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Ana Sayfaya Dön

𝗔𝗥𝗗𝗔 𝗚Ü𝗟𝗘𝗥 𝗦𝗢𝗨𝗦 𝗘𝗦𝗧𝗜𝗠É 𝗣𝗔𝗥 𝗦𝗘𝗦 𝗣𝗥𝗢𝗣𝗥𝗘𝗦 𝗦𝗨𝗣𝗣𝗢𝗥𝗧𝗘𝗥𝗦 ? 🌟 Analyse avancée : Saison 25/26 Arda brille bien au-delà des buts, combinant un rôle de créateur pur et de régulateur du jeu. Ses qualités les plus sous-estimées émergent surtout dans sa capacité à orchestrer et fluidifier le jeu pour...

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Benzer Videolar

🔹 Franchement, CJ Egan‑Riley 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿 , je le connaissais pas non plus 😅 Mais l’OM lui a proposé un contrat jusqu’en 2029… et plus je creuse, plus ça ressemble à une vraie bonne pioche 🔎 🔹 22 ans – Défenseur central (polyvalent) – 1m85 – pied droit 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿/🇮🇪 Formé à Man City. 1 match en Premier League, 1 entrée en Ligue des Champions à 19 ans. Guardiola 🇪🇸 en 2022 : « Il a été très bon. Calme, propre, mature. » 👏 🔹 Saison 2024–25 avec Burnley (Championship) ✅ 41 matchs (3601 minutes) ✅ Équipe-type de la saison ✅ Meilleure défense du championnat 📊 86,3 % de passes réussies – 5 longues passes précises par match ➡️ Défenseur rapide, posé, relance propre. Parfait pour un 3-5-2 ou un 4-2-3-1. 🔹 Par rapport à Balerdi ou Medina, il se distingue par : • + tactique que Balerdi, moins impulsif • + propre que Medina, moins agressif Un mec qui rassure, qui calme le jeu. Pas flashy, mais super fiable 🛡️ 🔹 Par rapport aux joueurs de sa génération (2002–2004) : Moins hypé que Colwill, Hato ou Simakan, mais : ✔️ Plus de minutes pros que beaucoup ✔️ A joué à l’étranger (Pays-Bas, Écosse) ✔️ Meilleure défense de Championship → Il a un vrai vécu 🔹 À l’OM ? • En défense à 3 : titulaire axial droit • En 4-2-3-1 : rotation ou doublure DC/DD/6 Un joueur de système, discret, mais super utile 💼 🔹 Transfert & contrat • Libre en juin 2025 • Contrat proposé jusqu’en 2029 par l’OM • Salaire estimé : 1,1 – 1,2 M€/an brut (~100k €/mois) → Une belle affaire au vu du profil 🔹 Anecdotes ⚡ • Guardiola l’a publiquement félicité • Surnommé "The Cleaner" à Burnley 🧹 • Burnley a construit son bloc défensif autour de lui • À 22 ans, il a déjà joué +3600 minutes cette saison, c’est costaud 🔚 Conclusion Inconnu pour moi il y a 1 jour . Maintenant ? Je vois un défenseur fiable, intelligent, multi-poste. Pas un crack YouTube, mais un mec sur qui tu peux compter. Libre, jeune, tactique. Bonne pioche. #TeamOM ⚪🔵 #MercatOM

GP013

134,181 görüntüleme • 1 yıl önce

🏆Les Super-Athlètes MK(ultra)⤵️ Fiction ou Réalité ? ‼️ Ressortons les archives... #NoyauDur L'industrie du divertissement comporte également le sport de haut niveau et les méthodes de contrôle mental sont également appliquées pour former des super-athlètes... Le champion est tout comme un soldat d'élite dont la force physique et psychique se doivent d'être optimum dans un monde où "The show must go on" (le spectacle doit continuer), où les performances doivent être toujours plus spectaculaires. Le sport de haut niveau est un véritable show-business et les résultats doivent exceller d'années en années pour satisfaire le public et les sponsors. Dans ce contexte, on comprend aisément que le MK serve également dans le domaine sportif. Dans son autobiographie, Cathy O'Brien rapporte comment un individu avec une personnalité multiple peut avoir des facultés physiques extraordinaires, notamment au niveau du sommeil et de la faim. Le basculement d'une personnalité alter à une autre va en quelque sorte "remettre les pendules à l'heure", c'est à dire que l'horloge biologique sera différente d'un alter à l'autre et les sensations de faim et de fatigue vont donc varier selon l'alter qui est aux commandes du corps. C'est un phénomène qu'il est difficile de comprendre en raison des besoins biologiques fondamentaux du corps physiques, tout comme il est difficile de comprendre comment un alter peut être le seul à ressentir les effets d'un médicament. Les esclaves MK peuvent fonctionner avec très peu d'heures de sommeil ou une alimentation très limitée, cela a pour conséquence que leur esprit, leur cerveau, restent dans un état facilement contrôlable, facilement hypnotisable. Cathy O'Brien, qui a subi le protocole MK-Monarch depuis sa petite enfance, décrit également que lors de ses entraînements à la course à pied, son entraineur induisait en elle une transe pour qu'elle n'ait plus aucune perception du temps et de la distance. Les méthodes de contrôle mental faisaient qu'elle pouvait évacuer la douleur et la fatigue plus facilement, instantanément. Ce phénomène provoque une endurance exceptionnelle chez les sujets MK, que ce soit dans le domaine sportif ou militaire. Cathy O'Brien affirme que certains joueurs de baseball américains sont contrôlés par des codes-clés, et autres déclencheurs. Selon elle les membres de l'équipe des Dodgers étaient sous contrôle mental et conditionnés pour gagner ou perdre selon les paris et le bon vouloir de leurs 'propriétaires'. Brice Taylor affirme quand à elle que cette même équipe des Dodgers (coachée à l'époque par Tommy Lasorda) recevaient en récompense des esclaves sexuels (femmes autant qu'enfants) selon leurs résultats sportifs... Une chose peu connue du grand public est que la célèbre joueuse de tennis Serena Williams possède plusieurs alter dont un qui est nommé "Psycho-Serena", il s'agit de l'alter présent sur le terrain de tennis, c'est la super-athlète. Il semblerait en effet que la n°1 mondiale du tennis féminin ait développé un trouble dissociatif de l'identité. Dans le documentaire biographique "Venus and Serena" (2012), elle révèle et énumère face caméra ses différents alter : ➡️ « Oui, j'ai vraiment différentes personnalités et différentes attitudes. Il y a "Psycho-Serena", elle est toujours sur le court, elle s'entraîne, elle est dans le match, elle est incroyable, c'est une super-athlète. Il y a "Summer", elle m'aide beaucoup, par exemple lorsque j'ai une longue lettre à écrire ou pour d'autres choses encore, c'est "Summer" qui le fait. Et il y a cette autre fille, "Megan", c'est une excitée, vous ne pouvez la suivre. Il y a aussi "Taquanda", une dure, elle n'est pas Chrétienne (rires), elle vient du ghetto. Elle était à l'US Open en 2009 (ndlr: le reportage montre alors un extrait d'un match où l'on voit "Taquanda" insulter vulgairement et menacer violemment un garçon de balle). Lors de ce match en particulier, je n'étais pas là, mais j'ai eu les retours.» Cette dernière affirmation - "je n'étais pas là" - signifie qu'elle n'a pas le souvenir de cette scène d'énervement car ce n'était pas "elle" qui disputait ce match de l'US-Open, ce qui laisse penser qu'il y a véritablement des murs amnésiques entre ses différents alter. Serena affirme clairement dans ce documentaire biographique qu'elle possède plusieurs personnalités indépendantes les unes des autres, elle aurait donc un trouble dissociatif de l'identité, chose commune aux esclaves MK. Lors d'un match à Wimbledon en juillet 2014, Serena, considérée par beaucoup comme la meilleure joueuses de tennis de tous les temps, est apparue sur le court complètement désorientée, ne sachant littéralement plus jouer au tennis ni même attraper une balle, une scène totalement invraisemblable. Les journaux ont alors titré : "l'incroyable malaise", "désorientée et incapable de tenir une balle", "elle frise le ridicule"... La fédération américaine de tennis a prétendu que la joueuse "souffrait d'un virus" sans donner plus de détails... mais alors pourquoi est-elle venue sur le court pour se ridiculiser de la sorte ? Ou bien était-ce plutôt l'alter Psycho-Serena qui n'était pas au rendez-vous ce jour-là ? Une humiliation publique pour la numéro 1 du tennis mondial... Saviez-vous que Tiger Woods, le meilleur joueur de golf de tous les temps a des amnésies lors des compétitions et est incapable de se rappeler de ses meilleurs coups ? ➡️ Eldrick 'Tiger' Woods est le fils de Earl Woods, ancien colonel et béret vert des Forces Spéciales au Vietnam. Eldrick a été surnommé "Tiger" en mémoire d'un soldat vietnamien ayant combattu aux côtés de son père. Le "Tigre" a commencé à jouer au golf dès l'âge de 2 ans. Il a notamment fait une apparition en 1978 dans l'émission "The Mike Douglas Show" dans laquelle on voir ce petit bonhomme haut comme trois pommes faire la démonstration de son swing déjà très propre. Tiger Woods a été dès son plus jeune âge un "enfant- star" adulé par les médias et destiné à devenir le meilleur, de la même manière que le chanteur Michael Jackson. Un ex-golfeur et commentateur pour la PGA (Professional Golfers' Association of America) a publiquement déclaré que Woods avait été programmé par son père. En effet, son incroyable talent de golfeur défie la logique, les normes et les statistiques. Mais est-ce uniquement dû à l'hypnose employée sur lui ? Le père de Tiger a participé à des opérations de contrôle psychologique et de la mémoire sur des soldats lorsqu'il était dans l'armée, notamment au Vietnam. Earl Woods aurait donc décidé d'employer ces mêmes techniques sur son fils et il chargea un psychiatre militaire, Jay Bunza, de reprogrammer Tiger comme un ordinateur. Bunza a en effet travaillé sur un étrange projet consistant à hypnotiser Tiger avant ses parties de golf. Dans des interviews, Tiger a déclaré qu'il oubliait totalement des sections entières de certaines compétitions. Dans le documentaire "Tiger's Prowl: His life", il révèle : « J'ai ces moments de trous noirs, je ne me souviens pas. Je sais que j'étais là, mais je ne me rappelle pas comment j'ai joué (...) C'est comme une transe, je laisse alors jouer mon subconscient et je ne sais pas quel en sera le résultat. Il y a beaucoup de tirs où je ne me souviens de rien. Je me souviens juste m'être préparé, avoir sorti le club du sac, etc, mais une fois la balle tirée, je ne me souviens plus l'avoir vu partir... C'est une chose très étrange.» Les techniques de Jay Bunza ont produit des résultats extraordinaires, mais comment est-il possible que Tiger ne se souvienne pas de ses plus merveilleux coups ? En 2008, l'ex-athlète "multifonctions" Herschel Walker a révélé qu'il avait un trouble dissociatif de l'identité. Il explique cela en détails dans son livre intitulé "Breaking Free: My Life with Dissociative Identity Disorder" (Se libérer : ma vie avec un trouble dissociatif de l'identité). La même année, la chaîne américaine ABC News lui a consacré un reportage. ➡️ On y apprend que Walker est une véritable légende du sport : il a notamment joué dans l'équipe de football des Bulldogs de Georgie dans les années 80, il a décroché plusieurs records du monde en athlétisme et il a remporté le célèbre trophée Heisman en 1982. Mais Walker affirme aujourd'hui que ce n'est pas lui qui a remporté à l'époque ce fameux trophée. Ce champion qui a joué quinze saisons de football américain, qui a même été danseur dans le Fort Worth Ballet, un homme d'affaire, un homme public, un mari, il n'est aucune de toutes ces personnes dit-il... Il déclare : "Ce sont des personnalités qui peuvent faire des choses différentes pour vous. En compétition, je suis une personne totalement différente." Herschel Walker dit que son alter nommé "Guerrier" assumait les matchs de football en encaissant toute la douleur qui pouvait survenir lors des violents contacts physiques. L'alter "Héros" est la figure publique et médiatique, tandis que l'alter "Sentinelle" avait pour rôle de préserver ses amis et sa famille. En 1983, l'athlète s'est marié avec Cindy Grossman, aujourd'hui le couple est séparé et Cindy témoigne : « Au début, c'était juste un comportement très étrange (...) il avait la capacité de dissimuler cela parce que je pense que tous les alter à l'intérieur étaient focalisés sur le football.» Lorsque sa carrière et les compétitions se sont terminées, Cindy raconte que le système intérieur subconscient de son mari a commencé à se détraquer : « J'ai commencé à découvrir les alter (...) J'ai constaté les changements dans sa voix, il prenait parfois une voix rauque et disait des choses étranges, comme si il ne savait pas qui j'étais. Il m'appelait alors "Miss Lady". C'est quelque chose de difficile à expliquer, même son visage changeait. La première chose à laquelle j'ai pensé, c'était qu'il avait le diable en lui." Sa femme s'est alors tournée vers l'Église pour trouver de l'aide... "Je ne demandais pas forcément un exorcisme, j'essayais simplement d'avoir des réponses (...) Je pense qu'il a beaucoup d'alter, mais je ne sais pas combien, je ne peux pas le savoir, mais j'en ai rencontré un certain nombre.» Lorsque sa carrière sportive s'est terminée, Walker raconte comment ses personnalités alter ont commencé à prendre le contrôle d'une manière anarchique. C'est à partir de là qu'il a commencé à développer une fascination morbide pour les armes et la mort. Il écrit dans son livre : « La jouissance viscérale que j'éprouve à voir l'impact puis la pulvérisation du cerveau avec le sang est comme un feu d'artifice.» Il a plusieurs fois été sur le point de commettre un meurtre par arme à feu, notamment contre sa femme : « Il a mis le pistolet sur ma tempe en disant "Je vais te faire sauter la cervelle". J'ai dû alors avoir la force de Dieu en moi car je lui ai répondu dans les yeux : Vas-y appui sur la gâchette, moi je sais où je vais, mais toi, sais-tu où tu vas aller ? Il y avait en face de moi quelqu'un de fondamentalement mauvais.» Walker n'a jamais nié avoir ainsi menacé sa femme, mais il dit qu'il ne s'en souvient pas. Durant une séance de thérapie avec sa femme, le Dr. Jerry Mungadze, son thérapeute, a déclaré avoir vu émerger une personnalité alter totalement enragée qui voulait littéralement tuer tout le monde dans la pièce. Le Dr. Mungadze rapporte : « Ses yeux ont changé. Les yeux qui ont émergé n'en avaient strictement rien à faire de moi, et lorsqu'il disait qu'il allait me tuer, je le croyais volontiers... Il ne s'agissait pas de Herschel, c'était un alter enragé.» Finalement ce jour là, "Walker" détourna sa colère en faisant un trou dans la porte du cabinet par un coup de poing, c'est alors qu'un autre alter a émergé, cette fois il s'agissait d'un jeune garçon : « Il avait une douleur terrible parce qu'il venait de se casser la main.» Herschel ne se rappelle pas non plus de cette scène de violence, mais il dit clairement qu'il faut assumer toutes ces choses et que sa maladie n'est pas une excuse à la violence. Après 8 années de thérapie, sans aucune prise de médicaments, il a désormais beaucoup plus de contrôle sur ses personnalités alter. Extrait du Livre MK - page 611🧩 ✔︎ Vidéo n°1 : Cathy O'Brien sur le contrôle mental dans l'industrie du sport de haut niveau ✔︎ Vidéo n°2 : Novak Djokovic - « petites voix dans la tête et changement psycho-physiologique radical » ✔︎ Vidéo n°3 : le BUG de Serena Williams (images rares à l'époque censurées) ✔︎ Vidéo n°4 : « Incredible Kid ! » (archives montrant le petit Eldrick Woods sous influence...)

Alexandre Lebreton

43,064 görüntüleme • 1 yıl önce

RAPPORT ALLONCLE : LE VRAI, LE FRAGILE ET LE TOXIQUE L’effondrement de la fonction d’onde a bien eu lieu. Le rapport sur l’audiovisuel public est sorti de sa boîte, et le chat de Schrödinger est désormais étalé sur la table en inox. Et, comme on pouvait s’y attendre en revenant aux lois de la physique classique, le miracle quantique n’a pas opéré. Il faut le marteler pour ceux qui confondent les presses de l’Assemblée nationale avec un tribunal divin : la publication de ce document ne vaut ni caution, ni validation. Ce rapport n’est ni la bombe à fragmentation anti-système fantasmée par ses thuriféraires, ni le blanc-seing béat qu’attendaient les défenseurs inconditionnels du service public. La magie est terminée. Il n’est plus une rumeur, il est un texte. L’heure n’est donc plus aux slogans, mais à la dissection. Le bloc opératoire est prêt. On enfile les gants, on allume le gros néon blanc, et on sort la pince à sophismes pour trier ce qui relève de la pathologie avérée et ce qui tient de la boucherie idéologique. Le premier diagnostic tombe assez vite : le chat de Schrödinger n’est pas mort, il n’est pas vivant. Il est mal sourcé par endroits, lucide par moments, et politiquement très nerveux. I. UN RAPPORT BIFACE : L’AUTODESTRUCTION DÈS LA PAGE 15 En général, l’exercice critique exige d’attaquer un document de l’extérieur, d’en chercher les failles pour le fissurer. Ici, l’effort est presque superflu : le rapport s’auto-saborde magistralement dès son introduction. Avant même d’arriver au cœur des recommandations, on assiste à une fracture ouverte, institutionnelle et fascinante entre le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, et son propre rapporteur, Charles Alloncle. L’avant-propos rédigé par le président ne nuance pas simplement le travail de son collègue : il le place sous alerte rouge. Les mots employés par la tête même de la commission ne laissent aucune place à l’illusion. Il y dénonce une enquête transformée en « politique spectacle », s’inquiète d’une méthode alimentant la « fabrique de la colère », et critique une utilisation des réseaux sociaux ayant contribué à relayer des informations contestées, parfois présentées comme fausses ou déformées jusque dans l’avant-propos lui-même. Patrier-Leitus affirme même noir sur blanc que, selon lui, l’objectif politique réel de la commission n’était pas de consolider l’audiovisuel public, mais de préparer les esprits à sa privatisation. Ce rapport n’est donc pas un bloc. C’est un champ de bataille textuel où le président accroche un extincteur au mur avant même que le rapporteur ne commence à jouer avec les allumettes. II. LA COUCHE DU “VRAI” : L’AUTOPSIE ADULTE Pour être pris au sérieux, il faut commencer par refuser la cécité militante. Balayer ce rapport d’un revers de la main sous prétexte que son dessein est politique serait une erreur fatale. Car si l’on gratte la surface, le texte met le doigt sur de véritables fractures institutionnelles et comptables, souvent documentées de longue date par la Cour des comptes ou l’Arcom. L’autopsie révèle de vraies pathologies qu’il convient de traiter rapidement et cliniquement. D’abord, la machinerie financière. L’audiovisuel public brasse des milliards d’euros, mais le rapport pointe avec justesse une carence alarmante dans les outils de pilotage, soulignant notamment l’absence persistante d’une véritable comptabilité analytique qui permettrait d’évaluer le coût réel et détaillé des programmes. Le texte va jusqu’à décrire une « culture de l’inefficience » installée au cœur de la machine. Ensuite, la zone d’ombre de la production externalisée. Le document frappe juste lorsqu’il dénonce un oligopole de producteurs privés qui capte une partie de la valeur et impose ses règles au diffuseur public. L’opacité des marges et le système endogame des animateurs-producteurs soulèvent des questions structurelles légitimes sur les conflits d’intérêts et le mélange des genres entre la commande publique et l’enrichissement privé. Enfin, le naufrage des garde-fous. Les instances censées garantir la probité du système sont anémiées : les comités d’éthique internes sont sous-dimensionnés, dépassés et dépourvus de pouvoir réellement contraignant. De son côté, le gendarme du secteur, l’Arcom, est décrit à juste titre comme une autorité lacunaire, technologiquement dépassée par l’ère des plateformes et des réseaux sociaux. Ce sont de vrais sujets, qui appellent de vraies réformes. On ne défend pas un service public en le déclarant immaculé. On le défend en exigeant qu’il soit capable de justifier chaque euro sans se cacher derrière le mot magique « culture » comme un enfant sous une couette. Jusqu’ici, le rapport est dans son rôle : contrôler, auditer, déranger. Le problème commence quand il quitte la salle d’audit pour entrer dans le studio de montage idéologique. III. LA COUCHE DU “FRAGILE” : DE L’ANECDOTE À LA GUERRE CULTURELLE Jusqu’ici, on pouvait débattre sereinement. Mais c’est précisément à ce stade que le rapport bascule. Partant d’une question parfaitement légitime — comment garantir l’impartialité d’un service public ? —, le texte déraille vers la croisade militante, en s’appuyant sur une méthodologie zététiquement désastreuse. Le tour de passe-passe central repose sur un véritable hold-up sémantique : la confusion volontaire et organisée entre la « neutralité » et « l’impartialité ». La neutralité est une règle administrative qui impose à un agent public de ne pas manifester ses opinions dans l’exercice de ses fonctions. L’impartialité, elle, est une exigence journalistique : elle impose de traiter les faits avec rigueur, équilibre, honnêteté et distance, mais elle n’interdit ni l’analyse, ni l’éditorialisation, ni l’esprit critique. Or, le rapporteur veut imposer cette neutralité stricte et clinique aux journalistes jusque dans leur expression publique sur les réseaux sociaux. L’impartialité demande de traiter les faits honnêtement ; la neutralisation demande, elle, de ne plus avoir l’air vivant. Ce n’est pas exactement le même métier. Ensuite vient l’anatomie d’un gonflement rhétorique. La méthode consiste à transformer des lignes comptables en scandales d’État pour alimenter les réseaux sociaux. Prenez l’affaire des supposés « frais de cocktails » attribués à France Télévisions pendant la crise sanitaire. Le terme « cocktail » n’apparaît pourtant pas dans le document de la Cour des comptes. Ces chiffres recouvraient en réalité des dépenses agrégées bien plus larges, incluant notamment des frais de réception, d’achats alimentaires ou de restauration de base pour des salariés mobilisés pendant les confinements. Entre « frais de réception » et « cocktails », il y a toute la distance entre une ligne comptable et une scène mentale avec petits fours, champagne et Delphine Ernotte en Cruella budgétaire. Plus grave encore, le document contient son propre signal d’alarme quant à la fiabilité de certaines accusations spectaculaires. L’affaire de la fastueuse soirée chez Maxim’s, prétendument privatisé par le groupe Mediawan pour célébrer le maintien de Delphine Ernotte, a été relayée par le rapporteur. Le problème ? Cette accusation est contestée à l’intérieur même du rapport, au point que le président de la commission indique avoir saisi la justice pour parjure à l’encontre du syndicaliste ayant tenu ces propos sous serment. Quand une commission censée vérifier les médias devient elle-même productrice de séquences à vérifier, on peut raisonnablement demander qui garde les gardiens — et qui leur confisque le smartphone. Enfin, le sommet du naufrage intellectuel est atteint avec l’utilisation de l’audience comme preuve à charge. Le rapport s’appuie très sérieusement sur un sondage indiquant que 70 % des auditeurs de France Inter auraient voté à gauche aux élections européennes pour en déduire l’existence d’un biais éditorial systémique de la station. Confondre la sociologie d’un public avec la nature d’un contenu est une aberration. Cela peut signaler une image, une défiance, une attractivité différenciée selon les publics. Mais cela ne prouve pas, à soi seul, une ligne éditoriale. Si la sociologie d’une audience suffisait à prouver une ligne éditoriale, il faudrait analyser l’orientation politique des paquets de céréales en fonction du vote des enfants qui les mangent. Le problème n’est pas qu’un rapport cite des exemples. Le problème, c’est lorsqu’il utilise des exemples comme des microscopes alors qu’ils ne sont parfois que des jumelles tenues à l’envers. Documenter un cas n’est pas démontrer un système. Accumuler des séquences frappantes n’est pas produire une preuve structurelle. À ce tarif-là, trois captures d’écran, deux plateaux-repas et un tweet énervé suffisent à écrire l’histoire secrète de la Ve République. IV. LA COUCHE DU “TOXIQUE” : LES CONTRADICTIONS FATALES C’est ici que l’édifice intellectuel s’effondre sous son propre poids. Si l’on dépasse les constats pour lire attentivement la liste des remèdes, on découvre que les recommandations ne se contentent pas de cibler à côté : elles s’annulent elles-mêmes. Le texte se coince les doigts dans la porte avec une constance qui force presque le respect. Voici les quatre paradoxes majeurs qui transforment cet audit en sabotage. 1. SAUVER EN AMPUTANT Le rapport affirme haut et fort vouloir « sauver le service public de l’audiovisuel ». La méthode pour y parvenir ? Un plan de coupe massive exigeant près d’un milliard d’euros d’économies. Et pour être bien sûr de fortifier le malade, la recommandation finale propose de réaffecter une partie importante de ce pactole au désendettement de l’État et à la rénovation du patrimoine. Appeler cela un sauvetage, c’est comme annoncer à un noyé qu’on va l’aider en commençant par lui retirer les poumons pour alléger la flottaison. Il ne s’agit donc pas seulement de mieux gérer. Il s’agit de réduire. De fusionner. De supprimer. De contracter le périmètre même du service public, tout en présentant cette cure d’amaigrissement institutionnel comme une opération de réanimation. On connaît des médecins légistes moins optimistes. 2. L’INDÉPENDANCE PAR LA LAISSE ÉLYSÉENNE Pendant des dizaines de pages, le texte traque l’ombre de la politisation, fustige le militantisme et dénonce les interférences de l’exécutif dans les nominations passées. Pour y remédier et garantir une indépendance absolue, le rapporteur dégaine l’arme ultime : confier la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public directement au Président de la République. Le rapport voit de la politique partout dans les couloirs, puis propose d’installer l’Élysée dans le hall d’entrée avec un badge visiteur permanent. Magnifique souplesse lombaire. C’est peut-être le paradoxe le plus éclatant de tout le document. Si l’on estime que l’audiovisuel public souffre d’un soupçon de proximité politique, la réponse logique devrait être de renforcer les garanties d’indépendance, pas de rapprocher la prise de décision du sommet de l’exécutif. Soigner une suspicion de politisation par une nomination présidentielle, c’est traiter une fuite de gaz avec un briquet institutionnel. 3. LE REMÈDE PRIVÉ AU MAL PRIVÉ Le document dénonce — à juste titre — l’opacité de l’oligopole des producteurs privés et les dérives financières liées à la sous-traitance. Mais quand il s’agit de garantir le fameux pluralisme à l’antenne, quelle est la solution avancée ? La recommandation 39 propose purement et simplement d’importer des éditorialistes issus de la presse d’opinion privée pour remplacer ceux du service public. La porosité avec le privé est donc un scandale quand elle produit des émissions, mais elle devient un remède miracle quand il s’agit d’imposer une ligne éditoriale plus conforme aux attentes du rapporteur. Le privé est un problème quand il vend des programmes au public ; il devient une solution quand il vient expliquer le monde au micro. Magnifique souplesse lombaire, deuxième service. 4. RECONQUÉRIR LA JEUNESSE EN BRÛLANT SA CHAMBRE Tout le monde s’accorde à dire que le public traditionnel vieillit et qu’il est vital de s’adapter aux nouveaux usages pour parler aux jeunes générations. La thérapie de choc du rapporteur ? Supprimer d’un trait de plume la plateforme numérique France TV Slash, liquider la station radio Le Mouv’ et effacer la chaîne France 4. En d’autres termes : on veut rajeunir l’audience en détruisant méticuleusement tous les espaces qui lui sont spécifiquement dédiés. Supprimer les offres qui parlent aux jeunes pour reconquérir les jeunes, c’est une stratégie de drague rarement recommandée hors des monastères médiévaux. À ce rythme-là, pour moderniser l’audiovisuel public, il suffira bientôt de supprimer Internet et de remettre un speaker en veste beige devant une pendule. On en revient donc au diagnostic initial : la couche toxique se sert d’arguments de bonne gestion pour faire passer un projet de réduction punitive et de reprise en main. CONCLUSION : LE VRAI SCANDALE DE L’OCCASION MANQUÉE Au bout du compte, la vraie réforme de l’audiovisuel public ne consistera jamais à le rendre plus docile, mais à le rendre plus transparent. Le véritable scandale de ce rapport n’est pas d’avoir osé critiquer France Télévisions, Radio France ou l’Arcom. Il fallait le faire. Il fallait même le faire sans trembler. Le scandale, le vrai, c’est d’avoir pris en otage un audit institutionnel absolument nécessaire pour en faire le cheval de Troie d’une entreprise de réduction budgétaire, de discipline idéologique et de repolitisation. C’est d’avoir utilisé les failles réelles d’un système pour justifier une reprise en main qui ne dit pas son nom. La couche vraie du rapport aurait dû ouvrir un chantier sérieux : gouvernance, finances, conflits d’intérêts, pluralisme, régulation. La couche fragile aurait dû inviter à la prudence : anecdotes gonflées, exemples choisis, accusations contestées. Mais la couche toxique révèle autre chose : un projet où la réforme sert trop souvent de mot poli pour dire réduction, discipline et reprise en main. Un service public n’est pas défendu lorsqu’on le sanctuarise contre toute critique. Il est défendu lorsqu’on le rend plus contrôlable, plus transparent, plus rigoureux — donc plus indépendant. On nous avait promis le scalpel. On trouve parfois le scalpel, oui. Mais trop souvent, il est tenu par quelqu’un qui regarde déjà la tronçonneuse avec des étoiles dans les yeux.

