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𝗣𝗮𝗿𝗮𝗱𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗲́𝗾𝘂𝗶𝗽𝗲 𝗱𝘂 𝗕𝗲́𝗻𝗶𝗻 🇧🇯 𝗮𝘂𝘅 𝗝𝗲𝘂𝘅 𝗢𝗹𝘆𝗺𝗽𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗱’𝗵𝗶𝘃𝗲𝗿 𝗠𝗶𝗹𝗮𝗻𝗼 𝗖𝗼𝗿𝘁𝗶𝗻𝗮 𝟮𝟬𝟮𝟲, 𝗺𝗲𝗻𝗲́𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗡𝗮𝘁𝗵𝗮𝗻 𝗧𝗖𝗛𝗜𝗕𝗢𝗭𝗢. Spécialiste du ski alpin (slalom et slalom géant), Nathan devient le premier athlète béninois à faire flotter le drapeau national lors d’une olympiade hivernale. Ladite compétition aura lieu du 6 au 22...

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Déclaration émise par le Secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Qassem : « Le terrain a prouvé qu’il est celui qui détient le dernier mot, et que la politique réussie est celle qui tire parti de ses résultats comme source de قوة pour contraindre l’ennemi israélien à se soumettre, afin d’obtenir les droits du Liban et de ses citoyens sur leur terre et leur souveraineté, dans le cadre d’une complémentarité nationale et coopérative, fermant la porte à la discorde et à l’exploitation étrangère de notre pays. Le cessez-le-feu temporaire n’aurait pas eu lieu sans le djihad des résistants sur les nobles fronts du Sud, dans une performance exceptionnelle qui a stupéfié le monde, et dans une fermeté sacrificielle face à l’ennemi israélo-américain, malgré un déséquilibre considérable dans les rapports de force militaires. Les résistants ont prouvé que leur arme à trois dimensions — la foi, la volonté et la capacité — est plus forte que toutes les armées des agresseurs, et qu’au Liban existent ceux qui sacrifient le précieux et le cher pour la libération, la dignité et l’indépendance, sans que ne soient entravés leur progression vers cet objectif noble par les défaillants, les démoralisateurs ou les traîtres, car ils ont d’abord offert leurs âmes à Dieu, et ils sont entourés d’un peuple honorable et sacrificiel ayant supporté meurtres, destructions, déplacements et les coûts de la dignité et de la fierté. Ce peuple, de toutes confessions et régions, a pour direction le Sud du Liban, car tout le Liban est son Sud : si le Sud sourit et est libéré, tout le Liban sourit et est libéré. Louange à Dieu en premier lieu, car Il est le soutien et l’auxiliaire. Remerciements aux héros de la résistance qui ont brisé l’avancée de l’ennemi israélien malgré son rassemblement de cent mille soldats aux frontières, sans parvenir à atteindre le Litani ni la première semaine comme prévu, ni en 45 jours dans la bataille de « l’Ouragan dévorant ». Remerciements également aux habitants, au peuple et aux soutiens pour leurs sacrifices. Enfin, remerciements à la République islamique d’Iran, direction et peuple, pour son soutien. Elle a lié le cessez-le-feu à un accord à Islamabad pour l’arrêt des hostilités au Liban, puis a fermé le détroit d’Hormuz face aux violations américaines du cessez-le-feu au Liban, ce qui a conduit à la soumission américaine et à la contrainte de l’ennemi israélien à arrêter, entraînant la réouverture du détroit d’Hormuz. Nous avons suivi ce processus en temps réel. Nous remercions également le Pakistan pour son parrainage ainsi que tous ceux qui ont soutenu, même par déclaration, le cessez-le-feu au Liban. Nous avons pris connaissance d’un communiqué du Département d’État américain intitulé : « Accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël — avril 2026 », publié après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Il n’a aucune portée pratique, mais constitue une insulte à notre pays, car les États-Unis imposent son contenu et parlent au nom du gouvernement libanais, alors même que celui-ci ne s’est pas réuni et n’a pas approuvé ce texte. Il suffit de faire cesser ces humiliations faites au Liban par des négociations directes avec l’ennemi israélien et des diktats imposés, ainsi que cette scène dégradante à Washington où les puissances dominent leur proie en parlant au nom du Liban. C’est une dérive sans fin. Assez. Le peuple libanais est digne et le restera, par la solidarité entre l’armée, le peuple, la résistance et les autorités politiques soucieuses de la souveraineté du Liban. Le cessez-le-feu signifie l’arrêt total de toutes les hostilités. Et comme nous ne faisons pas confiance à cet ennemi, les résistants resteront sur le terrain, prêts, et répondront à toute violation. Il n’y a pas de cessez-le-feu unilatéral de la résistance : il doit être mutuel. Nous ne nous résignerons pas à 15 mois de patience face aux agressions israéliennes en attendant une diplomatie inefficace.

InfoSudLiban

10,354 views • 3 months ago

Comment peut-on encore oser débiter de tels mensonges abjectes du type : "Ce n’est pas le Rwanda qui déstabilise la région, mais Tshisekedi, qui s’appuie sur les mêmes incitations raciales ayant conduit au génocide anti-Tutsi au Rwanda" ? Depuis le 1er octobre 1990, Paul Kagame n’a exporté que le chaos, la mort et la terreur méthodique. Pyromane-Faux pompier !!! - Assassinats politiques ciblés - Opérations sous faux drapeau copiées-collées de chez Museveni : - Massacres de masse planifiés bien avant l’attentat du 6 avril 1994 Source : Février 1993 : l’APR de Kagame déferle sur Ruhengeri et Byumba, sème la terreur indiscriminée, massacre et force à l’exode plus d’un million de civils qui fuient vers Kigali. Un million. Déjà. Le 6 avril 1994, il fait abattre l’avion présidentiel. Aboutissement logique d’une stratégie de déstabilisation totale. Pendant les trois ans et demi qui ont précédé l'attentat, Kagame remplit le baril de poudre ethnique, attise la haine, multiplie les provocations militaires et les tueries. Puis il allume la mèche et déclenche un génocide de représailles qu’il a lui-même rendu inévitable. Roméo Dallaire, qui n’était pas un tendre envers les Hutu Power, relate son entretien du 2 avril 1994 (quatre jours avant l’attentat) avec Kagame : « Jamais je ne l’avais vu aussi sombre. Il a simplement ajouté que nous étions à la veille d’un cataclysme et qu’une fois enclenché, aucun moyen ne permettrait de le contrôler. » Kagame savait. Il annonçait. Il a allumé la mèche et a accepter de sacrifier les Tutsi de l’intérieur — qu’il considérait comme des traîtres « corrompus » par le système Habyarimana — afin de s’emparer du pouvoir absolu et rétablir une ethnocratie tutsi dominante. Résultat : Au moins 500 000 tutsi de l'intérieur sont exterminés. Dallaire encore, page 588 de J’ai serré la main du diable : " Qui, au juste, avait tiré ses ficelles tout au long de la campagne ? Je plongeais dans des pensées sinistres, me demandant si la campagne et le génocide n’avaient pas été orchestrés pour un retour au Rwanda du statu quo d’avant 1959, époque à laquelle les Tutsis dirigeaient tout. » Le 7 avril, les massacres explosent. Kagame refuse systématiquement tout cessez-le-feu, posant des conditions intenables qu’il sait impossibles à accepter, bloque toute intervention efficace de l’ONU. Le 30 avril 1994, alors que le génocide bat encore son plein dans de nombreuses préfectures, le FPR déclare froidement que le génocide est « pratiquement achevé » et que « les Tutsi restants ont soit péri, soit fui ». Ce qui compte pour lui est juste la conquête du pouvoir. Il ne cherche même pas à neutraliser les interhamwe, il veut juste vaincre les forces armées réguliéres. Pendant, les deux guerres du Congo il commandite des actes de génocide au Congo. Et Dallaire, toujours lui, en 2003, page 637 du même livre, sur le Kivu et la région des Grands Lacs : « Entre l’exode rwandais de 1994 et la résurgence du génocide en 2003, on a estimé que 4 millions d’êtres humains ont péri au Congo et dans la région des Grands Lacs. Il y a donc eu 5 fois plus de tués qu’au Rwanda en 1994. » La réalité c'est au moins dix fois plus. Posez vous la question : Si Kagame n'avait pas existé, combien de millions de vies humaines auraient été sauvées ? La diplomatie de la culpabilisation, c'est fini ! La rente mémoriel, c'est fini ! L'exploitation outranciére des restes humains, il l'a apprise auprés de Museveni : Le peuple congolais est un peuple pacifique qui n'agresse pas ses voisins comme ce fou furieux. Alors arrêtez vos accusations inversées pathétiques.

Jean-François Le Drian

10,492 views • 4 months ago

Force est de constater que la longueur de ce fil🧵, non exhaustif, demontre que la politique française étrangère ou interne, nous rend charia compatible. Rappels : 👉 Macron refuse de se rendre à la marche contre l'antisémitisme et pour la République le 12 Novembre 2023. Il justifie son absence lors d'un déplacement en Suisse : " Protéger les Français de confession juive, ce n'est pas mettre au pilori ceux de confession musulmane." Confondant judaïsme et judeité, le président renvoie face à face des communautés religieuses, la Laïcité peut bien aller se rhabiller. 👉 Le 08 Février 2024 Nicole Belloubet est nommée ministre de l'éducation nationale, la même qui, lors de l'affaire Mila ✨, inventait : "le délit de blasphème" au micro d'Europe 1, le 29 Janvier 2020, en ces termes : "L'insulte à la religion, c'est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c'est grave." Son idée : Mettre sur le même plan l’insulte à la religion et la liberté de conscience ! Provoquant un tollé, elle était contrainte de s'excuser quelques jours plus tard puisque dans les colonnes du Figaro l'avocat de Mila et de Charlie Hebdo lui rappelait : " Depuis la loi sur la presse de 1881, la liberté d'expression donne le droit de critiquer les religions, sinon ses adeptes. Nous ne sommes pas au Pakistan où le blasphème est condamné par l'article 295-C du Code pénal". Me Richard Malka allait plus loin en affirmant que la ministre : " énonce la définition même du blasphème telle que promue par la Ligue islamique mondiale ou l'Organisation de coopération islamique ", laquelle milite partout en Europe, pour interdire le droit au blasphème. Macron n'était pas sans connaitre les positions de sa ministre et la nomme en toute connaissance de cause. 👉 A l'instar de la Macronie la même Belloubet déclarera sur France info le 01 Juillet dernier lors des législatives 2024 qu'elle n'aura "pas de difficulté" à voter LFI/NFP au second tour ", sur conseil de Gabriel Attal alors premier ministre, lequel appelera au même vote en faveur deLFI/NFP. 👉 Dans un communiqué du 10 Juillet 2024, le Nouveau Font Populaire à été félicité et salué par le FPLP, Front populaire de la libération de la Palestine, classé organisation terroriste. 👉 L'organisation frériste qui apporte son soutien au Hamas et au Hezbollah, est classée organisation terroriste par divers pays du globe où elle y est interdite. A date, les frères musulmans ne sont toujours ni interdits ni classés comme organisation terroriste en France. Le conseil de défense du 04 Mai dernier, réclamé par Macron himself, demandant un rapport sur l’état de la menace que représentent aujourd’hui les Frères musulmans, n'était donc qu'un énième effet de communication. 👉 Dans une vidéo sur X le 02 Septembre 2021, Macron souhaitait une bonne rentrée à "toutezétous" brandissant une photo de Mc fly et Carlito youtubeurs émérites de leur état.., tout en ayant, "en même temps", une pensée envers Samuel Paty victime d'un attentat islamiste, décapité en Octobre 2020, pour avoir uniquement montré à ses élèves des caricatures de Charlie Hebdo. L'Effet de com de cette vidéo de Macron est d'un niveau d'indécence et de déconnexion rarement atteint. 👉 Le 20 Mai dernier, la France, à l'instar de l'Union européenne et de l'ONU notamment, présente ses condoléances à l'Iran, République Islamique, suite au décès accidentel par crash d' "Elie Kopter " de Ebrahim Raïssi, surnommé le boucher de Téhéran. L'O.N.U osera respecter la mémoire de ce dernier en observant une minute de silence alors que la république islamique d'iran à été reconnue coupable de génocide, crimes contre l'humanité, viols et tortures sur le peuple iranien. Les femmes iraniennes résistent à la charia au prix de leurs vies. Le 13 septembre 2022, Mahsa Amini, 22 ans est arrêtée par la police des mœurs à Téhéran pour "port du voile inapproprié". La jeune femme décèdera trois jours plus tard. 1️⃣

