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Plateforme de la francophonie libanaise et d’Info. entre Orient et Occident : un regard différent pour faire rayonner le Liban en français. Journalisme OSINT

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🇱🇧🇺🇳 Assister à l’évacuation des troupes de la FINUL de la ville de Rachaya Al-Faoukar ravive ce sentiment que le monde entier démissionne face à Israël…

🇱🇧🇺🇳 Assister à l’évacuation des troupes de la FINUL de la ville de Rachaya Al-Faoukar ravive ce sentiment que le monde entier démissionne face à Israël…

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🇱🇧 Lettre ouverte à l’Occident De Michel Bou Rjeily Vous nous avez déçus. Pas seulement politiquement. Humainement. Un jour, lorsque les archives seront ouvertes, lorsque les images ne seront plus noyées dans le flot des réseaux sociaux, lorsque les morts auront retrouvé des noms et non plus seulement des chiffres, il restera une question simple, terrible, irréfutable : comment avez-vous pu regarder cela sans rien faire ? Nous mourrons avec cette vérité dans le cœur : vous saviez. Vous saviez, et vous avez continué à voyager, à consommer, à rire, à bruncher, à débattre du prix du café et des destinations d’été pendant que d’autres comptaient leurs morts. Vous saviez, et l’inconfort de regarder la réalité en face vous semblait plus lourd que le poids de nos cercueils. L’Histoire retiendra peut-être les bombes. Mais elle retiendra surtout le silence. Le silence des démocraties qui parlent sans cesse des droits humains mais deviennent muettes lorsque les victimes ne servent plus leurs intérêts géopolitiques. Le silence d’une Europe qui prétend avoir appris de ses tragédies passées mais qui, aujourd’hui encore, hiérarchise les souffrances humaines. Le silence de ceux qui brandissent la mémoire des génocides comme un devoir moral universel, puis ferment les yeux lorsque les morts d’aujourd’hui deviennent politiquement embarrassants. Nous ne sommes pas des barbares. Nous ne sommes pas des silhouettes exotiques apparaissant entre deux reportages. Nous sommes un peuple ancien. Le Liban existait bien avant nombre des États qui aujourd’hui nous donnent des leçons de civilisation. Le nom de notre terre traverse les textes antiques, les récits bibliques, les mémoires de la Méditerranée. Byblos comptait parmi les plus anciennes cités du monde. Tyr et Sidon commerçaient déjà lorsque d’autres peuples apprenaient encore à écrire leur histoire. Nous avons porté des langues, des savoirs, des cultures, des poèmes, des philosophies et des croyances qui ont traversé les siècles. Et pourtant, notre sang semble moins précieux. Pourquoi ? Parce que certaines vies bouleversent le monde, tandis que d’autres ne dérangent même plus le cours d’un déjeuner. À l’Europe, particulièrement, il faut rappeler ceci : on ne peut pas se proclamer berceau des droits humains et détourner les yeux lorsque ces droits deviennent inconfortables à défendre. On ne peut pas invoquer sans cesse la mémoire de la Seconde Guerre mondiale tout en oubliant que la leçon fondamentale de cette mémoire était précisément de reconnaître l’humanité partout, même lorsque cela coûte politiquement. À la France, il faut rappeler ses propres mots : liberté, égalité, fraternité. Ces mots n’ont aucun sens s’ils s’arrêtent aux frontières de l’Europe. Le christianisme européen, lui aussi, semble avoir perdu quelque chose d’essentiel. Car être chrétien, ce n’est pas seulement préserver des cathédrales ou célébrer des traditions. Être chrétien, c’est reconnaître le visage humain dans celui qui souffre. C’est comprendre que le confort ne peut pas devenir une excuse morale. C’est savoir qu’un silence face à l’injustice finit toujours par devenir une complicité. Et pourtant, nous regardons un continent entier se convaincre que ne rien faire est une forme de neutralité. Mais l’Histoire n’a jamais considéré l’indifférence comme neutre. Elle la considère comme une faillite. Un jour, lorsque notre tragédie deviendra un chapitre de manuels scolaires, beaucoup prétendront avoir été du bon côté. Beaucoup diront : «nous ne savions pas». D’autres publieront des messages de mémoire, déposeront des fleurs, organiseront des conférences, écriront des tribunes sur la paix et la dignité humaine. Mais nous, nous nous souviendrons. Nous nous souviendrons que pendant que nous enterrions nos morts, le monde continuait à vivre comme si nos vies étaient secondaires. Et malgré tout cela, malgré la colère, malgré les ruines, malgré l’abandon, Nous restons humains. Pouvez-vous encore en dire autant ?

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