Pourton.info

16,462 görüntüleme • 3 ay önce

Le rapport Alloncle est publié : champagne pour les trolls, scalpel pour les adultes. Depuis hier après-midi, l’ambiance sur 𝕏ressemble à la sortie des vestiaires d’un match de troisième division où l’équipe locale aurait marqué sur un malentendu : c’est bruyant, ça sent la bière tiède et ça exulte avec une finesse de bulldozer. La droite dure et l’extrême droite française célèbrent la publication du rapport Alloncle sur l’audiovisuel public comme s’il s’agissait de la chute de Constantinople ou de la découverte d’un gisement de pétrole sous le siège de France Télévisions. On m’a d’ailleurs gentiment interpellé, entre deux insultes rédigées avec le front, pour m’expliquer que je devais être « triste », « humilié » ou « terrassé » par la décision de la commission. Mauvaise nouvelle pour les amateurs de larmes : je n’ai jamais été aussi ravi. Parce qu’hier, à 14h30, nous avons assisté à un phénomène physique fascinant que j’appellerai l’effondrement de la fonction d’onde parlementaire. Le chat de Schrödinger sort de sa boîte Jusqu’à ce vote, le rapport de Charles Alloncle était une entité quantique. Enfermé dans la boîte scellée du huis clos de la commission d’enquête, il existait dans une superposition d’états. Pour ses partisans, il était simultanément un chef-d’œuvre de révélation anti-système et l’arme fatale contre la « bien-pensance ». Pour ses détracteurs, c’était un tract de 400 pages rempli de trous d’air et de raccourcis idéologiques. Tant que la boîte restait fermée, le rapport bénéficiait d’une aura mystique. On pouvait lui prêter toutes les vertus, toutes les bombes, tous les secrets. Mais en votant la publication — et ce, à l’épaisseur d’un papier à cigarette parlementaire (12 voix contre 10, autant dire un accouchement aux forceps) — les députés ont ouvert la boîte. La fonction d’onde s’est effondrée. Le chat est sorti. Et surprise : ce n’est pas un lion rugissant capable de dévorer le service public en un goûter, c’est un PDF. Un objet fini, figé, avec ses sources, ses notes de bas de page, ses approximations et ses éventuelles sorties de route factuelles. La magie quantique est terminée. Bienvenue dans le monde de la physique classique, là où la gravité de la preuve finit toujours par rattraper les envolées lyriques. L’imposture du tampon : Parution n’est pas canonisation C’est ici que les « vainqueurs » du jour commettent leur plus belle erreur d’analyse : ils confondent publication et validation. Ils croient qu’un tampon de l’Assemblée nationale transforme automatiquement un sophisme en vérité universelle. Ils imaginent que parce qu’un document est « officiel », ses prémisses deviennent indiscutables. Or, un mauvais livre publié reste un mauvais livre. Une fake news — comme celle de la prétendue soirée chez Maxim’s qui n’était en fait que l’anniversaire d’un producteur — ne devient pas un fait avéré parce qu’elle est imprimée sur du papier à en-tête de la République. Le vote d’hier n’était pas un jury scientifique validant une thèse. C’était une procédure administrative autorisant la mise à disposition d’un travail. Même le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a pris soin de préciser qu’il votait pour la publication par souci de transparence, tout en marquant ses distances avec la méthodologie du rapporteur. Traduction : « On vous livre le colis, mais on ne garantit pas que la marchandise à l’intérieur n’est pas périmée ». Le fantôme est mort, vive la cible En arrachant cette publication, Charles Alloncle a commis un acte d’hybris qui pourrait bien se retourner contre lui. Il a perdu son plus beau jouet : le statut de martyr. Rappelez-vous le piège que j’évoquais il y a quelques jours : si le rapport avait été rejeté, il aurait été verrouillé pour 25 ans dans les catacombes de l’ordonnance de 1958. Alloncle aurait pu passer les deux prochaines décennies à faire le tour des plateaux de CNews avec une couronne d’épines, hurlant à la censure d’État et au complot de la « bien-pensance » qui cache « LA » vérité aux Français. Aujourd’hui, cette carte est brûlée. Il ne peut plus vendre un fantasme, il doit défendre un texte. Il a voulu la lumière ? Il va avoir le microscope. Il a voulu l’arène ? Voici les lions de la vérification factuelle. Dès que les 400 pages seront entre nos mains, le temps de la « punchline » TikTok sera terminé. Il faudra expliquer pourquoi on a promis d’auditionner Squeezie ou Léna Situations sans jamais le faire, ou comment on arrive à transformer 11 000 euros de frais de réception en un scandale à 1,5 million de cocktails imaginaires. Depuis mon balcon helvétique : Le privilège du pop-corn Je le répète pour ceux qui auraient besoin d’une mise à jour : je suis Suisse. Je n’ai aucune chaîne publique à sauver, aucune carrière parlementaire à Paris à défendre, aucune carte de presse militante à rentabiliser. Je regarde ce cirque institutionnel avec la neutralité amusée d’un entomologiste observant une colonie de fourmis s’agiter après avoir reçu un coup de pied dans la fourmilière. Mon approche n’est pas émotionnelle, elle est chirurgicale. Je ne suis pas « triste » que le rapport sorte ; je suis impatient de l’ouvrir sur la table de dissection. Car le véritable enjeu ici dépasse la question de savoir si France 4 doit fusionner avec France 5 ou si le Mouv’ coûte trop cher. Le sujet, c’est le piratage d’un outil de contrôle démocratique — la commission d’enquête — pour en faire un studio de télé-réalité au service d’un ego numérique. Si le sommet du contrôle parlementaire peut être « hacké » avec des chiffres foireux et des méthodes de massage thaï pour les amis de l’empire Bolloré, alors c’est la notice de sabotage de la République qui est désormais en libre accès. Et ça, c’est un sujet qui devrait intéresser tout esprit un tant soit peu rationnel, qu’il soit Français, Suisse ou Martien. Protocole de dissection : La suite des événements Ce billet est une transition, un dernier verre avant d'entrer au bloc opératoire. Dans les jours qui viennent, nous n’allons pas répondre par l’indignation ou le slogan. Nous allons faire quelque chose de beaucoup plus radical : nous allons lire. Nous allons trier les 80 recommandations du rapport Alloncle dans quatre tiroirs distincts: 1. Les recommandations légitimes : Celles qui ouvrent un vrai débat sur la gouvernance, les doublons ou les économies nécessaires. On a le droit d’être contre le service public, c’est un projet politique légitime qui mérite d’être discuté avec sérieux. 2. Les marqueurs idéologiques : Le pur projet politique anti-audiovisuel public. C’est clair, c’est net, il faut simplement l’appeler par son nom. 3.Le vide factuel : C’est là qu’on va rigoler. Les chiffres sans sources, les citations tronquées, les contradictions entre les auditions et le texte final. L’autopsie des erreurs. 4. Le toxique institutionnel : Ce qui menace l’indépendance éditoriale ou tente de remettre la nomination des dirigeants sous le contrôle direct de l’Élysée. Conclusion : La lumière blanche Le corps est désormais sur la table en inox. On a allumé le gros néon blanc, on a réglé la focale du microscope. La publication du rapport Alloncle n’est pas la fin de l’affaire, c’est la fin de son immunité imaginaire. Ils voulaient un grand soir politique pour CNews ? Ils vont avoir droit à un peer-review impitoyable. On ne réforme pas une institution avec des sophismes et des paniers-repas Covid mal comptabilisés. Sortez les scalpels, rangez les confettis. Le spectacle est fini, le travail commence. On se retrouve pour l’analyse de la page 1.

Pourton.info

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𝐃𝐄́𝐂𝐋𝐀𝐑𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄 𝐌𝐄 𝐑𝐄𝐈𝐍𝐄𝐑 𝐅𝐔𝐄𝐋𝐋𝐌𝐈𝐂𝐇 𝐃𝐔 𝟐𝟒 𝐉𝐔𝐈𝐋𝐋𝐄𝐓 𝟐𝟎𝟐𝟓 Chers amis, Une chose après l’autre – commençons par l’essentiel. N’est-ce pas ce que nous nous disons à nous-mêmes quand nous sommes submergés par l’impression qu’il y a trop de choses à gérer en même temps? Cela signifie qu’il faut établir des priorités. C’est exactement ce à quoi j’ai pensé en lisant une nouvelle décision du désormais tristement célèbre juge marionnette Schindler, datée du 26 juin de cette année, dans laquelle il semble presque esquisser quelques pas de danse lors de la cérémonie d’ouverture des #JeuxOlympiques2024 de Paris, l’été dernier. Je vous expliquerai ce que je veux dire par là à la fin de cette déclaration. Cette déclaration a pour but d’attirer l’attention sur ma plainte pénale, que j’ai utilisée comme plaidoirie finale au tribunal il y a quelques mois et que je rends désormais accessible à tous, puisqu’elle a déjà été rendue publique à l’audience – en dépit des tentatives désespérées du juge Schindler pour m’en empêcher. Par cette dernière décision, il m’a rappelé – involontairement, j’en suis sûr, comme un acte manqué au sens freudien – ce qui fait le plus peur aux monstres. Il m’a rappelé, en quelque sorte, leur talon d’Achille. Dans sa décision du juge, il déclare qu’il n’autorisera aucun avocat à me défendre s’il ne se conforme pas à la ligne du #gouvernement. Il écrit que la compétence juridique et le fait que j’aie confiance dans l’avocat que je souhaite pour me représenter ne suffisent pas, mais qu’il refuse d’autoriser quiconque à m’assister s’il partage mon avis, à savoir que ce faux procès est en réalité un procès politique, dont le seul but est de m’abattre afin d’interrompre mon enquête sur la « plandémie » – et bien sûr, d’empêcher que les conclusions de cette enquête ne débouchent sur un procès de type #Nuremberg2, voire plusieurs procès similaires à travers le monde. Il considère cela comme une utilisation abusive de la procédure judiciaire. Comme exemples de ce qu’il juge être un comportement scandaleux, il cite l’avocat Edgar Siemund, qui, selon ses propres termes, a déclaré clairement que « c’est une intrigue politique ». Il fait également référence à un nouveau livre paru sous le titre : « Dr #ReinerFuellmich – Le procès du dossier #Corona : un scandale judiciaire ». Cela, affirme Schindler, montre qu’une distance professionnelle indispensable a été perdue. Et cela signifie, poursuit-il, que les personnes qui s’expriment ainsi, je cite : « se laissent manipuler et instrumentaliser à des fins étrangères à la procédure judiciaire, ce qui en constitue un détournement », fin de citation. Or, si cela était vrai – et non simplement un autre moment embarrassant, qui confirme cette fois explicitement la véritable raison de ce procès factice –, à savoir l’intention de m’abattre en raison de mon usage du Premier Amendement pour dénoncer les crimes monstrueux contre l’humanité, alors aucun avocat ne pourrait plus défendre un client qui ne serait pas parfaitement aligné sur le gouvernement contre lequel il est censé défendre justement ce client. Aucun avocat ne serait alors autorisé à plaider la cause de son client conformément à la volonté de ce dernier – ce qui, dans bien des cas, correspond d’ailleurs à la position de l’avocat lui-même. Autrement dit, tout avocat qui ne serait pas en ligne avec le gouvernement, et qui ne croirait pas fermement que toutes les mesures anti-Covid étaient parfaitement justifiées, ne serait pas autorisé à défendre un client. Mais au-delà de cela, ce raisonnement factice et éculé ignore que les véritables êtres humains de notre côté de la barrière – à la différence de ceux de l’autre côté – conservent encore la faculté de penser par eux-mêmes et de se forger leur propre opinion. Ce qui correspond parfaitement à la devise du grand philosophe Emmanuel Kant : « Sapere aude » – « Ose te servir de ta propre raison ». Néanmoins, ce jugement incroyablement stupide m’a rappelé que le talon d’Achille des monstres est bel et bien la plandémie. Car c’est la clé de leur boîte de Pandore. C’est cela, la véritable clé. Ils craignent par-dessus tout que nous ouvrions cette boîte, car une fois ouverte – une fois que la plandémie du corona est comprise, même par ceux qui sont encore de l’autre côté de la barrière mais commencent à se réveiller – alors tout le reste sera exposé : le changement climatique, la manipulation climatique, l’arnaque du CO2, les guerres en #Ukraine et à #Gaza, le #11septembre2001, les assassins de Kennedy, etc., etc. Et cette seconde étape dans la bonne direction, qui permettra de mettre au jour tous ces crimes, sera franchie à une vitesse fulgurante, presque du jour au lendemain. Mais voici l’essentiel : nous, qui sommes de ce côté-ci de la barrière, nous savons déjà. Nous connaissons déjà tous les autres crimes. Il serait donc absurde, pour les monstres, d’essayer de nous cacher ce que nous savons déjà. Non, leur panique vient du fait que la boîte est désormais à moitié ouverte, et qu’un nombre croissant de personnes de l’autre côté commencent à comprendre ce qui se passe réellement. De plus en plus de victimes des injections expérimentales sont en train de se réveiller. Et tout à coup, elles réalisent qu’il n’y a absolument personne, de leur côté de la barrière, pour les aider. Alors enfin, elles se tournent vers nous pour obtenir de l’aide. Et je ne parle pas seulement d’aide médicale. Ce qu’elles recherchent, c’est un soutien humain et émotionnel – ce qu’elles trouvent dans nos communautés, ces communautés qui ont vu le jour parce que nous avons effectivement été persécutés à l’époque. De véritables communautés. Et nous sommes encore aujourd’hui persécutés. Des communautés solidaires, où l’on s’entraide – ce qui n’existe pas de l’autre côté de la barrière. Là-bas, il n’y a aucun soutien humain, seulement l’isolement total et la solitude d’un monde fait de conditionnement mental rituel et de #propagande. Or, le danger – à la fois actuel et croissant – que de plus en plus d’êtres humains de l’autre côté de la barrière rompent les rangs avec leurs bourreaux et leurs conditionneurs mentaux, s’accentue du fait que l’idée selon laquelle notre camp ne ferait aucun progrès est totalement fausse. Bien au contraire : les monstres de l’autre côté de la barrière encaissent coup sur coup – et tous ces coups sont portés sous la ligne de flottaison. Leur navire prend l’eau, et il sombre de plus en plus vite. De quoi s’agit-il ? Eh bien, ici en #Allemagne, par exemple, une décision très importante a été rendue par un tribunal administratif – je crois que c’était le 3 ou le 4 septembre 2024 –, une décision en faveur d’une infirmière qui avait été licenciée parce qu’elle refusait de se faire injecter. Le tribunal a statué, sur la base des preuves disponibles, c’est-à-dire sur le contenu non expurgé des dossiers du #RKI (l’équivalent allemand des dossiers du #CDC), que premièrement, la déclaration d’état de pandémie n’avait aucun fondement scientifique, mais reposait uniquement sur des directives politiques. Et deuxièmement, que les injections étaient totalement inefficaces. Enfin… pas tout à fait inoffensives, on se comprend. Au Canada, une militante nommée Joanne Person, qui avait soutenu les désormais célèbres combattants de la liberté de Coutts, avait attiré l’attention de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui voulait la faire emprisonner. Toutes les charges ont toutefois dû être abandonnées après la révélation d’un enregistrement audio secret montrant que la police avait planifié de dissimuler des armes chez elle, pour pouvoir ensuite l’accuser de possession illégale d’armes et de terrorisme intérieur. Voilà comment on fabrique du crime. Ce genre de nouvelles rend beaucoup de gens très, très nerveux de l’autre côté de la barrière. Encore un exemple : en Nouvelle-Zélande, Barry Young, lanceur d’alerte au sein du ministère de la Santé, soutenu par Liz Gunn, ancienne avocate et journaliste, ainsi que par l’Américain Steve Kirsch et mon ami britannique Andrew Bridgen, a réussi à publier les vrais chiffres de mortalité post-vaccination. Les données qu’il a présentées sont issues des statistiques officielles de la Nouvelle-Zélande. Dans certains centres de vaccination, plus de 30 % des personnes ayant reçu une injection sont décédées quelques heures après. Dans un centre en particulier, Invercargill, le taux était de 100 % : 51 personnes vaccinées, 51 morts, toutes dans les deux heures suivant l’injection. Grâce à une demande d’accès à l’information (OIA) déposée par un médecin néo-zélandais, il a également été révélé que le gouvernement possédait déjà les premières données de sécurité de #Pfizer des mois avant le lancement de la campagne nationale, tout en répétant sans cesse que le vaccin était bien sûr « sûr et efficace ». En réalité, c’était exactement le contraire – et le gouvernement le savait. Les données de Pfizer montraient des conséquences absolument dévastatrices en termes d’effets secondaires graves et de décès. Ces données étaient tellement accablantes que la FDA (aux États-Unis) a tenté d’en interdire la divulgation publique pendant 75 ans – ce qu’un tribunal américain a fort heureusement empêché. Nous, de ce côté de la barrière, savons depuis longtemps ce que contiennent les contrats passés entre Pfizer et les gouvernements. Mais les citoyens néo-zélandais, semble-t-il, n'ont pas compris que Pfizer elle-même stipulait dans ces contrats qu’elle ne pouvait garantir ni la sécurité ni l’efficacité du #Vaccin – et exigeait donc une immunité juridique totale en cas de blessure ou de décès. Des clauses qui sont illégales et nulles d’office, comme l’ont justement souligné nos collègues juristes belges dans un avis juridique. Et il y a encore bien plus. Par exemple, les données de sécurité officielles de Pfizer mentionnaient, dans une liste longue de 9 pages, pas moins de 1 223 décès rien que dans la phase initiale des essais cliniques. Cela montre clairement qu’on ne parle pas ici de simples négligences – mais d’une intention manifeste. Car tout cela était connu des gouvernements – pas seulement de celui de Nouvelle-Zélande. Tout cela réuni – ce que nous savons depuis longtemps de la plandémie, ce qui constitue un choc traumatisant pour celles et ceux qui sont en train de franchir la clôture pour nous rejoindre, l’effondrement de la défense absurde des monstres, ainsi que la décision de Schindler citée plus haut – signifie pour moi une chose très claire : il est grand temps de tourner la clé dans la boîte de Pandore des monstres. Autrement dit, de faire connaître aussi rapidement que possible à un maximum de personnes de l’autre côté de la clôture les véritables tenants et aboutissants de la plandémie. Car une fois la boîte ouverte, une fois ce premier pas franchi, tout le reste s’enchaînera à la vitesse de l’éclair – littéralement du jour au lendemain. Le gouvernement fantoche allemand tente en ce moment un ultime baroud d’honneur pour sauver les meubles et glisser discrètement vers la trêve estivale. Un peu comme une passe désespérée à la dernière seconde d’un match de football américain, après avoir encaissé un coup très dur sous la ceinture : l’échec de faire nommer une juge proposée pour la plus haute juridiction allemande, la désormais complètement corrompue Cour constitutionnelle. Il est devenu évident que le chancelier BlackRock d’Allemagne n’a même pas réussi à obtenir le soutien de sa propre formation politique pour cette candidate – une femme qui souhaite légaliser l’avortement jusqu’au dernier moment de la grossesse. Étrange, non ? Quand on sait que durant la période #COVID_19, les monstres ont démontré qu’un avortement par injection était parfaitement acceptable – même bien après la naissance, jusqu’à un âge très avancé. L’horreur que certains membres du parti de notre chancelier BlackRock ont à peine réussi à dissimuler sur leur visage aurait été encore plus grande s’ils avaient su comment les monstres prévoyaient de célébrer cette nomination : à grand renfort de cérémonies d’ouverture, comme celles des #JeuxOlympiques de l’été dernier à Paris ou de l’inauguration du tunnel du Saint-Gothard, il y a quelques années. Allez voir par vous-mêmes sur YouTube, et vous comprendrez ce que je veux dire. C’est pourquoi il nous faut faire de la révélation de la plandémie – et du procès de #Nuremberg2 qui doit en découler – notre priorité absolue, sous le mot d’ordre : « Une chose après l’autre – commençons par l’essentiel. » Et ce n’est donc pas un hasard – si tant est que l’on croie encore aux hasards – que, malgré tous les obstacles qu’ils ont dressés sur ma route, malgré tous les bâtons qu’ils m’ont mis dans les roues, j’aie finalement réussi à achever le montage de ma plaidoirie finale, que j’ai prononcée à l’issue de mon faux procès. Lorsque Schindler a compris ce que j’étais en train de faire, il a tenté d’interrompre mon exposé – mais, comme vous allez le voir, il a échoué. Il s’agit d’une plainte pénale contre Schindler, le parquet et d’autres personnes, pour enlèvement, entrave à la justice – un crime très grave –, coups et blessures et de nombreuses autres infractions. C’est en quelque sorte une réponse directe à la fausse décision annoncée par Schindler le 24 avril dernier. Et désormais, tout le monde pourra la lire. Je vais commencer progressivement, en publiant d’abord l’introduction, qui résume toute l’affaire et contient également une table des matières permettant à chacun de décider s’il souhaite, par exemple, savoir pourquoi je suis toujours détenu sur la base d’un mandat d’arrêt cassé dès le 1er novembre 2023, ou encore pourquoi ce qui s’est passé au Mexique relève bien d’un enlèvement – et non d’une expulsion ni d’une extradition –, ou enfin s’il ou elle préfère simplement lire l’ensemble du dossier. En résumé, il s’agit selon moi d’une contre-attaque très efficace, qui ne manquera pas d’atteindre son but. Alors n’oubliez pas – n’oubliez jamais que nous sommes la cavalerie, et que nous pouvons faire tout ce que nous décidons de faire. Les pensées deviennent des actions, et les actions deviennent des réalités. Pour finir, j’aimerais vous parler de quelques chansons qui me rappellent l’époque où je croyais encore que tout allait bien. Des morceaux optimistes comme 𝐹𝑒𝑒𝑙𝑠 𝐿𝑖𝑘𝑒 𝐻𝑒𝑎𝑣𝑒𝑛 de Fiction Factory, 𝐶𝑎𝑛’𝑡 𝐹𝑖𝑔ℎ𝑡 𝑡ℎ𝑒 𝑀𝑜𝑜𝑛𝑙𝑖𝑔ℎ𝑡 de LeAnn Rimes, 𝑆𝑎𝑦 𝑊ℎ𝑎𝑡 𝑌𝑜𝑢 𝑊𝑎𝑛𝑡 de Texas, ou 𝐻𝑜𝑤 𝑀𝑒𝑛 𝐴𝑟𝑒 d'Aztec Camera. À très bientôt, bye-bye. 🔗 #FreeReinerFuellmich #FreeReiner #JusticeForReiner #LibérezReinerFuellmich #prisonnierpolitiqu

