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Five Thrones, for Five Queens. 👑 Notre prochain #tournoi sera le #Valorant Queens Clash le 23 & 24 novembre, pour un cashprize de 200€ ! 🔫 Tournoi 100% 𝙛𝙚́𝙢𝙞𝙣𝙞𝙣, 16 ans et Rank Diamant 𝙢𝙞𝙣𝙞𝙢𝙪𝙢 ! 😉 Inscriptions en dessous ⬇️ #OSVWIN

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MlleLulu ♿1 год назад

@aeLkaVLR @SweeN56 @MgaEmma @bubuvlr @MimiTheakawaii @Aly_vlrr @Juliepetitepat

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OSV | #OSVWIN 🔴1 год назад

Bonjour ! Pour faciliter vos recherches, nous avons ouvert un channel "cherche-mate" sur notre discord !

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c'est only fr ?

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[VALO] Journaliste : C’était une première expérience internationale pour une grande partie d’entre vous pendant ce tournoi. Quelles leçons l’équipe en tire-t-elle ? Starxo: La principale leçon qu’on retient, c’est avant tout l’expérience. Jouer sur une scène internationale, c’est complètement différent de jouer à Berlin, dans un studio, devant une cinquantaine de personnes. Notre objectif en venant ici, c’était justement de gagner cette expérience. On n’avait pas énormément d’attentes, parce qu’on est une équipe récente : on travaille ensemble seulement depuis novembre ou décembre. On a aussi deux rookies, pour qui c’était le tout premier tournoi international. Ils sont très jeunes. Et même pour Mini, sans vouloir lui rejeter la faute, c’était aussi une première expérience à ce niveau. Ce ne sont pas des excuses, mais c’est déjà très positif pour nous d’avoir réussi à nous qualifier pour ce tournoi en début d’année. C’est une étape très importante dans notre progression. On ne peut que grandir grâce à ça. Je pense qu’on a montré de belles choses sur Valorant, surtout pendant la phase de groupes. Cette équipe a un gros potentiel. Quelque chose s’est un peu brisé chez nous à partir des playoffs, et c’est un point qu’on va devoir corriger pour le prochain split à Berlin. Honnêtement, je ne suis pas inquiet pour ce groupe. C’est une équipe avec laquelle c’est un plaisir de travailler. Je ne me souviens même pas de la dernière fois où j’ai autant apprécié être avec tout le monde dans une équipe, que ce soit en jeu ou en dehors. Au final, on repart avec de l’expérience, du "plaisir", et aussi toute l’énergie transmise par les fans. On veut revivre ça encore, et même le vivre en permanence. On n’a pas envie de rester à Berlin à jouer sans public. Donc, pour la suite de la saison, notre objectif sera de participer à chaque tournoi international. On va travailler encore plus dur qu’on ne l’a déjà fait et on va continuer dans cette voie, en ajoutant encore un peu plus, pour tout donner.

REACTION GENTLEMATES

21,428 просмотров • 6 месяцев назад

Civilicide : les Frères musulmans veulent détruire la civilisation occidentale de l’intérieur (présentation d'un document secret) Le 24 novembre dernier, Donald Trump a entamé un processus visant à designer certaines branches des Frères musulmans comme organisations terroristes. Il s’agit, pour commencer, des Frères musulmans d’Egypte, de la Jordanie et du Liban qui constituent un collier terroriste et antisémite, encerclant immédiatement Israël et constituant une base arrière limitrophe de repli, pour ce qui reste du groupe terroriste du Hamas. Bien que ce type de classement soit une compétence fédérale, l’état du Texas a inscrit depuis le 18 novembre les Frères musulmans et leur organisation CAIR (Council on American–Islamic Relations) – l’équivalent du CCIF et du CCIE – sur sa liste locale des organisations terroristes. Ce mardi 9 décembre, l’état de Floride a fait de même. Pour nous Français, il faut savoir que la branche frériste du Liban, la Jama’a Islamiya, a été fondée par Faysal Mawlaoui : le même qui a cofondé en 1983 l’UOIF, rebaptisée "Musulmans de France", la branche des Frères musulmans dans l’Hexagone. En 1992, le même a créé dans le Nièvre l’IESH, leur base européenne d’endoctrinement islamiste avec la bénédiction de François Mitterrand. Sans surprise, les relais fréristes et leurs soutiens crient déjà à "l’islamophobie". Un rituel. Cependant, ce sont les Frères musulmans aux Etats-Unis qui ont défini en 1991, «le rôle du frère musulman en Amérique du Nord» comme étant la conduite du «processus du Tawtîne». Ils ont décrit ce processus comme étant «une opération jihadiste et civilisationnelle dans toute la portée du terme, et les Frères musulmans doivent comprendre que leur travail en Amérique est une forme de grand jihad, pour éliminer et démolir la civilisation occidentale de l’intérieur et saboter ses maisons malheureuses de leurs propres mains et celles des croyants musulmans, afin qu’ils soient expulsés et que l’islam domine toutes les autres religions...». Ce passage est extrait du «Mémorandum explicatif du but général du groupe des Frères musulmans en Amérique du Nord» : document confidentiel en arabe de la mouvance aux USA, découvert par le FBI en Virginie lors d’une perquisition en 2004. Ce document de 14 pages et une annexe a été rédigé par Mohamed Akram al-Adlouni : administrateur influent des Frères musulmans aux USA dans les années 80 et 90, haut dirigeant du Hamas à ses débuts. Actuellement, il fait partie des cadres internationaux sulfureux et stratège de la mouvance. Un fanatique antisémite très actif dans l’entretien du récit jihadiste du Pogrom du 7 octobre 2023. Ce document a été approuvé par le Conseil de la Choura des Frères musulmans. La justice américaine l’a considéré comme une pièce à conviction majeure lors du plus grand procès pour financement du terrorisme de l’histoire des USA : le fameux procès de la HLF (Holy Land Foundation) dont 5 de ses dirigeants ont été condamnés en novembre 2008 de 15 à 65 ans de prison ferme pour financement du terrorisme du Hamas. Sur mon site (cf. lien ci-dessous), vous trouverez la traduction en français de ce «Mémorandum explicatif» qui définit le but des Frères musulmans aux USA. Il dit s’inspirer de «la stratégie à long terme que nous avons adoptée et approuvée lors de notre conseil et congrès en 1987» (sic). Cette «stratégie à long terme» est connue aussi sous le titre «Plan de 100 ans» des Frères musulmans, datant du 1er décembre 1982. En effet, après la création du Tanzim international des Frères musulmans en juillet 1982, un rapport top-secret de 14 pages en arabe, intitulé «vers une stratégie mondiale de la politique islamique», a été rédigé par l’instance dirigeante et diffusé sous le manteau entre les cadres fréristes installés dans les capitales occidentales. Comme le révèle le journaliste Sylvain Besson dans son livre La conquête de l’occident : le PROJET secret des islamistes, paru aux éditions Seuil en 2005, ​ce sont des policiers européens qui, en novembre 2001, lors de la perquisition de la luxueuse villa d’un banquier frériste en Suisse, ont trouvé une copie de ce «Projet» qui vise à «rétablir le règne d’Allah sur Terre» sur 100 ans et «mettre un terme à l’hégémonie de la civilisation occidentale sur le monde», par tous les moyens : légaux et illégaux, pacifiques ou jihadistes. Depuis 2001, les services européens et français ont ce plan entre leur main. Depuis 2001, l’UE et l’Etat français laissent faire. Cui bono ? A qui profite le crime ? Que vous soyez spécialiste ou simple citoyen soucieux de l’avenir et du devenir de la France et de la civilisation occidentale, la lecture attentive du «Mémorandum explicatif » précité ne sera pas une perte de temps car il décrit par le menu leur stratégie progressive à 5 étapes, adaptée au pays occidentaux : Tawtîne, Institutionnalisation, Stabilisation, Tamkine et Enracinement. Il détaille le virage institutionnel que la branche américaine a prise dès le début des années 90. Il liste et décortique l’intérêt de 17 institutions spécialisées autour des mosquées et des «centres islamiques» – une sorte de prémices d’un état dans l’Etat et d’une contre-société parallèle – que les Frères musulmans ont créé partout aux USA et en Europe pour atteindre leur but. La vidéo qui vous est proposée ici raconte les circonstances de la découverte de ce document, présente ses acteurs, illustre son contenu et expose l’étendu de sa réussite jusqu’aux hautes sphères du pouvoir politique américain, particulièrement à l’ère des Démocrates. Evidemment, toute ressemblance avec des personnes, ou des associations, ou des situations réelles existantes en France ou ayant existé serait purement fortuite. Ce document interroge l’UE et l’Etat français : stop ou encore ? Enfin, l’on ne dira jamais assez que ce «Mémorandum explicatif» secret et la réalité qu’il a contribué à créer aux USA (et ailleurs) sont avant tout la traduction d’une menace-prophétie vielle de 86 ans, annoncée par Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans. Dans son discours du 4 avril 1939, que les Frères musulmans enseignent toujours en France, Hassan al-Banna a défini la mission de sa mouvance en ces termes : «Quelle est donc notre mission, nous les Frères Musulmans ? En général : C'est de faire face à cette vague tyrannique provenant de la civilisation matérielle, de la luxure et des désirs, qui a emporté les peuples islamiques. Elle les a éloignés de la direction du prophète, de la guidance du Coran et elle a privé le monde de la lumière de sa sagesse, et a retardé son progrès de plusieurs siècles, jusqu'à ce qu'elle recule de nos terres, désespérée de sa survie. Nous ne nous arrêterons pas à cette limite, mais nous poursuivrons la civilisation occidentale jusque dans ses propres foyers, et nous l'anéantirons dans son propre territoire, jusqu'à ce que le monde entier se mette à glorifier le nom du prophète, que toute la Terre soit guidée par les enseignements du Coran, et que l'ombre de l’islam triomphant s'étende sur la Terre.» La traduction de ce "Mémorandum explicatif" ici ⤵️: YouTube :

LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel)

56,724 просмотров • 9 месяцев назад

🇫🇷 30 novembre 1965, le Général de Gaulle intervient pour la 2nde fois pour présenter aux Français sa candidature à sa succession à la présidence de la République : « Françaises, Français, dimanche prochain, en élisant le chef de l'Etat, vous aurez à désigner le Français que vous estimez en conscience le plus digne et le plus capable de représenter la France et de garantir son destin. Car c'est de cela qu'il s'agit. Le Président de la République ne saurait être en effet confondu avec aucune fraction. Il doit appartenir à la Nation toute entière. Exprimer et servir le seul intérêt général. C'est à ce titre et c'est à cause de cela que je demande votre confiance. Cinq oppositions vous présentent cinq candidats. Vous les avez tous entendus. Vous les avez tous reconnus. Leurs voix dénigrantes sur tous les sujets, leurs promesses distribuées à toutes les catégories, leurs appels à l'effacement international de la France, ce sont les voix, les promesses, les appels des anciens partis tendant, quoi qu'ils puissent prétendre, à retrouver le régime d'antan. Aussi le seul point sur lequel s'accordent leurs passions, c'est mon départ. Mais ce n'est pas assez car leurs contradictions mutuelles, leurs clientèles inconciliables, leurs engagements dans tous les sens montrent à l'évidence que l'accession de l'un quelconque d'entre-eux au poste suprême marquerait infailliblement le retour à l'odieuse confusion où se traînait naguère l'Etat pour le malheur de la France. Or ces jeux-là nous ont coûté assez cher pour que nous ayons appris que dans le monde difficile et dangereux où nous vivons, rien de valable ne peut être accompli sans l'adhésion profonde de la Nation à ce qui lui est commun et essentiel. Eh bien, vous le savez, c'est cela que les événements m'ont amené à représenter à travers toutes les tempêtes et par-dessus tous les intérêts, et c'est au nom de cela que vous m'avez donné votre appui. Pour quoi faire ? Pendant la guerre, après le désastre où le régime des partis avait conduit notre pays divisé par eux et privé par eux des armes nécessaires, la Résistance qui aboutit à la victoire, lors de la Libération, un ensemble sans précédent de réformes, comme par exemple la sécurité sociale, les allocations familiales, les nationalisations, les comités d'entreprises, le statut du fermage, le droit de vote aux femmes, etc. Réformes qui en nous évitant de très graves bouleversements remplacèrent le mauvais système du laisser-faire, laisser-passer, réformes auxquelles, après mon départ, le régime des partis se débattant dans l'impuissance n'a rien ajouté. Et puis, depuis sept ans, après son effondrement, devant l'abîme de la guerre civile, et devant l'imminence de la faillite économique et monétaire, commença la marche en avant par l'adoption d'institutions stables et efficaces, la coopération remplaçant la colonisation, le développement planifié, au profit de tous les Français, de notre économie, de notre équipement, de notre enseignement de nos capacités scientifiques et techniques. Bref, l'impulsion dans tous les champs d'action ouverts à nos forces vives, au dehors par une politique d'indépendance et d'équilibre, l'action menée partout en faveur de la paix, notamment en Asie où sévit une absurde guerre, l'effort entrepris pour recoudre notre continent déchiré, d'une part en poursuivant l'organisation de l'Europe occidentale, et d'autre part en nouant avec les pays de l'Est des rapports multipliés, la présence, l'influence, la culture française s'affermissant dans toutes les parties de la Terre. Est-ce parfait, est-ce complet ? Bien sûr que non ! Puisqu'il s'agit d'une oeuvre humaine. Mais cette oeuvre-là, qui s'appelle le salut et puis le début de la rénovation peut bien être décriée par les champions de la décadence. Elle n'en est pas moins évidente, et reconnue du monde entier. Cependant, il faut qu'elle se développe et s'élargisse davantage encore. Oui, la République nouvelle veut que le peuple lui donne, demain, plus tard, et toujours, une tête qui en soit une. Et que l'homme ainsi mandaté pour répondre du destin, notamment dans les jours graves, porte lui-même ses responsabilités. Oui, la République nouvelle veut que notre pays continue d'avancer dans la prospérité suivant ce que prévoit la loi du plan, de telle sorte que les revenus de tous les Français s'accroissent avec le produit national, sur la base d'une économie concurrente avec celle de tous les autres, d'une monnaie inébranlable et de budget équilibré. Oui la France nouvelle, comme la République nouvelle, veulent que tout en restant allié de nos alliés, et amis de nos amis, elles ne pratiquent plus cette subordination à l'égard de l'un d'eux, qui serait indigne d'elle. Et qui pourrait automatiquement, dans certains cas, les jeter dans un conflit qu'elle n'aurait pas voulu. Oui, la République nouvelle veut doter la France d'un armement nucléaire, parce que quatre autres Etats en ont un, parce que tout le monde sachant qu'elle ne menace personne, il se trouve qu'un pareil instrument revêt pour sa défense un caractère de dissuasion incomparable par rapport au système d'autrefois, parce qu'il ne nous coûte pas plus cher et qu'il nous a permis de diminuer de moitié la durée du service militaire. Enfin, parce qu'à notre époque atomique, électronique, spatiale, nous ne devons pas priver la recherche, la science, la technique, l'industrie françaises de tout ce qu'elles peuvent tirer et de tout ce qu'elles tireront pour leurs progrès, pour leurs activités, de cette nécessaire entreprise. Oui, la République nouvelle qui a déployé pour l'union de l'Europe occidentale de grands et constants efforts en partie couronnés de succès, veut que l'édifice s'achève dans des conditions équitables et raisonnables, que l'agriculture française entre dans le marché commun effectivement, et sans que par la suite quelques commissions dites supranationales ou quelques votes à la majorité puissent remettre tout en cause, que si un jour il s'agit de bâtir une organisation politique des six, la France, par l'effet de cette même procédure, ne risque pas d'être entraînée sur notre continent dans une action dangereuse et qu'elle n'approuverait pas. Tout cela se fait de telle sorte que jamais ne soit étouffée aucune de nos libertés, cela se fait en conjuguant et non pas en opposant le courant du mouvement qui porte aux changements et aux réformes, et le courant de l'ordre qui tient à la tradition et à la règle. Cela se fait grâce aux appels que j'ai maintes fois adressés franchement et directement à chacune et à chacun de vous. Dimanche, ce sera le cas, puisqu'il va dépendre de vous toutes et de vous tous que je poursuive ou non ma mission. Le 5 décembre, si vous le voulez, la République nouvelle sera définitivement établie. Alors elle prendra le départ pour une autre étape, d'autant plus ardente et féconde. Il s'agit que pendant le temps où je resterai à sa tête, elle redouble son effort, national et mondial. Qu'après moi, elle demeure, normalement et suivant sa ligne. Enfin qu'au long de l'avenir, elle procure à notre pays ce qu'elle lui assure aujourd'hui, l'indépendance, le progrès, la paix. Françaises, Français, continuons la France ! Vive la République, vive la France ! » Fondation Charles de Gaulle Académie du Gaullisme @CyrilCrusillea2 Kâplan ThinkerView THEATRUM BELLI Jérôme Besnard 🇨🇵 Eric Branca Eric Anceau Patrick Samuel David Lisnard David BELLAMY

