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Jam Session du vendredi soir: Manu Dibango & Angélique Kidjo… interprètent "Indépendance Cha-cha" de Joseph Kabaselé (Grand Kallé)… #ManuDibango, nous ne t’oublierons jamais.

20,956 次观看 • 5 个月前 •via X (Twitter)

8 条评论

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MD5 个月前

😭😭😭😭 le gd manu la covid nous a enlever un monument et nous n'avons pas puui rendre le hommage du a sa grandeur que youssoudour et les autres pense a organiser un gd événement a l'honneur de Manu svp 😭😭💔💔💔

Kazuto Kirigaya 的头像
Kazuto Kirigaya5 个月前

😭❤️

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Unidentified Footing Object5 个月前

legendary!

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Bechem Kingsley Enoh 🇨🇲5 个月前

😍😍😍😍🕺🕺🕺🕺🕺

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Marie-Pierre Medouga5 个月前

tonton... personne ne va l'oublier !

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Eric Njanga🇨🇲🇨🇦5 个月前

Merci du partage. ❤️🙏🏾🇨🇲🇧🇯

んaitianaute 🇭🇹 的头像
んaitianaute 🇭🇹5 个月前

Superbe interprétation ❤️ ! 🇨🇩🇧🇯🇨🇲

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Innocent Dhego Malobi5 个月前

👍👍👍👍

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🚨 JULIÁN ÁLVAREZ A TOUJOURS LE BARÇA DANS SON ESPRIT ET NE VEUT QUE BARCELONE 🗣️ Fabrizio Romano : « Il y a également une déclaration de l’Atlético Madrid concernant la situation de Julián Álvarez. Il est important de le préciser : le Barça attend et tente depuis des semaines et des semaines, mais il n’y a toujours aucun changement. 🚨 Hier, Mateo Alemany, directeur de l’Atlético Madrid, a échangé avec Arsenal. Arsenal souhaitait obtenir des informations sur la situation de Julián Álvarez, notamment sur le coût du transfert et la situation du joueur. Arsenal a donc pris des renseignements. Mais, d’après ce que je comprends, le prix est considéré comme trop élevé par Arsenal. À l’heure actuelle, Arsenal estime que le montant nécessaire pour recruter Julián Álvarez serait trop important. Ensuite, il y a la position du joueur. Jusqu’à aujourd’hui, Julián n’a jamais ouvert la porte à un autre club, notamment aux clubs anglais, mais plus généralement à n’importe quel club qui ne serait pas Barcelone. Dans l’esprit du joueur, il n’y a toujours eu que le Barça. 🚨🚨 Il faut maintenant voir ce qui va se passer. Il reste encore une semaine, donc voyons si Arsenal parvient à ouvrir une porte à un moment donné. Mais la déclaration de ce soir vient directement du CEO de l’Atlético Madrid, Miguel Ángel Gil Marín, qui a déclaré : « Nous avons besoin de Julián Álvarez. Nous avons besoin de Julián Álvarez pour être compétitifs. Nous savons que c’est un grand professionnel. Nous avons besoin que Julián soit dans les meilleures équipes européennes. Nous allons absolument prendre soin de Julián Álvarez et il restera avec nous. » Le message de l’Atlético reste donc le même : ils ne veulent pas vendre le joueur. Arsenal connaît les conditions, mais il ne faut surtout pas oublier la position du joueur, qui représente également une partie très importante de cette histoire. Il y a donc encore plusieurs éléments à suivre et cette situation sera très intéressante à surveiller, notamment avec ce mélange d’informations autour de Julián. L’Atlético insiste pour que le joueur reste. Du côté de Barcelone, à aujourd’hui, il n’y a aucun changement concret. Je sais qu’il y a eu des discussions sur les réseaux sociaux entre supporters du Barça, certains pensant que la situation pourrait changer dans les prochaines heures. 🚨 Mais pour le moment, je peux vous garantir que le Barça n’a toujours reçu aucune information de l’Atlético indiquant qu’il serait prêt à ouvrir la porte à un départ. Et tout cela intervient alors que Gil Marín a réaffirmé publiquement la volonté de l’Atlético de conserver Julián Álvarez. »

Mercato Blaugrana

44,061 次观看 • 1 个月前

Naufrage médiatique ce soir sur France5 pour tenter de sauver le soldat Mandon ! (cf vidéo ⤵️) Regardez cet extrait : un tissu fait de tous les mensonges possibles ! On décortique étape par étape la vidéo : 1. L’affaire des propos scandaleux du CEMA serait partie « de bots russes qui auraient relayé des montages vidéos tronqués » (où, quand, comment, lesquels ? 😂) 2. Puis des « comptes de réseaux pro-Poutine » (et là on montre mon tweet, on me cite, mais on ne m’invitera jamais pour répondre) auraient « relayé ». (Alors que dans la vraie vie, lorsque j’ai fait ce tweet mercredi matin, je venais de découvrir le discours, à l’écrit, j’ai même mis un lien dans le tweet vers un article de presse qui reprenait les citations de Mandon ; je n’avais vu aucun « bot russe » traîner dans le coin, et je n’avais même pas encore vu la vidéo, encore moins une vidéo « tronquée ». Bref tout est faux. France5 nous sert une authentique théorie complotiste.) 3. Ensuite on nous dit que l’idée serait de « laisser penser que la France s’attaque à la Russie » (?) Là on nage dans un bain de grand n’importe quoi… 4. Enfin, on nous ressort les propos mensongers de l’ancien CEMA Burkhard qui avait menti en juillet en affirmant que « la Russie elle-même nous désigne comme son premier adversaire en Europe ». Il a quitté ses fonctions juste après. Bref un NAUFRAGE journalistique et déontologique total, dans le seul but de servir la soupe à Mandon et donc à Macron et au gouvernement ! ➡️ Faites circuler svp. Nous sommes les médias, ils sont le mensonge !

Florian Philippot

104,833 次观看 • 10 个月前

Voici la réalité de nos retraites ! Et c’est tellement grave et injuste pour nos enfants que je n’ai pas réussi à garder mon calme autant que je l’aurai voulu. Et oui j’ai eu chaud comme jamais 😅! Pour avoir le luxe d’être solidaire avec les plus fragiles dans notre société il faut que notre système de retraite soit fort. Et en refusant de voir la réalité en face comme le font Mme Tondelier et sa majorité, nous affaiblissons ce système de protection sociale au point de le menacer. Elle accomplit l’inverse de ce qu’elle affirme vouloir mettre en place. Les idées c’est bien. Le dogmatisme c’est moins bien. Je connais bien les politiques. Je les ai côtoyé pendant des années. Mais depuis que je suis entrepreneur j’ai plus de mal à tolérer leurs mensonges et leurs approximations. Pour autant je n’aurai pas dû m’emporter. Je ferai mieux la prochaine fois. J’étais venu pour essayer de la convaincre qu’on ne financera pas la transition écologique et les adaptations au changement climatique sans résoudre la crise du déficit qui est au moins pour moitié du au déficit des retraites par répartition. J’ai vite abandonné. Un grand merci à LCI et à David Pujadas pour cette invitation à participer à La Grande Confrontation. Et un grand merci à vous toutes et tous qui m’avait soutenu depuis jeudi soir sur les réseaux 🙏❤️. À force de le défendre, le bon sens gagnera ! À force de diffuser l’éducation financière, même nos élus finiront par être formés. Alors on continue, on reste et on se bat. En avant et prenez votre argent en main ! Replay ( à partir de 58:00)