🇨🇵Amandine

59,938 views • 1 year ago

#JO2024 #VeauDor #Apocalypse #Satanisme et #JugementDernier : le teaser présageait déjà le cirque qui a eu lieu hier lors de la soirée de lancement des JO avec son cavalier de l'Apocalypse et la phrase de fin : "Vous n'avez encore rien vu." On a assisté (de très loin pour ma part) à un feu d'artifice de la religion inversée au catholicisme : le satanisme. Encore une fois, ce n'est pas parce que beaucoup de citoyens lambdas refusent d'y croire, que cela n'existe pas. En tout cas, il est clair que tous ceux qui sont à l'origine de toute cette mise en scène grotesque y croient. Ce post sera un peu long mais il y a largement de quoi faire une analyse de je ne sais combien de pages, tellement tout est sinistre et sous nos yeux. Entre la mort qui porte la flamme Olympique, des enfants sur une barque navigant avec un passeur, le veau d'or, le tableau de la Cène représenté par des drag -queens, Marie-Antoinette décapitée, différents cavaliers de l'Apocalypse, l'apologie à outrance du wokisme, Philippe Catherine représentant Bacchus, un acte sexuel montré entre 3 personnes genrées, le pénis géant dans le ciel dès l'ouverture et le choix des célébrités etc. il y a de quoi faire... et surtout de réaliser des liens avec les textes sacrés. Je vais commencer par trois des cavaliers de l'Apocalypse : le cavalier qui chevauche un cheval blanc correspond à la conquête, symbolisant l'arrivée de l'Antéchrist. Le cavalier qui chevauche un cheval noir est affilié à la famine et la mort est représentée par le cavalier sur un cheval pâle. Je ne sais pas si on a vu le quatrième larron symbolisant la guerre, mais c'étaient déjà 3 de trop... Passons au veau d'or qui était également de la partie et sa signification dans l’Ancien Testament : c'est le symbole de la richesse matérielle et de l’idolâtrie, pratique interdite dans toutes les religions. L’idolâtrie réduit au lieu d’ouvrir et enferme au lieu d’éveiller. Elle s’attache aux apparences plutôt qu’à l’esprit et maintient l’homme dans l’illusion. Le culte du veau d'or dans la bible : Les Israélites sont réunis autour d'Aaron et conçoivent une idole sous la forme d’un veau en métal, personnification du dieu qui les a fait sortir d’Égypte. Ils bâtissent un autel devant lui, le fêtent et lui offrent des sacrifices. On peut voir dans le veau d’or l’image de satan qui détourne les hommes de la vérité. Interprétation du veau d'or (qui renvoie aux cultes païens) dans la Bible : Le veau d’or est le dieu des biens matériels qui se substitue au dieu de l’esprit. Il symbolise la tentation toujours renouvelée de diviniser les désirs matériels, l’argent, le pouvoir et les apparences. Le choix des célébrités idolâtrées par bon nombre de personnes et présentes, n'est pas anodin non plus : - Lady Gaga, grande amie de Marina Abramovic et présente lors de ses Spirit Cooking avec les Clinton; - Céline Dion ou la femme qui a créé une première collection de vêtements non-genrés pour bébés et enfants qui s'introduit dans un hôpital dans un service de nouveaux-nés dans une vidéo promotion flippante pour sa marque, en disant que nos enfants ne sont pas vraiment nos enfants avec un bébé portant "New Order" sur son vêtement; - Snoop Dog qui a porté la flamme olympique n'a jamais caché son allégeance à Baphomet; - Philippe Katherine représentant Bacchus, peint en blanc et chantant être tout simplement tout nu. Bacchus (dieu romain), correspond à Dionysos dans la mythologie grecque. Il s'est spécialisé dans la vigne et dans l'ivresse et devient notamment dieu du vin et de ses excès (orgies) ainsi que de la débauche et la démesure. Donc symbole de la décadence totale. Il présente aussi le risque d'une perte de contrôle et de l'identité. - Je préfère faire l'impasse sur la Garde républicaine qui a été ridiculisée durant le show d'Aya Nakamura. Parodier la Cène en présence de chefs d’État tous corrompus et/ou criminels, il fallait oser... Ils n'auraient jamais fait cela avec une autre religion et des médias n'ont eu aucun scrupule à le confirmer et à traiter de soi-disant partisans d'extrême droite tous ceux qui en ont été outrés. Pour rappel, la cérémonie de la Cène commémore le dernier repas du Christ dans la Bible avec les 12 apôtres... la veille de sa crucifixion. Mais la Bible à laquelle tous ces adeptes sionistes, fanatiques de satan s'attaquent, dit aussi des choses extrêmement intéressantes en ces temps eschatologiques... Cette Apocalypse qui a tant été fêtée hier soir et qui annonce selon les textes sacrés la fin d'un monde, annonce également celle du Jugement dernier... Ce jugement selon Dieu est juste, car la religion de ce monde, "Babylone la Grande", a prétendu servir Dieu, alors qu’elle servait le Diable. Et par ses "pratiques spirites", elle a abusé des centaines de millions de personnes et les a amenées à servir, elles aussi, les intérêts du Diable. Viendra ce temps et on peut déjà les repérer, où des faux prophètes parleront de "paix et sécurité". Peu importe la forme que prendra l’événement selon les textes sacrés, cela ne signifiera pas pour autant que le monde aura fondamentalement changé. Cela ne voudra pas dire non plus que les nations désarmeront et qu’elles abandonneront tout comportement belliqueux. La proclamation "Paix et sécurité" ne sera donc qu’une façade. Elle ne changera rien à la condition véritable de l’humanité. Rien de ce que le monde fait n’arrêtera l’avalanche de crimes et de violence, mais cette génération perverse et tortueuse n'en aura tout de même plus pour longtemps. "Ceux-là subiront le châtiment judiciaire de la destruction éternelle de devant le Seigneur et devant la gloire de sa force." Apôtre Paul. Encore une fois, si on se réfère aux textes, la destruction de toute une fausse religion instaurée prendra fin quand les éléments politiques et autres, du monde de satan, ainsi que tous leurs partisans, "petits et grands", auront été enfin détruits. Conclusion : je crois qu'il ne reste plus qu'à prier... les mois à venir vont être intenses et ils s'exposeront de plus en plus.
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#JO2024 #VeauDor #Apocalypse #Satanisme et #JugementDernier : le teaser présageait déjà le cirque qui a eu lieu hier lors de la soirée de lancement des JO avec son cavalier de l'Apocalypse et la phrase de fin : "Vous n'avez encore rien vu." On a assisté (de très loin pour ma part) à un feu d'artifice de la religion inversée au catholicisme : le satanisme. Encore une fois, ce n'est pas parce que beaucoup de citoyens lambdas refusent d'y croire, que cela n'existe pas. En tout cas, il est clair que tous ceux qui sont à l'origine de toute cette mise en scène grotesque y croient. Ce post sera un peu long mais il y a largement de quoi faire une analyse de je ne sais combien de pages, tellement tout est sinistre et sous nos yeux. Entre la mort qui porte la flamme Olympique, des enfants sur une barque navigant avec un passeur, le veau d'or, le tableau de la Cène représenté par des drag -queens, Marie-Antoinette décapitée, différents cavaliers de l'Apocalypse, l'apologie à outrance du wokisme, Philippe Catherine représentant Bacchus, un acte sexuel montré entre 3 personnes genrées, le pénis géant dans le ciel dès l'ouverture et le choix des célébrités etc. il y a de quoi faire... et surtout de réaliser des liens avec les textes sacrés. Je vais commencer par trois des cavaliers de l'Apocalypse : le cavalier qui chevauche un cheval blanc correspond à la conquête, symbolisant l'arrivée de l'Antéchrist. Le cavalier qui chevauche un cheval noir est affilié à la famine et la mort est représentée par le cavalier sur un cheval pâle. Je ne sais pas si on a vu le quatrième larron symbolisant la guerre, mais c'étaient déjà 3 de trop... Passons au veau d'or qui était également de la partie et sa signification dans l’Ancien Testament : c'est le symbole de la richesse matérielle et de l’idolâtrie, pratique interdite dans toutes les religions. L’idolâtrie réduit au lieu d’ouvrir et enferme au lieu d’éveiller. Elle s’attache aux apparences plutôt qu’à l’esprit et maintient l’homme dans l’illusion. Le culte du veau d'or dans la bible : Les Israélites sont réunis autour d'Aaron et conçoivent une idole sous la forme d’un veau en métal, personnification du dieu qui les a fait sortir d’Égypte. Ils bâtissent un autel devant lui, le fêtent et lui offrent des sacrifices. On peut voir dans le veau d’or l’image de satan qui détourne les hommes de la vérité. Interprétation du veau d'or (qui renvoie aux cultes païens) dans la Bible : Le veau d’or est le dieu des biens matériels qui se substitue au dieu de l’esprit. Il symbolise la tentation toujours renouvelée de diviniser les désirs matériels, l’argent, le pouvoir et les apparences. Le choix des célébrités idolâtrées par bon nombre de personnes et présentes, n'est pas anodin non plus : - Lady Gaga, grande amie de Marina Abramovic et présente lors de ses Spirit Cooking avec les Clinton; - Céline Dion ou la femme qui a créé une première collection de vêtements non-genrés pour bébés et enfants qui s'introduit dans un hôpital dans un service de nouveaux-nés dans une vidéo promotion flippante pour sa marque, en disant que nos enfants ne sont pas vraiment nos enfants avec un bébé portant "New Order" sur son vêtement; - Snoop Dog qui a porté la flamme olympique n'a jamais caché son allégeance à Baphomet; - Philippe Katherine représentant Bacchus, peint en blanc et chantant être tout simplement tout nu. Bacchus (dieu romain), correspond à Dionysos dans la mythologie grecque. Il s'est spécialisé dans la vigne et dans l'ivresse et devient notamment dieu du vin et de ses excès (orgies) ainsi que de la débauche et la démesure. Donc symbole de la décadence totale. Il présente aussi le risque d'une perte de contrôle et de l'identité. - Je préfère faire l'impasse sur la Garde républicaine qui a été ridiculisée durant le show d'Aya Nakamura. Parodier la Cène en présence de chefs d’État tous corrompus et/ou criminels, il fallait oser... Ils n'auraient jamais fait cela avec une autre religion et des médias n'ont eu aucun scrupule à le confirmer et à traiter de soi-disant partisans d'extrême droite tous ceux qui en ont été outrés. Pour rappel, la cérémonie de la Cène commémore le dernier repas du Christ dans la Bible avec les 12 apôtres... la veille de sa crucifixion. Mais la Bible à laquelle tous ces adeptes sionistes, fanatiques de satan s'attaquent, dit aussi des choses extrêmement intéressantes en ces temps eschatologiques... Cette Apocalypse qui a tant été fêtée hier soir et qui annonce selon les textes sacrés la fin d'un monde, annonce également celle du Jugement dernier... Ce jugement selon Dieu est juste, car la religion de ce monde, "Babylone la Grande", a prétendu servir Dieu, alors qu’elle servait le Diable. Et par ses "pratiques spirites", elle a abusé des centaines de millions de personnes et les a amenées à servir, elles aussi, les intérêts du Diable. Viendra ce temps et on peut déjà les repérer, où des faux prophètes parleront de "paix et sécurité". Peu importe la forme que prendra l’événement selon les textes sacrés, cela ne signifiera pas pour autant que le monde aura fondamentalement changé. Cela ne voudra pas dire non plus que les nations désarmeront et qu’elles abandonneront tout comportement belliqueux. La proclamation "Paix et sécurité" ne sera donc qu’une façade. Elle ne changera rien à la condition véritable de l’humanité. Rien de ce que le monde fait n’arrêtera l’avalanche de crimes et de violence, mais cette génération perverse et tortueuse n'en aura tout de même plus pour longtemps. "Ceux-là subiront le châtiment judiciaire de la destruction éternelle de devant le Seigneur et devant la gloire de sa force." Apôtre Paul. Encore une fois, si on se réfère aux textes, la destruction de toute une fausse religion instaurée prendra fin quand les éléments politiques et autres, du monde de satan, ainsi que tous leurs partisans, "petits et grands", auront été enfin détruits. Conclusion : je crois qu'il ne reste plus qu'à prier... les mois à venir vont être intenses et ils s'exposeront de plus en plus.

Claire Gabriel

140,881 views • 2 years ago

🇫🇷🎺 Macron, Généralissime du Vent : chronique d’un chef de guerre en carton Par Brainless Partisans 🏴‍☠️☢️☣️🪆 Il suffit d’un post LCI pour que Macron reparte en campagne — non pas militaire, mais cosmétique. Le voilà encore qui déclame, pose, martèle, tambourine : « l’Europe doit se doter d’une défense crédible ». Comme toujours, le décor est plus solide que le contenu. Comme toujours, l’ego parle avant la raison. 🎭 La scène, les projecteurs… et le vide derrière Dès 2024, à la Sorbonne, Macron tonnait déjà : « Notre Europe peut mourir » (Discours du 25 avril 2024) Phrase apocalyptique, pensée pour faire trembler les murs… mais qui n’a donné lieu à aucune transformation budgétaire significative ni à la moindre impulsion industrielle concrète. Puis en 2025, rebelote : « Nous devons avoir une capacité européenne d’action autonome, crédible, et vite » (Conférence de presse, Paris, février 2025) “Vite”, disait-il. Neuf mois plus tard, les experts de Bruxelles notent que le programme commun de défense de l’UE n’a pas dépassé la phase PowerPoint. Pendant ce temps, l’OTAN répète officiellement que rien n’est prêt pour une confrontation de haute intensité : « NATO forces are not configured for large-scale offensive operations against Russia » — NATO Military Committee, rapport 2025 Traduction : la posture martiale de Macron tient du théâtre, pas de la stratégie. 🪞 Le président qui se regarde faire la guerre Ce besoin irrépressible de se voir en “chef de guerre” est presque clinique. La seule bataille qu’il mène réellement, c’est celle pour rester dans le cadre. Il parle d’Europe, mais toujours à travers le miroir de lui-même. Quand il explique en grande pompe : « La France est prête à assumer ses responsabilités » (Déclaration officielle, Conseil européen, mars 2025) … il oublie de préciser que le chef d’état-major français a déclaré, la même semaine : « Nos stocks sont à un niveau critique. Nous ne pouvons soutenir un effort prolongé » — CEMA, audition au Sénat, 13 mars 2025 Voilà qui casse un peu l’effet de manche. Mais peu importe : l’objectif n’est pas de défendre l’Europe — c’est de défendre son image. 📉 Les conséquences de l’ego présidentiel À force de “brasser du vent stratégiquement”, Macron a réussi un exploit : rendre la France illisible pour ses alliés, ridicule pour ses adversaires, et fatiguée pour son opinion publique. Quand il annonce que l’envoi de troupes “ne peut être exclu”, l’Allemagne répond dans le même communiqué : « Ce n’est pas notre position, et cela ne correspond pas aux discussions en cours » — Porte-parole du gouvernement allemand, 27 février 2025 Autrement dit : “Emmanuel parle pour Emmanuel”. Et Ursula von der Leyen, plus diplomate mais tout aussi excédée, tente de recadrer : « Les décisions de sécurité européennes doivent être concertées, pas déclarées unilatéralement » — Conférence de presse de la Commission, 28 février 2025 Traduction : Emmanuel, arrête de faire le show tout seul. Ce décalage permanent a une conséquence simple : la parole française ne pèse plus. Elle fait du bruit — mais ne déplace rien. 🔥 Conclusion : le général de théâtre Macron n’est pas un chef de guerre. C’est un acteur, un récitant, parfois un bonimenteur. Il adore l’odeur de la poudre — surtout quand c’est du talc médiatique. Il aime les mots forts — surtout quand ils servent de bande-annonce à son propre rôle. Il veut faire l’histoire — mais finit par faire des stories. Pendant ce temps, l’Europe attend une stratégie. L’Ukraine attend des actes. Et la France attend un président qui parle moins de lui, et plus du monde réel. Mais rassurez-vous : pour la prochaine guerre imaginaire, Macron sera prêt. Il a déjà répété son texte.