🇫🇷 Gaullisme ☨

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Ils ont perdu la vie, assassinés dans un attentat terroriste islamiste il y a dix ans, le 13 novembre 2015. Rendons-leur hommage en les gardant à jamais dans nos mémoires. Fluctuat nec mergitur. Tués au Bataclan : Stéphane Albertini, chef de salle du restaurant italien Chez Livio, à Neuilly, apprécié des joueurs du PSG, cousin de Pierre Innocenti. Nick Alexander, 36 ans, Britannique, originaire de Colchester, amateur de rock, s’occupait des produits de merchandising du groupe Eagles of Death Metal. Jean-Jacques Amiot, 68 ans, Parisien, oncle d’une élue de Quimper, marié, père de deux filles et grand-père de deux petits-enfants, fondateur de la société de sérigraphie Art Go. Thomas Ayad, 32 ans, originaire d’Amiens, chef de produit pour le label de musique Mercury Records, rattaché à Universal Music Group. Guillaume B. Decherf (Barreau-Decherf), 43 ans, natif de la Meuse, journaliste aux Inrockuptibles, chroniqueur de rock. Emmanuel Bonnet, 47 ans, de la Chapelle-en-Serval (Oise), employé à la RATP, joueur de basse, marié, deux enfants, était au concert avec l’un d’eux qui est sain et sauf. Maxime Bouffard, 26 ans, originaire de Coux-et-Bigaroque dans le Périgord, joueur de rugby amateur, Parisien depuis cinq ans, réalisateur. Quentin Boulenger, 29 ans, chef de projet digital chez L’Oréal, originaire de Reims, vivait dans le XVIIe arrondissement de Paris. Élodie Breuil, 23 ans, originaire de Boulogne-Billancourt, étudiante en design à l’école de Condé, dans le XVe arrondissement de Paris. Claire Camax, 35 ans, originaire d’Avignon, dessinatrice graphiste, vivait à Houilles avec ses deux enfants, était au Bataclan avec son mari, blessé. Nicolas Catinat, 37 ans, originaire de Domont, Val-d’Oise, où il était artisan menuisier. Baptiste Chevreau, 24 ans, originaire de Tonnerre (Yonne), musicien, petit-fils de la chanteuse Anne Sylvestre, vivait à Paris depuis cinq ans. Nicolas Classeau, 43 ans, avait été lycéen à Émerainville en Seine-et-Marne, directeur de l’IUT Marne-la-Vallée, où travaillait Matthieu Giroud, père de trois enfants ; sa compagne a été blessée. Anne Cornet, 29 ans, originaire de Ville-Houdlémont, en Lorraine, vivait à Saint-Germain-en-Laye avec son mari Pierre-Yves Guyomard, tué aussi. Precilia Correia, 35 ans, Franco-Portugaise, habitante d’Asnières-sur-Seine, salariée à la Fnac, tuée avec son ami Manu Perez. Elsa Delplace San Martin, 35 ans, Parisienne d’origine chilienne, mère d’un petit garçon de 6 ans, co-fondatrice de l’agence Les Pro’créatives, tuée avec sa mère Patricia San Martin. Alban Denuit, 32 ans, né en 1983 à Marmande, plasticien enseignant à Bordeaux-Montaigne, sculpteur, vivait à Bordeaux. Vincent Detoc, 38 ans, originaire de L’Haÿ-les-Roses, architecte, guitariste amateur, marié, père de deux enfants, vivait à Gentilly. Elif Dogan, 26 ans, Belge d’origine turque, Liégeoise, travaillait dans une société d’informatique avant de rejoindre son compagnon Milko Jozic à Paris. Fabrice Dubois, 46 ans, marié, deux enfants, rédacteur concepteur chez Publicis conseil, notamment pour des publicités pour les chewing-gums Hollywood, vivait à Médan dans les Yvelines. Romain Dunay, 28 ans, professeur d’anglais à l’ensemble scolaire catholique Saint-Michel de Picpus (Paris et Saint-Mandé), et musicien. Thomas Duperron, 30 ans, originaire d’Alençon, responsable communication de la salle de concerts parisienne La Maroquinerie, vivait à Saint-Ouen. Mathias Dymarski, 22 ans, originaire de Metz, ingénieur ESITC (école supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction), considéré comme l’un des plus doués des « streeters » français (pratiquant du vélo acrobatique), tué avec sa compagne Marie Lausch. Germain Ferey, 36 ans, originaire de Vienne-en-Bessin, dans le Calvados, travaillait dans la production et l’illustration audiovisuelle, habitait Paris, était au concert avec son ami Antoine Mary. Grégory Fosse, 28 ans, natif de Gambais dans les Yvelines, programmateur musical pour la chaîne D17, vivait à Paris. Christophe Foultier, 39 ans, directeur artistique chez Havas Life Paris, marié, deux enfants, vivait à Courbevoie. Julien Galisson, 32 ans, originaire d’Orvault (Loire-Atlantique), habitant à Nantes, célibataire, fan de musique, était au concert avec une amie qui a eu la vie sauve. Suzon Garrigues, 21 ans, étudiante en troisième année de licence de lettres modernes appliquées à la Sorbonne. Juan Alberto Gonzalez Garrido, 29 ans, Espagnol, a vécu à Madrid, ingénieur au Centre national d’équipement nucléaire d’EDF à Montrouge, habitait à Paris depuis deux ans avec son épouse, présente avec lui au Bataclan, qui n’a pas été tuée dans l’attaque. Mayeul Gaubert, 30 ans, originaire de Morey en Saône-et-Loire, juriste, Parisien. Matthieu Giroud, 39 ans, originaire de Jarrie (Isère), géographe, enseignant à l’IUT de Marne-la-Vallée dirigée par Nicolas Classeau (voir plus haut), marié, père d’un garçon de 3 ans, vivait à Paris avec son épouse, enceinte au moment de l'attentat. Cédric Gomet, 30 ans, originaire de Foucherans, dans le Jura, Parisien, travaillait pour la chaîne de télévision TV5 monde, guitariste du groupe d’électro-rock « First All The Machines ». Nohemi Gonzalez, 23 ans, Américaine d’origine mexicaine, étudiante en art à l’université d’État de Long Beach, Californie, séjournait à Paris dans le cadre d’un programme d’échange de six mois. Stéphane Grégoire, 46 ans, de Nucourt, dans le Vexin. Pierre-Yves Guyomard, 43 ans, ingénieur du son, professeur de sonorisation à l’ISTS (école de son), marié avec Anne Cornet, morte avec lui (voir plus haut). Olivier Hauducœur, 44 ans, Parisien, ancien élève de l’École nationale supérieur d’ingénieurs de Caen, coureur de cross amateur, travaillait chez Arval, filiale de location automobile de BNP Paribas. Frédéric Henninot, 45 ans, employé de la Banque de France à Cergy, père de deux enfants, était au Bataclan avec sa compagne Stéphanie, blessée. Pierre-Antoine Henry, 36 ans, Parisien, ingénieur (architecte système) chez Sagem puis chez Tns-MARS, marié, père de deux petites filles. Mathieu Hoche, 37 ans, originaire de Siouville-Hague (Manche), cameraman pour la chaîne France 24, père d’un garçon de 9 ans, vivait à Montreuil. Pierre Innocenti, 40 ans, restaurateur, patron de Chez Livio, à Neuilly, qu’il dirigeait avec son frère, à la suite de leurs père et grand-père, tué en même temps que son chef de salle Stéphane Albertini (voir plus haut). Nathalie Jardin, 31 ans, régisseuse au Bataclan, originaire de Marcq-en-Barœul (Nord), Parisienne. Marion Jouanneau, 24 ans, de Chartres où elle a été élève au lycée Marceau, étudiante, assistait au concert d’Eagles of Death Metal accompagné de son petit ami. Milko Jozic, 47 ans, Belge, Liégeois, ingénieur, vivait à Paris depuis plusieurs mois avec sa compagne Elif Dogan, tuée en même temps que lui (voir plus haut). Jean-Jacques Kirchheim, 44 ans, Parisien originaire de Saint-Maur, salarié de Free, amoureux du rock, était au concert avec deux amis et sa compagne, qui ont survécu. Nathalie Lauraine, 39 ans, Russe et Française, mère de trois enfants, était au concert avec son mari qui a été blessé. Marie Lausch, 23 ans, originaire de Saint-Julien-lès-Metz, étudiante en communication à la NEOMA Business school de Reims, en stage à Paris, tuée avec son compagnon Mathias Dymarski (voir plus haut). Renaud Le Guen, 29 ans, habitant de Savigny-sur-Orge, conseiller service chez MAN Truck&Bus (constructeur de camion et d’autocars), était au concert avec sa compagne Floriane, rescapée. Gilles Leclerc, 32 ans, fleuriste à Saint-Leu-la-Forêt, fan de rock et de formule 1, était au Bataclan avec sa petite amie qui est saine et sauve. Christophe Lellouche, 33 ans, Parisien, musicien, avait créé une agence de communication, Luminol. Cécile Martin, 33 ans, parisienne, psychologue. Antoine Mary, 34 ans, originaire de Caen, développeur, avait travaillé chez Milky, agence parisienne de communication web, était au Bataclan avec son ami Germain Férey, tué lui aussi (voir plus haut). Cédric Mauduit, 41 ans, fils d’un technicien agricole et d’une institutrice de la Manche, directeur de la modernisation au conseil départemental du Calvados, marié, père de deux enfants, habitait à Lion-sur-Mer après avoir été parisien. Isabelle Merlin, 44 ans, ingénieur à Rambouillet. Fanny Minot, 29 ans, monteuse pour l’émission Le Supplément de Canal plus. Yannick Minvielle, 39 ans, originaire d’Épervans en Saône-et-Loire, vivait et travaillait à Paris, où il était directeur de création chez Red/Publicis, et chantait dans un groupe de rock. Cécile Misse, 32 ans, originaire de Gap (Hautes-Alpes), chargée de production au théâtre Jean-Vilar de Suresnes, tuée avec son compagnon Luis Felipe Zschoche Valle. Marie Mosser, 24 ans, originaire de Nancy, travaillait pour le label Mercury Music group (Universal Music France). Quentin Mourier, 29 ans, originaire de Rouffach dans le Haut-Rhin, architecte (ENSA de Versailles), avait été chargé d’étude à l’Atelier international du Grand Paris et travaillait pour le projet Vergers Urbains, association du XVIIIe arrondissement de Paris qui plante des arbres fruitiers dans les quartiers parisiens. Christophe Mutez, environ 40 ans, d'une famille de Traînou (Loiret), près d'Orléans, consultant informatique. Hélène Muyal, 35 ans, Parisienne, maquilleuse-coiffeuse, travaillait aussi dans la mode, était mariée et mère d’un enfant de dix-sept mois. Romain Naufle, environ 30 ans, Paris. Bertrand Navarret, 37 ans, originaire de la région de Tarbes, charpentier à Capbreton, amateur de surf, était de passage à Paris. Christopher Neuet-Shalter, 39 ans, originaire de Levallois, consultant formateur en marketing digital, vivait à Clichy avec sa compagne et leur fille de 11 ans. Lola Ouzounian, 17 ans, lycéenne, était au concert avec son père, qui n'a pas été tué. David Perchirin, 45 ans, ancien étudiant à Sciences-Po Rennes, journaliste devenu instituteur à Bagnolet. Aurélie de Peretti, 33 ans, d’une famille originaire de Corse, infographiste, avait travaillé dans des restaurants, habitait Saint-Tropez, et était venue à Paris pour le concert. Manu Perez, 40 ans, travaillait pour Polydor (Universal Music France), père de deux filles, était le compagnon de Precilia Correia (voir plus haut). Franck Pitiot, 33 ans, habitant de Meudon (Hauts-de-Seine), ingénieur diplômé de l’Esstin Nancy, travaillait chez MCCF, société de construction. Caroline Prenat, 24 ans, Lyonnaise, graphiste, diplômée de l’école d’Arts appliqués de Lyon, venait de s’installer à Paris. François-Xavier Prévost, 29 ans, originaire de Lambersart près de Lille, diplômé de l’Institut supérieur de commerce international de Dunkerque, était chef de publicité à l’agence LocalMedia à Lille, après plusieurs années chez Havas à Paris. Armelle Pumir Anticevic, 46 ans, Parisienne, chef de fabrication chez Logic Design Studio, était au Bataclan avec son mari, Joseph, rescapé. Richard Rammant, 53 ans, Parisien originaire du Lot, biker, fidèle du Cahors Blues Festival, marié, père de deux enfants, était au concert avec son épouse Marie-Do, blessée en même temps que lui mais rescapée. Valentin Ribet, 26 ans, avocat au cabinet Hogan Lovells, Parisien. Matthieu de Rorthais, 32 ans, Parisien. Estelle Rouat, 25 ans, originaire de Concarneau, professeur d’anglais au collège Gay-Lussac de Colombes, était au Bataclan avec son ami, blessé. Thibault Rousse Lacordaire, 36 ans, Parisien, ancien élève de l’établissement catholique Notre-Dame de Sainte-Croix à Neuilly, contrôleur de gestion chez Colony capital, fonds d’investissement qui a été actionnaire du Paris Saint-Germain, et bénévole à l’association le Relais Frémicourt. Raphaël Ruiz, 37 ans, Parisien, originaire de Grenoble où il avait été élève à Sciences-Po, rédacteur chez Ubiqus, guitariste et passionné de musique. Madeleine Sadin, 30 ans, Parisienne, professeur de français au collège Adolphe-Chérioux à Vitry-sur-Seine. Lola Salines, 28 ans, Parisienne, éditrice chez Gründ, membre de la ligue sportive La Boucherie de Paris, équipe de roller derby (sport d’équipe sur patin à roulettes). Patricia San Martin, 61 ans, chilienne, exilée en France depuis le coup d’État de 1973, fonctionnaire à la mairie de Sevran, tuée en même temps que sa fille Elsa Delplace San Martin (voir plus haut). Hugo Sarrade, 23 ans, étudiant en intelligence artificielle à l’université de Montpellier, passait le week-end chez son père à Paris. Maud Serrault, 37 ans, Parisienne, mariée, directrice de marketing de la société d’hôtels Best Western France, était au concert avec son époux, qui n’a pas été tué. Sven Silva Perugini, 29 ans, du Venezuela, né à Caracas, domicilié depuis deux ans à Palma de Majorque, était au Bataclan avec deux amis vénézuéliens. Valeria Solesin, 28 ans, Italienne de Venise, Parisienne depuis quatre ans, doctorante en sociologie à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne, bénévole pour l’ONG italienne Emergency. Fabian Stech, 51 ans, né à Berlin, marié, père de deux enfants, installé en France depuis 1994, docteur en philosophie, critique d’art, vivait à Dijon où il était professeur au lycée privé Les Arcades. Claire Tapprest, 23 ans, étudiante à la NEOMA Business School de Reims. Ariane Theiller, 24 ans, a vécu près de Lille, a suivi un cursus à l’université de Strasbourg, était auteur d’un mémoire de master sur les super héros, habitait Montreuil et travaillait à Paris chez Urban Comics, filiale de Dargaud qui édite des bandes dessinées américaines. Éric Thomé, 39 ans, ancien élève au lycée de Sèvres, photographe et graphiste, créateur de l’agence We are Ted à Paris, était père d’une petite fille et en attendait une deuxième. Olivier Vernadal, 44 ans, dit Dado, originaire de Ceyrat, Puy-de-Dôme, agent des impôts à Paris, ancien joueur de foot dans l’équipe de Ceyrat, habitait dans le XIe arrondissement, non loin du Bataclan. Luis Felipe Zschoche Valle, 35 ans, Chilien, Parisien depuis huit ans, guitariste et chanteur dans le groupe de rock Captain Americano, compagnon de Cécile Misse, tuée avec lui au Bataclan. Tués À La Belle Équipe, 92, rue de Charonne, dans le XIe Ludovic Boumbas, 40 ans, d'origine congolaise, a grandi à Lille, était employé chez Fedex. Ciprian Calciu, 32 ans, Roumain, et sa compagne Lacramioara Pop, Roumaine aussi, parents d’un enfant de 18 mois, ont été tués ensemble. Marie-Aimée Dalloz, 34 ans, employée chez Amundi, tuée avec son compagnon. René Bichon, 62 ans, a été cité lors de la cérémonie du 27 novembre. Romain Didier, 32 ans, Parisien, originaire de Sury-en-Vaux, dans le Sancerrois, avait travaillé pour le Little Temple Bar, à Paris, tué avec son amie Lamia Mondeguer, qui travaillait pour l’agence artistique Noma Talents. Anne Laure Arruebo et Cécile Coudon Peccadeau de l’Isle, inspectrices des douanes à la Direction générale des douanes et des droits indirects. Justine Dupont, 34 ans, habitant Montreuil, responsable de résidences sociales. Romain Feuillade, 31 ans, originaire de Gilly-sur-Isère, en Savoie, Parisien, restaurateur. Véronique Geoffroy de Bourgies, 54 ans, ancien mannequin, ex-journaliste à Madame Figaro et à ParisObs, fondatrice du site mariée, deux enfants. Cédric Ginestou, 27 ans, Parisien originaire de Laval. Michelli Gil Jaimez, 27 ans, Mexicaine, travaillait au Café des anges comme Houda Saadi. Thierry Hardouin, 36 ans, policier à Bobigny, père de deux enfants, mort avec sa compagne Marie-Aimée Dalloz (voir ci-dessus). Djamila Houd, 41 ans, Parisienne, originaire de Dreux, travaillait dans le prêt-à-porter, mère d’une fille de huit ans, mariée au propriétaire de La Belle Equipe, morte dans ses bras. Hyacinthe Koma, originaire du Burkina Faso, serveur au restaurant Les Chics Types, dans le XIXe arrondissement de Paris. Guillaume Le Dramp, originaire de Cherbourg, travaillait dans un restaurant, avait fêté ses 33 ans à La Belle Équipe où il a été tué. Victor Muñoz, 25 ans, fils d’un élu du XIe arrondissement. Halima Saadi, 37 ans, d’origine tunisienne, mère de deux enfants, et sa sœur Houda Saadi étaient à La Belle Équipe pour fêter les 35 ans de cette dernière ; une grande partie des 18 victimes de La Belle Équipe était venue pour l’anniversaire. Tués au Petit Cambodge, 20, rue Alibert, dans le Xe arrondissement : Alva Berglund, 25 ans, Suédoise, originaire de la ville de Västeras, a été tuée alors qu'elle était en compagnie d'une amie, blessée ; son nom a été révélé lors de la cérémonie du 27 novembre; l'ambassadrice de Suède à Paris a déposé une gerbe en l'honneur des victimes devant le restaurant. Chloé Boissinot, 25 ans, originaire de Château-Larcher dans la Vienne, dînait avec son compagnon, blessé. Vivait à Paris, travaillait au bar Le Verre Volé. Asta Diakité, cousine du footballeur Lassana Diarra, a été tuée à proximité du Petit Cambodge alors qu'elle faisait des courses. Raphael Hilz, 28 ans, architecte, originaire de Garmisch, en Allemagne, travaillait au cabinet Renzo Piano Building Workshop, à Paris, dînait au Petit Cambodge avec deux collègues. Amine Ibnolmobarak, 29 ans, Marocain, architecte, encadrant à l’École nationale supérieure d’architecture du quai Malaquais. Son épouse a été blessée. Justine Moulin, 23 ans, étudiante à Paris. Anna Petard Lieffrig, 24 ans, graphiste et sa sœur Marion Petard Lieffrig, 30 ans, musicologue. Sébastien Proisy, 38 ans, originaire de Valenciennes, diplômé de Sciences-Po, avait travaillé dans un cabinet d’avocats. Stella Verry, 36 ans, médecin généraliste au pôle de santé Les Eiders, à Paris. Tuées au café Le Carillon : Charlotte Meaud et Émilie Meaud, sœurs jumelles de 30 ans, Parisiennes, Charlotte était chargée de développement de start-up, Émilie architecte. Tué au bar La Bonne Bière : Nicolas Degenhardt, 37 ans, Parisien, originaire du Mans, tué à La Bonne Bière. Tuée rue de La Fontaine-au-Roi : Lucie Dietrich, 37 ans, Parisienne originaire de Recologne, près de Besançon, graphiste, tuée rue de La Fontaine-au-Roi, salariée de L’Étudiant, sœur du fondateur de la marque de montres Dietrich. Tué à son domicile : Stéphane Hache, 52 ans, Parisien, originaire de Vendée, maître d’hôtel, tué d’une balle perdue dans son studio situé près du Bataclan, retrouvé le samedi 14. Tué au Stade de France : Manuel Colaco Dias, 63 ans, chauffeur d’autocar, Portugais, vivait à Cormontreuil, près de Reims, et travaillait pour l'entreprise rémoise Regnault Autocars. Lieu du décès non confirmé : Salah Emad El-Gemaly, 28 ans, Égyptien vivant à Paris, carreleur, aurait été tué, selon Le Monde, dans un café proche du Bataclan. Kheireddine Sahbi, 29 ans, Algérien, musicien, violoniste, étudiant en ethnomusicologie à la Sorbonne, vivait à Paris. Djalal Eddin Sebaa, 30 ans, Algérien vivant en France depuis un an.

