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𝗠𝗜𝗖𝗛𝗘𝗟 𝗕𝗔𝗦𝗧𝗢𝗦 🇧🇷 𝗤𝗨𝗜 𝗠𝗔𝗥𝗤𝗨𝗘 𝗦𝗢𝗡 𝗣𝗘𝗡𝗔𝗟𝗧𝗬 𝗗𝗨 𝗣𝗥𝗘𝗦𝗜𝗗𝗘𝗡𝗧 𝗔𝗩𝗘𝗖 𝗟𝗔 𝗙𝗥𝗔𝗡𝗖𝗘 🇫🇷 𝗖𝗢𝗡𝗧𝗥𝗘 𝗟’𝗔𝗥𝗚𝗘𝗡𝗧𝗜𝗡𝗘 🇦🇷 𝗔̀ 𝗟𝗔 Kings League World !!!! ⚽️🌍 Il nous a tellement matrixé étant plus jeune 😭 La France s’impose 7-5 et file en 1/4 de la Kings World Cup. 👏 🎥 Kings League...

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🚨🇫🇷😳ASSEZ DE CE SPECTACLE RÉPUGNANT DE SOUMISSION ET DE DUPLICITÉ ! IL DOIT DÉGAGER TRÈS VITE ! Regardez bien cette vidéo : Emmanuel Macron, penché comme un vassal obséquieux, colle sa main dans celle de Ramaphosa avec un sourire mielleux qui pue l’hypocrisie à plein nez. « Félicitations, mon ami… un tournant pour l’Afrique… la France est à vos côtés… » : des mots sirupeux, des gestes de courtisan, une mise en scène calculée pour faire croire à une amitié sincère. Et pendant ce temps-là, derrière le rideau, Il signe des chèques de plusieurs milliards d’euros prélevés dans la poche des Français, sans jamais demander leur avis, pour financer des projets « verts » foireux qui profitent d’abord aux multinationales, pendant que nos hôpitaux ferment et que nos agriculteurs se suicident. Ce n’est plus de la diplomatie, c’est de la lèche abjecte suivie d’une trahison froide et méthodique. Il joue les séducteurs en public, distribue les câlins et les compliments, et, une fois le dos tourné, il vide les caisses de la France pour acheter une influence qui ne sert qu’à son ego et à celui de l’oligarchie bruxelloise. Un président français qui se prostitue ainsi devant un dirigeant étranger tout en ruinant son propre peuple n’est plus un chef d’État : c’est un imposteur, un comédien cynique qui utilise le charme comme arme de distraction massive pour mieux nous dépouiller. Ce spectacle de flagornerie internationale est une insulte à la dignité française. Ce n’est pas un homme d’État, c’est un VRP de luxe qui vend la souveraineté de la France au plus offrant tout en nous faisant payer l’addition. Le peuple français n’a pas élu un courtisan de salon, mais un président censé défendre ses intérêts. Chaque sourire forcé, chaque accolade calculée, chaque « mon ami » prononcé avec cette voix doucereuse est une claque supplémentaire à la figure des millions de Français qui triment. Un tel niveau de duplicité, de mépris et d’arrogance ne mérite plus ni indulgence ni patience. La France n’est pas un paillasson sur lequel on s’essuie les pieds en échange de selfies diplomatiques. Dehors l’imposteur, dehors le comédien, dehors celui qui nous entube en nous faisant la bise ! 📌1. Macron : “Monsieur le Président, tout d’abord, félicitations pour ce sommet G20 extraordinaire que vous avez accueilli.” 2. Ramaphosa : “Merci beaucoup, Emmanuel. Cela a été un plaisir.” 3. Macron : “C’était un énorme succès, et je pense que le monde se souviendra de cette présidence sous votre direction comme d’un tournant pour l’Afrique et pour le Sud global.” 4. Ramaphosa : “Nous apprécions cela. Votre soutien a été inestimable.” 5. Macron : “Et personnellement, je veux vous remercier pour la chaleur et le partenariat que nous avons construits. La France se tient aux côtés de l’Afrique du Sud pour une meilleure Afrique, un meilleur monde.” 6. Ramaphosa : “De même, mon ami. Continuons à avancer ensemble.” 7. Macron : “Absolument. À la prochaine – prenez soin de vous.” 8. Ramaphosa : “Bon voyage. Au revoir.”

🕊️Myriam🕊️Sauvons L’humanité🕊️@CelebritesSM🕊

423,900 просмотров • 10 месяцев назад

🔥 Alexander Samuel on fire! 🔥 Dans cette vidéo où Laurie Canac pour BFM fait l'interview de Alexander Samuel il y a tellement d'informations importantes. 1/ Alexander Samuel a perdu du temps, de l'énergie, et de l'argent pour une procédure bâillon à cause de l'ancien directeur de IHU Méditerranée Infection 2/ IHU Méditerranée Infection a, malgré de trop nombreuses infractions à l'éthique et des propos dangereux, bénéficié d'une protection du gouvernement par Olivier Véran Emmanuel Macron Ministère Enseignement supérieur/Recherche/Espace Sylvie Retailleau Ministère de la Santé AP-HM - Hôpitaux Universitaires de Marseille @univAMU_Europe. Je suis sur que les antivax qui détestent profondément le système politique en place actuellement vont fortement dénoncer cela non? 3/ Les lanceurs d'alertes ont été aussi bien scientifiques que journalistes sur des dizaines de problèmes dans les recherches ou processus de l'IHU Méditerranée Infection: l'éthique de la recherche, la méthodologie de la recherche, le scandal des hospitalisations de jours, la manipulation des PCR, ... Merci encore à l'excellent travail de Victor Garcia Olivier Hertel pascale pascariello Mediapart L'Express Le Point K. Lacombe Costagliola Christian Lehmann et aux nombreuses personnes qui ont fait le relai de ces informations Géraldine Woessner La Tronche en Biais 4/ Alexander Samuel n'est pas le seul à avoir perdu de l'énergie, du temps, et de l'argent à cause de procédures baillons. C'est aussi le cas de Guillaume Limousin 5/ Il y a des dizaines de procédures en cours contre l'ancien directeur de l'IHU_Marseille, l'IHU_Marseille, ou d'autres chercheurs de IHU_Marseille. Certaines sont encore en cours. Pour rappel, par exemple, l'ancien directeur de IHU_Marseille est mis en examen pour diffamation à mon encontre: Certaines sont déjà terminées avec la condamnation pour harcèlement et agressions sexuelles d'un des chercheurs de IHU_Marseille ( Certains chercheurs de l'IHU_Marseille ont aussi fait la une de la presse universitaire internationale, non pas pour leur travaux, mais pour leur comportement sur les réseaux sociaux ( 6/ Beaucoup d'autres lanceurs d'alertes ont, à cause de l'IHU_Marseille et de sa désinformation médicale, aussi du subir le harcèlement des antivax et leurs procédures légales ( e.g., procès bâillons) ou illégales (harcèlement, doxxing, menaces) portées et facilités par des désinformateurs notoires. On pointera notamment le rôle du directeur de blog publiant dans des journaux prédateurs Xavier Azalbert FreeSpeech 🇧🇷 🇫🇷 et de son blog France-Soir de l'association de désinformation BonSens.Org et de multiples personnalités problématiques et proches de l'extreme droite comme Louis Fouché. Ces lanceurs d'alertes n'ont reçu aucune aide du gouvernement ou des instances dont ils faisaient le travail. Notre vie a été bouleversée pour avoir du faire le travail d'instituts et d'office d'intégrité ou d'agences gouvernementales. Soutien à mon ami et co-auteur Dr Jérôme BARRIERE, MD. qui aujourd'hui dépense de l'énergie et de l'argent pour une "plainte de revanche" (et bâillons) déposée contre lui. Soutien également à Elisabeth Bik et @BorisBarbour + PubSmear qui n'en ont reçu aucun de la part du CNRS 🌍 ou de l'Inserm alors que leur travail a été essentiel. 7/ L'IHU Méditerranée Infection a le plus grand nombre de retractations et d'expression of concerns sur une période si courte pour un institut de recherche français. En l'occurence, plus de 200 expression of concerns et déjà 19 rétractations pour des motifs d'éthique de la recherche ou de méthodologie. Il reste, je pense, à savoir si l'inaction des tutelles, du gouvernement et de ses différents acteurs va aujourd'hui changer ET être jugée également. Il me semble impossible de ne pas pointer la responsabilité de Emmanuel Macron qui s'est déplacé jusqu'à IHU Méditerranée Infection au début de la pandémie. Il me semble impossible de ne pas mettre en avant le manque d'action très clair malgré des centaines d'alertes du gouvernement français et des différents ministères. Il faut tout de même rappeler que les manquements éthiques de recherche à IHU Méditerranée Infection étaient déjà dans le plus grand journal de recherche (Science) il y a bientôt 8 mois ( Pendant que les responsables du gouvernement et des laboratoires de recherche faisaient la sourde oreille, les chercheurs indépendants et les lanceurs d'alertes et journalistes internationaux ont fait le travail. L'inaction du gouvernement français est non seulement honteuse mais aussi, à ce stade, potentiellement criminelle. Il plus que temps, je pense, de revoir la copie et de pointer très clairement la responsabilité de chacun de ces acteurs du gouvernement dans la désinformation médicale qui a traversé l'a France et le monde (notamment le Brésil). Il est pour moi impensable, alors que le "fleuron de la recherche française" s'écroule à cause de ses fondations d'argile, de ne pas aussi mettre en avant et juger la responsabilité des politiques qui ont ignorer les trop nombreuses alertes, des journalistes qui ont donné la parole à des désinformateurs notoires (coucou Pascal Praud CNEWS Cyril Hanouna @TPMP Sud Radio André Bercoff notamment) et des "associations" qui ont répandu la désinformation (france_soir bonsens CSI etc...). "La vérité prend l'escalier" "C'est nous les gentils"