Brainless Partisans 🏴‍☠️☢️☣️🪆

16,951 views • 7 months ago

#HervéBelleville et #PaulKagame : La Carte du Génocide Face à l'Agression du #Rwanda contre l'Est de la #RDC ! Analyse d'#AfricaFlashes : Imaginez un député français, Hervé Belleville, qui prend la parole sur la guerre au Congo orchestrée par Paul Kagame, mais qui finit en larmes en évoquant le génocide rwandais de 1994. Ce moment théâtral cache une réalité troublante. Pourquoi Belleville, censé incarner la justice, mise-t-il autant sur l’émotion ? Que dissimule ce rideau de larmes ? On va plonger dans la manière dont Kagame utilise des figures comme lui pour entretenir un récit douteux sur 1994 tout en semant le chaos au Congo. Ce que vous allez découvrir risque de bousculer votre vision de la politique française et africaine. Hervé Belleville, député et rescapé tutsi adopté en France après 1994, est une figure émouvante. Mais lors d’une récente commission sur les exactions de Kagame au Congo, il a dévié le sujet vers le génocide rwandais, au point de se faire reprendre sèchement par une collègue : "Vous êtes devenu un vrai casse-pieds avec vos intrigues !" Ce n’est pas un simple dérapage, mais une tactique. Kagame s’en sert régulièrement pour détourner l’attention de ses agissements actuels, et Belleville, volontairement ou non, joue le jeu. Le génocide rwandais, avec ses 800000 morts en 100 jours, est un drame qui marque les esprits. Kagame, au pouvoir depuis 30 ans, en fait un outil pour se poser en héros intouchable. À travers des porte-parole, lobbyistes et trolls numériques, il impose une version officielle qui étouffe les critiques. Belleville, en France, légitime ce discours, tandis qu’à l’étranger, des agents comme Michelle Martin traquent les opposants. À #Kigali, les réseaux sociaux harcèlent ceux qui osent contester 1994. Critiquer Kagame devient synonyme de nier le génocide. Pourtant, ce récit se fissure. La guerre au Congo, où Kagame soutient des groupes comme le #M23, n’a aucun lien avec 1994. Depuis 30 ans, ces conflits font des millions de victimes et profitent au Rwanda via l’exploitation de minerais. Quand Belleville évoque le passé au lieu de ces crimes, il masque une tragédie bien réelle. Les rapports de l’#ONU et d’#ONG comme Human Rights Watch le confirment : le Congo souffre, et Kagame en tire parti. Ce détournement du débat n’est pas anodin, il est complice. Sous Emmanuel Macron, la France a renforcé ses liens avec Kagame. En 2021, Macron a reconnu la "responsabilité" française dans le génocide, un geste fort mais stratégique. En soutenant Kagame, il mise sur un allié en Afrique. Mais ce choix pourrait se retourner contre lui d’ici 2027, à la fin de son mandat. Quel futur dirigeant français oserait défendre un leader accusé de répression et de déstabilisation régionale ? En privilégiant le Rwanda, petit pays de 13 millions d’habitants, la France délaisse le Congo, géant francophone de 100 millions d’âmes. Ce déséquilibre est criant. Le Congo, riche en ressources et en influence, est abandonné face à une guerre alimentée par Kagame, qui a fait des millions de morts depuis les années 90. Pendant ce temps, la France cajole Kigali. Mais le vent tourne. En France, l’hypocrisie agace, au Congo, la colère gronde, et sur les réseaux, les récits s’affrontent. Quand Macron partira, Kagame risque de perdre son appui, et le Congo pourrait enfin peser de tout son poids. Cette histoire n’est pas finie, elle ne fait que commencer. #Rwanda1994​, #Kagame​, #CongoWar​, #HervéBelleville​, #FranceAfrique​ Sénat Élysée Présidence RDC 🇨🇩 European Commission Human Rights Watch Parlement européen en France UE en RDC🇪🇺 EU Delegation to Rwanda MONUSCO SADC Secretariat acp.cd ACTUALITE.CD #AFRICA24 Agence France-Presse RFI Afrique

MPOZEMBIZI Théophile

15,652 views • 1 year ago

Pam Bondi et le suicide institutionnel assisté (Ou comment brader la sécurité nationale sur une clé USB) C’est le silence radio. Un silence absolu, presque religieux. Pas une ligne, pas un mot dans la grande presse française sur ce qui est en train de se profiler comme le naufrage politico-judiciaire le plus absurde et le plus dévastateur de la décennie outre-Atlantique. Pendant que les chaînes d'info en continu tournent en boucle sur des polémiques jetables, l'exécutif américain est en train de s'étouffer avec son propre vomi institutionnel. Ce qui vient de se passer au sein du Département de la Justice (DOJ) n'est pas une simple fuite. C’est l’Attorney General des États-Unis en personne qui a légalement et officiellement fourni au Congrès la preuve que le Président a monnayé des secrets d'État de rang militaire pour des intérêts personnels. C’est un scénario tellement grotesque qu’aucun auteur de thriller politique n’oserait le soumettre à son éditeur. Mais puisque la presse regarde ailleurs, plongeons nos mains dans le cambouis. Voici l'anatomie d'un désastre. Acte I : Le "Friendly Fire" ou l'art de se tirer une balle dans le pied au lance-roquettes Tout part d’une volonté politique implacable : détruire Jack Smith. Le DOJ de Pam Bondi, fraîchement remodelé, a une mission sacrée : fournir des munitions au House Judiciary Committee du républicain Jim Jordan. L'objectif est de démontrer que Smith a "militarisé" l'appareil judiciaire avec son enquête "Arctic Frost" sur les tentatives d'inversion de l'élection de 2020. Le 13 mars 2026, l'équipe de Bondi envoie donc un lot de documents soigneusement sélectionnés (qualifiés de "cherry-picked" par l'opposition) à la commission. Sauf que dans sa frénésie militante, le DOJ commet une erreur interstellaire : au milieu de la liasse, ils glissent par inadvertance un mémorandum interne de treize pages rédigé par l'équipe de Jack Smith, daté du 13 janvier 2023. La mécanique du désastre est sublime. En transmettant ce document, le DOJ viole frontalement l'ordonnance de silence (le fameux gag order) imposée par la juge fédérale Aileen Cannon. Cette ordonnance, datée de janvier 2025, interdisait strictement au DOJ de divulguer "toute information ou conclusion" tirée de l'enquête de Jack Smith. L'ironie suprême ? Cette protection judiciaire avait été farouchement réclamée, mendiée et obtenue par la propre défense de Donald Trump pour étouffer le dossier. L’administration actuelle vient donc de violer sa propre armure juridique. Pire encore, la production contenait des pages estampillées "Contains 6(e) and Sealed Material", violant potentiellement le secret absolu des délibérations du Grand Jury. Le représentant démocrate Jamie Raskin n'a pas laissé passer l'occasion. Dans une lettre envoyée le 24 mars 2026, maniant une ironie absolument glaciale, il remercie factuellement l'Attorney General pour son aveuglement partisan qui l'a conduite à lui livrer sur un plateau des preuves "accablantes" (damning evidence) contre son propre patron. L'arroseur arrosé avec une lance à incendie. Acte II : Cybersécurité niveau "Stagiaire BAFA" et Logistique de l'Absurde Si la manœuvre juridique prête à sourire, le contenu du mémo de 2023, lui, glace le sang. Il documente le contraste terrifiant entre la nature apocalyptique des secrets d'État manipulés et la débilité insondable de leur gestion matérielle. Commençons par le niveau de classification. On ne parle pas de brouillons de discours. Le mémo détaille que parmi les documents soustraits, au moins un dossier était soumis à un niveau de compartimentation (Special Access Program / Sensitive Compartmented Information) si restrictif que seules six personnes dans l'immense appareil gouvernemental américain avaient l'habilitation requise pour le lire. La compromission de ce matériel représente un risque aggravé pour la sécurité nationale, pulvérisant l'architecture de protection des sources. Et comment ces secrets ont-ils été sécurisés à Mar-a-Lago ? C'est là que l'absurde culmine. La chaîne de possession a été déléguée à Chamberlain Harris, une assistante de 23 ans dépourvue de la moindre habilitation. Confrontée aux boîtes, cette jeune femme a eu l'idée de génie de numériser l'intégralité d'une boîte de documents classifiés avec son ordinateur portable personnel. Mieux encore : elle a ensuite uploadé ces copies numériques de secrets de la défense nationale sur un service de stockage "cloud" commercial. Des plans de guerre potentiels ont ainsi résidé sur des serveurs commerciaux civils pendant près de deux ans, à la merci du premier service de renseignement russe, chinois ou iranien un peu dégourdi. Quand le vent a tourné, la tentative de sauvetage a été tout aussi calamiteuse. Un avocat est venu récupérer les scans sur l'ordinateur, a transféré les secrets de la nation sur une bête clé USB (thumb drive), et a pris un banal vol de ligne commerciale pour les transporter. La chute de cette blague ? La méritocratie trumpienne à l'œuvre. Pour avoir exposé l'État profond américain sur un cloud, Chamberlain Harris est listée (selon les fiches) comme Directrice, ou Directrice adjointe, des opérations du Bureau Ovale. Quant à Walt Nauta, le valet personnel inculpé pour avoir déplacé physiquement des dizaines de boîtes de preuves pour frauder le FBI , il a été nommé au Conseil d'Administration de l'Académie Navale des États-Unis, chargé de superviser la morale militaire. C'est fascinant. Acte III : Air Force Clown, la Carte Mystère et le fantôme de Susie Wiles Mais le mémorandum ne s'arrête pas au stockage ; il documente l'exhibition de la marchandise. L'incident clé se déroule le 3 juin 2022. Lors d'un vol privé reliant la Floride à New York en direction du club de golf de Bedminster, le Président décide de divertir la galerie. Durant ce trajet, il sort délibérément et exhibe devant les passagers une carte classifiée décrivant la posture militaire américaine et des plans d'opérations potentiels (fortement soupçonnés de cibler l'Iran). Le manifeste de vol identifie 14 passagers non habilités. C’est ici que le dossier se transforme en bombe à fragmentation pour l'administration actuelle. Le mémo du FBI confirme l'identité d'un témoin oculaire direct de cette exhibition illégale : Susie Wiles. Oui, la même Susie Wiles qui occupe aujourd'hui le poste de White House Chief of Staff. La femme la plus puissante de l'exécutif est formellement identifiée comme témoin matériel de l'exposition d'une carte d'invasion militaire. Si elle a été interrogée sous serment par le FBI ou le Grand Jury entre 2022 et 2024 et qu'elle a minimisé cet événement pour protéger son patron, elle est en équilibre instable au-dessus d'une inculpation pour parjure et obstruction à la justice. Un fusible nucléaire prêt à sauter au cœur même de la Maison Blanche. Acte IV : Le Hasard fait merveilleusement bien les Affaires (La "Coïncidence" Saoudienne) Gardons le meilleur, ou le pire, pour la fin : le mobile. Pendant des mois, la ligne de défense oscillait entre "c'est à moi en vertu du Presidential Records Act" et "c'est une erreur d'emballage". Le mémo de Jack Smith pulvérise cette ambiguïté. Noir sur blanc, les enquêteurs affirment que les documents classifiés étaient pertinents pour ses "intérêts commerciaux" (pertinent to his business interests), établissant un mobile formel pour les conserver. Jamie Raskin, s'appuyant sur ces mots, pose l'hypothèse juridique ultime : la monétisation post-présidentielle de la sécurité nationale. La chronologie est d'un cynisme parfait. → Juin 2022 : Exhibition de la carte militaire sur le vol. → Juillet 2022 : La Trump Organization accueille les tournois dissidents de LIV Golf, financés à hauteur de 3 milliards par le Fonds public d'investissement (PIF) de l'Arabie Saoudite, l'ennemi juré de l'Iran. → Novembre 2022 : Signature d'un accord colossal avec Dar Al Arkan (le géant saoudien de l'immobilier) pour le projet "Aida" à Oman. La déclaration financière de 2023 atteste de la perception vérifiée de 5,35 millions de dollars de frais de licence initiaux. → Janvier 2026 : La boucle est bouclée avec de nouveaux accords pour une tour à Djeddah et un projet à Riyad (10 milliards combinés). Personne n'a encore la preuve formelle d'un échange valise contre documents. Mais Raskin demande ouvertement si le chef de l'exécutif a pu utiliser son accès privilégié aux plans de guerre américains pour rassurer, séduire ou négocier avec les fonds souverains du Golfe. L'accusation de s'être enrichi en vendant la sécurité de l'État n'est plus une théorie du complot d'éditorialiste, elle émerge des propres documents expédiés par le DOJ. Conclusion : L'Échec et Mat du 14 Avril Panique à bord. Prise au piège, l'administration est réduite à la rhétorique du déni. Le DOJ qualifie l'affaire de "cascade politique de bas étage" (cheap political stunt) et fustige un Raskin "aveuglé par la haine", pendant que la Maison Blanche répète en boucle que "le Président n'a rien fait de mal". La parade républicaine au Congrès consiste à hurler que Jack Smith a espionné les sénateurs avec la loi FISA, tentant désespérément de discréditer le messager pour faire oublier le contenu du mémo. Mais l'horloge tourne. Jamie Raskin a posé un ultimatum exécutoire : le DOJ a jusqu'au 14 avril 2026 à 17h00 pour cesser son "cherry-picking" et remettre l'intégralité du Volume II non caviardé de l'enquête Smith. Le Département de la Justice est dans une nasse sans issue. Soit Pam Bondi s'exécute, dévoile les noms expurgés du vol, les détails de la carte et les liens commerciaux, scellant le suicide politique de l'exécutif et fournissant le matériau brut d'une procédure d'Impeachment. Soit elle refuse, commettant un outrage au Congrès et validant aux yeux du monde que la présidence dissimule activement la monétisation de secrets militaires. Quoi qu'il arrive, le narratif a définitivement basculé. Ce n'est plus une affaire d'archives mal rangées. C'est l'histoire d'un État dont les secrets ont traîné sur un Dropbox, baladés sur des clés USB, exhibés dans des jets privés pour impressionner la galerie, avec en toile de fond l'ombre immense des capitaux saoudiens. Et ce sont eux, dans leur incommensurable hubris, qui viennent d'en envoyer la preuve par la poste. PS : ☠ Bluetouff ... les grands esprits, tout ça, tout ça ! 😋

