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J’ai eu un flashback de vous-savez-qui

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J’ai eu un flashback de vous-savez-qui

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C’est la fin, Messieurs. Le blog a cessé d’émettre il y a deux mois parce que : j’ai essayé de reprendre le glorieux football et j’ai échoué. Il y a trois ans, je raccrochai les crampons à cause d’une fracture du crâne. Je me réfugiai dans le travail qui, comme l’alcoolisme, maigrit encore l’homme maigre et engraisse l’homme gras. Je soignai aussi une pubalgie chronique. C’est de là que nous partîmes en juin : douze kilos en-dessous du poids acceptable, muscles atrophiés, pubalgie lancinante. Mais il faut souffrir pour le football : je suivis donc religieusement ce fameux protocole de soin de la pubalgie une trentaine de fois jusqu’à la fin du mois de juillet. Je m’infligeai, tous les matins, trois quarts d’heure d’activation, de mobilité, d’étirements, avec un adducteur qui siffle. Il ne suffit pas de souffrir pour lui, il faut ensuite souffrir par le football : premiers exercices de jonglerie douloureux, quelques passes, pendant la canicule, pour rentraîner l’adducteur au balancier inhabituel que seul le football parmi toutes les disciplines requiert. Le lundi 27 juillet, je repris l’entraînement fièrement avec l’équipe fanion de mon club. Au cours des cinq séances de la première semaine, mon vieux corps me laissa croire que les rêves existaient. Mobilité : je bougeai bien. Puissance : je sprintai avec une légèreté étonnante eu égard à mon grand âge et je n’étais plus que sept kilos en dessous de mon poids de forme. Technique : approximative mais rien d’inquiétant après trois ans sans ballon. Récupération : excellente et je me sentis chaque matin étonnamment revigoré plutôt que courbaturé. Tests physiques le vendredi 31 juillet (pièce jointe n°1): source d’espoir immense, je finis premier du club. Palier 21 et demi au vaméval à la suite d’une préparation estivale minimale (pubalgie oblige). Mon record personnel de 24 et demi ayant été réalisé en 2016 sur une piste en tartan en conditions météo idéales (douceur hivernale), je considérai que 21 et demi sur une piste stabilisée dans ses virages et par 30 degrés équivalait à la meilleure forme de ma vie. 2016 à 2026 : ce vieux corps né au 20e siècle n’avait pas faibli. Les rêves existaient. La soirée de bizutage des nouveaux suivit les tests (pièce jointe n°2). Neuf recrues âgées entre 17 et 20 ans plus une dixième, votre serviteur dont l’âge vertigineux restera secret. Les nouveaux arrivants se succédèrent au micro et firent honneur aux grandes stars internationales de la chanson française : Ninho, SDM, Jul. En doyen je clôturai avec la chanson d’un petit artiste disparu et méconnu, Hier Encore d’Aznavour. Le lundi 1er août, sixième séance, premier ballon, premier contact, un talon adverse cloua la pointe de mon pied au sol qui devint un pivot autour duquel pouvait tourner mon talon, tordant et brisant la cheville. Gonflement dans la minute même veut dire (pièce jointe n°3) : entorse avec arrachement osseux. C’était il y a presque deux mois, je ne peux toujours pas marcher normalement. Fin de saison et je n’ai plus la foi de revenir cette fois. Adieu, beautiful game. Pour des gens comme nous, les rêves n’existent pas.

C’est la fin, Messieurs. Le blog a cessé d’émettre il y a deux mois parce que : j’ai essayé de reprendre le glorieux football et j’ai échoué. Il y a trois ans, je raccrochai les crampons à cause d’une fracture du crâne. Je me réfugiai dans le travail qui, comme l’alcoolisme, maigrit encore l’homme maigre et engraisse l’homme gras. Je soignai aussi une pubalgie chronique. C’est de là que nous partîmes en juin : douze kilos en-dessous du poids acceptable, muscles atrophiés, pubalgie lancinante. Mais il faut souffrir pour le football : je suivis donc religieusement ce fameux protocole de soin de la pubalgie une trentaine de fois jusqu’à la fin du mois de juillet. Je m’infligeai, tous les matins, trois quarts d’heure d’activation, de mobilité, d’étirements, avec un adducteur qui siffle. Il ne suffit pas de souffrir pour lui, il faut ensuite souffrir par le football : premiers exercices de jonglerie douloureux, quelques passes, pendant la canicule, pour rentraîner l’adducteur au balancier inhabituel que seul le football parmi toutes les disciplines requiert. Le lundi 27 juillet, je repris l’entraînement fièrement avec l’équipe fanion de mon club. Au cours des cinq séances de la première semaine, mon vieux corps me laissa croire que les rêves existaient. Mobilité : je bougeai bien. Puissance : je sprintai avec une légèreté étonnante eu égard à mon grand âge et je n’étais plus que sept kilos en dessous de mon poids de forme. Technique : approximative mais rien d’inquiétant après trois ans sans ballon. Récupération : excellente et je me sentis chaque matin étonnamment revigoré plutôt que courbaturé. Tests physiques le vendredi 31 juillet (pièce jointe n°1): source d’espoir immense, je finis premier du club. Palier 21 et demi au vaméval à la suite d’une préparation estivale minimale (pubalgie oblige). Mon record personnel de 24 et demi ayant été réalisé en 2016 sur une piste en tartan en conditions météo idéales (douceur hivernale), je considérai que 21 et demi sur une piste stabilisée dans ses virages et par 30 degrés équivalait à la meilleure forme de ma vie. 2016 à 2026 : ce vieux corps né au 20e siècle n’avait pas faibli. Les rêves existaient. La soirée de bizutage des nouveaux suivit les tests (pièce jointe n°2). Neuf recrues âgées entre 17 et 20 ans plus une dixième, votre serviteur dont l’âge vertigineux restera secret. Les nouveaux arrivants se succédèrent au micro et firent honneur aux grandes stars internationales de la chanson française : Ninho, SDM, Jul. En doyen je clôturai avec la chanson d’un petit artiste disparu et méconnu, Hier Encore d’Aznavour. Le lundi 1er août, sixième séance, premier ballon, premier contact, un talon adverse cloua la pointe de mon pied au sol qui devint un pivot autour duquel pouvait tourner mon talon, tordant et brisant la cheville. Gonflement dans la minute même veut dire (pièce jointe n°3) : entorse avec arrachement osseux. C’était il y a presque deux mois, je ne peux toujours pas marcher normalement. Fin de saison et je n’ai plus la foi de revenir cette fois. Adieu, beautiful game. Pour des gens comme nous, les rêves n’existent pas.