Kerstin Heusinger

18,510 görüntüleme • 1 yıl önce

Un enfant de 13 ans de Shenzhen a passé toutes ses vacances d’hiver enfermé dans sa chambre pendant que ses camarades jouaient dehors. Il est resté assis devant un MacBook Air pendant 21 jours d’affilée à regarder des tutoriels sur Claude et à essayer de reproduire ce qu’il voyait à l’écran. À la fin des vacances, il avait créé son propre agent IA capable de résoudre des problèmes Codeforces en 45 secondes chacun. Il a tout publié dans un dépôt GitHub public le dernier jour des vacances. README en anglais approximatif. Description : “ai agent solves codeforces fast for me”. Il a regardé le repo rester à zéro étoile. Puis il est retourné à l’école le lendemain matin. Pendant que l’Occident débat pour savoir si l’IA va remplacer les développeurs, en Chine, des enfants de 13 ans publient déjà des agents fonctionnels sur GitHub entre deux périodes scolaires. Lui pensait simplement créer un outil pour ses devoirs. Il en a montré beaucoup trop. Six mois plus tard, son professeur d’informatique a ouvert son profil GitHub pour vérifier un devoir. Le dépôt que l’enfant avait publié à la fin des vacances d’hiver comptait 3 100 forks. Le professeur a cliqué sur l’un d’eux et a trouvé un portefeuille affichant 4 526 176 $. 432614799197. 4 526 176 $ de profit. Inscrit en janvier 2026. → Un développeur de 27 ans à Singapour avait cloné le dépôt de l’enfant, remplacé le plugin Codeforces par un plugin de paris sportifs, connecté Claude aux cotes de bookmakers asiatiques… puis il est parti. Six mois de logs positifs plus tard, il a publié la courbe de profit sur un petit forum de développeurs avec une seule phrase : “Je n’ai pas écrit une seule ligne de ce code. Le dépôt original était un projet de devoir d’un enfant.” Twitter Dev a explosé. 180 000 vues en 24 heures. Tout le monde demandait le lien GitHub. Tout le monde voulait savoir qui était à l’origine du projet. Le développeur de Singapour l’a révélé. C’était l’erreur. Arrêtez la vidéo de démo à 0:08. Regardez le nom du contributeur en haut à droite de la page GitHub. Ce contributeur a 13 ans. La section commentaires s’est transformée en enquête collective. Quelqu’un a ralenti la vidéo à 0,25x. Un autre a ouvert le dépôt original et analysé l’historique des contributeurs. Un troisième a retracé ses autres commits et trouvé une participation à un concours scolaire de programmation du Shenzhen Number 4 Middle School avec le même pseudo. L’enfant avait fini troisième. Les juges avaient écrit que son projet était créatif… mais sans application réelle. Le développeur de Singapour utilise toujours le script. 4 548 trades depuis janvier. Tous sportifs. Sur six ligues : NFL, Premier League, Ligue des Champions, Liga, Ligue 1, NHL. Plus gros gain unique sur le portefeuille : 1,5 million de dollars. Sur un seul match de football. Le dépôt n’est pas le produit. Le dépôt est le bruit. Le vrai moteur, c’est ce que l’enfant a construit et que les juges n’ont pas vu. Les bookmakers asiatiques publient leurs cotes 2 à 3 heures avant que les plateformes occidentales ne les mettent à jour. Shanghai bouge avant Londres. Pékin bouge avant New York. Quand les traders américains ouvrent leur ordinateur, l’écart est déjà refermé. L’agent Claude capture toutes ces opportunités pendant que l’Occident dort encore. L’enfant a écrit le script pendant les vacances d’hiver. Le développeur de Singapour l’a cloné gratuitement. Le marché lui a rapporté 4,5 millions de dollars. Le développeur de Singapour a supprimé son post quand il a compris ce qu’il avait révélé. Trop tard. Le dépôt avait déjà été forké 3 100 fois. Quelqu’un dans l’école de l’enfant a reconnu son pseudo. L’enfant, lui, n’a toujours pas gagné un seul dollar grâce à ce script. Les conditions d’utilisation de son compte GitHub lui interdisent de vendre quoi que ce soit. Il est trop jeune. Le professeur, qui avait ouvert son profil pour corriger un devoir, a refermé son ordinateur et a appelé le directeur. Avant que le post ne disparaisse, une réponse a été épinglée : “Le créateur le plus intelligent dans cette histoire est celui qui n’a pas le droit d’utiliser ce qu’il a construit.”

Jouhatsu | AI Influence Operator

543,317 görüntüleme • 3 ay önce

🇫🇷 23 novembre 1976, mort d'André Malraux. 20 ans après, le 23 novembre 1996, les cendres d’André Malraux sont transférées au Panthéon par la volonté de Jacques Chirac. L’ancien ministre Maurice Schumann, grande figure gaulliste, Compagnon de la Libération, et Jacques Chirac lui rendent hommage. Maurice Schumann : « C’est avec un être contre la mort, l’antidestin qui franchit ce soir le seuil du Panthéon. ». Le Président Chirac : « Parce que vous avez su faire vivre nos rêves, et les faire vivre en nous, prenez place, André Malraux, dans le Panthéon de la République ! » Retrouvez l'intégralité du discours de Jacques Chirac : « Mesdames et Messieurs, Le Panthéon n'est pas seulement un lieu de recueillement et de souvenir. C'est un lieu de vie, car les valeurs qui sont honorées ici, à travers celles et ceux qui reposent sous ses voûtes, sont d'abord des valeurs vivantes. C'est le combat pour la justice, celui de Voltaire dans l'affaire Callas, celui de Zola quand il accuse les calomniateurs du Capitaine Dreyfus. C'est la dignité de l'homme, toujours à défendre et à conquérir, qui habite René Cassin quand il inspire la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. C'est la passion de la liberté et le refus de l'oppression qui portent Lazare Carnot et ses soldats de l'An II, comme Jean Moulin et son armée des ombres, et qui donnent à la plume de Victor Hugo sa violence et sa force. En prononçant ici, le 19 décembre 1964, l'éloge de Jean Moulin, André Malraux engageait la France toute entière et s'engageait lui-même. Il affirmait qu'au-delà des différences de générations, d'opinions publiques ou de croyances, il est des instants où une nation se rassemble autour des valeurs qui la fondent et ceci pour mieux les faire vivre. André Malraux, je voudrais vous dire, ce soir, pourquoi l'hommage de toute la nation, acte d'évidence, acte de justice, est aussi le signe de notre engagement. André Malraux, vous nous avez appris à nous défier des réponses toutes faites, de l'esprit de système qui dénie aux individus leur part d'influence sur leur propre histoire. Vous êtes l'homme de l'inquiétude, de la recherche, de la quête, celui qui trace son propre chemin. Vous avez, très jeune, mis un terme à vos études, parce que vous ne pouviez faire vôtres des nourritures intellectuelles que vous n'auriez pas trouvées vous-même, au hasard des bouquinistes ou dans les arrière-boutiques d'éditeurs confidentiels. Vous étiez alors un dandy, avec ce que cela suppose de hauteur, de discipline, de brio, de désespoir. C'était l'époque, les années 20, mais c'était surtout vous-même. Dans vos conversations avec les poètes et les peintres cubistes, vos amis, vous étiez déjà celui qui interroge âprement notre condition. Au moment où vous vous frayiez un chemin en pays khmer, à la découverte de Banteai-Srey, avec l'intention de prélever des bas reliefs, vous posez la question, exprimée dans " La Voie royale " de ce que peut être la volonté face au grouillement des choses, aux forces obscures et émollientes qui ne sont pas seulement celles de la forêt cambodgienne. Votre rapport à l'art, qui est sans doute la pierre angulaire de votre vie, n'est qu'une longue interrogation. Votre première femme, Clara, vous montre, à 20 ans, dans les musées de Florence, courant vers le beau, comme, écrit-elle, " si vous étiez en danger ", avide de voir, de comparer, d'imaginer, de trouver votre monde. Plus tard, alors que " Les Conquérants " illustrent déjà le style et le sens de votre oeuvre, vous publiez " Royaume farfelu ", texte fantastique, esthétisant, déroutant pour vos admirateurs, mais significatif, aussi, pour ceux qui savent la profondeur de votre pessimisme, la relation un peu grimaçante que vous aviez alors avec la mort, l'irrémédiable. Vous êtes bien, André Malraux, du côté de l'inquiétude, de la quête. Nietzsche et Dostoïevsky sont, pour l'éternité, vos maîtres et vos interlocuteurs. Vous incarnez des choix, des préceptes, un exemple, et pourtant, il y a toujours chez vous le " Et si nous nous étions trompés " que vous inspire le " Shigemori " de Takanobu, chef-d'oeuvre qui vous paraît remettre en cause tout l'art occidental. Vous êtes celui qui nous apprend la richesse de la question et de la remise en question. Cette richesse, cette quête font de vous l'homme de l'aventure, de l'ouverture au monde, et donc de la tolérance et du respect de l'autre. Votre intimité avec toutes les cultures, votre façon si neuve de faire dialoguer entre eux les arts du monde, par-delà les frontières et les époques, vous consacre citoyen de l'Intemporel, un Intemporel qui est nécessairement fraternel. Vous avez eu très tôt l'intuition que c'est la comparaison, la confrontation des oeuvres, statue Maya, fétiche du Dahomey, masque No ou buste grec, qui permet de les comprendre, de les ressentir, de les transformer. C'est le principe même du Musée Imaginaire que nous rappellent ces images posées ce soir à vos pieds. Quand on aborde les arts de partout avec cette liberté intérieure, cette compréhension intime, et cette infinie curiosité qui vous lance, tout jeune Prix Goncourt, sur les traces de la Reine de Saba, il ne peut y avoir que reconnaissance pour les peuples, et des peuples qui les ont créés. Vos goûts, si éclectiques, ne sont que les différents visages d'une même passion, une passion qui ignore d'abord la hiérarchie. "Le fétiche, avez-vous écrit, ne balbutie pas la langue des formes humaines, il parle la sienne". Dans cette approche, il y a du respect, de l'humilité, à mille lieues de l'ignorance et de l'arrogance qui ont voilé, si souvent, le regard de l'Occident. C'est une démarche profondément généreuse et profondément moderne, et c'est une leçon. Vous êtes, André Malraux, en prise directe sur le monde. Vous allez être de ceux qui prennent en charge l'injustice du monde. Personne n'a, avec plus d'éloquence, défendu l'idéal de justice et chanté la fraternité. En Indochine, au cours d'un séjour qui est d'abord forcé, vous découvrez les différences de traitement selon que l'on est indigène ou européen, un droit qui n'est pas égal pour tous, parfois l'humiliation, parfois la violence, tout simplement les mille visages de la bêtise ordinaire. Dans "l'Indochine", puis "l'Indochine enchaînée", journaux que vous dirigez en 1925 et 1926, vous ferraillez au plus près de vos adversaires, maniant une plume indignée et pamphlétaire. Vous étiez un dandy. Vous devenez un rebelle. Vous serez, presque, un révolutionnaire. Dix ans plus tard, alors que vous avez peint, d'une écriture urgente et inspirée, les prémices de la révolution chinoise dans "Les Conquérants", puis dans "La Condition humaine" ; alors que vous avez inventé Garine, Kyo, Katow et l'obsédant Clappique, vous allez prendre les armes de l'Espoir, aux côtés des Républicains espagnols. C'est le temps de l'escadrille Espana, dont vous êtes l'âme. C'est le temps des quelques Bréguet, Potez et Douglas que vous avez pu rassembler, parfois si mal équipés qu'il faut larguer les bombes à la main. C'est la destruction, à Médellin, de la colonne franquiste, ce qui contribue à défendre Madrid pour un temps. L'attaque de Teruel, le secours porté aux réfugiés de Malaga. C'est le courage physique et c'est la fraternité comme réponse aux vertiges de l'absurde. La fraternité que le destin n'efface pas. "Le contraire de l'humiliation et de la mort" comme l'affirme votre double dans "L'Espoir". La fraternité qui vous inspire les scènes les plus belles. Katow, avant le pire des supplices, donnant son cyanure à deux jeunes chinois. La foule des paysans de Linarès, "les femmes aux cheveux cachés sous des fichus sans époque" qui font cortège, sur les flancs de la montagne, aux corps ensanglantés des aviateurs républicains. Les soldats allemands des "Noyers de l'Altenburg" qui portent sur leurs épaules, dans un paysage d'apocalypse, les Russes défigurés par les gaz. Nul solitaire, André Malraux, n'a chanté mieux que vous ce qui unit les hommes, au point de donner à leur vie, même fugitivement, sens et direction. C'est une autre leçon. Contre l'absurde, au-delà de la fraternité, il y a l'engagement et la capacité de dire "non". Vous vous êtes engagé en Indochine et sur la terre d'Espagne mais il y avait encore l'illusion lyrique. Encore le sentiment romantique, comme le note l'un de vos amis, de pouvoir "jouer un rôle très important avec très peu de moyens", en nouveau chevalier moderne. Désormais, avec la montée du nazisme, la mobilisation, la guerre, la défaite, la résistance côtoyée, écartée d'abord puis résolument choisie, c'est un engagement d'une autre nature que vous allez prendre. Pour la Liberté. Pour la Nation. Pour la France, que vous rencontrez au moment où elle est blessée et exsangue. Ce qui vous habite, c'est la recherche de l'efficacité qui marque votre relation avec le communisme dont vous appréciez l'organisation et la discipline face au nazisme. Mais c'est surtout le sens de la responsabilité. "Quand on a écrit ce que j'ai écrit et qu'il y a le fascisme quelque part, on se bat contre le fascisme" direz-vous à Roger Stéphane en 1945. Cette exigence et le sort de vos jeunes frères vont vous jeter dans l'action clandestine, dans les maquis de Corrèze, du Périgord, du Lot et du Bas-Limousin. Vous serez arrêté et emprisonné à Toulouse, mais vous échapperez à la torture, laissant sans réponse la question qui se pose à tout résistant. Puis, le Colonel Berger prendra le commandement de la Brigade Alsace-Lorraine, et ce sera, alors que la mère de vos fils vient de mourir, la prise de Dannemarie et la défense de Strasbourg qui feront de vous un Compagnon de la Libération. André Malraux, vous êtes alors un homme marqué par les épreuves, lucide, illustrant parfaitement votre propre définition de l'intelligence : "la destruction de la Comédie, plus le jugement, plus l'esprit hypothétique", mais aussi un homme passionné par la France, telle que, pour vous, l'incarne le Général de Gaulle. Qu'a été votre rencontre avec le Général, alors que vous étiez si différents par vos passés, et si proches par vos valeurs ? Chacun sait ce qu'il a écrit de vous : "A ma droite, j'ai et j'aurai toujours André Malraux. La présence à mes côtés de cet ami génial, fervent des hautes destinées, me donne l'impression que par là, je suis couvert du terre-à-terre. L'idée que se fait de moi cet incomparable témoin contribue à m'affermir. Je sais que, dans le débat, quand le sujet est grave, son fulgurant jugement m'aidera à dissiper les ombres". Pour vous, qui avez créé Garine et le vieux Colonel Ximenès dans "L'Espoir", c'est une filiation enfin trouvée et acceptée. De longues années durant, et notamment pendant la traversée du désert, vous montrerez une fidélité sans faille, à un homme, bien sûr, dont vous dites qu'il est "fasciné par des principes et pour cela invulnérable dans un monde sans principes", mais aussi par une certaine idée de la France. Vos convictions, votre dénonciation du totalitarisme soviétique, dont vous aviez très tôt compris la logique, vous valent l'ostracisme de la Gauche alors que vos engagements passés semblent subversifs à la Droite. En réalité, André Malraux, vous incarnez mieux que tout autre le Gaullisme tel que le voulait le Général, ni de droite ni de gauche, mais de France. Vous qui nous avez appris l'inquiétude, l'ouverture sur le Monde, la fraternité, l'engagement et la noblesse de la révolte, vous allez assumer l'action politique, malgré ses déceptions et ses contraintes, comme une nouvelle étape de votre chemin dans le siècle. Vous avez dit "l'aventure n'existe plus qu'au niveau des Gouvernements". Plus tard, vous interrogez avec force : "d'où peut-on le mieux arrêter la guerre d'Algérie ? De l'Hôtel Matignon ou des Deux Magots ?". Et vous dites encore, Ministre d'Etat chargé des Affaires Culturelles :"Dans un univers qui est à mes yeux, comme vous le savez, un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui n'est pas absurde, c'est ce que l'on peut faire pour les autres". Y a-t-il plus belle définition de l'action politique ? Dans ce Ministère qui existe pour la première fois, vous soutiendrez la création vivante, par des commandes aux plus grands artistes, Chagall, Masson, ou en défendant en pleine Assemblée Nationale la liberté du créateur, en l'occurrence celle de Jean Genet, l'auteur des " Paravents ". Vous rendrez aux Français la conscience de leur patrimoine, en lançant l'Inventaire des richesses artistiques de la France, en restaurant des monuments essentiels, en changeant la couleur de Paris. Vous assurerez notre rayonnement à l'étranger par des grandes expositions et des échanges, qui permettent aux Japonais de découvrir La Joconde, tandis que les Français s'émerveillent devant " Le Siècle d'or espagnol " ou les trésors de Tout Ankh Amon. Mais surtout, parce que vous aimez partager et que vous rejetez une conception " aristocratique " du savoir, vous inventez les Maisons de la Culture, qui sont un acte de foi dans la démocratie culturelle. La culture, comme prolongement du rêve de Jules Ferry. La culture comme nouveau droit, pour chaque enfant, pour chaque citoyen. La culture contre la mort qui, après vos jeunes frères, vous a enlevé vos deux fils. C'est en pensant à cette tragédie qu'il faut entendre votre discours prononcé à Bourges : " La culture, c'est l'ensemble des formes qui ont été plus fortes que la mort... Il faut qu'à tous les jeunes hommes de cette ville soit apporté un contact avec ce qui compte au moins autant que le sexe et le sang, car il y a peut-être une immortalité de la nuit, mais il y a sûrement une immortalité des hommes ". Cette idée, si forte, de " donner à chacun les clés du trésor " est plus moderne aujourd'hui que jamais, et doit inspirer nos actes. Pendant toutes ces années, dans ce Ministère auquel vous apportez votre gloire, vous illustrez l'idée que vous vous faites de la France et de sa mission particulière. La France, avez-vous dit, " n'est jamais plus grande que lorsqu'elle l'est pour tous, lorsqu'elle n'est pas repliée sur elle-même ". C'est aussi, André Malraux, une idée qui nous oblige. Sans doute, nous ne sommes plus dans les années 60, mais la France, aujourd'hui comme hier, peut faire entendre sa voix, défendre ses convictions, affirmer ses valeurs, au premier rang desquelles son idéal de paix et de justice. C'est ainsi qu'elle est fidèle à sa vocation. " Que m'importe ce qui n'importe qu'à moi ? " Cette question, qui vous était familière, vaut pour les pays autant que pour les hommes. C'est une dernière leçon, que nous ferons vivre. André Malraux, vous allez entrer dans votre dernière demeure, aux côtés de Jean Monnet, l'un des pères de l'Europe, de René Cassin, le serviteur de la paix, et surtout de Jean Moulin, auquel vous lie la fraternité du courage et de la révolte. Au-delà de la force et de la modernité de vos messages, je voudrais vous remercier au nom de tous les jeunes Français que vous avez fait rêver. Vous avez été celui qui, de retour en France après un séjour rude en Indochine, repart tout aussitôt vers Saïgon, pour lancer au monde colonial le défi de l'humanisme. Vous avez été celui que l'on écoute passionnément, au Café Florida, à Madrid, alors que vous séduisez, en français, un auditoire cosmopolite. Vous avez été celui qui crée de rien le PC Interallié, en Corrèze, projet qui devient réalité à force d'autorité de passion personnelle. Vous avez été celui qui nargue la mort et qui ne se laisse jamais arrêter par elle, alors même qu'elle vous atteignait dans vos proches. Vous avez été celui qui rassemble, découpe, colle les images de votre Musée Imaginaire alors que vous menez bataille au nom du Rassemblement du Peuple Français. Vous avez été le Farfelu, présent même chez le Ministre d'Etat, l'auteur des " Lunes en papier ". Celui qui répond au " Croyez-vous que je sois mort ? " de Picasso, furieux de n'avoir pas reçu une invitation, par un " Croyez-vous que je sois Ministre ? ", clin d'oeil au chat qui fait semblant d'être chat chez Mallarmé. Pour tout cela, et aussi pour une voix, un regard, des mains qui dessinaient vos mots, vous avez inspiré, irrigué plusieurs générations. "Nous ne savons pas ressusciter les corps, mais nous commençons à savoir ressusciter les rêves", avez-vous écrit. C'est peut-être de cela qu'il est question ce soir. Pierre Emmanuel disait de vos rêves qu'ils étaient "immenses et accueillants"... plus vrais, plus réels que ce que nous appelons "nature", ajoutant "la vérité des grands rêves se situe dans l'insondable, au fond de l'homme, en chacun de nous". Au-delà du vrai existe le vécu qui rencontre le rêve. Parce que vous avez su faire vivre vos rêves et les faire vivre en nous, prenez place, André Malraux, dans le Panthéon de la République. »