Ilan Gabet

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Je voulais vous parler d’une femme, que la France connaît désormais sous le prénom de Sonia. Ce n’est pas son vrai prénom et pour cause : Sonia vit sous légende, c’est-à-dire sous une nouvelle identité depuis que le 15 novembre 2015, elle a contacté la police pour prévenir qu’elle savait où se trouvait le cerveau des attentats, qu’avec d’autres, il projetait de nouveaux bains de sang ; qu’elle, Française musulmane, avait ces fanatiques en horreur, et qu’elle acceptait d’aider à ce qu’on les arrête. Son action, héroïque, a fait basculer sa vie, celle de ses deux enfants, et de son compagnon. Depuis lors, ils vivent sous une nouvelle identité, dans un lieu tenu secret, avec des difficultés à joindre les deux bouts. C’est ce qu’ont appris des millions de téléspectateurs en regardant la série documentaire que lui a consacrée France 2 à l’occasion des 10 ans du 13 novembre. Dans les jours qui ont suivi la diffusion, la société de production Capa a commencé à recevoir des messages de téléspectateurs demandant comment ils pouvaient concrètement aider Sonia. Les dirigeants de Capa étaient embêtés : difficile de lancer une cagnotte avec le statut d’entreprise privée. Ils se sont tournés vers Arthur Desnouveaux, rescapé du 13 novembre, fondateur de l’association de victimes Life for Paris, qui a lancé immédiatement la cagnotte. Il en espérait 15 000 euros pour Sonia, la cagnotte a récemment dépassé les 150 000 (MAJ : la cagnotte a depuis dépassé les 200 000 euros) Quand je l’ai appelé pour préparer cette chronique, Arthur Desnouveaux m’a précisé que les commentaires étant ouverts sur le site, Sonia peut y lire les milliers de messages de gratitude de citoyens lambda qui n’auront jamais l’occasion de la remercier. « Je voudrais être madame tout le monde, dit-elle dans le documentaire. Et je suis madame personne. » Face au succès de la cagnotte, l’État a dû improviser et ouvrir un « compte pivot » - c’est-à-dire un compte intermédiaire – sur lequel la somme sera transférée, puis retransférée à Sonia par le service approprié, puisque personne ne peut connaître sa nouvelle identité. « J’ai fait mon devoir de citoyenne », répète-t-elle dans le documentaire. Hemingway définissait le courage comme « la grâce sous la pression ». Il y a une grâce en effet dans la simplicité avec laquelle Sonia raconte son choix. Comme les Justes – vous savez, ceux qui ont caché des Juifs pendant la seconde guerre mondiale – et qu’on a souvent dû convaincre d’accepter d’être décorés. Ils répondaient : « oui, j’ai caché, mais cela m’a paru normal ». Qui a ça en lui ? Est-ce que ça se travaille ? Est-ce que ça s’éduque ? D’où vient que certains franchissent ce Rubicon intime qui sépare en chaque être le bien de l’indifférence. Le courage de la tétanie ? C’est un des mystères de l’humanité. En attendant, il me semble que la France s’honorerait à décorer Sonia de la Légion d’honneur. Il faudra là encore improviser quelque chose. Décorer une ombre. Mais son courage le mérite. Puisse-t-il tous nous inspirer.

Anne Rosencher

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Tribune libre 71 bis Nous allons changer la Constitution pcq elle n’a pas été rédigée par le peuple. En RDC ,tous les pouvoirs constituants originaires n’ ont jamais émané du peuple. À l’indépendance, le pays avait fonctionné sur base de la loi fondamentale signée par le roi Baudoin le 19 mai 1960 jusqu’à l’adoption de la constitution de 1964. Après que Kasavubu eut congédié le parlement le 29 / 09 /1961 ,en Novembre 1963 ,il nomma une commission constitutionnelle dirigée par Ileo et Lihau qui ne comportait aucun élu des chambres dissoutes. Cette commission sans légitimité populaire rédigea le projet de constitution qui fut adoptée au référendum de 1964. Après son coup d’ État de 1965, Mobutu dota le pays de la Constitution du 24 Juin 1967 qui a été rédigée par Marcel Lihau sans mandat populaire ,soumis au référendum le 10 Juin 1967 et promulguée le 24 Juin 1967 par Mobutu ,chef d’une junte militaire. Après la remise en cause du système de la 2eme République et de l’ordre institutionnel issu de la CNS ,à l’issu d’un long processus des négociations, les institutions consensuelles de la transition ont été mises sur pied dont un sénat et une Assemblée nationale. Le sénat rédigeât un projet de constitution adopté par l’ Assemblée Nationale et promulguée par le président Joseph Kabila ,détenteur d’un pouvoir issu d’une rébellion soutenue par des armées étrangères. Ce n’est pas le cas dans les démocraties où c’est le peuple qui rédige la constitution par ses élus et l’adopte au référendum. Quelques exemples. La Constitution sud-africaine a été élaborée par le parlement élu en 1994 et promulguée par Nelson Mandela ( Président élu ) le 10 Déc 1996 avant d’entrer en vigueur. La constitution allemande a été rédigée par une convention des représentants élus rassemblés en Septembre 1948 à Bonn et appelée Conseil parlementaire et promulguée le 23 mai 1949 par le président. La Constitution italienne a été rédigée par une Assemblée constituante des députés élus le 2 Juin 1946 ,promulguée le 17 décembre 1947 et entrée en vigueur le 1er janvier 1948. En Namibie,une Assemblée constituante de 72 membres a été élue sous l’égide de l’ONU en 1989 et avait adopté la constitution en février 1990… En RDC ,depuis l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale, aucune constitution n’a respecté cette procédure. Ns sommes allés d’ illégitimité en illégitimité. Il est temps de corriger. La constitution qui nous régit actuellement est l’émanation de la volonté des belligérants qui ont imposé leur volonté à toute la République. Ils avaient notamment créé autant d’ institutions politiques budgétivores pr caser leurs membres. Ns devons les supprimer dans la constitution de la 4eme République. Je considère la constitution actuelle comme la loi fondamentale de 1959 qui avait permis la gestion momentanée du pays. Maintenant,il ns faut une constitution rédigée par peuple ,approuvée par le peuple et promulgué par un PR élu par le peuple. Une loi Constitutionnelle autorisera ce changement en ns inspirant du modèle français de 1954. La crainte de certains réside ds la protection des matières dites cadenassées qui ne le sont réellement pas dès lors que l’article qui les verrouille est modifiable par le pouvoir constituant dérivé. C’est la limitation des mandats qui fait craindre. Or ,c’est déjà un acquis à conserver. Ds tous les cas ,ce n’est pas une panacée ? Ds la nouvelle constitution ,les dispositions comme celle-là sur lesquelles repose notre démocratie acquises au prix des sacrifices seront réellement protégées par une grande rigidité de révision. Par exemple,pour empêcher qu’ elles soient modifiées au gré d’une majorité momentanée acquise à une seule personne ,elles ne pourront être révisées que si trois ou quatre législatures l’acceptent. Cette technique sera empruntée de la 1re Constitution française de 1791 dont la révision exigeait un vœu formulé par 3 législatures successives.

