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. Comprenez que les peuples ne font que subir. ▶️ 𝗟𝗲𝘀 𝘃𝗿𝗮𝗶𝘀 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗼𝗻𝘀𝗮𝗯𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗰𝗲𝘀 𝗲́𝗹𝗶𝘁𝗲𝘀 𝗮𝗶𝗻𝘀𝗶 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗼𝗯𝗲́𝗶𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁... Un soldat ukrainien 🇺🇦 désespéré envoie un dernier message...

33,943 просмотров • 1 год назад •via X (Twitter)

Комментарии: 11

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Vast Victor 🇫🇷🇨🇭1 год назад

@PLio314940 Que cet homme déserte et se rende aux Russes, il sera traité plus humainement que par son propre gouvernement, qui n'a que faire de son existence à part mener une guerre qui n'est pas la sienne, mais celle d'oligarques supremacistes et de puissances étrangères imperialistes.

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Stella1 год назад

L'autre génocide à 1 million de victimes dont l'occident devra rendre compte Une folie meutrière ochestrée par la mafia sioniste satanique maçonnique nazie pédophile, qui a pris le contrôle de l'occident décadent qui est mort en ukraine et enterré à Gaza

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pergrandis1 год назад

A méditer et surtout à diffuser massivement Le président belliqueux Macron,chef des armées alors qu' il n' a pas fait son Service Militaire, doit être mis hors d 'état de nuire pour le Bien Commun et nos enfants et petits-enfants

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Rock Paper Sizzle1 год назад

🇺🇸 One Nation, under Trump, Stronger THAN EVER. Are you Trump Tough? 💪Tough T's Here:

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Ohanessian Patricia et Chantal1 год назад

Il faudrait diffuser ce message de ce soldat ukrainiens sur toutes les chaînes médias à 20h00.... Que cette guerre s'arrête... 🙏🙏🙏🙏🙏😢😢😢

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ladybird1 год назад

Son témoignage est poignant.💔 le peuple veut la paix .

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Fabio 🇨🇵 #D1 год назад

Et Macron qui veut se mettre à fabriquer des drones tueurs en Ukraine. Le Parlement n'est jamais consulté, depuis 3 ans que ça dure.

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Anne marie Quattrocchi1 год назад

Poignant. C’est triste à pleurer. Et la position française nous dégoûte. La guerre est un crime.

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brandon lee1 год назад

nous en france on n envoie rien... mais on a une grosse salope qui le fait

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Que la lumière soit !1 год назад

J'ai tellement mal pour tous ces hommes qui vivent l'enfer simplement pour que certains s'enrichissent. Ils meurent seuls dans une immense souffrance dans le silence assourdissant du monde.

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Gilles Fred1 год назад

Les anglais aussi sont responsables 😡 Les russes vous feront prisonnier. Juste se rendre🙏

