besoin en été. Il faut en retenir une part. • La réalité : 400 projets de retenues bloqués, pour l'essentiel pour des raisons administratives et contentieuses. • Trois causes. Le contentieux – chaque autorisation est attaquée. Le principe de non-régression – un décret facilitant les retenues collinaires annulé par le Conseil d'État. Les SAGE – des règles locales plus dures que la loi. • Le cœur du problème : faute de hiérarchie explicite dans le code de l'environnement, l'eau pour la nature pouvait primer sur l'eau pour produire. • Correction 1 : la loi précise qu'aucune sous-priorité ne prime sur les autres. L'eau agricole passe au même niveau juridique que l'eau pour le milieu. • Correction 2 : harmonisation nationale. Un SAGE ne peut plus être plus contraignant que la loi pour les retenues jusqu'à 3 ha. Retenues collinaires de nouveau possibles en zone humide de moins d'1 ha. ➡️ Et un cap inédit : 1 milliard de m³ stockés en plus d'ici 2035, un doublement inscrit dans la loi. ➡️ Le blocage n'était pas technique. Il était juridique. Il se corrige. Ces corrections ne sont pas tombées du ciel : ce sont précisément les demandes que portaient les irrigants dans le débat sur la loi d'urgence agricole. Elles ont été obtenues au terme d'un travail parlementaire, pas concédées, et validées par le Conseil constitutionnel. #Eau #Irrigation

Gil Rivière-Wekstein

13,079 Aufrufe • vor 1 Tag

AEGRW's profile picture

Mythe n°5 : "La France manque d'eau : il faut réduire l'irrigation." Vraiment ? Comparons les chiffres européens. • La France est le 2ᵉ pays d'Europe par l'abondance de ses ressources hydriques (après la Norvège). Ce n'est pas une opinion – c'est la géographie. • Taux de mobilisation de l'eau en Europe : 🇫🇷 France : 20% 🇩🇪 Allemagne : 25% 🇪🇸 Espagne : 29% 🇮🇹 Italie : 32% L'Italie utilise 60% de plus que la France. Personne ne dit que l'Italie "vole l'eau". • L'eau que la France ne stocke pas en hiver part dans la mer. Ce n'est pas vertueux, c'est inefficace. • La solution : stocker en hiver, recycler, dessaler là où c'est pertinent. Pas restreindre. Gérer. #Eau #Agriculture #Irrigation • Et côté pratique, même constat. Part de la SAU irriguée en 2016 : Grèce 23,6%, Italie 20,2%, France 6,8%. Moyenne UE : 5,9%. Surfaces équipées : Espagne 3,6 M ha, Italie 4,1 M ha, France 2,8 M ha. (Eurostat) • Nos voisins irriguent 3 à 4 fois plus intensément que nous, sur des territoires plus secs et plus petits. Et ils prennent les marchés que nous abandonnons. ➡️ Et la comparaison la plus parlante, ce sont les ouvrages. En 25 ans : France 5 à 10 M de m³ de nouvelles réserves. Maroc : environ 2 Mds de m³. Espagne : environ 22 Mds d m³ de stockage. ➡️ Rapportée aux 500 Mds de m³ de pluie que reçoit la France chaque année, notre capacité de stockage agricole équivaut à quelques heures de précipitations. Ce ne sont pas nos ressources qui nous distinguent. Ce sont nos ouvrages. #Eau #Irrigation Annie Genevard Ministère Agriculture et Souveraineté alimentaire Min. Ecologie Territoire Transports Ville Logement Irrigants de France