STEVE MBIKAYI

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Il y a 35 ans, le 25 mars 1991, Mgr Lefebvre rendait son âme à Dieu. en pleine nuit à l’hôtel, vers 4 heures du matin, il réveille son chauffeur, Rémy Borgeat : « Ça ne va pas, dit-il, rentrons en Suisse. » Et, à sa demande, il est hospitalisé d’urgence le 9 mars au matin à l’hôpital de Martigny dont le directeur, M. Jo Grenon, est un ami d’Écône. On le confie au service de chirurgie et à la chambre 213. Derrière les montagnes : la Forclaz et la France et, non loin, le Grand Saint-Bernard, l’Italie et Rome. Le prélat est confiant, mais il souffre : « C’est comme un feu qui me brûle le ventre et monte vers la poitrine. » L’abbé Simoulin lui apporte la sainte communion — qu’il recevra jusqu’à son opération. Il remercie : « Je vous ai fait manquer vêpres… mais vous avez fait une œuvre de charité. Vous m’apportez le meilleur Médecin. Aucun d’entre eux ne peut me donner plus que ce que vous me donnez. » Il admire le crucifix qu’on a apporté pour le petit autel monté dans sa chambre : « Cela aide à porter ses souffrances. » Les médicaments atténuent ses douleurs ; on le nourrit par perfusion. Il plaisante et dit aux infirmières : « Vous faites une bonne affaire avec moi : je paie plein tarif et vous ne me nourrissez pas ! » Il est par ailleurs très patient : les médecins sont obligés de le gronder pour qu’il parle de ses souffrances. Les infirmières le trouvent très doux, exceptionnellement discret : il n’utilise jamais la sonnette de service. Il ne veut pas déranger. Il est un peu inquiet des suites d’une opération, mais en même temps résigné et confiant. À plusieurs reprises, il dit : « J’ai terminé mon travail, je n’en peux plus, il ne me reste qu’à prier et souffrir. » Le lundi 11, sentant un froid qui lui monte dans les jambes, le prélat demande l’extrême-onction, qu’il reçoit avec beaucoup de recueillement et de simplicité, les yeux fermés et répondant au ministre très clairement. Il demande ensuite la bénédiction apostolique in articulo mortis (« à l’article de la mort »), puis rouvre des yeux paisibles, sourit et remercie. Il ajoute : « Pour les prières des agonisants, on attendra encore un peu. » Il est apaisé, mais il n’est pas encore arrivé à reprendre son bréviaire. « Alors, dit-il, je fais oraison. Je ne suis bon à rien d’autre. Mais c’est une bonne chose. » Le jeudi 14 mars, alors qu’il a déjà subi de nombreux examens, les médecins décident de lui donner enfin un vrai repas qui lui fera plaisir et le fortifiera. Mais il n’y touchera pas, afin de pouvoir recevoir la sainte communion… qui se fait attendre. Le même jour, un des médecins confie à l’abbé Denis Puga : « Monsieur l’abbé, je dois vous avouer quelque chose : j’ai passé la journée en compagnie de Monseigneur, pour les examens. C’est un homme extraordinaire, c’est vraiment un bonheur d’être à ses côtés. Quelle bonté ! On découvre la bonté divine sur son visage. Vous avez vraiment un privilège d’être un de ses proches. On ne s’en rend pas compte à travers l’image qu’en donnent les journaux. J’ai demandé à Monseigneur de prier pour moi. » Or ce docteur n’est pas catholique. Le vendredi 15 mars, Mgr Lefebvre est emmené à Monthey pour examen au scanner. Au retour à l’hôpital, ses abbés le trouvent aux prises avec ses perfusions qui provoquent des œdèmes. — Vous avez les veines trop dures, lui dit l’abbé Simoulin. — Non, c’est le contraire, il paraît qu’elles sont trop fines et délicates. Vous vous rendez compte… pour un évêque de fer ! Le samedi 16, Sitientes, ont lieu à Écône les ordinations au sous-diaconat. — Je me suis bien uni par la prière à l’ordination, dit l’archevêque à l’abbé Puga. — C’est la première ordination qui n’aurait pu avoir lieu, si vous ne nous aviez pas donné des évêques. — Oui, répond-il, vraiment, cette année 1988 a été une grande grâce, une bénédiction du bon Dieu, un véritable miracle. C’est la première fois qu’étant gravement malade, je suis parfaitement tranquille. Je dois avouer… je m’excuse… mais auparavant, lorsque j’étais malade, j’avais ce souci que la Fraternité avait encore besoin de moi, que personne ne pouvait faire mon travail à ma place. Maintenant je suis en paix, tout est en place et tout fonctionne. Le dimanche 17, dimanche de la Passion, après avoir reçu la communion, il explique qu’il sera opéré le lendemain et commente : « Que le bon Dieu me prenne, s’il le veut. » C’est donc le lundi de la Passion qu’a lieu l’opération : « Quand le médecin m’a dit de compter jusqu’à dix au moment de m’endormir, j’ai fait un grand signe de croix… et puis… plus rien. Puis je me suis réveillé et j’ai demandé : — Alors, on n’opère plus ? — Mais si, M. Lefebvre, c’est fait, m’a-t-on répondu. » Tel est le récit que Monseigneur fait de son opération. Le chirurgien a retiré une grosse tumeur de la taille de trois pamplemousses. Elle s’avérera cancéreuse, mais on n’en dira rien au patient. Il est épuisé par l’opération mais sourit derrière son masque à oxygène et sa sonde gastrique. Le mercredi soir, il devient angoissé : de forts œdèmes se manifestent aux membres, il souffre du dos et de la tête. « C’est la fin, dit-il, je souffre terriblement de la tête, il faut que le bon Dieu vienne me chercher. Je désire ardemment mourir avec, à mes côtés, quelques-uns de mes prêtres pour réciter les prières des agonisants. On ne peut me refuser cela. » Il croit qu’on empêche ses prêtres de venir le voir, l’arrivée de l’abbé Puga le jeudi matin l’apaise ; il retrouve tout son optimisme et sa vigueur morale. Le samedi de la Passion arrive, Mgr Lefebvre parle des soins humiliants et pénibles qui lui sont imposés, il dit l’épuisement où le laisse le moindre effort. Ses mains sont gonflées par les œdèmes. « Nous sommes dans le temps de la Passion », fait l’abbé Simoulin. Monseigneur ferme les yeux et répète : « Oui, c’est la Passion ! » Il ne peut encore communier : « Cela me manque… j’en ai besoin… cela me donnerait des forces », regrette-t-il. Le soir du même jour, l’abbé Puga lui parle de déclarations faites par le cardinal Gagnon à 30 Giorni, selon lesquelles il n’a pas trouvé d’erreur doctrinale à Écône. Monseigneur hausse les épaules : « Un jour, la vérité se fera. Je ne sais pas quand, le bon Dieu le sait, mais elle se fera. » C’est le dimanche des Rameaux, 24 mars, premier jour de la Semaine sainte, de la grande Semaine, que l’état du malade empire soudain. Pourtant, le vendredi, il a réclamé sa montre et son appareil auditif, preuve du mieux-être du patient, et le samedi on a songé à lui faire réintégrer sa chambre le lendemain. Mais dimanche, l’espoir fait place à l’inquiétude : Monseigneur subit une grave poussée de fièvre, le cardiologue décide de le garder aux soins intensifs. Le malade, douloureux et agité, se met à parler sans cesse, mais à travers le masque à oxygène il est difficile de le comprendre. Jo Grenon perçoit cependant : « Nous sommes tous ses petits enfants » et, au moment où il quitte le prélat, celui-ci lui sourit et lui tend la main en signe d’adieu. À l’abbé Simoulin qui lui annonce la venue de son frère, Michel Lefebvre, il sourit tant qu’il peut et la joie brille dans son regard. Mais vers 19 heures, lorsque le directeur d’Écône retourne à l’hôpital, dès l’entrée de la salle des soins intensifs, il est saisi par un son terrifiant : un râle sonore et précipité couvre tous les bruits venant des autres boxes, amplifié encore par le masque à oxygène. Le prélat est comme anéanti, il ne peut rien articuler mais il comprend tout ce que lui dit l’abbé : « La retraite, Monseigneur, que vous deviez nous prêcher, vous la prêchez d’une façon que nous n’avions pas prévue ! » et Monseigneur sourit. « Un certain nombre de Valaisans, dont les chauffeurs, font retraite avec nous. » Et le prélat sourit encore. Lorsque l’abbé aperçoit le crucifix du box et fait une remarque élogieuse sur cet hôpital et son bon directeur qui place chaque malade sous la garde du Rédempteur, Monseigneur, très lentement, tourne la tête et les yeux pour apercevoir le point que l’abbé lui désigne vers sa gauche, puis ferme doucement les yeux. Un sourire… un regard vers le Crucifié… telles sont les dernières « paroles » de Monseigneur Lefebvre. Un sourire… pour remercier, pour rassurer, pour inviter à la même sérénité, un sourire de charité et d’attention aux autres dans l’oubli de soi-même. Un regard vers le crucifix, ultime geste conscient que ses fils aient observé chez lui, le regard de l’adorateur et du prêtre. Vers 23 h 30, l’hôpital appelle Écône : Mgr Lefebvre vient d’avoir une alerte et est en réanimation. Les abbés Simoulin et Laroche trouvent le prélat respirant à grand-peine, les yeux fixes et vitreux, on lui fait un massage cardiaque, il doit avoir fait une embolie pulmonaire. Tandis que l’abbé Laroche part réveiller le séminaire et inviter la communauté à prier à la chapelle, l’abbé Simoulin reste aux côtés du malade qui cherche douloureusement sa respiration : c’est un peu l’agonie du Crucifié. Le front, au fil du temps, est de plus en plus traversé par des crispations de souffrance, tandis que les indications des appareils de contrôle diminuent peu à peu. À partir de 2 h 30, la chute s’accélère, la respiration se ralentit tandis que le front reste marqué par un pli de douleur. Tout s’apaise peu à peu. Vers 3 h 15, l’abbé dit à l’infirmière : — Son âme n’attend qu’une chose, quitter ce corps qui souffre pour rejoindre Dieu. — Je crois qu’elle est en train de partir, dit l’infirmière qui se retire alors. L’abbé Simoulin commence les prières des agonisants. « Au moment précis, dit-il, où j’achève, il est près de 3 h 20 et notre Supérieur général, l’abbé Schmidberger, pénètre aux soins intensifs. Le cadran annonce “00” pour les pulsations. Un souffle se fait encore entendre, mais est-ce Monseigneur ou l’appareil ? Je tends le rituel à l’abbé Schmidberger, qui refait les prières in expiratione. » Quelques ultimes sursauts crispent le visage de Monseigneur Lefebvre et, vers 3 h 25, la souffrance quitte à jamais son corps, tandis que le visage retrouve sa sérénité. Le Supérieur général ferme alors les yeux du père bien-aimé. On est le Lundi saint, 25 mars, fête de l’Annonciation de la très sainte Vierge Marie, le jour du sourire du Ciel à la terre et où l’espérance renaît dans les âmes, jour de l’Incarnation du Fils de Dieu et de l’ordination sacerdotale de Jésus-Christ souverain Prêtre. En ce jour, l’âme de Marcel Lefebvre a été jugée… « Quand je serai devant mon Juge, avait-il dit à Lille quinze ans auparavant, je ne veux pas qu’il puisse me dire : “Toi aussi, tu as laissé détruire l’Église.” » Alors, en ce 25 mars 1991, lorsque Dieu lui a demandé : « Qu’as-tu fait de ta grâce sacerdotale, de ta grâce épiscopale ? », que voulez-vous qu’ait répondu le vieux combattant de la foi, l’évêque restaurateur du sacerdoce catholique ? « Seigneur, a-t-il dit, voyez, j’ai transmis tout ce que je pouvais transmettre : la foi catholique, le sacerdoce catholique et aussi l’épiscopat catholique ; tout cela, vous me l’aviez donné, tout cela même, je l’ai communiqué, pour que l’Église continue. » « Tradidi quod et accepi, a dit votre grand Apôtre, et à sa suite, j’ai voulu dire moi aussi : Tradidi quod et accepi, j’ai transmis ce que j’ai reçu. Tout ce que j’ai reçu, je l’ai transmis. »

FSSPX Actualités

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UKRAINE : L’Angle Mort de l’Apocalypse (Pré-Intro) Le monde a la mémoire courte et l'attention d'un poisson rouge sous sédatif. Tandis que la planète a les yeux rivés sur le Moyen-Orient, fascinée par le bras de fer balistique entre les États-Unis, Israël et l'Iran, l'Ukraine glisse doucement dans l'angle mort de la conscience collective. La guerre d'usure, c'est comme le bruit du frigo : au bout d'un moment, on ne l'entend plus, jusqu'à ce que le moteur lâche. C’est pour refuser cette amnésie douillette que nous inaugurons ce rendez-vous hebdomadaire. Pas de lyrisme de bas étage, pas de compassion performative. Juste un décryptage froid, cynique et chirurgical d’un conflit où la boue des tranchées de Verdun rencontre les cauchemars technologiques de la Silicon Valley. Bienvenue dans notre Bilan Zéro. Mad Max sur le Dnipro : L'Offensive de Printemps est servie Si vous cherchiez une annonce officielle avec tambours et trompettes, c'est raté. L'offensive russe de printemps-été 2026 a bel et bien commencé, dans un fracas d'artillerie assourdissant. La stratégie de Moscou ne s'embarrasse pas de manœuvres romantiques : l'objectif est de saturer et de broyer la fameuse « ceinture de forteresses » de l'oblast de Donetsk, un arc défensif allant de Sloviansk à Kostyantynivka. Le rythme est hallucinant, avec 619 attaques terrestres recensées sur la seule période du 17 au 20 mars, réparties sur un front de 1 250 kilomètres. Le hachoir à viande tourne à plein régime, et il s'adapte. 1. Le Front : Chroniques de l'Absurde et de la Ferraille Le Darwin Award militaire : L'Opération "Piège de Brouillard" Dans le sud (Zaporijjia et Kherson), le commandement russe a tenté un coup de poker météorologique les 17 et 18 mars. L'idée ? Profiter d'un épais brouillard pour masquer une offensive mécanisée et d'infanterie sur un front de 100 kilomètres. Sur le papier, c'est Napoléon à Austerlitz. Dans la réalité de 2026, c'est un suicide collectif. Les forces ukrainiennes des systèmes non habités (USF) ont simplement allumé les caméras thermiques de leurs drones. Le brouillard n'a rien caché du tout. En 36 heures, les colonnes russes ont été méthodiquement pulvérisées : plus de 900 soldats russes tués ou blessés, et des dizaines de véhicules désintégrés (dont 14 motos près de Hryshyne), le tout sans la moindre percée territoriale. L'infanterie à la sauce Fury Road Oubliez les majestueuses colonnes de blindés avançant en ligne. Face à la létalité des essaims de drones FPV ukrainiens, l'armée russe mute vers des tactiques de saturation dignes d'un film post-apocalyptique. Sur l'axe de Koupiansk, le 19 mars, l'état-major a lancé un assaut impliquant plus de 500 fantassins appuyés par une centaine de motos, de buggys et de quads (ATV). L'idée est de disperser les cibles et d'aller trop vite pour le ciblage ukrainien, transformant l'infanterie mécanisée en une horde de bikers kamikazes jetés contre des positions fortifiées. Cyberpunk de Tranchée : La Guerre 4G Pendant que l'infanterie roule en quad, la guerre électronique (EW) bascule dans la science-fiction. Les forces russes ont systématisé l'usage de drones à voilure fixe "Molniya" qui agissent comme des vaisseaux-mères. Leur mission : larguer des nuées de drones FPV jusqu'à 40 ou 50 kilomètres derrière les lignes ukrainiennes pour paralyser la logistique. Le coup de génie cynique de la semaine ? Pour éviter que ces drones ne soient brouillés par les défenses ukrainiennes, les opérateurs russes les pilotent désormais via des modems intégrés qui piratent tranquillement l'infrastructure de téléphonie mobile civile 4G/LTE ukrainienne. En réponse, l'Ukraine déploie des drones filoguidés par fibre optique pour maintenir une zone de mort de 25 kilomètres. 2. Le Cirque Géopolitique : Les "Alliés" et autres Trolls Le Siphonnage Américain C'est ici que le cynisme géopolitique atteint des sommets. L'Ukraine fait face à la plus vaste campagne de frappes aériennes de la guerre. Le 24 mars, la Russie a balancé près de 1 000 drones et 34 missiles (dont des hypersoniques et des balistiques Iskander-M) sur les infrastructures civiles et énergétiques. Face à cela, le bouclier antiaérien ukrainien se fissure. Pourquoi ? Parce que les États-Unis ont détourné les livraisons critiques de missiles Patriot (PAC-3 MSE) et de systèmes THAAD vers le Moyen-Orient pour couvrir leurs alliés israéliens contre l'Iran, dans le cadre de l'"Opération Epic Fury". L'Ukraine regarde le ciel lui tomber sur la tête pendant que ses parapluies partent à Tel-Aviv. Viktor Orbán, le Troll de l'Année Si l'Europe cherchait un symbole de sa propre dysfonction, le Premier ministre hongrois vient de lui en fournir un magnifique. Alors que l'Union Européenne tente de valider un prêt macrofinancier et militaire de 90 milliards d'euros pour la période 2026-2027, Orbán bloque tout avec un veto, provoquant la fureur des autres dirigeants qui dénoncent un « acte de déloyauté grossier ». Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, la Hongrie a également annoncé une réduction graduelle de ses livraisons de gaz à l'Ukraine, officiellement pour faire chanter Kiev jusqu'au rétablissement des flux de pétrole russe via l'oléoduc Druzhba. La fameuse solidarité continentale, avec un couteau dans le dos. 3. Le Portefeuille et les Pirates : L'Économie de l'Ombre L'hypocrisie pétrolière de l'Oncle Sam L'embrasement du Moyen-Orient a fait flamber les cours du brut, le baril de Brent dépassant allègrement les 100 dollars. La panique s'emparant des marchés (et probablement des stratèges électoraux à Washington), le gouvernement américain a délivré une dérogation temporaire de 30 jours autorisant l'achat de pétrole russe bloqué en mer, court-circuitant joyeusement ses propres sanctions. Le résultat est immédiat : la Russie engrange des revenus exceptionnels estimés entre 1,3 et 1,9 milliard de dollars supplémentaires, soit jusqu'à 150 millions de dollars de bonus par jour pour financer sa guerre. L'économie de guerre de Poutine dit merci au pragmatisme occidental. La Marine Française en mode Corsaire Face à cette complaisance, l'Europe a décidé de jouer les pirates. Fini les discours, on passe à l'abordage. Le 20 mars, la Marine nationale française, épaulée par le renseignement britannique, a intercepté le navire-citerne Deyna en pleine mer Méditerranée, au large de Marseille. Ce bâtiment de la flotte fantôme, rempli de brut de Mourmansk et caché derrière un pavillon de complaisance du Mozambique, a été saisi sur ordre du procureur. Cette action coup de poing s'ajoute aux arraisonnements du Caffa par la Suède et de l'Ethera par la Belgique. Le Kremlin hurle à la "piraterie", découvrant soudainement les vertus du droit international. Les raffineries russes fument Pour compenser ses faiblesses sur le front, l'Ukraine a décidé de frapper la Russie là où ça fait mal : au portefeuille. Les essaims de drones ukrainiens ciblent méthodiquement l'infrastructure d'exportation. Le 21 mars, la raffinerie de Saratov (Rosneft) a été lourdement endommagée, stoppant ses opérations. Le 23 mars, c'est le terminal pétrolier de Primorsk dans la région de Leningrad — le plus grand port d'exportation pétrolière de Russie sur la mer Baltique — qui a été touché, forçant l'arrêt total des chargements. L'Ukraine ne peut pas gagner la guerre des tranchées, alors elle tente de brûler la station-service. 4. Le Compteur de la Semaine : La Réalité Brute Il est temps de redescendre sur terre. Derrière la géopolitique de salon et les innovations tactiques, la réalité de l'attrition donne la nausée. 🔹 Le bilan matériel : Les données des analystes d'Oryx, qui ne comptabilisent que les pertes visuellement confirmées par des preuves photographiques, sont implacables. La Russie a perdu plus de 24 268 véhicules et équipements de pointe (dont près de 14 000 chars et blindés). Côté ukrainien, on dénombre plus de 11 626 équipements pulvérisés. Des montagnes de ferraille fumante. 🔹 Le coût civil : La Mission de surveillance des droits de l'homme de l'ONU (OHCHR) a documenté une hausse de 31 % des victimes civiles en février et mars 2026 par rapport à l'année précédente. Sur ces deux mois, au moins 188 civils ont été tués et 757 blessés. La statistique la plus atroce ? 63% de ces victimes tombent près de la ligne de front, fauchées par l'artillerie ou des drones à courte portée, et près de la moitié des tués sont des personnes âgées de plus de 60 ans, trop pauvres ou trop usées pour fuir. Conclusion : L'Évaluation de la Trajectoire (La Course contre la Montre) Oubliez la prise d'un village imprononçable ou les gesticulations diplomatiques à Genève. Le front de l'est va se résumer dans les prochaines semaines à une simple course de vitesse entre deux vulnérabilités asymétriques. La question est binaire : est-ce que la Russie parviendra à briser définitivement le bouclier antiaérien ukrainien (privé d'intercepteurs occidentaux) pour décapiter le réseau électrique et la logistique du pays ? Ou est-ce que l'Ukraine, à coups de drones naviguant à 250 km de portée, réussira à calciner suffisamment de ports et de raffineries russes pour étouffer financièrement la machine de guerre de Moscou ? C'est l'un ou l'autre. Le chronomètre tourne. Rendez-vous la semaine prochaine pour compter les points.