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La pubalgie est sous contrôle ! Je peux trottiner sur terrain souple et faire quelques jongles sans antidouleurs. Je suis allé au stade du village hier soir après le travail pour la troisième fois cette semaine. Trois sorties : j’ai pas croisé un seul groupe d’enfants traînant dans la rue, ou jouant au stade, ou improvisant un match sur la place de l’église comme nous le faisions encore nous autres en été dans les années 2000. C’est pareil à la ville où je passe en voiture. Je me répète, c’est ma marotte, mais c’est un désastre d’ordre CIVILISATIONNEL en majuscules comme ça. Il y a les écrans, il y a des parents craintifs qui n’ont plus confiance dans le monde extérieur, il y a des voisinages chiants qui supportent rien, il y a l’effet de loupe des réseaux sociaux sur la criminalité. Mais des générations entières d’enfants qui ne traînent plus dans la rue et ne jouent plus entre eux dehors sans le contrôle des parents produisent évidemment des adultes différents, fermés d’esprit, pour dire tout ça raisonnablement sans heurter personne. Sans socialisation libre dans la rue, les liens entre les personnes et la compréhension du monde ne se forment plus que dans le privé : dans le jardin ou l’appartement que tu connais déjà avec la famille que tu côtoies déjà. La rue est la meilleure école après l’école. Je suis réactionnaire ! Hier soir, c’était le tournoi de pétanque du vendredi. Toujours un succès. Deux ou trois cent personnes. Le petit Maxence est venu d’Aulnay, un village du département d’à côté, avec ses parents. Il avait pris sa balle espérant trouver ici des garçons de son âge. Quand on prend sa balle, c’est pour ça, c’est pour se faire des copains. Une toute petite balle taille 1, bien mieux que les taille 4 pour peaufiner son toucher à cet âge. Le pays étant finito, il n’a trouvé personne, sauf un vieil homme, moi-même. On a joué jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de lumière, comme quand j’avais son âge, il a marqué un but d’anthologie sur un une-deux légendaire. À peu près Cavani-Suarez contre le Portugal, CDM 2018. Voir pièce jointe. Je n’ai fait que remplir mon rôle, il parlera longtemps de ce but à ses copains d’Aulnay, il reviendra avec eux, il arrêtera jamais le football, le sport se répandra, le pays, peu à peu, par la somme d’un million de petites actions semblables, ressuscitera peut-être. « J’espère qu’il vous dérange pas, hein ! » Oh non, madame, pas le moins du monde. Votre fils est un objet politique. Merci, madame.

