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𝐅𝐄𝐔𝐈𝐋𝐋𝐄 𝐃𝐄 𝐏𝐀𝐈𝐄 : 𝐋𝐀 𝐕𝐄𝐑𝐈𝐓𝐄 Dans la tradition sociale française, le salaire se divise en deux. 𝐋𝐞 𝐬𝐚𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐫𝐞́𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐞𝐫𝐜̧𝐮. Et 𝐥𝐞 𝐬𝐚𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞́, 𝐢𝐧𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭, qui est fait de toutes les cotisations payées - que ce soit directement par le salarié ou à travers de l’entreprise - sur...

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Augmenter un salarié au SMIC de 100 euros net coûte 483 euros à son employeur. Voilà. Vous avez la clé de la démotivation française. On accuse les jeunes de ne plus vouloir travailler, de « quitter mentalement » leur poste, de préférer leur vie à leur carrière. Et si, avant de psychologiser, on ouvrait simplement les rapports officiels ? Car ce qu'ils décrivent n'est pas une crise des valeurs. C'est un système où l'effort ne paie plus — mathématiquement, des deux côtés de la fiche de paie. Démonstration. Côté salarié, d'abord : gagner plus rapporte presque rien. L'OCDE l'écrit noir sur blanc dans son étude sur l'emploi à bas salaire en France : les gains nets tirés d'une augmentation à partir du SMIC sont rognés par la perte simultanée des prestations — prime d'activité en tête. Le salarié qui décroche 100 euros de brut en voit fondre l'essentiel entre cotisations, impôt et allocations qui s'évaporent. L'organisation internationale a un mot pour ça : « trappe à bas salaires », et elle précise que ces mécanismes sont « particulièrement importants en France ». Traduisez pour un jeune de 25 ans : rester au SMIC ou se défoncer pour 1,2 SMIC change à peine son virement. Il l'a compris sans lire l'OCDE. Côté employeur, maintenant : augmenter coûte une fortune. Et là, le chiffre est stupéfiant. Le rapport Bozio-Wasmer, commandé par le gouvernement lui-même, documente l'aberration : passer un salarié de 3 803 à 3 804 euros bruts mensuels — un euro de plus, au seuil de sortie des allègements — déclenche 2 756 euros de coût annuel supplémentaire pour l'employeur, pour un gain net de 9,50 euros par an pour le salarié. Deux mille sept cents euros de prélèvements pour dix euros dans la poche. Pourquoi ces monstruosités ? Parce qu'en trente ans, l'État a bâti tout l'emploi sur des exonérations concentrées au niveau du SMIC — les cotisations y sont tombées de 45 % en 1993 à 6,9 % — qui se retirent à mesure que le salaire monte. Chaque euro d'augmentation rend le salarié plus cher à proportion. Résultat documenté : les patrons n'augmentent plus, les salaires se tassent au plancher, et la France se « smicardise » — le mot est désormais dans les rapports officiels. Assemblez les deux faces, et regardez ce que voit un jeune actif. Son employeur ne peut pas l'augmenter sans se ruiner. Lui-même ne gagnerait presque rien à l'être. Entre son coût total pour l'entreprise et ce qui tombe sur son compte, l'écart n'a cessé de se creuser — 28 points d'écart aujourd'hui selon les indices de l'OCDE, contre 18 il y a vingt ans. La performance ne change ni son présent ni sa trajectoire : le barème a neutralisé le mérite aux deux bouts. Alors il fait ce que ferait tout être rationnel face à un investissement sans rendement : il désinvestit. Les enquêtes qui mesurent l'effondrement de la place du travail dans la vie des Français ne décrivent pas une paresse générationnelle. Elles décrivent une réponse exacte à une incitation exacte. La conclusion dérange, mais elle est arithmétique. Ce ne sont pas les jeunes qui ont cessé de croire au travail. C'est le système socio-fiscal qui a cessé de le rémunérer — pour celui qui le fournit comme pour celui qui l'achète. On ne restaurera pas la valeur travail à coups de discours sur le mérite : elle se lit sur une fiche de paie, et cela fait trente ans que l'État la rature. Sources : rapport Bozio-Wasmer (mission gouvernementale sur salaires, coût du travail et emploi, 2024 : exemple du seuil de 2,5 SMIC, coût d'une augmentation de 100 € au SMIC, cotisations au SMIC de 45 % à 6,9 %), OCDE (« L'emploi à bas salaire en France », 2025 : trappes à bas salaires, prime d'activité, indices de Kaitz), enquêtes sur la place du travail dans la vie des Français.