Lonni Besançon 🇫🇷 🇸🇪

25,827 просмотров • 2 лет назад

🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

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#AES État du Burkina Faso🇧🇫 Les néocolons paternalistes européens en général et la France en particulier, les USA, leurs valets locaux et esclaves de salon, ont tous eu leur dose dans ce message du vaillant Dr. A.J. KYELEM de TAMBELA, Premier Ministre de l’#AES État du Burkina Faso 🇧🇫, ̀à la montée des couleurs du 06.05.2024 🛑Mesdames et messieurs! 𝐐𝐮𝐞𝐥 𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 ? 1- Chaque fois que les autorités de la Transition prennent la parole, l'impérialisme et ses valets locaux tremblent. Ils tremblent parce qu'ils savent que c'est pour encore révéler au public un aspect de leurs intrigues. Leur arme contre cela, c'est, chaque fois qu'une autorité prend la parole, de claironner que nous parlons trop au lieu d'agir. Comme si le peuple n'était pas témoin des actes de développement, de transformation sociale et de lutte contre le terrorisme que nous posons. 2- Nous avons parlé, nous parlons et nous parlerons, pour contribuer à l'éveil des consciences, afin que plus jamais le peuple ne se laisse duper par des aventuriers sans foi ni loi, et des marchands d'illusions. 3- Cela dit, je me permets de poser une question. Que représente le drapeau que nous venons de hisser ? Le drapeau est un élément fédérateur. C'est le symbole de l'unité d'un peuple pour une cause, la cause nationale. Le drapeau nous rappelle chaque fois, qu'avant toute chose, il y a la nation à défendre et à promouvoir. 4- Le drapeau nous rappelle que les intérêts particuliers, les intérêts partisans doivent pouvoir se conjuguer avec l'intérêt général. À défaut, les intérêts particuliers doivent s'effacer pour que triomphe l'intérêt général et la cause nationale. 5- J'ai l'habitude de dire que mieux vaut être pauvre dans un État riche et fort que riche dans un État pauvre et faible. Il y a eu des Hommes riches et forts dans des pays pauvres ou faibles. Certains d'entre eux ont trouvé leurs limites. 6- Il suffit de citer le cas du général Manuel Noriega, le tout puissant président du Panama des années 1980. En décembre 1989, quand les Américains décidèrent de l'arrêter, ils allèrent le cueillir dans son palais. Sa fuite dans une enclave diplomatique ne fut pour lui qu'un répit de courte durée. Les Américains finirent par obtenir son extradition. 7- De même en Haïti, le général Raoul Cédras renversait le président Jean-Bertrand Aristide en 1994. Les Américains finirent par lui donner un ultimatum pour quitter le pouvoir. Face à son refus d'obtempérer, l'armée américaine le délogea de son palais. Il eut son salut en se réfugiant au Panama. Ces Hommes forts et riches régnaient dans des États pauvres ou faibles. 8- À l'inverse, des Hommes, pas particulièrement riches, mais qui présidaient aux destinées d'États forts, ont pu faire face à toutes les tentatives de récupération ou de déstabilisation. 9- Il suffit de citer le cas de Cuba, petit pays à quelques encablures des États-Unis, qui a su résister à tous les assauts des Américains. On peut citer aussi le cas du petit Nicaragua qui a tenu tête à la toute puissante Amérique dans les années 1980. On pourrait citer aussi les cas du Venezuela, de Hugo Chavez à Nicola Maduro, et de l'Iran qui, depuis la Révolution islamique de 1979 fait face avec succès à toutes les tentatives de déstabilisation. 10- Un État fort est donc une garantie de sécurité et de stabilité des institutions, et un facteur de développement. La pauvreté actuelle de l'Afrique noire est due en partie aux tentatives de caporalisation des dirigeants, et de déstabilisation des régimes. On peut être d'accord que si la Révolution de Thomas Sankara avait duré, ne serait-ce qu'une dizaine d'années, le Burkina aurait pu être mis sur les rails du développement. Le Ghana qui était un État failli et sans perspective, a été mis sur les rails du développement grâce à la politique visionnaire du président Rawlings, à travers la mise en place d'un État fort. 11- Pour construire un État fort, il faudra être en mesure de déjouer les pièges conçus par les dominateurs pour faire de nos États des États faibles, malléables à souhait. Parmi ces pièges, il y en a trois qu'il convient d'analyser. Ce sont le prétendu respect des droits de l'Homme (1), le prétendu respect de la liberté d'expression (2) et les institutions néocoloniales de nos États modernes (3). 𝟏- 𝐃𝐮 𝐩𝐫𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐥'𝐇𝐨𝐦𝐦𝐞 12- Il est évident que si les droits de l'Homme étaient méconnus en Afrique, les Européens ne seraient pas venus trouver des royaumes et des sociétés organisés avec de brillantes civilisations. L'art africain précolonial a ébloui le colonisateur au point qu'il a pillé les œuvres d'art pour garnir ces musées et les salons des aristocrates et des bourgeois. Sans une organisation sociale élaborée, dans le respect des droits de chaque catégorie sociale, un tel résultat n'aurait pu être atteint. 13- De nos jours, les droits de l'Homme sont un instrument de contrôle des sociétés du Tiers-Monde au service de l'Occident. Ils permettent à l'Occident d'avoir la garantie que ses valets locaux, dont certains sont directement financés par l'Occident, d'autres indirectement par des procédures détournées, auront toutes les latitudes pour mener dans nos pays leurs activités subversives à son profit. Lesquelles activités ont pour finalité d'infiltrer les appareils d'État et d'affaiblir nos États au profit de l'Occident. 14- Dans nos pays, les droits fondamentaux ne sont pas encore satisfaits. Les droits de l'Homme consistent d'abord à donner à manger aux populations, à les soigner, à les instruire, à les loger décemment. L'Occident ne voit pas ces droits à satisfaire dans nos pays, alors même qu'il jette régulièrement à la poubelle sa surproduction agricole et industrielle, rien que pour maintenir élevés les prix de ses produits. Ce qui le préoccupe, c'est uniquement l'assurance que ses éléments infiltrés dans nos sociétés peuvent poursuivre leur travail d'agitation et de sape à son profit en toute impunité. 15- Quand les mêmes droits sont violés en Occident, cela est passé sous silence, ou tout au plus qualifié de simple mesure de maintien de l'ordre. Chacun sait qu'aux États-Unis, toute personne présumée être une menace pour la sécurité nationale est éliminée sans autre forme de procès. Personne ne parlera de violation des droits de l'Homme. Partout dans le monde, les États-Unis se donnent le droit de tuer ou d'intervenir dès lors qu'ils estiment cela nécessaire pour leurs intérêts. On peut rappeler ici les cas du Panama et de Haïti, mais aussi ceux de Cuba en 1901 et en 1961. Sans oublier le Vietnam, l'Iran en 1980, l'Irak, et l'Afghanistan plus récemment. 16- La France n'est pas en reste, elle qui a commandité et continue de commanditer des coups d'État en Afrique, principalement en Afrique francophone, sans aucun égard pour les pertes en vies humaines. Sans oublier son soutien au terrorisme au Sahel qui a fait des milliers de victimes, et qui continue d'endeuiller nos populations. En France même, l'on a vu comment en novembre-décembre 2018 les “Gilets jaunes” ont été réprimés. Toujours en France, à la suite du meurtre par la police du jeune Nahel en 2023, le petit peuple de France s'est soulevé. Il fut violemment réprimé, avec des scènes de tortures dignes d'un autre âge. Comme il s'agit de la France, personne n'a élevé la moindre protestation. Personne n'a parlé de violations des droits de l'Homme. Même dans nos propres pays, les médias déjà conditionnés, n'y ont pas vu de violations des droits de l'Homme. 