Pourton.info

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📷Reconstruire le monde par IA avec quelques photos ? 4/5⬇️ Photographier une pièce entière pour la reconstituer en 3D demandait jusqu’ici 100 à 300 clichés. Trois images suffisent désormais ! La startup World Labs a présenté le 1ᵉʳ septembre Atlas, son nouveau modèle du monde. Il s’agit d’une IA entraînée non pas à prédire le mot suivant mais l’image suivante d’une scène vue sous un autre angle. La nouveauté tient en deux mots : le « contexte spatial ». Chaque image fournie au modèle est ancrée à une position précise dans l’espace. Atlas sait donc d’où la caméra regarde et peut générer jusqu’à une minute de vidéo en 1440p le long d’une trajectoire dessinée à la main. Il accepte une seule photo comme une centaine, selon World Labs, une entreprise fondée il y a seulement 2 ans et demi par Fei-Fei Li, la chercheuse de Stanford à l’origine d’ImageNet, la base d’images qui a déclenché la révolution de l’apprentissage profond en 2012 ! La démonstration est bluffante. Sur le campus de Stanford, deux photos prises au niveau du sol suffisent à produire une vue aérienne cohérente. Avec 25 images, les mosaïques de la façade de Memorial Church apparaissent fidèlement. Une maison entière capturée jadis avec 2 000 photos peut désormais se reconstruire avec juste 30 ou 40 images. Face aux modèles vidéo concurrents, des évaluateurs humains préfèrent Atlas dans 94 % des cas contre Seedance 2.5 (un modèle vidéo majeur publié par ByteDance à l’été 2026). Sur la reconstruction 3D pure, il affiche une erreur moyenne plus faible que les modèles spécialisés. L’équipe revendique aussi le fameux effet « bullet time » de Matrix, cette chute de Neo filmée au ralenti par une caméra tournoyante. Les studios avaient aligné des centaines d’appareils autour de la scène. Trois iPhone sur trépied sont maintenant suffisants… Des applications en robotique et dans le gaming Le monde d’Atlas est néanmoins presque immobile (les mouvements d’objets ou de personnages restent limités). Le modèle produit quelques vaguelettes et de petites voitures qui roulent, guère plus. Un choix délibéré de la startup dont la correction figure au programme des prochaines versions. Le modèle demeure par ailleurs en accès anticipé réservé à quelques partenaires, sans tarif ni date d’ouverture publiquement annoncés. L’application la plus concrète concerne la robotique. Le principal goulot d’étranglement du secteur reste la donnée, entraîner un bras robotisé exige en effet de recréer son environnement puis de le décliner en centaines de variantes. 24 images extraites d’une vidéo de smartphone suffisent désormais à bâtir ce terrain d’entraînement virtuel. Dans le secteur du jeu vidéo, où la création de décors 3D représente une part colossale des budgets, Atlas permettrait à un studio de passer d’un simple croquis ou d’une photo à un monde explorable en quelques secondes. Fei-Fei Li replace cette trouvaille dans une perspective évolutionniste. La nature a donné des yeux aux animaux et pas aux arbres, car seul un organisme qui se déplace a besoin d’anticiper ce qu’il verra depuis sa position suivante. D’où sa conviction : pour qu’une IA comprenne le monde physique, « la prédiction du prochain point de vue est l’équivalent de la prédiction du prochain mot ou token » des modèles de langage textuels.

Les Électrons Libres

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L'alarme et le silence : Vol Helios 522 Le 14 août 2005, peu avant midi heure locale, deux F-16 de l'Armée de l'air hellénique, interceptent un Boeing 737-300 au-dessus de l'île de Kéa, en mer Égée. L'avion, immatriculé 5B-DBY et baptisé Olympia, décrit des cercles à 34 000 pieds dans le circuit d'attente de l'aéroport d'Athènes. Il ne répond à aucun appel radio depuis plus de deux heures. Ce que les pilotes de chasse voient en s'approchant est une image qu'aucun briefing ne prépare à recevoir. Les masques à oxygène passagers pendent dans la cabine. Le siège gauche, celui du commandant, est vide. Une silhouette est affaissée sur les commandes droites, retenue par les bretelles de son harnais. Aucun signe de vie. Vingt minutes plus tard, un homme apparaît dans le cockpit. Il s'assied au siège gauche, lève la main vers les F-16, pointe le doigt vers le bas. Quelques instants après, le moteur gauche s'éteint, faute de carburant. Le moteur droit suit. Le Boeing 737 entame sa descente finale, non pas vers la piste 03L d'Athènes, mais vers une colline boisée près du village de Grammatiko, à trente-trois kilomètres de l'aéroport. À 12 h 04, le 5B-DBY percute le relief. Il n'y a aucun survivant parmi les cent vingt et une personnes à bord. L'accident du vol HCY522 est le plus meurtrier de l'histoire aéronautique grecque. Ce n'est ni un attentat, ni une défaillance structurelle, ni une panne moteur. C'est l'histoire d'un avion qui a fait tout ce qu'il devait faire, et d'un équipage qui n'a jamais compris pourquoi. Le sélecteur et les trois chances manquées Le 5B-DBY a un passé. Huit mois avant l'accident, le 16 décembre 2004, l'avion subit une décompression rapide en vol. Les masques se déploient, l'équipage descend à 10 000 pieds, les passagers se posent sans blessure grave. L'événement est consigné dans le Technical Log : « Rapid decompression. Descent to 10 000. Pax O2 deployed. » Un ingénieur au sol d'ATC Lasham, le prestataire de maintenance agréé, intervient à Larnaca. Le problème est attribué à la porte de service arrière droite (R2). L'avion est remis en ligne. Le soir du 13 août 2005, le 5B-DBY arrive de Londres Heathrow. L'équipage de cabine signale à nouveau un problème sur la porte R2 : un joint gelé et des bruits anormaux. Un ingénieur au sol effectue un test de pressurisation au sol. Pour réaliser ce test sans démarrer les moteurs, il positionne le sélecteur du système de pressurisation cabine (CPCS) sur MAN, position manuelle. Le test terminé, l'ingénieur ne remet pas le sélecteur sur AUTO. Le Boeing Aircraft Maintenance Manual prescrit, à la fin de la procédure, de « remettre l'avion dans sa condition initiale ». La formulation ne mentionne pas explicitement le retour du sélecteur de pressurisation en position AUTO. C'est une ambiguïté documentaire, un trou dans le fromage au sens exact de Reason. Le lendemain matin, le vol HCY522 est confié au commandant Hans-Jürgen Merten, cinquante-neuf ans, ancien pilote d'Interflug puis d'easyJet, totalisant 16 900 heures de vol dont 5 500 sur Boeing 737. Son copilote est Pampos Charalambous, cinquante et un ans, 7 549 heures dont 3 991 sur type. L'enquête révélera que ce dernier avait un historique documenté de non-conformités aux procédures opérationnelles standard. Le sélecteur de pressurisation se trouve sur le panneau supérieur du cockpit (overhead panel), hors du champ visuel direct des pilotes. Il est petit, discret, rarement manipulé en opération normale, justement parce qu'en position AUTO, le système fonctionne de manière transparente. Le matin du 14 août, l'équipage effectue trois procédures successives (la check-list prévol, la check-list after-start et la check-list after-takeoff) qui incluent chacune, directement ou indirectement, une vérification de la configuration du système de pressurisation. À trois reprises, le sélecteur en position MAN n'est pas détecté. Le vol HCY522 décolle de Larnaca à 9 h 07, heure locale d'été d'Europe de l'Est. Le sélecteur en position MAN, la vanne de décharge reste figée à 14,54° d'ouverture, la position dans laquelle elle avait été laissée après le test de maintenance. Les packs de climatisation, eux, continuent de tourner normalement : de l'air pressurisé entre dans la cabine. Mais la vanne en laisse sortir davantage qu'il n'en entre. Le résultat est une pressurisation résiduelle, insuffisante, qui produit une montée de l'altitude cabine plus lente que celle de l'avion. C'est le pire des scénarios : pas une décompression brutale, qui se signalerait d'elle-même par la douleur aux oreilles et le brouillard, mais une fuite progressive, silencieuse, que rien dans les sensations physiques de l'équipage ne vient signaler. L'alarme à deux voix À 06 h 12 min 38 s UTC, l'avion traverse les 12 040 pieds en montée. L'altitude cabine, insuffisamment pressurisée, franchit le seuil des 10 000 pieds. L'alarme d'altitude cabine retentit dans le cockpit. C'est un signal intermittent, un son aigu, répétitif, impossible à ignorer. Le problème est que ce son est rigoureusement identique à celui de l'alerte de configuration décollage (takeoff configuration warning), qui signale une mauvaise configuration des volets, du trim ou des aérofreins avant le décollage. Sur les Boeing 737 dits « Original » (séries -100 et -200) et « Classic » (séries -300, -400 et -500), les deux systèmes d'alerte partagent le même signal sonore. La seule distinction logique est contextuelle : l'alerte de configuration ne peut se déclencher qu'au sol, puisqu'elle est désactivée par le basculement du capteur air-sol (squat switch) au décollage. En vol, la même alarme ne peut signifier qu'une chose : l'altitude cabine a dépassé 10 000 pieds. Mais le cerveau humain ne fonctionne pas par exclusion logique. Il fonctionne par association. Un son familier déclenche l'interprétation la plus fréquemment associée à ce son dans l'expérience du pilote. Et les pilotes entendent l'alerte de configuration bien plus souvent que l'alerte d'altitude cabine, parce que les erreurs de configuration au sol sont incomparablement plus fréquentes que les pertes de pressurisation en vol. Le commandant Merten contacte le centre opérationnel Helios à Larnaca sur la fréquence compagnie. Il parle d'un problème de takeoff configuration warning. Il mentionne également une alarme Equipment Cooling et un voyant Master Caution. Un ingénieur au sol, au bout du fil, identifie la possibilité d'un problème de pressurisation et pose la question : le sélecteur est-il bien en position AUTO ? Mais la communication est difficile. Le commandant a un fort accent allemand. L'ingénieur est britannique. Les deux hommes ne partagent pas la même langue maternelle, et la dégradation cognitive du commandant a probablement déjà commencé. Le message ne passe pas. Le rapport de l'AAIASB note que, du point de vue des facteurs humains, la focalisation sur une tâche de diagnostic (chercher l'origine du problème de refroidissement équipement) au détriment d'une autre (identifier la signification réelle de l'alarme) est un comportement « entièrement plausible et déjà observé chez des pilotes expérimentés ». C'est un cas classique d'attention tunnelisée, aggravé en l'occurrence par le fait que la capacité attentionnelle elle-même est en train de se dégrader. Le commandant se lève de son siège pour vérifier les disjoncteurs à l'arrière du cockpit. C'est le dernier acte cohérent enregistré. Le contact radio avec Nicosie cesse à 9 h 20 min 21 s, à 28 900 pieds. L'avion continue de monter. Il atteint le FL340 à 9 h 23 min 32 s, où le pilote automatique le maintient. La fermeture de la fenêtre Le temps de conscience utile (Time of Useful Consciousness, TUC) est le paramètre qui scelle le sort du vol HCY522. C'est la durée pendant laquelle un individu exposé à une altitude-pression donnée conserve une capacité cognitive suffisante pour agir de manière efficace. À 18 000 pieds d'altitude cabine, le TUC est de vingt à trente minutes. À 25 000 pieds, il chute à trois à cinq minutes. Au FL340 (34 000 pieds, l'altitude de croisière du HCY522), il est de trente à soixante secondes. Mais ces chiffres décrivent une décompression brutale. Dans le cas d'Helios 522, la dépressurisation est lente, progressive, insidieuse. L'altitude cabine monte au rythme de la montée de l'avion, sans discontinuité. Le corps s'adapte, ou plutôt il croit s'adapter. Les premiers symptômes de l'hypoxie (légère euphorie, picotements, sensation de chaleur) sont subtils, non alarmants, facilement attribuables au stress ou à la fatigue. Le médecin aérospatial Dennis Shanahan emploie une expression glaçante pour décrire ce processus : la « happy death ». On ne se sait pas en train de mourir. On ne se sait même pas en train de perdre la capacité de comprendre qu'on est en train de mourir. C'est ce qui fait de l'hypoxie un piège sans équivalent dans l'accidentologie aérienne. Elle ne détruit pas l'avion. Elle ne détruit pas les commandes. Elle détruit l'outil, le cerveau, dont l'équipage a besoin pour diagnostiquer sa propre présence et y répondre. C'est une menace autoréférentielle : la condition elle-même supprime la capacité de la reconnaître. Le vol Helios 522 n'est pas le premier « vol fantôme » de l'histoire. Le 25 octobre 1999, un Learjet 35A transportant le golfeur Payne Stewart décolle d'Orlando pour Dallas. L'avion perd sa pressurisation, l'équipage et les passagers sont incapacités, et le Learjet poursuit sa route en pilote automatique pendant quatre heures à travers six États américains avant de s'écraser dans le Dakota du Sud, à 2 400 kilomètres de sa destination. Six morts. Même mécanisme létal, même silence radio, même interception par des chasseurs constatant l'absence de vie à bord. En Australie, le 4 septembre 2000, un Beech King Air 200 perd sa pressurisation après le décollage de Perth. Les contrôleurs entendent la voix du pilote se détériorer progressivement sur la fréquence avant de sombrer dans le silence. L'avion s'écrase près de Burketown après épuisement du carburant. Dans les trois cas, le schéma est identique : la dépressurisation supprime la conscience avant que la conscience ne puisse supprimer la dépressurisation. Le silence dans la cabine C'est ici que l'histoire du vol HCY522 se sépare de celle de Payne Stewart ou du King Air australien. Parce que le HCY522 est un vol commercial. Il y a un équipage de cabine. L'équipage de cabine compte quatre membres. Parmi eux, la chef de cabine, Louisa Vouteri, trente-deux ans, a remplacé au dernier moment une collègue malade. Haris Charalambous et son compagnon Andreas Prodromou, vingt-cinq ans, ont eux aussi été appelés en renfort juste avant le vol. Le couple projette de se marier. Quand les masques passagers se déploient à 14 000 pieds d'altitude cabine, les PNC font ce que leur formation leur commande de faire : ils enfilent leurs masques, restent à leur poste, et attendent. Ils attendent deux choses. La première est physique : la descente d'urgence. Dans tout scénario de dépressurisation, les pilotes initient immédiatement une descente rapide vers un niveau respirable, typiquement 10 000 pieds. L'équipage de cabine s'attend à sentir l'avion piquer du nez, à entendre les moteurs passer au ralenti, à percevoir la variation de pression dans les oreilles. C'est une signature sensorielle forte, impossible à manquer. La seconde est procédurale : l'appel interphone du cockpit informant la chef de cabine de la nature du problème et des actions en cours. Cette annonce est le lien vital entre l'avant et l'arrière de l'avion. C'est elle qui déclenche le passage de l'équipage de cabine du mode passif (attente d'instructions) au mode actif (assistance, préparation d'urgence, éventuelle intervention). Ni l'une ni l'autre ne vient. L'avion ne descend pas. Il continue de monter. Et l'annonce ne vient jamais. Les masques à oxygène passagers du Boeing 737 fonctionnent par générateur chimique. Leur autonomie est d'environ douze minutes, le temps nécessaire pour qu'un avion descende d'une altitude de croisière vers un niveau respirable. Les postes PNC (jumpseat, offices) sont équipés des mêmes masques : en cas de dépressurisation, la procédure commande à l'équipage de cabine de s'asseoir immédiatement et de se saisir du masque le plus proche, qu'il soit à son poste ou en cabine. Mais il existe aussi à bord, à proximité des jumpseat, d'autres sources d'oxygène : des bouteilles portatives d'O2 thérapeutique et des bouteilles ou cagoules de protection respiratoire, destinées à l'origine aux situations de feu ou de fumée. C'est probablement l'une de ces sources qu'Andreas Prodromou a utilisée pour rester conscient bien au-delà des douze minutes offertes par les générateurs chimiques. Mais les SOP d'Helios Airways ne prévoient pas le scénario d'un cockpit devenu muet. Il n'existe aucune procédure spécifiant ce que l'équipage de cabine doit faire si les pilotes ne donnent aucun signe de vie après un déploiement de masques. Les PNC sont formés à attendre l'annonce. L'annonce ne vient pas. Et la procédure ne dit pas quoi faire quand la procédure ne fonctionne plus. Quiconque a porté l'uniforme de navigant connaît ce territoire. L'équipage de cabine opère dans un cadre procédural strict, construit autour de la transmission d'information par le cockpit. La formation insiste, à juste titre, sur le respect de la chaîne de commandement, sur la discipline des annonces, sur le fait de ne pas encombrer les pilotes en situation d'urgence. Mais cette architecture repose sur un présupposé implicite : que le cockpit est en état de communiquer. Quand ce présupposé tombe, la procédure devient un piège de silence. Andreas Prodromou, plongeur expérimenté et titulaire d'une licence de pilote commercial (CPL), reste conscient plus longtemps que les autres grâce à l'une de ces sources d'oxygène. Il est le dernier être humain conscient à bord du HCY522. Après plus d'une heure (le temps exact reste incertain), il parvient au cockpit. Il s'assied au siège gauche. Le moteur gauche s'est déjà éteint. Le CVR enregistre deux tentatives d'appel Mayday : « MAYDAY, Helios Airways Flight 522 Athens… » Mais les données du FDR montrent que le bouton d'émission radio n'a jamais été pressé. Les appels, captés par le micro ambiant du CVR, ne sont jamais sortis de l'avion. Les F-16 voient l'homme dans le cockpit. Ils voient sa main levée. Ils voient le doigt pointé vers le bas. Et ils voient le deuxième moteur s'éteindre. Andreas Prodromou n'est pas pilote de ligne. Il n'est pas qualifié sur Boeing 737. Même s'il l'avait été, le carburant ne lui laissait que des secondes. La réponse du système L'enquête de l'AAIASB établit que la FAA avait connaissance du problème de l'alarme ambiguë du 737 bien avant l'accident. La NASA elle-même avait signalé le risque de confusion. Boeing avait été informé. Rien n'avait changé. Après l'accident, la réponse réglementaire se déploie en trois temps. En 2006, l'AD 2006-13-13 rend les procédures d'urgence liées à l'alarme d'altitude cabine des « memory items ». En 2008, l'AD 2008-23-07 impose un briefing pré-vol obligatoire rappelant la double fonction de l'alarme. L'EASA publie en 2009 un Safety Information Bulletin notant que, malgré ces mesures, des incidents de confusion continuent de se produire. Ce n'est qu'en 2010 qu'un NPRM propose l'installation de voyants lumineux distincts sur le panneau central du cockpit des séries -100 à -500 (Original et Classic), la mesure de conception qui aurait dû exister depuis l'origine. Entre-temps, la FAA et la base ASRS de la NASA avaient documenté de nombreux cas d'équipages ayant confondu l'alarme d'altitude cabine avec l'alarme de configuration décollage. L'un d'entre eux, rapporté dans le SIB EASA 2009-34, fait état d'un équipage ayant d'abord identifié l'alarme comme un téléphone portable. Cinq ans pour proposer un voyant lumineux sur un panneau d'instruments. Cent vingt et une vies pour établir qu'un principe élémentaire d'ergonomie (deux dangers distincts ne doivent jamais partager le même signal) n'avait pas été respecté dans la conception du Boeing 737. Helios Airways, de son côté, ne survit pas à l'accident. La compagnie est rebaptisée Ajet en mars 2006. En novembre de la même année, le gouvernement chypriote saisit ses avions et gèle ses comptes bancaires. L'exploitation cesse définitivement. Ce que le silence enseigne L'accident du vol HCY522 n'est pas un cas simple. Il serait tentant de l'attribuer à une erreur de maintenance (le sélecteur laissé en MAN), ou à une erreur de l'équipage (les trois checks manqués), ou à un défaut de conception (l'alarme ambiguë). Chacune de ces attributions est vraie. Aucune n'est suffisante. Ce que Helios 522 met à nu, c'est un mécanisme plus profond, que le modèle Swiss Cheese de Reason ne capture qu'imparfaitement. Ce n'est pas seulement que les trous dans les barrières de défense se sont alignés. C'est que la condition latente, le sélecteur en MAN, a déclenché un processus physiologique, l'hypoxie, qui a détruit la dernière barrière active : la capacité de l'équipage à comprendre ce qui se passait et à y répondre. La condition latente génère le mécanisme qui empêche sa propre correction. Le système se referme sur lui-même. Rasmussen éclaire l'autre face du piège. La confusion de l'alarme est un basculement contraint du mode rule-based vers le mode knowledge-based. En mode rule-based, l'équipage associe le son entendu à la réponse la plus fréquente : alerte de configuration. Le passage au mode knowledge-based, comprendre que le même stimulus a une signification différente dans un contexte différent, exige une ressource cognitive de haut niveau, une capacité d'abstraction et de raisonnement que l'hypoxie est précisément en train d'éteindre. Le diagnostic correct reste théoriquement possible, mais de plus en plus improbable à mesure que les minutes passent. La fenêtre de compréhension et la fenêtre de conscience se referment ensemble. Et derrière l'accident immédiat, il y a le cadre organisationnel que Vaughan nous apprend à lire. La décompression de décembre 2004 sur le même avion, en provenance de Varsovie, avec trois passagers hospitalisés, qui n'avait généré ni poursuite ni remise en cause de la culture de sécurité. Les problèmes récurrents de porte de service R2, signalés à nouveau la veille même de l'accident. Les audits EASA, JAA et OACI sur la DCA chypriote, restés sans plan d'action effectif. La dérive silencieuse d'une organisation qui absorbe les signaux précurseurs sans modifier ses pratiques. C'est la normalisation de la déviance, telle que Vaughan l'a théorisée à partir de l'accident de Challenger, appliquée à une petite compagnie méditerranéenne. Le vol fantôme d'Helios 522 est un archétype. Il rejoint le Learjet de Payne Stewart, le King Air de Burketown, et peut-être, si l'hypothèse de l'ATSB australien est correcte, le vol MH370 de Malaysia Airlines, dans la famille des accidents où le silence n'est pas un symptôme mais le mécanisme létal lui-même. L'avion continue de voler. L'équipage a cessé d'exister. Et entre les deux, il n'y a eu qu'une alarme qui sonnait juste, mais que personne n'a su entendre. Sources : Rapport d'accident Air Accident Investigation and Aviation Safety Board (AAIASB), Aircraft Accident Report: Helios Airways Flight HCY522, Boeing 737-31S, 5B-DBY, Grammatiko, Hellas, 14 August 2005, République hellénique, novembre 2006. Directives de navigabilité et documents réglementaires Federal Aviation Administration, AD 2006-13-13, Cabin Altitude Warning/Takeoff Warning, 2006. Federal Aviation Administration, AD 2008-23-07, Pre-flight Briefing on Cabin Altitude Warning, 2008. Federal Aviation Administration, NPRM Docket No. FAA-2010-0215, Installation of Separate Visual Indicators for Cabin Altitude and Takeoff Configuration Warnings on Boeing 737-100 through -500, 2010. European Aviation Safety Agency, Safety Information Bulletin SIB 2009-34, Cabin Altitude Warning/Takeoff Configuration Warning, 2009. Rapports d'accidents satellites National Transportation Safety Board, Aircraft Accident Brief: Learjet Model 35, N47BA, near Aberdeen, South Dakota, October 25, 1999, NTSB/AAB-00/01, 2000. Australian Transport Safety Bureau, Investigation Report B/2000/3479: Beechcraft Super King Air 200, VH-SKC, Burketown, Queensland, 4 September 2000, 2001. Ouvrages Negroni, Christine, The Crash Detectives: Investigating the World's Most Mysterious Air Disasters, Penguin Books, New York, 2016. Reason, James, Managing the Risks of Organizational Accidents, Ashgate, Aldershot, 1997. Rasmussen, Jens, « Skills, Rules, and Knowledge: Signals, Signs, and Symbols, and Other Distinctions in Human Performance Models », IEEE Transactions on Systems, Man, and Cybernetics, vol. SMC-13, n° 3, 1983, pp. 257-266. Vaughan, Diane, The Challenger Launch Decision: Risky Technology, Culture, and Deviance at NASA, University of Chicago Press, Chicago, 1996. Article académique Maditinos, Zinonas & Vassiliadis, Chris, « Air Transport Service Harm Crisis: The Case of Helios Airways Tragedy », Journal of Hospitality & Tourism Cases, vol. 4, n° 1, 2015, pp. 26-35. #Avgeek #Helios522 #AviationSafety 📽️ : Extrait « Mayday Dangers Dans le Ciel »