Matthias Baccino

98,238 次观看 • 9 个月前

Pasteur, cesse de travestir la vérité et d’insulter l’intelligence des Congolais. Quand Paul Kagame revendique publiquement, à Moscou, des « terres ancestrales » en République démocratique du Congo, il ne ridiculise ni l’opposition congolaise ni les prélats catholiques. Il avoue une agression. Et toi, au lieu de dénoncer cette confession expansionniste, tu t’en sers pour frapper des Congolais qui demandent la paix par le dialogue. Ne renverse pas les rôles. Les ridicules ne sont pas ceux qui réclament un dialogue national inclusif, mais ceux qui, au nom d’un faux patriotisme, applaudissent le discours d’un chef d’État étranger qui revendique nos terres. Tu prétends qu’il ne faut pas de dialogue parce que « Kagame n’arrêtera pas la guerre ». Mais depuis quand l’aveu de l’agresseur devient-il un argument contre la cohésion nationale de la victime ? Depuis quand la menace étrangère justifie-t-elle la criminalisation du débat interne ? Tu opposes le « se mettre ensemble » au dialogue national inclusif. Mensonge politique. « Se mettre ensemble » sans débat, sans vérité, sans bilan et sans garanties, c’est exiger la soumission, pas l’unité. C’est demander aux Congolais de se taire pendant que le pays se disloque. Ce discours de Paul Kagame n’est ni nouveau ni courageux. Cela fait près de trente ans qu’il recycle la même rhétorique de Bizimungu : Berlin II pour les prétendues terres rwandaises en RDC. Jamais ce discours n’a été reconnu par l’ONU, par l’Union africaine ou par la moindre juridiction internationale. Sous Mzee Laurent-Désiré Kabila comme sous le Raïs Joseph Kabila, il a été contenu, isolé et politiquement neutralisé. Pourquoi alors devient-il aujourd’hui sous le régime Tshisekedi, si bruyant, si assumé, si arrogant ? Parce que l’État congolais est affaibli de l’intérieur, par le régime Tshisekedi lui-même. Sa gouvernance est incohérente. Sa diplomatie parle un langage le matin et son contraire le soir. Et son pouvoir préfère diviser les Congolais que construire un front national crédible. Tu oses dire que les prélats et l’opposition sont ridiculisés ? Ce sont eux qui portent la voix du Congo, à l’instar du discours du 23 mai 2025 en 12 points du Raïs Joseph Kabila et le Pacte social de Cenco-Ecc, dans les résolutions internationales n° 2773 et °2808. Ce sont eux qui rappellent que la guerre ne se gagne pas seulement par des slogans, mais par la cohésion nationale, la crédibilité institutionnelle et la légitimité politique. Ce qui est ridicule, Pasteur, c’est de glorifier le discours belliqueux de Kagame pendant que le Congo pert du territoire, c’est de refuser le dialogue pendant que le pays s’enfonce, c’est de faire la morale au nom de Dieu tout en servant une propagande politique dangereuse du régimeaux abois. Tu dis : « pas de dialogue national inclusif ». Mais tu dis aussi : « mettons-nous ensemble ». C’est exactement la même chose, sauf que ton « ensemble » n’a ni règles, ni garanties, ni vérité, ni justice. C’est l’unité du silence, de la peur et de l’accusation facile. Alors, Pasteur, réponds sans détour : quand tu utilises les mots de Kagame pour attaquer des Congolais, quand tu te moques des prélats pendant que l’agresseur revendique nos terres, qui défends-tu réellement ? La RDC ? Ou un pouvoir qui se maintient en divisant le peuple et en laissant prospérer l’arrogance de l’ennemi ? L’histoire vous jugera. Mais le peuple, lui, a déjà compris.

Ferdinand KAMBERE

20,571 次观看 • 8 个月前

Il y a beaucoup de choses à dire sur notre rencontre avec Jean-Marie Pallardy. Nous l'avons rencontré car Nicolas, un ami, nous avait informés qu'il cherchait un éditeur pour ses films. C'est ainsi que nous avons décidé de prendre un café avec lui. Notre première réaction a été : "Mais c'est qui ce fou ?" :-) Jean-Marie était un personnage haut en couleur : hâbleur, dragueur invétéré, mais également un sacré bonhomme. Nous avons accepté de distribuer ses 10 films en 2007, sans savoir que cela marquerait notre première grande aventure en tant qu'éditeur. Il a fallu récupérer chez lui ses bandes Umatic, ces grosses cassettes utilisées à l'époque pour les sorties VHS, un ancêtre des masters HD. Nous avons visionné ses films sur l'un des derniers lecteurs Umatic encore fonctionnels au laboratoire VMD. Ce lecteur se trouvait dans un couloir très passant, et tout le monde nous voyait en train de regarder des films érotiques… L'une des bandes Umatic était tellement moisie que de la moisissure tombait dans le lecteur, au point de l'endommager ! Nous avons donc restauré les films de Jean-Marie Pallardy du mieux que nous pouvions. Le plus difficile fut Emmanuelle à Cannes, car nous devions éditer la version érotique, mais la copie dont nous disposions comportait, à de nombreux endroits, des images issues de la version pornographique. Nous avons dû les couper. Parfois, il ne s'agissait que d'une ou deux images de pénis, mais il fallait tout expurger. Et à l'époque cela demandait un temps de dingue. A voir des pénis un peu partout :-) Restaurer ces films à une époque où, pour un petit éditeur, cela relevait de l'impossible fut un véritable défi. Nous avons pris le temps nécessaire pour travailler à partir des bandes Umatic. C'était un projet complètement fou à l'époque, mais nous sommes fiers d'avoir sorti ces titres en 2008. Cela fait déjà 16 ans ! Il s'agissait de LA DONNEUSE, L'AMOUR CHEZ LES POIDS LOURDS, L'ARRIERE TRAIN SIFFLERA 3 FOIS, REGLEMENTS DE FEMMES A OQ CORRAL, LE JOURNAL EROTIQUE D'UN NOTAIRE, UNE FEMME SPECIALE, LE JOURNAL EROTIQUE D'UNE THAILANDAISE, LE JOURNAL EROTIQUE D'UN BUCHERON, EMMANUELLE A CANNES, LOVE CONNECTION La sortie s'est bien passée, même si certains titres ont eu moins de succès que d'autres. Nous nous souvenons d'avoir présenté les films au CNC pour demander des aides… aides que nous n'avons bien sûr pas obtenues :-) Je me souviens encore de la réponse de la personne en charge des subventions : "Merci de nous avoir rappelé qu'il existait des films comme ça." Une remarque un peu dédaigneuse, mais heureusement, l'équipe a changé depuis. Car, même si ces films sont ce qu'ils sont, il ne faut pas oublier qu'ils ont attiré du public en salle et marqué les esprits. Ainsi, le titre L'Arrière-train sifflera trois fois apparaît dans un épisode des Simpson (dans son doublage français) ! Ce n'est pas rien. On pouvait critiquer ces films, mais leur objectif était d'amuser les spectateurs. Sans compter qu’un titre comme La Donneuse abordait, pour la première fois, le sujet des mères porteuses qui sont encore interdites en France aujourd’hui. Nous avons souvent déjeuné avec Jean-Marie, et il m’avait même invité chez lui, en banlieue, pour un repas en famille. Une fois, alors que je logeais chez ma mère pour la nuit, il s’était pointé à 22h. Ma mère, en robe de chambre, l’écoutait raconter ses films avec fascination et perplexité. Elle m’a ensuite demandé : "Mais c’est qui ce dingue ?" Eh bien, c’était Jean-Marie ! :-) Jean-Marie m’appelait régulièrement : pour m’engueuler, pour me proposer de déjeuner, pour me menacer de porter plainte parce qu’on l’aurait volé, et ainsi de suite. Mais, à chaque fois, je finissais par rire, car il me racontait sa vie, ses tournages et ses projets tous complètement bidonnés. C’était un rêveur, un véritable fou de cinéma. Comme je l’ai dit dans une interview : un vrai punk, malgré tout. Jean-Marie était un homme qui avait tout donné au cinéma. Il tournait pour boire, baiser et bronzer, mais surtout par amour de la pellicule. Un enfant qui voulait réaliser ses rêves. Et comment ne pas aimer ce genre de personne, qui respirait l’amour du cinéma dans tout ce qu’il faisait ? Nous avions contacté Nanarland pour qu’il participe à l’une des Nuits Nanarland au moment de la sortie de nos titres. À l’époque, l’équipe avait peur de lui, craignant qu’il leur casse la gueule, car Jean-Marie détestait ce qu’ils disaient sur lui. Dix ans plus tard, pourtant, il était au Grand Rex, applaudi par un public déchaîné. J’étais ravi pour lui, même s’il voulait toujours me casser la gueule et avait demandé à ce que je ne puisse pas entrer dans la salle ! :-) La dernière fois que je l’ai vu, il y a environ deux ou trois ans, il était venu dans nos bureaux un vendredi soir. Nous avions beaucoup discuté. Il était en train de vendre ses films aux Américains. Les clients qui passaient étaient à la fois étonnés et ravis de le rencontrer. Et, le temps d’une soirée, il a fait le show comme à son habitude. C’était ça, Jean-Marie : un gros casse-couilles, mais un homme attachant malgré tout. Un homme venu d’un autre monde, d’un autre cinéma, d’une époque révolue qui nous manque énormément. Il va nous manquer. Il va me manquer. Parce que, malgré son caractère bien trempé, Jean-Marie était un sacré bonhomme. Adieu Jean-Marie. Ça va me manquer de ne plus recevoir tes appels. Stéphane PS: nous mettons en ligne l'interview que nous avons enregistré lors de la sortie de ses titres et qui date de 2008. Anecdote, il s'était un peu endormi à la fin de l'interview :-)