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📻 𝗔𝗟𝗘𝗫𝗔𝗡𝗗𝗥𝗘 𝗖𝗢𝗥𝗕𝗢𝗭 𝗘𝗦𝗧 𝗩𝗘𝗡𝗨 𝗗𝗢𝗡𝗡𝗘𝗥 𝗗𝗘𝗦 𝗜𝗡𝗙𝗢𝗦 𝗠𝗘𝗥𝗖𝗔𝗧𝗢 𝗗𝗔𝗡𝗦 𝗢𝗟 𝗥𝗔𝗗𝗜𝗢 𝟮.𝟬 Extrait de l’émission en podcast en lien ci-dessous 👇 🎙️Alexandre Corboz : « 𝗟𝗮 𝗽𝗿𝗶𝗼𝗿𝗶𝘁𝗲́, 𝗱’𝗶𝗰𝗶 𝗮𝘂 𝟯𝟬 𝗷𝘂𝗶𝗻, 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝗯𝗶𝗲𝗻 𝗱𝗲 𝘃𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲. C’est probable qu’il n’y ait pas forcément une seule recrue avant la fin de l’exercice comptable. Il y aura peut être 1 ou 2 joueurs libres qui vont signer d’ici là mais il ne faut pas s’attendre à des transferts à titre onéreux sur l’exercice comptable. Ensuite, 𝗶𝗹𝘀 𝘀𝗼𝘂𝗵𝗮𝗶𝘁𝗲𝗻𝘁 𝗮𝗷𝗼𝘂𝘁𝗲𝗿 𝟰 𝗷𝗼𝘂𝗲𝘂𝗿𝘀, 𝗵𝗼𝗿𝘀 𝗱𝗲́𝗽𝗮𝗿𝘁, 𝗮̀ 𝗹’𝗲𝗳𝗳𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳 𝗮𝗰𝘁𝘂𝗲𝗹, 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗿𝗶𝗼𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝗮𝗯𝘀𝗼𝗹𝘂𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗽𝗼𝘀𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗺𝗶𝗹𝗶𝗲𝘂 𝗱𝗲́𝗳𝗲𝗻𝘀𝗶𝗳. 𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗬𝗮𝗿𝗲𝗺𝗰𝗵𝘂𝗸, je confirme l’information du Le Progrès OL que je peux confirmer. 𝗟’𝗼𝗽𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗻𝗲 𝘀𝗲𝗿𝗮 𝗽𝗮𝘀 𝗹𝗲𝘃𝗲́𝗲 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗻𝗲́𝗴𝗼𝗰𝗶𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗲𝗻 𝗽𝗿𝗲́𝘃𝘂𝗲𝘀 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹’𝗢𝗹𝘆𝗺𝗽𝗶𝗮𝗸𝗼𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲𝗿 𝗮̀ 𝘂𝗻 𝘁𝗮𝗿𝗶𝗳 𝗿𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻𝗻𝗮𝗯𝗹𝗲. Sur les 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗽𝗿𝗲̂𝘁𝘀, 𝗘𝗻𝘇𝗼 𝗠𝗼𝗹𝗲𝗯𝗲 𝗲𝘁 𝗔𝗚𝗥 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗲𝘂𝗹𝘀 𝘀𝘂𝗿 𝗾𝘂𝗶 𝗹𝗲 𝗰𝗹𝘂𝗯 𝗰𝗼𝗺𝗽𝘁𝗲. Tous les autres repartiront. 𝗟𝗮 𝗺𝗮𝘂𝘃𝗮𝗶𝘀𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗹𝗹𝗲, 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗹’𝗼𝗽𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗠𝗮𝘁𝘁 𝗧𝘂𝗿𝗻𝗲𝗿 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗲𝗻 𝗱𝗶𝘀𝗰𝘂𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗡𝗲𝘄 𝗘𝗻𝗴𝗹𝗮𝗻𝗱. La date limite est le 15 juin. Pour l’instant, il n’y a aucune réponse. Lui, c’est un vrai problème car il touche 2 fois le salaire de Dominik Greif L’idée ne sera 𝗽𝗮𝘀 𝗱𝗲 𝗯𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝘀𝘀𝗲 𝘀𝗮𝗹𝗮𝗿𝗶𝗮𝗹𝗲 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘀𝘁𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘀𝗲𝗿 au niveau de cette saison. Il faut donc se débarrasser de tous les gros salaires qui vont revenir de prêt, notamment pour Duje Caleta-Car. […] 𝗟’𝗼𝗽𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱’𝗮𝗰𝗵𝗮𝘁 𝗱𝗲 𝗡𝗼𝗵𝗮𝗺 𝗞𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮 𝘀𝗲𝗿𝗮 𝗯𝗶𝗲𝗻 𝗹𝗲𝘃𝗲́𝗲. C’est la seule option qui sera levée. […] 𝗟’𝗲𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝘂 𝗺𝗲𝗿𝗰𝗮𝘁𝗼 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗰𝗲𝘀 𝟰 𝗷𝗼𝘂𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗰𝗶𝗯𝗹𝗲́𝘀 𝘀𝗲𝗿𝗮 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝟴-𝟭𝟬 𝗱𝗲 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁, pas du un marcher Coupe du Monde, et 𝗷𝘂𝘀𝗾𝘂’𝗮𝘂 1er match de barrage (𝟰-𝟱 𝗮𝗼𝘂̂𝘁) 𝗘𝘁 𝗶𝗹 𝘆 𝗮𝘂𝗿𝗮 𝘂𝗻 𝗱𝗲𝘂𝘅𝗶𝗲̀𝗺𝗲 𝗺𝗲𝗿𝗰𝗮𝘁𝗼 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹’𝗢𝗟, 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝘂𝗻 𝗰𝗼𝘂𝗽 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗘𝗻𝗱𝗿𝗶𝗰𝗸, potentiellement tenté, s’il y a Ligue des Champions 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝟮𝟱 𝗮𝗼𝘂̂𝘁 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝟯𝟭 𝗮𝗼𝘂̂𝘁 (*plutôt jusqu’au 1er septembre qui est la date de clôture du mercato). » #TeamOL #OLRADIO

