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𝐑𝐞́𝐮𝐧𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐨𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥 𝐝𝐮 𝐏𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐈𝐑𝐄𝐍𝐀 Ce mardi 15 juillet, l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) a officiellement lancé le Projet IRENA, financé par le Fonds d’Abu Dhabi pour le Développement à hauteur de 13 millions USD, soit près de 8 milliards FCFA. Ce projet structurant vise l’électrification de...

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Déclaration de Thierno Alassane Sall (Affaire ASER) sur les faits et chiffres exacts tirés des relevés de Banco Santander : 1️⃣ La situation du compte d'AEE Power EPC : ➡️ Avant le 11 juin 2024 : Le solde affichait 22 020 € (environ 14 millions 400 francs CFA). ➡️ Le 11 juin 2024 (en une seule journée, trois virements reçus) : - Total de 55 999 999 € (environ 36 milliards 700 millions ou nos fameux 37 milliards de francs CFA). - Avance de démarrage (20% du contrat) : 28 millions d'euros (environ 18 milliards 400 millions de francs CFA). - Avance pour dépenses engagées : 23 289 892 € (environ 15 milliards 300 millions de francs CFA). - Crédit commercial : 4 710 107 euros (environ 3,1 milliards de francs CFA). ➡️ 48 jours plus tard (29 juillet) : Moins de 10 millions d'euros (moins de 6 milliards 6 de francs CFA). Près de 30 milliards se sont évaporés en 48 jours. ➡️ Solde au 27 février : Il reste 1 346 € (environ 883 000 francs CFA). 2️⃣ Cartographie des masses par pays dans les relevés : ➡️ Vers l'Espagne : 139 virements au total pour 13 657 381 € (environ 9 milliards de francs CFA) vers des comptes de PAO ou d'autres répartis dans cette banque. ➡️ Parties vers le Sénégal (27 virements au total, 10 595 484 € soit 6,9 milliards de francs CFA pour trois entités) : Sonac (qui assure la garantie et les cautions) : - 7 744 221 EUR soit environ 5,1 milliards de francs CFA. - Aepa et sur AARL (entreprise locale créée après le divorce avec aapa au Sénégal) : 1 179 263 € soit environ 1,2 milliards de francs CFA. - Dakar Energie Project : 152 000 € soit environ 690 millions de francs CFA. ➡️ Vers la Chine (fournisseur de câbles, seul virement rattachable à du matériel) : 2 virements pour 192 275 euros (environ 716 millions de francs CFA). ➡️ Vers la Côte d'Ivoire (filiale locale d'AEE Power EPC) : 500 750 € (environ 332 millions de francs CFA). ➡️ Vers le Togo (AEE Power Togo) : 1 virement de 38 000 € (environ 25 millions de francs CFA) émis le 26 février, 2 jours après l'injonction judiciaire. ➡️ Vers le Kenya (une personne physique) : 2 virements pour 10 000 € (environ 6,6 millions de francs CFA). ➡️ Vers la Tunisie (une personne physique au titre d'un salaire) : 7 239 € (environ 4,7 millions de francs CFA). ➡️ Vers l'Égypte (compte dans une banque panafricaine) : 1 virement de 15 000 € (environ 9,8 millions de francs CFA). ➡️ Remboursement d'un prêt à La Caixa (banque espagnole) : 3 154 781 € (environ 2,1 milliards de francs CFA). ➡️ Flux vers des comptes de transit interne du PA : Environ 19,3 millions d'euros (près de 12,7 milliards de francs CFA) par virements Swift dont les bénéficiaires finaux restent à identifier. ➡️ Conversion en devises (le 17 juillet 2024) : 851 755 € (autour de 5,6 milliards de francs CFA) convertis en devises sans qu'aucun bénéficiaire ne soit identifié dans les documents fournis par la banque. 3️⃣ Détails de l'opération SONAC (Société nationale d'assurance du crédit et du cautionnement) : ➡️ L'entrepreneur a utilisé l'argent même des avances pour payer les garanties censées couvrir cet argent. ➡️ 14 juin 2024 (3 jours après le décaissement) : Première série de paiement à la Sonac pour 947 millions de francs CFA. ➡️ 20 juin 2024 (9 jours après) : 2e série de paiements à la Sonac portant les mêmes références de garantie pour 6 300 000 € (environ 4,100 milliards de francs CFA). ➡️ Total versé à la Sonac : 7 744 221 EUR (environ 5,1 milliards de francs CFA) en 6 virements.

Ngenaar Njaay

12,020 次观看 • 2 个月前

#Guinée : face à la crise du cash, des solutions en décalage ? En visite « surprise » mardi à la Primature, le président Mamadi Doumbouya a donné des instructions pour faire face à ce que le gouvernement qualifie désormais de « déficit de circulation des espèces ». Selon le Premier ministre Amadou Oury Bah, il s’agit à la fois d’imprimer de nouveaux billets et d’accélérer, dans un délai de trois à quatre mois, la modernisation des moyens de paiement. Au-delà de l’effet d’annonce, cette séquence marque surtout une reconnaissance au plus haut niveau de l’État, d’une crise longtemps minimisée, y compris par le porte-parole du gouvernement Ousmane Gaoual Diallo. Maintenant, la question est de savoir si les réponses proposées correspondent réellement à la nature du problème ? Injecter du cash : une réponse déjà testée Sur ce point, les faits contredisent l’urgence affichée. Selon l’Institut National de la Statistique (INS), plus de 7 700 milliards GNF de signes monétaires (billets, chèques, timbres) ont été importés entre juin et décembre 2025. Autrement dit, des injections massives ont déjà eu lieu. Pourtant, sur le terrain, les difficultés d’accès au cash persistent. La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) elle-même indique que près de 94 % des billets circuleraient en dehors du système bancaire. Le problème est donc moins une pénurie qu’un blocage : le cash existe, mais il ne circule plus correctement. Une économie structurellement dépendante du cash C’est ici que le diagnostic devient plus exigeant. La transition vers les paiements numériques se heurte à trois réalités lourdes : - une bancarisation limitée (1,24 million de clients en 2023, pour plus de 14 millions d’habitants à l’époque (17,5 millions d’habitants aujourd’hui dont 61 % vit en milieu rural), avec seulement 216 agences et 223 distributeurs) - une adoption encore partielle du mobile money (environ 23 % de pénétration au T2 2025 selon l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications) - et surtout, un secteur informel ultra-dominant (près de 92 % du tissu économique selon la Banque mondiale) Dans ce contexte, l’argent liquide n’est pas une option. C’est l’infrastructure réelle de l’économie. Sur le principe, moderniser les moyens de paiement est une nécessité. Mais dans les faits, cette transition repose sur des préalables : - une bancarisation plus large - des infrastructures accessibles - une adoption progressive par les populations - et une confiance solide dans le système financier Aucun de ces leviers ne se construit en trois ou quatre mois. Vouloir accélérer brutalement la digitalisation, c’est prendre le risque de proposer une solution moderne à un problème encore structurellement ancien. #Guinee #Economie #Monnaie #CriseDeLiquidité

Facely Konaté

10,990 次观看 • 4 个月前

🎬🌟 𝐅𝐥𝐨𝐫𝐢𝐚𝐧 𝐋𝐞𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫, 𝐝𝐞 𝐏𝐁𝐋𝐕 𝐚̀ 𝐂𝐚𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐞𝐧 𝐫𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐂𝐞́𝐬𝐚𝐫 Florian Lesieur a sûrement fait le meilleur choix de sa carrière en refusant de revenir dans #PBLV Le jeune comédien, qui a interprété Noé Ruiz entre 2020 et 2022, révèle s'être vu proposer de rempiler dans la série par TF1. Mais à ce moment-là, le comédien a des propositions cinématographiques et choisit, après une longue réflexion, de les privilégier. Un choix qu'il ne regrettera pas puisqu'il est l'acteur principal des films #LaBatailleDeGaulle, en sélection officielle à Cannes. Standing ovation pour le jeune homme, qui à 21 ans est la tête d'affiche d'un film français à plus de 74 millions d'euros de budget. Il pourrait bien être nommé aux César 2026 ! "J'ai tout appris sur Plus belle la vie. Ca a été une expérience qui m'a changé la vie (...) Plus belle la vie reprend, et on me propose de revenir. A ce moment-là, j'hésite beaucoup et j'ai quatre castings en attente. Et je me suis dit : Ok, non, moi je fais ça pour des fins artistiques aussi, et je crois que j'ai envie d'aller voir ailleurs. Et j'ai refusé ,et j'ai eu les 4 castings, dont De Gaulle. Je pense que ça a été un des plus beaux choix de ma jeune carrière" A noter que, rarissime, Florian Lesieur ne RENIE pas ses débuts dans #PBLV, contrairement à plein d'autres acteurs qui choisissent de gommer la série de leurs CV, par honte et en raison du mépris du milieu pour cette série. Lui l'assume, et la revendique même sur la Croisette. La classe.

