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Il sera difficile de trouver plus déchirant et bouleversant que les mots de la maman de Rosa, autre petite victime de JérÎme Barella.. La puissance de son témoignage, et le courage de cette mÚre dévastée par le chagrin et la culpabilité, qui livre un combat depuis des mois pour...

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Dans cette nouvelle sĂ©rie de vidĂ©os, je souhaiterais explorer avec vous les « Non » qui ont fait l’histoire. L’histoire des idĂ©es, des combats, de la littĂ©rature, de la politique, de l’humanitĂ©. Et s’il en est un qui rĂ©sonne particuliĂšrement, c’est le « Non » de Rosa Parks. Dans l’Alabama sĂ©grĂ©gationniste, cet acte de dĂ©sobĂ©issance civile, ce refus de cĂ©der sa place, ce courage, nĂ© d’une fidĂ©litĂ© intĂ©rieure, affirmait que la dignitĂ© n’était pas, et ne serait jamais, nĂ©gociable. C’est une rĂ©volution de la retenue, une force sans fracas, qui cherche Ă  rĂ©veiller les consciences plutĂŽt qu’à vaincre l’adversaire, en acceptant de payer de sa personne pour que la justice cesse d’ĂȘtre une idĂ©e abstraite. Trois leçons dĂ©coulent de ce geste. D’abord, le « non » solitaire n’a de puissance que s’il devient un « nous », collectif et organisĂ©. Ensuite, le refus de l’aveuglement : oser voir, et dire ce que l’on voit, nommer l’inacceptable. Enfin, le « non » comme un « oui » plus grand : un oui Ă  la dignitĂ© et Ă  la possibilitĂ© de vivre ensemble sans que l’un ait besoin d’écraser l’autre. Aujourd’hui, Rosa Parks demeure une boussole face Ă  la rĂ©signation. Elle nous lĂšgue la force d’un refus qui n’abĂźme pas, nous rappelant que le courage civique, c’est savoir dire « non » Ă  ce qui nous diminue pour protĂ©ger ce Ă  quoi nous avons le courage de dire « oui ».

Dominique de Villepin

62,160 Aufrufe ‱ vor 3 Monaten

Imaginez un prĂ©sident, dans les annĂ©es 60, en plein cƓur d’un pays musulman, retirer lui-mĂȘme le voile d’une femme en public. Ce geste, aujourd’hui encore, rĂ©sonne comme un acte audacieux, presque impensable pour l’époque. Cet homme, c’était Habib Bourguiba, le pĂšre de la Tunisie moderne, un rĂ©formateur visionnaire qui a osĂ© bousculer les traditions pour faire avancer son pays. Pour Bourguiba, le voile reprĂ©sentait un frein Ă  l’émancipation des femmes, et donc Ă  celle de la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre. Il l’appelait « un misĂ©rable chiffon » et voyait dans son retrait bien plus qu’un symbole, c’était une libĂ©ration. À travers ses discours et ses actes, il a voulu montrer que la femme tunisienne devait marcher aux cĂŽtĂ©s de l’homme, libre et Ă©gale. Mais il ne s’est pas arrĂȘtĂ© lĂ . Bourguiba a fait voter des rĂ©formes rĂ©volutionnaires qui restent uniques dans le monde arabe. Il a interdit la polygamie, supprimĂ© la rĂ©pudiation et lĂ©galisĂ© le divorce. Il croyait fermement que la modernitĂ© et le progrĂšs d’un pays passaient par l’émancipation des femmes, et il a eu le courage de dĂ©fier les conservateurs de son Ă©poque pour faire de cette vision une rĂ©alitĂ©. Dans cette vidĂ©o, on le voit retirer lui-mĂȘme un voile, un geste fort, symbolique. Il a proclamĂ© l’interdiction de la polygamie, une dĂ©cision qui, Ă  l’époque, a bouleversĂ© les mentalitĂ©s. Bourguiba n’a pas seulement changĂ© des lois, il a transformĂ© des mentalitĂ©s, ouvrant la voie Ă  une Tunisie plus libre et plus Ă©galitaire. Regardez cette vidĂ©o. Ces images, ces mots, tĂ©moignent d’un moment clĂ© de l’histoire, d’un homme qui a eu le courage de dire « non » Ă  l’obscurantisme et « oui » Ă  l’égalitĂ©. Bourguiba Ă©tait un prĂ©curseur, le premier homme fĂ©ministe musulman qui a su voir loin, bien au-delĂ  de son Ă©poque. Et son combat pour les femmes doit rester une source d’inspiration, aujourd’hui plus que jamais. Habib Bourguiba Ă©tait un grand prĂ©sident ! Vive Habib Bourguiba ! Que sa mĂ©moire soit honorĂ©e, que son Ăąme repose en paix pour l’éternitĂ©. #TunisiedeBourguiba #Bourguiba #FemmeVieLiberte

