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Ferghane Azihari 🌐

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Auteur 📚 L'Islam contre la modernité @PressesdelaCite Chroniqueur au Figaro Magazine et sur France Info TV @Demainlislam et @AlKalam_ENG

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Sur France Culture, mépris et racisme envers les apostats de l’islam. « Quand un Occidental pense contre les siens, il est universel. Quand un penseur du Sud pense contre les siens, c'est un traître », observait le lauréat du prix Goncourt Kamel Daoud. La remarque semble valoir pour Radio France, où, à défaut d’avoir été, pour l’instant, en mesure de parler de mon livre sur le service public audiovisuel, l’une de ses émissions me calomnie. Elle dénigre également deux célèbres dissidentes originaires du monde musulman. Dans l’émission Questions d’islam du dimanche 1er mars 2026, Ghaleb Bencheikh (Ghaleb Bencheikh), producteur de l’émission, réputé être l’une des figures du courant libéral de l’islam et président de la Fondation pour l’islam de France - à qui j’ai envoyé mon livre en espérant une conversation loyale - laisse son invité Shathil Nawaf Taqa me qualifier de « native informant ». Ce dernier, en désignant mon cas, juge par ailleurs « qu’il n’y a rien de pire que le déracinement culturel et intellectuel ». Pour qui vous prenez-vous au juste ? La notion de « native informant » est un terme pseudo-savant, régulièrement utilisé par les racistes, les intégristes et leurs compagnons de route, qui permet à ceux qui l’emploient d’insulter - sans être déférés devant les tribunaux - « d’Arabes de service » ou de « Nègres de maison » ceux qui plaident pour que leur culture d’origine s’affranchisse des institutions les plus avilissantes. Rappelons en effet que la jurisprudence actuelle considère la notion d’Arabe de service comme une injure à caractère racial. Voir cet article du Monde : Pire, non seulement Monsieur Bencheikh laisse son invité verser dans l’assignation identitaire en utilisant un qualificatif raciste, mais il acquiesce ! Il ajoute, lui-même, à la liste de ces « native informant » Taslima Nasreen et Ayaan Hirsi Ali, célèbres militantes des droits humains, respectivement originaires du Bangladesh et de Somalie. La critique des oppressions perpétrées au nom de l’Islam est associée à l’aigreur, à des blessures, des traumatismes ou l’opportunisme. Odieuse pathologisation et dépolitisation du combat de ces femmes. Pas un instant Monsieur Bencheikh et son invité ne rappellent que ces femmes ont toutes les deux été contraintes à l’exil en raison des menaces de mort dont elles faisaient respectivement l’objet au Bangladesh et aux Pays-Bas, Hirsi Ali ayant été obligée de quitter la patrie de Spinoza vers les États-Unis après l’assassinat de son collègue Théo van Gogh par un fanatique musulman. Cela n’est nullement rappelé. Pas un instant Monsieur Bencheikh et son invité ne mettent les critiques de ces femmes en perspective avec le sort que les pays musulmans réservent aux apostats et l’état désastreux des libertés publiques dans le monde musulman. À la 27eme minute de l’émission, Monsieur Nawaf Taqa fait même du Qatar - pays dans lequel il dit avoir travaillé - un pays « extrêmement moderne » sur le plan politique, taisant la dimension théocratique de ce régime, son financement des courants fondamentalistes, les violations des droits humains recensées ainsi que le fait que l’abandon de la religion musulmane y est passible de mort. Tout au plus concède-t-on que ce pays applique une version « rigoriste » et « conservatrice » de l’islam, avant que Monsieur Nawaf Taqa précise qu’il ne confère pas forcément à cette dernière étiquette « une coloration négative ». Nous voilà rassurés. Pour me prendre à partie sans s’exposer à un droit de réponse, Monsieur Bencheikh et son invité s’abstiennent soigneusement de citer mon nom. On parle de « ce jeune homme qui serait né dans une famille musulmane ». Ce qui n’a pas empêché plusieurs auditeurs de me signaler cette séquence, dans la mesure où les descriptions utilisées et thématiques évoquées permettent de m’identifier ainsi que mon livre sans problème. Mon essai est sorti il y a plus d’un mois. Les lecteurs m’ont fait l’honneur de le placer parmi les ouvrages les plus vendus. Et pourtant, la première discussion de son contenu sur le service public audiovisuel - où j’officie en tant que chroniqueur régulier et rémunéré - se fait en mon absence par deux personnalités qui m’assimilent en des termes feutrés à un Nègre de maison. Je suis curieux de savoir ce que Radio France et sa médatrice (La Médiatrice) pensent de ces procédés.

Ferghane Azihari 🌐

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