Clément Garin

52,894 次观看 • 2 个月前

L'ETI 🇫🇷 Axens, créée par l’Ifpen pour industrialiser les inventions de cet organisme de recherche, et dont le chiffre d'affaires dépasse désormais le milliard d'€, multiplie les projets de nouvelles usines qui opèrent dans le domaine de la transition énergétique. Axens est un acteur atypique de l’industrie française. La société a été créée il y a une vingtaine d'années par l’Ifpen, établissement public de recherche spécialisé à l'origine dans le pétrole, et orienté de plus en plus dans les énergies nouvelles. L'ETI a par ailleurs un modèle économique plutôt original. « L’Ifpen se charge des développements initiaux, au niveau du laboratoire. Puis Axens prend en charge l’industrialisation, et l’étape du démonstrateur industriel qui permet, dans les cas où cela est jugé nécessaire, souvent dans les technologies totalement nouvelles, de démontrer l’efficacité de la technologie. Une fois validée, nous vendons des licences aux opérateurs industriels ainsi que les catalyseurs, équipements et services associés ». En clair, Axens est une société qui fait passer une technologie de la recherche à la réalité. A sa création, Axens était spécialisé dans le développement et la commercialisation de procédés catalytiques pour le raffinage et pour la pétrochimie, comme sa maison-mère l'Ifpen. Et l’entreprise s’est fortement développée depuis sa création en 2001 grâce à plusieurs innovations dans ce secteur, avec une croissance moyenne de 10 % par an. La société réalise maintenant un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros et emploie 2 200 personnes, dont la moitié en France. Néanmoins, Axens sort de plus en plus de son métier initial de la catalyse, pour faciliter désormais la transition énergétique d'autres acteurs de l'industrie. « Avec Ifpen, nous avons réfléchi sur ce que nous pouvions faire pour réussir le découplage entre la croissance économique et les émissions de carbone. » En conséquence, la société s’est fortement réorientée. Axens se veut aujourd'hui agnostique sur le plan technologique. « Nous estimons qu’il n’y a pas une seule voie technologique, mais plutôt un panel de solutions. Chaque solution, prise isolément, a des contraintes et des limites, que ce soit en termes de disponibilités des matières premières (biomasse) ou d’électricité ou d’acceptation sociétale. » D’une manière générale, l'entreprise va aider ses clients traditionnels dans le raffinage et la pétrochimie à décarboner leurs actifs, mais travaille aussi avec des nouveaux acteurs de la chimie et de l’énergie. Un site pilote pour le captage de CO2 fonctionne ainsi depuis plus d’un an sur le site Arcelor - Mittal de Dunkerque. Cette expérience visant à tester le procédé de captage DMX inventé par l'Ifpen est un grand succès : plus de 90 % du CO2 émis par l'usine est capté, et ce sans augmenter la consommation énergétique du site ! Cette nouvelle orientation pour développer des technologies soutenant la transition énergétique n’est pas le seul changement dans la stratégie d’Axens. « Nous avons décidé, incités par les pouvoirs publics, de faire évoluer notre modèle économique. Nous ne vendrons plus seulement des licences, dans certains cas nous allons devenir opérateur de projets à l’échelle industrielle en France. » C’est le cas de la coentreprise créée avec le chinois Lico pour construire une usine de matériaux actifs de cathode, utilisés pour fabriquer les batteries de véhicules électriques, dans les Hauts-de-France. Opérationnelle en 2027, l'usine permettra de ramener sur le sol français cette mixture produite en Asie aujourd'hui. Axens prévoit de produire 20 000 tonnes de matériaux de cathode à haute teneur en nickel, et a signé un accord d'exclusivité avec Lico, valable à l'échelle de toute l'Europe. C'est loin d'être le seul projet. Axens se diversifie aussi dans le recyclage chimique du plastique, cette fois en partenariat avec le japonais Toray. Dans l’Ain, une nouvelle usine unique au monde va voir le jour : la première à utiliser la technologie de recyclage Rewind PET développée par l'Ifpen. Disposant d'une capacité de production annuelle de 30 000 tonnes, elle servira à produire du PET recyclé à partir de déchets post-consommation aujourd’hui non recyclés. En effet, l'avantage de la technologie inventée en France est sa capacité à recycler un large spectre de déchets PET difficilement valorisables à ce jour par les procédés mécaniques classiques : PET opaque, coloré, barquettes, textile en polyester… La démonstration industrielle de cette avancée technologique majeure est attendue par de nombreux industriels. Axens travaille aussi sur le sujet du bioéthanol. « Nous allons produire de l’éthanol avancé à partir de résidu de biomasse dans le sud de la France. L’éthanol est une molécule à usages multiples qui permettra de faire de l’éthylène bio pour la production de plastiques, du carburant d’aviation durable (CAD ou SAF, pour “Sustainable Aviation Fuel”) ou des pneus plus durables. » Ce procédé nommé BioButterfly, là encore issu de l'Ifpen, est développé en partenariat avec Michelin, qui devrait s'en servir pour atteindre son objectif de vendre 100% de pneus biosourcés d'ici 2050. Biobutterfly utilise comme matière première du bioéthanol qui, selon sa provenance, peut être issu d’une fermentation de sucre ou de déchets agricoles. Sources : - - - - - -

Le Génie Humain

235,989 次观看 • 1 年前

Retour vers la Lune ! Cinquante-quatre ans exactement après la mission Apollo 17, en décembre 1972, l’homme revient vers la Lune avec le programme Artemis II, dont nous suivons l’aventure en direct. Après la victoire de la course à l’espace contre les Soviétiques, l’Amérique avait tourné la page : budgets coupés, priorités terrestres, fin de la guerre froide… Un demi-siècle plus tard, le rêve sélénite est de retour ! N’en déplaise aux complotistes, qui font de la difficulté à revenir à ce type de missions un argument pour prétendre que jamais l’homme n’a mis les pieds sur la Lune, le vol habité en cours est un véritable exploit. Le programme Apollo était un sprint politique et financier exceptionnel, financé à hauteur de 4 à 5 % du budget fédéral américain dans un contexte de guerre froide. Or, par la suite, les priorités ont changé, les budgets de la NASA ont été drastiquement réduits, et les savoir-faire techniques ont été en grande partie perdus avec le départ à la retraite des équipes. De plus, les ambitions actuelles (base permanente sur la Lune, réutilisabilité, normes de sécurité modernes beaucoup plus strictes et intégration de partenaires privés) rendent le projet bien plus complexe et coûteux à long terme qu’un simple « aller-retour » comme dans les années 1960-1970, exigeant un soutien politique stable sur plusieurs décennies. Cela explique pourquoi il a fallu plus de 50 ans pour revenir, malgré les avancées technologiques. Il n’était pas question de « cacher quelque chose », ni de facilité perdue, mais bien de volonté politique, d’argent et de vision durable. Jusqu’à ce 1er avril, où tout a changé. La fusée SLS a décollé du Kennedy Space Center, en Floride, propulsant le vaisseau Orion (baptisé Integrity) et ses quatre astronautes vers la Lune. À bord : Reid Wiseman (commandant), Victor Glover (pilote), Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen. Ce n’est pas encore un alunissage – Artemis II est un vol de test de dix jours –, mais il est loin d’être anodin. Après un décollage parfait, l’équipage a réussi la manœuvre critique d’injection translunaire le 2 avril, quittant définitivement l’orbite terrestre. Après avoir filé vers le satellite de la Terre, il le survolera aujourd’hui. Les astronautes passeront à environ 6 400 km de la surface, y compris de la face cachée, que seuls les astronautes d’Apollo ont brièvement aperçue. Ce soir, à partir de 20 h 45, attendez-vous à des images en haute définition (certaines en 4K) de cette face cachée, retransmises quasiment en direct. Des vues qu’aucun œil humain n’a contemplées depuis 1972. Mais ce voyage n’a rien d’une croisière et se déroule dans des conditions des plus spartiates. Les astronautes dorment attachés et vivent dans un espace confiné où chaque geste est calculé. Ils sont en train de repousser les limites de ce que l’humain peut endurer si loin de chez lui – plus loin encore que l’équipage d’Apollo 13 à l’époque. Ce qui rend cette mission extraordinaire, c’est qu’elle teste en conditions réelles tout ce qui manquait jusqu’ici : le bouclier thermique pour une rentrée atmosphérique à très haute vitesse, les systèmes de survie pour plusieurs jours, la navigation en espace profond. Les premiers clichés de la Terre, déjà publiés, montrent notre planète comme une sphère bleue, fragile et magnifique – de quoi faire taire, une fois de plus, les platistes. Et surtout, Artemis II pose les bases concrètes de l’avenir : une base permanente sur la Lune, soit un avant-poste pour en exploiter les ressources, préparer des missions vers Mars et installer une présence durable de l’humanité dans l’espace lointain. Après un demi-siècle d’absence, l’esprit des grands explorateurs est de retour. Fragile, risqué, mais bien vivant. L’humanité regarde à nouveau vers le haut. Et si, ainsi, lever les yeux vers l’astre sélénite vous donne des frissons, nous vous conseillons de poursuivre ce voyage avec un ouvrage hors norme récemment paru, Le Dictionnaire amoureux de la lune (Plon), du géopolitologue Dominique Simonnet. Où poésie, capacité d’émerveillement et informations inédites se croisent avec grâce.