Henda Ayari

55,802 Aufrufe ‱ vor 1 Jahr

đŸ‡·đŸ‡Ž Călin Georgescu, message crucial aprĂšs sa sortie de la salle d’audience : « Le prĂ©sident de la Roumanie reprĂ©sente l’État parallĂšle, pas l’État roumain » « Le monde entier, toute la planĂšte Terre sait que les Ă©lections ont Ă©tĂ© annulĂ©es en Roumanie d’une maniĂšre brutale, violente et non dĂ©mocratique » Călin Georgescu a parlĂ© de ce qu’il considĂšre comme une rupture entre la volontĂ© du peuple et les dĂ©cisions prises au niveau europĂ©en. Il a dĂ©clarĂ© qu’une vĂ©ritable dĂ©mocratie ne devrait pas avoir besoin de validation extĂ©rieure et a soutenu que les Roumains doivent s’appuyer sur leurs propres valeurs et sur leur propre foi. « Et, de plus, nous devons essayer de rĂ©aliser que, si la dĂ©mocratie signifie la volontĂ© du peuple qui a besoin de confirmation de Bruxelles, qui a besoin d’approbation de Bruxelles, cela signifie que cette capitale de la Belgique est marquĂ©e par l’union oligarchico-sorosiste-globaliste contre laquelle le peuple roumain lutte. C’est une lutte aux cĂŽtĂ©s du peuple roumain contre ces actes satanistes, contre ces individus qui se sont enrichis sur le sacrifice et la souffrance du peuple. Et ce qui nous intĂ©resse, c’est seulement ce que nous faisons en tant que peuple. Par consĂ©quent, ce qui nous intĂ©resse, c’est de lutter pour nos droits millĂ©naires, pour tout ce que reprĂ©sentent nos symboles millĂ©naires qui nous ont tenus unis, qui nous ont unis et nous ont rendus forts : Dieu, patrie, famille, honneur. Et la famille reprĂ©sente la colonne vertĂ©brale du pays. Elle est composĂ©e de ce que signifie le christianisme, Ă  savoir un pĂšre, un homme, et une mĂšre, une femme. Cela sera toujours ainsi. Cela ne sera pas autrement. C’est pour cela que nous luttons. Parce que le christianisme signifie la virilitĂ©, sachez-le, pas autre chose. Et alors, il est bon de savoir que vous devez avoir la foi, quelle que soit la lutte que nous menons, victoire complĂšte dans cette bonne lutte de la foi, car sans foi nous n’existons pas, et la foi nous rendra libres », a Ă©galement transmis le prĂ©sident interdit Georgescu. Georgescu, appel aux souverainistes : « Les Ă©lections ont Ă©tĂ© annulĂ©es d’une maniĂšre brutale, violente et non dĂ©mocratique » Călin Georgescu a poursuivi ses dĂ©clarations par un appel direct Ă  ceux qu’il a nommĂ©s souverainistes, les exhortant Ă  laisser de cĂŽtĂ© les disputes en ligne et Ă  s’impliquer concrĂštement pour aider les personnes qui en ont vraiment besoin. « Que celui qui est sans pĂ©chĂ© jette la premiĂšre pierre. Par consĂ©quent, le rĂ©seau appelĂ© des souverainistes, je les exhorte Ă  s’occuper de construction, de charitĂ©, Ă  aider le prochain qui souffre aujourd’hui dans ce pays. LĂ  oĂč un pont s’est effondrĂ©, qu’ils se rassemblent et le rĂ©parent, lĂ  oĂč une Ă©cole n’a pas de chauffage, qu’ils donnent la main Ă  la main et aident pour que ces enfants apprennent dans la chaleur. S’ils n’ont pas de manuels scolaires, qu’ils les aident. Qu’ils aident les pauvres, qui sont trĂšs nombreux dans ce pays, les personnes handicapĂ©es. Par consĂ©quent, le rĂ©seau de souverainistes sur les rĂ©seaux sociaux doit partager ses projets qui sont dans le pays. Parce que, si la classe politique ne fait rien, dĂ©montrons-nous que nous faisons. Et peut-ĂȘtre que la classe politique qui viendra, issue aussi de ce peuple, pour avoir son soutien, peut-ĂȘtre qu’elle reviendra Ă  la raison et rĂ©alisera qu’elle est nĂ©e de ce peuple et non contre lui, comme elle le montre aujourd’hui. Parce que, sinon, les ancĂȘtres disaient : Tout pour le pays, rien pour nous. La classe politique, toute la classe politique aujourd’hui dit : Tout pour nous, rien pour le pays. Par consĂ©quent, nous savons comment sont les choses et nous savons que celui qui est Ă©crit sur le papier comme prĂ©sident de la Roumanie reprĂ©sente l’État parallĂšle. Il ne reprĂ©sente pas le peuple roumain. Et jamais. Nous le savons, cela ne nous intĂ©resse pas. Parce que ce qui nous intĂ©resse, c’est ce que nous faisons nous-mĂȘmes. Nous savons Ă©galement que l’on ne peut pas aller Ă  đŸ”œ

Péonia

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Quatrevingt-treize, de Victor Hugo, n’est pas seulement un grand roman historique : c’est un grand livre sur la conscience. Au cƓur de la guerre civile de 1793, Hugo refuse l’opposition facile entre les « bons » et les « mĂ©chants ». Il fait de ce moment une tragĂ©die morale, oĂč chacun peut ĂȘtre Ă  la fois admirable et terrible. Et je crois qu’en 2026, accepter cette nuance et ce refus du manichĂ©isme ne peut que nous aider Ă  retrouver les chemins du rassemblement. De ce drame, trois leçons s’imposent. La premiĂšre : la politique devient dangereuse quand elle transforme l’adversaire en monstre, car dĂšs que le visage disparaĂźt, tout devient possible. La deuxiĂšme : la justice sans pitiĂ© devient une autre injustice, car la puretĂ© peut devenir une cruautĂ©, et l’on peut tuer au nom du bien. La troisiĂšme : la pitiĂ© n’est pas une faiblesse, mais une force plus haute que la force, celle de refuser l’inhumain mĂȘme quand l’époque l’exige. En 2026, dans un monde de polarisations et de radicalitĂ©s, Hugo nous avertit : on peut croire sauver un pays en perdant son Ăąme. La vraie victoire est plus difficile : c’est celle qui maintient une limite. Lire Hugo aujourd’hui, c’est apprendre Ă  tenir ensemble ce que l’époque voudrait sĂ©parer : la fermetĂ© et la nuance, le courage et la mesure, l’action et la conscience. Une RĂ©publique ne se juge pas seulement Ă  sa puissance, mais Ă  sa capacitĂ© Ă  rester humaine au cƓur de la tempĂȘte. L’humanitĂ© encore, l’humanitĂ© toujours !

