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À l’extrême-droite la question économique n’est qu’une variable d’ajustement électoral, ce qui ne varie jamais par contre c’est le racisme. Oui le RN est un parti au service du capital et des milliardaires, mais esquiver la question antiraciste est une défaite antifasciste.

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🟥 MEA CULPA de Houria Bouteldja qui répondait aux questions d’Alexis Poulin et Félix Marquardt le 6 juillet dernier. Extrait : « L’un des points de départ, ça a été, effectivement, notre bilan de 30 ans d’antiracisme moral, 30 ans de SOS Racisme. Notre bilan, qui n’est pas que le nôtre, qui est celui des acteurs successifs des luttes dites de l’immigration, tous ceux qui se mobilisaient contre les violences policières, contre les crimes policiers, contre les discriminations, contre le racisme, etc. Tous ceux qui ont dénoncé le caractère institutionnel du racisme, mais dans les marges, qu’à partir des marges, eh bien tous ceux-là nous ont aidés, nous, à comprendre qu’il fallait en finir avec le paternalisme de l’antiracisme officiel, qui finalement est un antiracisme d’État. Pourquoi ? Pourquoi il fallait d’abord en finir avec cet antiracisme-là ? Parce que, tout simplement, il ratait sa cible. C’est-à-dire : cet antiracisme moral qui a été subventionné, soutenu par l’État, et notamment par les gouvernements socialistes, mais également de droite par la suite ; cet antiracisme moral, cet antiracisme d’État définissait le racisme comme étant : un, circonscrit à l’extrême droite — l’extrême droite, ce sont des racistes, donc c’est eux, et seulement eux. Ou alors, Monsieur et Madame Dupont. Des individus blancs, plutôt des classes moyennes, qui ont des sentiments racistes, et qu’il faut d’une certaine manière éduquer. Ils auraient une espèce de fausse conscience et il faudrait les remettre dans le droit chemin. Mais c’est un racisme individualisé. Eh bien nous, ces deux conceptions du racisme, pour nous, on les a explosées. On y a mis fin politiquement, théoriquement, en disant la chose suivante : le racisme est une affaire structurelle. Le racisme est une affaire d’institution. Le racisme est un phénomène historique. C’est un phénomène qui relève du matérialisme historique. En ce sens, ce n’est pas que l’extrême droite, et je dirais même que l’extrême droite est juste une conséquence du racisme structurel, qui, lui, est la production directe de l’État capitaliste et bourgeois, qui de fait est aussi colonial et impérialiste. Le racisme est une production de cet État dominé par une bourgeoisie capitaliste. Si on ne dit pas ça, on ne dit rien. Quand on sait qu’il est structurel, quand on sait qu’il est systémique, il est hors de question pour nous ensuite — puisqu’ensuite on parle de stratégie — il est hors de question pour nous de faire peser la charge du racisme sur Monsieur et Madame Dupont. Pour nous, le problème, ce n’est pas Monsieur et Madame Dupont. » 👉 Lien pour visionner l’intégralité de l’entretien : Houria Bouteldja Alexis Poulin Felix Marquardt

Mehmet Yildiz

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