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🔴🇫🇷 𝗔𝗟𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗙𝗢 — « Samuel Paty procédait à la discrimination des élèves musulmans » : stupeur après les propos tenus par Me Francis Vuillemin, lors du procès en appel des complices de l’assassinat de Samuel Paty. Voici la ligne de défense choquante choisie par l’avocat d’Abdelhakim Sefrioui, condamné...

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Samuel Paty : le décapité sur le banc des accusés Depuis l’ouverture du procès en appel, Me Francis Vuillemin, conseil du prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, s’emploie à charger Samuel Paty. Coupable, selon lui, d’avoir offensé ses élèves musulmans en montrant en classe un dessin leur manquant de « respect ». Coupable aussi de les avoir discriminés en proposant – pourtant : à l’ensemble de ses élèves - la possibilité de sortir pour ne pas être choqués. Mardi encore, devant une collègue de Samuel Paty appelée à la barre, l’avocat déroulait sa démonstration : « si Samuel Paty avait retiré la caricature obscène de son cours » et « si personne n’était sorti de la classe, alors, dit-il, on ne serait pas dans cette salle d’audience aujourd’hui ». A l’entendre, donc, Samuel Paty serait mort par l’effet collatéral de ses fautes présumées. Je ne sais pas à qui les propos de Me Vuillemin sont adressés. Aux magistrats, vraiment ? Ou à l’opinion ? Qui cherchent-ils à flatter ? Que cherchent-ils à insinuer ? Si ce n’est cette rengaine que l’on connaît déjà, et qui dit que les victimes ne sont pas celles que l’on croit. Façon de conforter les uns – qui le pensent déjà – et d’intimider les autres – qui continuent de vouloir enseigner la liberté d’expression, parfois avec la boule au ventre. Quand finit le droit ? Où commence la politique ? Il y a quelque chose de l’offensive idéologique et de la guerre culturelle derrière la fausse logique de Me Vuillemin. Fausse logique qu’il convient de réfuter, inlassablement, sans se laisser intimider. Car l’enchaînement des causes n’est pas celui-là. Si la collégienne – absente le jour du cours - n’avait pas menti sur ce qui s’était passé, et si son père, indigné par avance contre une République qu’il exècre, n’avait pas livré le nom du professeur à la vindicte, alors Samuel Paty n’aurait pas été décapité. Si le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui n’avait pas tout mis en œuvre pour faire se lever un vent mauvais contre un professeur de la République, seul dans la tempête, alors Samuel Paty n’aurait pas été décapité. Si le terroriste n’avait pas été informé, aidé, galvanisé tout au long des six jours durant lesquels il a fomenté son assassinat, Samuel Paty n’aurait pas été décapité. Tous ceux qui ont déjà assisté à un procès savent que la portée de ce qui se dit dans une salle d’audience n’a rien à voir avec l’agitation de la conversation publique. Les choses y sont dites dans le silence et la solennité, devant des magistrats qui rendront leur jugement au nom du peuple français. C’est pourquoi il existe une histoire de France qui s’écrit dans ses grands procès. C’est pourquoi les paroles des prétoires ont souvent un écho politique. Parfois pour le meilleur. Cette fois, pour le pire. N’en soyons pas dupes.

Anne Rosencher

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