LE CHAT QUI FUME

17,337 次观看 • 1 年前

A tous, 🇬🇧🇺🇦"ZELENSKY A ÉTÉ ENGAGÉ PAR LES SERVICES SECRETS BRITANNIQUES (MI6) EN 2019 POUR FAIRE LA GUERRE A LA RUSSIE" - Andrei Telizhenkо, politologue et ancien employé de l’ambassade d’Ukraine aux États-Unis, s'exprime enfin. 🗣 "Vladimir Zelensky, en 2019, après l’investiture [présidentielle], s’était apparemment préparé à un voyage dans le Donbass pour prononcer un discours conciliant au peuple sur la place de Donetsk, mais il a finalement été recruté par les services de renseignement britanniques". ⚫️Andrey Telizhenko, politologue et ancien employé de l’ambassade d’Ukraine aux États-Unis, a déclaré ceci dans une interview avec Alexandr Shelest : 🗣 « On aurait pu avoir le Donbass avec nous, la paix. J’ai été une fois en contact avec l’entourage de Zelensky et ils m’ont dit directement que Zelensky devait se rendre dans le Donbass dans les trois premières semaines suivant son investiture pour prononcer un discours au peuple, disant que nous étions un seul peuple et que nous devions vivre en paix". 🗣 "Il y avait un accord, Kolomoisky en était au courant, certains oligarques ukrainien étaient au courant, et il fut convenu que Zelensky passerait avec un cortège et, avec le peuple du Donbass, parlerait de paix. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? " 🗣"Ils l’ont emmené à Londres et, depuis 2019, il se prépare à la guerre. C’est pourquoi ils volaient dans les rues [du Donbass], les criminels avaient le droit de tout faire, et lui [Zelensky] se comportait ainsi aussi avec Trump, car même à l’époque il avait une "protection"". ⚫️Le journaliste Shelest a été franchement stupéfait par ce qu’il a entendu : 🔈"Attendez, s’il y avait des plans pour que Zelensky, après son élection, aille parler sur la place de Donetsk, alors il y a quelque chose qui cloche... c’est-à-dire que Zelensky savait déjà alors qu’il y aurait la guerre" ? 🗣Telizhenko : "Zelensky à Londres a conclu un accord avec les services secrets britanniques. Et ils savaient qu’ils avaient vendu l’Ukraine. C’est pourquoi Kolomoisky a soutenu que nous devrions quitter l’OTAN et négocier avec la Russie : il existe un article ( à ce sujet dans le New York Times. Kolomoíski essayait de négocier, d’obtenir de l’argent de la Russie pour ne pas déclencher cette guerre, d’offrir à Zelensky une alternative à ce que l’Occident lui proposait". 🗣"Mais malheureusement, Zelensky se laissa berner par le fait que l’Occident offrait plus ou promettait que Zelensky deviendrait un dirigeant important et qu’il aurait plus que tout ce que la Fédération de Russie pouvait lui offrir. C’est pourquoi nous souffrons tous aujourd’hui". 🗣Et l’Ouest joue sérieusement, depuis longtemps. Il sait bien que l’Ukraine est son soutien, mais la mesure dans laquelle elle restera attachée à ce projet dépendra des États-Unis et de la Russie. L’Ukraine, dans cette situation, ne fait malheureusement que ce que l’Occident lui demande de faire. L’Ukraine n’a plus de voix ; après l’interruption des accords de paix de Minsk et du processus d’Istanbul, les gens ne pourront plus faire confiance au gouvernement actuel. 📌 Pour ceux qui ne sont pas abonnés au New York Times, nous rapportons ce qu’Igor Kolomoisky a dit dans l’article ( du 13 novembre 2019 : 🗣 "Il est temps pour l’Ukraine d’abandonner l’Occident et de retourner en Russie. Ils restent plus forts. Nous devons améliorer nos relations [...] Les gens veulent la paix, ils veulent vivre en paix, ils ne veulent pas la guerre. Et vous [l’Amérique] nous poussez à faire la guerre, sans même nous donner l’argent pour la mener". Un milliardaire ukrainien a combattu la Russie. Maintenant, il est prêt à l’accepter. Par Anton Troianovski Publié le 13 novembre 2019 Mis à jour le 4 juin 2020 KIEV, Ukraine — Au cours des cinq dernières années, plus de 13.000 personnes sont mortes dans une guerre de facto entre l’Ukraine et la Russie — un combat, selon beaucoup ici, pour se libérer des chaînes d’un maître colonial et se rapprocher de l’Occident. Une figure cruciale de cet effort était un milliardaire nommé Ihor Kolomoisky, qui a dépensé des millions de dollars pour déployer et équiper des chasseurs et a contribué à stopper l’avancée russe en 2014. Mais M. Kolomoisky, largement considéré comme la figure la plus puissante d’Ukraine en dehors du gouvernement, compte tenu de son rôle de parrain du président récemment élu Volodymyr Zelensky, a remarquablement changé d'avis : il est temps, a-t-il dit, que l’Ukraine abandonne l’Occident et se tourne vers la Russie. "Ils sont plus forts de toute façon. Nous devons améliorer nos relations", a-t-il déclaré, comparant la puissance de la Russie à celle de l’Ukraine. "Les gens veulent la paix, une bonne vie, ils ne veulent pas être en guerre. Et vous" — l’Amérique — "nous forcez à être en guerre, sans même nous donner l’argent pour cela". Mais quelles que soient ses motivations, les opinions géopolitiques de M. Kolomoisky comptent, car les analystes et les diplomates occidentaux estiment qu’il a une influence considérable sur l’administration de M. Zelensky, un humoriste dont les émissions de télévision étaient diffusées sur la chaîne de M. Kolomoisky. Bien que M. Zelensky continue de poursuivre des liens plus étroits avec l’Occident, il semble également prêt à s’engager plus directement avec la Russie que son prédécesseur. M. Zelensky a récemment proposé de rencontrer M. Poutine en l’absence de dirigeants occidentaux, a déclaré mardi l’ancien président du Kazakhstan. Le FMI bloquerait apparemment le financement de l’Ukraine en partie à cause des craintes que M. Zelensky ne fasse pas assez pour récupérer des fonds que M. Kolomoisky est accusé d’avoir volés à sa banque ukrainienne, Privatbank, qui ont coûté 5,6 milliards de dollars au gouvernement de Kiev pour le renflouement en 2016. M. Kolomoisky, qui nie toute faute et affirme que le gouvernement a saisi illégalement sa banque, a déjà critiqué le FMI et ce qu’il considère comme un rôle occidental excessivement affirmé en Ukraine, insistant lors d’une interview émouvante — comme il l’a fait par le passé — que M. Zelensky devrait être prêt à faire défaut sur les prêts du fonds. Mais il a qualifié la procédure de destitution qui s’emparent désormais de Washington comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et il a parlé franchement de la logique d’embrasser la Russie comme partenaire. Il est devenu clair que l’Union européenne et l’OTAN ne prendront jamais en charge l’Ukraine, a-t-il déclaré, il vaut donc mieux accepter la réalité et ne même pas essayer. "Vous ne nous accepterez pas" dans l’alliance, a déclaré M. Kolomoisky lors de l’interview, dans une salle de conférence de ses bureaux à Kiev. "Inutile de perdre du temps avec des paroles vides. Alors que la Russie aimerait nous intégrer à un nouveau Pacte de Varsovie". En 2017, M. Kolomoisky a quitté l’Ukraine pour la Suisse et Israël après que le gouvernement sous le président de l’époque Petro O. Porochenko a saisi Privatbank et l’a accusé d’une fraude à grande échelle menaçant de déstabiliser l’économie ukrainienne. Il est revenu en mai dernier après l’élection de M. Zelensky, le comédien dont la sitcom à succès sur un professeur au grand cœur devenu président de l’Ukraine est apparue sur la chaîne de télévision de M. Kolomoisky. Au lieu de cela, a-t-il dit, les États-Unis utilisent simplement l’Ukraine pour tenter d’affaiblir leur rival géopolitique. "Guerre contre la Russie", a-t-il dit, "jusqu’au dernier Ukrainien". La reconstruction des liens avec la Russie est devenue nécessaire à la survie économique de l’Ukraine, a soutenu M. Kolomoisky. Il prédit que le traumatisme de la guerre passerait. "Donnez-lui cinq, dix ans, et le sang sera oublié", dit M. Kolomoisky. "J’ai montré en 2014 que je ne voulais pas être avec la Russie", a-t-il ajouté. "Je décris, objectivement, ce que je vois et le tour que les choses vont prendre". Il a déclaré que le financement russe pourrait remplacer les prêts du FMI, qui a poussé pour des réformes anticorruption agaçant les intérêts économiques bien enracinés de l’Ukraine. "Nous prendrons 100 milliards de dollars aux Russes. Je pense qu’ils aimeraient nous le donner aujourd’hui", a déclaré M. Kolomoisky. "Quelle est la façon la plus rapide de résoudre les problèmes et de restaurer la relation ? Seulement de l’argent". Pour M. Kolomoisky, l’inimitié envers les États-Unis est personnelle. Il affirme croire être une cible du F.B.I., qui aurait lancé une enquête sur les crimes financiers sur ses activités. Fiona Hill, ancienne conseillère Europe et Russie à la Maison-Blanche, a déclaré aux parlementaires qu’elle était "extrêmement préoccupée" par l’influence de M. Kolomoisky sur M. Zelensky. George D. Kent, un haut responsable du département d’État, a déclaré qu’il avait dit à M. Zelensky que sa volonté de rompre avec M. Kolomoisky — "quelqu’un dont la réputation était si mauvaise" — serait un test décisif pour son indépendance. Et William Taylor, ambassadeur par intérim à Kiev, a déclaré avoir averti M. Zelensky : "Lui, M. Kolomoisky, augmente son influence dans votre gouvernement, ce qui pourrait vous faire échouer". Sources : USA - UK - Ukraine - Zelensky a été engagé par le MI6 en 2019 pour faire la guerre à la Russie - Andrei Telizhenkо, politologue et ancien employé de l’ambassade d’Ukraine aux États-Unis, s'exprime - 10042026 - translatemom ⤵️ Barbouille 🙃 Général Alcazar Sylvain Ferreira Caroline Galactéros Karine Bechet Marcel D. hgo04 L'Observateur Q2 Yves Pozzo di Borgo Xavier Azalbert FreeSpeech 🇧🇷 🇫🇷 Le Média en 4⃣-4⃣-2⃣ sergio-dde🐭🐞 Pauline 🇫🇷 Carėne Tardy Laure Gonlézamarres Philippe Murer 🇫🇷 Rémi Philiponet 🇨🇵 Florian Philippot PhilConte 007 Chris Toof 🇫🇷 VERITY France Docteur Hamelin Md Conrad Thomas-Collignon 🇲🇫🇨🇭🇧🇷🚭 Jaime Horta 🇵🇹🇫🇷 ☯️ 🇵🇹🇨🇵 Phil à ta place Cercle Aristote Liviu BALEA Péonia BUGAULT Valérie SILVANO TROTTA OFFICIEL Clemence Houdiakova Alexis Poulin Nicolas Vidal QG le média libre Aude Lancelin