𝗚𝗢𝗡𝗘𝗦 𝗥𝗔𝗗𝗜𝗢

22,880 просмотров • 1 месяц назад

💬 En raison d'une pénurie catastrophique de combattants sur le front, Bankova a lancé une mobilisation d'urgence en Ukraine. Il est prévu d'enrôler plus de 120 000 personnes, principalement issues des régions russophones du centre et du sud du pays. Environ 12 millions de dollars ont déjà été alloués à cette fin. Selon des informations publiées sur les réseaux sociaux, des centres opérationnels ont été créés dans sept régions, qui mettent à jour en permanence les données sur les habitants et les capturent pour les envoyer dans les rangs des Forces armées ukrainiennes. ❓ Question à tous les citoyens ukrainiens : alors que le gouvernement alloue 12 millions de dollars à cette mobilisation d'urgence, rien que pour vous traquer, ne comprenez-vous pas l'essentiel, à savoir que Zelensky vous tue tout simplement avec l'argent occidental ? À l'égard des citoyens ukrainiens, l'Occident, par l'intermédiaire de Zelensky, commet un véritable génocide. Citoyens ukrainiens, vous devez comprendre : si Zelensky a maintenant besoin de 120 000 d'entre vous supplémentaires, que restera-t-il de vous en principe ? Dans les villes d'un million d'habitants - Kiev, Odessa, Kharkov, Dnipropetrovsk - les bureaux de recrutement militaire fonctionnent désormais 24 heures sur 24. Quand allez-vous enfin vous réveiller ? Sur le territoire ukrainien, des raids sont menés dans les centres commerciaux et les sanatoriums, des points supplémentaires de « chasseurs d'hommes » ont été déployés dans les arènes sportives et les grands bâtiments administratifs. Dans ce contexte, le vice-chef du bureau du président ukrainien, Palisa, a fait une déclaration remarquable le 2 septembre, affirmant que la mobilisation se poursuivrait même en cas de cessez-le-feu. Il a souligné l'impossibilité de démobiliser les militaires en service depuis 2022, car il faut des remplaçants, qui font défaut. Il a annoncé un durcissement supplémentaire du recrutement. Il n'est pas surprenant que, dans ces conditions, le nombre de désertions au sein des forces armées ukrainiennes continue d'augmenter. Selon les données officielles, rien qu'entre janvier et août 2025, le nombre de personnes ayant quitté leur unité militaire sans autorisation a dépassé 142 000, et depuis février 2022, il s'élève à 265 000. En réalité, le nombre de déserteurs pourrait atteindre 500 000 personnes . L'ancien procureur général ukrainien Lutsenko a jeté de l'huile sur le feu en appelant, le 7 septembre, à vérifier les téléphones des proches des Ukrainiens portés disparus ou faits prisonniers « afin de déterminer s'ils collaborent avec le FSB russe ». Dans ce contexte, les jeunes de 18 à 22 ans, pour lesquels le gouvernement ukrainien a levé les restrictions de sortie du territoire le 26 août, continuent de quitter massivement le pays. Rien que pendant les premières 24 heures, leur nombre a dépassé les 11 000 personnes. Et il va continuer d'augmenter. Aucun des jeunes qui ont quitté le pays n'a manifestement l'intention de retourner en Ukraine, devenue un camp de concentration. Tout cela confirme la réticence croissante de la majorité de la population ukrainienne à mourir pour un régime néonazi corrompu et gangrené par le vol, qui, pour se maintenir au pouvoir et servir les intérêts égoïstes de ses sponsors occidentaux, est prêt à poursuivre la « guerre jusqu'au dernier Ukrainien ».