🇫🇷 Gaullisme ☨

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‼️🇺🇦🇺🇸🇬🇪🇷🇺🇪🇺 « LFI n'est pas pro-russe » C'est faux. Voici leur ligne pour 2027. En 3 mins, ce député sans colonne vertébrale enchaîne 21 (!!!) contre-vérités ahurissantes. Je vais TOUTES les démonter. C'est long. Réfuter une absurdité prend plus de temps que l'affirmer : 1. « La priorité devrait être de ramener la Russie dans le concert des nations européennes » La Russie n’a pas été exclue arbitrairement. Elle a été suspendue puis exclue de plusieurs institutions après l’annexion de la Crimée en 2014, puis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022. Le problème principal n’est pas un manque d’intégration occidentale, mais la violation répétée du droit international par Moscou. 2. « On s’est mal débrouillés avec Poutine » Entre 2000 et 2014, les Occidentaux ont au contraire multiplié les partenariats avec la Russie. La Russie a rejoint le G8, l’Union européenne est devenue son premier partenaire commercial, et des projets énergétiques massifs ont été développés, notamment Nord Stream. Des milliers d’entreprises occidentales sont allées investir en Russie. Tout le monde était heureux de s’ouvrir à un marché de 140 millions de consommateurs. La Russie est avant tout responsable de son isolement. Je suis sincèrement dérangé de voir un député français expliquer que l’Occident serait responsable de la situation actuelle, alors que la Russie mène des guerres contre ses voisins depuis les années 1990. Il suffit de regarder les pays baltes : ils ont rejoint l’OTAN parce qu’ils connaissaient parfaitement le danger que représentait Moscou. 3. « Il aurait fallu une diplomatie différente au début des années 2000 » Au début des années 2000, Poutine avait déjà : - Écrasé la Tchétchénie ; - Réduit progressivement le pluralisme politique ; - Renforcé le pouvoir des services de sécurité ; - Fait pression sur les médias indépendants ; - Emprisonné, contraint à l’exil ou fait taire de nombreux opposants. Encore une fois : comment un député français peut-il affirmer sans trembler que nous serions responsables de la situation actuelle à cause d’un prétendu manque d’entente diplomatique ? Pourquoi faut-il systématiquement dédouaner le régime russe de son durcissement autoritaire et de ses crimes ? 4. « Il ne fallait pas bombarder la Serbie » Aurélien Taché nous ressort ici tous les poncifs habituels sur les Balkans. L’intervention de l’OTAN peut être critiquée. C’est un débat parfaitement légitime. En revanche, lancer cette phrase sans aucun contexte historique est profondément trompeur. Entre 1991 et 1999, les guerres de Yougoslavie font plus de 130 000 morts. Les forces serbes de Bosnie et le régime de Slobodan Milošević sont impliqués dans des campagnes de nettoyage ethnique à grande échelle contre les populations non serbes. Quelques rappels : - Le siège de Sarajevo dure près de quatre ans. Des milliers de civils sont tués par les bombardements et les tirs de snipers. - Des forces serbes mettent en place des camps de détention et de concentration en Bosnie et en Croatie. - En juillet 1995, le massacre de Srebrenica entraîne l’assassinat de plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques musulmans. Les juridictions internationales l’ont qualifié de génocide. Des responsables comme Radovan Karadžić sont condamnés pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Milošević, président serbe, lui-même est inculpé pour crimes contre l’humanité avant sa mort. Les frappes aériennes de l’OTAN en août-septembre 1995 (opération Deliberate Force) visent principalement les forces serbes de Bosnie après Srebrenica et les bombardements répétés de zones civiles, après des années d’inaction internationale face aux massacres. Lorsque l’on arrive au Kosovo en 1998-1999, l’OTAN n’intervient pas dans le vide. Elle agit après des années de massacres, de déportations et de nettoyages ethniques dans l’ex-Yougoslavie, alors que Milošević est toujours au pouvoir. Au Kosovo, les forces serbes mènent une campagne de répression contre la population albanaise. Des villages sont incendiés, des exécutions sont documentées et des centaines de milliers de Kosovars fuient leurs foyers. Le massacre de Račak, où des dizaines de civils albanais sont retrouvés morts, joue notamment un rôle majeur dans la décision occidentale d’intervenir. À la suite de cela ont lieu les négociations de Rambouillet entre Serbes et Kosovars. Elles échouent, chaque camp jugeant les propositions inacceptables. L’alternative est alors entre une intervention militaire contestée et la poursuite probable d’une campagne de nettoyage ethnique déjà en cours. On peut débattre de la légalité de l’opération de l’OTAN, de ses conséquences ou de ses erreurs. Mais présenter les bombardements de 1999 comme une agression gratuite contre la Serbie sans rappeler tout ce contexte revient à effacer l’essentiel de l’histoire. 5. « Les Russes pouvaient régler le problème serbe eux-mêmes » Clairement non. On a vu les résultats de cette diplomatie tout au long des guerres yougoslaves. Elle n’a empêché ni les massacres, ni les déplacements de population, ni l’escalade militaire. La Russie soutenait Belgrade depuis des années. Aurélien Taché a raison sur un point : la proximité historique, culturelle et religieuse entre les deux pays était réelle. Mais c’est précisément pour cette raison que Moscou n’était pas un acteur neutre. Primakov et les dirigeants russes de l’époque soutenaient le régime de Milošević. Présenter la Russie comme un médiateur impartial dans cette crise n’a donc aucun sens. 6. « Le bombardement de la Serbie a convaincu les Russes qu'on ne pouvait pas faire confiance à l'Occident » Beaucoup de responsables russes ont effectivement vécu le Kosovo comme une humiliation. Mais en faire l'origine de la rupture avec l'Occident est réducteur. D'abord, les tensions existaient déjà avant 1999, notamment autour de l'élargissement de l'OTAN à l'Europe centrale, perçu à Moscou comme un recul de son influence. C’est d’ailleurs un réflexe impérialiste russe, et non occidental, puisque les nations sont souveraines dans leur choix d’alliances militaires, et que le contexte historique justifie largement leur volonté de se protéger. Ensuite, la dégradation des relations ne s'explique pas seulement par les choix occidentaux. Elle est aussi liée à l'évolution de la Russie elle-même : concentration du pouvoir autour de Poutine, affaiblissement des contre-pouvoirs, montée de l'autoritarisme et volonté croissante de restaurer une sphère d'influence dans l'espace post-soviétique. Encore une fois : les Russes n’ont qu’à se regarder dans le miroir. La main leur a été tendue à de très nombreuses reprises. Ce sont eux qui ont choisi la voie de la belligérance et de l’antagonisme permanent. Il suffit d’écouter la classe politique russe et ses médias. 7. « Après cela, Poutine a compris qu'il n'y avait pas d'avenir avec l'Occident » Faux. Là encore, l'affirmation ne résiste pas aux faits. Si Poutine avait réellement conclu dès 1999 qu'il n'y avait « aucun avenir avec l'Occident », pourquoi la Russie a-t-elle continué à coopérer étroitement avec les États-Unis et l'Europe pendant plus d'une décennie ? Après le Kosovo, Moscou soutient les États-Unis après le 11 septembre 2001, facilite les opérations en Afghanistan, participe à la création du Conseil OTAN-Russie en 2002, développe ses relations économiques avec l'Union européenne et construit même des projets stratégiques communs comme Nord Stream. Les exemples sont légion. Bref, c’est encore un poncif sans ancrage dans le réel. 8. « Les révolutions en Géorgie ont été pilotées par les Américains » Cette affirmation est non seulement fausse, mais aussi profondément insultante envers le peuple géorgien. Oui, des ONG occidentales étaient présentes en Géorgie. Oui, des fondations américaines ont soutenu des médias indépendants, des observateurs électoraux ou des organisations de la société civile. Mais cela ne signifie pas qu'elles ont organisé ou contrôlé la Révolution des Roses. La révolution éclate avant tout à la suite d'élections législatives massivement contestées pour fraude, dans un pays gangrené par la corruption et le banditisme. Des dizaines de milliers de Géorgiens descendent dans la rue, rejoints par une opposition qui bénéficie déjà d'un large soutien populaire. Pour croire à la thèse d'un « pilotage américain », il faudrait expliquer comment Washington aurait pu manipuler à lui seul des centaines de milliers de citoyens géorgiens ayant leurs propres motivations politiques. Cette lecture retire toute capacité d'action aux Géorgiens eux-mêmes. Elle suppose que lorsqu'une population post-soviétique se révolte contre un pouvoir impopulaire ou corrompu, elle ne peut pas le faire de sa propre initiative et doit nécessairement être dirigée depuis Washington. C'est précisément l'un des postulats centraux de la propagande russe depuis vingt ans. C’est méprisant et profondément indécent. Ça en dit aussi long sur Taché : apparemment, pour lutter pour la liberté dans son pays, il faudrait forcément toucher un billet. Je sais que cela peut paraître inconcevable pour vous, Monsieur le député, mais contrairement à ce que vous semblez croire, les peuples savent se mobiliser contre l'injustice sans être payés pour le faire. Enfin, si les États-Unis contrôlaient réellement ces révolutions, il devient difficile d'expliquer pourquoi elles ont produit des résultats aussi différents selon les pays, les périodes et les dirigeants concernés. Les mouvements de contestation en Géorgie, en Ukraine ou au Kirghizstan ont tous suivi des trajectoires distinctes, parfois même défavorables aux intérêts occidentaux. La réalité est beaucoup plus simple : les États-Unis ont soutenu des acteurs démocratiques et la société civile, mais aucune preuve sérieuse ne montre qu'ils ont « piloté » la Révolution des Roses. Confondre soutien politique et contrôle opérationnel est un raccourci qui ne résiste pas à l'examen des faits. 9. « Maïdan a été piloté par les Américains » Là, c’est pareil. Il répète la propagande la plus crasse, la plus stupide et la plus dégoûtante du Kremlin sans rougir. Maïdan commence en novembre 2013 après la décision du président Viktor Ianoukovytch de renoncer à l'accord d'association avec l'Union européenne, alors qu'il s'était publiquement engagé à le signer lors de sa campagne présidentielle. Les premières manifestations sont spontanées et rassemblent essentiellement des étudiants, des journalistes et des citoyens ordinaires. Ce n'est qu'après la répression policière du 30 novembre, lorsque de jeunes manifestants pacifiques sont passés à tabac, que le mouvement prend une ampleur nationale. Des centaines de milliers d'Ukrainiens descendent dans les rues de Kyiv et d'autres villes. Affirmer que Washington aurait « piloté » un tel mouvement suppose que les États-Unis auraient été capables de contrôler des mois de manifestations, des centaines de milliers de participants et une multitude d'acteurs politiques, associatifs et citoyens. Or il n’existe pas la moindre preuve sérieuse pour étayer une telle affirmation. D’ailleurs, bien que très jeune à l’époque, j’y étais moi-même. Les États-Unis ont bien soutenu politiquement l'opposition démocratique ukrainienne, comme ils l'ont fait dans de nombreux pays. Des responsables américains ont rencontré des opposants et exprimé leur soutien aux manifestants. Mais soutenir un mouvement et l'organiser sont deux choses très différentes. Là encore, cette théorie souffre surtout d'un problème logique : elle retire toute capacité d'action aux Ukrainiens eux-mêmes. Elle part du principe que des millions de personnes ne peuvent pas se mobiliser contre la corruption, l'autoritarisme ou un changement de cap géopolitique sans être manipulées par une puissance étrangère. C'est une vision profondément paternaliste et méprisante des peuples post-soviétiques. 10. « Il faut des référendums sur les territoires occupés » Un référendum n'a de valeur que si les électeurs peuvent voter librement. Or, dans les territoires occupés par la Russie : - Des millions d'Ukrainiens ont fui ; - Une partie de la population a été déplacée de force ; - Les médias indépendants ont disparu ; - La population subit la propagande russe 24 heures sur 24 depuis des années ; - Toute opposition à l'occupation est réprimée ; - Des citoyens ont été arrêtés, torturés ou intimidés pour leurs positions pro-ukrainiennes. Dans ces conditions, il est impossible de déterminer qui devrait voter et dans quel environnement politique. Surtout, le droit international est très clair : un État ne peut pas envahir un territoire, en prendre le contrôle militaire, puis organiser un référendum pour légitimer cette conquête. Accepter ce principe reviendrait à créer un précédent extrêmement dangereux : n'importe quelle puissance pourrait annexer un territoire voisin puis réclamer un vote sous occupation pour valider le fait accompli. Cette idée de « conférence des frontières », chère à Jean-Luc Mélenchon, est une véritable boîte de Pandore. La véritable question n'est donc pas : « Faut-il un référendum ? », mais plutôt : pourquoi récompenser une invasion en accordant à l'agresseur le droit de redessiner les frontières qu'il a lui-même violées ? Enfin, les Ukrainiens des territoires occupés n'ont jamais demandé de référendums avant l'invasion russe de 2014. C'est un mythe construit par Moscou. Il n'existait aucun mouvement séparatiste dans le sud ou l'est de l'Ukraine avant l'invasion russe. 11. « Zelensky n'a plus aucune légitimité populaire » Encore une fois, on retrouve presque mot pour mot l'argumentaire développé par le Kremlin. Comparez vous-mêmes : JLM : « Monsieur Zelensky, dites-vous, vous plaisantez ? Il n'est président de rien. Depuis le mois de mai dernier, son mandat est arrivé à terme. » Poutine : « Le président de l'Ukraine est élu pour cinq ans. Il n'existe aucun moyen de prolonger son mandat. » JLM : « Si vous faites signer un accord par quelqu'un qui est ensuite remplacé par quelqu'un d'autre qui dit : "Moi, je n'étais pas au courant et lui, il ne représentait personne", et c'est fini, patatras, tout est ramené à zéro. Nous avons donc besoin qu'il y ait un président légitime élu par les Ukrainiens (...) pour signer l'accord de paix. » Poutine : « La signature doit être celle des autorités légitimes. Sinon (...) le prochain arrivera et jettera tout ça à la poubelle. » D'abord, le mandat présidentiel ukrainien n'a pas été prolongé de manière arbitraire. La Constitution ukrainienne et la loi martiale interdisent la tenue d'élections nationales en temps de guerre. Cette règle existait bien avant l'invasion russe de 2022. Organiser un scrutin alors qu'une partie du territoire est occupée, que des millions de citoyens sont réfugiés à l'étranger, que des centaines de milliers de soldats sont au front et que des villes sont bombardées quotidiennement serait matériellement et démocratiquement impossible. Ensuite, malgré l'usure inévitable liée à plus de quatre ans de guerre, Zelensky demeure l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays. Aucun opposant ne bénéficie aujourd'hui d'un soutien comparable à l'échelle nationale, à l'exception éventuelle de Zaloujny. Depuis plusieurs années, Vladimir Poutine affirme qu'il ne peut pas négocier avec Zelensky car celui-ci serait devenu « illégitime » en raison de l'absence d'élection présidentielle. Or cet argument ignore volontairement les dispositions du droit ukrainien en temps de guerre et sert avant tout à justifier le refus du Kremlin d'engager de véritables négociations. Lorsque Aurélien Taché ou Jean-Luc Mélenchon reprennent cette idée, ils reprennent quasiment mot pour mot l'un des principaux éléments de langage utilisés par Moscou depuis des mois. Qu'ils le veuillent ou non, ils contribuent ainsi à légitimer le prétexte invoqué par le Kremlin pour poursuivre la guerre. Si personne n'est « légitime » pour négocier côté ukrainien, alors aucune négociation n'est possible. C'est précisément la position défendue par le Kremlin pour justifier la poursuite du conflit, alors même que les frappes russes continuent de tuer des civils ukrainiens chaque semaine. 12. « Une affaire de corruption éclate tous les quinze jours » Populisme de bas étage. Personne ne nie que la corruption demeure un problème en Ukraine. C'est d'ailleurs précisément pour cette raison que le pays a créé depuis 2014 plusieurs institutions spécialisées, comme le Bureau national anticorruption (NABU) ou le Parquet spécialisé anticorruption. Si des scandales éclatent régulièrement, c'est aussi parce que ces structures enquêtent davantage qu'auparavant et que la société civile ukrainienne est particulièrement vigilante sur ces questions. Ensuite, les affaires révélées ne démontrent pas l'absence de lutte contre la corruption, mais souvent l'inverse. Plusieurs ministres, hauts fonctionnaires, responsables militaires ou proches du pouvoir ont été limogés, poursuivis ou contraints à la démission. Dans de nombreux pays, ces dossiers n'auraient jamais été rendus publics. Surtout, l'argument est utilisé de manière très sélective. La Russie figure parmi les pays les plus corrompus d'Europe selon la plupart des indicateurs internationaux, mais on entend rarement les mêmes conclure que le Kremlin aurait perdu toute légitimité pour autant. 13. « Une partie de l'aide disparaît » C'est faux. Et c'est un argument particulièrement malhonnête. Des audits français, américains et européens sont réalisés en permanence. On sait précisément où vont les aides étrangères et comment elles sont utilisées. Si l'Ukraine était réellement un système où l'aide occidentale disparaissait massivement dans la corruption, il serait difficile d'expliquer comment elle a réussi à tenir plus de quatre ans face à l'armée russe, à moderniser ses capacités militaires et à mener des opérations complexes. Les audits occidentaux ont identifié des cas de corruption et de mauvaise gestion, mais aucune preuve d'un détournement massif et systémique de l'aide militaire occidentale. Tous les grands scandales de corruption de ces dernières années, notamment l'affaire Midas, qui concernait environ 100 millions de dollars détournés dans le secteur de l'énergie, ne portaient pas sur les aides étrangères. Oui, la corruption existe. Mais prétendre que l'aide occidentale est massivement détournée est un mensonge que le Kremlin adore propager pour convaincre les Occidentaux d'abandonner l'Ukraine. Aurélien Taché reprend ici exactement ce récit. 14. « Des hommes sont enlevés dans la rue pour être enrôlés » Oui, des vidéos montrent parfois des méthodes brutales ou illégales employées par certains agents chargés de la mobilisation. Ces abus existent et sont régulièrement dénoncés en Ukraine même. Mais parler d'« enlèvements » comme si l'État ukrainien kidnappait systématiquement ses citoyens est faux. L'Ukraine applique une conscription en temps de guerre, comme de nombreux pays l'ont fait dans leur histoire lorsqu'ils étaient confrontés à une menace existentielle. Présenter ces vidéos comme la preuve que les Ukrainiens ne veulent plus se battre revient à confondre des abus ponctuels avec la réalité d'un pays mobilisé depuis plus de quatre ans pour sa survie. 15. « Les Ukrainiens ne veulent plus se battre » Encore une phrase dénuée de sens. Il existe une fatigue de guerre réelle en Ukraine. Après plus de quatre ans de conflit à grande échelle, des centaines de milliers de morts et de blessés, des familles séparées et une mobilisation prolongée, de nombreux Ukrainiens s'interrogent sur la stratégie à suivre. Cette lassitude s'est notamment accentuée après l'échec de la contre-offensive de l'été 2023, qui avait suscité d'importants espoirs. Mais cette fatigue ne signifie pas que les Ukrainiens ne veulent plus se battre. Les sondages montrent généralement qu'une majorité de la population refuse toujours les concessions territoriales majeures et considère une victoire russe comme une menace existentielle. Cela dit, il existe de réelles difficultés et le moral n'est plus celui de 2022. C'est parfaitement normal. Dans toutes les guerres longues — de la Première Guerre mondiale au Vietnam, en passant par l'Irak ou l'Afghanistan — les populations finissent par s'épuiser, douter et chercher une issue. C'est la nature même de la guerre. Confondre fatigue, lassitude et volonté de capituler est une façon de déformer la réalité du terrain. 16. « Le récit du bien contre le mal est imposé » Oui, Monsieur Taché. La Russie a envahi un État souverain sans la moindre justification valable, détruit des villes entières et provoqué la mort de centaines de milliers de personnes. L'Ukraine, elle, subit une guerre dont elle n'est en rien responsable. Dans ce conflit, il n'est pas difficile d'identifier l'agresseur et l'agressé. Votre faculté à le faire est indigne pour un député, et j’espère que vous ne le serez plus prochainement. Vous n’avez clairement pas les compétences pour. 17. « Les Russes sont présentés comme le mal et l'OTAN comme le bien » Caricature grotesque. La plupart des observateurs occidentaux ne présentent pas l'OTAN comme une organisation parfaite ou irréprochable. Les interventions en Irak, en Afghanistan ou en Libye ont fait l'objet de critiques extrêmement sévères en Europe comme aux États-Unis. En revanche, dans le cas de l'Ukraine, le problème n'est pas une question de « bien » ou de « mal », mais de faits. La Russie a envahi un État souverain, annexé des territoires, bombardé des villes, déporté des civils et commis de nombreux crimes documentés par les organisations internationales. Le fait de rappeler ces réalités ne relève pas d'un récit manichéen, mais de la description d'événements observables. L'argument est d'ailleurs révélateur : il ne répond pas aux accusations portées contre la Russie. Il cherche à les relativiser en suggérant qu'elles ne seraient qu'un produit de la propagande occidentale. Or ce ne sont pas les médias occidentaux qui ont lancé l'invasion du 24 février 2022, bombardé Marioupol ou massacré des civils à Boutcha. On peut critiquer l'OTAN autant qu'on veut. Cela ne change rien à la responsabilité de la Russie dans la guerre qu'elle a elle-même déclenchée. 18. « Les États-Unis ne sont même plus derrière cette ligne » Plutôt vrai. Mais dans ce cas, il faudrait savoir : cette guerre est-elle une guerre américaine « provoquée par Washington », comme l'affirment depuis des années les propagandistes du Kremlin, ou non ? Les États-Unis ont réduit leur implication et multiplié les signaux contradictoires. C'est précisément l'une des raisons pour lesquelles les Européens sont aujourd'hui contraints d'assumer davantage leurs responsabilités. 19. « L'Allemagne réarme à 100 % américain » Factuellement faux. L'Allemagne a certes acheté des F-35 américains, mais elle investit simultanément des dizaines de milliards d'euros dans son industrie nationale et européenne : - Plus de 100 milliards d'euros de fonds spécial pour la Bundeswehr ; - Commandes massives auprès de Rheinmetall (chars, munitions, véhicules) ; - Participation aux programmes européens MGCS et FCAS ; - Investissements dans les systèmes de défense aérienne européens. Dire que l'Allemagne réarme « à 100 % américain » est tout simplement faux. Mais bon, vérifier les faits avant de parler semble être devenu optionnel pour certains. 20. « L'Allemagne veut reprendre l'hégémonie militaire en Europe » Prétendre que l'Allemagne cherche l'hégémonie militaire en Europe parce qu'elle réarme face à la plus grande guerre sur le continent depuis 1945, c'est confondre défense et expansionnisme. Si Berlin voulait dominer l'Europe, elle ne placerait pas son réarmement dans le cadre de l'OTAN, de l'Union européenne et de programmes militaires communs avec ses voisins. La doctrine officielle allemande met l'accent sur la défense collective, le soutien à l'Europe et la dissuasion face à la Russie. Rien de sensationnel. 21. « Quand les Allemands réarment, ce n'est jamais bon » Honteux et insultant pour nos voisins allemands. L'Allemagne de 2026 n'est ni celle de Guillaume II ni celle d'Hitler. C'est une démocratie libérale intégrée à l'Union européenne et à l'OTAN, dont l'armée est placée sous un contrôle parlementaire strict. Son réarmement est une réponse directe à l'invasion de l'Ukraine par la Russie et s'inscrit dans un cadre collectif de défense avec ses alliés. Par ailleurs, si l'on appliquait ce raisonnement à tous les pays, il faudrait considérer que la France est une menace dès qu'elle augmente son budget militaire à cause des guerres napoléoniennes, ou que le Royaume-Uni ne devrait plus avoir d'armée en raison de son passé colonial. Voilà. 25000 signes pour debunker une connerie de 3 minutes. Aurélien Taché est une tâche pour la France et pour l’Assemblée. Vivement les prochaines élections pour qu’il soit battu.