17- Dans nos pays, surtout dans les pays sous contrôle de l'Occident, et plus particulièrement sous contrôle de la France, les régimes en place peuvent assassiner, torturer, on ne parlera jamais de violation des droits de l'Homme. En Guinée, en Côte d'Ivoire, au Sénégal des citoyens qui manifestaient contre les troisièmes mandats anticonstitutionnels ont été massacrés avec la bénédiction de l'Occident. Plus récemment encore, des opposants ont été massacrés au Tchad à plusieurs reprises, sans que l'Occident trouve à redire. Non loin du Burkina Faso, des procès iniques ont été organisés, et des condamnations hors-normes ont été prononcées. Des opposants ont été jetés en prison pendant des années. Les Occidentaux n'y ont rien vu et n'ont rien entendu. Personne n'a parlé de violations des droits de l'Homme. Quelle hypocrisie! 𝟐- 𝐃𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮𝐞 𝐥𝐢𝐛𝐞𝐫𝐭𝐞́ 𝐝'𝐞𝐱𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 18- Tout comme les droits de l'Homme, il en est de même de cet autre cheval de Troie qu'est la liberté d'expression. Pour l'Occident, ses valets locaux infiltrés dans nos sociétés ont le droit de s'exprimer comme ils l'entendent, sans aucune restriction ni règlementation. Gare à quiconque osera remettre cela en cause. Aussitôt les Gouvernements et les médias occidentaux montent sur leurs grands chevaux, grossissent négativement les faits et brandissent les menaces. Les ambassades, les O.N.G. à la solde de l'Occident et les institutions internationales sont mises à contribution pour vilipender, intimider et réprimer. 19- Pourtant, nul ne viole autant la liberté d'expression que les Occidentaux. Dès le déclenchement du conflit Russie-Ukraine, la France et d'autres pays occidentaux, bien que n'étant pas belligérants, ont expulsé les organes de presse russes de leur territoire. Par la suite, la dame de Sotchi a été interdite d'entrer et de séjour en France pour simple délit d'opinion. Récemment, un activiste (Kémi Séba) s'est vu retirer la nationalité française, également pour délit d'opinion. 20-Le 20 mars dernier, un élu local français aurait été suspendu, simplement pour avoir accepté d'être observateur au scrutin présidentiel russe. Alors ! Où se trouve la liberté d'expression en Occident? Il est temps de comprendre que ce n'est pas la liberté d'expression que l'Occident défend, mais plutôt des intérêts idéologiques, politiques et économiques. La prétendue liberté d'expression et les prétendus droits de l'Homme sont de simples moyens d'action pour aboutir à ses fins dans nos pays. 21- Il ne viendra à l'idée de personne de contester que les droits de l'Homme sont de loin mieux respectés dans nos pays que dans les pays arabo-musulmans où la liberté de croyance n'existe pas; où les femmes n'ont ni la liberté de leur mouvement, ni la liberté de leur choix de vie; où les délinquants sont parfois amputés ou torturés publiquement. Comme ces pays gèrent bien les intérêts des Occidentaux, ou sont capables de mesures de rétorsions redoutables, ils peuvent tout se permettre. L'Occident fermera toujours les yeux. 22- Même les valets locaux de l'impérialisme qui sont dans nos pays et qui revendiquent tant la liberté d'expression, refusent cette même liberté d'expression à ceux qui ne partagent pas leur point de vue. Ils créent des comptes Facebook et autres, pour essaimer leur venin, en prenant soin de bloquer les commentaires qui ne leur sont pas favorables. 23- Quand on revendique la liberté d'expression et qu'on est logique et de bonne foi, on doit avoir le courage de l'accepter aussi pour les autres. Ces valets locaux, qui sont de simples véhicules de transport des intérêts occidentaux, sans contenu propre, utilisent la prétendue liberté d'expression pour nuire, afin de mieux plaire à leurs maîtres. Ils sont des dangers publics pour nos sociétés en construction. C'est pourquoi Thomas Sankara avait dit que la liberté d'expression ne doit pas être la liberté de nuire pour les ennemis du peuple. 𝟑- 𝐃𝐮 𝐦𝐢𝐦𝐞́𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 24- Le dernier piège dans lequel sont tombés beaucoup de pays du Tiers-Monde, surtout les pays francophones, c'est le mimétisme institutionnel. L'Occident a sa propre histoire. Il a mis des siècles pour se doter de ses institutions actuelles. Faisant fi de notre histoire à nous, il tient à nous imposer sur le champ les mêmes institutions, tout en sachant que nous n'avons ni la même histoire, ni la même culture, ni les mêmes aspirations. 25- Ces institutions qui nous sont appliquées comme des corsets, sont des moyens par lesquels l'Occident nous tient en laisse comme le maître tient son chien. Par ces moyens, les Occidentaux ont le contrôle de nos États et de nos sociétés, car pour la règlementation et l'évolution de ces institutions il faudra chaque fois se référer à leur histoire, à leur présent, à leurs instructions, et nous accorder avec eux. 26- Nous ne devons plus être dupes. Droits de l'Homme, liberté d'expression et mimétisme institutionnel sont des produits fabriqués en Occident, et destinés à la consommation des peuples dominés. Nos sociétés connaissaient les droits de l'Homme et la liberté d'expression qui étaient règlementés en fonction des besoins de la société. C'est pour cela qu'elles avaient pu mettre en place de grands royaumes dont la finesse de l'organisation surprend toujours l'intelligence humaine. Nos sociétés avaient des institutions adaptées qui ne demandent qu'à être revisitées. Auparavant, il nous faudra accepter de revisiter nos propres mentalités qui pataugent dans les méandres de l'aliénation mentale et culturelle. 27-Pour construire des États forts à même d'assurer la stabilité des institutions, le respect de la souveraineté, et d'enclencher le processus de développement, il nous revient de savoir détecter les pièges par lesquels on nous maintient dans la soumission et l'arriération. Gouverner c'est choisir. Les dirigeants africains doivent choisir avec détermination de tenir haut leur drapeau, au risque de laisser nos pays toujours tourner en rond, au gré des intérêts des autres. C'est dans ce sens qu'il faut saluer le courage et la détermination des dirigeants nigériens dans la décision de mettre fin à la présence militaire américaine dans leur pays, après voir mis les militaires français à la porte. 28-Il nous faut donc, en Afrique, mettre en place des États forts à même de défendre l'intégrité territoriale des États, la souveraineté des États, et les orientations de développement élaborées par nos États. Voilà ce que le drapeau doit représenter pour nous. Nous devons prendre conscience qu'il n'y a pas de destin individuel prospère et permanent dans un État faible, désarticulé et sans repère. Seule l'union autour des valeurs du drapeau peut garantir la sécurité, la prospérité et l'émancipation de chaque citoyen et de tous les citoyens. Pour la Patrie, nous vaincrons ! Dr. A.J. KYELEM de TAMBELA, Premier Ministre de l'#AES État du Burkina Faso 🇧🇫 Les vaillants peupes et les courageuse autorités de l'#AES ont pris leur destin en main. 🫡 #TousEngagésPourUnSahelLibre