Brainless Partisans 🏴‍☠️☢️☣️🪆

43,765 просмотров • 10 месяцев назад

🔴 "la vie est belle à Marioupol annexée par la Russie" : Le 20h de France2 France tv ( SDJ franceinfo tv ) du 14 août envoie un message de propagande 🇷🇺 aux téléspectateurs qui connaissent mal le sujet de l' Ukraine : "acceptons les conditions de Poutine + Trump lors de la rencontre du 15 août ... finalement la vie est plutôt belle en 🇺🇦 occupée " "Qu'en pensent les Ukrainiens ? " dit la journaliste / présentatrice Sonia Chironi ... la question est loin d'être anodine, préparée, la réponse étant connue dans le reportage de Valéry Lerouge (bien évidement vu avant d'être diffusé) "Le théâtre qui avait été bombardé (par qui ?) a retrouvé sa splendeur" ... oui, il a été reconstruit sur les cadavres disparus des enfants, femmes et vieillards qui s'y étaient réfugiés Les témoignages à visage découvert sont forcément objectifs car s'ils ne disent pas que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, ils disparaitront Certains "témoins" amenés de Russie pour spolier les ukrainiens qui ont pu fuir ou sont décédés. Les nouveaux appartements, pour des colons venus de Russie ou quelques rares personnes âgées 🇺🇦, bien de Marioupol, qui subissent divers chantages, n'ayant plus rien, pour en avoir un ... en échange promouvoir la propagande russe Ce journaliste ne sait pas comme France 2 que les 🇺🇦 qui ne se plient pas au joug de l'occupant 🇷🇺 n'ont plus aucun droits élémentaires, voire sont torturés, violés, déportés en Sibérie .... ?? bizarre pour un groupe d'information qui a fait de cette phrase son slogan : « L'information n'est pas une opinion » Non, la façon d'annoncer ce reportage totalement favorable aux méthodes de propagande russe, de le présenter le 14 août la veille d'une rencontre importante 🇺🇸 🇷🇺 , ne peut pas être fortuite ... ou alors plus que de l'amateurisme, non ? Alors qui a pris cette décision et pourquoi ?

BMGH 🇫🇷 🇪🇺 🇺🇦

25,772 просмотров • 11 месяцев назад

🇫🇷🇺🇦📽 « Ukraine 2025 : LCI repeint la débâcle en héroïsme » Par Brainless Partisans 🏴‍☠️☢️☣️🪆 LCI a encore osé. Pour masquer le naufrage total du front ukrainien en 2025, la chaîne nous a sorti Pacôme, soldat-parfait-de-studio, visage propre, discours huilé, récit héroïque pré-mâché. Pacôme raconte, LCI avale, et l’effondrement militaire est repeint en “résistance admirable”. Une opération cosmétique qui ferait rougir un chirurgien esthétique de Dubaï. Car 2025, ce n’est plus la guerre : c’est l’autopsie d’une armée. Les rapports occidentaux sont d’une violence que LCI n’a pas le cran de lire à l’antenne : Le Joint Staff US note en mai 2025 que “l’Ukraine ne dispose plus d’unités de manœuvre pleinement opérationnelles”, point final. Le renseignement britannique (DI) signale en février une progression russe “plus rapide qu’attendue”, due à “l’effondrement du volume humain ukrainien”. Budanov, d’habitude grand prêtre de l’optimisme, avoue en avril devant la Rada que “certaines brigades existent sur le papier, mais pas sur le terrain” — autrement dit, des fantômes administratifs. Mais sur LCI, Pacôme nous explique que “ça tient”. Ça tient ? Tient quoi ? Le récit ? La mise en scène ? Sur le terrain, ce n’est pas “tenir”, c’est se dissoudre. Les désertions 2025 sont un scandale étouffé : +42 % depuis l’automne 2024 selon un rapport interne de l’état-major, confirmé par la commission Défense de la Rada. La loi martiale renforcée en mars 2025 a été adoptée dans la panique, car des compagnies entières “disparaissaient” dès qu’on leur ordonnait de retourner au front. Le terme employé dans un mémo du ministère ukrainien de la Défense : “implosion morale”. Les fameuses troupes d’élite ? Un mythe prolongé par des plateaux TV qui ne veulent pas admettre que les 3e, 47e, 92e brigades mécanisées sont déclarées “combat ineffective” depuis mars par EUCOM. Ce n’est plus une armée : c’est un squelette tenu debout par la peur, les intimidations et la propagande. Et l’avancée russe ? LCI continue d’appeler ça “lente”. La vérité : la Russie avance lentement seulement parce que l’Ukraine s’effondre vite. Le BND allemand avertit depuis septembre 2025 que Moscou entrera en phase d’exploitation rapide début 2026. Traduction : ce que LCI appelle “stabilité du front” est en réalité la dernière oscillation avant la chute. Alors oui, Pacôme peut continuer à jouer le figurant héroïque. LCI peut continuer à faire semblant de croire à son conte pour adultes. Mais la réalité, elle, est implacable : 2025 n’est pas l’année où l’Ukraine résiste. C’est l’année où elle cesse d’exister militairement. Et LCI maquille le cadavre.