Les Électrons Libres

12,187 次观看 • 4 个月前

Après avoir finalisé le jumeau numérique de son réacteur nucléaire de 4eme génération, capable de produire une chaleur de 700°C et de l'électricité sur demande à partir de déchets nucléaires, la startup 🇫🇷 Naarea annonce un premier prototype en 2027. Intégrer un petit réacteur nucléaire dans un conteneur standard pour le déployer près de la consommation d'énergie, sur les sites industriels. C'est cette idée qui a donné naissance à Naarea, une startup française créée en 2020 et positionnée sur le marché des AMR (Advanced Modular Reactor). La jeune société entend commercialiser ses premières unités dès 2030, soit une décennie après sa création. Ce qui, dans cette industrie, représente un délai extrêmement court. Pour accélérer la conception de son mini-réacteur à neutrons rapides (exploitant des déchets nucléaires pour combustible), Naarea a fait du jumeau numérique l'épine dorsale de son projet. « Ce système, dont la première version a été conçue en 18 mois, permet de bâtir le modèle 3D du réacteur pour valider les choix d'architecture et le dimensionnement, et d'effectuer des simulations de son fonctionnement et de garder une traçabilité totale des données d'ingénierie et des exigences associées au projet. Le jumeau numérique permet d'aller plus vite au démarrage du projet » La modélisation est notamment indispensable pour intégrer la trentaine de systèmes qui composent le futur réacteur, chacun d'entre eux étant lui-même composé de sous-systèmes. Développé par l'ESN Assystem, qui possède une expérience reconnue dans le nucléaire, sur la technologie Dassault Systèmes hébergée sur le cloud, le jumeau permet de réaliser des simulations du fonctionnement du futur réacteur, « impossibles sinon », le premier prototype physique (en fonctionnement) étant prévu pour 2027. « Nous concevons un système très compact. Pour y parvenir, nous sommes allés chercher des compétences dans l'automobile ou l'aéronautique et avons appliqué une logique 'design to manufacturing' (visant à intégrer les contraintes de fabrication dès la conception, NDLR). C'est ce qui nous a permis de développer un double numérique de notre réacteur en seulement 18 mois. » Les micro-réacteurs sur lesquels travaille l’équipe de Naarea ont pour objectif de générer de l’électricité et de la chaleur, à partir des combustibles nucléaires usagés issus des réacteurs conventionnels du parc nucléaire actuel. Il s’y produit une réaction de fission intrinsèquement autorégulée à haute température (environ 700 °C), grâce à un combustible liquide composé de sels fondus, sans avoir besoin de l'approvisionner en eau. Naarea s'inscrit par ailleurs dans une démarche de production en série de ses petits réacteurs, la startup visant la production de 150 modules par an en rythme de croisière. La société, qui a signé un premier partenariat avec la société ACC, portant sur la fourniture de 2 à 4 conteneurs pour approvisionner les futures giga-usines de batteries de la co-entreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies, mise sur un modèle économique basé sur la vente d'énergie (électricité et chaleur). Baptisé XAMR (eXtrasmall Advanced Modular Reactor), le micro-générateur nucléaire à sels fondus et à neutrons rapides de Naarea vise ainsi à produire de l’électricité (40 mégawatts électrique, MWe) et de la chaleur (80 mégawatts thermiques, MWt). « Nous développons un réacteur qui combine 3 technologies de pointe : neutrons rapides, sels fondus, production en série. Les neutrons rapides permettent de recycler le combustible usagé issu ces centrales nucléaires et de clôturer le cycle du combustible, préoccupation majeure dans le domaine du nucléaire conventionnel. Les sels fondus nous permettent de garantir une sécurité intrinsèque. Enfin, nos micro-générateurs sont conçus pour être installés près des besoins des industriels, ce qui représente une innovation majeure dans le domaine de la production d’énergie. » La petite taille de ce réacteur sera un grand atout : il n’y aura pas besoin de génie civil, hormis une dalle en béton. Les cœurs de réacteurs seront imprimés en 3D, ce qui signifie pas de soudure, pas de tuyau ! Pour pallier l’intermittence des renouvelables, la pilotabilité du réacteur sera très courte, alors qu’il faut de 20 à 30 minutes pour monter à 100 % des capacités d’un réacteur classique, ou pour le faire redescendre en puissance, en le refroidissant à l’eau, « notre réacteur n’aura pas besoin d’eau, son refroidissement se fera par convection naturelle, c’est-à-dire grâce à l’air. Un grand atout quand le stress hydrique grandit. » La petite taille est également un argument intéressant en cas d'extension ou de déconstruction. « Lorsqu'on démantèlera, on pourra tout enlever, il ne restera rien. On peut aussi rajouter des modules, comme on le ferait avec des Lego, si la structure grandit. » Cette miniaturization concerne aussi le second conteneur du dispositif, qui transforme la chaleur en électricité. « Ce n'est pas une turbine vapeur, mais une turbine au CO2 supercritique. Cela tombe bien, il y en a plein dans l'air ». Le fonctionnement en circuit fermé permettant de ne pas dégager de CO2. Concernant l'autonomie, la charge devrait tenir autour de 5 ans en moyenne. Les conteneurs, eux, ont été dessinés pour 100 ans, avec une période de fonctionnement de 50 ans. Tous les 10 ans, comme pour les avions, chaque réacteur sera renvoyé en usine pour être remis en état. S'agissant de la maintenance, Naarea explique que la partie nucléaire sera pilotée à distance. Pendant les 5 premières années, il n'y aura pas de maintenance sur l'îlot nucléaire. Sur la partie externe, avec la turbine, une maintenance régulière est toutefois prévue, sans interruption. « Tout a été conçu en système plug-and-play. » 5 000 capteurs serviront à monitorer l'état et la maintenance du réacteur en temps réel. On l'aura compris, les sels fonds constituent le cœur du projet de Naarea. Ils portent le sel combustible, donnent la réaction de fission autorégulée, conduisent la chaleur et la transmettent. Dans cette optique, la jeune entreprise s’est associée au CNRS et à son centre de physique des deux infinis – Irène Joliot-Curie (IJCLab) pour ouvrir un laboratoire commun sur les sels fondus. Baptisé Innovation Molten Salt Lab (IMS Lab), celui-ci a vocation à devenir la référence européenne en matière de R&D dans les sels fondus. Basé à l’université Paris-Saclay, ce laboratoire pourra aussi mener des expériences pour d’autres startups du nucléaire de 4e génération misant sur les sels fondus, comme Stellaria ou Thorizon, avec lesquels Naarea a noué un accord. Les équipes de Naarea et du CNRS travaillent ensemble depuis un an déjà et des brevets communs seraient déjà en cours de dépôt. Ils portent sur la technologie de synthèse des sels. Un autre concerne « le bon élément à mélanger au métal pour éviter la corrosion quelle que soit la réaction ». Le choix du CNRS était une évidence, puisque cet organisme de recherche présente une expertise reconnue dans le secteur de l’étude de la chimie des réacteurs à sels fondus, une équipe dédiée à cette chimie ayant été créé à l’IPN d’Orsay dès 2005. « L’IJCLab est le seul laboratoire en France à pouvoir manipuler de grandes quantités de matière active en milieux sels fondus, et nous avons acquis un socle de données solides au cours des années. De plus, nous sommes situés dans la même région que Naarea, et des liens professionnels préexistaient. » L’intérêt d’une meilleure compréhension du comportement des sels fondus ne se limite pas au domaine du nucléaire. Elle pourrait également trouver une application dans des domaines non nucléaires, notamment pour les centrales solaires thermiques à concentration et la production d’aluminium et sodium métal. Naarea a également décidé de s'allier avec son rival Newcleo, qui cherche aussi à produire des réacteurs à neutrons rapides, au début de l'année 2024. Ce type de partenariat stratégique et industriel, inédit dans le secteur, a pour objectif de ne pas se laisser distancer par la concurrence étrangère, qui s'intensifie dans le domaine. Chaque acteur gardera ses enveloppes et sa propriété intellectuelle, mais « les deux startups vont essayer d’économiser les ressources de l’État, en se répartissant les tâches ou en mettant leurs ressources en commun. » Les équipes des deux sociétés ont déjà lancé des lancé les groupes de travail sur les différents sujets, sur les calculs concernant les matériaux, par exemple. Le partenariat concerne aussi l'usage des sites du CEA, déjà très demandés : « plutôt que de demander deux terrains, on propose de rationaliser l’espace et de mutualiser les laboratoires d’essais. » Naarea compte par ailleurs du beau monde parmi son équipe. « Nous avons des ex-dirigeants de Phénix et Superphénix, et le père du réacteur à neutrons rapides Astrid ! Et à côté, un bataillon de jeunes ingénieurs qui débarquent avec des outils de calculs inimaginables pour les anciens. Moyennant quoi vous enlevez le plafond de verre, il n’y a plus de limites. Le savoir-faire français est absolument incroyable. » Sources : - - - - - - - -