Dominique de Villepin

35,924 Aufrufe ‱ vor 2 Monaten

Important Chers amis, Je vous donne rendez-vous ce jeudi 1er mai Ă  20H pour regarder et peut-ĂȘtre partager cet entretien important que j’ai eu la chance de donner dans un lieu que j’affectionne : une salle de cinĂ©ma. Une interview-confidences comme il m’arrive rarement et qui permet sans doute de poser le premier jalon de cette sĂ©rie de 10 Ă©pisodes de 52 minutes tant il me semble important de vous faire dĂ©couvrir ce qui m’anime pour ĂȘtre restĂ© autant d’annĂ©es sur un sujet ultra protĂ©gĂ©, notamment par le monde de la finance. L’idĂ©e, ici, est de faire le tour de cet ultime tabou de nos sociĂ©tĂ©s belliqueuses et anxiogĂšnes : la pĂ©docriminalitĂ©. Dans la saison 1, forte de 5 Ă©pisodes de 52 minutes, je vous propose de vous faire dĂ©couvrir des dysfonctionnements criants de nos institutions et depuis des dĂ©cennies. Ils auraient dĂ» interpeller depuis longtemps la classe journalistique. C’est ce sujet et ces enquĂȘtes qui m’ont permis de tenir dans la tempĂȘte politique et mĂ©diatique qui a suivi la sortie de Hold-Up. Dans cet entretien, je reviens entre autre sur le rĂŽle crucial de l’Agence France Presse pour taire toutes informations qui iraient Ă  l’encontre de la vaccination de masse et dont les victimes se comptent aujourd’hui par millions. On le sait et c’était dĂ©jĂ  le propos de Hold-Up, les vaccins n’ont pas Ă©tĂ© fabriquĂ©s pour la Covid mais c’est la Covid qui a Ă©tĂ© manufacturĂ©e par la peur pour les vaccins. J’espĂšre dĂ©sormais que la qualitĂ© de cette dĂ©monstration du factuel avec cette trilogie « Hold Up, Hold-On et Hold Out » permettra d’une façon ou d’une autre de servir la cause de tous ces enfants martyrs de la pĂ©docriminalitĂ©. Dans la premiĂšre saison, deux Ă©pisodes porteront sur des flagrants dĂ©lits d’injustices. Nous commencerons cette sĂ©rie avec une incroyable enquĂȘte de Laurence Beneux. Tout commence en 1994. Une histoire d’inceste, dĂ©noncĂ©e par la mĂšre, Simone B, une artiste diplĂŽmĂ©e des Beaux Arts et dont la carriĂšre s’est arrĂȘtĂ©e en plein vol, malgrĂ© toutes les preuves du viol de son fils de 4 ans. Face Ă  elle, un pĂšre multi millionnaire, Ă  qui personne ne s’oppose.
 Dans un deuxiĂšme Ă©pisode, 30 ans plus tard, une autre affaire de flagrants dĂ©lits d’injustices. Cette fois, c’est une mĂšre qui prend en flagrant dĂ©lit d’inceste le mari avec son enfant, un nourrisson de quelques mois. Pas de changement, l’affaire sera classĂ©e sans suite et la maman condamnĂ©e par le substitut du procureur de Grenoble Ă  5 mois de prison avec sursis pour non-reprĂ©sentation d’enfants. Si Ă  juste titre on a beaucoup Ă©voquĂ© dans la presse, les viols d’enfants au cƓur de l’Église, la dĂ©nonciation de mĂ©decins violeurs est beaucoup plus rare. Laurence Beneux reviendra dans cette sĂ©rie sur ce qui est sans doute l’un des plus grands scandales de pĂ©docriminalitĂ© et qui met en cause un chirurgien dont le tableau de chasse affiche plus de 300 victimes . Son nom : Joel le Scouarnec. Une affaire dont on parlait dĂ©jĂ  dans CNPS avant qu’elle n’éclate au grand jour. La journaliste qui a consacrĂ© sa vie Ă  ce flĂ©au Ă©voquera notamment le rĂŽle troublant du Conseil de l’Ordre des MĂ©decins. D’un cĂŽtĂ©, il protĂšge des mĂ©decins accusĂ©s de viols et de l’autre, il poursuit ceux qui les dĂ©noncent. Le monde Ă  l’envers. Nous suivrons avec elle une pĂ©do psychiatre suspendue par le Conseil de l’Ordre pour avoir fait un signalement contre un confrĂšre violeur. Nous partirons aussi Ă  la rencontre de deux victimes de mĂ©decins et de leur calvaire pour se faire reconnaitre en tant que victime par d’autres mĂ©decins. Enfin, le 5iĂšme volet de cette sĂ©rie portera sur un sujet de plus en plus dans l’actualitĂ© avec le rĂŽle de l’Aide Sociale Ă  l’Enfance. Au gĂ©nĂ©rique, deux incroyables parcours de combattants. Celui d’une mĂšre, Ă  qui l’ASE a retirĂ© sans sommation son fils dans un dĂ©partement trĂšs concernĂ© par ces violences (Les CĂŽtes d’Armor 22) et celui d’un pĂšre qui depuis 14 ans se bat pour rĂ©cupĂ©rer ses 2 enfants que l’ASE lui a pris et contre l’avis mĂȘme d’un juge des enfants
 L’ASE sans limites, sans contrĂŽle. LĂ  aussi, tout dĂ©passe l’entendement. C’est la raison pour laquelle je vous demande et pour la premiĂšre fois, de partager un maximum cet entretien afin que le jour J de la sortie de cette sĂ©rie, un maximum de personnes se sensibilisent Ă  l’urgence d’ouvrir les yeux sur l’innommable... Rendez-vous le 13 mai sur nos rĂ©seaux, je vous livrerai la bande annonce de toute la saison 1. Soyez tous abondamment remerciĂ©s de votre soutien Pierre ✅Youtube ✅Facebook ✅Instagram ✅Twitter ✅TikTok ✅TĂ©lĂ©gram ✅Notre plateforme