Brainless Partisans 🏴‍☠️☢️☣️🪆

17,368 просмотров • 7 месяцев назад

🇪🇺🇺🇦 Davos : l’Europe paie, Zelensky insulte, Von der Leyen s’aplatit Par Brainless Partisans 🏴‍☠️☢️☣️🪆 À Davos, Volodymyr Zelensky n’a pas “critiqué” l’Europe. Il l’a méprisée. Il l’a traitée de kaléidoscope fragmenté, de continent perdu, incapable d’influencer Washington. Et il l’a fait devant les caméras, devant les financiers, devant ceux qui savent parfaitement que l’Ukraine ne tiendrait pas trois mois sans l’argent européen. Et que fait l’Union européenne ? Elle remercie presque. Ursula von der Leyen ne répond pas à l’insulte. Elle ne la relève même pas. Elle ne dit pas : « sans nous, votre État est en cessation de paiement ». Non. Elle sort la calculette. Elle aligne les milliards. Comme une comptable prise en flagrant délit de soumission. Zelensky ne mord plus la main qui nourrit : il la piétine Il faut appeler un chat un chat : 👉 l’Ukraine est sous perfusion occidentale totale. 👉 L’UE finance le fonctionnement quotidien de l’État ukrainien. 👉 Sans transferts européens et américains, il n’y a plus de salaires, plus de pensions, plus d’armée, plus d’État. Et pourtant, Zelensky choisit de cracher sur l’UE pour mieux se faire bien voir de Donald Trump. C’est le calcul le plus cynique qui soit : humilier Bruxelles parce qu’elle ne se défend jamais, tout en courtisant Washington parce que Washington décide. Ce n’est pas de la diplomatie. C’est du chantage. Von der Leyen : présidente ou guichet automatique ? La réponse de la Commission est une capitulation publique : « Les chiffres parlent d’eux-mêmes. » Oui, ils parlent. Ils disent que l’Europe est devenue : Un payeur sans autorité, Un financeur sans stratégie, Un acteur sans colonne vertébrale. Près de 300 milliards d’euros engagés, et pas un mot sur : La corruption endémique, L’absence de contrôle réel, La dépendance totale de Kiev, L'humiliation politique publique infligée à l’UE. Même une banque exigerait plus de respect. L’UE : la seule “puissance” qui accepte d’être insultée par ses clients Imagine-t-on : Un débiteur insulter son créancier en conférence mondiale ? Un État sous perfusion humilier publiquement son principal bailleur ? Une institution accepter ça sans réagir ? Non. Sauf l’Union européenne. L’UE a inventé un concept inédit en relations internationales : 👉 la soumission volontaire avec chèque en blanc. Elle finance une guerre : Qu’elle ne dirige pas, Qu’elle ne contrôle pas, Dont elle ne fixera ni la fin, ni les conditions. Et quand le bénéficiaire de cette manne la traite de continent inutile, elle répond : « nous sommes fiers d’aider ». Ce n’est plus de la solidarité. C’est de la servitude. La vérité brute que personne n’ose dire Zelensky ne respecte pas l’Europe parce que l’Europe ne se respecte pas elle-même. Il sait : Qu’elle paiera quoi qu’il arrive, Qu’elle n’osera jamais conditionner, Qu’elle confondra toujours morale et faiblesse. Alors il frappe. Et elle encaisse. En silence. Avec le sourire. Conclusion sans gants À Davos, Zelensky a fait ce que font toujours les acteurs rationnels : 👉 il a méprisé le faible, 👉 courtisé le fort, 👉 et exploité le payeur. Et Ursula von der Leyen a confirmé, devant le monde entier, que l’Union européenne n’est plus une puissance politique mais un portefeuille ouvert avec un drapeau bleu dessus. L’Europe ne perd pas parce qu’elle manque d’argent. Elle perd parce qu’elle refuse d’exercer le pouvoir que son argent lui donne. À ce stade, ce n’est plus une crise stratégique. C’est une déchéance consentie.