ChienSurpris

26,737 次观看 • 26 天前

📢🚨 On est en train de fabriquer, méthodiquement, la disparition du rapport salarié-employeur. Et le mécanisme est d’une simplicité presque caricaturale. Aujourd’hui, il suffit qu’un salarié se dispute avec son manager. Peu importe l’origine du conflit. Peu importe la responsabilité réelle. Ce sont des situations humaines, banales dans n’importe quelle organisation. Mais dans le système actuel, la mécanique administrative qui suit peut transformer une simple altercation en événement médical. Le salarié repart chez lui. Il est stressé, anxieux, il rumine. Il dort mal. Le lendemain, il ouvre son téléphone et lance une téléconsultation sur l’une des nombreuses plateformes médicales. Il explique qu’il ne se sent pas bien, qu’il est angoissé à cause d’un conflit au travail. Le médecin retranscrit les symptômes, souvent sur la base de ce que le patient décrit lui-même. À partir de là, la machine s’enclenche. Arrêt maladie. Puis potentiellement accident du travail pour atteinte psychologique liée au travail. Et soudain, ce qui était un simple conflit humain devient un dossier administratif financé par la collectivité et répercuté sur l’entreprise. Et c’est là que l’absurdité atteint son sommet. L’employeur, qui n’est parfois même pas la personne impliquée dans le conflit, se retrouve pénalisé financièrement. Il doit assumer les conséquences administratives, parfois l’augmentation de son taux de cotisation accident du travail, tout en continuant à financer des droits associés comme les congés payés. Autrement dit, l’entreprise paie pour une dispute. Et surtout, on a construit un système où la preuve repose presque entièrement sur le ressenti déclaré. Ce qui ouvre la porte à toutes les dérives possibles. Il suffit de savoir raconter son mal-être, de trouver les bons mots, et toute la machine sociale se met en marche. Dans ces conditions, quel employeur rationnel va continuer à embaucher ? On crée un monde où chaque interaction humaine au travail peut devenir un risque juridique, médical et financier. Où un désaccord professionnel peut se transformer en accident du travail. Ce système n’encourage plus le travail. Il encourage la judiciarisation permanente des relations humaines. Et si rien ne change, la conclusion est simple. Dans dix ans, les entreprises ne prendront plus ce risque. Elles automatiseront. Elles externaliseront. Elles sous-traiteront. Elles feront appel à des indépendants. Mais elles éviteront, autant que possible, d’embaucher. Parce que le contrat de travail est en train de devenir une bombe à retardement administrative.

ChienSurpris

44,308 次观看 • 5 个月前

L'arnaque des secteurs en tension ? 🤔Le restaurateur Stéphane Manigold démontre avec les chiffres de France Travail que le secteur de la restauration n'est pas "en tension". Il y aurait 326 850 demande de postes, de besoin de main d’œuvre (BMO) non pourvus, dans le secteur de la restauration. En réalité ce ne sont pas, pour la plupart, des propositions de CDI mais des remplacements, des extras... Si on regarde les chiffres sur Paris, il y aurait 22 140 offres d'emplois non-pourvues dans le secteur de la restauration dont 20 % de saisonniers. En face, les personnes inscrites au chômage dans le secteur de la restauration à Paris, il y a 5 227 serveurs disponibles de suite qui perçoivent le chômage, 7 397 cuisiniers disponibles de suite qui perçoivent le chômage, 2 055 saisonniers disponibles de suite qui perçoivent le chômage, 1 900 réceptionnistes en hôtellerie disponibles de suite qui perçoivent le chômage... ce qui fait au total 16 000 salariés de l'hôtellerie-restauration disponibles de suite qui perçoivent le chômage. En réalité, il y a un chômeur sur deux indiquant ne pas être disponible de suite, ce qui veut dire que au total il y a 32 000 personnes inscrites au chômage à Paris dans le secteur de l'hôtellerie-restauration pour 22 140 offres d'emplois non pourvues ! Pourquoi ce "secteur en tension" est-il subventionné par l’État en payant au chômage sur fonds publics des salariés disponibles qui ne travaillent pas ?

Kâplan

207,651 次观看 • 1 年前