M.PORGO

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📢🚨 La France a construit une machine à détruire la richesse des classes moyennes sous couvert de protection du patrimoine. Un homme achète sa deuxième maison après une séparation, emprunte à nouveau, signe chez le notaire, et peu de gens voient le mécanisme d'appauvrissement qu'il accepte. C'est pourtant là que gît la vraie dépossession. L'immobilier en France n'est pas un investissement. C'est un refuge forcé. Quand les frais bancaires vous volent 0,5% par an, quand l'assurance-vie perd du pouvoir d'achat, quand les actions effrayent par le jargon de la complexité réglementaire, il ne reste qu'une option : la pierre. Le Français moyen ne choisit pas l'immobilier par conviction libérale de possession ou de capitalisme productif. Il y va parce que tout le reste a été fermé, taxé, régulé jusqu'à l'absurdité. Ceux qui ont 150 000 euros d'économies après trente ans de travail ne peuvent aller nulle part sauf dans la maison. C'est par défaut, pas par succès. Mais voici ce que presque personne ne calcule vraiment. Acheter une maison en France, c'est accepter que l'État prélève immédiatement entre 7 et 8% de son prix sur les frais de notaire. Pour une maison à 300 000 euros, c'est 21 000 à 24 000 euros qui disparaissent avant même que vous n'ayez les clés. Ce n'est pas une commission normale de courtier. C'est une taxe de mutation qui porte un autre nom, avec juste assez de maquillage bureaucratique pour ne pas être appelée par son vrai nom. Elle s'appelle « droit de mutation ». Elle représente, selon les estimations les plus conservatrices, 85 à 90% des revenus des notaires, qui ne sont jamais des prestataires de marché libre mais toujours des monopoles territoriaux créés par l'État. Comparez cela à l'Allemagne, où les frais d'acquisition s'échelonnent entre 1,5 et 3,5% du prix total. Aux Pays-Bas, c'est 2 à 3% avec une part de cela remboursée aux futurs acheteurs. En Belgique, c'est autour de 3,5 à 4%. Même en Espagne, où la fiscalité immobilière n'est généralement pas connue pour sa légèreté, c'est 6 à 7%. La France impose donc la pénalité la plus lourde d'Europe sur celui qui ose bouger. Pourquoi cette structure particulière ? Parce qu'elle capture une part inévitable de la richesse du citoyen à chaque transaction. Chaque divorce, chaque déménagement pour le travail, chaque envie de changer de vie entraîne un coût fixe masqué qui disparaît du patrimoine. L'État français ne cache pas son cynisme : plus les gens bougent, plus il prélève. C'est une taxe sur la liberté de mouvement déguisée en frais administratifs. Maintenant, imaginez la pile de frais réels auxquels doit faire face cet homme qui en est à sa deuxième maison et sa troisième séparation. À la première séparation : partage du patrimoine. À la deuxième : encore. Les mécanismes de prestation compensatoire, pensés pour protéger le conjoint le plus faible, créent une destruction systématique du capital familial. Quand un couple divise ses actifs de 500 000 euros en deux parts de 250 000 euros, puis que 10 à 12% s'envolent en frais de notaire chez l'un, puis chez l'autre (sur l'achat suivant ou la revente), on parle déjà de 50 000 à 60 000 euros volatilisés. Ajoutez les frais d'avocats : 3 000 à 8 000 euros par personne pour une séparation complexe. Ajoutez la soulte si l'un des conjoints souhaite garder la maison : c'est une nouvelle négociation, des frais supplémentaires. Le divorce français n'est donc pas juste un événement émotionnel ou social. C'est une destruction programmée de capital. Et chaque fois que cet homme revient au marché immobilier, il accepte à nouveau le prélèvement de 7 à 8% pour entrer. C'est comme payer un droit d'entrée à chaque fois qu'on respire trop fort. L'argument habituel est que les frais de notaire « protègent ». Ils assurent la traçabilité, la légalité, l'enregistrement. Mais la technologie blockchain offrait déjà ce service pour une fraction du coût il y a dix ans. Aujourd'hui, on pourrait sécuriser une transmission immobilière en ligne pour 500 à 1 000 euros avec une authentification cryptographique. Au lieu de cela, la France maintient des monopoles territoriaux avec un tarif unique, imposé légalement, qui n'a rien à voir avec la complexité réelle de l'acte. C'est un rentier créé par la loi, pas un service du marché libre. Pendant ce temps, les États-Unis n'ont pas d'impôt fédéral sur les transactions immobilières. L'Irlande non plus. La Belgique a réduit les droits de mutation pour stimuler la mobilité. La Suisse compte sur les impôts fonciers récurrents, pas sur les taxes de transaction. Ces pays ont compris une vérité économique simple : taxer les transactions détruit la mobilité, fige les décisions, et rend les gens captifs. Mais la France préfère capturer la transition de vie et la monétiser. Il y a pire encore. Une fois propriétaire, cet homme ne possède rien. Il loue sa maison à l'État via les taxes foncières, qui ont augmenté de 75% en vingt ans. Elles ne cessent de croître, indexées sur l'inflation, ou pire, sur les réévaluations cadastrales. Un petit recul : en 2005, les taxes foncières représentaient environ 4,2 milliards d'euros. En 2024, c'est plus de 18 milliards. Les résidences principales ont échappé à la hausse la plus violente grâce à des exonérations partielles, mais pas pour longtemps. Chaque mairie réclame plus, chaque département ajuste ses taux. Puis viennent les normes. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) oblige à rénover pour maintenir sa valeur de vente. Les normes de construction évoluent en permanence. Une maison achetée normale hier devient une passoire thermique à rénover demain. C'est un coût permanent, une menace suspendue au-dessus de tout propriétaire. En Allemagne, le coût des normes thermiques existe, mais il s'étend sur une période définie. En France, c'est flou, rétrospectif, punitif. Et nous n'avons pas encore parlé de l'assurance. Une maison de 300 000 euros, c'est 300 à 600 euros d'assurance habitation par an. Pour une prêt de 250 000 euros sur 25 ans au taux actuel de 3,5%, c'est 700 euros par mois de versement principal et intérêts. Ajoutez 200 euros pour l'impôt foncier annuel, soit 17 euros par mois. Ajoutez 25 à 50 euros par mois d'entretien moyen sur trente ans (toiture, chaudière, tuyauterie). Maintenant, cet homme dépense 917 euros par mois pour n'être techniquement propriétaire que du titre : l'État est propriétaire des flux, la banque du droit de saisie, et l'inflation du pouvoir d'achat réel de l'actif. Comparez cela à un portefeuille d'actions diversifiées. Frais de courtage : 5 à 10 euros par transaction. Pas de taxe de mutation. Pas de taxe foncière annuelle. Pas de DPE. Pas d'obligation de rénover. Une hausse de valeur de 5% par an c'est 5% net dans votre