Aymeric Pontier

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La startup 🇫🇷 Leakmited a créé une IA capable de cibler les fuites d'eau sur les réseaux afin de mieux cibler les interventions. Parmi les collectivités qui s'en servent actuellement, elle a permis de réduire les fuites d'eau de 40% à 70%. Depuis le début de sa commercialisation en 2022, la solution de Leakmited, qui emploie une quinzaine de collaborateurs, a permis d'éviter la perte de 8 millions de mètres cubes d'eau, ce qui représente « l'équivalent de la consommation de la ville de Metz », précise Hubert Baya Toda, le fondateur de la jeune pousse. Parmi ses clients : la Semidao, la communauté d'agglomération Porte de l'Isère, l'agglomération de Blois, et le syndicat intercommunal des eaux de la Montagne noire… Soit une quinzaine de collectivités en tout « où les fuites d'eau chutent en moyenne de 40 % à 50% à la suite de nos interventions. » La startup est aussi sollicitée par des entreprises qui accompagnent des collectivités en Italie, au Royaume-Uni, au Maroc ou encore en Afrique du Sud, où, « les compétences des chercheurs de fuite sont difficiles à recruter ». La solution de Leakmited L’IA s'appuie sur plusieurs informations : l’année de la pose, le matériau des canalisations, les données géologiques, et les données environnementales issues notamment d’images satellites. Elle repose également sur une base de données totalisant plus d'un million de fuites sur 300.000 kilomètres de réseau. « Nous avons entraîné notre algorithme sur d'anciennes fuites en prenant en compte une centaine de critères : dénivelés, fréquence des réparations, niveau de trafic ou de végétalisation au-dessus de la canalisation, etc. Ainsi, notre solution peut se prononcer sur la situation de réseaux similaires. » L'IA permet d'isoler les 20/30 % de canalisations qui sont susceptibles de contenir la très grande majorité des fuites. Ce qui permet de ne pas avoir à chercher sur des kilomètres de réseau. Le modèle économique de la startup repose sur un engagement de performance. « Nous nous engageons à réduire les fuites d'eau de nos clients d'au moins 20 %. En cas d'échec, nous ne sommes pas rémunérés, décrit le chef d'entreprise. Mais notre méthode a fait ses preuves, avec une baisse des fuites de l'ordre de 40 % à 50 %. » La régie des eaux de Graulhet a ainsi divisé par deux ses pertes, soit environ 100 000 m3 économisés pour chaque collectivité. Et le record de performance est détenu par le Syndicat des eaux de la montagne noire pour qui le taux de réduction des fuites a atteint près de 70 % ! La startup propose deux outils aux collectivités : Sprint, un service de recherche rapide de fuites, et Smart, qui réalise une surveillance du réseau avec des capteurs acoustiques. « Il faut en moyenne quatre capteurs par kilomètre, d'ordinaire. Mais grâce à notre outil, on peut se contenter d’un seul appareil par kilomètre de réseau. » Outre la recherche de fuites, l'IA permet à Leakmited (lauréat de l'appel à projets de « démonstrateurs d'IA frugale pour la transition écologique des territoires ») d'identifier les chantiers de renouvellement les plus pertinents. « Nous développons un outil capable de produire un jumeau numérique d’un réseau. Ce qui permet de réaliser des simulations de rénovations, d’obtenir des recommandations quant à la manière la plus pertinente de conduire cette rénovation afin de réduire le plus possible le risque de fuites, toujours grâce à l’IA. On peut faire des réparations virtuelles, et voir quel impact cela aura sur le réseau dans les années qui suivent… » Sources : - - - -