Brainless Partisans 🏴‍☠️☢️☣️🪆

11,186 просмотров • 5 месяцев назад

C'est sûrement le plus gros coup de ma vie, j'ai eu une vidéo de José Mourinho pour mon émission le Berrié FC, je vous explique tout 🧶 : LE CONTEXTE. À la base, je devais préparer une émission sur Demba Ba, ancien joueur de Chelsea. Mon émission consiste à retracer la carrière d'un joueur en diffusant des témoignages de joueurs/coachs, qu'il a connus durant sa carrière. Pour plusieurs raisons, l'émission n'aura pas lieu. C'est con mais je voulais quand même partager cette vidéo du Mou, qui était donc pour Demba Ba (en espérant que tu la vois). LE NUMÉRO ? J'ai obtenu le numéro de Mourinho l'été dernier. Un journaliste connu me l'a donné (échange de bons procédés) : j'étais heureux. Mais comme tous les gros numéros, il n'y a souvent qu'un one short pour les contacter. Et il ne faut pas se rater. Je suis parti du principe que je n'avais aucune chance de l'avoir, donc forcément, pas possible d'être déçu 😂. J'ai écrit à Eden Hazard pour cette émission, également. J'ai mangé un gros vent. C'est le jeu. LE DÉROULÉ DES ÉVÉNEMENTS. J'ai envoyé le premier SMS au Mou le 28 novembre dernier. Je me présente, je vais à l'essentiel, pour ne pas écrire un roman. Aucune confirmation de lecture sur WhatsApp, les heures passent. Je me dis que c'est mort mais qu'au moins, j'ai essayé. Un jour passe, puis 2 jours.... Et le 30 novembre, mon téléphone sonne et je vois la notif "Message WhatsApp de José Mourinho". Je te dis pas la sensation de fou... Le message est simple, il me dit "ok". SUFFISANT À MON BONHEUR 🥰🥰🥰. Puis quelques jours passent, et aucune nouvelle de Mourinho. Au bout de 12 jours, je le relance. Aucune réponse. 2 jours après, idem. Je me dis que c'est dead et qu'il a autre chose à faire, notamment gérer une situation tendue avec la Roma. Puis je lui envoie un dernier message. Je lui dis qu'il envoie une vidéo ou pas, cela ne changera rien à l'admiration que j'ai pour lui. Et là, le samedi 16 décembre au soir.... SMS de José Mourinho. Et là, je vois la vidéo. Je vais être franc avec toi. J'ai parlé à des centaines de mecs du monde du foot. Des champions du monde, des grandes stars parfois. Mais l'émotion que j'ai connu avec Mourinho, j'avais pas ressenti ça depuis Lizarazu en 2020. CONCLUSION. Croyez en vos rêves. Des fois, le ténacité et la passion apportent de belles surprises. Demba Ba je suis triste de pas avoir fait cette émission sur toi, j'allais faire de gros trucs tu sais 😂. Finalement, elle n'aura pas lieu et je tenais quand même à partager la vidéo car quand même, on ne peut pas avoir une vidéo d'une si grande légende sans en parler... Je vous invite à liker mon Twitch pour de futurs mois mouvementés avec de belles surprises 😁 🎥🟣