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18,271 次观看 • 5 个月前

Il y a 35 ans, le 25 mars 1991, Mgr Lefebvre rendait son âme à Dieu. en pleine nuit à l’hôtel, vers 4 heures du matin, il réveille son chauffeur, Rémy Borgeat : « Ça ne va pas, dit-il, rentrons en Suisse. » Et, à sa demande, il est hospitalisé d’urgence le 9 mars au matin à l’hôpital de Martigny dont le directeur, M. Jo Grenon, est un ami d’Écône. On le confie au service de chirurgie et à la chambre 213. Derrière les montagnes : la Forclaz et la France et, non loin, le Grand Saint-Bernard, l’Italie et Rome. Le prélat est confiant, mais il souffre : « C’est comme un feu qui me brûle le ventre et monte vers la poitrine. » L’abbé Simoulin lui apporte la sainte communion — qu’il recevra jusqu’à son opération. Il remercie : « Je vous ai fait manquer vêpres… mais vous avez fait une œuvre de charité. Vous m’apportez le meilleur Médecin. Aucun d’entre eux ne peut me donner plus que ce que vous me donnez. » Il admire le crucifix qu’on a apporté pour le petit autel monté dans sa chambre : « Cela aide à porter ses souffrances. » Les médicaments atténuent ses douleurs ; on le nourrit par perfusion. Il plaisante et dit aux infirmières : « Vous faites une bonne affaire avec moi : je paie plein tarif et vous ne me nourrissez pas ! » Il est par ailleurs très patient : les médecins sont obligés de le gronder pour qu’il parle de ses souffrances. Les infirmières le trouvent très doux, exceptionnellement discret : il n’utilise jamais la sonnette de service. Il ne veut pas déranger. Il est un peu inquiet des suites d’une opération, mais en même temps résigné et confiant. À plusieurs reprises, il dit : « J’ai terminé mon travail, je n’en peux plus, il ne me reste qu’à prier et souffrir. » Le lundi 11, sentant un froid qui lui monte dans les jambes, le prélat demande l’extrême-onction, qu’il reçoit avec beaucoup de recueillement et de simplicité, les yeux fermés et répondant au ministre très clairement. Il demande ensuite la bénédiction apostolique in articulo mortis (« à l’article de la mort »), puis rouvre des yeux paisibles, sourit et remercie. Il ajoute : « Pour les prières des agonisants, on attendra encore un peu. » Il est apaisé, mais il n’est pas encore arrivé à reprendre son bréviaire. « Alors, dit-il, je fais oraison. Je ne suis bon à rien d’autre. Mais c’est une bonne chose. » Le jeudi 14 mars, alors qu’il a déjà subi de nombreux examens, les médecins décident de lui donner enfin un vrai repas qui lui fera plaisir et le fortifiera. Mais il n’y touchera pas, afin de pouvoir recevoir la sainte communion… qui se fait attendre. Le même jour, un des médecins confie à l’abbé Denis Puga : « Monsieur l’abbé, je dois vous avouer quelque chose : j’ai passé la journée en compagnie de Monseigneur, pour les examens. C’est un homme extraordinaire, c’est vraiment un bonheur d’être à ses côtés. Quelle bonté ! On découvre la bonté divine sur son visage. Vous avez vraiment un privilège d’être un de ses proches. On ne s’en rend pas compte à travers l’image qu’en donnent les journaux. J’ai demandé à Monseigneur de prier pour moi. » Or ce docteur n’est pas catholique. Le vendredi 15 mars, Mgr Lefebvre est emmené à Monthey pour examen au scanner. Au retour à l’hôpital, ses abbés le trouvent aux prises avec ses perfusions qui provoquent des œdèmes. — Vous avez les veines trop dures, lui dit l’abbé Simoulin. — Non, c’est le contraire, il paraît qu’elles sont trop fines et délicates. Vous vous rendez compte… pour un évêque de fer ! Le samedi 16, Sitientes, ont lieu à Écône les ordinations au sous-diaconat. — Je me suis bien uni par la prière à l’ordination, dit l’archevêque à l’abbé Puga. — C’est la première ordination qui n’aurait pu avoir lieu, si vous ne nous aviez pas donné des évêques. — Oui, répond-il, vraiment, cette année 1988 a été une grande grâce, une bénédiction du bon Dieu, un véritable miracle. C’est la première fois qu’étant gravement malade, je suis parfaitement tranquille. Je dois avouer… je m’excuse… mais auparavant, lorsque j’étais malade, j’avais ce souci que la Fraternité avait encore besoin de moi, que personne ne pouvait faire mon travail à ma place. Maintenant je suis en paix, tout est en place et tout fonctionne. Le dimanche 17, dimanche de la Passion, après avoir reçu la communion, il explique qu’il sera opéré le lendemain et commente : « Que le bon Dieu me prenne, s’il le veut. » C’est donc le lundi de la Passion qu’a lieu l’opération : « Quand le médecin m’a dit de compter jusqu’à dix au moment de m’endormir, j’ai fait un grand signe de croix… et puis… plus rien. Puis je me suis réveillé et j’ai demandé : — Alors, on n’opère plus ? — Mais si, M. Lefebvre, c’est fait, m’a-t-on répondu. » Tel est le récit que Monseigneur fait de son opération. Le chirurgien a retiré une grosse tumeur de la taille de trois pamplemousses. Elle s’avérera cancéreuse, mais on n’en dira rien au patient. Il est épuisé par l’opération mais sourit derrière son masque à oxygène et sa sonde gastrique. Le mercredi soir, il devient angoissé : de forts œdèmes se manifestent aux membres, il souffre du dos et de la tête. « C’est la fin, dit-il, je souffre terriblement de la tête, il faut que le bon Dieu vienne me chercher. Je désire ardemment mourir avec, à mes côtés, quelques-uns de mes prêtres pour réciter les prières des agonisants. On ne peut me refuser cela. » Il croit qu’on empêche ses prêtres de venir le voir, l’arrivée de l’abbé Puga le jeudi matin l’apaise ; il retrouve tout son optimisme et sa vigueur morale. Le samedi de la Passion arrive, Mgr Lefebvre parle des soins humiliants et pénibles qui lui sont imposés, il