Pierre Barnérias

1,554,923 Aufrufe ‱ vor 1 Jahr

đŸ‡«đŸ‡· 23 novembre 1976, mort d'AndrĂ© Malraux. 20 ans aprĂšs, le 23 novembre 1996, les cendres d’AndrĂ© Malraux sont transfĂ©rĂ©es au PanthĂ©on par la volontĂ© de Jacques Chirac. L’ancien ministre Maurice Schumann, grande figure gaulliste, Compagnon de la LibĂ©ration, et Jacques Chirac lui rendent hommage. Maurice Schumann : « C’est avec un ĂȘtre contre la mort, l’antidestin qui franchit ce soir le seuil du PanthĂ©on. ». Le PrĂ©sident Chirac : « Parce que vous avez su faire vivre nos rĂȘves, et les faire vivre en nous, prenez place, AndrĂ© Malraux, dans le PanthĂ©on de la RĂ©publique ! » Retrouvez l'intĂ©gralitĂ© du discours de Jacques Chirac : « Mesdames et Messieurs, Le PanthĂ©on n'est pas seulement un lieu de recueillement et de souvenir. C'est un lieu de vie, car les valeurs qui sont honorĂ©es ici, Ă  travers celles et ceux qui reposent sous ses voĂ»tes, sont d'abord des valeurs vivantes. C'est le combat pour la justice, celui de Voltaire dans l'affaire Callas, celui de Zola quand il accuse les calomniateurs du Capitaine Dreyfus. C'est la dignitĂ© de l'homme, toujours Ă  dĂ©fendre et Ă  conquĂ©rir, qui habite RenĂ© Cassin quand il inspire la DĂ©claration Universelle des Droits de l'Homme. C'est la passion de la libertĂ© et le refus de l'oppression qui portent Lazare Carnot et ses soldats de l'An II, comme Jean Moulin et son armĂ©e des ombres, et qui donnent Ă  la plume de Victor Hugo sa violence et sa force. En prononçant ici, le 19 dĂ©cembre 1964, l'Ă©loge de Jean Moulin, AndrĂ© Malraux engageait la France toute entiĂšre et s'engageait lui-mĂȘme. Il affirmait qu'au-delĂ  des diffĂ©rences de gĂ©nĂ©rations, d'opinions publiques ou de croyances, il est des instants oĂč une nation se rassemble autour des valeurs qui la fondent et ceci pour mieux les faire vivre. AndrĂ© Malraux, je voudrais vous dire, ce soir, pourquoi l'hommage de toute la nation, acte d'Ă©vidence, acte de justice, est aussi le signe de notre engagement. AndrĂ© Malraux, vous nous avez appris Ă  nous dĂ©fier des rĂ©ponses toutes faites, de l'esprit de systĂšme qui dĂ©nie aux individus leur part d'influence sur leur propre histoire. Vous ĂȘtes l'homme de l'inquiĂ©tude, de la recherche, de la quĂȘte, celui qui trace son propre chemin. Vous avez, trĂšs jeune, mis un terme Ă  vos Ă©tudes, parce que vous ne pouviez faire vĂŽtres des nourritures intellectuelles que vous n'auriez pas trouvĂ©es vous-mĂȘme, au hasard des bouquinistes ou dans les arriĂšre-boutiques d'Ă©diteurs confidentiels. Vous Ă©tiez alors un dandy, avec ce que cela suppose de hauteur, de discipline, de brio, de dĂ©sespoir. C'Ă©tait l'Ă©poque, les annĂ©es 20, mais c'Ă©tait surtout vous-mĂȘme. Dans vos conversations avec les poĂštes et les peintres cubistes, vos amis, vous Ă©tiez dĂ©jĂ  celui qui interroge Ăąprement notre condition. Au moment oĂč vous vous frayiez un chemin en pays khmer, Ă  la dĂ©couverte de Banteai-Srey, avec l'intention de prĂ©lever des bas reliefs, vous posez la question, exprimĂ©e dans " La Voie royale " de ce que peut ĂȘtre la volontĂ© face au grouillement des choses, aux forces obscures et Ă©mollientes qui ne sont pas seulement celles de la forĂȘt cambodgienne. Votre rapport Ă  l'art, qui est sans doute la pierre angulaire de votre vie, n'est qu'une longue interrogation. Votre premiĂšre femme, Clara, vous montre, Ă  20 ans, dans les musĂ©es de Florence, courant vers le beau, comme, Ă©crit-elle, " si vous Ă©tiez en danger ", avide de voir, de comparer, d'imaginer, de trouver votre monde. Plus tard, alors que " Les ConquĂ©rants " illustrent dĂ©jĂ  le style et le sens de votre oeuvre, vous publiez " Royaume farfelu ", texte fantastique, esthĂ©tisant, dĂ©routant pour vos admirateurs, mais significatif, aussi, pour ceux qui savent la profondeur de votre pessimisme, la relation un peu grimaçante que vous aviez alors avec la mort, l'irrĂ©mĂ©diable. Vous ĂȘtes bien, AndrĂ© Malraux, du cĂŽtĂ© de l'inquiĂ©tude, de la quĂȘte. Nietzsche et DostoĂŻevsky sont, pour l'Ă©ternitĂ©, vos maĂźtres et vos interlocuteurs. Vous incarnez des choix, des prĂ©ceptes, un exemple, et pourtant, il y a toujours chez vous le " Et si nous nous Ă©tions trompĂ©s " que vous inspire le " Shigemori " de Takanobu, chef-d'oeuvre qui vous paraĂźt remettre en cause tout l'art occidental. Vous ĂȘtes celui qui nous apprend la richesse de la question et de la remise en question. Cette richesse, cette quĂȘte font de vous l'homme de l'aventure, de l'ouverture au monde, et donc de la tolĂ©rance et du respect de l'autre. Votre intimitĂ© avec toutes les cultures, votre façon si neuve de faire dialoguer entre eux les arts du monde, par-delĂ  les frontiĂšres et les Ă©poques, vous consacre citoyen de l'Intemporel, un Intemporel qui est nĂ©cessairement fraternel. Vous avez eu trĂšs tĂŽt l'intuition que c'est la comparaison, la confrontation des oeuvres, statue Maya, fĂ©tiche du Dahomey, masque No ou buste grec, qui permet de les comprendre, de les ressentir, de les transformer. C'est le principe mĂȘme du MusĂ©e Imaginaire que nous rappellent ces images posĂ©es ce soir Ă  vos pieds. Quand on aborde les arts de partout avec cette libertĂ© intĂ©rieure, cette comprĂ©hension intime, et cette infinie curiositĂ© qui vous lance, tout jeune Prix Goncourt, sur les traces de la Reine de Saba, il ne peut y avoir que reconnaissance pour les peuples, et des peuples qui les ont créés. Vos goĂ»ts, si Ă©clectiques, ne sont que les diffĂ©rents visages d'une mĂȘme passion, une passion qui ignore d'abord la hiĂ©rarchie. "Le fĂ©tiche, avez-vous Ă©crit, ne balbutie pas la langue des formes humaines, il parle la sienne". Dans cette approche, il y a du respect, de l'humilitĂ©, Ă  mille lieues de l'ignorance et de