Pourton.info

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🇫🇷 19 décembre 1964, intégralité du discours d'André Malraux lors de la cérémonie de transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon : « Monsieur le Président de la République, Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit. Sans la cérémonie d'aujourd'hui, combien d'enfants de France sauraient son nom ? Il ne le retrouva lui-même que pour être tué ; et depuis, sont nés seize millions d'enfants... Puissent les commémorations des deux guerres s'achever par la résurrection du peuple d'ombres que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort. Après vingt ans, la Résistance est devenue un monde de limbes où la légende se mêle à l'organisation. Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a pris depuis son accent de légende, voici comment je l'ai rencontré. Dans un village de Corrèze, les Allemands avaient tué des combattants du maquis, et donné ordre au maire de les faire enterrer en secret, à l'aube. Il est d'usage, dans cette région, que chaque femme assiste aux obsèques de tout mort de son village en se tenant sur la tombe de sa propre famille. Nul ne connaissait ces morts, qui étaient des Alsaciens. Quand ils atteignirent le cimetière, portés par nos paysans sous la garde menaçante des mitraillettes allemandes, la nuit qui se retirait comme la mer laissa paraître les femmes noires de Corrèze, immobiles du haut en bas de la montagne, et attendant en silence, chacune sur la tombe des siens, l'ensevelissement des morts français. Comment organiser cette fraternité pour en faire un combat ? On sait ce que Jean Moulin pensait de la Résistance, au moment où il partit pour Londres : « II serait fou et criminel de ne pas utiliser, en cas d'action alliée sur le continent, ces troupes prêtes aux sacrifices les plus grands, éparses et anarchiques aujourd'hui, mais pouvant constituer demain une armée cohérente de parachutistes déjà en place, connaissant les lieux, ayant choisi leur adversaire et déterminé leur objectif. » C'était bien l'opinion du Général de Gaulle. Néanmoins, lorsque le 1er janvier 1942, Jean Moulin fut parachuté en France, la Résistance n'était encore qu'un désordre de courage : une presse clandestine, une source d'informations, une conspiration pour rassembler ces troupes qui n'existaient pas encore. Or, ces informations étaient destinées à tel ou tel allié, ces troupes se lèveraient lorsque les Alliés débarqueraient. Certes, les résistants étaient des combattants fidèles aux Alliés. Mais ils voulaient cesser d'être des Français résistants, et devenir la Résistance française. C'est pourquoi Jean Moulin est allé à Londres. Pas seulement parce que s'y trouvaient des combattants français (qui eussent pu n'être qu'une légion), pas seulement parce qu'une partie de l'empire avait rallié la France libre. S'il venait demander au Général de Gaulle de l'argent et des armes, il venait aussi lui demander « une approbation morale, des liaisons fréquentes, rapides et sûres avec lui ». Le Général assumait alors le Non du premier jour; le maintien du combat, quel qu'en fût le lieu, quelle qu'en fût la forme ; enfin, le destin de la France. La force des appels de juin 40 tenait moins aux « forces immenses qui n'avaient pas encore donné », qu'à : « II faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. » La France, et non telle légion de combattants français. C'était par la France libre que les résistants de Bir Hakeim se conjuguaient, formaient une France combattante restée au combat. Chaque groupe de résistants pouvait se légitimer par l'allié qui l'armait et le soutenait, voire par son seul courage ; le Général de Gaulle seul pouvait appeler les mouvements de Résistance à l'union entre eux et avec tous les autres combats, car c'était à travers lui seul que la France livrait un seul combat. C'est pourquoi - même lorsque le président Roosevelt croira assister à une rivalité de généraux ou de partis - l'armée d'Afrique, depuis la Provence jusqu'aux Vosges, combattra au nom du gaullisme - comme feront les troupes du parti communiste. C'est pourquoi Jean Moulin avait emporté, dans le double fond d'une boîte d'allumettes, la micro photo du très simple ordre suivant : « M. Moulin a pour mission de réaliser, dans la zone non directement occupée de la métropole, l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs. » Inépuisablement, il montre aux chefs des groupements le danger qu'entraîne le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents. Chaque événement capital - entrée en guerre de la Russie, puis des États-Unis, débarquement en Afrique du Nord - renforce sa position. À partir du débarquement, il apparaît que la France va redevenir un théâtre d'opérations. Mais la presse clandestine, les renseignements (même enrichis par l'action du noyautage des administrations publiques) sont à l'échelle de l'Occupation, non de la guerre. Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les Alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter. Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer; alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter deux cents ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois. En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble. Il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes. Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu, et exécuté, que par l'unité de la Résistance. C'est à quoi Jean Moulin s'emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de Résistance après l'autre : « Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face... » II y a, inévitablement, des problèmes de personnes ; et bien davantage, la misère de la France combattante, l'exaspérante certitude pour chaque maquis ou chaque groupe franc, d'être spolié au bénéfice d'un autre maquis ou d'un autre groupe, qu'indignent, au même moment, les mêmes illusions... Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retour de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison; ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien « préfet de gauche », chassé par Vichy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tels rescapés de la Cagoule ! Jean Moulin n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui a créé Combat, Libération, Franc-Tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy. Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'histoire recueillera tous les noms. Ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée. II a été le Carnot de la Résistance. Attribuer peu d'importance aux opinions dites politiques, lorsque la nation est en péril de mort - la nation, non pas un nationalisme alors écrasé sous les chars hitlériens, mais la donnée invincible et mystérieuse qui allait emplir le siècle : penser qu'elle dominerait bientôt les doctrines totalitaires dont retentissait l'Europe; voir dans l'unité de la Résistance le moyen capital du combat pour l'unité de la nation, c'était peut-être affirmer ce qu'on a, depuis, appelé le gaullisme. C'était certainement proclamer la survie de la France. En février, ce laïc passionné avait établi sa liaison par radio avec Londres, dans le grenier d'un presbytère. En avril, le Service d'information et de propagande, puis le Comité général d'études étaient formés ; en septembre, le noyautage des administrations publiques. Enfin, le Général de Gaulle décidait la création d'un « Comité de coordination » que présiderait Jean Moulin, assisté du chef de l'Armée secrète unifiée. La préhistoire avait pris fin. Coordonnateur de la Résistance en zone Sud, Jean Moulin en devenait le chef. En janvier 1943, le Comité directeur des Mouvements unis de la Résistance (ce que, jusqu'à la Libération, nous appellerions les Murs), était créé sous sa présidence. En février, il repartait pour Londres avec le général Delestraint, chef de l'Armée secrète, et Jacques Dalsace. De ce séjour, le témoignage le plus émouvant a été donné par le colonel Passy. « Je revois Moulin, blême, saisi par l'émotion qui nous étreignait tous, se tenant à quelques pas devant le Général et celui-ci disant, presque à voix basse : "Mettez-vous au garde-à-vous", puis : "Nous vous reconnaissons comme notre compagnon, pour la libération de la France, dans l'honneur et par la victoire." Et pendant que de Gaulle lui donnait l'accolade, une larme, lourde de reconnaissance, de fierté, et de farouche volonté, coulait doucement le long de la joue pâle de notre camarade Moulin. Comme il avait la tête levée, nous pouvions voir encore, au travers de sa gorge, les traces du coup de rasoir qu'il s'était donné, en 1940, pour éviter de céder sous les tortures de l'ennemi. » Les tortures de l'ennemi... En mars, chargé de constituer et de présider le Conseil national de la Résistance, Jean Moulin monte dans l'avion qui va le parachuter au nord de Roanne. Ce Conseil national de la Résistance, qui groupe les mouvements, les partis et les syndicats de toute la France, c'est l'unité précairement conquise, mais aussi la certitude qu'au jour du débarquement, l'armée, en haillons, de la Résistance attendra les divisions blindées de la Libération. Jean Moulin en retrouve les membres, qu'il rassemblera si difficilement. Il retrouve aussi une Résistance tragiquement transformée. Jusque-là, elle avait combattu comme une armée, en face de la victoire, de la mort ou de la captivité. Elle commence à découvrir l'univers concentrationnaire, la certitude de la torture. C'est alors qu'elle commence à combattre en face de l'enfer. Ayant reçu un rapport sur les camps de concentration, il dit à son agent de liaison, Suzette Olivier : « J'espère qu'ils nous fusillerons avant. » Ils ne devaient pas avoir besoin de le fusiller. La Résistance grandit, les réfractaires du travail obligatoire vont bientôt emplir nos maquis ; la Gestapo grandit aussi, la Milice est partout. C'est le temps où, dans la campagne, nous interrogeons les aboiements des chiens au fond de la nuit ; le temps où les parachutes multicolores, chargés d'armes et de cigarettes, tombent du ciel dans la lueur des feux des clairières ou des causses ; le temps des caves, et de ces cris désespérés que poussent les torturés avec des voix d'enfants... La grande lutte des ténèbres a commencé. Le 27 mai 1943, a lieu à Paris, rue du Four, la première réunion du Conseil national de la Résistance. Jean Moulin rappelle les buts de la France libre : « Faire la guerre ; rendre la parole au peuple français ; rétablir les libertés républicaines dans un État d'où la justice sociale ne sera pas exclue et qui aura le sens de la grandeur ; travailler avec les Alliés à l'établissement d'une collaboration internationale réelle sur le plan économique et social, dans un monde où la France aura regagné son prestige. » Puis il donne lecture d'un message du Général de Gaulle, qui fixe pour premier but au premier Conseil de la Résistance, le maintien de l'unité de cette Résistance qu'il représente. Au péril quotidien de la vie de chacun de ses membres. Le 9 juin, le général Delestraint, chef de l'Armée secrète enfin unifiée, est pris à Paris. Aucun successeur ne s'impose. Ce qui est fréquent dans la clandestinité : Jean Moulin aura dit maintes fois avant l'arrivée de Serreules : « Si j'étais pris, je n'aurais pas même eu le temps de mettre un adjoint au courant... » II veut donc désigner ce successeur avec l'accord des mouvements, notamment de ceux de la zone Sud. Il rencontrera leurs délégués le 21, à Caluire. Ils l'y attendent, en effet. La Gestapo aussi. La trahison joue son rôle - et le destin, qui veut qu'aux trois quarts d'heure de retard de Jean Moulin, presque toujours ponctuel, corresponde un long retard de la police allemande. Assez vite, celle-ci apprend qu'elle tient le chef de la Résistance. En vain. Le jour où, au fort Montluc à Lyon, après l'avoir fait torturer, l'agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu'il ne peut plus parler, Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau. Pour la terrible suite, écoutons seulement les mots si simples de sa soeur : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. » Comprenons bien que pendant les quelques jours où il pourrait encore parler ou écrire, le destin de la Résistance est suspendu au courage de cet homme. Comme le dit Mlle Moulin, il savait tout. Georges Bidault prendra sa succession. Mais voici la victoire de ce silence atrocement payé : le destin bascule. Chef de la Résistance martyrisé dans des caves hideuses, regarde de tes yeux disparus toutes ces femmes noires qui veillent nos compagnons : elles portent le deuil de la France, et le tien. Regarde glisser sous les chênes nains du Quercy, avec un drapeau fait de mousselines nouées, les maquis que la Gestapo ne trouvera jamais parce qu'elle ne croit qu'aux grands arbres. Regarde le prisonnier qui entre dans une villa luxueuse et se demande pourquoi on lui donne une salle de bains - il n'a pas encore entendu parler de la baignoire. Pauvre roi supplicié des ombres, regarde ton peuple d'ombres se lever dans la nuit de juin constellée de tortures. Voici le fracas des chars allemands qui remontent vers la Normandie à travers les longues plaintes des bestiaux réveillés : grâce à toi, les chars n'arriveront pas à temps. Et quand la trouée des Alliés commence, regarde, préfet, surgir dans toutes les villes de France les commissaires de la République - sauf lorsqu'on les a tués. Tu as envié, comme nous, les clochards épiques de Leclerc : regarde, combattant, tes clochards sortir à quatre pattes de leurs maquis de chênes, et arrêter avec leurs mains paysannes formées aux bazookas l'une des premières divisions cuirassées de l'empire hitlérien, la division Das Reich. Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit... Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. » L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... » Fondation Charles de Gaulle Académie du Gaullisme Kâplan ThinkerView THEATRUM BELLI Souveraine Tech OpexNews Jérôme Besnard 🇨🇵 Eric Anceau Eric Branca @CyrilCrusillea2 Patrick Samuel David BELLAMY Jacques de Saint Victor @DUVAL_STALLA Christine Clerc