dit l’épuisement où le laisse le moindre effort. Ses mains sont gonflées par les œdèmes. « Nous sommes dans le temps de la Passion », fait l’abbé Simoulin. Monseigneur ferme les yeux et répète : « Oui, c’est la Passion ! » Il ne peut encore communier : « Cela me manque… j’en ai besoin… cela me donnerait des forces », regrette-t-il. Le soir du même jour, l’abbé Puga lui parle de déclarations faites par le cardinal Gagnon à 30 Giorni, selon lesquelles il n’a pas trouvé d’erreur doctrinale à Écône. Monseigneur hausse les épaules : « Un jour, la vérité se fera. Je ne sais pas quand, le bon Dieu le sait, mais elle se fera. » C’est le dimanche des Rameaux, 24 mars, premier jour de la Semaine sainte, de la grande Semaine, que l’état du malade empire soudain. Pourtant, le vendredi, il a réclamé sa montre et son appareil auditif, preuve du mieux-être du patient, et le samedi on a songé à lui faire réintégrer sa chambre le lendemain. Mais dimanche, l’espoir fait place à l’inquiétude : Monseigneur subit une grave poussée de fièvre, le cardiologue décide de le garder aux soins intensifs. Le malade, douloureux et agité, se met à parler sans cesse, mais à travers le masque à oxygène il est difficile de le comprendre. Jo Grenon perçoit cependant : « Nous sommes tous ses petits enfants » et, au moment où il quitte le prélat, celui-ci lui sourit et lui tend la main en signe d’adieu. À l’abbé Simoulin qui lui annonce la venue de son frère, Michel Lefebvre, il sourit tant qu’il peut et la joie brille dans son regard. Mais vers 19 heures, lorsque le directeur d’Écône retourne à l’hôpital, dès l’entrée de la salle des soins intensifs, il est saisi par un son terrifiant : un râle sonore et précipité couvre tous les bruits venant des autres boxes, amplifié encore par le masque à oxygène. Le prélat est comme anéanti, il ne peut rien articuler mais il comprend tout ce que lui dit l’abbé : « La retraite, Monseigneur, que vous deviez nous prêcher, vous la prêchez d’une façon que nous n’avions pas prévue ! » et Monseigneur sourit. « Un certain nombre de Valaisans, dont les chauffeurs, font retraite avec nous. » Et le prélat sourit encore. Lorsque l’abbé aperçoit le crucifix du box et fait une remarque élogieuse sur cet hôpital et son bon directeur qui place chaque malade sous la garde du Rédempteur, Monseigneur, très lentement, tourne la tête et les yeux pour apercevoir le point que l’abbé lui désigne vers sa gauche, puis ferme doucement les yeux. Un sourire… un regard vers le Crucifié… telles sont les dernières « paroles » de Monseigneur Lefebvre. Un sourire… pour remercier, pour rassurer, pour inviter à la même sérénité, un sourire de charité et d’attention aux autres dans l’oubli de soi-même. Un regard vers le crucifix, ultime geste conscient que ses fils aient observé chez lui, le regard de l’adorateur et du prêtre. Vers 23 h 30, l’hôpital appelle Écône : Mgr Lefebvre vient d’avoir une alerte et est en réanimation. Les abbés Simoulin et Laroche trouvent le prélat respirant à grand-peine, les yeux fixes et vitreux, on lui fait un massage cardiaque, il doit avoir fait une embolie pulmonaire. Tandis que l’abbé Laroche part réveiller le séminaire et inviter la communauté à prier à la chapelle, l’abbé Simoulin reste aux côtés du malade qui cherche douloureusement sa respiration : c’est un peu l’agonie du Crucifié. Le front, au fil du temps, est de plus en plus traversé par des crispations de souffrance, tandis que les indications des appareils de contrôle diminuent peu à peu. À partir de 2 h 30, la chute s’accélère, la respiration se ralentit tandis que le front reste marqué par un pli de douleur. Tout s’apaise peu à peu. Vers 3 h 15, l’abbé dit à l’infirmière : — Son âme n’attend qu’une chose, quitter ce corps qui souffre pour rejoindre Dieu. — Je crois qu’elle est en train de partir, dit l’infirmière qui se retire alors. L’abbé Simoulin commence les prières des agonisants. « Au moment précis, dit-il, où j’achève, il est près de 3 h 20 et notre Supérieur général, l’abbé Schmidberger, pénètre aux soins intensifs. Le cadran annonce “00” pour les pulsations. Un souffle se fait encore entendre, mais est-ce Monseigneur ou l’appareil ? Je tends le rituel à l’abbé Schmidberger, qui refait les prières in expiratione. » Quelques ultimes sursauts crispent le visage de Monseigneur Lefebvre et, vers 3 h 25, la souffrance quitte à jamais son corps, tandis que le visage retrouve sa sérénité. Le Supérieur général ferme alors les yeux du père bien-aimé. On est le Lundi saint, 25 mars, fête de l’Annonciation de la très sainte Vierge Marie, le jour du sourire du Ciel à la terre et où l’espérance renaît dans les âmes, jour de l’Incarnation du Fils de Dieu et de l’ordination sacerdotale de Jésus-Christ souverain Prêtre. En ce jour, l’âme de Marcel Lefebvre a été jugée… « Quand je serai devant mon Juge, avait-il dit à Lille quinze ans auparavant, je ne veux pas qu’il puisse me dire : “Toi aussi, tu as laissé détruire l’Église.” » Alors, en ce 25 mars 1991, lorsque Dieu lui a demandé : « Qu’as-tu fait de ta grâce sacerdotale, de ta grâce épiscopale ? », que voulez-vous qu’ait répondu le vieux combattant de la foi, l’évêque restaurateur du sacerdoce catholique ? « Seigneur, a-t-il dit, voyez, j’ai transmis tout ce que je pouvais transmettre : la foi catholique, le sacerdoce catholique et aussi l’épiscopat catholique ; tout cela, vous me l’aviez donné, tout cela même, je l’ai communiqué, pour que l’Église continue. » « Tradidi quod et accepi, a dit votre grand Apôtre, et à sa suite, j’ai voulu dire moi aussi : Tradidi quod et accepi, j’ai transmis ce que j’ai reçu. Tout ce que j’ai reçu, je l’ai transmis. »