Cyrille Amoursky

127,849 görüntüleme • 2 ay önce

Géopolitique de comptoir et sueur lunaire : Autopsie d'un naufrage d’Idriss Aberkane en 3 minutes Il y a des moments dans la vie d'un curioscepticosapioiste où l'on se sent d'humeur aventurière. On se dit : « Tiens, et si j'allais voir ce que l'algorithme a à offrir sur l'éventualité d'une Troisième Guerre mondiale ? ». Après tout, l'époque est tendue, les enjeux sont complexes, et un peu d'analyse géopolitique ne ferait pas de mal. C'est ainsi que je suis tombé sur une vidéo. Une pépite. Un monument. Une œuvre d'art involontaire de l'absurde. J'avais l'intention, initialement, de déconstruire l'ensemble de son propos. De faire un travail de fond. Mais voilà : j'ai une règle d'hygiène mentale assez stricte. C'est le principe du Canari dans la mine de charbon appliqué à la rhétorique, ou si vous préférez, la Loi de Brandolini (le principe d'asymétrie des bobards) : « La quantité d'énergie nécessaire pour réfuter des idioties est un ordre de grandeur supérieur à celle nécessaire pour les produire ». Alors, quand un intervenant réussit l'exploit olympique d'insulter la physique, l'histoire, la biologie et la simple logique aristotélicienne en moins de 180 secondes, le verdict tombe : je ne regarde pas la suite. Si les fondations sont en guimauve radioactive, je ne vais pas inspecter la toiture. Voici donc pourquoi j'ai quitté mort de rire cette vidéo à la 3ème minute. Installez-vous, prenez un café (ou un verre de vin, c'est selon l'heure), ça va être salé. 1. Intel, la Lune et la transpiration sélective des femmes (Le Pic de la Connerie) Commençons par le plat de résistance, servi dès l'entrée. Notre expert en géopolitique ésotérique nous explique, avec un aplomb qui force le respect, que le géant des semi-conducteurs Intel utilise la méthode « Copy Exactly » (Copie Totale) pour une raison bien précise. Accrochez-vous à votre rationalité, ça va secouer. Selon lui, Intel s'est rendu compte que « les phases de la lune influençaient la qualité de leur semi-conducteur parce que les femmes pouvaient transpirer un peu plus ou avoir un peu plus de lipides sur la peau ». Il ajoute même, dans un élan de précision médicale, que « les hommes pouvaient aller aux toilettes plus souvent ». Pause. On respire. Je suis passionné de physique et de technologie, et là, j'ai failli avaler ma montre. Analysons ce qui ne va pas, voulez-vous ? Une usine de semi-conducteurs (une Fab), ce n'est pas la cuisine de ma tante Ginette où l'on fait des crêpes la fenêtre ouverte. C'est ce qu'on appelle une Salle Blanche (Cleanroom). On parle de normes ISO 1 à ISO 5. L'air y est filtré en permanence pour éliminer les particules de poussière microscopiques. La température est contrôlée au dixième de degré près. L'humidité est stabilisée à la décimale. La pression atmosphérique est régulée. Les techniciens qui y travaillent portent des « Bunny Suits » : des combinaisons intégrales, stériles, qui ne laissent passer ni un cheveu, ni une squame de peau, et encore moins des « vapeurs de lipides lunaires ». L'idée même qu'une variation hormonale ou sudoripare, causée par la Pleine Lune (ce qui est déjà biologiquement douteux), puisse traverser trois couches de textile technique filtrant, surmonter le flux laminaire vertical, pour aller corrompre une galette de silicium gravée en 3 nanomètres, c'est de la science-fiction de série Z. La méthode Copy Exactly! d'Intel existe. C'est vrai. Mais elle sert à garantir que si un tuyau de gaz fait 12 cm de long et a 2 coudes dans l'usine de l'Oregon, il doit faire 12 cm et avoir 2 coudes dans l'usine d'Irlande. C'est de la dynamique des fluides et de la thermodynamique. Ce n'est pas de la sorcellerie gynécologique. Prétendre qu'Intel gère ses chaînes de production en fonction du cycle menstruel ou de la vessie des messieurs, c'est insulter des décennies d'ingénierie. 2. J.P. Morgan et la télépathie nécromancienne Une fois qu'on a digéré les lipides lunaires, notre ami enchaîne avec un classique : la citation d'autorité. Il cite J.P. Morgan : « Les millionnaires n'étudient pas l'astrologie, mais les milliardaires, oui. » Et là, le génie opère. Il admet, textuellement : « Elle est apocryphe [...] mais il pensait exactement ça. Il n'en pensait pas moins. » C'est magnifique. C'est ce que j'appelle l'argument « Trust me, bro » post-mortem. Le type avoue que la citation est fausse (JP Morgan ne l'a jamais dite), mais il s'octroie le super-pouvoir de lire dans les pensées d'un banquier mort en 1913 pour valider son propre délire. C'est une méthode fascinante. Essayons, pour voir : « Napoléon n'a jamais dit qu'il adorait le breakdance, c'est apocryphe. Mais il le pensait très fort. Il n'en pensait pas moins. » Vous voyez le problème ? Si on commence à faire parler les morts pour confirmer nos biais cognitifs en admettant que les preuves n'existent pas, on ne fait plus de l'analyse. On fait du spiritisme de comptoir. 3. François Mitterrand, réincarnation du Pharaon On continue la descente aux enfers intellectuels. L'affirmation : « Mitterrand pensait être la réincarnation d'un pharaon. C'est pas une blague et c'est bien pour ça qu'il a fait construire la pyramide du Louvre. » Alors, remettons l'église au milieu du village (et la pyramide au milieu de la cour Napoléon). Est-ce que Mitterrand consultait Élizabeth Teissier ? Oui. C'est factuel, c'est documenté, et c'est franchement embarrassant pour la Vème République. On est d'accord. Mais le saut logique vers « Il a construit la Pyramide parce qu'il se prenait pour Toutânkhamon » est une fable qui traîne dans les milieux complotistes depuis les années 80. La Pyramide du Louvre a été commandée à l'architecte I.M. Pei pour une raison purement logistique : le musée était un bordel sans nom, avec des entrées éparpillées et inadaptées au flux moderne. Il fallait créer une entrée centrale souterraine capable de distribuer les visiteurs vers les trois ailes sans défigurer les façades historiques du palais. La forme pyramidale a été choisie pour sa stabilité géométrique, sa transparence et sa capacité à apporter de la lumière au sous-sol sans écraser visuellement le Louvre. Ce n'était pas un tombeau pour l'ego de Tonton. C'était un puits de lumière. Confondre l'urbanisme fonctionnel avec un rite maçonnique égyptien, c'est quand même un sacré niveau d'interprétation. À ce compte-là, le triangle de signalisation dans mon coffre prouve que je suis un Illuminati. 4. Le Bingo de l'Apocalypse et le double naufrage (Astrologue vs Debunkers) Arrêtons-nous là une seconde sur le casting de ce fameux « cercle rouge » et son analyse géopolitique de haute volée. Notre Nostradamus sous Xanax nous explique avec des trémolos dans la voix que Donald Trump, Benjamin Netanyahou, et « feu l'Ayatollah Khamenei » (paix à ses cendres fraîchement bombardées) partagent un point commun terrifiant : ils sont tous nés sous une éclipse. Et c'est ici que l'histoire devient délicieuse. Sur le réseau X, des "debunkers" en herbe, sans doute trop pressés de faire du clic, ont voulu le contrer en affirmant que c'était faux. Eh bien, plot twist de la rigueur intellectuelle : le charlatan a raison sur l'astronomie, et les debunkers ont tort. Vérification faite : Ali Khamenei est bien né le 19 avril 1939, le jour exact d'une éclipse solaire annulaire. Benjamin Netanyahou a poussé son premier cri le 21 octobre 1949, le jour précis d'une éclipse solaire partielle. Quant à Trump, il est effectivement né le jour d'une éclipse totale de lune. Dun dun duuuun. Tremblez, mortels. La prophétie est-elle en marche ? L'alignement des planètes dicte-t-il la guerre de demain ? Non. Et c'est là que la rationalité reprend ses droits avec violence. Ce n'est pas parce que les dates sont exactes que la conclusion géopolitique n'est pas de la bouillie pour chats. C'est le cas d'école de ce qu'on appelle le Biais du tireur d'élite texan. Le principe est enfantin : imaginez un type qui vide son chargeur à l'aveugle sur la porte d'une grange, puis qui va peindre tranquillement une cible autour de l'amas de plombs pour faire croire à tout le monde que c'est un sniper de génie. Faisons un peu de mathématiques. Il se produit entre 4 et 7 éclipses (solaires et lunaires) chaque année. Sur un siècle, on approche allègrement du demi-millier de fenêtres astrales de ce type. Maintenant, prenez la liste de tous les chefs d'État, dictateurs, ministres de la Défense, généraux, conseillers de l'ombre et influenceurs impliqués de près ou de loin dans les conflits actuels. On parle de centaines d'individus clés. La probabilité d'en piocher trois qui sont nés le jour d'une éclipse (qu'elle soit solaire, lunaire, totale ou partielle, l'ésotérisme sait ratisser large pour que ça rentre) est statistiquement non seulement possible, mais banale. C'est de l'apophénie pure et dure : la capacité obsessionnelle du cerveau humain à forcer un motif signifiant sur un nuage de données parfaitement aléatoires. À ce niveau de corrélation éclatée au sol, on peut sûrement démontrer que 100% des instigateurs d'une potentielle Troisième Guerre mondiale ont bu de l'eau ou mangé de la purée Mousline avant l'âge de 3 ans. Doit-on alerter l'ONU et interdire les flocons de pomme de terre pour garantir la paix mondiale ? Bref, un charlatan qui a de la chance avec un calendrier astronomique reste un charlatan. Et un debunker qui ne vérifie pas ses sources mérite un blâme. La géopolitique expliquée par l'horoscope de Télé 7 Jours, c'est non. Conclusion : Pourquoi je n'irai pas à la minute 4 (et la leçon du double K.O.) Voilà le bilan clinique de ces trois premières minutes de vidéo. Et c'est précisément ici que la démarche du curioscepticosapioiste prend tout son sens. Résumons le palmarès : 1⃣ La physique assassinée : Une incompréhension délirante des salles blanches ISO, transformant la thermodynamique de pointe d'Intel en une vaste blague sur les lipides lunaires et la vessie des ingénieurs. 2⃣ L'épistémologie de la planche Ouija : L'invention de la citation apocryphe télépathique, ou comment faire parler le cadavre de J.P. Morgan pour valider ses propres croyances. 3⃣ Le Code Da Vinci du pauvre : La transformation d'un chef-d'œuvre de logistique architecturale (la Pyramide de Pei) en un délire funéraire maçonnique pour Tonton Toutânkhamon. 4⃣ Le miracle astronomique (et la bêtise partagée) : La seule fois où notre expert avance des données factuellement exactes (les dates des éclipses), c'est pour s'enfoncer avec le sourire dans un vertigineux Biais du tireur d'élite texan. Mais l'ironie est totale : avec cette seule donnée juste, il réussit l'exploit de piéger et d'humilier les "debunkers" pressés des réseaux sociaux, prouvant au passage que la paresse intellectuelle est décidément la chose la mieux partagée au monde. C'est la leçon magistrale de cet extrait. Avoir une donnée juste (la date d'une éclipse spatiale) et l'insérer dans un raisonnement fallacieux (l'apophénie géopolitique), c'est comme utiliser un engrenage de haute horlogerie pour essayer de réparer un mixeur en plastique : la pièce est vraie, mais le mécanicien est un escroc. Et le debunker qui tape sur le mixeur avec un marteau rouillé sans regarder les plans n'est pas beaucoup plus utile à la société. Si les prémisses d'un discours sont un tel champ de ruines, la logique la plus élémentaire exige de ne pas s'infliger la suite. Je ne sais pas ce qu'il raconte à la minute 4. Peut-être qu'il lit l'issue de la Troisième Guerre mondiale dans les entrailles d'un pangolin, ou qu'il analyse les mouvements de troupes en fonction de la rétrogradation de Mercure. Franchement ? Je m'en cogne. Mon temps de cerveau est une ressource trop précieuse pour la laisser se faire siphonner par ce trou noir de la rationalité. Je vais plutôt retourner à des occupations d'une fiabilité absolue : assembler mon dernier set Lego ou observer ma tortue Stitch mâcher tranquillement sa salade. Au moins, quand Stitch se déplace, je sais que c'est de la pure biomécanique reptilienne, et pas un complot orchestré par l'alignement de Jupiter. Restez curieux, restez sceptiques, vérifiez vos éphémérides, et par pitié, ne laissez personne insulter votre intelligence.

Pourton.info

117,086 görüntüleme • 5 ay önce

Chère #TeamAJA, C’est le cœur rempli d’émotions que je vous dis au revoir. Je quitte ICI Auxerre et mon poste de journaliste sportif pour rejoindre, au 1erdécembre, la rédaction d’ICI Picardie à Amiens, en charge notamment du suivi des faits divers et des sujets judiciaires. Si je me suis épanoui à raconter le quotidien de l’AJA depuis maintenant cinq saisons et demi, il était temps pour moi de changer de rythme et d’évoluer professionnellement dans un autre univers, celui de la police-justice, qui me tient particulièrement à cœur. AJA-Lyon et Paris FC-AJA seront donc mes dernières rencontres au commentaire pour ICI Auxerre. Depuis mon premier match commenté en tant que pigiste pour votre radio le 7 avril 2017 (un certain… AJA-Amiens !), j’ai toujours fait en sorte de me dépasser, d’être à 200%. Aussi bien pour une reprise de Momo Yattara contre QRM dans le froid d’octobre devant à peine 5.600 spectateurs à Auxerre que pour une séance de TAB décisive en barrage de Ligue 1 au cœur du printemps dans un Chaudron prêt à exploser. Tout donner pour vous faire vibrer le plus possible à notre écoute, pour partager ensemble cette passion autour de ce club historique du football français et de ce stade unique, l’Abbé-Deschamps. Là où j’ai assisté à mon premier match en vrai, adolescent, le 24 avril 2005 (un certain… AJA-Lyon !). Une enceinte qui respire le foot qu’on aime. Et une équipe qui m’a permis de vivre mes plus belles émotions au micro sur un peu plus de 200 matches commentés avec mes différents acolytes consultants, tellement précieux et qui comptent beaucoup pour moi. Parmi lesquels des légendes du club. Et évidemment mon Lucien Denis avec qui j’ai partagé les moments les plus dingues, mais aussi Cédric Hengbart, Fabien Cool, Lionel Mathis, mais aussi Clément Goux, Alexandre Alain... Dans l’ombre, à la rédaction, à la technique, à l’animation, à l’accueil et à la régie, mes collègues de radio qui abattent un travail formidable pour permettre que toute la mécanique soit bien huilée et à qui je pense très, très fort. Et forcément vient en mémoire chaque moment au stade, avec la saison 2021/2022 et d’abord AJA-Amiens (décidément) pour la tentative de montée directe et cet incroyable parfum de ferveur, cette haie d’honneur avant le match pour l’arrivée du car auxerrois, ce prêtre qui bénit un supporter à quelques minutes du coup d’envoi, cette clameur sur un faux but toulousain à Ajaccio pendant la partie, cette folie démarrée au sortir de l’hiver et qui s’empare de toute une ville… Avant le fantastique barrage contre Saint-Étienne ce 29 mai à Geoffroy-Guichard et le tir au but victorieux de Bibi Touré pour mettre fin à dix années de purgatoire, pour l’histoire. Il y a aussi eu la saison d’après, malgré la descente au bout, des matches de fou, comme cet AJA-Lyon (franchement) et cette ambiance de dingue qui résonnera encore longtemps dans mes oreilles. Comment ne pas évoquer, ensuite, la saison de champion des Auxerrois en Ligue 2, le 5-2 contre Sainté, la double victoire dans le derby, ce penalty de Jubal contre Angers dans le temps additionnel, le succès déterminant sous la pluie battante face au Paris FC, le parcage exceptionnel à Amiens pour fêter la montée, le show ensuite contre Concarneau puis les célébrations à l’Arquebuse. Et que dire de la saison dernière, l’apothéose : le 3-1 au Vélodrome et les sifflets des Marseillais à la mi-temps, le 3-0 à la maison face à l’OM au retour et le public qui s’égosille à force de chanter « Auxerre, c’est le Brésil ! » ou « Et 1, et 2, et 3-0 ! », le 4-0 contre Rennes à domicile et à Lens, le 0-0 face au PSG et la prestation XXL de Dono Léon… Jamais je ne pourrais oublier toutes ces émotions. Et même si, actuellement, l’AJA n’est pas au mieux sportivement, il reste encore tellement de choses incroyables à vivre avec ce club qui m’est devenu si cher grâce aux émotions procurées sur le terrain, grâce aux personnalités qui ont composé et composent encore cette institution. J’ai pu croiser sur et en dehors du terrain des Roux, Hamel, Bourgoin, Cissé, Kapo, Boumsong, Mexès, Charbonnier, Cool, Ferreri, Szarmach, Sagna, Martins, Kalou, Boli, Mathis, Mignot, Fadiga, Lachuer, Violeau, Grichting, Radet, Jaurès, Guerreiro, Bats, Pedretti, Hengbart, Furlan, Daury, Jubal, Hein, Birama Touré, Sakhi, Perrin, Léon, Autret, Bernard, Pelissier… Un monument, je le répète. Mais c’est surtout avec et pour vous, auditeurs et supporters, que j’ai pris énormément de plaisir à vibrer au rythme des saisons. Ce soutien indéfectible envers votre AJA, même quand ça tangue, même quand les bourrasques se font menaçantes, il impose le respect, il force l’admiration. J’ai pu m’en rendre compte lors de nos rencontres au stade avant et après les matches mais aussi à l’entraînement - ouvert au public en semaine, il faut bien se rendre compte d’un tel privilège -, qui me manqueront énormément. Cette proximité, cette chaleur humaine, je m'en suis énormément nourri, elles apportent tellement de bien. Car j’ai fait la connaissance de gens attachants, touchants. Surtout, des passionnés acharnés dont certains ne manquent aucune séance, ne loupent pas une miette de ce qui se passe en réserve, chez les jeunes ou bien avec les féminines. Des liens très forts se nouent. On ne le dit pas assez mais, en tant que journaliste, on ne mesure pas à quel point ces contacts, ces relais, nous permettent aussi de sentir le pouls d’un club. Il faut rendre hommage à ces fans qui vibrent pour l’AJA 24h/24. Je pense en premier à toute la petite bande autour des jumelles et de Jean-Marie (parti trop tôt), elle se reconnaîtra. Supporters, c’est grâce à vous que, dès mon arrivée à Auxerre en CDI en juin 2020 et pendant quatre saisons, nous avons pu animer, avec l’excellente collègue et néanmoins amie Nathalie Rivaud, l’émission 100% AJA. Et alimenter cette heure dédiée au club et à ses suiveurs en débats variés, parfois enflammés, sans affirmer que nous détenions la science infuse mais tout simplement avec passion, bonne humeur et respect. C’est grâce à cette émission, grâce à mon métier, que j’ai fait la rencontre de belles personnes, physiquement ou à distance, avec qui le plaisir d’échanger a toujours été au rendez-vous. Dans le désordre : Yass, Alex AJA, Léo alias Panenk’AJA, Darcel, Monsieur Sapiens, Jay, Françoise, Fred Chambaud, Yoyo, Simon, Chris Serpico, Patate de l’AJA, Lilian, Gauthier Reine, Thomas Tondu, L’Abbé Dédé, Yohan, Kevin Thierry, Wide Olive, Manu Clerin, Luc, DDectateur, Ghislain, Charles, Anne-Lise, Eliot, Virginie, Mich6, Elodie et Marvin, Eric le Basque, Tessyev, Alexis Delas, Krylin, PierrickAJA, Arnaud Poli, Pierre Barbin, Juju Duez, Arthur de Foot Multiple, Athina, KouyereTV, Julien Bo, Alex Riotte, Jérémy Bonf’, Romain Roger, Julien Huebra, Quentin Burban… Encore merci pour tout. J’en oublie tant d’autres, qu’ils m’en excusent. Et merci infini aux Ultras Auxerre - notamment Uasco, P’tit Mat’ et Choup’ - pour leurs chants, leurs tifos, et cette ambiance indescriptible les grands soirs à l’Abbé-Deschamps qui, je l’espère, vibrera encore et encore pour longtemps, et ce dès ce dimanche pour AJA-Lyon. « L’AJA est bâtie sur pierre, l’AJA ne périra pas » Nicolas « Et c’est dedannnnnnns ! » Fillon 💙🤍

Nicolas Fillon

39,514 görüntüleme • 9 ay önce

Dans les coulisses d'un billet : Pourquoi mon IA ne fait pas le boulot à ma place. Je le vois bien, votre petit sourire en coin quand je lâche le mot « IA » au détour d'une conversation ou dans un de mes threads. Je le connais par cœur, ce regard mi-amusé, mi-condescendant, qui crie en silence : « Ah, d'accord, le mec a juste tapé une phrase magique et la machine a pondu son texte pendant qu'il se faisait un burger ». Souvent, on me reproche, ou du moins on me suspecte, d'avoir trouvé la poule aux œufs d'or de la feignantise intellectuelle. Le mythe du distributeur automatique a la vie dure. Pour beaucoup, mon processus créatif se résume à ouvrir une fenêtre de chat, taper un truc du genre : « Fais-moi un texte de 2000 mots sur Viktor Orban, les paris en ligne et les sondages. Mets de l'humour, stp. Merci bisous. », puis de cliquer sur "Générer", faire un bon vieux copier-coller des familles, et boom, me voilà auteur. Laissez-moi vous briser une illusion tout de suite : si je faisais ça, mon compte 𝕏 ressemblerait à du Wikipédia sous Xanax. Ce serait chiant à mourir, lisse comme une carrosserie neuve, et surtout, ça n'aurait absolument pas ma gueule. Alors, asseyez-vous, prenez un café (un vrai, coulé par une vraie machine ou un humain, pas un JPEG généré par Midjourney), je vais vous montrer, autopsie à l'appui, comment on cuisine un billet quand on est un curioscepticosapioiste. On va prendre l'exemple de l'article sur les marchés prédictifs : L’Étincelle : La curiosité n'a pas de puce en silicium Tout commence toujours, invariablement, dans le monde réel (ou du moins sur la place publique de 𝕏). L'IA ne scrolle pas mon fil d'actualité en se posant des questions existentielles sur l'avenir géopolitique. C'est moi, avec mes yeux fatigués et mon cerveau qui tourne un peu trop vite, qui m'arrête sur une anomalie. Récemment, je tombe sur un tweet de ☠ Bluetouff : « 23 millions de $ de volume, ça commence à chiffrer. Orban perdrait selon les marchés prédictifs. » Je m'arrête. Les marchés prédictifs ? Parier de l'argent sur une élection pour en deviner l'issue ? Je n'y connais strictement rien. Zéro. Nada. Mon détecteur à curiosité s'affole. Je pose donc la question publiquement en répondant : « Vraie question, c'est solide comme façon de faire, ou c'est très aléatoire ? » L'échange s'engage. Shadow of a Doubt m'explique que c'est aléatoire mais que si les gens y mettent leur propre argent, c'est qu'ils ont des arguments. ☠ Bluetouff en remet une couche : « ça traduit mieux des intentions de votes que les sondages, quand tu mises de l'argent, tu ne mens pas. [...] regarde l'élection de Trump, les sondages le donnaient perdant, polymarket le donnait gagnant. » Bim. Ça y est. Le sujet m'a attrapé. C'est ça, l'étincelle. C'est 100 % organique, c'est un humain qui s'étonne et qui décide de creuser. À ce stade, l'IA est toujours éteinte. Le Terrier du Lapin Blanc : L'interrogatoire socratique C'est ici que j'invoque mon partenaire de crime : Gem. Mais attention, je ne lui demande pas de m'écrire un article. Ce serait comme demander à un prof de physique quantique de vous faire vos lacets. Non, je l'utilise comme un sparring-partner intellectuel. Je lui demande un cours. Je descends dans le terrier du lapin blanc et je le cuisine. Je pose une question. Il répond. Sa réponse fait naître une zone d'ombre dans mon esprit, alors je relance avec une question plus pointue. Je le contredis. Je lui demande de nuancer. C'est un harcèlement textuel en règle, un interrogatoire de police sous lampe à incandescence. « Comment on évite les manipulations de marché ? Et si un milliardaire décide de fausser les cotes en misant à perte ? C'est quoi la différence fondamentale avec un vulgaire bookmaker PMU ? » Pendant ce très, très long échange, je n'écris pas une seule ligne de mon futur article. Je modélise le concept dans ma tête. L'IA m'aide à tordre le Rubik's Cube du sujet jusqu'à ce que toutes les faces soient alignées et que je comprenne intimement la mécanique du "bouzin". Le but n'est pas de générer du texte, c'est de générer de la compréhension. Le Conseil de l'Ordre : L'OSINT façon rouleau compresseur Une fois que j'ai pigé la théorie, il est hors de question de s'arrêter là. C'est le moment d'être paranoïaque et rigoureux. Place à l'artillerie lourde. Fini de discuter avec un seul interlocuteur, on passe en mode investigation OSINT (Open Source Intelligence). Je mobilise le Conseil des Trois : 1. Gemini (dans sa version Pro, pas le jouet gratuit). 2. ChatGPT (pareil, on sort le moteur V8). 3. L'IA "maison" développée par mon frère (pour avoir une architecture et une réflexion différentes). Je leur lance à tous les trois des requêtes de deep recherche indépendantes sur le sujet précis que je viens d'apprendre. Je veux des chiffres, des études de cas, des failles systémiques. Je lis les trois rapports (que je tiens à votre disposition). Je les confronte. Je cherche les contradictions entre eux pour éviter d'avaler la première hallucination venue. Une fois cette masse de données ingérée, je demande une synthèse finale à Gem pour verrouiller le tout, histoire d'être absolument certain de ne pas avoir raté l'angle mort. Le périmètre intellectuel est sécurisé. Si je dois raconter des conneries, au moins, elles seront sourcées. Le Squelette : L'art de ne pas se perdre en chemin À ce stade, j'ai une montagne d'informations dans la tête et sur mon écran. Je sais exactement de quoi je veux parler, et surtout, j'ai choisi le "fil" de mon billet. L'angle d'attaque. Je demande alors à l'IA de me faire un plan de rédaction basé exclusivement sur la synthèse que l'on vient de valider ensemble. Pourquoi ? Parce que quand je me mets à écrire, je pars dans tous les sens. J'ai des digressions qui ont des digressions. Ce plan, c'est mon squelette, mon garde-fou. C'est juste un pense-bête structurel pour m'assurer que, pris dans l'élan de ma propre prose, je n'oublie pas d'expliquer une variable clé à la ligne 450. L'IA joue ici le rôle d'un simple gestionnaire de projet avec un tableau Excel. La Viande sur les Os : C'est moi qui tape, bordel Nous y voilà. L'instant de vérité. C'est le moment où toutes les fenêtres d'IA sont minimisées en bas de l'écran. La page est blanche. Et c'est moi qui pose mes doigts sur le clavier. C'est ma partie préférée. La viande, les muscles de l'article, l'humour, le sarcasme, le rythme, les tacles glissés et les références absurdes... tout ça, c'est mon ADN. Aucune IA au monde n'a mon vécu, mes obsessions, ou mon envie viscérale de troller amoureusement mes lecteurs. La machine peut vous donner la température de l'eau, mais elle ne peut pas vous raconter ce que ça fait de s'y noyer avec le sourire. Quand j'écris, je mets mes tripes sur la table. Je tape, je rature, je cherche la punchline qui va faire mouche, la transition qui va vous arracher un rictus. Si un texte n'a pas d'âme, on s'en rend compte en trois paragraphes. Mon style, c'est la seule chose que je refuse catégoriquement de déléguer. C'est Franky qui vous parle, pas un algorithme. Le Crash-Test : La finition horlogère Le texte est posé. Il est beau, il sent la sueur et le café froid. Mais l'enthousiasme a souvent la fâcheuse tendance de faire des entorses à la réalité. C'est le moment de renvoyer l'ascenseur. Je prends montexte, celui que je viens d'écrire avec mes petites mains, et je le balance dans le Conseil des Trois (les trois IA). Leur mission ? Un fact-checking impitoyable de ma propre prose. Je leur demande de traquer la moindre inexactitude factuelle, la moindre affirmation un peu trop péremptoire que mon ego aurait pu laisser passer. On vérifie que la plume n'a pas trahi les faits établis lors de la phase OSINT. Enfin, dernier passage obligatoire dans un outil spécialisé pour corriger les fautes de frappe, la grammaire et l'orthographe (parce que l'inspiration va toujours plus vite que l'index droit). C'est le polissage du cadran avant de refermer la montre. L'Exosquelette Intellectuel Voilà le secret de fabrication. Voilà la réalité crue derrière le fantasme du "bouton magique". L'Intelligence Artificielle, dans mon quotidien, n'est pas un nègre littéraire qui écrit à ma place pendant que je regarde le plafond. C'est un exosquelette pour l'esprit. Elle me donne de la force pour soulever des montagnes de données, de la vitesse pour synthétiser, de la précision pour ne pas m'étaler factuellement. Elle me permet d'être plus rigoureux, plus pointu, plus complet. Mais à la fin de la journée, c'est toujours le pilote à l'intérieur de l'armure qui décide de la destination, qui choisit le chemin, et qui ressent le frisson de la course. C'est moi qui tiens le volant. Alors la prochaine fois que vous lirez un de mes "gros pavés" et que vous penserez avec un petit rictus : « Pff, c'est ChatGPT qui lui a écrit ça », rappelez-vous ce billet. L'IA a peut-être aiguisé le couteau et préparé la planche à découper, mais c'est moi, et moi seul, qui vous ai cuisiné le plat. Et franchement, je doute qu'un algorithme sache doser le sel et le sarcasme avec autant d'amour.