🇫🇷 Gaullisme ☨

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🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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RAPPORT ALLONCLE : LE VRAI, LE FRAGILE ET LE TOXIQUE L’effondrement de la fonction d’onde a bien eu lieu. Le rapport sur l’audiovisuel public est sorti de sa boîte, et le chat de Schrödinger est désormais étalé sur la table en inox. Et, comme on pouvait s’y attendre en revenant aux lois de la physique classique, le miracle quantique n’a pas opéré. Il faut le marteler pour ceux qui confondent les presses de l’Assemblée nationale avec un tribunal divin : la publication de ce document ne vaut ni caution, ni validation. Ce rapport n’est ni la bombe à fragmentation anti-système fantasmée par ses thuriféraires, ni le blanc-seing béat qu’attendaient les défenseurs inconditionnels du service public. La magie est terminée. Il n’est plus une rumeur, il est un texte. L’heure n’est donc plus aux slogans, mais à la dissection. Le bloc opératoire est prêt. On enfile les gants, on allume le gros néon blanc, et on sort la pince à sophismes pour trier ce qui relève de la pathologie avérée et ce qui tient de la boucherie idéologique. Le premier diagnostic tombe assez vite : le chat de Schrödinger n’est pas mort, il n’est pas vivant. Il est mal sourcé par endroits, lucide par moments, et politiquement très nerveux. I. UN RAPPORT BIFACE : L’AUTODESTRUCTION DÈS LA PAGE 15 En général, l’exercice critique exige d’attaquer un document de l’extérieur, d’en chercher les failles pour le fissurer. Ici, l’effort est presque superflu : le rapport s’auto-saborde magistralement dès son introduction. Avant même d’arriver au cœur des recommandations, on assiste à une fracture ouverte, institutionnelle et fascinante entre le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, et son propre rapporteur, Charles Alloncle. L’avant-propos rédigé par le président ne nuance pas simplement le travail de son collègue : il le place sous alerte rouge. Les mots employés par la tête même de la commission ne laissent aucune place à l’illusion. Il y dénonce une enquête transformée en « politique spectacle », s’inquiète d’une méthode alimentant la « fabrique de la colère », et critique une utilisation des réseaux sociaux ayant contribué à relayer des informations contestées, parfois présentées comme fausses ou déformées jusque dans l’avant-propos lui-même. Patrier-Leitus affirme même noir sur blanc que, selon lui, l’objectif politique réel de la commission n’était pas de consolider l’audiovisuel public, mais de préparer les esprits à sa privatisation. Ce rapport n’est donc pas un bloc. C’est un champ de bataille textuel où le président accroche un extincteur au mur avant même que le rapporteur ne commence à jouer avec les allumettes. II. LA COUCHE DU “VRAI” : L’AUTOPSIE ADULTE Pour être pris au sérieux, il faut commencer par refuser la cécité militante. Balayer ce rapport d’un revers de la main sous prétexte que son dessein est politique serait une erreur fatale. Car si l’on gratte la surface, le texte met le doigt sur de véritables fractures institutionnelles et comptables, souvent documentées de longue date par la Cour des comptes ou l’Arcom. L’autopsie révèle de vraies pathologies qu’il convient de traiter rapidement et cliniquement. D’abord, la machinerie financière. L’audiovisuel public brasse des milliards d’euros, mais le rapport pointe avec justesse une carence alarmante dans les outils de pilotage, soulignant notamment l’absence persistante d’une véritable comptabilité analytique qui permettrait d’évaluer le coût réel et détaillé des programmes. Le texte va jusqu’à décrire une « culture de l’inefficience » installée au cœur de la machine. Ensuite, la zone d’ombre de la production externalisée. Le document frappe juste lorsqu’il dénonce un oligopole de producteurs privés qui capte une partie de la valeur et impose ses règles au diffuseur public. L’opacité des marges et le système endogame des animateurs-producteurs soulèvent des questions structurelles légitimes sur les conflits d’intérêts et le mélange des genres entre la commande publique et l’enrichissement privé. Enfin, le naufrage des garde-fous. Les instances censées garantir la probité du système sont anémiées : les comités d’éthique internes sont sous-dimensionnés, dépassés et dépourvus de pouvoir réellement contraignant. De son côté, le gendarme du secteur, l’Arcom, est décrit à juste titre comme une autorité lacunaire, technologiquement dépassée par l’ère des plateformes et des réseaux sociaux. Ce sont de vrais sujets, qui appellent de vraies réformes. On ne défend pas un service public en le déclarant immaculé. On le défend en exigeant qu’il soit capable de justifier chaque euro sans se cacher derrière le mot magique « culture » comme un enfant sous une couette. Jusqu’ici, le rapport est dans son rôle : contrôler, auditer, déranger. Le problème commence quand il quitte la salle d’audit pour entrer dans le studio de montage idéologique. III. LA COUCHE DU “FRAGILE” : DE L’ANECDOTE À LA GUERRE CULTURELLE Jusqu’ici, on pouvait débattre sereinement. Mais c’est précisément à ce stade que le rapport bascule. Partant d’une question parfaitement légitime — comment garantir l’impartialité d’un service public ? —, le texte déraille vers la croisade militante, en s’appuyant sur une méthodologie zététiquement désastreuse. Le tour de passe-passe central repose sur un véritable hold-up sémantique : la confusion volontaire et organisée entre la « neutralité » et « l’impartialité ». La neutralité est une règle administrative qui impose à un agent public de ne pas manifester ses opinions dans l’exercice de ses fonctions. L’impartialité, elle, est une exigence journalistique : elle impose de traiter les faits avec rigueur, équilibre, honnêteté et distance, mais elle n’interdit ni l’analyse, ni l’éditorialisation, ni l’esprit critique. Or, le rapporteur veut imposer cette neutralité stricte et clinique aux journalistes jusque dans leur expression publique sur les réseaux sociaux. L’impartialité demande de traiter les faits honnêtement ; la neutralisation demande, elle, de ne plus avoir l’air vivant. Ce n’est pas exactement le même métier. Ensuite vient l’anatomie d’un gonflement rhétorique. La méthode consiste à transformer des lignes comptables en scandales d’État pour alimenter les réseaux sociaux. Prenez l’affaire des supposés « frais de cocktails » attribués à France Télévisions pendant la crise sanitaire. Le terme « cocktail » n’apparaît pourtant pas dans le document de la Cour des comptes. Ces chiffres recouvraient en réalité des dépenses agrégées bien plus larges, incluant notamment des frais de réception, d’achats alimentaires ou de restauration de base pour des salariés mobilisés pendant les confinements. Entre « frais de réception » et « cocktails », il y a toute la distance entre une ligne comptable et une scène mentale avec petits fours, champagne et Delphine Ernotte en Cruella budgétaire. Plus grave encore, le document contient son propre signal d’alarme quant à la fiabilité de certaines accusations spectaculaires. L’affaire de la fastueuse soirée chez Maxim’s, prétendument privatisé par le groupe Mediawan pour célébrer le maintien de Delphine Ernotte, a été relayée par le rapporteur. Le problème ? Cette accusation est contestée à l’intérieur même du rapport, au point que le président de la commission indique avoir saisi la justice pour parjure à l’encontre du syndicaliste ayant tenu ces propos sous serment. Quand une commission censée vérifier les médias devient elle-même productrice de séquences à vérifier, on peut raisonnablement demander qui garde les gardiens — et qui leur confisque le smartphone. Enfin, le sommet du naufrage intellectuel est atteint avec l’utilisation de l’audience comme preuve à charge. Le rapport s’appuie très sérieusement sur un sondage indiquant que 70 % des auditeurs de France Inter auraient voté à gauche aux élections européennes pour en déduire l’existence d’un biais éditorial systémique de la station. Confondre la sociologie d’un public avec la nature d’un contenu est une aberration. Cela peut signaler une image, une défiance, une attractivité différenciée selon les publics. Mais cela ne prouve pas, à soi seul, une ligne éditoriale. Si la sociologie d’une audience suffisait à prouver une ligne éditoriale, il faudrait analyser l’orientation politique des paquets de céréales en fonction du vote des enfants qui les mangent. Le problème n’est pas qu’un rapport cite des exemples. Le problème, c’est lorsqu’il utilise des exemples comme des microscopes alors qu’ils ne sont parfois que des jumelles tenues à l’envers. Documenter un cas n’est pas démontrer un système. Accumuler des séquences frappantes n’est pas produire une preuve structurelle. À ce tarif-là, trois captures d’écran, deux plateaux-repas et un tweet énervé suffisent à écrire l’histoire secrète de la Ve République. IV. LA COUCHE DU “TOXIQUE” : LES CONTRADICTIONS FATALES C’est ici que l’édifice intellectuel s’effondre sous son propre poids. Si l’on dépasse les constats pour lire attentivement la liste des remèdes, on découvre que les recommandations ne se contentent pas de cibler à côté : elles s’annulent elles-mêmes. Le texte se coince les doigts dans la porte avec une constance qui force presque le respect. Voici les quatre paradoxes majeurs qui transforment cet audit en sabotage. 1. SAUVER EN AMPUTANT Le rapport affirme haut et fort vouloir « sauver le service public de l’audiovisuel ». La méthode pour y parvenir ? Un plan de coupe massive exigeant près d’un milliard d’euros d’économies. Et pour être bien sûr de fortifier le malade, la recommandation finale propose de réaffecter une partie importante de ce pactole au désendettement de l’État et à la rénovation du patrimoine. Appeler cela un sauvetage, c’est comme annoncer à un noyé qu’on va l’aider en commençant par lui retirer les poumons pour alléger la flottaison. Il ne s’agit donc pas seulement de mieux gérer. Il s’agit de réduire. De fusionner. De supprimer. De contracter le périmètre même du service public, tout en présentant cette cure d’amaigrissement institutionnel comme une opération de réanimation. On connaît des médecins légistes moins optimistes. 2. L’INDÉPENDANCE PAR LA LAISSE ÉLYSÉENNE Pendant des dizaines de pages, le texte traque l’ombre de la politisation, fustige le militantisme et dénonce les interférences de l’exécutif dans les nominations passées. Pour y remédier et garantir une indépendance absolue, le rapporteur dégaine l’arme ultime : confier la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public directement au Président de la République. Le rapport voit de la politique partout dans les couloirs, puis propose d’installer l’Élysée dans le hall d’entrée avec un badge visiteur permanent. Magnifique souplesse lombaire. C’est peut-être le paradoxe le plus éclatant de tout le document. Si l’on estime que l’audiovisuel public souffre d’un soupçon de proximité politique, la réponse logique devrait être de renforcer les garanties d’indépendance, pas de rapprocher la prise de décision du sommet de l’exécutif. Soigner une suspicion de politisation par une nomination présidentielle, c’est traiter une fuite de gaz avec un briquet institutionnel. 3. LE REMÈDE PRIVÉ AU MAL PRIVÉ Le document dénonce — à juste titre — l’opacité de l’oligopole des producteurs privés et les dérives financières liées à la sous-traitance. Mais quand il s’agit de garantir le fameux pluralisme à l’antenne, quelle est la solution avancée ? La recommandation 39 propose purement et simplement d’importer des éditorialistes issus de la presse d’opinion privée pour remplacer ceux du service public. La porosité avec le privé est donc un scandale quand elle produit des émissions, mais elle devient un remède miracle quand il s’agit d’imposer une ligne éditoriale plus conforme aux attentes du rapporteur. Le privé est un problème quand il vend des programmes au public ; il devient une solution quand il vient expliquer le monde au micro. Magnifique souplesse lombaire, deuxième service. 4. RECONQUÉRIR LA JEUNESSE EN BRÛLANT SA CHAMBRE Tout le monde s’accorde à dire que le public traditionnel vieillit et qu’il est vital de s’adapter aux nouveaux usages pour parler aux jeunes générations. La thérapie de choc du rapporteur ? Supprimer d’un trait de plume la plateforme numérique France TV Slash, liquider la station radio Le Mouv’ et effacer la chaîne France 4. En d’autres termes : on veut rajeunir l’audience en détruisant méticuleusement tous les espaces qui lui sont spécifiquement dédiés. Supprimer les offres qui parlent aux jeunes pour reconquérir les jeunes, c’est une stratégie de drague rarement recommandée hors des monastères médiévaux. À ce rythme-là, pour moderniser l’audiovisuel public, il suffira bientôt de supprimer Internet et de remettre un speaker en veste beige devant une pendule. On en revient donc au diagnostic initial : la couche toxique se sert d’arguments de bonne gestion pour faire passer un projet de réduction punitive et de reprise en main. CONCLUSION : LE VRAI SCANDALE DE L’OCCASION MANQUÉE Au bout du compte, la vraie réforme de l’audiovisuel public ne consistera jamais à le rendre plus docile, mais à le rendre plus transparent. Le véritable scandale de ce rapport n’est pas d’avoir osé critiquer France Télévisions, Radio France ou l’Arcom. Il fallait le faire. Il fallait même le faire sans trembler. Le scandale, le vrai, c’est d’avoir pris en otage un audit institutionnel absolument nécessaire pour en faire le cheval de Troie d’une entreprise de réduction budgétaire, de discipline idéologique et de repolitisation. C’est d’avoir utilisé les failles réelles d’un système pour justifier une reprise en main qui ne dit pas son nom. La couche vraie du rapport aurait dû ouvrir un chantier sérieux : gouvernance, finances, conflits d’intérêts, pluralisme, régulation. La couche fragile aurait dû inviter à la prudence : anecdotes gonflées, exemples choisis, accusations contestées. Mais la couche toxique révèle autre chose : un projet où la réforme sert trop souvent de mot poli pour dire réduction, discipline et reprise en main. Un service public n’est pas défendu lorsqu’on le sanctuarise contre toute critique. Il est défendu lorsqu’on le rend plus contrôlable, plus transparent, plus rigoureux — donc plus indépendant. On nous avait promis le scalpel. On trouve parfois le scalpel, oui. Mais trop souvent, il est tenu par quelqu’un qui regarde déjà la tronçonneuse avec des étoiles dans les yeux.