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🇫🇷 Aujourd'hui, nous célébrons la fête nationale de Jeanne d'Arc et du patriotisme, créée en 1920 sur proposition de Maurice Barrès. En mai 1961, à Orléans, André Malraux prononçait un grand discours en hommage à Jeanne d'Arc : « Le Gouvernement a souhaité qu’aujourd’hui son représentant ne prenne la parole que pour un hommage à la seule figure de notre histoire sur laquelle se soit faite l’unanimité du respect. La fidélité qu’Orléans, Orléans seule, lui a témoignée à travers les siècles, a fait oublier que Jeanne d’Arc est l’objet d’une aventure unique : la tardive découverte de sa personne n’affaiblit pas sa légende, elle lui donne son suprême éclat. Pour la France et pour le monde, la petite sœur de saint Georges devint Jeanne vivante par les textes du procès de réhabilitation : par ses réponses de Rouen, par le rougeoiement sanglant du bûcher. Nous savons aujourd’hui qu’à Chinon, ici-même, à Reims, à la guerre, et même à Rouen, sauf pendant une seule et atroce journée, elle est une âme invulnérable. Ce qui vient d’abord de ce qu’elle ne se tient que pour la mandataire de ses voix : «Sans la grâce de Dieu, je ne saurais rien faire». On connaît la sublime cantilène de ses témoignages de Rouen : «La première fois, j’eu grand peur. La voix vint à midi ; c’était l’été, au fond du jardin de mon père... après l’avoir entendue trois fois, je compris que c’était la voix d’un ange... Elle était belle, douce et humble ; et elle me racontait la grande pitié qui était au royaume de France... Je dis que j’étais une pauvre fille qui ne savais ni aller à cheval ni faire la guerre... Mais la voix disait : “Va, fille de Dieu”...» Certes, Jeanne est fémininement humaine. Elle n’en montre pas moins, quand il le faut, une incomparable autorité. Les capitaines sont exaspérés par «cette péronnelle qui veut leur enseigner la guerre». La guerre ? Les batailles qu’ils perdaient et qu’elle gagne... Qu’ils l’aiment ou la haïssent, ils retrouvent dans son langage le «Dieu le veut» des Croisades. Cette fille de dix-sept ans, comment la comprendrions-nous si nous n’entendions pas, sous sa merveilleuse simplicité, l’accent incorruptible avec lequel les Prophètes tendaient vers les rois d’Orient leurs mains menaçantes, et leurs mains consolantes, vers la grande pitié du royaume d’Israël ? Avant le temps des combats, on lui demande : « Si Dieu veut le départ des Anglais, qu’a-t-il besoin de vos soldats ?» – «Les gens de guerre combattront, et Dieu donnera la victoire.» Ni saint Bernard ni Saint Louis n’eussent mieux répondu. Mais ils portaient en eux la chrétienté, non la France. Et à Rouen, seule devant les deux questions meurtrières : «Jeanne, êtes-vous en état de grâce ?» – «Si je n’y suis, Dieu veuille m’y mettre ; si j’y suis, Dieu veuille m’y tenir !» Et surtout la réponse illustre : «Jeanne, lorsque saint Michel vous apparût, était-il nu ?» – «Croyez-vous Dieu si pauvre qu’il ne puisse vêtir ses anges ?» Lorsqu’on l’interroge sur sa soumission à l’Eglise militante, elle répond, troublée, mais non hésitante : «Oui, mais Dieu premier servi !» Nulle phrase ne la peint davantage. En face du dauphin, des prélats ou des hommes d’armes, elle écarte le secondaire, combat pour l’essentiel. Depuis que le monde est monde, c’est le génie même de l’action. Et sans doute lui doit-elle ses succès militaires. Dunois dit qu’elle disposait à merveille des troupes et surtout l’artillerie, ce qui était peut-être plus surprenant que difficile. Car les Anglais devaient moins leurs victoires à l’intelligence très réelle, mais élémentaire de leur tactique, qu’à l’absence de toute tactique française, à la folle comédie à laquelle Jeanne semble avoir mis fin. Les batailles de ce temps étaient très lourdes pour les vaincus ; nous oublions trop que l’écrasement de l’armée anglaise à Patay fut de même nature que celui de l’armée française à Azincourt. Et le témoignage du duc d’Alençon interdit que l’on retire à Jeanne d’art la victoire de Patay, puisque sans elle, l’armée française se fût divisée avant le combat, et puisqu’elle seule la rassembla... C’était en 1429 – le 18 juin. «Avant tout, dit le Général de Gaulle, elle rétablit la confiance.» Dans ce monde où Ysabeau de Bavière avait signé à Troyes la mort de la France en notant seulement sur son journal l’achat d’une nouvelle volière, dans ce monde où le dauphin doutait d’être dauphin, la France d’être la France, l’armée d’être une armée, elle refit l’armée, le roi, la France. Il n’y avait plus rien : soudain, il y eut l’espoir – et, ici-même, par elle, les premières victoires, qui rétablirent l’armée. Puis – par elle, contre presque tous les chefs militaires –, le sacre, qui rétablit le roi. Parce que le sacre était pour elle la résurrection de la France, et qu’elle portait la France en elle de la même façon qu’elle portait sa foi. Après le sacre, elle est écartée, et commence la série de vains combats qui la mèneraient à Compiègne pour rien, si ce n’était pour devenir la première martyre de la France. Nous connaissons tous son supplice. Mais les mêmes textes qui peu à peu dégagent d’une nuit étoilée de fleurs de lys son image véritable, son rêve, ses pleurs, l’efficace et fraternelle autorité qu’elle partage avec les fondatrices d’ordres religieux, ces mêmes textes dégagent aussi, de son supplice, deux des moments les plus pathétiques de l’histoire de la douleur. Le premier est la signature de l’acte d’adjuration – qui reste d’ailleurs mystérieux. La comparaison du court texte français avec le très long texte latin qu’on lui faisait signer proclamait l’imposture. Elle signe d’une sorte de rond bien qu’elle ait appris à signer Jeanne. «Signez d’une croix.» Or, il avait été convenu entre elle et les chefs de guerre du dauphin que touts les textes de mensonge, tout les textes imposés, auxquels leurs destinataires ne devaient pas ajouter foi, seraient marqués d’une croix. Alors, devant cet ordre qui semblait dicté par Dieu même pour délivrer sa mémoire de ceux qui tenaient son corps en leur pouvoir, elle traça la croix de jadis, en éclatant d’un rire insensé... Le second moment est sans doute celui de sa plus affreuse épreuve. Si, tout au long du procès, elle s’en remit à Dieu, elle semble avoir eu, à maintes reprises, la certitude qu’elle serait délivrée. Et peut-être, à la dernière minute, espéra-t-elle qu’elle le serait sur le bûcher. Car la victoire du feu pouvait être la preuve qu’elle avait été trompée. Elle attendait, un crucifix fait de deux bouts de bois par un soldat anglais, posé sur sa poitrine, le crucifix de l’église voisine élevé en face de son visage au-dessus des premières fumées. (Car nul n’avait osé refuser la croix à cette hérétique et à cette relapse...) Et la première flamme vint, et avec elle le cri atroce qui allait faire écho, dans tous les cœurs chrétiens, a cri de la Vierge lorsqu’elle vit monter la croix du Christ sur le ciel livide. Après quoi, Jeanne ne prononça plus qu’un mot : Jésus. Alors, depuis ce qui avait été la forêt de Brocéliande jusqu’au cimetières de Terre- Sainte, la vielle chevalerie morte se