Aymeric Pontier

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𝐌𝐞𝐬𝐬𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐞 𝐑𝐞𝐢𝐧𝐞𝐫 𝐅𝐮𝐞𝐥𝐥𝐦𝐢𝐜𝐡 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐁𝐫𝐞𝐦𝐞𝐫𝐯𝐨̈𝐫𝐝𝐞 𝑪𝒉𝒆𝒓𝒔 𝒂𝒎𝒊𝒔, Après avoir été transféré, dans le cadre d’une opération de type « coup de force », de la prison de Rosdorf (JVA Rosdorf), située dans le sud de la Basse-Saxe, vers celle de Bremervörde, dans le nord de ce même Land, je tiens à vous adresser un bref message de remerciement pour votre soutien indéfectible. Car c’est bien grâce à cette connexion humaine – pas seulement allemande, mais internationale – que nous partageons tous, de ce côté-ci des barreaux, que j’ai l’espoir de sortir de cette guerre menée contre le mal, qui se joue aussi contre moi personnellement. Et c’est aussi grâce à cela que nous pourrons, dès à présent et encore plus une fois dehors, nous attaquer aux monstres. Nous sommes la cavalerie. Personne d’autre. Où en sommes-nous donc ? Dans ma procédure, j’ai pu trouver une représentation juridique très compétente pour la phase de révision devant la Cour fédérale de justice (BGH). Je tiens à remercier chaleureusement, par cette voie également, mes deux confrères Me Edgar Siemund et Me Dr. Miseré, ainsi que Me Katja Wörmer, pour leur travail – non pas en collaboration avec, mais, il faut bien le dire, contre le tribunal de Göttingen, dont l’attitude s’est révélée ouvertement hostile et violant délibérément le droit. Il ne fait aucun doute que cette défense fut extrêmement difficile – tous ceux qui ont suivi l’audience en ont été témoins. Ma consœur Me Katja Wörmer continuera d’assister l’avocat en charge de la révision afin de lui fournir, si nécessaire, des informations spécifiques sur le déroulement du procès – informations dont je ne dispose actuellement pas moi-même, puisque tous mes documents me sont retenus depuis dix jours. Je remercie également Me Pohl, bien qu’il n’ait pu, en tant qu’avocat commis d’office par le tribunal, mener le combat contre ce dernier. Mais c’est grâce à lui que la vérité a pu être révélée : les mesures de torture blanche imposées conjointement par le président du tribunal, le juge Schindler, et la direction de la prison de #Rosdorf étaient dénuées de tout fondement – tant factuel que juridique. Ces mesures reposaient uniquement sur des accusations fictives, commandées et rédigées sur instruction par la direction de la prison – des accusations à ce point absurdes, qu’on m’a notamment reproché de m’être entretenu avec des détenus musulmans. Je suis en revanche convaincu que ce transfert – cette opération de type “fly-by-night” – a également été motivé par la peur. Car les 19 mois de détention provisoire à Rosdorf m’ont permis de constater l’état véritablement inconcevable des conditions de détention sur place – des conditions dont la gravité s’est entre-temps répandue parmi les détenus d’autres établissements. J’ai pu identifier ces dysfonctionnements et entreprendre des démarches judiciaires à leur encontre, sous forme de plaintes pénales. J’ai également aidé d’autres détenus à rédiger de telles plaintes. Il faut toutefois s’attendre à ce que la justice de #Göttingen tente de couvrir l’affaire. Comme aucune suite ne semble avoir été donnée à ma plainte – et que Me Katja Wörmer n’a, elle non plus, reçu aucune information sur une éventuelle ouverture d’enquête –, je vais désormais rendre cette plainte publique. Car il s’agit ici d’une forme d’assistance à personne en danger : c’est l’intégrité physique et la vie même des détenus qui sont menacées. Le jugement écrit, désormais disponible, correspond dans les grandes lignes à ce que le juge Schindler avait déjà prononcé oralement. Il ignore systématiquement tout ce que nous avons démontré – à travers des requêtes de preuve détaillées, fondées sur le dossier même du ministère public – concernant le véritable contexte de cette procédure. À savoir : que les accusations pénales portées contre moi ont été fabriquées de toutes pièces, avec la complicité de l’Office de protection de la Constitution (Verfassungsschutz), dans le but de m’écarter de la vie publique en raison de mon engagement durant la crise du #Covid. Dans la mesure où il y fait référence, ce n’est que pour qualifier ces faits de simples théories du complot, qu’il n’aurait pas à prendre en compte. Les mesures de #tortureblanche mises en œuvre contre moi, il les minimise, voire les passe totalement sous silence – en particulier les circonstances profondément choquantes et inacceptables liées à la situation de ma mère mourante. Cela ne lui sera pas pardonné. L’expertise du Dr Külken, qui atteste d’un traumatisme psychique causé par ces mesures, est ignorée purement et simplement : le jugement n’en fait même pas mention. Quant aux attaques et menaces dirigées contre la défense – notamment la tentative d’agression physique contre Me Katja Wörmer –, le juge les déclare mensongères, en dépit de preuves irréfutables. Et cela alors même que des agents de justice ont été contraints de la protéger, puis de faire appel aux secours médicaux après son effondrement, afin qu’elle puisse être prise en charge à l’hôpital. Certes, le tribunal reconnaît que les plaignants m’ont soustrait l’argent destiné au remboursement du prêt – argent sans lequel ils n’auraient même pas pu justifier leur fausse accusation, à savoir que j’aurais contracté ces prêts sans intention de les rembourser. Il précise même que les plaignants n’avaient aucun droit de réclamer les 700 000 euros, soit le montant du prêt – ce qui revient à reconnaître qu’il s’agissait d’un détournement illégal. Nous savons d’ailleurs qu’il s’agit ici d’une escroquerie, doublée d’un chantage. Pourtant, le tribunal laisse passer l’affaire, ignore que le parquet était au courant et régulièrement informé, et estime que tout cela est sans importance. Il passe également sous silence le fait que le détournement de l’argent s’est fait sous les yeux et avec la protection des services de renseignement intérieur (Verfassungsschutz), des services de sécurité de l’État (Staatsschutz) et du procureur John. De la part d’un tribunal agissant manifestement sur ordre, cela n’a malheureusement rien d’étonnant. Je pars du principe que mon transfert soudain et annoncé à la dernière minute à Bremervörde avait principalement pour but de compromettre ma capacité à me défendre – sinon de l’empêcher complètement, du moins de la rendre extrêmement difficile. Car, à ce jour – soit près de 14 jours après mon transfert, et près de 10 jours depuis que le jugement a été notifié à Me Pohl, ce qui a déclenché le délai de recours de quatre semaines –, ,je n’ai toujours accès à aucun document : ni mes propres notes et synthèses, ni l’analyse du dossier, ni même le dossier lui-même, et bien sûr, pas non plus à ma machine à écrire. Mon courrier ne m’est plus remis du tout. Cela devra changer – car manifestement, quelqu’un a tout mal compris, et il est inacceptable que cela continue ainsi. C’est d’ailleurs pourquoi, contrairement à ce que j’avais annoncé, je n’ai pas encore pu publier mon prétendu « dernier mot », qui est en réalité une plainte pénale détaillée, étayée par le dossier, pour privation de liberté, violences, dénonciation calomnieuse, etc. Dès que la rédaction finale du texte sera achevée (ce pour quoi j’ai besoin de la machine à écrire), chacun pourra comparer le jugement à cette plainte et se forger sa propre opinion. En résumé : je tiens bon, et cela ne changera pas. Je tiendrai bon, car le chaos quasi total qui règne dans le monde entier me semble n’être qu’une illusion orchestrée – une manipulation psychologique destinée à semer confusion et panique de manière ciblée. La plupart d’entre nous, de ce côté-ci des barreaux, en ont conscience et gardent leur calme et leur clarté d’esprit – afin de prendre le relais au bon moment, celui qui, à mon avis, approche à grands pas, pour stopper les monstres et rétablir la #justice. Alors, terminons ce travail. Nous en sommes capables. Je vous remercie toutes et tous pour votre soutien remarquable – et je garde mon sang-froid, afin de frapper fort au moment décisif. D’ailleurs, l’ambiance actuelle me fait penser à deux chansons : D’abord le classique d’Otis Redding, 𝑆𝑖𝑡𝑡𝑖𝑛’ 𝑜𝑛 𝑡ℎ𝑒 𝐷𝑜𝑐𝑘 𝑜𝑓 𝑡ℎ𝑒 𝐵𝑎𝑦 et puis ce morceau étrange mais captivant d’Empire of the Sun : 𝑊𝑒 𝐴𝑟𝑒 𝑡ℎ𝑒 𝑃𝑒𝑜𝑝𝑙𝑒. À très bientôt. 🔹🔹🔹 🔹🔹🔹 Message de #ReinerFuellmich du 8 juin 2025, traduit par Kerstin Heusinger. Ce message n’a pas été enregistré ni publié par Me Katja Wörmer. #FreeReinerFuellmich #FreeReiner #Fuellmich #CoronaAusschuss #ICIClaw #PoliticalPrisoners #PrisonnierPolitique #JusticeforReiner #MakeJusticeGreatAgain #JusticeCorrompue Reiner Fuellmich Prozess BAM! *-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-* Pour soutenir mon travail : IBAN : DE09 1001 0178 8408 3255 11 BIC : REVODEB2XXX Motif du virement : Schenkung