Pourton.info

50,136 görüntüleme • 4 ay önce

Que c’est bon, « putain quel pied ! » aurait dit Thierry Roland. Et surtout quelle équipe ! C’est un jour historique pour l’AS Cannes, qui retrouve 25 ans plus tard le monde professionnel. Ce sacre couronne une saison folle jusque dans ses derniers instants ; il récompense le fruit du talent et du travail de chacun : les joueurs bien sûr, mais aussi l’entraîneur Mathieu Chabert, arrivé en cours de saison et alors que les résultats n’étaient pas au mieux, l’ensemble du staff sportif, médical et administratif, tous les bénévoles impliqués pour leurs Dragons, sans oublier évidemment la direction du club, en saluant Antoine Gobin. Chacun d’entre eux mérite nos chaleureuses félicitations. Cette accession est aussi le fruit d’une démarche engagée patiemment et méthodiquement par la municipalité en 2014, quand le club était au plus bas. Nous avons repris les choses en main, rédigé de nouveaux statuts, créé un conseil de surveillance, fait entrer des personnalités comme Anny Courtade, puis organisé un tour de table qui nous a vu choisir le groupe Friedkin comme nouveau propriétaire - actionnaire - investisseur du club. Si ce sacre permet donc à l’AS Cannes d’accéder à la Ligue 3, il marque aussi le rebond d’un club qui a connu les abysses et a su s’en sortir, à une époque où l’on voit de plus en plus de noms historiques du championnat de France sombrer, parfois même jusqu’au niveau amateur. Je n’oublie pas cette défaite contre Valence en 2002, qui avait refermé les portes du football professionnel, aujourd’hui rouvertes. Je n’oublie pas la rétrogradation administrative en 2011, puis le dépôt de bilan en 2014. Je n’oublie pas où le club est tombé et tous ceux qui ont contribué à le relever, marche après marche. Je tiens à saluer le groupe Friedkin, qui a repris le club en 2023 en y apportant tout son savoir-faire et son expérience. Je veux aussi exprimer toute ma reconnaissance aux deux précédents présidents, Johan Micoud, rouge et blanc dans le cœur, et Anny Courtade, une femme hors normes, une femme de victoires, qui poursuit aujourd’hui son travail remarquable au sein de l’Association sportive. Leur passion et leur professionnalisme auront permis de remettre l’AS Cannes sur la bonne voie. En 12 ans, l’AS Cannes aura remonté quatre divisions. Le club nous aura aussi fait vibrer lors de deux campagnes exceptionnelles en Coupe de France, en 2014 et en 2025, leur parcours s’arrêtant aux portes de la finale et du Stade de France après avoir vaincu tant d’adversaires de divisions supérieures. Avec la Mairie de Cannes, nous avons toujours tout fait pour mettre l’AS Cannes dans les meilleures conditions, pour tâcher de rendre les performances possibles, à notre niveau. Nous poursuivrons cet accompagnement à travers la modernisation des infrastructures (éclairage, sonorisation et vidéosurveillance notamment, etc.) pour que Coubertin, homologué pour la Ligue 3, le devienne pour la Ligue 2. C’est bien le cap que nous nous fixons : la Ligue 2. Les portes de l’élite. Je tiens enfin à exprimer une pensée particulière pour tous les supporters. Ceux d’hier et d’aujourd’hui, présents à chaque match avec la même ferveur, y compris quand le club se déplace à l’extérieur. Ceux qui ne sont plus parmi nous aussi, dont de la génération Hespérides, qui a rythmé mon enfance. Je pense à tous ceux qui auraient tant aimé voir ce jour : les éternels Charly Loubet, Didier Roustan, Pierre Ailhaud, François Bastoni, Jean-Claude Elineau ou Jean Varraud. Je pense bien sûr aux joueurs disparus qui ont porté ces couleurs rouge et blanche et le club dans leur cœur. Ils sont l’âme éternelle du club. Ils nous regardent avec joie aujourd’hui. Vive l’AS Cannes et sa si belle et riche histoire. Vive l’AS Cannes qui construit son avenir. Vive l’AS Cannes qui gagne.

David Lisnard

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#AES État du Burkina Faso🇧🇫 Les néocolons paternalistes européens en général et la France en particulier, les USA, leurs valets locaux et esclaves de salon, ont tous eu leur dose dans ce message du vaillant Dr. A.J. KYELEM de TAMBELA, Premier Ministre de l’#AES État du Burkina Faso 🇧🇫, ̀à la montée des couleurs du 06.05.2024 🛑Mesdames et messieurs! 𝐐𝐮𝐞𝐥 𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 ? 1- Chaque fois que les autorités de la Transition prennent la parole, l'impérialisme et ses valets locaux tremblent. Ils tremblent parce qu'ils savent que c'est pour encore révéler au public un aspect de leurs intrigues. Leur arme contre cela, c'est, chaque fois qu'une autorité prend la parole, de claironner que nous parlons trop au lieu d'agir. Comme si le peuple n'était pas témoin des actes de développement, de transformation sociale et de lutte contre le terrorisme que nous posons. 2- Nous avons parlé, nous parlons et nous parlerons, pour contribuer à l'éveil des consciences, afin que plus jamais le peuple ne se laisse duper par des aventuriers sans foi ni loi, et des marchands d'illusions. 3- Cela dit, je me permets de poser une question. Que représente le drapeau que nous venons de hisser ? Le drapeau est un élément fédérateur. C'est le symbole de l'unité d'un peuple pour une cause, la cause nationale. Le drapeau nous rappelle chaque fois, qu'avant toute chose, il y a la nation à défendre et à promouvoir. 4- Le drapeau nous rappelle que les intérêts particuliers, les intérêts partisans doivent pouvoir se conjuguer avec l'intérêt général. À défaut, les intérêts particuliers doivent s'effacer pour que triomphe l'intérêt général et la cause nationale. 5- J'ai l'habitude de dire que mieux vaut être pauvre dans un État riche et fort que riche dans un État pauvre et faible. Il y a eu des Hommes riches et forts dans des pays pauvres ou faibles. Certains d'entre eux ont trouvé leurs limites. 6- Il suffit de citer le cas du général Manuel Noriega, le tout puissant président du Panama des années 1980. En décembre 1989, quand les Américains décidèrent de l'arrêter, ils allèrent le cueillir dans son palais. Sa fuite dans une enclave diplomatique ne fut pour lui qu'un répit de courte durée. Les Américains finirent par obtenir son extradition. 7- De même en Haïti, le général Raoul Cédras renversait le président Jean-Bertrand Aristide en 1994. Les Américains finirent par lui donner un ultimatum pour quitter le pouvoir. Face à son refus d'obtempérer, l'armée américaine le délogea de son palais. Il eut son salut en se réfugiant au Panama. Ces Hommes forts et riches régnaient dans des États pauvres ou faibles. 8- À l'inverse, des Hommes, pas particulièrement riches, mais qui présidaient aux destinées d'États forts, ont pu faire face à toutes les tentatives de récupération ou de déstabilisation. 9- Il suffit de citer le cas de Cuba, petit pays à quelques encablures des États-Unis, qui a su résister à tous les assauts des Américains. On peut citer aussi le cas du petit Nicaragua qui a tenu tête à la toute puissante Amérique dans les années 1980. On pourrait citer aussi les cas du Venezuela, de Hugo Chavez à Nicola Maduro, et de l'Iran qui, depuis la Révolution islamique de 1979 fait face avec succès à toutes les tentatives de déstabilisation. 10- Un État fort est donc une garantie de sécurité et de stabilité des institutions, et un facteur de développement. La pauvreté actuelle de l'Afrique noire est due en partie aux tentatives de caporalisation des dirigeants, et de déstabilisation des régimes. On peut être d'accord que si la Révolution de Thomas Sankara avait duré, ne serait-ce qu'une dizaine d'années, le Burkina aurait pu être mis sur les rails du développement. Le Ghana qui était un État failli et sans perspective, a été mis sur les rails du développement grâce à la politique visionnaire du président Rawlings, à travers la mise en place d'un État fort. 11- Pour construire un État fort, il faudra être en mesure de déjouer les pièges conçus par les dominateurs pour faire de nos États des États faibles, malléables à souhait. Parmi ces pièges, il y en a trois qu'il convient d'analyser. Ce sont le prétendu respect des droits de l'Homme (1), le prétendu respect de la liberté d'expression (2) et les institutions néocoloniales de nos États modernes (3). 𝟏- 𝐃𝐮 𝐩𝐫𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐥'𝐇𝐨𝐦𝐦𝐞 12- Il est évident que si les droits de l'Homme étaient méconnus en Afrique, les Européens ne seraient pas venus trouver des royaumes et des sociétés organisés avec de brillantes civilisations. L'art africain précolonial a ébloui le colonisateur au point qu'il a pillé les œuvres d'art pour garnir ces musées et les salons des aristocrates et des bourgeois. Sans une organisation sociale élaborée, dans le respect des droits de chaque catégorie sociale, un tel résultat n'aurait pu être atteint. 13- De nos jours, les droits de l'Homme sont un instrument de contrôle des sociétés du Tiers-Monde au service de l'Occident. Ils permettent à l'Occident d'avoir la garantie que ses valets locaux, dont certains sont directement financés par l'Occident, d'autres indirectement par des procédures détournées, auront toutes les latitudes pour mener dans nos pays leurs activités subversives à son profit. Lesquelles activités ont pour finalité d'infiltrer les appareils d'État et d'affaiblir nos États au profit de l'Occident. 14- Dans nos pays, les droits fondamentaux ne sont pas encore satisfaits. Les droits de l'Homme consistent d'abord à donner à manger aux populations, à les soigner, à les instruire, à les loger décemment. L'Occident ne voit pas ces droits à satisfaire dans nos pays, alors même qu'il jette régulièrement à la poubelle sa surproduction agricole et industrielle, rien que pour maintenir élevés les prix de ses produits. Ce qui le préoccupe, c'est uniquement l'assurance que ses éléments infiltrés dans nos sociétés peuvent poursuivre leur travail d'agitation et de sape à son profit en toute impunité. 15- Quand les mêmes droits sont violés en Occident, cela est passé sous silence, ou tout au plus qualifié de simple mesure de maintien de l'ordre. Chacun sait qu'aux États-Unis, toute personne présumée être une menace pour la sécurité nationale est éliminée sans autre forme de procès. Personne ne parlera de violation des droits de l'Homme. Partout dans le monde, les États-Unis se donnent le droit de tuer ou d'intervenir dès lors qu'ils estiment cela nécessaire pour leurs intérêts. On peut rappeler ici les cas du Panama et de Haïti, mais aussi ceux de Cuba en 1901 et en 1961. Sans oublier le Vietnam, l'Iran en 1980, l'Irak, et l'Afghanistan plus récemment. 16- La France n'est pas en reste, elle qui a commandité et continue de commanditer des coups d'État en Afrique, principalement en Afrique francophone, sans aucun égard pour les pertes en vies humaines. Sans oublier son soutien au terrorisme au Sahel qui a fait des milliers de victimes, et qui continue d'endeuiller nos populations. En France même, l'on a vu comment en novembre-décembre 2018 les “Gilets jaunes” ont été réprimés. Toujours en France, à la suite du meurtre par la police du jeune Nahel en 2023, le petit peuple de France s'est soulevé. Il fut violemment réprimé, avec des scènes de tortures dignes d'un autre âge. Comme il s'agit de la France, personne n'a élevé la moindre protestation. Personne n'a parlé de violations des droits de l'Homme. Même dans nos propres pays, les médias déjà conditionnés, n'y ont pas vu de violations des droits de l'Homme. 17- Dans nos pays, surtout dans les pays sous contrôle de l'Occident, et plus particulièrement sous contrôle de la France, les régimes en place peuvent assassiner, torturer, on ne parlera jamais de violation des droits de l'Homme. En Guinée, en Côte d'Ivoire, au Sénégal des citoyens qui manifestaient contre les troisièmes mandats anticonstitutionnels ont été massacrés avec la bénédiction de l'Occident. Plus récemment encore, des opposants ont été massacrés au Tchad à plusieurs reprises, sans que l'Occident trouve à redire. Non loin du Burkina Faso, des procès iniques ont été organisés, et des condamnations hors-normes ont été prononcées. Des opposants ont été jetés en prison pendant des années. Les Occidentaux n'y ont rien vu et n'ont rien entendu. Personne n'a parlé de violations des droits de l'Homme. Quelle hypocrisie! 𝟐- 𝐃𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮𝐞 𝐥𝐢𝐛𝐞𝐫𝐭𝐞́ 𝐝'𝐞𝐱𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 18- Tout comme les droits de l'Homme, il en est de même de cet autre cheval de Troie qu'est la liberté d'expression. Pour l'Occident, ses valets locaux infiltrés dans nos sociétés ont le droit de s'exprimer comme ils l'entendent, sans aucune restriction ni règlementation. Gare à quiconque osera remettre cela en cause. Aussitôt les Gouvernements et les médias occidentaux montent sur leurs grands chevaux, grossissent négativement les faits et brandissent les menaces. Les ambassades, les O.N.G. à la solde de l'Occident et les institutions internationales sont mises à contribution pour vilipender, intimider et réprimer. 19- Pourtant, nul ne viole autant la liberté d'expression que les Occidentaux. Dès le déclenchement du conflit Russie-Ukraine, la France et d'autres pays occidentaux, bien que n'étant pas belligérants, ont expulsé les organes de presse russes de leur territoire. Par la suite, la dame de Sotchi a été interdite d'entrer et de séjour en France pour simple délit d'opinion. Récemment, un activiste (Kémi Séba) s'est vu retirer la nationalité française, également pour délit d'opinion. 20-Le 20 mars dernier, un élu local français aurait été suspendu, simplement pour avoir accepté d'être observateur au scrutin présidentiel russe. Alors ! Où se trouve la liberté d'expression en Occident? Il est temps de comprendre que ce n'est pas la liberté d'expression que l'Occident défend, mais plutôt des intérêts idéologiques, politiques et économiques. La prétendue liberté d'expression et les prétendus droits de l'Homme sont de simples moyens d'action pour aboutir à ses fins dans nos pays. 21- Il ne viendra à l'idée de personne de contester que les droits de l'Homme sont de loin mieux respectés dans nos pays que dans les pays arabo-musulmans où la liberté de croyance n'existe pas; où les femmes n'ont ni la liberté de leur mouvement, ni la liberté de leur choix de vie; où les délinquants sont parfois amputés ou torturés publiquement. Comme ces pays gèrent bien les intérêts des Occidentaux, ou sont capables de mesures de rétorsions redoutables, ils peuvent tout se permettre. L'Occident fermera toujours les yeux. 22- Même les valets locaux de l'impérialisme qui sont dans nos pays et qui revendiquent tant la liberté d'expression, refusent cette même liberté d'expression à ceux qui ne partagent pas leur point de vue. Ils créent des comptes Facebook et autres, pour essaimer leur venin, en prenant soin de bloquer les commentaires qui ne leur sont pas favorables. 23- Quand on revendique la liberté d'expression et qu'on est logique et de bonne foi, on doit avoir le courage de l'accepter aussi pour les autres. Ces valets locaux, qui sont de simples véhicules de transport des intérêts occidentaux, sans contenu propre, utilisent la prétendue liberté d'expression pour nuire, afin de mieux plaire à leurs maîtres. Ils sont des dangers publics pour nos sociétés en construction. C'est pourquoi Thomas Sankara avait dit que la liberté d'expression ne doit pas être la liberté de nuire pour les ennemis du peuple. 𝟑- 𝐃𝐮 𝐦𝐢𝐦𝐞́𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 24- Le dernier piège dans lequel sont tombés beaucoup de pays du Tiers-Monde, surtout les pays francophones, c'est le mimétisme institutionnel. L'Occident a sa propre histoire. Il a mis des siècles pour se doter de ses institutions actuelles. Faisant fi de notre histoire à nous, il tient à nous imposer sur le champ les mêmes institutions, tout en sachant que nous n'avons ni la même histoire, ni la même culture, ni les mêmes aspirations. 25- Ces institutions qui nous sont appliquées comme des corsets, sont des moyens par lesquels l'Occident nous tient en laisse comme le maître tient son chien. Par ces moyens, les Occidentaux ont le contrôle de nos États et de nos sociétés, car pour la règlementation et l'évolution de ces institutions il faudra chaque fois se référer à leur histoire, à leur présent, à leurs instructions, et nous accorder avec eux. 26- Nous ne devons plus être dupes. Droits de l'Homme, liberté d'expression et mimétisme institutionnel sont des produits fabriqués en Occident, et destinés à la consommation des peuples dominés. Nos sociétés connaissaient les droits de l'Homme et la liberté d'expression qui étaient règlementés en fonction des besoins de la société. C'est pour cela qu'elles avaient pu mettre en place de grands royaumes dont la finesse de l'organisation surprend toujours l'intelligence humaine. Nos sociétés avaient des institutions adaptées qui ne demandent qu'à être revisitées. Auparavant, il nous faudra accepter de revisiter nos propres mentalités qui pataugent dans les méandres de l'aliénation mentale et culturelle. 27-Pour construire des États forts à même d'assurer la stabilité des institutions, le respect de la souveraineté, et d'enclencher le processus de développement, il nous revient de savoir détecter les pièges par lesquels on nous maintient dans la soumission et l'arriération. Gouverner c'est choisir. Les dirigeants africains doivent choisir avec détermination de tenir haut leur drapeau, au risque de laisser nos pays toujours tourner en rond, au gré des intérêts des autres. C'est dans ce sens qu'il faut saluer le courage et la détermination des dirigeants nigériens dans la décision de mettre fin à la présence militaire américaine dans leur pays, après voir mis les militaires français à la porte. 28-Il nous faut donc, en Afrique, mettre en place des États forts à même de défendre l'intégrité territoriale des États, la souveraineté des États, et les orientations de développement élaborées par nos États. Voilà ce que le drapeau doit représenter pour nous. Nous devons prendre conscience qu'il n'y a pas de destin individuel prospère et permanent dans un État faible, désarticulé et sans repère. Seule l'union autour des valeurs du drapeau peut garantir la sécurité, la prospérité et l'émancipation de chaque citoyen et de tous les citoyens. Pour la Patrie, nous vaincrons ! Dr. A.J. KYELEM de TAMBELA, Premier Ministre de l'#AES État du Burkina Faso 🇧🇫 Les vaillants peupes et les courageuse autorités de l'#AES ont pris leur destin en main. 🫡 #TousEngagésPourUnSahelLibre