portefeuille, pas 5% moins 8% de frais et moins 2% de nouvelles taxes. Et si vous devez vendre, l'impôt sur les plus-values immobilières est de 19% (impôt standard) plus les prélèvements sociaux de 17,2%, soit 36,2% total. Pour les actions à long terme (plus de cinq ans), c'est 26,8%. Mais qui parle de cela ? Personne. L'immobilier en France a bénéficié d'un mensonge magnifique : que c'est une forme de liberté, de propriété vraie, de richesse palpable. C'est un mensonge. C'est un engagement perpétuel envers l'État. Vous pensez posséder, vous êtes possédé. Le taux d'endettement des ménages français pour l'accession immobilière dépasse 60% du patrimoine des classes moyennes. En 1990, c'était 35%. L'illusion de propriété s'accompagne d'une réalité de captivité budgétaire. Alors pourquoi cet homme achète-t-il une deuxième maison après deux séparations qui ont probable vidé une bonne partie de son capital ? Parce qu'il n'a pas le choix. L'épargne-retraite n'existe pas vraiment (les régimes légaux sont à l'équilibre ou en déficit structurel, les fonds de pension privés sont minuscules). L'assurance-vie est un placement d'inflation zéro. Les actions semblent risquées pour celui qui n'a pas reçu une formation financière. Il ne lui reste que la pierre. C'est une capture de marché involontaire. L'État a tellement fermé les autres portes (taxe sur les dividendes, taxes sur les gains en capital, complexité des produits d'épargne, promotion obsessionnelle de l'immobilier via les aides fiscales des années 1980) qu'il a créé une monoculture d'épargne. Celle-ci crée elle-même sa propre bulle d'illusion : les prix montent, on croit que c'est un investissement, les gens s'endettent plus, les prix montent plus, les banques centrales baissent les taux pour« soutenir la stabilité », et voilà, on a une économie où tous les 500 euros d'épargne d'un Français vont à une trace d'un hectare de terrain et quatre murs. Regardez les comparaisons internationales. En Allemagne, la part de l'immobilier dans le patrimoine des ménages est d'environ 55% (données Bundesbank, 2023). En France, elle est de 62 à 65%, certaines années jusqu'à 70%. Les Pays-Bas : 48%. La Belgique : 58%. Même l'Italie, avec ses propriétaires qui revendiquent un attachement sentimental à la maison familiale depuis six générations, c'est 60%. La France dépasse parce que les autres options ont été systématiquement sabotées. Et les rendements bruts de l'immobilier ? En France, le rendement locatif brut moyen est autour de 3 à 4%, parfois moins dans les grandes villes. Ajoutez les frais de gestion immobilière (8 à 12%), l'entretien (2 à 3%), les impôts fonciers (1 à 2%), la vacance (1 à 2%), les frais d'agence à la vente (5 à 6%), et le rendement net tombe à moins de 1% avant les plus-values. Un portefeuille d'actions diversifiées affiche historiquement 7 à 9% de rendement nominal avant frais. Avec des frais d'ETF à 0,1%, vous êtes à 6,9 à 8,9%. La différence n'est pas marginale. Elle construit deux richesses alternatives au long terme. L'une crée une captivité durable, l'autre crée de véritables actifs productifs. Mais l'histoire qu'on raconte au Français est celle du propriétaire, du petit bourgeois qui a acheté pierre par pierre sa propre maison. C'est une belle histoire. C'est simplement une histoire où l'État a retiré toutes les autres portes pour s'assurer que c'était la seule histoire possible. Cet homme qui en est à sa deuxième maison et sa troisième séparation n'est pas faible ou mauvais gestionnaire. Il est prisonnier d'une architecture où les coûts de transaction, les taxes de mobilité, les prélèvements obligatoires sur les partages patrimoniaux, et l'absence d'alternatives crédibles l'ont enfermé dans un seul motif : revenir à l'immobilier à chaque occasion de redémarrer. L'obsession française pour la pierre n'est pas un défaut national, c'est une ingénierie du captage de capital. Chaque séparation détruit de la richesse via les frais et les taxes. Chaque nouvel achat la détruit à nouveau via les droits de mutation. L'impôt foncier permanent la grignote. Et l'absence d'alternatives viables la concentre dans la pierre plutôt que de la diversifier dans des actifs productifs qui créent de la croissance réelle. Les pays qui ont libéralisé cela l'ont compris. Aux États-Unis, la mobilité résidentielle est facile. Il n'y a pas de droits de mutation significatifs. La taxe foncière existe mais elle est généralement plus transparente et négociable localement. L'impôt sur les plus-values immobilières de long terme s'arrête à zéro après deux ans si c'est votre résidence principale. Résultat : les Américains changent de maison en moyenne tous les sept ans. Ils expérimentent, se trompent, recommencent. La mobilité économique suit. Les Allemands louent à 50%, ce qui semble contre-intuitif jusqu'au moment où vous réalisez que louer en Allemagne c'est un accord à long terme de marché libre, pas une capitation d'instabilité. Et les Allemands ont diversifié leurs portefeuille : Bourse, immobilier, épargne liquide, fonds de pension, tout ensemble. La France paie le coût inverse. Un Français qui se sépare trois fois verra sa capacité d'épargne diminuer à chaque cycle, ses décisions de mouvement paralyser par les coûts, son capital fragmenté par les taxes. Il s'endette plus pour garder une illusion de propriété. Cela détruit sa flexibilité économique juste au moment où la mobilité devient un besoin. La solution n'est pas utopique. Elle existe dans d'autres juridictions. Réduire les droits de mutation à 1-2% sur les résidences principales. Indexer l'impôt foncier sur des valeurs claires et publiques plutôt que des estimations administratives opaques. Autoriser les fonds de pension privés sans limite de contribution. Simplifier la fiscalité des actions via un impôt unique sur les gains en capital (30% de rendement nets, point, pas de couches supplémentaires de prélèvements sociaux). Réduire les normes thermiques à un calendrier clair plutôt qu'une menace perpétuelle. Créer une vraie concurrence pour les services notariaux plutôt qu'un monopole territorial. Aucune de ces idées n'est extrémiste. Aucune n'est radicale. Ce sont simplement des normes dans des économies libérales meilleures que la nôtre en mobilité économique et en création d'épargne réelle. Cet homme qui achète sa deuxième maison après sa troisième séparation est un symbole d'une nation qui a construit ses chaînes invisibles si bien que les captifs ne les voient même plus. Il croit investir. Il accepte à chaque fois les prélèvements que l'État a légalement placés sur son chemin. Il pense que c'est la vie, les aléas, la normalité. C'est une normalité, mais c'est une normalité de pays qui a oublié ce que signifie la liberté économique. Il n'y a rien à blâmer chez lui. Il y a tout à réformer chez nous.