François Negroni

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Une grande révolution anthropologique est en cours à l'Assemblée nationale avec l'arrivée de la loi sur la légalisation de l'euthanasie humaine. Nous avons le devoir politique de réfléchir au-delà de l’opinion ambiante et de porter un regard critique sur les arguments si évidents, si simples, si dominants dans l’espace public. Si une personne choisit de mourir, au nom de quoi remettre en cause sa volonté ? Chacun n’a-t-il pas le droit de mourir dans la dignité ? Finalement, ce droit offre une possibilité, mais n’enlève rien à personne, alors pourquoi s’y opposer ? On demande à pouvoir tuer par amour, par compassion. On oublie que, derrière cette demande, il y a aussi de la peur : la peur de souffrir, la peur de dépendre des autres, la peur de ne pouvoir choisir dans une société où la liberté individuelle est érigée en valeur absolue et ne doit souffrir aucune limite. Même les chiffres semblent contre nous : 75 % des Français seraient favorables à l’euthanasie selon un sondage du journal La Croix. Et pourtant, ce même sondage révèle que, dans les unités de soins palliatifs - ces fameux services médicaux d’accompagnement des personnes en fin de vie -, 97 % des malades et 85 % des soignants y sont opposés. Que faut-il comprendre ? Que ce sont les bien portants et ceux qui ne sont pas concernés qui sont favorables à l’euthanasie, que les partisans d’une cause ne sont pas les acteurs de terrain. Notre société met tout en œuvre pour sauver une personne qui veut sauter du haut d’un pont ou se jeter sous les rails d’un train ; elle alerte immédiatement ses pompiers et envoie ses ambulances ; elle encense le citoyen courageux qui aura entravé le geste de désespoir. Mais quand une personne réclame la mort dans un lit d’hôpital, alors là, la même société veut tendre la piqûre mortelle. Mais que s’est-il passé pour que notre société se résigne sur ce point ? La plupart des gens imaginent que cette loi ne concernera que les personnes âgées, malades, incurables, condamnées à mourir à court terme. Cela n’est pas la réalité des expériences dans les pays ayant déjà légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté. Pour une raison simple : la légalisation de l’euthanasie n’est pas une simple évolution législative, mais bien une véritable rupture anthropologique. Une fois l’interdit de tuer remis en cause, une fois ce principe fondamental de notre vie en commun renversé, la dérive est inéluctable. On sait où cela commence ; jamais où cela s’arrête. D’un cadre légal le plus souvent assez restrictif et assorti de conditions, ces pays ont petit à petit dérivé. En Belgique, on peut maintenant demander la mort en cas de maladie psychiatrique. Au Canada, la loi de 2016 cantonnait le droit à l’euthanasie aux situations de fin de vie à brève échéance ; en 2021, une personne physiquement handicapée ou atteinte d’une maladie chronique est désormais éligible à l’euthanasie. Aux Pays-Bas, premier pays au monde à avoir légalisé l’euthanasie, des personnes souffrant de troubles psychiatriques, de démence et d’autisme sévère mais aussi les mineurs, peuvent demander l’euthanasie. Les conséquences sont dramatiquement concrètes : En 2023 en Belgique, une femme de 50 ans, mère de famille, violée en 2016 et traumatisée par cette terrible agression, a été euthanasiée. En 2022, en Belgique toujours, une jeune femme de 23 ans, victime des attentats islamiste de 2016, a été euthanasiée pour cause de « souffrance psychologique insupportable ». En France, Olympe, Youtubeuse de 23 ans qui souffre d‘un trouble dissociatif de l'identité, a annoncé avoir fait une demande d’euthanasie en Belgique. Voilà le résultat quand une société fait le choix de la mort plutôt que des soins, de la soi-disant autonomie plutôt que de la solidarité. Pire encore, ce qu’on présentait alors comme une pratique marginale est en progression constante dans ces pays ! Aux Pays-Bas, le nombre d’euthanasies a été multiplié par 4 depuis la légalisation. En Belgique, la part des euthanasies dans un contexte où la mort n’est pas attendue à brève échéance est passée de 9% des cas en 2010 à 16% en 2021. Le nombre d’euthanasie a littéralement décuplé depuis la légalisation. Cette trajectoire était prévisible. Leur argument pour autoriser l’homicide est celui du respect de la volonté. Dans cette logique, pourquoi seule la volonté du mourant devrait être respectée ? Si l’on suit cette logique, en quoi la volonté d’un malade, d’un handicapé ou d’un enfant devrait-elle être entravée ? L’autre question est de savoir si cette volonté s’exerce de façon totalement libre ? La vérité est que ce projet de loi, sous couvert de bons sentiments, est d’une monstrueuse perversité. Elle envoie un message douloureux à tous ceux qui vivent dans une grande vulnérabilité, et qui parfois sont tentés de « démissionner de la vie », selon les mots d’une personne handicapée. On leur envoie le signal de leur inutilité en leur disant qu’ils entrent dans les cases des personnes dont la dignité est jugée suffisamment dégradée pour avoir le droit de mourir. « Mourir dans la dignité » est un slogan sous forme d’insulte pour tous ceux que nous devons convaincre de la valeur de leur vie. Ce message risque de les enfermer dans une situation où il leur sera difficile de refuser la mort. Il faut imaginer que ces personnes fragiles ont bien souvent le sentiment d’être un fardeau psychologique et un poids économique pour leurs proches. En leur offrant la possibilité de mourir, on risque de faire peser sur elle la culpabilité de rester en vie. On inverse la charge de la responsabilité : c’est à la société de se sentir coupable de ne pas accompagner, soulager, soigner correctement ses personnes. Avec la légalisation de l’euthanasie, ce seront nos malades, nos vieux, nos handicapés qui pourront se sentir coupables de s’imposer à la société. Il n’y a qu’un pas à vouloir quitter ce monde par amour pour les siens. Et c’est le gouvernement qui va les y pousser par la légalisation. Dans un documentaire produit par Bernard de La Villardière en 2023, des soignants expliquent qu’ils observent une pression sociale sur les patients vulnérables dont la vie ne vaudrait plus le coup d’être vécue. Le premier rapport annuel du Canada sur l’euthanasie souligne qu’un nombre sans cesse croissant des candidats à l’euthanasie « mentionne le fait d’être une charge pour sa famille ou ses proches comme motif de la demande ». On propose la mort, mais cette proposition glisse bien souvent vers une incitation à consentir à sa mise à mort. Eh oui ! Comment n‘y pas être incité quand vous vivez en souffrance dans des déserts médicaux, loin de tout médecin pour vous soulager, que vous n’avez pas les moyens de vous payer une belle maison de retraite ni les soins d’une bonne clinique privée, que votre retraite ridicule ne vous permet pas de subvenir à vos besoins et que nous ne pouvez pas vous appuyer sur vos proches qui n’arrivent déjà pas à boucler les fins de mois. Vous voyez certainement où je veux en venir : cette incitation, elle sera d’abord pour les plus pauvres. Le grave délabrement de la santé publique sera de fait une incitation à l’euthanasie. Il y a en France, d’après l’Inspection générale des affaires sociales, 311 000 personnes nécessitant des soins palliatifs, pour 7 500 lits de soins palliatifs. 26 % des départements français, un hôpital sur quatre, n’en sont même pas pourvus. La situation est tout aussi dramatique pour les services psychiatriques, sans parler des services d’urgences. Pour 75 % des Français, la fin de vie est donc la suivante : d’abord maltraités dans ces EPHAD que l’État laisse à l’abandon, puis la souffrance et la mort dans un hôpital inadapté et sous-doté de soignants. « Au début, les gens demandaient l’euthanasie par peur d’une mort atroce. Aujourd’hui, beaucoup la réclament par peur d’une vie atroce. Ils craignent moins la douleur et l’agonie qu’une existence pénible ou douloureuse. » comme le résume le Dr néerlandais Théo Boer, initialement favorable à l’euthanasie et aujourd’hui militant contre. C’est en cela que le gouvernement est immoral et irresponsable à choisir la facilité de la mort, plutôt que l’exigence du soin, de la solidarité, des services publics. La juste réponse à la fin de vie n’est rien d’autre que les soins palliatifs. Le rôle du politique est donc d’abord de mettre en place les politiques publiques qui nous aideront à faire face au déclin de nos capacités physiques par un accompagnement adapté, qui faciliteront l’aide de notre entourage, qui prévoiront des établissements capables d’apporter les soins attendus, qui investiront dans l’accompagnement et l’insertion des personnes handicapées. Plutôt que l’annonce d’une loi sur l’euthanasie, on attendait plutôt une grande loi sur la dépendance. Plutôt que d’envisager un droit opposable à l’euthanasie, on aurait préféré un droit opposable à l’accès aux soins palliatifs. Mais, comme le rappelle le professeur Timothy Devos, médecin belge, « L’euthanasie et les soins palliatifs ne sont pas compatibles ». L’interdiction du meurtre va au-delà de la morale, elle nous pousse à trouver des solutions alternatives, à être inventifs. C’est justement parce que l’euthanasie est interdite que l’on a développé les soins palliatifs. On a voulu soulager physiquement, moralement, psychologiquement, spirituellement même. On a proposé des médecines complémentaires et des distractions. Pourquoi une telle énergie, pourquoi une telle créativité, pourquoi une telle compassion s’il existe la facilité, et l’économie, de donner la mort ? Ces deux cultures s’affrontent, ces deux modèles ne peuvent véritablement cohabiter. En conclusion, je m’efface derrière les mots de Philippe Pozzo di Borgo tétraplégique depuis 30 ans : « Nous sommes incontinents, souffrants, paralysés ou désorientés, porteurs de handicaps ou de maladies invalidantes, victimes des séquelles d’accidents, traumatisés crâniens ou malades psychiques. Tous, nous nous sentons encore plus fragilisés par ce débat. Regardons les choses en face : beaucoup de « bien portants » nous décrètent malheureux sans même nous connaître. Ils préféreraient ne plus vivre que de vivre avec nos incapacités. Mais qu’en savent-ils ? Que savent-ils du chemin que nous avons fait pour consentir à notre situation ? Que savent-ils des ressources vitales que nos épreuves ont révélées, malgré nos souffrances ? Il faut nous approcher pour nous connaître. Il faut prendre du temps, renoncer à la peur et à une certaine pitié qui ne nous aide pas. Ont-ils conscience du message d’exclusion qu’ils nous envoient ? Alors que nous nous battons au quotidien, faudrait-il renoncer au courage de vivre ? Chers concitoyens qui réfléchissez à la fin de vie, avec la force de notre fragilité, nous vous le demandons pour le bien de tous. Ne poussez pas les plus fragiles et ceux qui les entourent, à la désespérance, à l’auto-exclusion, au suicide ou à l’euthanasie. Protégez-les d’une prétendue « liberté de mourir » qui les presserait de quitter notre société. Réaffirmez le droit de chacun d’être aidé à vivre, et jamais à mourir. Alors, la société que nous construisons ensemble sera plus humaine. Aidez-nous à vivre, pas à mourir. »