Jérémy Berrié

428,713 просмотров • 2 лет назад

Bienvenue à Sedanka, le premier "Village de la Gloire Militaire" selon la nouvelle propagande soviéto-poutinienne!.. Ici, c’est le décor du naufrage impérial russe : 224 habitants perdus dans la misère du Grand Nord, la merde qui inonde littéralement les rues, la moitié des hommes partis à 7,000km pour aller tuer en Ukraine!. Et pour quoi ? Pour fuir des maisons rongées par la moisissure, sans toilettes, sans eau courante, avec des flaques d’égouts à ciel ouvert… Pour rêver d’un cercueil en zinc — luxe inaccessible chez eux, mais récompense tragique sur le front... Et ce sont ceux qui partent "libérer" l'Ukraine !.. "Libérer" de quoi ?! Des chiottes à l'intérieur ? De l'eau courante ? Des routes sans décharges à ciel ouvert ? Parce que chez eux, dans ce "paradis" de la gloire poutinienne, il n'y a rien de tout ça ! Ils vivent dans une crasse immonde, sans travail, sans avenir, au point de devoir démolir une grange pour fabriquer un cercueil ! Mais au lieu de se révolter contre leurs maîtres qui les laissent pourrir, ils enfilent un uniforme et partent tuer des gens qui, eux, ont des machines à laver ! ..À Sedanka le village d'"Indigènes", tout le monde survit. Plus de cerfs, plus de pêcheurs, la tradition est morte, la dignité aussi! Les femmes restent seules, les enfants n’ont rien, pas de bois pour chauffer, pas de poisson pour manger. La prospérité selon Poutine ? Zéro. Voilà la “Russie éternelle” : humiliée, affamée, sacrifiée sur l’autel de la guerre, traitée comme de la masse servile, et envoyée mourir pour les lubies de papy Poutine. L’école tombe en ruines.. - pas besoin de maths pour la chair à canon, non ?.. Les habitants vivent dans un bourbier, les vaches laitières boivent les eaux usées, et la municipalité gère une toilette commune pour tout le village : la grandeur impériale, c’est ça!. Déchirant et absurde : voilà comment l'État russe transforme ses "petits peuples" (Koryaks, Itelmènes) en chair à canon pour les délires du Kremlin!.. Ils partent tuer des Ukrainiens, sous le mépris de Moscou, pour des miettes, pour croire encore à la "gloire". Et ceux qui survivent ? Enfer, froideur, absence d’aide, promesses non tenues, enfants orphelins, femmes démunies. C'est ça, l'impérialisme russe à l'état pur : transformer ses propres peuples, surtout ses minorités indigènes, en chair à canon corvéable à merci, en leur faisant croire qu'ils se battent pour la "grandeur", alors qu'ils ne fuient que la déchéance que l'empire leur impose ! Des esclaves qui partent en guerre pour imposer leur servitude aux autres ! Quelle pitoyable et sordide comédie !.. Le plus surréaliste ? L’interview de cette femme partie en Transcarpatie, revenue car la langue russe serait "interdite" en 2011!.. Sous le fameux Yanoukovitch, ce pantin de Kremlin !. Mais je crois rêver!.. C'est ça la Russie actuelle: mirage de la propagande, mensonge d’État pour justifier le chaos!. On fuit des "banderovistes" fantasmés pour retrouver la "patrie" de l’humiliation et des champignons qu’on coupe sur les murs pour lutter contre la moisissure!. ..Qu'elle est belle cette Russie du 2025 : un pays où l’on se ment, où l’on piétine ses propres traditions, où la guerre est le dernier espoir pour ceux que le régime a déjà broyés!. Pendant que les médias célèbrent la "participation active" des ses citoyens au massacre, la réalité éclate : la Russie traite tous ses peuples de son empire comme des subalternes jetables ! Elle les humilie, les pousse à la violence, les exporte pour tuer!. Leur seule mission : servir d’outils pour les rêves toxiques d’un Kremlin déconnecté, pendant que le pays pourrit dans la misère. La vérité crue : l’Empire agonise, et sa "Gloire Militaire" c’est la déchéance, la pauvreté et la mort inutile de ses sujets!.. Que nos chers panafricons regardent bien cette vidéo qui montre le paradis russe promis à tous les peuples qui font confiance à Moloch moscovite !.. Vraiment une vidéo à voir absolument !.. Bravo à Денис Казанський pour son travail !.. Voilà l'avenir que la Russie prépare pour sa "zone d'influence" en Afrique !.. Maix SOMÉ Philip Obaji Jr. Les Voix Du Sahel African_bot AEOW/INPACT KOFFI TIME Sephora Kouame Erwan 𝗮𝗯𝗱𝗮𝗹𝗮𝗵 ⴰⴱⴷⴰⵍⴰⵂ !. Pascal Jouary Tristan Mendès France Caroline Fourest vidal elsa @AmourskyCirille choucroute67 ou Kapusta67 🇺🇦 gewurztraminer Myriam F. 🇫🇷🇪🇺 Nicolas Tenzer inna shevchenko Roksolana Le Zelenskyste 🇫🇷🇺🇦 D Mionnet Galina Ackerman Aline Le Bail-Kremer Poutine Khouylo Cartusiafella Phoenix Fella △ 🇪🇺|🇺🇦🇬🇪 BMGH 🇫🇷 🇪🇺 🇺🇦 Gilles Chevalier (2S) ن 🇪🇺 🇫🇷🇺🇦🇬🇪🇮🇱⚓🎗 Maxime Gauin 🇫🇷 🇺🇦 🇪🇺 #ColonisateurUnJourColonisateurToujours #RussieTue #RussieImpérialiste #ChairACanon