ChienSurpris

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La startup 🇫🇷 Caeli Energie a ouvert une usine de 1000 m², où elle commence à produire à la chaîne ses climatiseurs dépourvus de fluide frigorigène, et sans rejet de chaleur ni sans bloc froid externe, avec « une empreinte carbone 80 % plus faible ». « Concrètement, un climatiseur classique fonctionne comme un frigo, schématise Rémi Pérony, qui est le co-fondateur de l'entreprise. Il décompresse et compresse des fluides frigorigènes, pour faire du froid d'un côté et du chaud de l'autre. » Or, en rejetant la chaleur à l'extérieur des bâtiments, il participe au réchauffement des villes l'été. Et c'est loin d'être le seul problème de ce système très énergivore, responsable de 5 % des émissions de CO2 du secteur français du bâtiment, car l'écrasante majorité des climatiseurs utilisent des gaz frigorigènes comme les HFC, dont l'effet de serre est au moins mille fois plus puissant que le CO2. Ces gaz sont rejetés lors des fuites, de la maintenance ou de la fin de vie de ces appareils. Si la climatisation était un luxe dont on pouvait se passer, cela ne serait pas grave. Mais les climatiseurs ne sont pas juste des appareils de confort, ce sont en réalité des équipements essentiels aux publics les plus fragiles, jeunes enfants et personne âgées, dans le contexte du réchauffement climatique. Bref, bannir la climatisation est illusoire, voire criminel. Il faut donc trouver une solution plus vertueuse. Rémi Pérony pense que cela passe par une version modernisée de la bonne vieille climatisation adiabatique. Il en existe diverses versions, partout dans le monde, depuis des siècles. « Mais pour un consommateur occidental, ces équipements ancestraux ne conviennent pas, car ils ne refroidissent pas assez et, surtout, ils humidifient la pièce. » Il présente en 2019 un concept au CNRS qui accepte de financer son projet. Il fait alors la rencontre de Stéphane Lips, spécialiste de la thermodynamique, qui lui apporte les clefs scientifiques manquantes pour créer un système adiabatique vraiment efficace. Après plusieurs preuves de concept, Rémi Pérony et Stéphane Lips créent la société Caeli Energie en 2020, près de Grenoble. Quatre ans plus tard, ils viennent de mettre sur le marché le premier climatiseur propre d'Europe. Ils ont ainsi créé un évapo-échangeur de chaleur et de masse, ressemblant à un mille-feuille constitué de polymère PETG (bouteilles recyclées), et de cellulose (papier). Un volume de 0,4 mm d'eau est versé dans l'appareil, retenu par capillarité dans les feuilles de papier et séparé du flux d'air entrant par le plastique. Lors du passage de l'eau de l'état liquide à l'état gazeux, le flux d'air garde la fraîcheur produite puis la disperse via un ventilateur dans la pièce, sans transmettre l'humidité. « Le procédé est simple en apparence, mais il nécessite un très savant dosage pour ajuster les flux d'air et d'eau, grâce à des capteurs et à un circuit électronique présent dans la structure. » Résultat, cet appareil faisant 1 mètre de haut pour 50 cm de large, est capable de rafraîchir jusqu'à une température aussi basse que 16 °C une pièce de 30 à 40 m², et il est par ailleurs possible de l'accoler à plusieurs de ses congénères pour refroidir des surfaces bien plus grandes. Contrairement à la climatisation classique, dont l'efficacité décroît à mesure que la chaleur augmente, le flux rafraîchissant de l'évapo-échangeur reste le même quelle que soit la température externe. Sans compter qu'il ne nécessite aucun bloc froid à installer à l'extérieur, à la différence des climatiseurs traditionnels qui défigurent balcons et terrasses, se contentant d'une simple et discrète prise d'air. Et ses performances environnementales, elles, sont sans commune mesure. Fabriqué en France à partir de composants à 80 % français, l'évapo-échangeur est constitué de plastique à 80 % recyclé et de papier vierge. « Seuls les fournisseurs nous manquent, mais il pourra même être constitué de matériaux à 100 % recyclés à terme. » Sa consommation électrique, semblable à celle d'une box internet, et ses émissions de CO2 sont inférieures de 80 % à celles d'un climatiseur classique. En effet, il peut refroidir efficacement des espaces de 40 m² avec une consommation électrique comprise entre 30W en mode éco et 80W (0,08 kWh) en mode boost. Là où les climatiseurs classiques ont besoin en moyenne de 0,7 à 1,4 kWh. Une amélioration considérable. L'appareil produit ainsi 16 à 17 watts de froid pour chaque watt consommé, et va consommer entre 1 et 2 mètres cubes pour une saison de 4 mois (et donc par an). Seul bémol : en ce qui concerne la maintenance, l'évapo-échangeur, soit le cœur de l'appareil, doit être remplacé tous les 5 ans pour cause d'encrassement au calcaire. Mais la jeune pousse travaille à un système qui permettra de réutiliser le mille-feuille une fois celui-ci détartré. Et si, l'évapo-échangeur de Caeli Energie est bien moins cher à l'usage qu'un climatiseur classique, son coût d'achat et d'installation se situe toujours pour le moment dans la gamme haute des prix de ces appareils, même si l'entreprise promet « un retour sur investissement en trois ou quatre ans grâce à une consommation électrique bien plus faible ». La fabrication du cœur adiabatique se fait en interne, et l’assemblage en externe. « Notre modèle économique est tourné vers le résidentiel et le tertiaire, et cible les personnes ou les structures qui ont un problème de surchauffe de leur bâtiment, mais qui ne veulent pas d'une climatisation classique. » Avec sa nouvelle usine, qui a ouvert cet été, Caeli Energie entend produire « quelques centaines » de son premier modèle au cours de l'année 2024, avant d'en fabriquer « quelques milliers » l'année prochaine. Mais la startup, ambitieuse, prévoit déjà d’autres lignes de production, et a signé pour ce faire des partenariats de développement avec de grands acteurs industriels. Elle s’est fixée comme objectif de conquérir le marché européen et de vendre à terme plusieurs centaines de milliers d’appareils par an. En France, les perspectives semblent bonnes dans le tertiaire, en particulier dans les quartiers d'affaires, comme ceux de La Défense (Paris) ou de La Part-Dieu (Lyon), qui ont l'obligation de réduire drastiquement leur consommation électrique : « On bénéficie d'un boulevard réglementaire, avec des volontés fortes de renouveler les parcs tertiaires ». Sources : - - - - - - -