Pourton.info

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🇫🇷 19 décembre 1964, intégralité du discours d'André Malraux lors de la cérémonie de transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon : « Monsieur le Président de la République, Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit. Sans la cérémonie d'aujourd'hui, combien d'enfants de France sauraient son nom ? Il ne le retrouva lui-même que pour être tué ; et depuis, sont nés seize millions d'enfants... Puissent les commémorations des deux guerres s'achever par la résurrection du peuple d'ombres que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort. Après vingt ans, la Résistance est devenue un monde de limbes où la légende se mêle à l'organisation. Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a pris depuis son accent de légende, voici comment je l'ai rencontré. Dans un village de Corrèze, les Allemands avaient tué des combattants du maquis, et donné ordre au maire de les faire enterrer en secret, à l'aube. Il est d'usage, dans cette région, que chaque femme assiste aux obsèques de tout mort de son village en se tenant sur la tombe de sa propre famille. Nul ne connaissait ces morts, qui étaient des Alsaciens. Quand ils atteignirent le cimetière, portés par nos paysans sous la garde menaçante des mitraillettes allemandes, la nuit qui se retirait comme la mer laissa paraître les femmes noires de Corrèze, immobiles du haut en bas de la montagne, et attendant en silence, chacune sur la tombe des siens, l'ensevelissement des morts français. Comment organiser cette fraternité pour en faire un combat ? On sait ce que Jean Moulin pensait de la Résistance, au moment où il partit pour Londres : « II serait fou et criminel de ne pas utiliser, en cas d'action alliée sur le continent, ces troupes prêtes aux sacrifices les plus grands, éparses et anarchiques aujourd'hui, mais pouvant constituer demain une armée cohérente de parachutistes déjà en place, connaissant les lieux, ayant choisi leur adversaire et déterminé leur objectif. » C'était bien l'opinion du Général de Gaulle. Néanmoins, lorsque le 1er janvier 1942, Jean Moulin fut parachuté en France, la Résistance n'était encore qu'un désordre de courage : une presse clandestine, une source d'informations, une conspiration pour rassembler ces troupes qui n'existaient pas encore. Or, ces informations étaient destinées à tel ou tel allié, ces troupes se lèveraient lorsque les Alliés débarqueraient. Certes, les résistants étaient des combattants fidèles aux Alliés. Mais ils voulaient cesser d'être des Français résistants, et devenir la Résistance française. C'est pourquoi Jean Moulin est allé à Londres. Pas seulement parce que s'y trouvaient des combattants français (qui eussent pu n'être qu'une légion), pas seulement parce qu'une partie de l'empire avait rallié la France libre. S'il venait demander au Général de Gaulle de l'argent et des armes, il venait aussi lui demander « une approbation morale, des liaisons fréquentes, rapides et sûres avec lui ». Le Général assumait alors le Non du premier jour; le maintien du combat, quel qu'en fût le lieu, quelle qu'en fût la forme ; enfin, le destin de la France. La force des appels de juin 40 tenait moins aux « forces immenses qui n'avaient pas encore donné », qu'à : « II faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. » La France, et non telle légion de combattants français. C'était par la France libre que les résistants de Bir Hakeim se conjuguaient, formaient une France combattante restée au combat. Chaque groupe de résistants pouvait se légitimer par l'allié qui l'armait et le soutenait, voire par son seul courage ; le Général de Gaulle seul pouvait appeler les mouvements de Résistance à l'union entre eux et avec tous les autres combats, car c'était à travers lui seul que la France livrait un seul combat. C'est pourquoi - même lorsque le président Roosevelt croira assister à une rivalité de généraux ou de partis - l'armée d'Afrique, depuis la Provence jusqu'aux Vosges, combattra au nom du gaullisme - comme feront les troupes du parti communiste. C'est pourquoi Jean Moulin avait emporté, dans le double fond d'une boîte d'allumettes, la micro photo du très simple ordre suivant : « M. Moulin a pour mission de réaliser, dans la zone non directement occupée de la métropole, l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs. » Inépuisablement, il montre aux chefs des groupements le danger qu'entraîne le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents. Chaque événement capital - entrée en guerre de la Russie, puis des États-Unis, débarquement en Afrique du Nord - renforce sa position. À partir du débarquement, il apparaît que la France va redevenir un théâtre d'opérations. Mais la presse clandestine, les renseignements (même enrichis par l'action du noyautage des administrations publiques) sont à l'échelle de l'Occupation, non de la guerre. Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les Alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter. Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer; alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter deux cents ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois. En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble. Il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes. Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu, et exécuté, que par l'unité de la Résistance. C'est à quoi Jean Moulin s'emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de Résistance après l'autre : « Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face... » II y a, inévitablement, des problèmes de personnes ; et bien davantage, la misère de la France combattante, l'exaspérante certitude pour chaque maquis ou chaque groupe franc, d'être spolié au bénéfice d'un autre maquis ou d'un autre groupe, qu'indignent, au même moment, les mêmes illusions... Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retour de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison; ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien « préfet de gauche », chassé par Vichy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tels rescapés de la Cagoule ! Jean Moulin n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui a créé Combat, Libération, Franc-Tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy. Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'histoire recueillera tous les noms. Ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée. II a été le Carnot de la Résistance. Attribuer peu d'importance aux opinions dites politiques, lorsque la nation est en péril de mort - la nation, non pas un nationalisme alors écrasé sous les chars hitlériens, mais la donnée invincible et mystérieuse qui allait emplir le siècle : penser qu'elle dominerait bientôt les doctrines totalitaires dont retentissait l'Europe; voir dans l'unité de la Résistance le moyen capital du combat pour l'unité de la nation, c'était peut-être affirmer ce qu'on a, depuis, appelé le gaullisme. C'était certainement proclamer la survie de la France. En février, ce laïc passionné avait établi sa liaison par radio avec Londres, dans le grenier d'un presbytère. En avril, le Service d'information et de propagande, puis le Comité général d'études étaient formés ; en septembre, le noyautage des administrations publiques. Enfin, le Général de Gaulle décidait la création d'un « Comité de coordination » que présiderait Jean Moulin, assisté du chef de l'Armée secrète unifiée. La préhistoire avait pris fin. Coordonnateur de la Résistance en zone Sud, Jean Moulin en devenait le chef. En janvier 1943, le Comité directeur des Mouvements unis de la Résistance (ce que, jusqu'à la Libération, nous appellerions les Murs), était créé sous sa présidence. En février, il repartait pour Londres avec le général Delestraint, chef de l'Armée secrète, et Jacques Dalsace. De ce séjour, le témoignage le plus émouvant a été donné par le colonel Passy. « Je revois Moulin, blême, saisi par l'émotion qui nous étreignait tous, se tenant à quelques pas devant le Général et celui-ci disant, presque à voix basse : "Mettez-vous au garde-à-vous", puis : "Nous vous reconnaissons comme notre compagnon, pour la libération de la France, dans l'honneur et par la victoire." Et pendant que de Gaulle lui donnait l'accolade, une larme, lourde de reconnaissance, de fierté, et de farouche volonté, coulait doucement le long de la joue pâle de notre camarade Moulin. Comme il avait la tête levée, nous pouvions voir encore, au travers de sa gorge, les traces du coup de rasoir qu'il s'était donné, en 1940, pour éviter de céder sous les tortures de l'ennemi. » Les tortures de l'ennemi... En mars, chargé de constituer et de présider le Conseil national de la Résistance, Jean Moulin monte dans l'avion qui va le parachuter au nord de Roanne. Ce Conseil national de la Résistance, qui groupe les mouvements, les partis et les syndicats de toute la France, c'est l'unité précairement conquise, mais aussi la certitude qu'au jour du débarquement, l'armée, en haillons, de la Résistance attendra les divisions blindées de la Libération. Jean Moulin en retrouve les membres, qu'il rassemblera si difficilement. Il retrouve aussi une Résistance tragiquement transformée. Jusque-là, elle avait combattu comme une armée, en face de la victoire, de la mort ou de la captivité. Elle commence à découvrir l'univers concentrationnaire, la certitude de la torture. C'est alors qu'elle commence à combattre en face de l'enfer. Ayant reçu un rapport sur les camps de concentration, il dit à son agent de liaison, Suzette Olivier : « J'espère qu'ils nous fusillerons avant. » Ils ne devaient pas avoir besoin de le fusiller. La Résistance grandit, les réfractaires du travail obligatoire vont bientôt emplir nos maquis ; la Gestapo grandit aussi, la Milice est partout. C'est le temps où, dans la campagne, nous interrogeons les aboiements des chiens au fond de la nuit ; le temps où les parachutes multicolores, chargés d'armes et de cigarettes, tombent du ciel dans la lueur des feux des clairières ou des causses ; le temps des caves, et de ces cris désespérés que poussent les torturés avec des voix d'enfants... La grande lutte des ténèbres a commencé. Le 27 mai 1943, a lieu à Paris, rue du Four, la première réunion du Conseil national de la Résistance. Jean Moulin rappelle les buts de la France libre : « Faire la guerre ; rendre la parole au peuple français ; rétablir les libertés républicaines dans un État d'où la justice sociale ne sera pas exclue et qui aura le sens de la grandeur ; travailler avec les Alliés à l'établissement d'une collaboration internationale réelle sur le plan économique et social, dans un monde où la France aura regagné son prestige. » Puis il donne lecture d'un message du Général de Gaulle, qui fixe pour premier but au premier Conseil de la Résistance, le maintien de l'unité de cette Résistance qu'il représente. Au péril quotidien de la vie de chacun de ses membres. Le 9 juin, le général Delestraint, chef de l'Armée secrète enfin unifiée, est pris à Paris. Aucun successeur ne s'impose. Ce qui est fréquent dans la clandestinité : Jean Moulin aura dit maintes fois avant l'arrivée de Serreules : « Si j'étais pris, je n'aurais pas même eu le temps de mettre un adjoint au courant... » II veut donc désigner ce successeur avec l'accord des mouvements, notamment de ceux de la zone Sud. Il rencontrera leurs délégués le 21, à Caluire. Ils l'y attendent, en effet. La Gestapo aussi. La trahison joue son rôle - et le destin, qui veut qu'aux trois quarts d'heure de retard de Jean Moulin, presque toujours ponctuel, corresponde un long retard de la police allemande. Assez vite, celle-ci apprend qu'elle tient le chef de la Résistance. En vain. Le jour où, au fort Montluc à Lyon, après l'avoir fait torturer, l'agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu'il ne peut plus parler, Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau. Pour la terrible suite, écoutons seulement les mots si simples de sa soeur : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. » Comprenons bien que pendant les quelques jours où il pourrait encore parler ou écrire, le destin de la Résistance est suspendu au courage de cet homme. Comme le dit Mlle Moulin, il savait tout. Georges Bidault prendra sa succession. Mais voici la victoire de ce silence atrocement payé : le destin bascule. Chef de la Résistance martyrisé dans des caves hideuses, regarde de tes yeux disparus toutes ces femmes noires qui veillent nos compagnons : elles portent le deuil de la France, et le tien. Regarde glisser sous les chênes nains du Quercy, avec un drapeau fait de mousselines nouées, les maquis que la Gestapo ne trouvera jamais parce qu'elle ne croit qu'aux grands arbres. Regarde le prisonnier qui entre dans une villa luxueuse et se demande pourquoi on lui donne une salle de bains - il n'a pas encore entendu parler de la baignoire. Pauvre roi supplicié des ombres, regarde ton peuple d'ombres se lever dans la nuit de juin constellée de tortures. Voici le fracas des chars allemands qui remontent vers la Normandie à travers les longues plaintes des bestiaux réveillés : grâce à toi, les chars n'arriveront pas à temps. Et quand la trouée des Alliés commence, regarde, préfet, surgir dans toutes les villes de France les commissaires de la République - sauf lorsqu'on les a tués. Tu as envié, comme nous, les clochards épiques de Leclerc : regarde, combattant, tes clochards sortir à quatre pattes de leurs maquis de chênes, et arrêter avec leurs mains paysannes formées aux bazookas l'une des premières divisions cuirassées de l'empire hitlérien, la division Das Reich. Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit... Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. » L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... »

🇫🇷 Gaullisme ☨

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🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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Le Syndrome David Copperfield : Comment Jean-Luc Mélenchon ( Jean-Luc Mélenchon ) et La France Insoumise ont fait disparaître le suffrage militant David Copperfield est entré dans la légende en faisant disparaître la Statue de la Liberté sous les yeux ébahis du public américain. L’appareil dirigeant de La France insoumise, lui, vient de réaliser un tour de prestidigitation beaucoup moins visuel, mais politiquement bien plus audacieux : l’escamotage pur et simple du suffrage militant. Sur le papier, LFI se revendique comme un « mouvement réseau » horizontal, cultivant un lexique politique saturé de références à l'implication citoyenne directe et à la souveraineté populaire. La promesse est belle. Pourtant, lorsqu’il s’agit de désigner le candidat à l’élection présidentielle de 2027, la mécanique qui s’est déployée au printemps 2026 révèle une ingénierie d’une froideur clinique. Derrière les mots grandiloquents d’« investiture populaire » et de « votation » se cache l'un des verrouillages bureaucratiques les plus sophistiqués de la Ve République. Plongée dans les entrailles d’une machine où le peuple est souverain, à l'unique condition qu'il couronne le monarque déjà désigné. PARTIE I : Le mystère de l'encre sympathique (Où est passé le vote ?) Le crime parfait réside souvent dans les archives. Pour comprendre l’ampleur de la manipulation procédurale, il ne faut pas regarder ce qui est écrit dans les textes d’avril 2026, mais ce qui en a été effacé. C’est la preuve matérielle, le smoking gun de l’institution. Retournons brièvement en décembre 2024. À cette époque, LFI adopte un texte d’orientation stratégique massif (approuvé par les militants à 93,9 %). Ce document prévoyait explicitement une règle en cas d’élection présidentielle anticipée : la candidature, après être passée par les instances dirigeantes, serait ensuite « soumise au vote des insoumis ». La promesse était claire, écrite noir sur blanc : la base aurait le dernier mot sur le nom de l'incarnation suprême. Avance rapide jusqu’au 12 avril 2026. L’Assemblée représentative du mouvement valide la nouvelle et définitive « Feuille de route » pour la présidentielle de 2027. Abracadabra ! La ligne prévoyant un vote des insoumis sur le nom du candidat a purement et simplement disparu du texte final. Évaporée. Gommée. À la place de ce suffrage direct, le document grave dans le marbre une tout autre architecture : « L’intergroupe de la France insoumise, sur proposition de la Coordination des espaces, proposera une candidature » à une investiture populaire. En l'espace de seize mois, l'appareil a méthodiquement retiré le bulletin de vote nominatif des mains de ses adhérents. En 2024, on promettait encore un casting interne. En 2026, le casting est officiellement annulé, le rôle principal est pré-distribué par le sommet, mais la direction a la magnanimité de laisser la base applaudir la qualité du scénario. PARTIE II : La « Votation » helvétique (Comment faire plébisciter un PDF) Pour masquer ce rapt démocratique, l'appareil insoumis a déployé un chef-d'œuvre de sémantique participative. Du 12 au 19 avril 2026, la base militante a été convoquée pour une grande « votation ». Le terme est somptueux. Il fleure bon l’agora athénienne et la démocratie directe des cantons suisses. Les chiffres officiels, fièrement publiés par le mouvement, sont d'ailleurs brandis comme une démonstration de force : 68 120 insoumis·es ont participé, et 96,6 % d'entre eux (soit 65 810 voix) ont voté « J'approuve » (contre seulement 817 voix « Je désapprouve » et 1 493 « Je ne me prononce pas »). Un score soviétique pour un parti qui se rêve libertaire. Mais que célébraient exactement ces 96,6 % ? Un choix tranché entre plusieurs sensibilités ? Un débat acharné entre Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot ou Clémence Guetté ? Absolument pas. Le scrutin ne comportait aucun nom propre. Les militants étaient appelés à approuver ou désapprouver... un fichier PDF de plusieurs pages. Cette fameuse « Feuille de route », rédigée et filtrée par la direction, décrivait la stratégie globale et entérinait le fait que les instances supérieures se chargeraient de trouver le candidat. La question posée aux militants n'était pas : « Qui voulez-vous pour 2027 ? ». La question était : « Acceptez-vous de valider ce mode d'emploi qui stipule que vous n'aurez pas le droit de choisir le candidat ? ». LFI a ainsi inventé la démocratie Ikéa. Le militant est infiniment respecté : on lui confie l'insigne honneur d'inspecter la notice de montage du meuble que le chef a déjà construit la veille. PARTIE III : Le miracle du « Consensus » en chambre noire Puisque la base ne choisit pas l'incarnation, qui tient les rênes ? Pour le comprendre, il faut s'enfoncer dans les poupées russes de l'organigramme insoumis, un espace où la lumière entre peu. Le réacteur nucléaire du mouvement s'appelle la « Coordination des espaces ». Constituée fin 2022, elle ne compte que 24 membres. Ces membres n'ont été élus par aucun suffrage militant direct ; ils accèdent à ce cénacle par le jeu d'une stricte cooptation, sous la houlette centralisatrice de Manuel Bompard. Les figures historiques dissonantes (François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière) en ont été soigneusement tenues à l'écart. C'est cette instance resserrée et verrouillée qui a le privilège statutaire de « proposer » le texte de travail, puis de « proposer » un nom à l'étape suivante. L'étape suivante, c'est l'« intergroupe », qui rassemble les députés de l'Assemblée nationale, les eurodéputés et les maires insoumis. Le 3 mai 2026, cette centaine de cadres se réunit à Paris. C'est là que la magie opère. L'intergroupe publie un communiqué triomphant : « Nous avons décidé de proposer la candidature de Jean-Luc Mélenchon ». Y a-t-il eu un débat public ? A-t-on examiné les candidatures de challengers courageux ? A-t-on procédé à un vote à bulletin secret pour mesurer les doutes ou les abstentions de l'appareil ? Rien de tout cela. Le député Paul Vannier, artisan de cette mécanique, l'assume dans la presse avec une franchise glaçante : « Notre méthode est celle du consensus ». Le « consensus », dans la grammaire des organisations hyper-centralisées, est l'outil disciplinaire parfait. Il évite l'épreuve de l'urne. Il empêche la matérialisation arithmétique de la moindre minorité. On demande à l'assemblée si quelqu'un a une objection face à l'évidence, le silence fait loi, et Manuel Bompard peut tranquillement déclarer aux micros : « Je n'ai pas d'autres noms à vous soumettre ». Le pluriel du mot « candidat », chez La France Insoumise, est considéré comme une faute d'orthographe de la pensée. PARTIE IV : Le Kickstarter de l'hégémonie (Ou l'investiture par l'adresse IP) Il reste cependant un problème de communication. Comment vendre cette ratification de chambre noire comme un élan démocratique vibrant ? C'est ici qu'intervient le coup de génie final : « l'investiture populaire de 150 000 citoyen·nes ». Dès que l'intergroupe a tamponné le nom de Jean-Luc Mélenchon le 3 mai, la machine numérique s'emballe. Le soir même, sur TF1, le leader officialise sa démarche en la conditionnant à ce parrainage massif. Le site s'ouvre, et en moins de 24 heures, le couperet des 150 000 clics est franchi (le 4 mai). La presse titre sur la "dynamique". L'illusion est totale. Mais que signe-t-on exactement ? Les citoyens ne sont pas appelés sur une plateforme pour départager plusieurs projets ou plusieurs figures de la gauche radicale. Ils sont convoqués pour valider une décision qui a déjà été prise en amont. Le site de campagne de Mélenchon l'écrit d'ailleurs sans fard : « Le mouvement de la France insoumise a estimé que je suis le mieux préparé... Il propose ma candidature à au moins 150 000 parrainages citoyens ». L’objectif avoué sur le site est d'obtenir ces soutiens pour « lancer la campagne insoumise ». Ce mécanisme n’est pas une élection primaire, c'est une gigantesque opération d'agrégation marketing, un outil de CRM (Customer Relationship Management) politique. En réclamant ces parrainages, le mouvement capte des dizaines de milliers de courriels, alimente ses bases de données et soumet immédiatement le signataire à une sollicitation financière obligatoire dans le parcours utilisateur. C'est le Kickstarter de l'hégémonie politique. Votre patron a privatisé le restaurant, choisi le menu, mangé l'entrée, et il vous invite généreusement à participer à l'élan populaire en réglant l'addition. « Le peuple ne choisit pas le candidat, il parraine le candidat déjà proposé par l'appareil ». CONCLUSION : Le triomphe cynique de l'Anarcho-Césarisme La sociologie politique a théorisé ce fonctionnement sous le concept hybride d'« anarcho-césarisme ». L'organisation offre à sa base une liberté d'action quasi anarchique à la périphérie (liberté de fonder un groupe d'action, de militer, de coller des affiches, de diffuser des tracts sans passer par une bureaucratie locale pesante). Mais cette absence assumée de strates intermédiaires empêche statutairement la base de s'organiser pour imposer une ligne. L'énergie gazeuse de la périphérie est aspirée pour nourrir un centre absolu, césariste, protégé par une muraille de verre impénétrable : la Coordination des espaces. L'ironie historique est cinglante. Le 6 septembre 2022, au lendemain d'une campagne présidentielle épuisante, Jean-Luc Mélenchon déclarait aux journalistes de Reporterre : « Je souhaite être remplacé », ajoutant qu'il n'était pas « candidat à la candidature permanente ». Un peu plus tôt, il avait conjuré la jeunesse de gauche d'une formule devenue célèbre : « Faites mieux ». L'appareil insoumis a pris le chef au mot. Ils ont effectivement « fait mieux ». Ils ont conçu une architecture statutaire tellement verrouillée qu'elle a dissous la nécessité même du débat concurrentiel. Pourquoi s'encombrer d'un processus ouvert pour trouver un dauphin, quand on a les moyens d'assécher l'océan ? En mai 2026, Jean-Luc Mélenchon acte sa quatrième candidature présidentielle. Le chef est acclamé, le PDF est approuvé à 96,6 %, l'intergroupe n'a vu aucune tête dépasser, et la plateforme de dons est ouverte. Le tour de magie est terminé. Vous pouvez rallumer les lumières. Et n'oubliez pas de partager la cagnotte sur vos réseaux.