M.PORGO

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Le Syndrome David Copperfield : Comment Jean-Luc Mélenchon ( Jean-Luc Mélenchon ) et La France Insoumise ont fait disparaître le suffrage militant David Copperfield est entré dans la légende en faisant disparaître la Statue de la Liberté sous les yeux ébahis du public américain. L’appareil dirigeant de La France insoumise, lui, vient de réaliser un tour de prestidigitation beaucoup moins visuel, mais politiquement bien plus audacieux : l’escamotage pur et simple du suffrage militant. Sur le papier, LFI se revendique comme un « mouvement réseau » horizontal, cultivant un lexique politique saturé de références à l'implication citoyenne directe et à la souveraineté populaire. La promesse est belle. Pourtant, lorsqu’il s’agit de désigner le candidat à l’élection présidentielle de 2027, la mécanique qui s’est déployée au printemps 2026 révèle une ingénierie d’une froideur clinique. Derrière les mots grandiloquents d’« investiture populaire » et de « votation » se cache l'un des verrouillages bureaucratiques les plus sophistiqués de la Ve République. Plongée dans les entrailles d’une machine où le peuple est souverain, à l'unique condition qu'il couronne le monarque déjà désigné. PARTIE I : Le mystère de l'encre sympathique (Où est passé le vote ?) Le crime parfait réside souvent dans les archives. Pour comprendre l’ampleur de la manipulation procédurale, il ne faut pas regarder ce qui est écrit dans les textes d’avril 2026, mais ce qui en a été effacé. C’est la preuve matérielle, le smoking gun de l’institution. Retournons brièvement en décembre 2024. À cette époque, LFI adopte un texte d’orientation stratégique massif (approuvé par les militants à 93,9 %). Ce document prévoyait explicitement une règle en cas d’élection présidentielle anticipée : la candidature, après être passée par les instances dirigeantes, serait ensuite « soumise au vote des insoumis ». La promesse était claire, écrite noir sur blanc : la base aurait le dernier mot sur le nom de l'incarnation suprême. Avance rapide jusqu’au 12 avril 2026. L’Assemblée représentative du mouvement valide la nouvelle et définitive « Feuille de route » pour la présidentielle de 2027. Abracadabra ! La ligne prévoyant un vote des insoumis sur le nom du candidat a purement et simplement disparu du texte final. Évaporée. Gommée. À la place de ce suffrage direct, le document grave dans le marbre une tout autre architecture : « L’intergroupe de la France insoumise, sur proposition de la Coordination des espaces, proposera une candidature » à une investiture populaire. En l'espace de seize mois, l'appareil a méthodiquement retiré le bulletin de vote nominatif des mains de ses adhérents. En 2024, on promettait encore un casting interne. En 2026, le casting est officiellement annulé, le rôle principal est pré-distribué par le sommet, mais la direction a la magnanimité de laisser la base applaudir la qualité du scénario. PARTIE II : La « Votation » helvétique (Comment faire plébisciter un PDF) Pour masquer ce rapt démocratique, l'appareil insoumis a déployé un chef-d'œuvre de sémantique participative. Du 12 au 19 avril 2026, la base militante a été convoquée pour une grande « votation ». Le terme est somptueux. Il fleure bon l’agora athénienne et la démocratie directe des cantons suisses. Les chiffres officiels, fièrement publiés par le mouvement, sont d'ailleurs brandis comme une démonstration de force : 68 120 insoumis·es ont participé, et 96,6 % d'entre eux (soit 65 810 voix) ont voté « J'approuve » (contre seulement 817 voix « Je désapprouve » et 1 493 « Je ne me prononce pas »). Un score soviétique pour un parti qui se rêve libertaire. Mais que célébraient exactement ces 96,6 % ? Un choix tranché entre plusieurs sensibilités ? Un débat acharné entre Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot ou Clémence Guetté ? Absolument pas. Le scrutin ne comportait aucun nom propre. Les militants étaient appelés à approuver ou désapprouver... un fichier PDF de plusieurs pages. Cette fameuse « Feuille de route », rédigée et filtrée par la direction, décrivait la stratégie globale et entérinait le fait que les instances supérieures se chargeraient de trouver le candidat. La question posée aux militants n'était pas : « Qui voulez-vous pour 2027 ? ». La question était : « Acceptez-vous de valider ce mode d'emploi qui stipule que vous n'aurez pas le droit de choisir le candidat ? ». LFI a ainsi inventé la démocratie Ikéa. Le militant est infiniment respecté : on lui confie l'insigne honneur d'inspecter la notice de montage du meuble que le chef a déjà construit la veille. PARTIE III : Le miracle du « Consensus » en chambre noire Puisque la base ne choisit pas l'incarnation, qui tient les rênes ? Pour le comprendre, il faut s'enfoncer dans les poupées russes de l'organigramme insoumis, un espace où la lumière entre peu. Le réacteur nucléaire du mouvement s'appelle la « Coordination des espaces ». Constituée fin 2022, elle ne compte que 24 membres. Ces membres n'ont été élus par aucun suffrage militant direct ; ils accèdent à ce cénacle par le jeu d'une stricte cooptation, sous la houlette centralisatrice de Manuel Bompard. Les figures historiques dissonantes (François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière) en ont été soigneusement tenues à l'écart. C'est cette instance resserrée et verrouillée qui a le privilège statutaire de « proposer » le texte de travail, puis de « proposer » un nom à l'étape suivante. L'étape suivante, c'est l'« intergroupe », qui rassemble les députés de l'Assemblée nationale, les eurodéputés et les maires insoumis. Le 3 mai 2026, cette centaine de cadres se réunit à Paris. C'est là que la magie opère. L'intergroupe publie un communiqué triomphant : « Nous avons décidé de proposer la candidature de Jean-Luc Mélenchon ». Y a-t-il eu un débat public ? A-t-on examiné les candidatures de challengers courageux ? A-t-on procédé à un vote à bulletin secret pour mesurer les doutes ou les abstentions de l'appareil ? Rien de tout cela. Le député Paul Vannier, artisan de cette mécanique, l'assume dans la presse avec une franchise glaçante : « Notre méthode est celle du consensus ». Le « consensus », dans la grammaire des organisations hyper-centralisées, est l'outil disciplinaire parfait. Il évite l'épreuve de l'urne. Il empêche la matérialisation arithmétique de la moindre minorité. On demande à l'assemblée si quelqu'un a une objection face à l'évidence, le silence fait loi, et Manuel Bompard peut tranquillement déclarer aux micros : « Je n'ai pas d'autres noms à vous soumettre ». Le pluriel du mot « candidat », chez La France Insoumise, est considéré comme une faute d'orthographe de la pensée. PARTIE IV : Le Kickstarter de l'hégémonie (Ou l'investiture par l'adresse IP) Il reste cependant un problème de communication. Comment vendre cette ratification de chambre noire comme un élan démocratique vibrant ? C'est ici qu'intervient le coup de génie final : « l'investiture populaire de 150 000 citoyen·nes ». Dès que l'intergroupe a tamponné le nom de Jean-Luc Mélenchon le 3 mai, la machine numérique s'emballe. Le soir même, sur TF1, le leader officialise sa démarche en la conditionnant à ce parrainage massif. Le site s'ouvre, et en moins de 24 heures, le couperet des 150 000 clics est franchi (le 4 mai). La presse titre sur la "dynamique". L'illusion est totale. Mais que signe-t-on exactement ? Les citoyens ne sont pas appelés sur une plateforme pour départager plusieurs projets ou plusieurs figures de la gauche radicale. Ils sont convoqués pour valider une décision qui a déjà été prise en amont. Le site de campagne de Mélenchon l'écrit d'ailleurs sans fard : « Le mouvement de la France insoumise a estimé que je suis le mieux préparé... Il propose ma candidature à au moins 150 000 parrainages citoyens ». L’objectif avoué sur le site est d'obtenir ces soutiens pour « lancer la campagne insoumise ». Ce mécanisme n’est pas une élection primaire, c'est une gigantesque opération d'agrégation marketing, un outil de CRM (Customer Relationship Management) politique. En réclamant ces parrainages, le mouvement capte des dizaines de milliers de courriels, alimente ses bases de données et soumet immédiatement le signataire à une sollicitation financière obligatoire dans le parcours utilisateur. C'est le Kickstarter de l'hégémonie politique. Votre patron a privatisé le restaurant, choisi le menu, mangé l'entrée, et il vous invite généreusement à participer à l'élan populaire en réglant l'addition. « Le peuple ne choisit pas le candidat, il parraine le candidat déjà proposé par l'appareil ». CONCLUSION : Le triomphe cynique de l'Anarcho-Césarisme La sociologie politique a théorisé ce fonctionnement sous le concept hybride d'« anarcho-césarisme ». L'organisation offre à sa base une liberté d'action quasi anarchique à la périphérie (liberté de fonder un groupe d'action, de militer, de coller des affiches, de diffuser des tracts sans passer par une bureaucratie locale pesante). Mais cette absence assumée de strates intermédiaires empêche statutairement la base de s'organiser pour imposer une ligne. L'énergie gazeuse de la périphérie est aspirée pour nourrir un centre absolu, césariste, protégé par une muraille de verre impénétrable : la Coordination des espaces. L'ironie historique est cinglante. Le 6 septembre 2022, au lendemain d'une campagne présidentielle épuisante, Jean-Luc Mélenchon déclarait aux journalistes de Reporterre : « Je souhaite être remplacé », ajoutant qu'il n'était pas « candidat à la candidature permanente ». Un peu plus tôt, il avait conjuré la jeunesse de gauche d'une formule devenue célèbre : « Faites mieux ». L'appareil insoumis a pris le chef au mot. Ils ont effectivement « fait mieux ». Ils ont conçu une architecture statutaire tellement verrouillée qu'elle a dissous la nécessité même du débat concurrentiel. Pourquoi s'encombrer d'un processus ouvert pour trouver un dauphin, quand on a les moyens d'assécher l'océan ? En mai 2026, Jean-Luc Mélenchon acte sa quatrième candidature présidentielle. Le chef est acclamé, le PDF est approuvé à 96,6 %, l'intergroupe n'a vu aucune tête dépasser, et la plateforme de dons est ouverte. Le tour de magie est terminé. Vous pouvez rallumer les lumières. Et n'oubliez pas de partager la cagnotte sur vos réseaux.

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L'alarme et le silence : Vol Helios 522 Le 14 août 2005, peu avant midi heure locale, deux F-16 de l'Armée de l'air hellénique, interceptent un Boeing 737-300 au-dessus de l'île de Kéa, en mer Égée. L'avion, immatriculé 5B-DBY et baptisé Olympia, décrit des cercles à 34 000 pieds dans le circuit d'attente de l'aéroport d'Athènes. Il ne répond à aucun appel radio depuis plus de deux heures. Ce que les pilotes de chasse voient en s'approchant est une image qu'aucun briefing ne prépare à recevoir. Les masques à oxygène passagers pendent dans la cabine. Le siège gauche, celui du commandant, est vide. Une silhouette est affaissée sur les commandes droites, retenue par les bretelles de son harnais. Aucun signe de vie. Vingt minutes plus tard, un homme apparaît dans le cockpit. Il s'assied au siège gauche, lève la main vers les F-16, pointe le doigt vers le bas. Quelques instants après, le moteur gauche s'éteint, faute de carburant. Le moteur droit suit. Le Boeing 737 entame sa descente finale, non pas vers la piste 03L d'Athènes, mais vers une colline boisée près du village de Grammatiko, à trente-trois kilomètres de l'aéroport. À 12 h 04, le 5B-DBY percute le relief. Il n'y a aucun survivant parmi les cent vingt et une personnes à bord. L'accident du vol HCY522 est le plus meurtrier de l'histoire aéronautique grecque. Ce n'est ni un attentat, ni une défaillance structurelle, ni une panne moteur. C'est l'histoire d'un avion qui a fait tout ce qu'il devait faire, et d'un équipage qui n'a jamais compris pourquoi. Le sélecteur et les trois chances manquées Le 5B-DBY a un passé. Huit mois avant l'accident, le 16 décembre 2004, l'avion subit une décompression rapide en vol. Les masques se déploient, l'équipage descend à 10 000 pieds, les passagers se posent sans blessure grave. L'événement est consigné dans le Technical Log : « Rapid decompression. Descent to 10 000. Pax O2 deployed. » Un ingénieur au sol d'ATC Lasham, le prestataire de maintenance agréé, intervient à Larnaca. Le problème est attribué à la porte de service arrière droite (R2). L'avion est remis en ligne. Le soir du 13 août 2005, le 5B-DBY arrive de Londres Heathrow. L'équipage de cabine signale à nouveau un problème sur la porte R2 : un joint gelé et des bruits anormaux. Un ingénieur au sol effectue un test de pressurisation au sol. Pour réaliser ce test sans démarrer les moteurs, il positionne le sélecteur du système de pressurisation cabine (CPCS) sur MAN, position manuelle. Le test terminé, l'ingénieur ne remet pas le sélecteur sur AUTO. Le Boeing Aircraft Maintenance Manual prescrit, à la fin de la procédure, de « remettre l'avion dans sa condition initiale ». La formulation ne mentionne pas explicitement le retour du sélecteur de pressurisation en position AUTO. C'est une ambiguïté documentaire, un trou dans le fromage au sens exact de Reason. Le lendemain matin, le vol HCY522 est confié au commandant Hans-Jürgen Merten, cinquante-neuf ans, ancien pilote d'Interflug puis d'easyJet, totalisant 16 900 heures de vol dont 5 500 sur Boeing 737. Son copilote est Pampos Charalambous, cinquante et un ans, 7 549 heures dont 3 991 sur type. L'enquête révélera que ce dernier avait un historique documenté de non-conformités aux procédures opérationnelles standard. Le sélecteur de pressurisation se trouve sur le panneau supérieur du cockpit (overhead panel), hors du champ visuel direct des pilotes. Il est petit, discret, rarement manipulé en opération normale, justement parce qu'en position AUTO, le système fonctionne de manière transparente. Le matin du 14 août, l'équipage effectue trois procédures successives (la check-list prévol, la check-list after-start et la check-list after-takeoff) qui incluent chacune, directement ou indirectement, une vérification de la configuration du système de pressurisation. À trois reprises, le sélecteur en position MAN n'est pas détecté. Le vol HCY522 décolle de Larnaca à 9 h 07, heure locale d'été d'Europe de l'Est. Le sélecteur en position MAN, la vanne de décharge reste figée à 14,54° d'ouverture, la position dans laquelle elle avait été laissée après le test de maintenance. Les packs de climatisation, eux, continuent de tourner normalement : de l'air pressurisé entre dans la cabine. Mais la vanne en laisse sortir davantage qu'il n'en entre. Le résultat est une pressurisation résiduelle, insuffisante, qui produit une montée de l'altitude cabine plus lente que celle de l'avion. C'est le pire des scénarios : pas une décompression brutale, qui se signalerait d'elle-même par la douleur aux oreilles et le brouillard, mais une fuite progressive, silencieuse, que rien dans les sensations physiques de l'équipage ne vient signaler. L'alarme à deux voix À 06 h 12 min 38 s UTC, l'avion traverse les 12 040 pieds en montée. L'altitude cabine, insuffisamment pressurisée, franchit le seuil des 10 000 pieds. L'alarme d'altitude cabine retentit dans le cockpit. C'est un signal intermittent, un son aigu, répétitif, impossible à ignorer. Le problème est que ce son est rigoureusement identique à celui de l'alerte de configuration décollage (takeoff configuration warning), qui signale une mauvaise configuration des volets, du trim ou des aérofreins avant le décollage. Sur les Boeing 737 dits « Original » (séries -100 et -200) et « Classic » (séries -300, -400 et -500), les deux systèmes d'alerte partagent le même signal sonore. La seule distinction logique est contextuelle : l'alerte de configuration ne peut se déclencher qu'au sol, puisqu'elle est désactivée par le basculement du capteur air-sol (squat switch) au décollage. En vol, la même alarme ne peut signifier qu'une chose : l'altitude cabine a dépassé 10 000 pieds. Mais le cerveau humain ne fonctionne pas par exclusion logique. Il fonctionne par association. Un son familier déclenche l'interprétation la plus fréquemment associée à ce son dans l'expérience du pilote. Et les pilotes entendent l'alerte de configuration bien plus souvent que l'alerte d'altitude cabine, parce que les erreurs de configuration au sol sont incomparablement plus fréquentes que les pertes de pressurisation en vol. Le commandant Merten contacte le centre opérationnel Helios à Larnaca sur la fréquence compagnie. Il parle d'un problème de takeoff configuration warning. Il mentionne également une alarme Equipment Cooling et un voyant Master Caution. Un ingénieur au sol, au bout du fil, identifie la possibilité d'un problème de pressurisation et pose la question : le sélecteur est-il bien en position AUTO ? Mais la communication est difficile. Le commandant a un fort accent allemand. L'ingénieur est britannique. Les deux hommes ne partagent pas la même langue maternelle, et la dégradation cognitive du commandant a probablement déjà commencé. Le message ne passe pas. Le rapport de l'AAIASB note que, du point de vue des facteurs humains, la focalisation sur une tâche de diagnostic (chercher l'origine du problème de refroidissement équipement) au détriment d'une autre (identifier la signification réelle de l'alarme) est un comportement « entièrement plausible et déjà observé chez des pilotes expérimentés ». C'est un cas classique d'attention tunnelisée, aggravé en l'occurrence par le fait que la capacité attentionnelle elle-même est en train de se dégrader. Le commandant se lève de son siège pour vérifier les disjoncteurs à l'arrière du cockpit. C'est le dernier acte cohérent enregistré. Le contact radio avec Nicosie cesse à 9 h 20 min 21 s, à 28 900 pieds. L'avion continue de monter. Il atteint le FL340 à 9 h 23 min 32 s, où le pilote automatique le maintient. La fermeture de la fenêtre Le temps de conscience utile (Time of Useful Consciousness, TUC) est le paramètre qui scelle le sort du vol HCY522. C'est la durée pendant laquelle un individu exposé à une altitude-pression donnée conserve une capacité cognitive suffisante pour agir de manière efficace. À 18 000 pieds d'altitude cabine, le TUC est de vingt à trente minutes. À 25 000 pieds, il chute à trois à cinq minutes. Au FL340 (34 000 pieds, l'altitude de croisière du HCY522), il est de trente à soixante secondes. Mais ces chiffres décrivent une décompression brutale. Dans le cas d'Helios 522, la dépressurisation est lente, progressive, insidieuse. L'altitude cabine monte au rythme de la montée de l'avion, sans discontinuité. Le corps s'adapte, ou plutôt il croit s'adapter. Les premiers symptômes de l'hypoxie (légère euphorie, picotements, sensation de chaleur) sont subtils, non alarmants, facilement attribuables au stress ou à la fatigue. Le médecin aérospatial Dennis Shanahan emploie une expression glaçante pour décrire ce processus : la « happy death ». On ne se sait pas en train de mourir. On ne se sait même pas en train de perdre la capacité de comprendre qu'on est en train de mourir. C'est ce qui fait de l'hypoxie un piège sans équivalent dans l'accidentologie aérienne. Elle ne détruit pas l'avion. Elle ne détruit pas les commandes. Elle détruit l'outil, le cerveau, dont l'équipage a besoin pour diagnostiquer sa propre présence et y répondre. C'est une menace autoréférentielle : la condition elle-même supprime la capacité de la reconnaître. Le vol Helios 522 n'est pas le premier « vol fantôme » de l'histoire. Le 25 octobre 1999, un Learjet 35A transportant le golfeur Payne Stewart décolle d'Orlando pour Dallas. L'avion perd sa pressurisation, l'équipage et les passagers sont incapacités, et le Learjet poursuit sa route en pilote automatique pendant quatre heures à travers six États américains avant de s'écraser dans le Dakota du Sud, à 2 400 kilomètres de sa destination. Six morts. Même mécanisme létal, même silence radio, même interception par des chasseurs constatant l'absence de vie à bord. En Australie, le 4 septembre 2000, un Beech King Air 200 perd sa pressurisation après le décollage de Perth. Les contrôleurs entendent la voix du pilote se détériorer progressivement sur la fréquence avant de sombrer dans le silence. L'avion s'écrase près de Burketown après épuisement du carburant. Dans les trois cas, le schéma est identique : la dépressurisation supprime la conscience avant que la conscience ne puisse supprimer la dépressurisation. Le silence dans la cabine C'est ici que l'histoire du vol HCY522 se sépare de celle de Payne Stewart ou du King Air australien. Parce que le HCY522 est un vol commercial. Il y a un équipage de cabine. L'équipage de cabine compte quatre membres. Parmi eux, la chef de cabine, Louisa Vouteri, trente-deux ans, a remplacé au dernier moment une collègue malade. Haris Charalambous et son compagnon Andreas Prodromou, vingt-cinq ans, ont eux aussi été appelés en renfort juste avant le vol. Le couple projette de se marier. Quand les masques passagers se déploient à 14 000 pieds d'altitude cabine, les PNC font ce que leur formation leur commande de faire : ils enfilent leurs masques, restent à leur poste, et attendent. Ils attendent deux choses. La première est physique : la descente d'urgence. Dans tout scénario de dépressurisation, les pilotes initient immédiatement une descente rapide vers un niveau respirable, typiquement 10 000 pieds. L'équipage de cabine s'attend à sentir l'avion piquer du nez, à entendre les moteurs passer au ralenti, à percevoir la variation de pression dans les oreilles. C'est une signature sensorielle forte, impossible à manquer. La seconde est procédurale : l'appel interphone du cockpit informant la chef de cabine de la nature du problème et des actions en cours. Cette annonce est le lien vital entre l'avant et l'arrière de l'avion. C'est elle qui déclenche le passage de l'équipage de cabine du mode passif (attente d'instructions) au mode actif (assistance, préparation d'urgence, éventuelle intervention). Ni l'une ni l'autre ne vient. L'avion ne descend pas. Il continue de monter. Et l'annonce ne vient jamais. Les masques à oxygène passagers du Boeing 737 fonctionnent par générateur chimique. Leur autonomie est d'environ douze minutes, le temps nécessaire pour qu'un avion descende d'une altitude de croisière vers un niveau respirable. Les postes PNC (jumpseat, offices) sont équipés des mêmes masques : en cas de dépressurisation, la procédure commande à l'équipage de cabine de s'asseoir immédiatement et de se saisir du masque le plus proche, qu'il soit à son poste ou en cabine. Mais il existe aussi à bord, à proximité des jumpseat, d'autres sources d'oxygène : des bouteilles portatives d'O2 thérapeutique et des bouteilles ou cagoules de protection respiratoire, destinées à l'origine aux situations de feu ou de fumée. C'est probablement l'une de ces sources qu'Andreas Prodromou a utilisée pour rester conscient bien au-delà des douze minutes offertes par les générateurs chimiques. Mais les SOP d'Helios Airways ne prévoient pas le scénario d'un cockpit devenu muet. Il n'existe aucune procédure spécifiant ce que l'équipage de cabine doit faire si les pilotes ne donnent aucun signe de vie après un déploiement de masques. Les PNC sont formés à attendre l'annonce. L'annonce ne vient pas. Et la procédure ne dit pas quoi faire quand la procédure ne fonctionne plus. Quiconque a porté l'uniforme de navigant connaît ce territoire. L'équipage de cabine opère dans un cadre procédural strict, construit autour de la transmission d'information par le cockpit. La formation insiste, à juste titre, sur le respect de la chaîne de commandement, sur la discipline des annonces, sur le fait de ne pas encombrer les pilotes en situation d'urgence. Mais cette architecture repose sur un présupposé implicite : que le cockpit est en état de communiquer. Quand ce présupposé tombe, la procédure devient un piège de silence. Andreas Prodromou, plongeur expérimenté et titulaire d'une licence de pilote commercial (CPL), reste conscient plus longtemps que les autres grâce à l'une de ces sources d'oxygène. Il est le dernier être humain conscient à bord du HCY522. Après plus d'une heure (le temps exact reste incertain), il parvient au cockpit. Il s'assied au siège gauche. Le moteur gauche s'est déjà éteint. Le CVR enregistre deux tentatives d'appel Mayday : « MAYDAY, Helios Airways Flight 522 Athens… » Mais les données du FDR montrent que le bouton d'émission radio n'a jamais été pressé. Les appels, captés par le micro ambiant du CVR, ne sont jamais sortis de l'avion. Les F-16 voient l'homme dans le cockpit. Ils voient sa main levée. Ils voient le doigt pointé vers le bas. Et ils voient le deuxième moteur s'éteindre. Andreas Prodromou n'est pas pilote de ligne. Il n'est pas qualifié sur Boeing 737. Même s'il l'avait été, le carburant ne lui laissait que des secondes. La réponse du système L'enquête de l'AAIASB établit que la FAA avait connaissance du problème de l'alarme ambiguë du 737 bien avant l'accident. La NASA elle-même avait signalé le risque de confusion. Boeing avait été informé. Rien n'avait changé. Après l'accident, la réponse réglementaire se déploie en trois temps. En 2006, l'AD 2006-13-13 rend les procédures d'urgence liées à l'alarme d'altitude cabine des « memory items ». En 2008, l'AD 2008-23-07 impose un briefing pré-vol obligatoire rappelant la double fonction de l'alarme. L'EASA publie en 2009 un Safety Information Bulletin notant que, malgré ces mesures, des incidents de confusion continuent de se produire. Ce n'est qu'en 2010 qu'un NPRM propose l'installation de voyants lumineux distincts sur le panneau central du cockpit des séries -100 à -500 (Original et Classic), la mesure de conception qui aurait dû exister depuis l'origine. Entre-temps, la FAA et la base ASRS de la NASA avaient documenté de nombreux cas d'équipages ayant confondu l'alarme d'altitude cabine avec l'alarme de configuration décollage. L'un d'entre eux, rapporté dans le SIB EASA 2009-34, fait état d'un équipage ayant d'abord identifié l'alarme comme un téléphone portable. Cinq ans pour proposer un voyant lumineux sur un panneau d'instruments. Cent vingt et une vies pour établir qu'un principe élémentaire d'ergonomie (deux dangers distincts ne doivent jamais partager le même signal) n'avait pas été respecté dans la conception du Boeing 737. Helios Airways, de son côté, ne survit pas à l'accident. La compagnie est rebaptisée Ajet en mars 2006. En novembre de la même année, le gouvernement chypriote saisit ses avions et gèle ses comptes bancaires. L'exploitation cesse définitivement. Ce que le silence enseigne L'accident du vol HCY522 n'est pas un cas simple. Il serait tentant de l'attribuer à une erreur de maintenance (le sélecteur laissé en MAN), ou à une erreur de l'équipage (les trois checks manqués), ou à un défaut de conception (l'alarme ambiguë). Chacune de ces attributions est vraie. Aucune n'est suffisante. Ce que Helios 522 met à nu, c'est un mécanisme plus profond, que le modèle Swiss Cheese de Reason ne capture qu'imparfaitement. Ce n'est pas seulement que les trous dans les barrières de défense se sont alignés. C'est que la condition latente, le sélecteur en MAN, a déclenché un processus physiologique, l'hypoxie, qui a détruit la dernière barrière active : la capacité de l'équipage à comprendre ce qui se passait et à y répondre. La condition latente génère le mécanisme qui empêche sa propre correction. Le système se referme sur lui-même. Rasmussen éclaire l'autre face du piège. La confusion de l'alarme est un basculement contraint du mode rule-based vers le mode knowledge-based. En mode rule-based, l'équipage associe le son entendu à la réponse la plus fréquente : alerte de configuration. Le passage au mode knowledge-based, comprendre que le même stimulus a une signification différente dans un contexte différent, exige une ressource cognitive de haut niveau, une capacité d'abstraction et de raisonnement que l'hypoxie est précisément en train d'éteindre. Le diagnostic correct reste théoriquement possible, mais de plus en plus improbable à mesure que les minutes passent. La fenêtre de compréhension et la fenêtre de conscience se referment ensemble. Et derrière l'accident immédiat, il y a le cadre organisationnel que Vaughan nous apprend à lire. La décompression de décembre 2004 sur le même avion, en provenance de Varsovie, avec trois passagers hospitalisés, qui n'avait généré ni poursuite ni remise en cause de la culture de sécurité. Les problèmes récurrents de porte de service R2, signalés à nouveau la veille même de l'accident. Les audits EASA, JAA et OACI sur la DCA chypriote, restés sans plan d'action effectif. La dérive silencieuse d'une organisation qui absorbe les signaux précurseurs sans modifier ses pratiques. C'est la normalisation de la déviance, telle que Vaughan l'a théorisée à partir de l'accident de Challenger, appliquée à une petite compagnie méditerranéenne. Le vol fantôme d'Helios 522 est un archétype. Il rejoint le Learjet de Payne Stewart, le King Air de Burketown, et peut-être, si l'hypothèse de l'ATSB australien est correcte, le vol MH370 de Malaysia Airlines, dans la famille des accidents où le silence n'est pas un symptôme mais le mécanisme létal lui-même. L'avion continue de voler. L'équipage a cessé d'exister. Et entre les deux, il n'y a eu qu'une alarme qui sonnait juste, mais que personne n'a su entendre. Sources : Rapport d'accident Air Accident Investigation and Aviation Safety Board (AAIASB), Aircraft Accident Report: Helios Airways Flight HCY522, Boeing 737-31S, 5B-DBY, Grammatiko, Hellas, 14 August 2005, République hellénique, novembre 2006. Directives de navigabilité et documents réglementaires Federal Aviation Administration, AD 2006-13-13, Cabin Altitude Warning/Takeoff Warning, 2006. Federal Aviation Administration, AD 2008-23-07, Pre-flight Briefing on Cabin Altitude Warning, 2008. Federal Aviation Administration, NPRM Docket No. FAA-2010-0215, Installation of Separate Visual Indicators for Cabin Altitude and Takeoff Configuration Warnings on Boeing 737-100 through -500, 2010. European Aviation Safety Agency, Safety Information Bulletin SIB 2009-34, Cabin Altitude Warning/Takeoff Configuration Warning, 2009. Rapports d'accidents satellites National Transportation Safety Board, Aircraft Accident Brief: Learjet Model 35, N47BA, near Aberdeen, South Dakota, October 25, 1999, NTSB/AAB-00/01, 2000. Australian Transport Safety Bureau, Investigation Report B/2000/3479: Beechcraft Super King Air 200, VH-SKC, Burketown, Queensland, 4 September 2000, 2001. Ouvrages Negroni, Christine, The Crash Detectives: Investigating the World's Most Mysterious Air Disasters, Penguin Books, New York, 2016. Reason, James, Managing the Risks of Organizational Accidents, Ashgate, Aldershot, 1997. Rasmussen, Jens, « Skills, Rules, and Knowledge: Signals, Signs, and Symbols, and Other Distinctions in Human Performance Models », IEEE Transactions on Systems, Man, and Cybernetics, vol. SMC-13, n° 3, 1983, pp. 257-266. Vaughan, Diane, The Challenger Launch Decision: Risky Technology, Culture, and Deviance at NASA, University of Chicago Press, Chicago, 1996. Article académique Maditinos, Zinonas & Vassiliadis, Chris, « Air Transport Service Harm Crisis: The Case of Helios Airways Tragedy », Journal of Hospitality & Tourism Cases, vol. 4, n° 1, 2015, pp. 26-35. #Avgeek #Helios522 #AviationSafety 📽️ : Extrait « Mayday Dangers Dans le Ciel »