Marion Maréchal

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🇫🇷 23 novembre 1976, mort d'André Malraux. 20 ans après, le 23 novembre 1996, les cendres d’André Malraux sont transférées au Panthéon par la volonté de Jacques Chirac. L’ancien ministre Maurice Schumann, grande figure gaulliste, Compagnon de la Libération, et Jacques Chirac lui rendent hommage. Maurice Schumann : « C’est avec un être contre la mort, l’antidestin qui franchit ce soir le seuil du Panthéon. ». Le Président Chirac : « Parce que vous avez su faire vivre nos rêves, et les faire vivre en nous, prenez place, André Malraux, dans le Panthéon de la République ! » Retrouvez l'intégralité du discours de Jacques Chirac : « Mesdames et Messieurs, Le Panthéon n'est pas seulement un lieu de recueillement et de souvenir. C'est un lieu de vie, car les valeurs qui sont honorées ici, à travers celles et ceux qui reposent sous ses voûtes, sont d'abord des valeurs vivantes. C'est le combat pour la justice, celui de Voltaire dans l'affaire Callas, celui de Zola quand il accuse les calomniateurs du Capitaine Dreyfus. C'est la dignité de l'homme, toujours à défendre et à conquérir, qui habite René Cassin quand il inspire la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. C'est la passion de la liberté et le refus de l'oppression qui portent Lazare Carnot et ses soldats de l'An II, comme Jean Moulin et son armée des ombres, et qui donnent à la plume de Victor Hugo sa violence et sa force. En prononçant ici, le 19 décembre 1964, l'éloge de Jean Moulin, André Malraux engageait la France toute entière et s'engageait lui-même. Il affirmait qu'au-delà des différences de générations, d'opinions publiques ou de croyances, il est des instants où une nation se rassemble autour des valeurs qui la fondent et ceci pour mieux les faire vivre. André Malraux, je voudrais vous dire, ce soir, pourquoi l'hommage de toute la nation, acte d'évidence, acte de justice, est aussi le signe de notre engagement. André Malraux, vous nous avez appris à nous défier des réponses toutes faites, de l'esprit de système qui dénie aux individus leur part d'influence sur leur propre histoire. Vous êtes l'homme de l'inquiétude, de la recherche, de la quête, celui qui trace son propre chemin. Vous avez, très jeune, mis un terme à vos études, parce que vous ne pouviez faire vôtres des nourritures intellectuelles que vous n'auriez pas trouvées vous-même, au hasard des bouquinistes ou dans les arrière-boutiques d'éditeurs confidentiels. Vous étiez alors un dandy, avec ce que cela suppose de hauteur, de discipline, de brio, de désespoir. C'était l'époque, les années 20, mais c'était surtout vous-même. Dans vos conversations avec les poètes et les peintres cubistes, vos amis, vous étiez déjà celui qui interroge âprement notre condition. Au moment où vous vous frayiez un chemin en pays khmer, à la découverte de Banteai-Srey, avec l'intention de prélever des bas reliefs, vous posez la question, exprimée dans " La Voie royale " de ce que peut être la volonté face au grouillement des choses, aux forces obscures et émollientes qui ne sont pas seulement celles de la forêt cambodgienne. Votre rapport à l'art, qui est sans doute la pierre angulaire de votre vie, n'est qu'une longue interrogation. Votre première femme, Clara, vous montre, à 20 ans, dans les musées de Florence, courant vers le beau, comme, écrit-elle, " si vous étiez en danger ", avide de voir, de comparer, d'imaginer, de trouver votre monde. Plus tard, alors que " Les Conquérants " illustrent déjà le style et le sens de votre oeuvre, vous publiez " Royaume farfelu ", texte fantastique, esthétisant, déroutant pour vos admirateurs, mais significatif, aussi, pour ceux qui savent la profondeur de votre pessimisme, la relation un peu grimaçante que vous aviez alors avec la mort, l'irrémédiable. Vous êtes bien, André Malraux, du côté de l'inquiétude, de la quête. Nietzsche et Dostoïevsky sont, pour l'éternité, vos maîtres et vos interlocuteurs. Vous incarnez des choix, des préceptes, un exemple, et pourtant, il y a toujours chez vous le " Et si nous nous étions trompés " que vous inspire le " Shigemori " de Takanobu, chef-d'oeuvre qui vous paraît remettre en cause tout l'art occidental. Vous êtes celui qui nous apprend la richesse de la question et de la remise en question. Cette richesse, cette quête font de vous l'homme de l'aventure, de l'ouverture au monde, et donc de la tolérance et du respect de l'autre. Votre intimité avec toutes les cultures, votre façon si neuve de faire dialoguer entre eux les arts du monde, par-delà les frontières et les époques, vous consacre citoyen de l'Intemporel, un Intemporel qui est nécessairement fraternel. Vous avez eu très tôt l'intuition que c'est la comparaison, la confrontation des oeuvres, statue Maya, fétiche du Dahomey, masque No ou buste grec, qui permet de les comprendre, de les ressentir, de les transformer. C'est le principe même du Musée Imaginaire que nous rappellent ces images posées ce soir à vos pieds. Quand on aborde les arts de partout avec cette liberté intérieure, cette compréhension intime, et cette infinie curiosité qui vous lance, tout jeune Prix Goncourt, sur les traces de la Reine de Saba, il ne peut y avoir que reconnaissance pour les peuples, et des peuples qui les ont créés. Vos goûts, si éclectiques, ne sont que les différents visages d'une même passion, une passion qui ignore d'abord la hiérarchie. "Le fétiche, avez-vous écrit, ne balbutie pas la langue des formes humaines, il parle la sienne". Dans cette approche, il y a du respect, de l'humilité, à mille lieues de l'ignorance et de l'arrogance qui ont voilé, si souvent, le regard de l'Occident. C'est une démarche profondément généreuse et profondément moderne, et c'est une leçon. Vous êtes, André Malraux, en prise directe sur le monde. Vous allez être de ceux qui prennent en charge l'injustice du monde. Personne n'a, avec plus d'éloquence, défendu l'idéal de justice et chanté la fraternité. En Indochine, au cours d'un séjour qui est d'abord forcé, vous découvrez les différences de traitement selon que l'on est indigène ou européen, un droit qui n'est pas égal pour tous, parfois l'humiliation, parfois la violence, tout simplement les mille visages de la bêtise ordinaire. Dans "l'Indochine", puis "l'Indochine enchaînée", journaux que vous dirigez en 1925 et 1926, vous ferraillez au plus près de vos adversaires, maniant une plume indignée et pamphlétaire. Vous étiez un dandy. Vous devenez un rebelle. Vous serez, presque, un révolutionnaire. Dix ans plus tard, alors que vous avez peint, d'une écriture urgente et inspirée, les prémices de la révolution chinoise dans "Les Conquérants", puis dans "La Condition humaine" ; alors que vous avez inventé Garine, Kyo, Katow et l'obsédant Clappique, vous allez prendre les armes de l'Espoir, aux côtés des Républicains espagnols. C'est le temps de l'escadrille Espana, dont vous êtes l'âme. C'est le temps des quelques Bréguet, Potez et Douglas que vous avez pu rassembler, parfois si mal équipés qu'il faut larguer les bombes à la main. C'est la destruction, à Médellin, de la colonne franquiste, ce qui contribue à défendre Madrid pour un temps. L'attaque de Teruel, le secours porté aux réfugiés de Malaga. C'est le courage physique et c'est la fraternité comme réponse aux vertiges de l'absurde. La fraternité que le destin n'efface pas. "Le contraire de l'humiliation et de la mort" comme l'affirme votre double dans "L'Espoir". La fraternité qui vous inspire les scènes les plus belles. Katow, avant le pire des supplices, donnant son cyanure à deux jeunes chinois. La foule des paysans de Linarès, "les femmes aux cheveux cachés sous des fichus sans époque" qui font cortège, sur les flancs de la montagne, aux corps ensanglantés des aviateurs républicains. Les soldats allemands des "Noyers de l'Altenburg" qui portent sur leurs épaules, dans un paysage d'apocalypse, les Russes défigurés par les gaz. Nul solitaire, André Malraux, n'a chanté mieux que vous ce qui unit les hommes, au point de donner à leur vie, même fugitivement, sens et direction. C'est une autre leçon. Contre l'absurde, au-delà de la fraternité, il y a l'engagement et la capacité de dire "non". Vous vous êtes engagé en Indochine et sur la terre d'Espagne mais il y avait encore l'illusion lyrique. Encore le sentiment romantique, comme le note l'un de vos amis, de pouvoir "jouer un rôle très important avec très peu de moyens", en nouveau chevalier moderne. Désormais, avec la montée du nazisme, la mobilisation, la guerre, la défaite, la résistance côtoyée, écartée d'abord puis résolument choisie, c'est un engagement d'une autre nature que vous allez prendre. Pour la Liberté. Pour la Nation. Pour la France, que vous rencontrez au moment où elle est blessée et exsangue. Ce qui vous habite, c'est la recherche de l'efficacité qui marque votre relation avec le communisme dont vous appréciez l'organisation et la discipline face au nazisme. Mais c'est surtout le sens de la responsabilité. "Quand on a écrit ce que j'ai écrit et qu'il y a le fascisme quelque part, on se bat contre le fascisme" direz-vous à Roger Stéphane en 1945. Cette exigence et le sort de vos jeunes frères vont vous jeter dans l'action clandestine, dans les maquis de Corrèze, du Périgord, du Lot et du Bas-Limousin. Vous serez arrêté et emprisonné à Toulouse, mais vous échapperez à la torture, laissant sans réponse la question qui se pose à tout résistant. Puis, le Colonel Berger prendra le commandement de la Brigade Alsace-Lorraine, et ce sera, alors que la mère de vos fils vient de mourir, la prise de Dannemarie et la défense de Strasbourg qui feront de vous un Compagnon de la Libération. André Malraux, vous êtes alors un homme marqué par les épreuves, lucide, illustrant parfaitement votre propre définition de l'intelligence : "la destruction de la Comédie, plus le jugement, plus l'esprit hypothétique", mais aussi un homme passionné par la France, telle que, pour vous, l'incarne le Général de Gaulle. Qu'a été votre rencontre avec le Général, alors que vous étiez si différents par vos passés, et si proches par vos valeurs ? Chacun sait ce qu'il a écrit de vous : "A ma droite, j'ai et j'aurai toujours André Malraux. La présence à mes côtés de cet ami génial, fervent des hautes destinées, me donne l'impression que par là, je suis couvert du terre-à-terre. L'idée que se fait de moi cet incomparable témoin contribue à m'affermir. Je sais que, dans le débat, quand le sujet est grave, son fulgurant jugement m'aidera à dissiper les ombres". Pour vous, qui avez créé Garine et le vieux Colonel Ximenès dans "L'Espoir", c'est une filiation enfin trouvée et acceptée. De longues années durant, et notamment pendant la traversée du désert, vous montrerez une fidélité sans faille, à un homme, bien sûr, dont vous dites qu'il est "fasciné par des principes et pour cela invulnérable dans un monde sans principes", mais aussi par une certaine idée de la France. Vos convictions, votre dénonciation du totalitarisme soviétique, dont vous aviez très tôt compris la logique, vous valent l'ostracisme de la Gauche alors que vos engagements passés semblent subversifs à la Droite. En réalité, André Malraux, vous incarnez mieux que tout autre le Gaullisme tel que le voulait le Général, ni de droite ni de gauche, mais de France. Vous qui nous avez appris l'inquiétude, l'ouverture sur le Monde, la fraternité, l'engagement et la noblesse de la révolte, vous allez assumer l'action politique, malgré ses déceptions et ses contraintes, comme une nouvelle étape de votre chemin dans le siècle. Vous avez dit "l'aventure n'existe plus qu'au niveau des Gouvernements". Plus tard, vous interrogez avec force : "d'où peut-on le mieux arrêter la guerre d'Algérie ? De l'Hôtel Matignon ou des Deux Magots ?". Et vous dites encore, Ministre d'Etat chargé des Affaires Culturelles :"Dans un univers qui est à mes yeux, comme vous le savez, un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui n'est pas absurde, c'est ce que l'on peut faire pour les autres". Y a-t-il plus belle définition de l'action politique ? Dans ce Ministère qui existe pour la première fois, vous soutiendrez la création vivante, par des commandes aux plus grands artistes, Chagall, Masson, ou en défendant en pleine Assemblée Nationale la liberté du créateur, en l'occurrence celle de Jean Genet, l'auteur des " Paravents ". Vous rendrez aux Français la conscience de leur patrimoine, en lançant l'Inventaire des richesses artistiques de la France, en restaurant des monuments essentiels, en changeant la couleur de Paris. Vous assurerez notre rayonnement à l'étranger par des grandes expositions et des échanges, qui permettent aux Japonais de découvrir La Joconde, tandis que les Français s'émerveillent devant " Le Siècle d'or espagnol " ou les trésors de Tout Ankh Amon. Mais surtout, parce que vous aimez partager et que vous rejetez une conception " aristocratique " du savoir, vous inventez les Maisons de la Culture, qui sont un acte de foi dans la démocratie culturelle. La culture, comme prolongement du rêve de Jules Ferry. La culture comme nouveau droit, pour chaque enfant, pour chaque citoyen. La culture contre la mort qui, après vos jeunes frères, vous a enlevé vos deux fils. C'est en pensant à cette tragédie qu'il faut entendre votre discours prononcé à Bourges : " La culture, c'est l'ensemble des formes qui ont été plus fortes que la mort... Il faut qu'à tous les jeunes hommes de cette ville soit apporté un contact avec ce qui compte au moins autant que le sexe et le sang, car il y a peut-être une immortalité de la nuit, mais il y a sûrement une immortalité des hommes ". Cette idée, si forte, de " donner à chacun les clés du trésor " est plus moderne aujourd'hui que jamais, et doit inspirer nos actes. Pendant toutes ces années, dans ce Ministère auquel vous apportez votre gloire, vous illustrez l'idée que vous vous faites de la France et de sa mission particulière. La France, avez-vous dit, " n'est jamais plus grande que lorsqu'elle l'est pour tous, lorsqu'elle n'est pas repliée sur elle-même ". C'est aussi, André Malraux, une idée qui nous oblige. Sans doute, nous ne sommes plus dans les années 60, mais la France, aujourd'hui comme hier, peut faire entendre sa voix, défendre ses convictions, affirmer ses valeurs, au premier rang desquelles son idéal de paix et de justice. C'est ainsi qu'elle est fidèle à sa vocation. " Que m'importe ce qui n'importe qu'à moi ? " Cette question, qui vous était familière, vaut pour les pays autant que pour les hommes. C'est une dernière leçon, que nous ferons vivre. André Malraux, vous allez entrer dans votre dernière demeure, aux côtés de Jean Monnet, l'un des pères de l'Europe, de René Cassin, le serviteur de la paix, et surtout de Jean Moulin, auquel vous lie la fraternité du courage et de la révolte. Au-delà de la force et de la modernité de vos messages, je voudrais vous remercier au nom de tous les jeunes Français que vous avez fait rêver. Vous avez été celui qui, de retour en France après un séjour rude en Indochine, repart tout aussitôt vers Saïgon, pour lancer au monde colonial le défi de l'humanisme. Vous avez été celui que l'on écoute passionnément, au Café Florida, à Madrid, alors que vous séduisez, en français, un auditoire cosmopolite. Vous avez été celui qui crée de rien le PC Interallié, en Corrèze, projet qui devient réalité à force d'autorité de passion personnelle. Vous avez été celui qui nargue la mort et qui ne se laisse jamais arrêter par elle, alors même qu'elle vous atteignait dans vos proches. Vous avez été celui qui rassemble, découpe, colle les images de votre Musée Imaginaire alors que vous menez bataille au nom du Rassemblement du Peuple Français. Vous avez été le Farfelu, présent même chez le Ministre d'Etat, l'auteur des " Lunes en papier ". Celui qui répond au " Croyez-vous que je sois mort ? " de Picasso, furieux de n'avoir pas reçu une invitation, par un " Croyez-vous que je sois Ministre ? ", clin d'oeil au chat qui fait semblant d'être chat chez Mallarmé. Pour tout cela, et aussi pour une voix, un regard, des mains qui dessinaient vos mots, vous avez inspiré, irrigué plusieurs générations. "Nous ne savons pas ressusciter les corps, mais nous commençons à savoir ressusciter les rêves", avez-vous écrit. C'est peut-être de cela qu'il est question ce soir. Pierre Emmanuel disait de vos rêves qu'ils étaient "immenses et accueillants"... plus vrais, plus réels que ce que nous appelons "nature", ajoutant "la vérité des grands rêves se situe dans l'insondable, au fond de l'homme, en chacun de nous". Au-delà du vrai existe le vécu qui rencontre le rêve. Parce que vous avez su faire vivre vos rêves et les faire vivre en nous, prenez place, André Malraux, dans le Panthéon de la République. »