Pourton.info

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😂🇺🇦 Mentir avec un tel aplomb, c’est fantastique. « Envoyer des armes à l’Ukraine, c’est prendre le risque d’une guerre généralisée » - JLM, 24/02/2022, le jour de l’invasion. On va faire la liste de TOUS les propos de Mélenchon sur l’Ukraine. La fessée sera sévère. Dès 2014, Mélenchon délégitime le pouvoir issu de Maïdan, qu’il qualifie de « putschiste », affirmant que des « néonazis » y jouent un rôle central. Cette lecture reprend la narration russe des événements. Or, Viktor Ianoukovytch fuit le pays après la répression meurtrière de manifestations de masse, puis est destitué par un vote du Parlement ukrainien, incluant des élus de son propre camp. Les élections organisées ensuite sont reconnues comme libres par l’OSCE, et l’extrême droite ukrainienne y obtient des scores marginaux (moins de 2 %). En 2014, Mélenchon vote contre le renouvellement d’un partenariat scientifique entre l’Union européenne et l’Ukraine, en vigueur depuis 2002. Il justifie son opposition en décrivant l’Ukraine comme un pays dominé par des « nazis » et placé sous influence américaine. Cette position revient à refuser toute coopération civile avec un État dont les institutions viennent pourtant d’être validées par des élections pluralistes. La même année, Mélenchon légitime l’annexion de la Crimée par la Russie, qu’il présente comme une « mesure protectrice » face au nouveau pouvoir ukrainien. Il se félicite explicitement du résultat en écrivant : « Bien sûr la Crimée est perdue pour l’OTAN. Bonne nouvelle. » Il appelle à l’organisation d’une conférence internationale destinée à « entériner ce déplacement de frontières ». Cette position ignore que la Russie avait reconnu à de multiples reprises les frontières ukrainiennes, notamment en 1991, 1994 (mémorandum de Budapest), 1997, et encore en 2004, lorsque Vladimir Poutine déclarait publiquement que la Crimée était ukrainienne. L’annexion est condamnée par l’ONU et considérée comme illégale au regard du droit international. Pour justifier cette annexion, Mélenchon compare la Crimée au Kosovo, estimant que l’Occident aurait ouvert la voie aux changements de frontières. Cette comparaison est juridiquement infondée : le Kosovo fait suite à des crimes de masse documentés, à une intervention internationale et à près de neuf ans d’administration onusienne, tandis que la Crimée est annexée en quelques semaines sous occupation militaire, sans cadre international ni liberté de choix. À partir de 2014–2015, Mélenchon insiste sur l’existence de “milices fascistes” en Ukraine, qu’il associe à l’armée et au pouvoir politique. S’il a existé des bataillons volontaires au début du conflit, ceux-ci ont été rapidement intégrés ou dissous dès 2015, et l’armée ukrainienne est placée sous contrôle civil. Les enquêtes internationales montrent par ailleurs que les crimes de masse systématiques sont majoritairement imputables aux forces russes, non à l’État ukrainien. En février 2016, à propos de l’intervention russe en Syrie, il déclare : « Je félicite Poutine pour ce que fait la Russie en Syrie », qualifiant de facto Moscou d’allié objectif dans la lutte contre le terrorisme, tout en minimisant les bombardements de civils. En 2017, lors de la campagne présidentielle, Mélenchon durcit encore son propos en déclarant à propos du gouvernement ukrainien : « C’est des nazis. » Cette affirmation vise directement l’État ukrainien lui-même, trois ans après Maïdan et l’annexion de la Crimée. Elle est contredite par les faits : en 2019, les Ukrainiens élisent Volodymyr Zelensky avec 73 % des voix, aucun parti d’extrême droite n’entre au Parlement, et le pays connaît des alternances démocratiques reconnues. Durant cette même campagne il insiste sur l’idée que « la Russie n’est pas notre ennemie », qu’il faut « s’entendre avec elle » et construire une architecture de sécurité incluant Moscou, tout en rejetant l’idée d’une menace stratégique russe pour l’Europe. Jusqu’à la veille de l’invasion de 2022, Mélenchon nie la menace russe, affirmant en décembre 2021 qu’elle « n’existe pas », alors même que plus de 150 000 soldats russes sont massés autour de l’Ukraine. L’invasion du 24 février 2022 invalide directement cette analyse. Le 11 février 2022, il renverse explicitement la responsabilité de la guerre, affirmant que l’OTAN est « l’agresseur ». Cette position ignore que l’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN, qu’aucune force de l’Alliance n’attaque la Russie, et que Moscou viole la Charte de l’ONU en lançant une guerre d’agression. Mélenchon s’oppose ensuite de manière constante aux livraisons d’armes à l’Ukraine, qu’il présente comme une escalade. Cette position passe sous silence le droit à l’autodéfense inscrit dans l’article 51 de la Charte de l’ONU et le fait que l’aide militaire a permis d’éviter l’effondrement de l’État ukrainien et des massacres à plus grande échelle. À partir de 2024, il développe fortement l’argument du “peuple qu’on n’écoute pas”, affirmant que les habitants du Donbas et de la Crimée devraient décider de leur avenir par référendum. Il accuse l’Union européenne et les dirigeants occidentaux de se « foutre de l’avis des gens » et présente le vote comme une alternative à la guerre. Cette approche ignore que tout référendum organisé sous occupation militaire est nul en droit international, que des déplacements forcés de population ont eu lieu, et que la souveraineté ukrainienne avait été reconnue par la Russie elle-même. Il oublie aussi que lors du référendum sur l’indépendance de l’Ukraine le 1er décembre 1991, toutes les régions du pays ont voté en faveur de celle-ci. Les régions du Donbas ont voté pour l’indépendance à hauteur de 87%. Dans le même cadre, Mélenchon remet en cause la légitimité de Volodymyr Zelensky, qu’il qualifie de « président de rien » au motif que son mandat serait expiré. Or, la Constitution ukrainienne prévoit explicitement que le président reste en fonction tant qu’un successeur n’a pas été élu, et la loi martiale interdit la tenue d’élections en temps de guerre, conformément aux standards internationaux. Enfin, Mélenchon présente de manière récurrente la Russie comme un partenaire avec lequel il faudrait “s’entendre”, affirmant qu’il ne faut pas faire la guerre aux Russes, et décrivant Vladimir Poutine comme agissant selon l’intérêt de son pays. Cette approche tend à normaliser une politique d’agression armée et à déplacer la responsabilité du conflit vers l’Ukraine et ses soutiens. C’est pas bien de mentir ainsi, mais bon, en France, peu importe le nombre de fois qu’on se plante, si on parle avec beaucoup d’assurance, on continue à être écouté.

Cyrille Amoursky

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🇫🇷 19 décembre 1964, il y a 60 ans, inoubliable discours d'André Malraux lors de la cérémonie de transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon : « Monsieur le Président de la République, Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit. Sans la cérémonie d'aujourd'hui, combien d'enfants de France sauraient son nom ? Il ne le retrouva lui-même que pour être tué ; et depuis, sont nés seize millions d'enfants... Puissent les commémorations des deux guerres s'achever par la résurrection du peuple d'ombres que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort. Après vingt ans, la Résistance est devenue un monde de limbes où la légende se mêle à l'organisation. Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a pris depuis son accent de légende, voici comment je l'ai rencontré. Dans un village de Corrèze, les Allemands avaient tué des combattants du maquis, et donné ordre au maire de les faire enterrer en secret, à l'aube. Il est d'usage, dans cette région, que chaque femme assiste aux obsèques de tout mort de son village en se tenant sur la tombe de sa propre famille. Nul ne connaissait ces morts, qui étaient des Alsaciens. Quand ils atteignirent le cimetière, portés par nos paysans sous la garde menaçante des mitraillettes allemandes, la nuit qui se retirait comme la mer laissa paraître les femmes noires de Corrèze, immobiles du haut en bas de la montagne, et attendant en silence, chacune sur la tombe des siens, l'ensevelissement des morts français. Comment organiser cette fraternité pour en faire un combat ? On sait ce que Jean Moulin pensait de la Résistance, au moment où il partit pour Londres : « II serait fou et criminel de ne pas utiliser, en cas d'action alliée sur le continent, ces troupes prêtes aux sacrifices les plus grands, éparses et anarchiques aujourd'hui, mais pouvant constituer demain une armée cohérente de parachutistes déjà en place, connaissant les lieux, ayant choisi leur adversaire et déterminé leur objectif. » C'était bien l'opinion du Général de Gaulle. Néanmoins, lorsque le 1er janvier 1942, Jean Moulin fut parachuté en France, la Résistance n'était encore qu'un désordre de courage : une presse clandestine, une source d'informations, une conspiration pour rassembler ces troupes qui n'existaient pas encore. Or, ces informations étaient destinées à tel ou tel allié, ces troupes se lèveraient lorsque les Alliés débarqueraient. Certes, les résistants étaient des combattants fidèles aux Alliés. Mais ils voulaient cesser d'être des Français résistants, et devenir la Résistance française. C'est pourquoi Jean Moulin est allé à Londres. Pas seulement parce que s'y trouvaient des combattants français (qui eussent pu n'être qu'une légion), pas seulement parce qu'une partie de l'empire avait rallié la France libre. S'il venait demander au Général de Gaulle de l'argent et des armes, il venait aussi lui demander « une approbation morale, des liaisons fréquentes, rapides et sûres avec lui ». Le Général assumait alors le Non du premier jour; le maintien du combat, quel qu'en fût le lieu, quelle qu'en fût la forme ; enfin, le destin de la France. La force des appels de juin 40 tenait moins aux « forces immenses qui n'avaient pas encore donné », qu'à : « II faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. » La France, et non telle légion de combattants français. C'était par la France libre que les résistants de Bir Hakeim se conjuguaient, formaient une France combattante restée au combat. Chaque groupe de résistants pouvait se légitimer par l'allié qui l'armait et le soutenait, voire par son seul courage ; le Général de Gaulle seul pouvait appeler les mouvements de Résistance à l'union entre eux et avec tous les autres combats, car c'était à travers lui seul que la France livrait un seul combat. C'est pourquoi - même lorsque le président Roosevelt croira assister à une rivalité de généraux ou de partis - l'armée d'Afrique, depuis la Provence jusqu'aux Vosges, combattra au nom du gaullisme - comme feront les troupes du parti communiste. C'est pourquoi Jean Moulin avait emporté, dans le double fond d'une boîte d'allumettes, la micro photo du très simple ordre suivant : « M. Moulin a pour mission de réaliser, dans la zone non directement occupée de la métropole, l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs. » Inépuisablement, il montre aux chefs des groupements le danger qu'entraîne le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents. Chaque événement capital - entrée en guerre de la Russie, puis des États-Unis, débarquement en Afrique du Nord - renforce sa position. À partir du débarquement, il apparaît que la France va redevenir un théâtre d'opérations. Mais la presse clandestine, les renseignements (même enrichis par l'action du noyautage des administrations publiques) sont à l'échelle de l'Occupation, non de la guerre. Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les Alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter. Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer; alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter deux cents ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois. En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble. Il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes. Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu, et exécuté, que par l'unité de la Résistance. C'est à quoi Jean Moulin s'emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de Résistance après l'autre : « Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face... » II y a, inévitablement, des problèmes de personnes ; et bien davantage, la misère de la France combattante, l'exaspérante certitude pour chaque maquis ou chaque groupe franc, d'être spolié au bénéfice d'un autre maquis ou d'un autre groupe, qu'indignent, au même moment, les mêmes illusions... Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retour de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison; ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien « préfet de gauche », chassé par Vichy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tels rescapés de la Cagoule ! Jean Moulin n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui a créé Combat, Libération, Franc-Tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy. Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'histoire recueillera tous les noms. Ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée. II a été le Carnot de la Résistance. Attribuer peu d'importance aux opinions dites politiques, lorsque la nation est en péril de mort - la nation, non pas un nationalisme alors écrasé sous les chars hitlériens, mais la donnée invincible et mystérieuse qui allait emplir le siècle : penser qu'elle dominerait bientôt les doctrines totalitaires dont retentissait l'Europe; voir dans l'unité de la Résistance le moyen capital du combat pour l'unité de la nation, c'était peut-être affirmer ce qu'on a, depuis, appelé le gaullisme. C'était certainement proclamer la survie de la France. En février, ce laïc passionné avait établi sa liaison par radio avec Londres, dans le grenier d'un presbytère. En avril, le Service d'information et de propagande, puis le Comité général d'études étaient formés ; en septembre, le noyautage des administrations publiques. Enfin, le Général de Gaulle décidait la création d'un « Comité de coordination » que présiderait Jean Moulin, assisté du chef de l'Armée secrète unifiée. La préhistoire avait pris fin. Coordonnateur de la Résistance en zone Sud, Jean Moulin en devenait le chef. En janvier 1943, le Comité directeur des Mouvements unis de la Résistance (ce que, jusqu'à la Libération, nous appellerions les Murs), était créé sous sa présidence. En février, il repartait pour Londres avec le général Delestraint, chef de l'Armée secrète, et Jacques Dalsace. De ce séjour, le témoignage le plus émouvant a été donné par le colonel Passy. « Je revois Moulin, blême, saisi par l'émotion qui nous étreignait tous, se tenant à quelques pas devant le Général et celui-ci disant, presque à voix basse : "Mettez-vous au garde-à-vous", puis : "Nous vous reconnaissons comme notre compagnon, pour la libération de la France, dans l'honneur et par la victoire." Et pendant que de Gaulle lui donnait l'accolade, une larme, lourde de reconnaissance, de fierté, et de farouche volonté, coulait doucement le long de la joue pâle de notre camarade Moulin. Comme il avait la tête levée, nous pouvions voir encore, au travers de sa gorge, les traces du coup de rasoir qu'il s'était donné, en 1940, pour éviter de céder sous les tortures de l'ennemi. » Les tortures de l'ennemi... En mars, chargé de constituer et de présider le Conseil national de la Résistance, Jean Moulin monte dans l'avion qui va le parachuter au nord de Roanne. Ce Conseil national de la Résistance, qui groupe les mouvements, les partis et les syndicats de toute la France, c'est l'unité précairement conquise, mais aussi la certitude qu'au jour du débarquement, l'armée, en haillons, de la Résistance attendra les divisions blindées de la Libération. Jean Moulin en retrouve les membres, qu'il rassemblera si difficilement. Il retrouve aussi une Résistance tragiquement transformée. Jusque-là, elle avait combattu comme une armée, en face de la victoire, de la mort ou de la captivité. Elle commence à découvrir l'univers concentrationnaire, la certitude de la torture. C'est alors qu'elle commence à combattre en face de l'enfer. Ayant reçu un rapport sur les camps de concentration, il dit à son agent de liaison, Suzette Olivier : « J'espère qu'ils nous fusillerons avant. » Ils ne devaient pas avoir besoin de le fusiller. La Résistance grandit, les réfractaires du travail obligatoire vont bientôt emplir nos maquis ; la Gestapo grandit aussi, la Milice est partout. C'est le temps où, dans la campagne, nous interrogeons les aboiements des chiens au fond de la nuit ; le temps où les parachutes multicolores, chargés d'armes et de cigarettes, tombent du ciel dans la lueur des feux des clairières ou des causses ; le temps des caves, et de ces cris désespérés que poussent les torturés avec des voix d'enfants... La grande lutte des ténèbres a commencé. Le 27 mai 1943, a lieu à Paris, rue du Four, la première réunion du Conseil national de la Résistance. Jean Moulin rappelle les buts de la France libre : « Faire la guerre ; rendre la parole au peuple français ; rétablir les libertés républicaines dans un État d'où la justice sociale ne sera pas exclue et qui aura le sens de la grandeur ; travailler avec les Alliés à l'établissement d'une collaboration internationale réelle sur le plan économique et social, dans un monde où la France aura regagné son prestige. » Puis il donne lecture d'un message du Général de Gaulle, qui fixe pour premier but au premier Conseil de la Résistance, le maintien de l'unité de cette Résistance qu'il représente. Au péril quotidien de la vie de chacun de ses membres. Le 9 juin, le général Delestraint, chef de l'Armée secrète enfin unifiée, est pris à Paris. Aucun successeur ne s'impose. Ce qui est fréquent dans la clandestinité : Jean Moulin aura dit maintes fois avant l'arrivée de Serreules : « Si j'étais pris, je n'aurais pas même eu le temps de mettre un adjoint au courant... » II veut donc désigner ce successeur avec l'accord des mouvements, notamment de ceux de la zone Sud. Il rencontrera leurs délégués le 21, à Caluire. Ils l'y attendent, en effet. La Gestapo aussi. La trahison joue son rôle - et le destin, qui veut qu'aux trois quarts d'heure de retard de Jean Moulin, presque toujours ponctuel, corresponde un long retard de la police allemande. Assez vite, celle-ci apprend qu'elle tient le chef de la Résistance. En vain. Le jour où, au fort Montluc à Lyon, après l'avoir fait torturer, l'agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu'il ne peut plus parler, Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau. Pour la terrible suite, écoutons seulement les mots si simples de sa soeur : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. » Comprenons bien que pendant les quelques jours où il pourrait encore parler ou écrire, le destin de la Résistance est suspendu au courage de cet homme. Comme le dit Mlle Moulin, il savait tout. Georges Bidault prendra sa succession. Mais voici la victoire de ce silence atrocement payé : le destin bascule. Chef de la Résistance martyrisé dans des caves hideuses, regarde de tes yeux disparus toutes ces femmes noires qui veillent nos compagnons : elles portent le deuil de la France, et le tien. Regarde glisser sous les chênes nains du Quercy, avec un drapeau fait de mousselines nouées, les maquis que la Gestapo ne trouvera jamais parce qu'elle ne croit qu'aux grands arbres. Regarde le prisonnier qui entre dans une villa luxueuse et se demande pourquoi on lui donne une salle de bains - il n'a pas encore entendu parler de la baignoire. Pauvre roi supplicié des ombres, regarde ton peuple d'ombres se lever dans la nuit de juin constellée de tortures. Voici le fracas des chars allemands qui remontent vers la Normandie à travers les longues plaintes des bestiaux réveillés : grâce à toi, les chars n'arriveront pas à temps. Et quand la trouée des Alliés commence, regarde, préfet, surgir dans toutes les villes de France les commissaires de la République - sauf lorsqu'on les a tués. Tu as envié, comme nous, les clochards épiques de Leclerc : regarde, combattant, tes clochards sortir à quatre pattes de leurs maquis de chênes, et arrêter avec leurs mains paysannes formées aux bazookas l'une des premières divisions cuirassées de l'empire hitlérien, la division Das Reich. Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit... Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. » L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... »