Gil Rivière-Wekstein

60,065 Aufrufe • vor 6 Tagen

AEGRW's profile picture

L'irrigation favorise les "gros agriculteurs" ? Les données disent l'inverse. • Entre 2000 et 2010 : exploitations irrigantes -22%, non irrigantes -27%. Les fermes qui irriguent ont mieux résisté. Ce n'est pas une coïncidence. • Pourquoi ? Une récolte prévisible = revenu prévisible = survie de l'exploitation. Sans irrigation, une mauvaise année peut être la dernière. Pour une ferme familiale sans trésorerie, c'est existentiel. • L'irrigation ouvre l'accès aux filières contractuelles : fraises, melons, pruneaux, semences, maraîchage. Ce sont des milliers d'emplois ruraux à haute valeur ajoutée. Interdire l'irrigation = importer ces produits. • Les semences de maïs hybride du Sud-Ouest, les pruneaux d'Agen, les melons du Quercy – tout ça, c'est de l'eau. Restreindre l'eau, c'est détruire des filières identitaires. • FNSEA & Irrigants de France, mars 2026 : « Nos productions décrochent les unes après les autres, sans qu'aucune solution structurelle ne soit mise en œuvre. » Derrière -22% et -27%, il y a des fermes qui ferment. ➡️ Sur le cas érigé en symbole par les opposants : dans les Deux-Sèvres, 202 exploitations irrigantes sur 300 sont engagées. À Sainte-Soline, les 26 fermes participantes ont une taille économique similaire ou inférieure à la moyenne régionale. ➡️ Et tous les agriculteurs du secteur, raccordés ou non, profitent de l'allègement des restrictions estivales. #Irrigation #Irrigants #Eau

Gil Rivière-Wekstein

29,973 Aufrufe • vor 3 Tagen

AEGRW's profile picture

Mythe n°4 : «Il est préférable de laisser l'eau dans la nappe plutôt que de la stocker en surface.» L'objection la plus fréquente mérite une vraie réponse. • Parce que toutes les nappes ne se ressemblent pas. Nappe inertielle (Picardie) : l'eau circule lentement, la nappe est une excellente réserve naturelle. Stocker en surface n'aurait aucun sens. • Nappe réactive, fissurée ou karstique (Poitou) : l'eau circule vite et n'y séjourne qu'un mois environ avant de rejoindre l'océan. La nappe déborde l'hiver et se vide seule à l'approche de l'été. • Conséquence directe : le pompage hivernal n'a pas d'effet sur le niveau estival de la nappe. Cette eau part de toute façon à la mer. • Les alternatives ? La recharge artificielle est inutile sur une nappe déjà saturée à 100%. Les retenues collinaires supposent un relief absent des plaines. Le prélèvement en rivière en crue abîme le matériel. • Ordres de grandeur (BRGM, Deux-Sèvres) : remplir les retenues = 1,3% de la pluie efficace hivernale, et -1% sur le débit des cours d'eau. Aucun prélèvement autorisé si la nappe est trop basse. • Patrick Lachassagne, président du Comité français d'hydrogéologie : dire qu'une retenue n'est pas soutenable «n'est factuellement pas vrai», l'impact est «très site-dépendant». ➡️ La question n'est pas s'il faut stocker. C'est où, et dans quelle nappe. #Hydrogéologie #Eau #Irrigation Annie Genevard Ministère Agriculture et Souveraineté alimentaire Min. Ecologie Territoire Transports Ville Logement Irrigants de France

Gil Rivière-Wekstein

53,703 Aufrufe • vor 7 Tagen

AEGRW's profile picture

Mythe n°3 : l’irrigation, ce serait des méga-bassines, une privatisation et un accaparement de l’eau. Trois mots, un même objectif. La guerre du vocabulaire sur l'eau. • «Méga-bassine». Le terme technique est «retenue de substitution» : un stockage d'hiver qui remplace un prélèvement d'été. L'ouvrage ne prend pas plus d'eau, il la prend à un autre moment. • «Privatisation de l'eau». En droit français, l'eau est un patrimoine commun de la nation. Un agriculteur n'achète pas d'eau : il obtient une autorisation encadrée, limitée, révocable, restreinte dès le premier arrêté sécheresse. • Sur le prix : personne ne paie l'eau, ni l'agriculteur ni le particulier. Ce qui se paie, ce sont les services – captage, potabilisation, distribution, collecte et traitement des eaux usées. L'eau brute d'irrigation n'est ni traitée ni distribuée : elle relève d'une redevance de prélèvement, pas d'un achat. • «Accaparement». L'eau potable reste prioritaire en toutes circonstances. L'agriculture est le 4ᵉ préleveur, 10% des volumes, et la première restreinte en cas de crise. • Alors pourquoi ces mots ? Parce que le débat n'est pas technique. Derrière, il y a un projet idéologique assumé : produire moins. Moins d'élevage, moins de céréales, moins d'irrigation. ➡️ L'eau n'est pas le sujet. Elle est le levier. Quand on remplace un nom par un slogan, ce n'est pas un accident de vocabulaire mais une volonté de manipuler le débat. #Eau #Irrigation Annie Genevard Ministère Agriculture et Souveraineté alimentaire Min. Ecologie Territoire Transports Ville Logement Irrigants de France