leva dans ses tombes. Dans le silence de la nuit funèbre, écartant les mains jointes de leurs gisants de pierre, les preux de la Table Ronde et les compagnons de Saint Louis, les premiers combattants tombés à la prise de Jérusalem et les derniers fidèles du petit Roi Lépreux, toute l’assemblée des rêves de la chrétienté regardait, de ses yeux d’ombre, monter les flammes qui allaient traverser les siècles, vers cette forme enfin immobile, qui était devenue le corps brûlé de la chevalerie. «Comment vous parlait vos voix ?», lui avait-on demandé quand elle était vivante. «Elles me disaient : va, fille de Dieu, va, fille au grand cœur...» Ce pauvre cœur qui avait battu pour la France comme jamais cœur ne battit, on le retrouva dans les cendres, que le bourreau ne put ou s’osa ranimer. Et l’on décida de le jeter à la Seine, «afin que nul n’en fît des reliques». Car ce n’est pas seulement à Orléans, c’est dans la plupart des villes qu’elle avait délivrées qu’elle demeurait présente. Il était plus facile de la brûler que de l’arracher de l’âme de la France. Au temps où le roi l’abandonnait, les villes faisaient des processions pour sa délivrance. Puis le royaume, peu à peu, se rétablit. Rouen fut enfin reprise. Et Charles VII, qui ne se souciait pas d’avoir été sacré grâce à une sorcière, ordonna le procès de réhabilitation. A Notre-Dame de Paris, la mère de Jeanne, petite forme de deuil terrifiée dans l’immense nef, vient présenter le rescrit par lequel le pape autorise la révision. Autour d’elle, ceux de Domrémy qui ont pu venir, et ceux de Vaucouleurs, de Chinon, d’Orléans, de Reins, de Compiègne... Tout le passé revient avec cette voix que le chroniqueur appelle une lugubre plainte : «Bien que ma fille n’ait pensé, ni ourdi, ni rien fait qui ne fût selon la foi, des gens qui lui voulaient du mal lui imputèrent mensongèrement nombre de crimes. Ils la condamnèrent iniquement et...» La voix désespérée se brise. Alors, Paris, qui ne se souvient plus d’avoir jamais été bourguignonne, Paris redevenue soudain la ville de Saint Louis, pleure avec ceux de Domrémy et de Vaucouleurs, et le rappel du bucher se perd dans l’immense rumeur de sanglots qui monte au-dessus de la pauvre forme noire. L’enquête commence. Oublions, ah ! oublions le passage sinistre de ses juges comblés d’honneur, et qui ne se souviennent de rien. D’autres se souviennent. Long cortège, qui sort de la vieillesse comme on sort de la nuit... Un quart de siècle a passé. Les pages de Jeanne sont des homes mûrs ; ses compagnons de guerre, son confesseur ont les cheveux blancs. Ici débute, non le mythe, mais la mystérieuse justice que l’humanité porte au plus secret de son cœur. Cette fille, tous l’avaient connue, ou rencontrée, pendant un an. Et ils ont eux aussi oublié beaucoup de choses, mais non la trace qu’elle a laissée en eux. Le duc d’Alençon l’a vue une nuit s’habiller, quand, avec beaucoup d’autres, ils couchaient sur la paille : «Elle était belle, dit-il, mais nul n’eût osé la désirer.» Devant le scribe attentif et respectueux, le chef de guerre tristement vainqueur se souvient de cette minute, il y a vingt-sept ans, dans la lumière lunaire... Il se souvient aussi de la première blessure de Jeanne. Elle avait dit : «Demain, mon sang coulera, au-dessus du sein.» Il revoit la flèche transperçant l’épaule. Sortant du dos, Jeanne continuant le combat jusqu’au soir, emportant enfin la bastille des Tourelles... Revoit-il le sacre ? Avait-elle cru faire sacrer Saint Louis ? Hélas ! mais, pour tous les témoins, elle est la patronne du temps où les hommes ont vécu selon leurs rêves et selon leur cœur, et depuis le duc jusqu’au confesseur et à l’écuyer, tous parlent d’elle comme les Rois Mages, rentrés dans leurs royaumes, avaient parlé d’une étoile disparue... De ces centaines de survivants interrogés, depuis Hauviette de Domrémy jusqu’à Dunois, se lève une présence familière et pourtant unique, joie et courage, Notre-Dame la France avec son cocher tout bruissant des oiseaux du surnaturel. Et lorsque le XIXe siècle retrouvera ce nostalgique reportage du temps disparu, commencera, des années avant la béatification, la surprenante aventure : bien qu’elle symbolise la patrie, Jeanne d’Arc, en devenant vivante, accède à l’universalité. Pour les protestants, elle est la plus célèbre figure de notre histoire avec Napoléon ; pour les catholiques, elle sera la plus célèbre sainte française. Lors de l’inauguration de Brasilia, il y a quatre ans, les enfants représentèrent quelques scènes de l’histoire de France. Apparut Jeanne d’Arc, une petite fille de quinze ans sur un joli bûcher de feu de Bengale, avec sa bannière, un grand bouclier tricolore et un bonnet phrygien. J’imaginais, devant cette petite République, le sourire bouleversé de Michelet ou de Victor Hugo. Dans le grand bruit de forge où se forgeait la ville, Jeanne et la République étaient toutes deux la France, parce qu’elles étaient toutes deux l’incarnation de l’éternel appel à la justice. Comme les déesses antiques, comme toutes les figures qui leur ont succédé, Jeanne incarne et magnifie désormais les grands rêves contradictoires des hommes. Sa touchante image tricolore au pied des gratte-ciel où venaient se percher les rapaces, c’était la sainte de bois dressée sur les route où les tombes des chevaliers français voisinent avec celles des soldats de l’An II... Ô seule figure de victoire qui soit aussi une figure de pitié ! Le plus mort des parchemins nous transmet le frémissement stupéfait des juges de Rouen lorsque Jeanne leur répond : «Je n’ai jamais tué personne.» Ils se souviennent du sang ruisselant sur son armure : ils découvrent que c’est le sien. Il y a trois ans, à la reprise d’Antigone, la princesse thébaine avait coupé ses cheveux comme elle, et disait, avec le petit profil intrépide de Jeanne, la phrase immortelle : «Je ne suis pas venue pour partager la haine mais pour partager l’amour.» Le monde reconnaît la France lorsqu’elle redevient pour tous les hommes une figure secourable, et c’est pourquoi il ne perd jamais toute confiance en elle. Mais dans la solitude des hauts-plateaux brésiliens, Jeanne d’Arc apportait à la République de Fleurus une personne à défaut de visage, et la mystérieuse lumière du sacrifice, plus éclatante encore lorsqu’elle est celle de la bravoure. Ce corps rétracté devant les flammes avait affreusement choisi les flammes ; et pour le brûler, le bûcher dut aussi brûler ses blessures. Et depuis que la terre est battue de la marée sans fin de la vie et de la mort, pour tous ceux qui savent qu’ils doivent mourir, seul le sacrifice est l’égal de la mort. Ô Jeanne sans sépulcre, toi qui savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants, regarde cette vile fidèle ! Jeanne sans portrait, peu importent tes vingt mille statues, sans compter celles des églises : à tout ce pour quoi la France fut aimée, tu as donné ton visage inconnu. Que les filles d’Orléans continuent à t’incarner tour à tour ! Toutes se ressemblent, toutes te ressemblent, lorsqu’en des temps difficiles comme celui- ci, elles expriment la fermeté, la confiance et l’espoir. »