François Negroni

38,121 görüntüleme • 7 gün önce

AUJOURD’HUI UNE FOULE ! DEMAIN UN PEUPLE ? SOUTENIR LE Dr MICHEL PROCUREUR AVANT LE VERDICT DU 11 MAI 0:10 Sortie de comparution, le 9 mars, 400 personnes avec le Dr Michel Procureur À la tribune: • 2:11 Dr Michel Procureur • 4:06 Dr Louis Fouché • 7:31 Élodie Casaubieilh, infirmière, et Dr Jean-Philippe Labrèze Michel Procureur avec: • 11:15 Les parents d’un jeune homme, décédé suite au "vaccin" • 12:22 Alain Maupas, père de Mélanie, et Mathieu Dubois d’AAVIC TEAM • 13:43 Les Drs Patrice Pezet, Eric Loridan, Isabelle Lagny 15:31 Dialogue entre 2 soignants, 2 combats complémentaires, Élodie Casaubieilh & Marc Heinrich du Syndicat Liberté Santé • SLS🕊️ & d’On a eu not' dose ! 📌 COMPTE-RENDU DE L’AUDIENCE DU 9 MARS & ÉDITORIAL « Au nom du peuple », c’est ainsi que la justice est rendue en France. En théorie, c’est beau et idéal. En pratique, c’est plus compliqué. Pour que des juges puissent juger au nom du peuple et le peuple se reconnaître dans ses juges et aussi reconnaître l’autorité de leurs jugements, il faut que tous, juges et peuple, soient bien informés. Le sont-ils toujours ? Le sont-ils dans ce procès où un médecin a eu le courage de se dresser par ses actes contre une loi – la loi du 5 août 2021 – issue de mensonges scientifiques et d’un mépris politique bafouant plusieurs textes fondamentaux (Code de la santé publique, Convention d’Oviedo, Code de Nuremberg…)? Nul doute que les magistrats connaissent parfaitement le droit, mais ont-ils exploré et compris le terrain politique et scientifique, ce terrain miné où la loi du 5 août les entraîne ? Sont-ils armés scientifiquement et politiquement pour déjouer à la fois les mensonges de l’État et comprendre la science que cet État a scandaleusement truquée et instrumentalisée ? Vont-ils juger un symptôme, le cas du Dr Michel Procureur, ou vont-ils comprendre la maladie ? Vont-ils juger la surface ou la réalité ? Que s’est-il passé le 9 mars ? J’ai assisté pour BAM! à l’audience. Ce qui s’y est dit est très important. Voici le compte-rendu. 14h. La grande salle (photo à 4:22) du tribunal de la Roche-sur-Yon est pleine. Trois procès cet après-midi. Le premier vite expédié, reporté à une date ultérieure. Le deuxième, un jeune homme violent qui a frappé sa mère. Sur les soixante places de la salle pleine, une cinquantaine sont occupées par les soutiens du Dr Michel Procureur. Le reste, par la famille du deuxième procès. Le balcon, par des lycéens en sortie scolaire. Avant de comparaître à la barre, Michel est assis au 1er rang, entre son épouse et Élodie Casaubieilh, infirmière. Comme Michel, Élodie a délivré des faux pass vaccinaux. Comme lui, elle a été dénoncée. Elle par ses deux collègues, lui par un pharmacien. Dans la salle, il y a des médecins comme le Dr Louis Fouché, des soignants comme Eric Mercier, des ex-suspendus, des membres de leurs collectifs et associations, COLLECTIF SANTÉ MAUGES, SYNDICAT LIBERTÉ SANTÉ, SOLIDEKLA… Il y a bien sûr plusieurs associations de victimes des injections covid, AAVIC-Team, VIAC19, ON A EU NOT’ DOSE. Mathieu Dubois et Alain Maupas, président et vice-président d’AAVIC-Team, s’apprêtent à témoigner. À leurs côtés, d’autres victimes et familles de victimes, Dominique et Martine Baudinaud, Danièle, Mallorie, Émilie qui a traversé la France pour venir, malgré les séquelles de quatre AVC dûs aux injections Pfizer… Que les centaines de soutiens restés dehors me pardonnent de ne pas tous les citer. 15h. Le procès de Michel Procureur commence. Lecture des chefs d’accusation: « escroquerie » pour avoir délivré 89 faux pass vaccinaux et pour avoir exercé plusieurs mois en n’étant pas lui-même vacciné anti-covid. Contre Michel Procureur: - cinq CPAM départementales qui lui réclament un total de 250 mille € - l’État qui, par la voix de la procureure, demande 50 mille € d’amende. La juge, présidente du tribunal, donne d’abord la parole à Michel Procureur. MICHEL PROCUREUR Il commence, la juge l’interrompt aussitôt. Plusieurs fois il reprend, plusieurs fois elle l’interrompt. Veut-elle le déstabiliser ou lui donner l’occasion de ne laisser aucune zone d’ombre? Malgré ces interruptions, malgré son émotion que toute la salle ressent, Michel Procureur ne perd pas le fil. De sa voix douce mais ferme, il dit son respect des lois, jamais il n’est s’est senti au-dessus d’elles. Ses raisons pour faire des faux pass vaccinaux? Le Dr Procureur explique. Trop de jeunes de la région sont morts subitement juste après leur "vaccination"-covid, comme Anthony Rio, 24 ans, étudiant en médecine, dont le cas a été médiatisé. D’autres sont morts en silence ou sont devenus gravement malades: maladies neurologiques comme la maladie de Charcot; maladies cardio-vasculaires, myocardites, infarctus; cancers atypiques, foudroyants… Lorsque la fille de Michel Procureur, soignante, lui a dit qu’elle allait devoir se faire vacciner, il a eu peur pour elle. Michel Procureur : « Enfant, ma mère me disait "si tu es en danger, je me jette au feu pour toi". J’ai ressenti la même chose pour ma fille. » Après son 1er faux pass vaccinal, des soignants ou des patients, sont venus à lui aux abois, pris en tenaille entre: - d’une part, l’obligation vaccinale officielle ou implicite, à laquelle ils devaient se soumettre au risque de ne plus pouvoir nourrir leur famille - d’autre part, la peur de ces faux vaccins, vraies injections géniques, dont la dangerosité et l’inefficacité étaient déjà manifestes à l’époque. C’est ainsi que, confronté à ces situations extrêmes, le Dr Procureur a délivré d’autres faux pass. Michel Procureur : « La vaccination est un acte irrémédiable. Si la dangerosité d’un produit insuffisamment testé est finalement avérée, on ne peut pas dévacciner. » La juge : « On ne vous reproche pas votre opinion sur ces vaccins, on vous reproche d’être resté dans le système, d’avoir menti. Certains de vos collègues ont choisi de ne pas vacciner, ni de se faire vacciner, pourquoi n’avez-vous pas fait comme eux ? » À aucun moment, la juge ne prononce le mot « suspendus » pour qualifier les soignants que la loi du 5 août 2021 a privés de droits, les traitant plus bas que des assassins ou des violeurs. Pourquoi donc la juge ne peut-elle prononcer le mot « suspendus » ? Comment perçoit-elle en son for intérieur la loi du 5 août? Calmement, Michel Procureur répond à sa question. Il dit l’évidence. Comme médecin, il ne pouvait pas abandonner ses patients. Surtout dans une zone où les médecins sont rares, où il était un des deux seuls ORL pour 100 mille habitants. Abandonner signifiait laisser des malades sans soins. Bien entendu, il n’a rien demandé en échange des 89 faux pass, pas même le prix d’une consultation. Michel Procureur : « Bien sûr, dès le début, j’avais réfléchi à toutes les options si je refusais cette injection: - prendre ma retraite - me laisser suspendre - fermer provisoirement le cabinet - partir en Belgique. Dans tous les cas, j’abandonnais mes patients. Mais je ne me résolvais pas à les abandonner. Ni eux, ni tous ces gens que je voyais tenaillés par l’angoisse. Je devais rester auprès d’eux et secourir comme je pouvais » La juge donne alors la parole à la procureure, qui ne pose qu’une seule question: « Combien de soignants suspendus en France? » Michel Procureur: « 15 mille, je crois. » Michel est resté prudent, c’est en réalité beaucoup plus si on compte toutes les situations impactées. La procureure n’a donc posé qu’une seule question. On a tous compris. Elle tente d’opposer Michel aux « 15 mille » suspendus. Vaine tentative. Car n’est pas 1 CONTRE 15 mille. Mais beaucoup AVEC beaucoup. Vous découvrirez un jour, Madame, que beaucoup de soignants, beaucoup plus que vous ne l’imaginez, ont délivré des faux pass vaccinaux. La plupart, comme Michel, en leur âme et conscience et sans motifs vénaux. Mais, eux, n’ont été ni repérés ni dénoncés. Aujourd’hui, certains continuent d’œuvrer dans l’ombre et soigner comme ils peuvent les malades, victimes de ces "vaccins" forcés. Un jour, ils sortiront à la lumière. La vérité prévaudra. Et je vous laisse imaginer qui remplira ce jour-là les bancs des accusés. Peut-être même serez-vous alors face à eux, la voix d’un État qui aura finalement retrouvé ses esprits, retrouvé ce qu’il était censé demeurer, l’émanation d’un peuple informé, lucide, libre et souverain. D’ici-là, ni vous ni personne ne parviendrez pas à opposer les soignants suspendus, résistants à ciel ouvert, aux soignants qui ont continué dans le secret à sauver ce qui pouvait l’être. Car ces deux formes de résistance ne s’opposent pas, elles se complètent. Ensemble, elles sauvent l’honneur. L’une sauve les principes et le droit, l’autre la pratique et la continuité du soin prodigué malgré tout. Pour comprendre, regardez l’échange après l’audience, entre Élodie Casaubieilh, infirmière qui a délivré des faux pass, et Marc Heinrich, infirmier suspendu, à 15:31 dans la vidéo ci-jointe. LES TÉMOINS Ils sont trois, Mathieu Dubois, Alain Maupas, le Dr Florence Lair. MATHIEU DUBOIS Mathieu Dubois s’avance lentement vers la barre, s’appuyant sur sa béquille, le corps neurologiquement marqué depuis la dose de Moderna injectée en 2021, à l’âge de 36 ans. Par dignité, il s’efforce de marcher droit, de ne rien laisser paraître de la douleur qui le traverse à chaque pas. Mathieu témoigne en son nom et au nom des 1000 victimes post-vaccin-covid et covid long d’AAVIC-Team, l’association qu’il préside et qu’il a cofondée avec la famille Maupas. Depuis presque trois ans, j’ai souvent entendu Mathieu parler en public. Il touche les gens car il parle avec le cœur. Aujourd’hui, il est tout aussi spontané que d’habitude, mais la solennité de l’instant lui donne une vibration particulière. Avec des mots simples, il raconte les souffrances endurées quotidiennement par lui et les victimes qu’il représente. Mathieu Dubois: « J’avais une belle vie, le vaccin l’a brisée. Je faisais du sport, maintenant j’ai besoin d’une béquille. J’avais un travail que j’aimais [conducteur de bus à Moulins], je ne l’ai plus, je suis en invalidité… Avec tout le respect que je vous dois, Madame la présidente, je tiens à dire bravo au Docteur Michel Procureur pour le courage qu’il a eu et pour tout ce qu’il a fait. Si j’avais rencontré le Docteur Procureur avant l’injection, ma vie ne serait pas brisée. Si les membres de notre association avaient rencontré des médecins comme lui, nous aurions encore nos vies. Comprenez, Madame la présidente, pour nous chaque jour est une épreuve faite de douleurs physiques et de brouillard mental. Michel Procureur a évité à des gens de souffrir comme nous souffrons aujourd’hui. Alors, je lui dis merci d’être ce qu’il est. » La juge se tourne vers la procureure. Elle se tait, aucune question. Seul Maître Franck Marcault-Derouard, l’avocat de Michel Procureur, questionne le témoin. Il lui fait préciser chiffres et données, afin de faire ressortir le sérieux de l’association AAVIC-Team et le travail des scientifiques chevronnés qui l’accompagnent. Après Mathieu, Alain. ALAIN MAUPAS Mélanie Maupas, la fille d’Alain, est décédée 14 jours auparavant. Elle avait 37 ans. Ses funérailles ont rassemblé une foule aussi importante que celle d’aujourd’hui venue soutenir Michel. Alain raconte la vie de Mélanie, la vie d’avant. Une vie heureuse… Et puis les doses de Pfizer en 2021. Et aussitôt la maladie, d’abord les doigts puis peu à peu tout le corps… L’errance médicale… Le mépris de certains médecins « c’est dans vot’ tête, prenez des antidépresseurs »… Et puis finalement le diagnostic. Terrible, annoncé avec une désinvolture encore plus terrible. Sclérose latérale amyotrophique, SLA, dite "maladie de Charcot"… Des souffrances de plus en plus fortes… La paralysie progressive… Une mort certaine à court terme. Après de multiples examens, d’errances encore et encore, des médecins ont dû reconnaître que la cause ne pouvait être que vaccinale. Alors certaines langues médicales se sont déliées et ont dit en privé ce qu’elles ne disent pas encore en public. En respectant leur anonymat, Alain rapporte ce que ces spécialistes et chefs de service renommés, parmi ceux qui ont surmonté leur déni, lui ont confié, l’augmentation du nombres de malades qu’ils ont constatée depuis 2021. Par exemple, les SLA chez les jeunes, auparavant rarissimes et inexistantes hors cause génétique, devenues courantes depuis l’injection. Condamnée à mort, Mélanie ne s’est pas laissée aller. Tant qu’elle a pu, elle s’est battue pour les autres. Avec Mathieu Dubois, avec Alain, avec son frère, elle a fondé AAVIC-Team, aujourd’hui une des principales associations de victimes des injections covid en Europe. Alain raconte les années de douleurs et de combats de Mélanie. La juge, qui en début d’audience avait demandé d’aller vite, n’ose pas l’interrompre. Parfois Alain est submergé par des montées de larmes. Il se reprend aussitôt. Il veut aller au bout, faire revivre sa fille, ici dans ce lieu froid et angulaire. Il y parvient. Mélanie est là. L’aura ? Alain Maupas: « Si Mélanie avait rencontré un médecin comme Michel avant l’injection, elle serait vivante aujourd’hui. Pfizer et l’État ont tué ma fille. Michel Procureur a sauvé des vies. Vous savez, parfois je rêve que… Je rêve qu’il sauve aussi ma Mélanie.» Alain quitte la barre. Le silence dans la salle est absolu. Aucun murmure, aucun geste, tout est figé. La juge se tait un moment, avant d’appeler le 3ème et dernier témoin. LE DR FLORENCE LAIR Radiologue renommée, présidente de Solidekla « association d’aide à la déclaration à la pharmacovigilance des effets indésirables survenus suite à l’injection des vaccins anti-covid ». En écoutant le Dr Lair, on comprend à quel point il est difficile pour une victime ou pour un généraliste surmené, de déclarer des effets secondaires, tant la déclaration est lourde et compliquée. Les médecins et soignants de Solidekla leur apportent leur expérience. C’est une équipe courageuse, mais pas assez nombreuse vu l’ampleur de la tâche. On comprend aussi, à travers les questions que Maître Marcault-Derouard pose au Dr Lair, à quel point ces pseudo vaccins ont fait des dégâts, bien plus que tout autre vaccin ou médicament. Malgré l’omerta et le déni officiel du corps médical, malgré les « c’est dans vot’ tête » pour empêcher de faire le lien avec les "vaccins"-covid, leur nombre de déclarations d’effets secondaires graves est supérieur à celui de tous les autres vaccins réunis, de toutes les maladies, sur plusieurs décennies, dans les pays occidentaux où les chiffres sont transparents, et que Maître Marcault-Derouard cite. On n’ose imaginer le bilan ici, le jour où les freins seront enlevés, les chiffres rendus publics, la vérité officialisée. Après les témoins, deux batailles d’arguments. 1. CPAM vs DÉFENSE La représentante des caisses primaires d’allocation maladie de 5 départements (Vendée, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, Deux-Sèvres, Charente-Maritime) réclame 250 mille € au Dr Procureur. C’est l’addition scrupuleuse de tous les soins prescrits et remboursés par les CPAM aux patients ORL du Dr Michel Procureur, pendant les mois où il a exercé sans être lui-même vacciné anti-covid. Étonnements dans la salle quand on entend que la plupart des montants sont ceux payés 1) aux pharmacies pour les traitements prescrits 2) aux hôpitaux et cliniques pour les examens prescrits (IRM, etc…). Le montant des consultations payées au Dr Procureur étant marginal dans la somme réclamée par les CPAM. L’avocat de Michel Procureur n’a aucun mal à démontrer l’absurdité de cette demande. Michel Procureur était un ORL expérimenté et reconnu pour sa compétence, les traitements et examens prescrits ont réellement été administrés et réalisés. Ils étaient nécessaires et justifiés – ce que les CPAM ne contestent même pas ! –, ils ont réellement soigné et guéri des patients, en échange de paiements réellement encaissés par des hôpitaux et pharmacies. 2. ÉTAT vs DÉFENSE Après un mot de compassion pour les victimes qui ont témoigné, la procureure développe son argument: en délivrant des faux pass et en s’étant lui-même faussement déclaré vacciné, Michel Procureur a menti, produit des faux et enfreint la loi du 5 août 2021, relative à l’obligations vaccinale des soignants. La réponse et la plaidoirie de l’avocat montrent les contradictions et les fragilités de l’accusation: • La loi du 5 août 2021 est entrée en conflit avec le serment d’Hippocrate et ses traductions légales dans le Code de la santé publique et dans le Code pénal, qui prévoient que le médecin est tenu de protéger ses patients, d’assurer la continuité des soins. Et, avant tout, de ne prendre aucun risque qui pourrait leur nuire, « primum non nocere ». Or, dans le contexte de 2021, que le temps confirme, la Dr Procureur avait toutes les raisons de penser que les "vaccins" anti-covid pouvaient être dangereux car: - la loi du 5 août ne s’appuyait pas sur un consensus scientifique; contrairement aux assertions mensongères du gouvernement, beaucoup de scientifiques français et internationaux lançaient l’alerte contre ces injections - des jeunes en bonne santé mourraient à peine vaccinés - la loi s’appuyait sur un autre mensonge gouvernemental, les "vaccins" anti-covid n’empêchent pas la transmission, Pfizer lui-même l’admet, l’EMA (European Medecines Agency) elle-même le reconnaît - les "vaccins" anti-covid étaient des produits expérimentaux puisque aucune étude de phase 3 n’était achevée, contrairement à ce que prétendait le gouvernement en un énième mensonge. • Cette loi mettait le Dr Procureur dans un dilemme: obéir à une loi basée sur du faux et des mensonges ou veiller à la santé de ses patients, en ne les abandonnant pas et en secourant ceux qui risquaient une exclusion sociale tragique pour eux et leur famille. • Aucun patient du Dr Procureur n’a été lésé par lui • En délivrant les 89 faux pass, il n’a tiré aucun bénéfice pécuniaire • Son cas dépasse le strict cadre judiciaire, il s’étend sur les champs politique, scientifique, sociologique, sociétal… C’est précisément dans ce genre de cas que la justice a une marge et peut remplir son rôle de contre-pouvoir. En conséquence, Maître Marcault-Derouard demande la relaxe de Michel Procureur. Verdict le 11 mai 2026. - AU NOM DU PEUPLE ? Au citoyen dans l’erreur qui dit « je ne savais pas », on répond « nul n’est censé ignorer la loi. » Aux magistrats susceptibles de dire un jour « je ne savais pas », que répondra-t-on? Ils connaissent la loi. Mais connaissent-ils la réalité quand la loi est issue d’un mensonge qui occulte cette réalité? Que peut leur demander le peuple au nom duquel ils sont censés juger? « Nul magistrat n’est censé ignorer la réalité » ? Depuis 2020 et la "crise" covid, l’institutionnalisation du mensonge contamine nos sociétés occidentales. La loi du 5 août 2021, basée sur plusieurs mensonges gouvernementaux, comme l’a bien montré l’avocat de Michel Procureur, et violant tant d’autre textes fondateurs de l’État de droit, dans un contexte de « secret défense » abusif, de censure et de manipulations politico-médiatiques, est un parfait exemple du mensonge institutionnalisé. Quand une loi escroque toute la population, quand elle lui fait quitter l’État de droit, peut-on durablement accuser d’« escrocs » ceux qui, par devoir, lui résistent? Depuis 2020, tant de lanceurs d’alertes, de scientifiques de renoms, de médecins courageux, d’avocats chevronnés, de citoyens éclairés, d’associations, de médias citoyens dont nous sommes… ont produit les preuves montrant cette institutionnalisation du mensonge. Nous n’allons pas étaler la longue liste de preuves ici, tout a été dit et publié depuis 6 ans, trouvable par qui veut trouver. Un seul exemple cependant, le plus récent document d’importance, rendu public fin avril 2026 par VERITY France: + + Ce sont les contrats que la Commission européenne a signé avec Pfizer et qu’elle refusé de rendre public au mépris de ses propres lois-règlements, au mépris d’injonctions de justice. En les lisant, on comprend pourquoi. Ces contrats révèlent l’ampleur du mensonge. C’est au-delà de la corruption. C’est une forme de coup d’État. Des dirigeants transnationaux, non élus, ont confisqué la théorique souveraineté du peuple, se sont même affranchis des formes de légalité européennes qu’ils sont censés respecter, se sont livrés aux puissances de l’argent. Ces contrats représentent 71 milliards d’€ d’argent public pour des produits déjà soupçonnés à l’époque d’être inefficaces et dangereux et prouvés maintenant comme tels. La voilà la véritable escroquerie ! La partie du peuple consciente de cette escroquerie sans précédent, et de ses ramifications, grandit de jour en jour. Avec elle, la défiance actuelle envers le pouvoir politique va se transformer en… En quoi ? Imaginez ce qui adviendra lorsque la vérité sortira au grand jour et sera connue de tous. Entre le peuple et le pouvoir judiciaire, il n’y a pas encore le même niveau de défiance qu’avec les pouvoirs politique, financier, médiatique. Il reste encore un relatif degré de confiance. Car l’ampleur du mensonge et de l’abus a été telle, qu’on peut encore admettre que beaucoup de magistrats aient eux-mêmes été abusés par ces six ans de vaste escroquerie. Alors « nul magistrat n’est censé ignorer la réalité »? Laissons une marge bienveillante et disons: « nul magistrat n’est censé ignorer la réalité indéfiniment. » En somme, jusqu’à quand pourra-t-on entendre les « je ne savais pas »? Pas indéfiniment. Six ans sont passés depuis 2020. Peut-être est-il temps de vouloir savoir. Informez-vous. C’est possible. Affranchissez-vous des peurs et des mensonges, des routines et des conforts. C’est nécessaire. Et puis, comme Michel Procureur, n’oubliez pas votre conscience. Écoutez-la. La vérité s’y trouve. — Texte et reportage vidéo par Michel Caulea pour BAM!

BAM!

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🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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