Kerstin Heusinger

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Macron / Epstein, la ronde des vampires Le préfet Antonio Sbordone 🇮🇹 est revenu aujourd'hui sur l'enquête US Quand Leon Black, le principal financier d'Epstein, négociait avec Emmanuel Macron le mandat de vente d'Alstom par Bank of America pour 10 millions $, y-eut-il un pacte de corruption ? Le 17 mars 2026, Leon Black financier et courtier de Jeffrey Epstein vend sa villa de Beverly Hills à Jeff Immelt l'ex CEO de General Electric qui fit perdre à la France son autonomie nucléaire en rachetant Alstom énergie pour 12 milliards € à Emmanuel Macron en 2015 Remarquons, rappelle le préfet vénitien Antonio Sbordone 🇮🇹, que c'est la même Bank of America qui finance le prêt d'achat de la villa de Jeff Immelt en 2026, celui de la branche énergie d'Alstom en 2015 et les prêts d'achat de l'île d'Epstein en 1998 puis 2016 ainsi que celui de sa résidence de Palm Beach en 1990 Coïncidence ? "C'est la signature d'un clan particulier, au-dessus des lois humaines, une stylistique des scélérats", alerte le haut fonctionnaire de police italien Quel fut le degré d'implication d'Emmanuel Macron ? Bank of America a effectivement puisé 10 millions € de commission pour la vente d'Alstom à General Electric (+ 12 millions € pour la banque Rothschild négociés par Hugues Bied-Charreton, énarque proche de Macron qui fut arrêté dans une partie de chemsex en février 2026) Ces deux banques via leurs cadres furent de très généreux donateurs (plus de la moitié des dons récoltés) des campagnes électorales de Monsieur Macron dès 2017 mais aussi en 2022, uniquement des dons au plafond de 7500€ par tête Était-ce une manière de renvoyer l'ascenseur à celui grâce auquel la vente d'Alstom put avoir lieu ? C'est Tony Ressler, beau-frère de Leon Black, qui organisa en arrière-plan la collecte américaine pour la campagne 2017 de Monsieur Macron via le fonds Apollo Global qui aida à financer l'achat de l'île voisine de celle d'Epstein en 2016, Great Saint James, la première ayant été acquise en avril 1998 via quatre prêts chez Bank of America et JP Morgan Leon Black a au total financé Epstein à hauteur minimale de 158 millions de dollars via des prêts ou des dons C'est donc ce même personnage très proche d'Epstein qui vend aujourd'hui par pur hasard sa villa hollywoodienne à l'ex PDG de General Electric grâce auquel Emmanuel Macron trouva les bons amis pour financer sa campagne électorale de 2017 En 2010, le Giving Back Fund a désigné Jami Gertz et son mari Tony Ressler (beau-frère de Leon Black) comme les plus importants donateurs parmi les célébrités lors des collectes 2017 de Londres et New York Quel montant de dons arrivèrent via Leon Black dans les poches de la campagne Macron ? La vente d'Alstom fut-elle un coup monté pour mettre Bank of America dans la boucle qui financerait ensuite la campagne électorale ? C'est aujourd'hui une colère froide qui anime le préfet Sbordone 🇮🇹 face à ceux qu'il nomme "les Traders du Diable" Leon Black et les dirigeants de Bank of America seront entendus par la justice américaine courant 2026, révéleront-ils le rôle trouble de celui qui est encore président de la France ? "Il faut maintenant méticuleusement dérouler ce fil d'Ariane jusqu'à parvenir au vrai minotaure, c'est ce que nos amis enquêteurs vont de toutes leurs forces s'employer à faire à présent !" Le préfet Antonio Sbordone 🇮🇹 s'engage aujourd'hui à des résultats.

+Stornsen+🇻🇦

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Civilicide : les Frères musulmans veulent détruire la civilisation occidentale de l’intérieur (présentation d'un document secret) Le 24 novembre dernier, Donald Trump a entamé un processus visant à designer certaines branches des Frères musulmans comme organisations terroristes. Il s’agit, pour commencer, des Frères musulmans d’Egypte, de la Jordanie et du Liban qui constituent un collier terroriste et antisémite, encerclant immédiatement Israël et constituant une base arrière limitrophe de repli, pour ce qui reste du groupe terroriste du Hamas. Bien que ce type de classement soit une compétence fédérale, l’état du Texas a inscrit depuis le 18 novembre les Frères musulmans et leur organisation CAIR (Council on American–Islamic Relations) – l’équivalent du CCIF et du CCIE – sur sa liste locale des organisations terroristes. Ce mardi 9 décembre, l’état de Floride a fait de même. Pour nous Français, il faut savoir que la branche frériste du Liban, la Jama’a Islamiya, a été fondée par Faysal Mawlaoui : le même qui a cofondé en 1983 l’UOIF, rebaptisée "Musulmans de France", la branche des Frères musulmans dans l’Hexagone. En 1992, le même a créé dans le Nièvre l’IESH, leur base européenne d’endoctrinement islamiste avec la bénédiction de François Mitterrand. Sans surprise, les relais fréristes et leurs soutiens crient déjà à "l’islamophobie". Un rituel. Cependant, ce sont les Frères musulmans aux Etats-Unis qui ont défini en 1991, «le rôle du frère musulman en Amérique du Nord» comme étant la conduite du «processus du Tawtîne». Ils ont décrit ce processus comme étant «une opération jihadiste et civilisationnelle dans toute la portée du terme, et les Frères musulmans doivent comprendre que leur travail en Amérique est une forme de grand jihad, pour éliminer et démolir la civilisation occidentale de l’intérieur et saboter ses maisons malheureuses de leurs propres mains et celles des croyants musulmans, afin qu’ils soient expulsés et que l’islam domine toutes les autres religions...». Ce passage est extrait du «Mémorandum explicatif du but général du groupe des Frères musulmans en Amérique du Nord» : document confidentiel en arabe de la mouvance aux USA, découvert par le FBI en Virginie lors d’une perquisition en 2004. Ce document de 14 pages et une annexe a été rédigé par Mohamed Akram al-Adlouni : administrateur influent des Frères musulmans aux USA dans les années 80 et 90, haut dirigeant du Hamas à ses débuts. Actuellement, il fait partie des cadres internationaux sulfureux et stratège de la mouvance. Un fanatique antisémite très actif dans l’entretien du récit jihadiste du Pogrom du 7 octobre 2023. Ce document a été approuvé par le Conseil de la Choura des Frères musulmans. La justice américaine l’a considéré comme une pièce à conviction majeure lors du plus grand procès pour financement du terrorisme de l’histoire des USA : le fameux procès de la HLF (Holy Land Foundation) dont 5 de ses dirigeants ont été condamnés en novembre 2008 de 15 à 65 ans de prison ferme pour financement du terrorisme du Hamas. Sur mon site (cf. lien ci-dessous), vous trouverez la traduction en français de ce «Mémorandum explicatif» qui définit le but des Frères musulmans aux USA. Il dit s’inspirer de «la stratégie à long terme que nous avons adoptée et approuvée lors de notre conseil et congrès en 1987» (sic). Cette «stratégie à long terme» est connue aussi sous le titre «Plan de 100 ans» des Frères musulmans, datant du 1er décembre 1982. En effet, après la création du Tanzim international des Frères musulmans en juillet 1982, un rapport top-secret de 14 pages en arabe, intitulé «vers une stratégie mondiale de la politique islamique», a été rédigé par l’instance dirigeante et diffusé sous le manteau entre les cadres fréristes installés dans les capitales occidentales. Comme le révèle le journaliste Sylvain Besson dans son livre La conquête de l’occident : le PROJET secret des islamistes, paru aux éditions Seuil en 2005, ​ce sont des policiers européens qui, en novembre 2001, lors de la perquisition de la luxueuse villa d’un banquier frériste en Suisse, ont trouvé une copie de ce «Projet» qui vise à «rétablir le règne d’Allah sur Terre» sur 100 ans et «mettre un terme à l’hégémonie de la civilisation occidentale sur le monde», par tous les moyens : légaux et illégaux, pacifiques ou jihadistes. Depuis 2001, les services européens et français ont ce plan entre leur main. Depuis 2001, l’UE et l’Etat français laissent faire. Cui bono ? A qui profite le crime ? Que vous soyez spécialiste ou simple citoyen soucieux de l’avenir et du devenir de la France et de la civilisation occidentale, la lecture attentive du «Mémorandum explicatif » précité ne sera pas une perte de temps car il décrit par le menu leur stratégie progressive à 5 étapes, adaptée au pays occidentaux : Tawtîne, Institutionnalisation, Stabilisation, Tamkine et Enracinement. Il détaille le virage institutionnel que la branche américaine a prise dès le début des années 90. Il liste et décortique l’intérêt de 17 institutions spécialisées autour des mosquées et des «centres islamiques» – une sorte de prémices d’un état dans l’Etat et d’une contre-société parallèle – que les Frères musulmans ont créé partout aux USA et en Europe pour atteindre leur but. La vidéo qui vous est proposée ici raconte les circonstances de la découverte de ce document, présente ses acteurs, illustre son contenu et expose l’étendu de sa réussite jusqu’aux hautes sphères du pouvoir politique américain, particulièrement à l’ère des Démocrates. Evidemment, toute ressemblance avec des personnes, ou des associations, ou des situations réelles existantes en France ou ayant existé serait purement fortuite. Ce document interroge l’UE et l’Etat français : stop ou encore ? Enfin, l’on ne dira jamais assez que ce «Mémorandum explicatif» secret et la réalité qu’il a contribué à créer aux USA (et ailleurs) sont avant tout la traduction d’une menace-prophétie vielle de 86 ans, annoncée par Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans. Dans son discours du 4 avril 1939, que les Frères musulmans enseignent toujours en France, Hassan al-Banna a défini la mission de sa mouvance en ces termes : «Quelle est donc notre mission, nous les Frères Musulmans ? En général : C'est de faire face à cette vague tyrannique provenant de la civilisation matérielle, de la luxure et des désirs, qui a emporté les peuples islamiques. Elle les a éloignés de la direction du prophète, de la guidance du Coran et elle a privé le monde de la lumière de sa sagesse, et a retardé son progrès de plusieurs siècles, jusqu'à ce qu'elle recule de nos terres, désespérée de sa survie. Nous ne nous arrêterons pas à cette limite, mais nous poursuivrons la civilisation occidentale jusque dans ses propres foyers, et nous l'anéantirons dans son propre territoire, jusqu'à ce que le monde entier se mette à glorifier le nom du prophète, que toute la Terre soit guidée par les enseignements du Coran, et que l'ombre de l’islam triomphant s'étende sur la Terre.» La traduction de ce "Mémorandum explicatif" ici ⤵️: YouTube :

LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel)

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La startup 🇫🇷 Caeli Energie a ouvert une usine de 1000 m², où elle commence à produire à la chaîne ses climatiseurs dépourvus de fluide frigorigène, et sans rejet de chaleur ni sans bloc froid externe, avec « une empreinte carbone 80 % plus faible ». « Concrètement, un climatiseur classique fonctionne comme un frigo, schématise Rémi Pérony, qui est le co-fondateur de l'entreprise. Il décompresse et compresse des fluides frigorigènes, pour faire du froid d'un côté et du chaud de l'autre. » Or, en rejetant la chaleur à l'extérieur des bâtiments, il participe au réchauffement des villes l'été. Et c'est loin d'être le seul problème de ce système très énergivore, responsable de 5 % des émissions de CO2 du secteur français du bâtiment, car l'écrasante majorité des climatiseurs utilisent des gaz frigorigènes comme les HFC, dont l'effet de serre est au moins mille fois plus puissant que le CO2. Ces gaz sont rejetés lors des fuites, de la maintenance ou de la fin de vie de ces appareils. Si la climatisation était un luxe dont on pouvait se passer, cela ne serait pas grave. Mais les climatiseurs ne sont pas juste des appareils de confort, ce sont en réalité des équipements essentiels aux publics les plus fragiles, jeunes enfants et personne âgées, dans le contexte du réchauffement climatique. Bref, bannir la climatisation est illusoire, voire criminel. Il faut donc trouver une solution plus vertueuse. Rémi Pérony pense que cela passe par une version modernisée de la bonne vieille climatisation adiabatique. Il en existe diverses versions, partout dans le monde, depuis des siècles. « Mais pour un consommateur occidental, ces équipements ancestraux ne conviennent pas, car ils ne refroidissent pas assez et, surtout, ils humidifient la pièce. » Il présente en 2019 un concept au CNRS qui accepte de financer son projet. Il fait alors la rencontre de Stéphane Lips, spécialiste de la thermodynamique, qui lui apporte les clefs scientifiques manquantes pour créer un système adiabatique vraiment efficace. Après plusieurs preuves de concept, Rémi Pérony et Stéphane Lips créent la société Caeli Energie en 2020, près de Grenoble. Quatre ans plus tard, ils viennent de mettre sur le marché le premier climatiseur propre d'Europe. Ils ont ainsi créé un évapo-échangeur de chaleur et de masse, ressemblant à un mille-feuille constitué de polymère PETG (bouteilles recyclées), et de cellulose (papier). Un volume de 0,4 mm d'eau est versé dans l'appareil, retenu par capillarité dans les feuilles de papier et séparé du flux d'air entrant par le plastique. Lors du passage de l'eau de l'état liquide à l'état gazeux, le flux d'air garde la fraîcheur produite puis la disperse via un ventilateur dans la pièce, sans transmettre l'humidité. « Le procédé est simple en apparence, mais il nécessite un très savant dosage pour ajuster les flux d'air et d'eau, grâce à des capteurs et à un circuit électronique présent dans la structure. » Résultat, cet appareil faisant 1 mètre de haut pour 50 cm de large, est capable de rafraîchir jusqu'à une température aussi basse que 16 °C une pièce de 30 à 40 m², et il est par ailleurs possible de l'accoler à plusieurs de ses congénères pour refroidir des surfaces bien plus grandes. Contrairement à la climatisation classique, dont l'efficacité décroît à mesure que la chaleur augmente, le flux rafraîchissant de l'évapo-échangeur reste le même quelle que soit la température externe. Sans compter qu'il ne nécessite aucun bloc froid à installer à l'extérieur, à la différence des climatiseurs traditionnels qui défigurent balcons et terrasses, se contentant d'une simple et discrète prise d'air. Et ses performances environnementales, elles, sont sans commune mesure. Fabriqué en France à partir de composants à 80 % français, l'évapo-échangeur est constitué de plastique à 80 % recyclé et de papier vierge. « Seuls les fournisseurs nous manquent, mais il pourra même être constitué de matériaux à 100 % recyclés à terme. » Sa consommation électrique, semblable à celle d'une box internet, et ses émissions de CO2 sont inférieures de 80 % à celles d'un climatiseur classique. En effet, il peut refroidir efficacement des espaces de 40 m² avec une consommation électrique comprise entre 30W en mode éco et 80W (0,08 kWh) en mode boost. Là où les climatiseurs classiques ont besoin en moyenne de 0,7 à 1,4 kWh. Une amélioration considérable. L'appareil produit ainsi 16 à 17 watts de froid pour chaque watt consommé, et va consommer entre 1 et 2 mètres cubes pour une saison de 4 mois (et donc par an). Seul bémol : en ce qui concerne la maintenance, l'évapo-échangeur, soit le cœur de l'appareil, doit être remplacé tous les 5 ans pour cause d'encrassement au calcaire. Mais la jeune pousse travaille à un système qui permettra de réutiliser le mille-feuille une fois celui-ci détartré. Et si, l'évapo-échangeur de Caeli Energie est bien moins cher à l'usage qu'un climatiseur classique, son coût d'achat et d'installation se situe toujours pour le moment dans la gamme haute des prix de ces appareils, même si l'entreprise promet « un retour sur investissement en trois ou quatre ans grâce à une consommation électrique bien plus faible ». La fabrication du cœur adiabatique se fait en interne, et l’assemblage en externe. « Notre modèle économique est tourné vers le résidentiel et le tertiaire, et cible les personnes ou les structures qui ont un problème de surchauffe de leur bâtiment, mais qui ne veulent pas d'une climatisation classique. » Avec sa nouvelle usine, qui a ouvert cet été, Caeli Energie entend produire « quelques centaines » de son premier modèle au cours de l'année 2024, avant d'en fabriquer « quelques milliers » l'année prochaine. Mais la startup, ambitieuse, prévoit déjà d’autres lignes de production, et a signé pour ce faire des partenariats de développement avec de grands acteurs industriels. Elle s’est fixée comme objectif de conquérir le marché européen et de vendre à terme plusieurs centaines de milliers d’appareils par an. En France, les perspectives semblent bonnes dans le tertiaire, en particulier dans les quartiers d'affaires, comme ceux de La Défense (Paris) ou de La Part-Dieu (Lyon), qui ont l'obligation de réduire drastiquement leur consommation électrique : « On bénéficie d'un boulevard réglementaire, avec des volontés fortes de renouveler les parcs tertiaires ». Sources : - - - - - - -