l'arrogance qui ont voilĂ©, si souvent, le regard de l'Occident. C'est une dĂ©marche profondĂ©ment gĂ©nĂ©reuse et profondĂ©ment moderne, et c'est une leçon. Vous ĂȘtes, AndrĂ© Malraux, en prise directe sur le monde. Vous allez ĂȘtre de ceux qui prennent en charge l'injustice du monde. Personne n'a, avec plus d'Ă©loquence, dĂ©fendu l'idĂ©al de justice et chantĂ© la fraternitĂ©. En Indochine, au cours d'un sĂ©jour qui est d'abord forcĂ©, vous dĂ©couvrez les diffĂ©rences de traitement selon que l'on est indigĂšne ou europĂ©en, un droit qui n'est pas Ă©gal pour tous, parfois l'humiliation, parfois la violence, tout simplement les mille visages de la bĂȘtise ordinaire. Dans "l'Indochine", puis "l'Indochine enchaĂźnĂ©e", journaux que vous dirigez en 1925 et 1926, vous ferraillez au plus prĂšs de vos adversaires, maniant une plume indignĂ©e et pamphlĂ©taire. Vous Ă©tiez un dandy. Vous devenez un rebelle. Vous serez, presque, un rĂ©volutionnaire. Dix ans plus tard, alors que vous avez peint, d'une Ă©criture urgente et inspirĂ©e, les prĂ©mices de la rĂ©volution chinoise dans "Les ConquĂ©rants", puis dans "La Condition humaine" ; alors que vous avez inventĂ© Garine, Kyo, Katow et l'obsĂ©dant Clappique, vous allez prendre les armes de l'Espoir, aux cĂŽtĂ©s des RĂ©publicains espagnols. C'est le temps de l'escadrille Espana, dont vous ĂȘtes l'Ăąme. C'est le temps des quelques BrĂ©guet, Potez et Douglas que vous avez pu rassembler, parfois si mal Ă©quipĂ©s qu'il faut larguer les bombes Ă  la main. C'est la destruction, Ă  MĂ©dellin, de la colonne franquiste, ce qui contribue Ă  dĂ©fendre Madrid pour un temps. L'attaque de Teruel, le secours portĂ© aux rĂ©fugiĂ©s de Malaga. C'est le courage physique et c'est la fraternitĂ© comme rĂ©ponse aux vertiges de l'absurde. La fraternitĂ© que le destin n'efface pas. "Le contraire de l'humiliation et de la mort" comme l'affirme votre double dans "L'Espoir". La fraternitĂ© qui vous inspire les scĂšnes les plus belles. Katow, avant le pire des supplices, donnant son cyanure Ă  deux jeunes chinois. La foule des paysans de LinarĂšs, "les femmes aux cheveux cachĂ©s sous des fichus sans Ă©poque" qui font cortĂšge, sur les flancs de la montagne, aux corps ensanglantĂ©s des aviateurs rĂ©publicains. Les soldats allemands des "Noyers de l'Altenburg" qui portent sur leurs Ă©paules, dans un paysage d'apocalypse, les Russes dĂ©figurĂ©s par les gaz. Nul solitaire, AndrĂ© Malraux, n'a chantĂ© mieux que vous ce qui unit les hommes, au point de donner Ă  leur vie, mĂȘme fugitivement, sens et direction. C'est une autre leçon. Contre l'absurde, au-delĂ  de la fraternitĂ©, il y a l'engagement et la capacitĂ© de dire "non". Vous vous ĂȘtes engagĂ© en Indochine et sur la terre d'Espagne mais il y avait encore l'illusion lyrique. Encore le sentiment romantique, comme le note l'un de vos amis, de pouvoir "jouer un rĂŽle trĂšs important avec trĂšs peu de moyens", en nouveau chevalier moderne. DĂ©sormais, avec la montĂ©e du nazisme, la mobilisation, la guerre, la dĂ©faite, la rĂ©sistance cĂŽtoyĂ©e, Ă©cartĂ©e d'abord puis rĂ©solument choisie, c'est un engagement d'une autre nature que vous allez prendre. Pour la LibertĂ©. Pour la Nation. Pour la France, que vous rencontrez au moment oĂč elle est blessĂ©e et exsangue. Ce qui vous habite, c'est la recherche de l'efficacitĂ© qui marque votre relation avec le communisme dont vous apprĂ©ciez l'organisation et la discipline face au nazisme. Mais c'est surtout le sens de la responsabilitĂ©. "Quand on a Ă©crit ce que j'ai Ă©crit et qu'il y a le fascisme quelque part, on se bat contre le fascisme" direz-vous Ă  Roger StĂ©phane en 1945. Cette exigence et le sort de vos jeunes frĂšres vont vous jeter dans l'action clandestine, dans les maquis de CorrĂšze, du PĂ©rigord, du Lot et du Bas-Limousin. Vous serez arrĂȘtĂ© et emprisonnĂ© Ă  Toulouse, mais vous Ă©chapperez Ă  la torture, laissant sans rĂ©ponse la question qui se pose Ă  tout rĂ©sistant. Puis, le Colonel Berger prendra le commandement de la Brigade Alsace-Lorraine, et ce sera, alors que la mĂšre de vos fils vient de mourir, la prise de Dannemarie et la dĂ©fense de Strasbourg qui feront de vous un Compagnon de la LibĂ©ration. AndrĂ© Malraux, vous ĂȘtes alors un homme marquĂ© par les Ă©preuves, lucide, illustrant parfaitement votre propre dĂ©finition de l'intelligence : "la destruction de la ComĂ©die, plus le jugement, plus l'esprit hypothĂ©tique", mais aussi un homme passionnĂ© par la France, telle que, pour vous, l'incarne le GĂ©nĂ©ral de Gaulle. Qu'a Ă©tĂ© votre rencontre avec le GĂ©nĂ©ral, alors que vous Ă©tiez si diffĂ©rents par vos passĂ©s, et si proches par vos valeurs ? Chacun sait ce qu'il a Ă©crit de vous : "A ma droite, j'ai et j'aurai toujours AndrĂ© Malraux. La prĂ©sence Ă  mes cĂŽtĂ©s de cet ami gĂ©nial, fervent des hautes destinĂ©es, me donne l'impression que par lĂ , je suis couvert du terre-Ă -terre. L'idĂ©e que se fait de moi cet incomparable tĂ©moin contribue Ă  m'affermir. Je sais que, dans le dĂ©bat, quand le sujet est grave, son fulgurant jugement m'aidera Ă  dissiper les ombres". Pour vous, qui avez créé Garine et le vieux Colonel XimenĂšs dans "L'Espoir", c'est une filiation enfin trouvĂ©e et acceptĂ©e. De longues annĂ©es durant, et notamment pendant la traversĂ©e du dĂ©sert, vous montrerez une fidĂ©litĂ© sans faille, Ă  un homme, bien sĂ»r, dont vous dites qu'il est "fascinĂ© par des principes et pour cela invulnĂ©rable dans un monde sans principes", mais aussi par une certaine idĂ©e de la France. Vos convictions, votre dĂ©nonciation du totalitarisme soviĂ©tique, dont vous aviez trĂšs tĂŽt compris la logique, vous valent l'ostracisme de la Gauche alors que vos engagements passĂ©s semblent subversifs Ă  la Droite. En