🇫🇷 Gaullisme ☨

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Le rapport Alloncle est publié : champagne pour les trolls, scalpel pour les adultes. Depuis hier après-midi, l’ambiance sur 𝕏ressemble à la sortie des vestiaires d’un match de troisième division où l’équipe locale aurait marqué sur un malentendu : c’est bruyant, ça sent la bière tiède et ça exulte avec une finesse de bulldozer. La droite dure et l’extrême droite française célèbrent la publication du rapport Alloncle sur l’audiovisuel public comme s’il s’agissait de la chute de Constantinople ou de la découverte d’un gisement de pétrole sous le siège de France Télévisions. On m’a d’ailleurs gentiment interpellé, entre deux insultes rédigées avec le front, pour m’expliquer que je devais être « triste », « humilié » ou « terrassé » par la décision de la commission. Mauvaise nouvelle pour les amateurs de larmes : je n’ai jamais été aussi ravi. Parce qu’hier, à 14h30, nous avons assisté à un phénomène physique fascinant que j’appellerai l’effondrement de la fonction d’onde parlementaire. Le chat de Schrödinger sort de sa boîte Jusqu’à ce vote, le rapport de Charles Alloncle était une entité quantique. Enfermé dans la boîte scellée du huis clos de la commission d’enquête, il existait dans une superposition d’états. Pour ses partisans, il était simultanément un chef-d’œuvre de révélation anti-système et l’arme fatale contre la « bien-pensance ». Pour ses détracteurs, c’était un tract de 400 pages rempli de trous d’air et de raccourcis idéologiques. Tant que la boîte restait fermée, le rapport bénéficiait d’une aura mystique. On pouvait lui prêter toutes les vertus, toutes les bombes, tous les secrets. Mais en votant la publication — et ce, à l’épaisseur d’un papier à cigarette parlementaire (12 voix contre 10, autant dire un accouchement aux forceps) — les députés ont ouvert la boîte. La fonction d’onde s’est effondrée. Le chat est sorti. Et surprise : ce n’est pas un lion rugissant capable de dévorer le service public en un goûter, c’est un PDF. Un objet fini, figé, avec ses sources, ses notes de bas de page, ses approximations et ses éventuelles sorties de route factuelles. La magie quantique est terminée. Bienvenue dans le monde de la physique classique, là où la gravité de la preuve finit toujours par rattraper les envolées lyriques. L’imposture du tampon : Parution n’est pas canonisation C’est ici que les « vainqueurs » du jour commettent leur plus belle erreur d’analyse : ils confondent publication et validation. Ils croient qu’un tampon de l’Assemblée nationale transforme automatiquement un sophisme en vérité universelle. Ils imaginent que parce qu’un document est « officiel », ses prémisses deviennent indiscutables. Or, un mauvais livre publié reste un mauvais livre. Une fake news — comme celle de la prétendue soirée chez Maxim’s qui n’était en fait que l’anniversaire d’un producteur — ne devient pas un fait avéré parce qu’elle est imprimée sur du papier à en-tête de la République. Le vote d’hier n’était pas un jury scientifique validant une thèse. C’était une procédure administrative autorisant la mise à disposition d’un travail. Même le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a pris soin de préciser qu’il votait pour la publication par souci de transparence, tout en marquant ses distances avec la méthodologie du rapporteur. Traduction : « On vous livre le colis, mais on ne garantit pas que la marchandise à l’intérieur n’est pas périmée ». Le fantôme est mort, vive la cible En arrachant cette publication, Charles Alloncle a commis un acte d’hybris qui pourrait bien se retourner contre lui. Il a perdu son plus beau jouet : le statut de martyr. Rappelez-vous le piège que j’évoquais il y a quelques jours : si le rapport avait été rejeté, il aurait été verrouillé pour 25 ans dans les catacombes de l’ordonnance de 1958. Alloncle aurait pu passer les deux prochaines décennies à faire le tour des plateaux de CNews avec une couronne d’épines, hurlant à la censure d’État et au complot de la « bien-pensance » qui cache « LA » vérité aux Français. Aujourd’hui, cette carte est brûlée. Il ne peut plus vendre un fantasme, il doit défendre un texte. Il a voulu la lumière ? Il va avoir le microscope. Il a voulu l’arène ? Voici les lions de la vérification factuelle. Dès que les 400 pages seront entre nos mains, le temps de la « punchline » TikTok sera terminé. Il faudra expliquer pourquoi on a promis d’auditionner Squeezie ou Léna Situations sans jamais le faire, ou comment on arrive à transformer 11 000 euros de frais de réception en un scandale à 1,5 million de cocktails imaginaires. Depuis mon balcon helvétique : Le privilège du pop-corn Je le répète pour ceux qui auraient besoin d’une mise à jour : je suis Suisse. Je n’ai aucune chaîne publique à sauver, aucune carrière parlementaire à Paris à défendre, aucune carte de presse militante à rentabiliser. Je regarde ce cirque institutionnel avec la neutralité amusée d’un entomologiste observant une colonie de fourmis s’agiter après avoir reçu un coup de pied dans la fourmilière. Mon approche n’est pas émotionnelle, elle est chirurgicale. Je ne suis pas « triste » que le rapport sorte ; je suis impatient de l’ouvrir sur la table de dissection. Car le véritable enjeu ici dépasse la question de savoir si France 4 doit fusionner avec France 5 ou si le Mouv’ coûte trop cher. Le sujet, c’est le piratage d’un outil de contrôle démocratique — la commission d’enquête — pour en faire un studio de télé-réalité au service d’un ego numérique. Si le sommet du contrôle parlementaire peut être « hacké » avec des chiffres foireux et des méthodes de massage thaï pour les amis de l’empire Bolloré, alors c’est la notice de sabotage de la République qui est désormais en libre accès. Et ça, c’est un sujet qui devrait intéresser tout esprit un tant soit peu rationnel, qu’il soit Français, Suisse ou Martien. Protocole de dissection : La suite des événements Ce billet est une transition, un dernier verre avant d'entrer au bloc opératoire. Dans les jours qui viennent, nous n’allons pas répondre par l’indignation ou le slogan. Nous allons faire quelque chose de beaucoup plus radical : nous allons lire. Nous allons trier les 80 recommandations du rapport Alloncle dans quatre tiroirs distincts: 1. Les recommandations légitimes : Celles qui ouvrent un vrai débat sur la gouvernance, les doublons ou les économies nécessaires. On a le droit d’être contre le service public, c’est un projet politique légitime qui mérite d’être discuté avec sérieux. 2. Les marqueurs idéologiques : Le pur projet politique anti-audiovisuel public. C’est clair, c’est net, il faut simplement l’appeler par son nom. 3.Le vide factuel : C’est là qu’on va rigoler. Les chiffres sans sources, les citations tronquées, les contradictions entre les auditions et le texte final. L’autopsie des erreurs. 4. Le toxique institutionnel : Ce qui menace l’indépendance éditoriale ou tente de remettre la nomination des dirigeants sous le contrôle direct de l’Élysée. Conclusion : La lumière blanche Le corps est désormais sur la table en inox. On a allumé le gros néon blanc, on a réglé la focale du microscope. La publication du rapport Alloncle n’est pas la fin de l’affaire, c’est la fin de son immunité imaginaire. Ils voulaient un grand soir politique pour CNews ? Ils vont avoir droit à un peer-review impitoyable. On ne réforme pas une institution avec des sophismes et des paniers-repas Covid mal comptabilisés. Sortez les scalpels, rangez les confettis. Le spectacle est fini, le travail commence. On se retrouve pour l’analyse de la page 1.

Pourton.info

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