Aymeric Pontier

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La startup 🇫🇷 Sirius Space Services veut faire décoller ses premières fusées réutilisables, qui sont fabriquées en France à Colombes dans les Hauts-de-Seine, depuis un pas de tir en Australie dès 2026/27, puis ensuite depuis Kourou. Antoine Fourcade, le dirigeant de la startup, est un entrepreneur précoce. Elon Musk avait 24 ans lorsqu'il crée sa première entreprise, lui à peine 18 ans ! Il était encore en prépa scientifique, quelques mois après son BAC, quand il a commencé à imaginer les premières ébauches de ses futures fusées. Mais son projet est le fruit d'un parcours personnel édifiant : dès 13 ans, il était déjà membre actif de l'association GAREF qui permet à des jeunes ados passionnés d'espace de participer à des projets innovants. « Ainsi, j'ai fait partie des 200 étudiants du programme de recherche spatiale européen Perseus. Encadrés par des experts du CNES, on nous demandait de travailler sur des nouvelles pistes technologiques pour les lanceurs. » A sa majorité, il décidé de se consacrer à plein temps à son projet de lanceurs réutilisables pour les satellites de petite taille. Il intègre alors l'incubateur du CNES puis IncubAlliance, l'incubateur deeptech de Paris-Saclay afin de développer ses recherches et de réaliser un premier démonstrateur. C'est là qu'il croise François Maroquène-Froissart, avec ses 30 ans de carrière dans le spatial, passé par le CNES et Arianespace notamment où il fut l'un des chefs de la direction commerciale. Une rencontre déterminante. A partir de décembre 2021, l'ancien cadre dirigeant devient associé et directeur technique de la start-up. Ce profil chevronné aide Antoine Fourcade à structurer son projet, à rassurer les investisseurs et à mettre son innovation sur le chemin de l'industrialisation. « Au début, il nous a fait pivoter en abandonnant l'idée de lancer la fusée en altitude par un avion porteur pour revenir à un mini-lanceur plus conventionnel. Mais la dimension réutilisable du lanceur reste », résume l'entrepreneur, qui a 22 ans aujourd'hui, et qui a depuis fait construire et tester un moteur dans l'usine pilote de Colombes (Hauts-de-Seine) : « On veut produire des fusées à 5 kilomètres de la tour Eiffel ! » Antoine Fourcade est désormais entouré d'une équipe étoffée, qui entame le passage au stade industriel. Contrairement à Ariane 6 qui peut transporter jusqu’à 20 tonnes de charges utiles, la jeune pousse démarre, elle, la fabrication de mini-lanceurs réutilisables pour les satellites de taille modeste : 175 kilos à 1 tonne de charge utile. La deeptech développe une gamme de trois lanceurs : Sirius 1, Sirius 13 (deux boosters) et Sirius 15 (quatre boosters). Le vol inaugural de son premier lanceur S1 devrait avoir lieu courant 2026, ou au plus tard en 2027 ! « On a essayé de standardiser au maximum les composants, c’est la seule chose qui nous permet de réduire les coûts et de développer un lanceur aussi rapidement. » Une standardisation qui passe également par l’utilisation de composants COTS [commercial off-the-shelf] requalifiés pour le spatial. Sirius Space Services perfectionne en ce moment la conception de son moteur, nommé Star-1, qui utilise un mélange d’oxygène liquide et de méthane liquide, et qui propulsera chacun des étages de la fusée. Pour ce faire, la startup mise sur une technologie semblable à l’impression 3D, mais avec du métal comme le cuivre au lieu du plastique : la fabrication additive métallique. « On utilise de la poudre métallique, avec des tailles comprises entre 10 et 50 microns, l’épaisseur d’un cheveu. Cela permet de faire des pièces qui sont irréalisables par des procédés traditionnels. » Et aussi d’accélérer le développement avant de lancer, un jour, une fusée par mois, comme espéré. Le moteur est ainsi réalisé à 85 % en fabrication additive métallique « avec une machine qui consomme autant qu'un gros serveur de calcul en une heure. » Grâce à cette forme d'impression 3D, en découle une pièce aussi solide que si elle était fondue en un bloc par une méthode classique, dit l'entreprise. Et alors qu'un moteur traditionnel coûte environ 400 000 € et nécessite neuf mois de construction, « on tombe à deux semaines, avec un montant 20 à 25 fois moindre. C'est un vrai tournant dans le secteur. » Car avec l'impression 3D, la complexité d'une pièce n'est plus un frein et la géométrie complexe des veines fluidiques ou des chambres capillaires, au cœur des moteurs. « On peut dessiner une pièce sur ordinateur dans les bureaux, et la voir s'imprimer dans le local d'à côté en quelques jours. » Reste que pour l'heure, la startup doit encore imprimer son moteur en plusieurs parties, faute d'avoir une imprimante assez grande en interne. Les premiers lancements auront lieu au centre spatial d’Arnhem situé dans le Territoire du Nord sur le 12e parallèle sud (au sud de l’équateur), une zone très peu peuplée de l’Australie. « Nous espérons pourvoir lancer les travaux dès ce mois d’octobre sur le site SLC3, qui va être rebaptisé complexe de lancement spatial Le Mans. La zone sera aménagée afin d’accueillir le pas de tir pour les lanceurs réutilisables mais aussi les tours de contrôle et des zones blanches pour les essais. » L'entreprise prévoit aussi de réaliser des vols depuis la base de Kourou en Guyane française. Les lanceurs seront produits en région parisienne avant d'être acheminés via des bateaux porte-conteneurs jusqu’en Australie et en Guyane. Aujourd’hui, la startup prévoit de récupérer chacune des parties de ses fusées. Le premier étage atterrit doucement grâce à des parachutes. Le deuxième supporte sa descente dans les parties chaudes de l’atmosphère grâce à une protection thermique gonflable. Quant aux deux demi-coiffes qui s’ouvrent comme une corolle pour libérer les satellites, elles seront également récupérées après avoir été localisées au moyen d’un GPS. Avec une certitude, résumée par François Maroquene-Froissart : « Nous pensons que dans les vingt ans à venir, tout lanceur qui ne sera pas réutilisable sortira du marché. » Sources : - - - - - - -

Le Génie Humain

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Le premier ministre a affirmé hier en chambre et encore une fois aujourd'hui que la croissance économique par habitant avait été plus élevée au Québec que dans le reste du Canada depuis son arrivée au pouvoir, en raison notamment d’Investissement Québec et du fait que la CAQ a doublé son nombre d’interventions dans les entreprises, ce qui aurait permis cette croissance en créant de la richesse de manière significative. Cette affirmation ne tient pas la route pour plusieurs raisons. D’abord, parce que les rendements d’IQ depuis la réforme Fitzgibbon en 2020 ont été anémiques. Prenons par exemple l’année 2023-2024. Le rendement a été 2,6%. Le problème, c’est qu’au même moment, la bourse explosait de partout. Quelques exemples : 1. Indice S&P/TSX de Toronto: 14,0% 2. Indice IQ-30 des sociétés québécoises cotées à Toronto: 8,1% 3. Médiane des Fonds diversifiés des caisses de retraite: 12,2% 4. Fonds iShares diversifié XBAL coté à Toronto: 13,1% 5. Indice S&P/TSX de Toronto: 10,0% 6. Indice IQ-30 des sociétés québécoises cotées à Toronto: 9,73% 7. Médiane des Fonds diversifiés des caisses de retraite: 7,13% 8. Fonds iShares diversifié XBAL coté à Toronto: 6,8% 9. Obligations d'Épargne Placements Québec: 6,34% (Source : Michel Girard, JDQ) Depuis sa réforme, IQ a un rendement annualisé de 4,6% sur 5 ans. Lorsqu’on compare avec son équivalent fédéral, la BDC, a fait 9,9%. Littéralement le double. Le premier ministre est satisfait de ça ? Deuxièmement, la croissance économique au Québec a été meilleure au Canada, c’est un fait. Mais la croissance économique du Canada depuis 10 ans a été quasiment de ZÉRO, la pire de l’OCDE sur la même période (sauf le Luxembourg). Le Québec n’a pas battu le Canada parce qu’il a surperformé, et il n’a certainement pas battu le Canada en raison des rendements anémiques d’IQ : il a juste fait mieux parce que le Canada a été horrible et dernier de classe en Occident, notamment en raison d’une politique d’immigration délirante. De plus, le modèle dont se vante le premier ministre n'aura pas amené de vrais résultats sur des aspects économiques fondamentaux où nous avons un important retard, comme la croissance de la productivité, l'innovation, l'automatisation et la robotisation de nos entreprises. Additionnellement, le premier ministre omet de mentionner que son Fonds de développement économique (FDE) a fait des pertes d'environ 4 milliards depuis 2018, en plus de nous coûter au total près de 7 milliards, en investissant dans toutes sortes de projets bâclés et destinés à la faillite. Il n’y a pas de quoi être fier ni de se venter d’avoir garroché autant d’argent par les fenêtres. Quand le PQ dit qu’il mettra fin au bar ouvert des subventions aux entreprises, nous allons commencer par mettre fin à ces aberrations. Ce que la CAQ met de l'avant depuis 7 ans est loin d'être un modèle économique viable ou à succès. Il faut plutôt miser sur la réduction de la paperasse et des contrôles administratifs, la réduction du fardeau fiscal des PME, l'automatisation et la robotisation, bref, sur un modèle qui nous permettra de rattraper notre retard en matière de productivité.

Paul St-Pierre Plamondon

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🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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