Aymeric Pontier

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Après avoir finalisé le jumeau numérique de son réacteur nucléaire de 4eme génération, capable de produire une chaleur de 700°C et de l'électricité sur demande à partir de déchets nucléaires, la startup 🇫🇷 Naarea annonce un premier prototype en 2027. Intégrer un petit réacteur nucléaire dans un conteneur standard pour le déployer près de la consommation d'énergie, sur les sites industriels. C'est cette idée qui a donné naissance à Naarea, une startup française créée en 2020 et positionnée sur le marché des AMR (Advanced Modular Reactor). La jeune société entend commercialiser ses premières unités dès 2030, soit une décennie après sa création. Ce qui, dans cette industrie, représente un délai extrêmement court. Pour accélérer la conception de son mini-réacteur à neutrons rapides (exploitant des déchets nucléaires pour combustible), Naarea a fait du jumeau numérique l'épine dorsale de son projet. « Ce système, dont la première version a été conçue en 18 mois, permet de bâtir le modèle 3D du réacteur pour valider les choix d'architecture et le dimensionnement, et d'effectuer des simulations de son fonctionnement et de garder une traçabilité totale des données d'ingénierie et des exigences associées au projet. Le jumeau numérique permet d'aller plus vite au démarrage du projet » La modélisation est notamment indispensable pour intégrer la trentaine de systèmes qui composent le futur réacteur, chacun d'entre eux étant lui-même composé de sous-systèmes. Développé par l'ESN Assystem, qui possède une expérience reconnue dans le nucléaire, sur la technologie Dassault Systèmes hébergée sur le cloud, le jumeau permet de réaliser des simulations du fonctionnement du futur réacteur, « impossibles sinon », le premier prototype physique (en fonctionnement) étant prévu pour 2027. « Nous concevons un système très compact. Pour y parvenir, nous sommes allés chercher des compétences dans l'automobile ou l'aéronautique et avons appliqué une logique 'design to manufacturing' (visant à intégrer les contraintes de fabrication dès la conception, NDLR). C'est ce qui nous a permis de développer un double numérique de notre réacteur en seulement 18 mois. » Les micro-réacteurs sur lesquels travaille l’équipe de Naarea ont pour objectif de générer de l’électricité et de la chaleur, à partir des combustibles nucléaires usagés issus des réacteurs conventionnels du parc nucléaire actuel. Il s’y produit une réaction de fission intrinsèquement autorégulée à haute température (environ 700 °C), grâce à un combustible liquide composé de sels fondus, sans avoir besoin de l'approvisionner en eau. Naarea s'inscrit par ailleurs dans une démarche de production en série de ses petits réacteurs, la startup visant la production de 150 modules par an en rythme de croisière. La société, qui a signé un premier partenariat avec la société ACC, portant sur la fourniture de 2 à 4 conteneurs pour approvisionner les futures giga-usines de batteries de la co-entreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies, mise sur un modèle économique basé sur la vente d'énergie (électricité et chaleur). Baptisé XAMR (eXtrasmall Advanced Modular Reactor), le micro-générateur nucléaire à sels fondus et à neutrons rapides de Naarea vise ainsi à produire de l’électricité (40 mégawatts électrique, MWe) et de la chaleur (80 mégawatts thermiques, MWt). « Nous développons un réacteur qui combine 3 technologies de pointe : neutrons rapides, sels fondus, production en série. Les neutrons rapides permettent de recycler le combustible usagé issu ces centrales nucléaires et de clôturer le cycle du combustible, préoccupation majeure dans le domaine du nucléaire conventionnel. Les sels fondus nous permettent de garantir une sécurité intrinsèque. Enfin, nos micro-générateurs sont conçus pour être installés près des besoins des industriels, ce qui représente une innovation majeure dans le domaine de la production d’énergie. » La petite taille de ce réacteur sera un grand atout : il n’y aura pas besoin de génie civil, hormis une dalle en béton. Les cœurs de réacteurs seront imprimés en 3D, ce qui signifie pas de soudure, pas de tuyau ! Pour pallier l’intermittence des renouvelables, la pilotabilité du réacteur sera très courte, alors qu’il faut de 20 à 30 minutes pour monter à 100 % des capacités d’un réacteur classique, ou pour le faire redescendre en puissance, en le refroidissant à l’eau, « notre réacteur n’aura pas besoin d’eau, son refroidissement se fera par convection naturelle, c’est-à-dire grâce à l’air. Un grand atout quand le stress hydrique grandit. » La petite taille est également un argument intéressant en cas d'extension ou de déconstruction. « Lorsqu'on démantèlera, on pourra tout enlever, il ne restera rien. On peut aussi rajouter des modules, comme on le ferait avec des Lego, si la structure grandit. » Cette miniaturization concerne aussi le second conteneur du dispositif, qui transforme la chaleur en électricité. « Ce n'est pas une turbine vapeur, mais une turbine au CO2 supercritique. Cela tombe bien, il y en a plein dans l'air ». Le fonctionnement en circuit fermé permettant de ne pas dégager de CO2. Concernant l'autonomie, la charge devrait tenir autour de 5 ans en moyenne. Les conteneurs, eux, ont été dessinés pour 100 ans, avec une période de fonctionnement de 50 ans. Tous les 10 ans, comme pour les avions, chaque réacteur sera renvoyé en usine pour être remis en état. S'agissant de la maintenance, Naarea explique que la partie nucléaire sera pilotée à distance. Pendant les 5 premières années, il n'y aura pas de maintenance sur l'îlot nucléaire. Sur la partie externe, avec la turbine, une maintenance régulière est toutefois prévue, sans interruption. « Tout a été conçu en système plug-and-play. » 5 000 capteurs serviront à monitorer l'état et la maintenance du réacteur en temps réel. On l'aura compris, les sels fonds constituent le cœur du projet de Naarea. Ils portent le sel combustible, donnent la réaction de fission autorégulée, conduisent la chaleur et la transmettent. Dans cette optique, la jeune entreprise s’est associée au CNRS et à son centre de physique des deux infinis – Irène Joliot-Curie (IJCLab) pour ouvrir un laboratoire commun sur les sels fondus. Baptisé Innovation Molten Salt Lab (IMS Lab), celui-ci a vocation à devenir la référence européenne en matière de R&D dans les sels fondus. Basé à l’université Paris-Saclay, ce laboratoire pourra aussi mener des expériences pour d’autres startups du nucléaire de 4e génération misant sur les sels fondus, comme Stellaria ou Thorizon, avec lesquels Naarea a noué un accord. Les équipes de Naarea et du CNRS travaillent ensemble depuis un an déjà et des brevets communs seraient déjà en cours de dépôt. Ils portent sur la technologie de synthèse des sels. Un autre concerne « le bon élément à mélanger au métal pour éviter la corrosion quelle que soit la réaction ». Le choix du CNRS était une évidence, puisque cet organisme de recherche présente une expertise reconnue dans le secteur de l’étude de la chimie des réacteurs à sels fondus, une équipe dédiée à cette chimie ayant été créé à l’IPN d’Orsay dès 2005. « L’IJCLab est le seul laboratoire en France à pouvoir manipuler de grandes quantités de matière active en milieux sels fondus, et nous avons acquis un socle de données solides au cours des années. De plus, nous sommes situés dans la même région que Naarea, et des liens professionnels préexistaient. » L’intérêt d’une meilleure compréhension du comportement des sels fondus ne se limite pas au domaine du nucléaire. Elle pourrait également trouver une application dans des domaines non nucléaires, notamment pour les centrales solaires thermiques à concentration et la production d’aluminium et sodium métal. Naarea a également décidé de s'allier avec son rival Newcleo, qui cherche aussi à produire des réacteurs à neutrons rapides, au début de l'année 2024. Ce type de partenariat stratégique et industriel, inédit dans le secteur, a pour objectif de ne pas se laisser distancer par la concurrence étrangère, qui s'intensifie dans le domaine. Chaque acteur gardera ses enveloppes et sa propriété intellectuelle, mais « les deux startups vont essayer d’économiser les ressources de l’État, en se répartissant les tâches ou en mettant leurs ressources en commun. » Les équipes des deux sociétés ont déjà lancé des lancé les groupes de travail sur les différents sujets, sur les calculs concernant les matériaux, par exemple. Le partenariat concerne aussi l'usage des sites du CEA, déjà très demandés : « plutôt que de demander deux terrains, on propose de rationaliser l’espace et de mutualiser les laboratoires d’essais. » Naarea compte par ailleurs du beau monde parmi son équipe. « Nous avons des ex-dirigeants de Phénix et Superphénix, et le père du réacteur à neutrons rapides Astrid ! Et à côté, un bataillon de jeunes ingénieurs qui débarquent avec des outils de calculs inimaginables pour les anciens. Moyennant quoi vous enlevez le plafond de verre, il n’y a plus de limites. Le savoir-faire français est absolument incroyable. » Sources : - - - - - - - -