Russie Véritable

35,554 просмотров • 11 месяцев назад

Comme annoncé dans une précédente publication, une délégation de cadres de la forêt "mandatée" par le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la présidence de la République, a rencontré vendredi dernier les sages de N’zérékoré, capitale de la Guinée forestière. Selon le porte-parole, Vamougnè Camara, l’objectif est d’informer le patriarcat sur la candidature du général Mamadi Doumbouya à la prochaine élection présidentielle. Une démarche, selon lui, qui ne souffre d’aucune ambiguïté. Ce cadre du ministère de la Fonction publique annonce par ailleurs une tournée du général Amara pour faire passer le message du président de la transition. Nous vous proposons ci-dessous la transcription et un extrait vidéo de sa déclaration au siège du conseil des sages. "On peut prendre l'exemple du Rwanda. On peut même prendre l'exemple de la France avec le général de Gaulle. Ce sont les militaires qui ont tiré le pays de l'ornière pour le mettre sur les rails afin que les peuples voient l'émergence dont ils ont besoin. Cela voudrait dire que nous, les Guinéens, le général Mamadi Doumbouya est notre candidat après l'adoption de cette Constitution. C’est le message. Il n’y a pas d’ambiguïté, il n’y a pas d’équivoque. Nous, les jeunes, toutes les bonnes personnes réfléchies, demandons à ce que le général Doumbouya et le CNRD (Comité national du rassemblement pour le développement) maintiennent le pouvoir à travers cette élection pour faire bouger la Guinée. Entre 1958 et 2024, nous lisons bien entre les lignes. Tous les Guinéens lisent entre les lignes. Pendant trois ans, les actes concrets posés par le CNRD et son président sont visibles et palpables. C'est la raison pour laquelle, entre nous, nous devons nous regarder en face pour nous dire certaines choses. Le général Amara Camara (ministre secrétaire général de la présidence de la République), par la grâce de Dieu, va faire la tournée. Il vient pour faire passer le message du président de la République. Quand il a reçu le message, il a porté confiance à ses frères cadres forestiers pour venir. Nous sommes venus passer ce message à nos sages, à nos doyens, au patriarcat. Dès que le patriarcat est informé, je pense que c'est toute la population de Nzérékoré qui sera informée. Cet honneur est donné au patriarcat..." #Guinée

Facely Konaté

40,298 просмотров • 1 год назад

🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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