rĂ©alitĂ©, AndrĂ© Malraux, vous incarnez mieux que tout autre le Gaullisme tel que le voulait le GĂ©nĂ©ral, ni de droite ni de gauche, mais de France. Vous qui nous avez appris l'inquiĂ©tude, l'ouverture sur le Monde, la fraternitĂ©, l'engagement et la noblesse de la rĂ©volte, vous allez assumer l'action politique, malgrĂ© ses dĂ©ceptions et ses contraintes, comme une nouvelle Ă©tape de votre chemin dans le siĂšcle. Vous avez dit "l'aventure n'existe plus qu'au niveau des Gouvernements". Plus tard, vous interrogez avec force : "d'oĂč peut-on le mieux arrĂȘter la guerre d'AlgĂ©rie ? De l'HĂŽtel Matignon ou des Deux Magots ?". Et vous dites encore, Ministre d'Etat chargĂ© des Affaires Culturelles :"Dans un univers qui est Ă  mes yeux, comme vous le savez, un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui n'est pas absurde, c'est ce que l'on peut faire pour les autres". Y a-t-il plus belle dĂ©finition de l'action politique ? Dans ce MinistĂšre qui existe pour la premiĂšre fois, vous soutiendrez la crĂ©ation vivante, par des commandes aux plus grands artistes, Chagall, Masson, ou en dĂ©fendant en pleine AssemblĂ©e Nationale la libertĂ© du crĂ©ateur, en l'occurrence celle de Jean Genet, l'auteur des " Paravents ". Vous rendrez aux Français la conscience de leur patrimoine, en lançant l'Inventaire des richesses artistiques de la France, en restaurant des monuments essentiels, en changeant la couleur de Paris. Vous assurerez notre rayonnement Ă  l'Ă©tranger par des grandes expositions et des Ă©changes, qui permettent aux Japonais de dĂ©couvrir La Joconde, tandis que les Français s'Ă©merveillent devant " Le SiĂšcle d'or espagnol " ou les trĂ©sors de Tout Ankh Amon. Mais surtout, parce que vous aimez partager et que vous rejetez une conception " aristocratique " du savoir, vous inventez les Maisons de la Culture, qui sont un acte de foi dans la dĂ©mocratie culturelle. La culture, comme prolongement du rĂȘve de Jules Ferry. La culture comme nouveau droit, pour chaque enfant, pour chaque citoyen. La culture contre la mort qui, aprĂšs vos jeunes frĂšres, vous a enlevĂ© vos deux fils. C'est en pensant Ă  cette tragĂ©die qu'il faut entendre votre discours prononcĂ© Ă  Bourges : " La culture, c'est l'ensemble des formes qui ont Ă©tĂ© plus fortes que la mort... Il faut qu'Ă  tous les jeunes hommes de cette ville soit apportĂ© un contact avec ce qui compte au moins autant que le sexe et le sang, car il y a peut-ĂȘtre une immortalitĂ© de la nuit, mais il y a sĂ»rement une immortalitĂ© des hommes ". Cette idĂ©e, si forte, de " donner Ă  chacun les clĂ©s du trĂ©sor " est plus moderne aujourd'hui que jamais, et doit inspirer nos actes. Pendant toutes ces annĂ©es, dans ce MinistĂšre auquel vous apportez votre gloire, vous illustrez l'idĂ©e que vous vous faites de la France et de sa mission particuliĂšre. La France, avez-vous dit, " n'est jamais plus grande que lorsqu'elle l'est pour tous, lorsqu'elle n'est pas repliĂ©e sur elle-mĂȘme ". C'est aussi, AndrĂ© Malraux, une idĂ©e qui nous oblige. Sans doute, nous ne sommes plus dans les annĂ©es 60, mais la France, aujourd'hui comme hier, peut faire entendre sa voix, dĂ©fendre ses convictions, affirmer ses valeurs, au premier rang desquelles son idĂ©al de paix et de justice. C'est ainsi qu'elle est fidĂšle Ă  sa vocation. " Que m'importe ce qui n'importe qu'Ă  moi ? " Cette question, qui vous Ă©tait familiĂšre, vaut pour les pays autant que pour les hommes. C'est une derniĂšre leçon, que nous ferons vivre. AndrĂ© Malraux, vous allez entrer dans votre derniĂšre demeure, aux cĂŽtĂ©s de Jean Monnet, l'un des pĂšres de l'Europe, de RenĂ© Cassin, le serviteur de la paix, et surtout de Jean Moulin, auquel vous lie la fraternitĂ© du courage et de la rĂ©volte. Au-delĂ  de la force et de la modernitĂ© de vos messages, je voudrais vous remercier au nom de tous les jeunes Français que vous avez fait rĂȘver. Vous avez Ă©tĂ© celui qui, de retour en France aprĂšs un sĂ©jour rude en Indochine, repart tout aussitĂŽt vers SaĂŻgon, pour lancer au monde colonial le dĂ©fi de l'humanisme. Vous avez Ă©tĂ© celui que l'on Ă©coute passionnĂ©ment, au CafĂ© Florida, Ă  Madrid, alors que vous sĂ©duisez, en français, un auditoire cosmopolite. Vous avez Ă©tĂ© celui qui crĂ©e de rien le PC InteralliĂ©, en CorrĂšze, projet qui devient rĂ©alitĂ© Ă  force d'autoritĂ© de passion personnelle. Vous avez Ă©tĂ© celui qui nargue la mort et qui ne se laisse jamais arrĂȘter par elle, alors mĂȘme qu'elle vous atteignait dans vos proches. Vous avez Ă©tĂ© celui qui rassemble, dĂ©coupe, colle les images de votre MusĂ©e Imaginaire alors que vous menez bataille au nom du Rassemblement du Peuple Français. Vous avez Ă©tĂ© le Farfelu, prĂ©sent mĂȘme chez le Ministre d'Etat, l'auteur des " Lunes en papier ". Celui qui rĂ©pond au " Croyez-vous que je sois mort ? " de Picasso, furieux de n'avoir pas reçu une invitation, par un " Croyez-vous que je sois Ministre ? ", clin d'oeil au chat qui fait semblant d'ĂȘtre chat chez MallarmĂ©. Pour tout cela, et aussi pour une voix, un regard, des mains qui dessinaient vos mots, vous avez inspirĂ©, irriguĂ© plusieurs gĂ©nĂ©rations. "Nous ne savons pas ressusciter les corps, mais nous commençons Ă  savoir ressusciter les rĂȘves", avez-vous Ă©crit. C'est peut-ĂȘtre de cela qu'il est question ce soir. Pierre Emmanuel disait de vos rĂȘves qu'ils Ă©taient "immenses et accueillants"... plus vrais, plus rĂ©els que ce que nous appelons "nature", ajoutant "la vĂ©ritĂ© des grands rĂȘves se situe dans l'insondable, au fond de l'homme, en chacun de nous". Au-delĂ  du vrai existe le vĂ©cu qui rencontre le rĂȘve. Parce que vous avez su faire vivre vos rĂȘves et les faire vivre en nous, prenez place, AndrĂ© Malraux, dans le PanthĂ©on de la RĂ©publique. »