Aymeric Pontier

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L’Art de la Défaite : Comment Trump a offert le Moyen-Orient à l’Iran (et s'en vante) Il y a un concept fascinant en psychiatrie clinique appelé l’anosognosie. C’est la condition d’un patient qui est neurologiquement incapable de percevoir sa propre maladie ou son propre échec. En observant le Bureau Ovale ces derniers jours, on est en droit de se demander si cette pathologie n'est pas devenue la doctrine officielle de la politique étrangère américaine. Donald Trump parade. Il plastronne. Il exige les confettis, la fanfare et probablement une nouvelle statue en or massif pour célébrer ce qu'il vend comme la plus grande victoire militaire et diplomatique du siècle. Pourtant, si l'on prend la peine d'éteindre Fox News et de regarder froidement les faits, la réalité est d’une ironie tellement cruelle qu’elle en devient hilarante. Ce que Trump vient de signer n'est pas une victoire. Ce n'est même pas un match nul laborieux. C'est la capitulation stratégique la plus spectaculaire, la plus coûteuse et la plus absurde de l'histoire moderne. Le « Maître des Affaires » vient de se faire plumer par Téhéran, et le plus tragique dans cette vaste blague, c’est qu’il applaudit des deux mains devant le miroir. Prenez un café, asseyez-vous confortablement. Nous allons disséquer cette victoire en trompe-l'œil avec la précision d'un médecin légiste face à un accident industriel. Car non, la guerre n'est pas finie. Ce que nous avons là, c'est un misérable cessez-le-feu de deux semaines, acheté au prix fort, après quarante jours d'une débâcle absolue. 1. Le braquage d'Ormuz : Payer pour ce qu'on possédait déjà Commençons par le commencement, par le joyau de la couronne de cette prétendue victoire : la réouverture du détroit d'Ormuz. Trump s'est pavané en expliquant qu'il avait forcé la main de l'Iran pour rouvrir cette artère vitale du commerce mondial. C’est magnifique. C'est héroïque. C'est surtout un mensonge d'une stupidité abyssale. Comme l'a impitoyablement rappelé un reporter spécialisé en sécurité nationale sur CNN il y a quelques heures, lâchant une bombe de vérité qui a dû faire trembler les murs de la Maison Blanche : l'Iran ne contrôlait absolument pas le détroit d'Ormuz avant le 28 février. La navigation internationale y était ouverte. Le droit maritime prévalait. Le détroit fonctionnait. Puis, les États-Unis et Israël ont lancé leurs frappes. En réponse à cette agression, l'Iran a logiquement verrouillé le détroit. Et quelle est la conclusion de cette brillante manœuvre de l'administration américaine ? Pour obtenir ce pathétique cessez-le-feu, les États-Unis ont officiellement accepté de négocier sur la base d'un plan iranien qui accorde à Téhéran un « passage conditionnel ». Vous saisissez la nuance catastrophique ? Trump a déclenché une guerre pour rouvrir une porte qui était déjà grande ouverte, et pour que l'Iran accepte de l'entrouvrir à nouveau, il leur a légalement remis les clés et le titre de propriété. Le cessez-le-feu américain vient de légitimer, noir sur blanc, le contrôle total de l'Iran sur cette voie maritime stratégique. C'est l'équivalent géopolitique de mettre le feu à votre propre maison, de supplier le pyromane de l'éteindre, et de le payer en lui cédant l'usufruit de votre terrain. Une masterclass de nullité. 2. Chronique d’un naufrage psychiatrique Si la stratégie sur le terrain est un désastre, la communication de la Maison Blanche au cours de ces quarante jours devrait être étudiée dans les facultés de médecine. Ce n'est pas la fameuse « Théorie du Fou » de Nixon, où l'on feint la démence pour effrayer l'adversaire. Non, ici, on est face à un homme qui tape frénétiquement sur tous les boutons d'un tableau de bord qu'il ne comprend pas. Regardons les archives. C'est un vertige. → 3 mars : « Nous avons gagné la guerre. »(Spoiler : non). → 7 mars : « Nous avons vaincu l'Iran. »(Toujours pas). → 9 mars : « Nous devons attaquer l'Iran. »(Attendez, on ne venait pas de gagner ?). → 11 mars : « En une heure, c'était fini. »(Le déni dans toute sa splendeur). → 14 mars : « Aidez-nous, s'il vous plaît. »(Le masque tombe). → 16 mars : « En fait, nous n'avons besoin d'aucune aide du tout. [...] Je testais juste pour voir qui m'écoute. »(L'excuse de l'enfant de cinq ans pris en flagrant délit). → 20 mars : « L'OTAN, ce sont des lâches. »(Diplomatie niveau bac à sable). → 22 mars : « L'Iran est mort. » (Narrateur : L'Iran se portait très bien). → 5 avril : « Ouvrez le putain de détroit, bande de fous furieux, ou vous vivrez en enfer – REGARDEZ SEULEMENT ! Louange soit à Allah. » (Phase terminale d'effondrement nerveux sur les réseaux sociaux). → 7 avril : « Toute une civilisation va mourir ce soir, jamais elle ne reviendra. » On passe de la victoire triomphale à la mendicité larmoyante auprès de l'OTAN, pour finir par la menace génocidaire d'annihiler une civilisation entière à 20h00 pétantes, avant de reculer lâchement deux heures avant l'échéance grâce à l'intervention du Pakistan. Le Pakistan, mesdames et messieurs, venu jouer les adultes responsables dans la cour de récréation de l'oncle Sam. Le crédit de la parole présidentielle américaine ne vaut désormais plus rien. La ligne rouge est devenue une ligne en pointillé, tracée au feutre effaçable. 3. Les vrais gagnants, et les dindons de la farce Pendant que Washington s'auto-congratule d'avoir survécu au chaos qu'elle a elle-même engendré, le reste du monde compte les points. Et le tableau d'affichage est brutal. La Chine, le grand vainqueur silencieux. Pékin n'a pas tiré une seule cartouche, mais a remporté la guerre. Pourquoi ? Parce que pendant que Trump jouait à la roulette russe dans le Golfe, les États-Unis ont cramé entre 10 et 55 % de leurs stocks de munitions à distance (selon l'armement). Ces mêmes munitions qui étaient l'épine dorsale de la dissuasion américaine face à la Chine dans le Pacifique. Les intercepteurs de missiles, cruciaux pour protéger des pays alliés, ont été dilapidés. Xi Jinping doit littéralement se frotter les yeux d'incrédulité devant un tel cadeau. De plus, la crise énergétique déclenchée va frapper les industries informatiques de Corée du Sud et de Taïwan (notamment via la crise de l'hélium), offrant à la Chine un boulevard pour combler son retard technologique et asseoir sa domination sur les énergies vertes. Vladimir Poutine, l'oligarque ravi. Moscou profite immédiatement de la levée des sanctions sur le pétrole iranien transporté par mer. L'axe anti-occidental sort renforcé, légitimé, et surtout, renfloué financièrement. L'Europe et l'OTAN, les victimes collatérales. L'Europe va payer l'addition. Son inertie coupable sur les investissements verts ces dernières années et sa dépendance énergétique vont se transformer en une facture cauchemardesque pour ses citoyens. Quant à l'OTAN, l'alliance traverse la crise existentielle la plus profonde de son histoire. Après s'être fait cracher dessus et traiter de « lâches » par le commandant en chef de la première puissance de l'alliance, la confiance dans l'Article 5 est en ruines. 4. Le « Deal » de la Honte : La capitulation en 10 points Que reste-t-il des objectifs initiaux ? L'administration américaine se vante d'avoir éliminé l'ayatollah Khamenei et une trentaine de cadres des Gardiens de la Révolution. C'est un fait. Ces individus étaient des monstres criminels, et l'univers ne s'en porte que mieux. Mais politiquement ? Le régime théocratique n'est pas tombé. Pire, l'hydre a repoussé, et les experts nous confirment que la nouvelle garde est encore plus fanatisée, radicale et cruelle que la précédente. Le peuple iranien, qui risquait sa vie dans la rue, qui formait des chaînes humaines, qui voyait peut-être dans ce chaos une fenêtre inespérée vers la liberté, a été purement et simplement sacrifié sur l'autel des sondages électoraux américains. Trump les a abandonnés pour sauver sa face. Et regardez ce que l'Iran communique officiellement comme étant les termes de ce cessez-le-feu acceptés par les États-Unis : 🔹Un engagement de non-agression. 🔹Le retrait des forces américaines de la région. 🔹La reconnaissance du programme nucléaire, avec autorisation d'enrichir l'uranium. (Les 400 kilos d'uranium enrichi n'ont pas bougé d'un millimètre). 🔹Le contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz. 🔹La fin des opérations militaires, y compris contre le Hezbollah. 🔹L’annulation des résolutions de l’ONU. Si c'est là la définition d'une capitulation iranienne, les mots n'ont plus de sens. C'est un chèque en blanc signé à l'obscurantisme, livré par un président américain effrayé par sa propre audace. L'addition, s'il vous plaît Nous allons atterrir et revenir au réel. Loin des tweets en lettres capitales et des communiqués de presse délirants, la réalité va nous frapper là où ça fait mal : au portefeuille. Ce n'est pas Donald Trump qui paiera les conséquences de cette masterclass d'incompétence. C'est vous. C'est nous. Préparez-vous à voir le diesel allègrement dépasser les 2 euros le litre à la pompe de manière durable. Préparez-vous aux annonces d'une inflation à 12 ou 14 % d'ici l'automne, alimentée par la perturbation des chaînes logistiques mondiales, les crises dans l'industrie informatique et les chocs agricoles. Les économies du Golfe sont fracturées, l'armement occidental est épuisé, nos ennemis géopolitiques sont hilares, l'Iran dicte le droit de passage maritime, et le peuple iranien est renvoyé à ses geôliers avec la bénédiction de Washington. Et n'oubliez jamais la donnée la plus glaçante de toute cette analyse : la guerre n'est pas terminée. Tout ce que Trump a acheté en bradant l'hégémonie américaine, c'est une pause de quatorze jours. S'il ose appeler ce désastre historique une victoire éclatante, je vous laisse avec cette seule et unique question : je n'ose même pas imaginer à quoi ressemblerait, selon ses propres standards, une véritable défaite.

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