La pubalgie est sous contrôle ! Je peux trottiner sur terrain souple et faire quelques jongles sans antidouleurs. Je suis allé au stade du village hier soir après le travail pour la troisième fois cette semaine. Trois sorties : j’ai pas croisé un seul groupe d’enfants traînant dans la rue, ou jouant au stade, ou improvisant un match sur la place de l’église comme nous le faisions encore nous autres en été dans les années 2000. C’est pareil à la ville où je passe en voiture. Je me répète, c’est ma marotte, mais c’est un désastre d’ordre CIVILISATIONNEL en majuscules comme ça. Il y a les écrans, il y a des parents craintifs qui n’ont plus confiance dans le monde extérieur, il y a des voisinages chiants qui supportent rien, il y a l’effet de loupe des réseaux sociaux sur la criminalité. Mais des générations entières d’enfants qui ne traînent plus dans la rue et ne jouent plus entre eux dehors sans le contrôle des parents produisent évidemment des adultes différents, fermés d’esprit, pour dire tout ça raisonnablement sans heurter personne. Sans socialisation libre dans la rue, les liens entre les personnes et la compréhension du monde ne se forment plus que dans le privé : dans le jardin ou l’appartement que tu connais déjà avec la famille que tu côtoies déjà. La rue est la meilleure école après l’école. Je suis réactionnaire ! Hier soir, c’était le tournoi de pétanque du vendredi. Toujours un succès. Deux ou trois cent personnes. Le petit Maxence est venu d’Aulnay, un village du département d’à côté, avec ses parents. Il avait pris sa balle espérant trouver ici des garçons de son âge. Quand on prend sa balle, c’est pour ça, c’est pour se faire des copains. Une toute petite balle taille 1, bien mieux que les taille 4 pour peaufiner son toucher à cet âge. Le pays étant finito, il n’a trouvé personne, sauf un vieil homme, moi-même. On a joué jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de lumière, comme quand j’avais son âge, il a marqué un but d’anthologie sur un une-deux légendaire. À peu près Cavani-Suarez contre le Portugal, CDM 2018. Voir pièce jointe. Je n’ai fait que remplir mon rôle, il parlera longtemps de ce but à ses copains d’Aulnay, il reviendra avec eux, il arrêtera jamais le football, le sport se répandra, le pays, peu à peu, par la somme d’un million de petites actions semblables, ressuscitera peut-être. « J’espère qu’il vous dérange pas, hein ! » Oh non, madame, pas le moins du monde. Votre fils est un objet politique. Merci, madame.

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« ce n’est plus de l’ingérence » « réalisme qui sert la liberté » « narcotrafic » « légitime défense »

« ce n’est plus de l’ingérence » « réalisme qui sert la liberté » « narcotrafic » « légitime défense »

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C’est la fin, Messieurs. Le blog a cessé d’émettre il y a deux mois parce que : j’ai essayé de reprendre le glorieux football et j’ai échoué. Il y a trois ans, je raccrochai les crampons à cause d’une fracture du crâne. Je me réfugiai dans le travail qui, comme l’alcoolisme, maigrit encore l’homme maigre et engraisse l’homme gras. Je soignai aussi une pubalgie chronique. C’est de là que nous partîmes en juin : douze kilos en-dessous du poids acceptable, muscles atrophiés, pubalgie lancinante. Mais il faut souffrir pour le football : je suivis donc religieusement ce fameux protocole de soin de la pubalgie une trentaine de fois jusqu’à la fin du mois de juillet. Je m’infligeai, tous les matins, trois quarts d’heure d’activation, de mobilité, d’étirements, avec un adducteur qui siffle. Il ne suffit pas de souffrir pour lui, il faut ensuite souffrir par le football : premiers exercices de jonglerie douloureux, quelques passes, pendant la canicule, pour rentraîner l’adducteur au balancier inhabituel que seul le football parmi toutes les disciplines requiert. Le lundi 27 juillet, je repris l’entraînement fièrement avec l’équipe fanion de mon club. Au cours des cinq séances de la première semaine, mon vieux corps me laissa croire que les rêves existaient. Mobilité : je bougeai bien. Puissance : je sprintai avec une légèreté étonnante eu égard à mon grand âge et je n’étais plus que sept kilos en dessous de mon poids de forme. Technique : approximative mais rien d’inquiétant après trois ans sans ballon. Récupération : excellente et je me sentis chaque matin étonnamment revigoré plutôt que courbaturé. Tests physiques le vendredi 31 juillet (pièce jointe n°1): source d’espoir immense, je finis premier du club. Palier 21 et demi au vaméval à la suite d’une préparation estivale minimale (pubalgie oblige). Mon record personnel de 24 et demi ayant été réalisé en 2016 sur une piste en tartan en conditions météo idéales (douceur hivernale), je considérai que 21 et demi sur une piste stabilisée dans ses virages et par 30 degrés équivalait à la meilleure forme de ma vie. 2016 à 2026 : ce vieux corps né au 20e siècle n’avait pas faibli. Les rêves existaient. La soirée de bizutage des nouveaux suivit les tests (pièce jointe n°2). Neuf recrues âgées entre 17 et 20 ans plus une dixième, votre serviteur dont l’âge vertigineux restera secret. Les nouveaux arrivants se succédèrent au micro et firent honneur aux grandes stars internationales de la chanson française : Ninho, SDM, Jul. En doyen je clôturai avec la chanson d’un petit artiste disparu et méconnu, Hier Encore d’Aznavour. Le lundi 1er août, sixième séance, premier ballon, premier contact, un talon adverse cloua la pointe de mon pied au sol qui devint un pivot autour duquel pouvait tourner mon talon, tordant et brisant la cheville. Gonflement dans la minute même veut dire (pièce jointe n°3) : entorse avec arrachement osseux. C’était il y a presque deux mois, je ne peux toujours pas marcher normalement. Fin de saison et je n’ai plus la foi de revenir cette fois. Adieu, beautiful game. Pour des gens comme nous, les rêves n’existent pas.

farghie

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C’est reparti comme en 46

farghie

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