đŸ‡«đŸ‡· Gaullisme ☚

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Il y a 175 ans, le 18 aoĂ»t 1850, HonorĂ© de Balzac meurt prĂ©maturĂ©ment Ă  l’ñge de 51 ans. Pour rendre hommage Ă  cet ogre de la littĂ©rature française et Ă  sa comĂ©die humaine, il fallait un gĂ©ant de granit. Et ce fut Victor Hugo. Le texte qui suit, que je vous lis dans la vidĂ©o, est l’un des plus beaux de la langue française. Quand le sublime s’attaque Ă  l’infini. ***** « Messieurs, L’homme qui vient de descendre dans cette tombe Ă©tait de ceux auxquels la douleur publique fait cortĂšge. Dans les temps oĂč nous sommes, toutes les fictions sont Ă©vanouies. Les regards se fixent dĂ©sormais non sur les tĂȘtes qui rĂšgnent, mais sur les tĂȘtes qui pensent, et le pays tout entier tressaille lorsqu’une de ces tĂȘtes disparaĂźt. Aujourd’hui, le deuil populaire, c’est la mort de l’homme de talent; le deuil national, c’est la mort de l’homme de gĂ©nie. Messieurs, le nom de Balzac se mĂȘlera Ă  la trace lumineuse que notre Ă©poque laissera Ă  l’avenir. M. de Balzac faisait partie de cette puissante gĂ©nĂ©ration des Ă©crivains du dix-neuviĂšme siĂšcle qui est venue aprĂšs NapolĂ©on, de mĂȘme que l’illustre plĂ©iade du dix-septiĂšme est venue aprĂšs Richelieu – comme si, dans le dĂ©veloppement de la civilisation, il y avait une loi qui fĂźt succĂ©der aux dominateurs par le glaive les dominateurs de par l’esprit. M. de Balzac Ă©tait un des premiers parmi les plus grands, un des plus hauts parmi les meilleurs. Ce n’est pas le lieu de dire ici tout ce qu’était cette splendide et souveraine intelligence. Tous ses livres ne forment qu’un livre, livre vivant, lumineux, profond, oĂč l’on voit aller et venir et marcher et se mouvoir, avec je ne sais quoi d’effarĂ© et de terrible mĂȘlĂ© au rĂ©el, toute notre civilisation contemporaine; livre merveilleux que le poĂšte a intitulĂ© comĂ©die et qu’il aurait pu intituler histoire, qui prend toutes les formes et tous les styles, qui dĂ©passe Tacite et qui va jusqu’à SuĂ©tone, qui traverse Beaumarchais et qui va jusqu’à Rabelais; livre qui est l’observation et qui est l’imagination; qui prodigue le vrai, l’intime, le bourgeois, le trivial, le matĂ©riel, et qui par moment, Ă  travers toutes les rĂ©alitĂ©s brusquement et largement dĂ©chirĂ©es, laisse tout Ă  coup entrevoir le plus sombre et le plus tragique idĂ©al. ïżŒ À son insu, qu’il le veuille ou non, qu’il y consente ou non, l’auteur de cette oeuvre immense et Ă©trange est de la forte race des Ă©crivains rĂ©volutionnaires. Balzac va droit au but. Il saisit corps Ă  corps la sociĂ©tĂ© moderne. Il arrache Ă  tous quelque chose, aux uns l’illusion, aux autres l’espĂ©rance, Ă  ceux-ci un cri, Ă  ceux-lĂ  un masque. Il fouille le vice, il dissĂšque la passion. Il creuse et sonde l’homme, l’ñme, le coeur, les entrailles, le cerveau, l’abĂźme que chacun a en soi. Et, par un don de sa libre et vigoureuse nature, par un privilĂšge des intelligences de notre temps qui, ayant vu de prĂšs les rĂ©volutions, aperçoivent mieux la fin de l’humanitĂ© et comprennent mieux la Providence, Balzac se dĂ©gage souriant et serein de ces redoutables Ă©tudes qui produisaient la mĂ©lancolie chez MoliĂšre et la misanthropie chez Rousseau. VoilĂ  ce qu’il a fait parmi nous. VoilĂ  l’oeuvre qu’il nous laissĂ©, oeuvre haute et solide, robuste entassement d’assises de granit, monument, oeuvre du haut de laquelle resplendira dĂ©sormais sa renommĂ©e. Les grands hommes font leur propre piĂ©destal; l’avenir se charge de la statue ».

📚Cosmos LittĂ©raire🌌

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Je voudrais vous parler d’un « non » qui a les couleurs de la mer, qui porte le souffle du vent dans les voiles et qui ne cesse aujourd’hui de nous parler de libertĂ©. Ce « non », c’est celui de Florence Arthaud. C’est le « non » Ă  la fatalitĂ© lorsqu'Ă  dix-sept ans, le corps brisĂ© par un grave accident, elle choisit la haute mer plutĂŽt que la prudence. C’est le « non » aux places assignĂ©es quand, Ă  vingt et un ans, elle s'Ă©lance seule au milieu des gĂ©ants sur la premiĂšre Route du Rhum. C’est le « non » Ă  des siĂšcles d'Ă©vidence lorsque, en 1990, elle bat le record de l'Atlantique et s'impose en vainqueure absolue Ă  Pointe-Ă -Pitre. De cette vie de sel et de vent, il faut retenir trois leçons. La premiĂšre leçon, c'est que le destin ne prononce jamais de sentence dĂ©finitive. Nos vies ne sont pas Ă©crites d'avance : les verdicts les plus sombres s’effacent devant la volontĂ© et le dĂ©sir de vivre. On ne naĂźt pas libre, on le devient. La deuxiĂšme leçon, c'est que l'Ă©galitĂ© se prouve par les actes. Face Ă  un ocĂ©an qui ignore les prĂ©jugĂ©s et le genre, elle n'a rĂ©clamĂ© qu'une ligne de dĂ©part Ă©gale pour prouver, devant les meilleurs marins de sa gĂ©nĂ©ration, que la mer ne demande que du courage, de l'endurance et du talent. La troisiĂšme leçon, c'est que la libertĂ© est une fidĂ©litĂ©. FidĂ©litĂ© Ă  la solidaritĂ© des gens de mer, fidĂ©litĂ© au courage face aux pĂ©rils, et fidĂ©litĂ© aux autres femmes pour lesquelles elle a ouvert la voie jusqu'Ă  son dernier souffle. En lĂ©guant ce sillage aux nouvelles gĂ©nĂ©rations, Florence Arthaud nous rappelle qu’aucune traversĂ©e n’appartient seulement Ă  celle qui l’accomplit, et invite chacune Ă  oser, enfin, larguer les amarres.