🇫🇷 Gaullisme ☨

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🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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99.99% d'échec dans l'esport (que ce soit via la compétition ou le streaming). On sait que réussir dans ce milieu, ou de manière plus générale, vivre de notre passion, est difficile. Mais ce qui rend la tâche difficile, ce n'est pas tant que le niveau soit élevé. C'est avant tout parce qu'on reçoit beaucoup de conseils de merde. Des conseils qui ne fonctionnent pas, mais qui en plus, viennent détruire notre potentiel. Il y a 15 ans, on donnait des conseils de merde pour réussir dans l'esport. Et aujourd'hui, je vois et j'entends exactement les mêmes conseils être dispensés. On a littéralement créé un écosystème qui pousse les gens à l'échec. Il y a 15 ans, je suivais tous ces conseils de merde tout en étant persuadé de bien faire. Et sans surprise, j'ai échoué. Parce que j'ai fait toutes les erreurs possibles et imaginables au cours de ma carrière, j'ai pu étudier chacune de ces erreurs et comprendre pourquoi, les conseils que vous retrouvez aujourd'hui pour réussir dans l'esport ou le streaming, vous condamnent à échouer. Ces conseils de merde viennent en fait détruire l'élément le plus important et indispensable à votre réussite : votre potentiel. Dans cette vidéo, je ne retiendrai pas mes coups quand je m'attaquerai à ces conseils de merde. Si vous avez tendance à dispenser ces conseils autour de vous, ne vous sentez pas mal. J'ai moi-même dispensé ces "conseils" pendant une grande partie de ma carrière. Au lieu de vous sentir mal, je vous invite tout simplement à faire mieux : à ne plus dispenser des conseils qui ne fonctionnent pas, et à faire tout ce qui sera nécessaire pour faire augmenter votre potentiel. Peu importe qui vous êtes, vous méritez de réaliser votre rêve et je pense que cette vidéo peut vous y aider. Je vous partagerai également les principes et les méthodes que j'utilise lorsque j'accompagne une personne afin qu'elle puisse réaliser ses projets. Vous apprendrez très rapidement à faire exploser votre potentiel si vous n'en avez pas assez pour réussir, et vous pourrez également reconnaître les pièges qui vous poussent aujourd'hui à vous saboter. La vidéo est longue, n'hésitez pas à l'ouvrir dans un nouvel onglet pendant que vous faites autre chose. A un moment dans la vidéo, je vous montrerai un graphe, vous n'aurez qu'à revenir sur la vidéo brièvement pour suivre mes explications. Aussi, je sais que la vidéo est riche ! Si vous voulez appliquer tout ça, prendre des notes, ou tout simplement revoir certains points, je vous donne les timestamps ci-dessous pour vous faciliter la tâche : 00:00:00 - Etude de cas Ben, ancien joueur amateur qui n'avait aucune opportunité 00:05:22 - UN critère, qui peut dramatiquement augmenter vos chances de réussir 00:07:49 - Ben avait un plan de merde pour réussir dans l'esport 00:08:41 - Pourquoi son plan était-il nul à chier ? 00:12:26 - Ben est en finale d'un tournoi très important, l'effet de la pression 00:14:22 - Comment être constant dans sa performance ? 00:20:24 - Bon à savoir : ne jamais aller à l'encontre des croyances des autres 00:22:07 - Ben vivait le plus beau jour de sa vie 00:22:27 - A retenir : le problème ce n'est pas vous. Le problème, c'est les mauvais conseils 00:23:33 - Pourquoi l'écosystème esportif vous pousse à échouer aujourd'hui 00:24:24 - Promesse 1 : Je ne ferai plus jamais ce que font les autres 00:25:49 - A retenir : Les résultats mettent du temps à venir et c'est normal 00:26:46 - (double) Promesse 2 : Je continuerai de faire ce qui est bon pour moi, aussi longtemps que nécessaire. J'arrêterai immédiatement de faire ce qui ne m'aide pas. Je tiendrai cette promesse en mesurant mes performances chaque jour 00:27:13 - Piège : Description du piège des résultats qui vous pousse à vous créer des attentes 00:30:42 - Comment faire alors pour éviter ce piège ? 00:32:20 - Piège : Description du piège qui nous pousse à suivre la masse quand on est dans le doute 00:40:29 - Pour réussir, Ben a dû faire un choix presque impossible 00:41:41 - Leçon à retenir : être différent créera de l'incompréhension chez les autres et vous serez rejeté... c'est normal. Continuez de faire ce qui est nécessaire pour réussir 00:44:44 - Résumé des points à retenir pour faire l'exercice que je vais vous proposer 00:50:19 - Le potentiel est indispensable pour réussir dans nos projets les plus ambitieux 00:51:12 - Exercice 1 : Quel est ton objectif rêvé ? Explications 00:54:07 - C'est quoi le potentiel ? (du point de vue d'un coach performance) 00:56:28 - Utilisation du graphe dans le contexte de l'esport 01:00:32 - Comment savoir si on n'a pas assez de potentiel pour réussir ? 01:04:15 - Comment mesurer le potentiel de quelqu'un ? 01:06:51 - Est-ce qu'on peut augmenter son potentiel si on n'en a pas assez ? 01:08:34 - Il est possible de faire exploser son potentiel ! Mais comment ? 01:11:46 - Ne demandez pas à quelqu'un qui a un potentiel nul s'il est possible pour vous de changer 01:12:41 - Comment faire exploser son potentiel sans faire une crise cardiaque ? 01:17:21 - Qu'est-ce qui change après un événement traumatique / intense ? 01:18:51 - A retenir : Pour faire augmenter votre potentiel, vous devez changer vos croyances 01:20:50 - Description du mécanisme qui vous permet de faire exploser votre potentiel 01:22:22 - L'importance des croyances pour faire exploser son potentiel 01:24:00 - A retenir : C'est quoi "une croyance qui peut faire exploser mon potentiel" ? Exemples 01:30:00 - Outil intéressant 🔧: "C'est quoi le jeu auquel tu joues vraiment ?" 01:38:55 - A retenir : Certaines croyances peuvent faire exploser votre potentiel et d'autres peuvent l'anéantir 01:41:25 - Piège : Avoir un meilleur rang apporte de meilleures opportunités 01:44:32 - Pourquoi toutes mes vidéos ont-elles pour but de vous améliorer individuellement ? 01:45:18 - Résumé sur la partie dédiée aux croyances 01:47:26 - A retenir : Notre cerveau accorde moins d'importance aux récompenses loin dans le futur 01:49:48 - A retenir : Pour rester motivé quand on a un objectif à très long terme, il nous faut au moins un garde-fou qui nous empêche de retomber dans nos travers, et aussi un système de récompense. Notre objectif à long terme doit avoir un impact dans chacune de nos décisions 01:55:05 - Proposition d'une méthode pour faire exploser votre potentiel et réaliser votre objectif rêvé 01:55:45 - Etape 1 : Rendez votre objectif rêvé, concret, réel, palpable. Donnez du sens à ce que vous faites pour rester engagé vers votre objectif rêvé (avec exemple) 02:02:10 - Etape 2 : Faites exploser votre potentiel grâce à des croyances adaptées à votre objectif rêvé (avec exemple) 02:11:41 - Les étapes 1 et 2 devront être revisitées de temps en temps 02:13:05 - Cette étape est longue, et c'est normal. Ne paniquez pas 02:14:51 - Défendez votre nouveau potentiel contre toutes les personnes qui tenteraient de vous rabaisser 02:17:18 - Résumé des points précédents pour faire exploser votre potentiel, avant d'entamer la dernière étape de l'exercice 02:24:08 - Etape 3 : Façonnez votre plan d'action et mettez-le à exécution. 3 règles fondamentales à respecter 02:27:04 - Exemple pour vous aider à suivre la 1re règle fondamentale 02:28:34 - L'erreur que l'on souhaite éviter quand on perd de vue notre véritable objectif 02:29:31 - Les bénéfices d'avoir son véritable objectif en tête, lorsque l'on est en difficulté 02:36:07 - A retenir : Avoir son véritable objectif en tête vous permettra de transformer toutes les difficultés en opportunités d'apprentissage 02:41:59 - A retenir : Les conséquences néfastes de ne plus avoir son véritable objectif en tête 02:44:24 - Ne sous-estimez pas les dégâts que vos comportements "normaux" peuvent causer sur vos chances de réussir. Vos comportements en situations exceptionnelles, deviendront également votre nouvelle norme 02:46:29 - Les petits comportements ont des conséquences très importantes dans le futur 02:47:38 - A retenir : Vous pouvez apprendre à faire des choses incroyables, à partir de situations "normales". Ne sous-estimez pas vos "petits gestes" 02:47:58 - A retenir : Vous pouvez également détruire complètement vos chances de faire de grandes choses, en adoptant de mauvais "petits gestes" 02:49:38 - Outil intéressant 🔧: "C'est quoi le prix à payer pour refaire cette erreur ?" Exemples pour vous aider à utiliser cet outil et suivre la 2e règle fondamentale 02:53:54 - A retenir : votre travail est d'utiliser ce mécanisme à votre avantage "plusieurs petites actions = grosses conséquences" 02:57:19 - Résumé de la 1re et 2e règles fondamentales 02:59:10 - Outil intéressant 🔧: Faire un tableau pour identifier rapidement les comportements, pensées, façons de voir les choses qui aident ou non. Explications du tableau 03:03:14 - Rappel de l'importance de ce tableau pour réaliser votre rêve 03:03:49 - Dernier résumé sur ces 2 règles fondamentales (je me répète pour marquer l'importance) 03:04:52 - A retenir : Pour réussir, il est INDISPENSABLE de se récompenser régulièrement quand vous avancez vers votre objectif rêvé 03:05:34 - Piège : Se récompenser uniquement quand on a réussi ou uniquement quand on a de bons résultats. Ce piège vous condamnera à échouer 03:06:12 - Pourquoi est-il INDISPENSABLE de savoir se récompenser pour les bonnes raisons ? 03:09:58 - Résumé des points importants précédents pour faire exploser votre potentiel. Ce résumé vous permettra de comprendre l'importance de cette 3e règle fondamentale 03:12:01 - Les récompenses sont en fait votre carburant pour continuer de vous battre. Quand se récompenser ? 03:13:59 - A retenir : Mais comment fait-on pour se récompenser ? 03:15:46 - A retenir : Les différentes formes de récompenses 03:17:33 - Les autres bénéfices de se récompenser 03:19:00 - A retenir : En plus de vous récompenser pour les bons éléments, vous devez apprendre à vous punir lorsque vous faites quelque chose de néfaste pour votre réussite. C'est quoi se punir ? 03:22:08 - Exemple d'application de cette 3e règle fondamentale 03:24:17 - Fin officielle de la vidéo, quelques mots pour finir 03:26:42 - Un dernier point : Une fois avoir fait exploser votre potentiel, défendez-le envers et contre tout. Votre vie en dépend 03:27:27 - Le vrai dernier point : il est contreproductif pour moi de rédiger un document qui résumerait les points importants. Faire ce résumé vous empêcherait d'apprendre, hors, c'est mon but premier à travers mes vidéos

Joseph Nguyen | Coach esport

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[#DroitsTV] 💥 La réunion du 14 février dernier – via RMC ⤵️ V. Kita (FC Nantes) de 0'00 à 1'39 🗨️ « Ce contrat, c'est de la merde. Si on n'a pas de plan B, on est mort ! » J-P. Caillot (Stade de Reims) à 0'11 🗨️ « Euuuh pfff » Nasser Al-Khelaïfi (Paris Saint-Germain) à 0'54 🗨️ « Calme, calme... » J-M. Roussier (Havre Athletic Club ⚽️) à 1'40 🗨️ « DAZN, c'est les seuls au monde à imaginer qu'ils feraient 1,5 M d'abonnés avec le produit de daube qu'ils nous livrent ! » J-P. Rivère (OGC Nice) à 1'57 🗨️ « On sait que ce plan DAZN est quasiment mort aujourd'hui » O. Létang (LOSC) à 2'14 🗨️ « On est tous d'accord qu'on ne peut pas garder un partenaire comme celui-là avec un produit qui est catastrophique » J-M. Roussier (Havre Athletic Club ⚽️) à 2'42 🗨️ « Je ne finirai probablement pas la saison. Ça fait une place de relégation qui n'est plus disponible. Nous les petits, vous nous prenez pour des cons ! » J. Oughourlian 👑 (Racing Club de Lens) à 3'56 🗨️ « On était à 1,2 M d'abonnés sur Amazon et 3 M sur Canal. 400 000 abonnés, c’est minable dans un pays de 65 millions d’habitants. VOUS VOUS RENDEZ COMPTE ? Le management de la Ligue, Vincent Labrune en particulier, et le management du collège [des clubs de L1], Jean-Pierre Caillot, ont une responsabilité très importante dans ce putain de désastre qui me laisse pantois. Vous avez bousillé le produit, on a 10 ans pour revenir au nombre d'abonnés d'Amazon ! 400 000 abonnés, ça valorise nos droits à 150-200 M€. C'est ce qu'on aura au prochain tender [appel d'offres] grâce à notre petite clique éclairée. J'en ai assez de payer les pots cassés de décisions qui n'ont ni queue ni tête. Et pour les petits clubs, il faut revoir la répartition de manière urgente. On ne fait que renforcer l'inégalité de notre ligue. » #TeamOL

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