Gil Rivière-Wekstein

39,842 Aufrufe • vor 8 Tagen

AEGRW's profile picture

Trois leviers pour mobiliser mieux l'eau en France. Aucun n'est nouveau. • Le stockage hivernal. Chaque hiver, des volumes considérables rejoignent la mer sans avoir servi. Et Explore2 projette environ +20% de pluies hivernales en fin de siècle : la ressource à stocker augmente. • La réutilisation des eaux usées traitées. Elle irrigue sans prélever un litre de plus dans le milieu. L'Espagne et Israël en réutilisent une part importante. La France, une fraction infime. • Le dessalement. Éprouvé depuis des décennies à Chypre, Malte, en Espagne, en Israël. Coût énergétique réel, à assumer. En France continentale : aucune unité en service. Ce n'est pas une filière sous-exploitée. C'est une filière jamais engagée – dans un pays qui a des milliers de km de côtes. ➡️ Ce qui manque n'est ni l'eau ni la technique. C'est la décision. ➡️ L'objection de l'évaporation : « 20 à 60% de l'eau stockée s'évapore ». Le chiffre vient d'une étude sur des lacs nord-américains, mal lue : elle dit 20 à 60% DES PERTES, pas du volume stocké. La perte nette réelle : 2,3 à 5% du volume, 7,7% au plus fort d'une canicule extrême (Académie d'agriculture de France). Loin du gouffre annoncé. ➡️ Et le GIEC inclut explicitement le stockage parmi les solutions d'adaptation – à condition qu'il ne soit pas l'unique réponse. À verser au débat : des travaux de l'université d'Orléans concluent que l'évaporation d'une retenue est inférieure à celle d'une zone humide de surface équivalente. L'argument de l'évaporation, appliqué avec constance, condamnerait aussi les milieux qu'on prétend défendre. #Irrigation #Eau #Dessalement

Gil Rivière-Wekstein

10,913 Aufrufe • vor 2 Tagen

AEGRW's profile picture

Mythe n°2 : «Le maïs boit trop.» Ce que cette phrase ignore. • Le maïs est une plante en C4. Sa photosynthèse limite les pertes d'eau par transpiration, contrairement aux plantes en C3 (blé, tournesol, luzerne). Ce n'est pas de la botanique décorative : c'est ce qui détermine sa consommation. • Chiffres : en conditions non limitantes, environ 40 kg de matière sèche par millimètre d'eau et par hectare pour le maïs, contre 25 kg pour le blé ou le ray-grass, 20 kg pour la luzerne (Barrière, 2001). À biomasse égale, le maïs consomme moins. • Le maïs n'est irrigué qu'environ deux mois par an, de fin juin à fin août. Le reste du cycle : la pluie. • Seul 1 hectare de maïs sur 4 est irrigué en France (grain, semence et fourrage confondus). Les 3 autres poussent à la pluie. • Et ça recule. Surfaces de maïs irriguées : -17% entre 2010 et 2020, quand les surfaces de maïs progressaient de +8%. Part du maïs dans les surfaces irriguées : 49% en 2000 → 41% en 2010 → 33% en 2020. (RGA) • L'irrigation ne pèse qu'un quart dans le maïs. Et elle y recule depuis vingt ans. Le «grand assoiffé» n'existe pas. ➡️ Un fait rarement rapporté : lors des grands incendies de Gironde, les exploitations concernées ont toutes été épargnées, ainsi que les habitations situées près des parcelles de maïs. Un couvert irrigué en plein été ne brûle pas comme un sous-bois sec : il fait coupure. La culture désignée comme le symbole du gaspillage a servi de pare-feu à des maisons et à des fermes. #Maïs #Irrigation #Eau Annie Genevard Ministère Agriculture et Souveraineté alimentaire Min. Ecologie Territoire Transports Ville Logement Irrigants de France

Gil Rivière-Wekstein

35,016 Aufrufe • vor 9 Tagen