Dominique de Villepin

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Je voudrais vous parler d’un livre qui ressemble Ă  une rĂ©surrection : L’Homme foudroyĂ© de Blaise Cendrars. En 1915, Cendrars perd son bras droit Ă  la guerre. Cette blessure traverse tout son livre. Elle n’est pas seulement une mutilation : elle devient une maniĂšre nouvelle d’habiter le monde. Cendrars n’est pas dupe : on ne se purifie pas par la souffrance. La blessure oblige seulement Ă  une autre bataille, faite de gestes minuscules, de fidĂ©litĂ©s silencieuses et d’une volontĂ© obstinĂ©e de continuer. Puis vient Marseille, carrefour des destins, oĂč l’identitĂ© devient une traversĂ©e. Chez Cendrars, les ĂȘtres ne se laissent jamais enfermer dans une origine, une profession ou une nationalitĂ©. Ils vivent de rencontres, de dĂ©parts et de recommencements. Son livre est une protestation contre les Ă©tiquettes, une dĂ©fense de l’homme dans sa pluralitĂ©, dans sa libertĂ©, dans sa capacitĂ© Ă  renaĂźtre. Que nous dit ce livre aujourd’hui ? Il nous dit que la vie a besoin de souffle, plus que de certitudes ; que ce qui compte, c’est de rester fidĂšle Ă  sa tenue intĂ©rieure, que l’on se sauve par les liens. L’Homme foudroyĂ© est un livre de blessure et de reconquĂȘte. On peut ĂȘtre frappĂ©, amputĂ©, jetĂ© Ă  terre, et pourtant se relever, marcher, aimer, Ă©crire, respirer, sans jamais laisser la blessure gouverner sa vie.

Dominique de Villepin

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🚹 J-3 🚹 Il existe des histoires que l’on prĂ©fĂ©rerait croire impossibles. Des histoires que l’on aimerait classer dans la fiction, pour pouvoir continuer Ă  vivre comme si de rien n’était. Mais celles-ci ne sont pas inventĂ©es. Elles sont vraies. La saison 2 de “C’est notre petit secret” donne la parole Ă  celles et ceux qui ont traversĂ© l’indicible. Des survivants. Des ĂȘtres humains qui ont connu ce que la plupart d’entre nous n’osent mĂȘme pas imaginer. Ils racontent l’enfance volĂ©e. La peur qui s’installe dans le corps. Les silences imposĂ©s. Les annĂ©es passĂ©es Ă  essayer de comprendre comment on survit Ă  l’inacceptable. Certains parlent pour la premiĂšre fois. D’autres ont mis des dĂ©cennies Ă  trouver les mots. Un survivant de l’Affaire d’Outreau rĂ©sume l’ampleur de ce que vous allez entendre : « MĂȘme l’enfer, c’est gentil. Le diable aurait pu s’inviter Ă  table et prendre des notes. » Quand on entend une phrase comme celle-lĂ , on comprend que certaines souffrances dĂ©passent les mots. Et pourtant
 ils parlent. Ils parlent pour que la vĂ©ritĂ© existe enfin quelque part. Ils parlent pour que le silence ne gagne plus. Ils parlent parce que raconter est parfois la seule maniĂšre de reprendre un peu de lumiĂšre. Ces tĂ©moignages ne cherchent pas Ă  choquer. Ils cherchent Ă  ĂȘtre entendus. Parce qu’il y a des rĂ©alitĂ©s que l’on ne peut plus ignorer. Des vies que l’on ne peut plus regarder de loin. Des voix qui demandent simplement une chose : que quelqu’un Ă©coute. ✹ Vous pouvez prĂ©commander dĂšs maintenant : 👉 Dans trois jours, ces voix seront lĂ . Et une fois qu’on les a entendues
 il devient impossible de faire comme si elles n’existaient pas. Si le lien ne fonctionne pas, il y en a un autre dans le premier commentaire.

Pierre Barnérias

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Dans cette interview, Marion Sigaut prĂŽne clairement la #JusticeRestaurative qui consiste Ă  faire dialoguer le bourreau violeur et la victime, Ă  pardonner, Ă  ne pas les sĂ©parer et Ă  soigner l'abuseur sans l'envoyer en prison. Des mois que j'alerte quant Ă  cette nouvelle "Justice" qu'on veut mettre en place, qui consiste plus Ă  excuser les abuseurs et Ă  traumatiser davantage les victimes. Il ne s'agit pas de "dysfonctionnement" et ces gens ne peuvent ĂȘtre soignĂ©s, ce sont des pĂ©docriminels, POINT. Ce discours, venant de la part d'une personne qui se dit pour la dĂ©fense des enfants, est honteux. Marion Sigaut nous parle de "rĂ©paration familiale", exactement comme NoĂ©mie Micoulet qui est aujourd'hui porte-parole de cette Justice Restaurative et qui accusait son pĂšre d'abus extrĂȘmes avec actes de barbarie et meurtres d'enfants il y a plus de 20 ans dans un documentaire ! En rĂ©alitĂ©, il s'agit d'un processus de soumission institutionnalisĂ©e. On oblige la victime Ă  garder un lien avec son bourreau, ce qui ne fait que raviver sans cesse ses traumatismes. Ces dispositifs qui se prĂ©sentent comme thĂ©rapeutiques sont uniquement des outils de reconditionnement au silence et Ă  l'obĂ©issance de la victime. 2026, je l'espĂšre, sĂ©parera enfin le bon grain de l'ivraie... Ancien post que j'avais fait notamment quant Ă  la Justice Restaurative, qui sera de plus en plus mise en avant, particuliĂšrement par ceux qui prĂ©tendent dĂ©fendre la cause des enfants :

Claire Gabriel

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