🇫🇷 Gaullisme ☨

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L'Algorithme Trump : Code source d'un pantin à la Maison-Blanche. Le New York Times vient de publier le récit le plus accablant sur Trump depuis le début de la guerre. Et c'est une bombe conceptuelle autant que politique. Jonathan Swan et Maggie Haberman révèlent, heure par heure, comment Trump a pris la décision d'entrer en guerre contre l'Iran. Ce qu'ils décrivent valide au mot près ce que j'analyse dans Le Pantin de la Maison Blanche. Voici la scène. Le 11 février, dans la Situation Room, Benjamin Netanyahu ne fait pas un briefing géopolitique. Il fait un pitch de start-up. Il présente un scénario en quatre actes promettant la destruction du régime iranien, appuyé par un montage vidéo clinquant mettant en scène les "futurs dirigeants" de l'Iran. Face à cette promesse hollywoodienne, la réponse du commandant en chef de la première puissance mondiale tombe : "Sounds good to me." Le lendemain, la CIA et les propres services de renseignement américains qualifient le plan de "farce". Marco Rubio le traduit gracieusement : "In other words, it's bullshit." Et pourtant, Trump signe l'ordre ("Operation Epic Fury") à bord d'Air Force One, 22 minutes avant la deadline fixée par ses propres généraux. Beaucoup s'arrêtent au symptôme : l'influence israélienne. Mais ils ratent l'éléphant dans la pièce. Ce que le New York Times vient de dévoiler, ce n'est pas un coup de génie stratégique de Netanyahu. C'est l'exploitation routinière d'une faille de sécurité psychologique béante. Le "Shallow State" et la mort des complotistes C'est ici que la rhétorique des QAnon et autres complotistes s'effondre dans le mur de la réalité. Pendant des années, ils ont vendu le fantasme d'un Deep State : une cabale hyper-rationnelle, omnisciente, jouant aux échecs en quatre dimensions pour contrôler le destin du monde. Ce récit terrifiant est en réalité très rassurant, car il suppose qu'il y a un pilote dans l'avion. La vérité dévoilée par la Maison-Blanche est infiniment plus angoissante : nous sommes gouvernés par le Shallow State (l'État superficiel). Il n'y a pas de plan diabolique. Il n'y a qu'une vacuité abyssale. La décision la plus lourde de conséquences du XXIe siècle n'a pas été prise après une délibération solennelle. Elle a été prise parce qu'un homme s'ennuie et valide une guerre régionale comme il validerait le design d'une nouvelle casquette MAGA. Trump n'est pas le joueur de poker chaotique et imprévisible que les médias aiment dépeindre. Il est au contraire atrocement prévisible. C'est un code mal écrit, un algorithme binaire qu'un enfant pourrait craquer : IF [Belle présentation visuelle] AND [Flatterie de l'égo] AND [Promesse de victoire rapide] THEN [Validation] Si vous maîtrisez cet algorithme, vous dirigez le monde libre. Netanyahu l'a simplement utilisé pour déclencher une guerre. Mais il n'a rien inventé. Les archives regorgent de cas cliniques où cet algorithme a été "hacké" avec succès. La CIA, transformée en éditeur de livres pop-up Dès le premier mandat, les agences de renseignement américaines, disposant d'un budget de 80 milliards de dollars, ont compris qu'elles parlaient dans le vide. Le Presidential Daily Brief (PDB) – le document le plus secret et le plus dense du monde, lu religieusement par Obama ou Bush – finissait à la poubelle. Pour forcer le Président à intégrer l'existence de menaces mondiales, la CIA a dû s'abaisser à de l'ingénierie comportementale de base. Fini les mémos. Mike Pompeo lui-même a dû exiger la création de "killer graphics" (des graphiques visuels tape-à-l'œil). Les rapports ont été réduits à une demi-page, avec une consigne stricte donnée aux analystes : insérer le nom "Trump" à chaque paragraphe. Pourquoi ? Parce que c'était le seul stimulus cognitif capable de l'empêcher de décrocher et de regarder son téléphone. La réalité géopolitique n'existait que si elle flattait son narcissisme à intervalles réguliers. Cas clinique n°1 : La diplomatie du bac à sable (L'Exploit Juncker) En juillet 2018, Trump menace de détruire l'économie automobile européenne avec des droits de douane punitifs. L'heure est grave. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, débarque à la Maison-Blanche. Sait-il qu'il va affronter un fin négociateur ? Pas du tout. La délégation européenne sait qu'elle va parler à un algorithme défaillant. Juncker refuse de prendre des dossiers OMC. À la place, il déploie sur la table une douzaine de "cartes flash" aux couleurs vives. Règle d'or de la délégation : un langage enfantin, et pas plus de trois chiffres par carte. Lors de la discussion, Juncker glisse sur le ton de la cour de récréation : "Si vous voulez être stupide, je peux être stupide aussi." Le résultat ? Trump est charmé. Il abandonne les tarifs douaniers sur-le-champ et déclare que Juncker était "très bien préparé". L'Europe a évité une guerre commerciale mondiale en utilisant la même méthode qu'une institutrice de maternelle pour apprendre les couleurs à des tout-petits. Cas clinique n°2 : Le trouble de la permanence de l'objet (Le vol du Bureau Ovale) Mais la faille va encore plus loin. Le journaliste Bob Woodward a documenté comment l'entourage de Trump gérait ses pulsions destructrices, notamment lorsqu'il voulait se retirer brutalement de l'ALENA (l'accord de libre-échange nord-américain). Son conseiller économique d'alors, Gary Cohn, ne s'est pas embêté à argumenter. Il est simplement entré dans le Bureau Ovale et a volé les documents sur le bureau avant que Trump ne les signe. Et que s'est-il passé ? Rien. L'homme le plus puissant du monde souffre du même déficit cognitif qu'un bébé de 8 mois : l'absence de permanence de l'objet. Si le papier disparaît de son champ de vision, l'idée politique s'évapore avec lui. Le monde entier retient son souffle, sans se rendre compte que l'Apocalypse peut être annulée simplement en cachant la feuille de papier sous un coussin. Cas clinique n°3 : Le complexe du promoteur immobilier Lors du Sommet de Singapour, comment l'administration américaine a-t-elle tenté de convaincre le dictateur nord-coréen Kim Jong-un de renoncer à l'arme nucléaire ? Le Conseil de Sécurité Nationale a monté une fausse bande-annonce d'action hollywoodienne (produite par une société fictive, "Destiny Pictures") montrant des images de plages, d'autoroutes et de hors-bords. Le logiciel cognitif de Trump n'a jamais quitté le New York des années 80. Il était intimement persuadé qu'une vidéo promettant de construire des condos (complexes immobiliers) sur les plages nord-coréennes suffirait à faire renoncer un régime paranoïaque à sa doctrine de survie nucléaire. La géopolitique réduite à un pitch de multipropriété. La Banalité de la Sycophancie : Les "adultes" ont quitté la pièce Mais le récit du New York Times sur la décision d'attaquer l'Iran nous oblige à regarder au-delà du pantin. La véritable horreur de cette scène dans la Situation Room, c'est l'abdication totale des soi-disant "adultes dans la pièce". C'est une masterclass de lâcheté institutionnelle. → J.D. Vance (le cynique) : "Tu sais que je pense que c'est une mauvaise idée. Mais si tu veux le faire, je te soutiendrai." → Susie Wiles (la fuyante) : Se tait, estimant que ce n'est "pas son rôle" de s'exprimer sur une décision militaire. → Le Général Caine (l'exécutant) : Expose les risques désastreux (pénurie de munitions, détroit d'Ormuz), puis conclut mécaniquement : "Si vous ordonnez l'opération, l'armée exécutera." Nous avons dépassé la banalité du mal d'Hannah Arendt pour entrer dans la banalité de la sycophancie. Personne, hormis Trump dans son délire pulsionnel et Bibi dans son calcul cynique, ne veut de cette guerre. Les services de renseignement savent que le Powerpoint de Netanyahu est une vaste blague. Pourtant, la machine à broyer de l'Histoire se met en marche, implacablement, parce que chaque individu dans cette pièce place sa propre survie politique ou hiérarchique au-dessus de la survie de centaines de milliers d'êtres humains. L'intelligence humaine abdique devant le vide. Voilà comment on entre en guerre au XXIe siècle. Pas par un grand dessein machiavélique. Mais parce qu'un homme capricieux a vu une jolie vidéo avec de belles couleurs, et que la cour qui l'entoure a préféré baisser les yeux plutôt que de lui retirer sa sucette. J’écris souvent, que les vrais décideurs de ce monde sont ceux qui préparent les présentations que Trump regarde. Le New York Timesvient d'en fournir la preuve absolue. Le drame, ce n'est pas que le système soit fou. Le drame, c'est que le système est vide.

Pourton.info

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L’Enveloppe Noire 🔥 et la Robe qui Vacille : Juan Branco face à la Machine 🎭 Ils l’ont traîné hier, 11 juin 2026, dans cette salle Jules Grévy du Palais de Justice, comme on traîne un condamné en place publique. 13h30 👁️. L’heure des élites qui règlent leurs comptes à l’ombre des dorures. Juan Branco, avocat rebelle, figure gênante, est venu défendre ce qui lui reste de sa robe. Devant lui, pas des juges ordinaires. Derrière, les ombres du ministre de la Justice, du premier président de la cour d’appel, du parquet général. Tous unis pour une seule chose : le faire plier. L’accusation ? Une enveloppe. Noire. À l’intérieur doré. Une lettre envoyée en mai 2023 à une substitut du procureur. Ils disent « hostile ». Ils disent « inquiétante ». Comme si la couleur d’un papier pouvait menacer un système tout entier ⚖️. Comme si Juan Branco avait brandi une arme au lieu d’écrire des mots. Derrière ce prétexte ridicule se cache le vrai crime : avoir osé critiquer les procédures, avoir nommé les pressions, avoir refusé de baisser la tête quand on lui demandait de se taire. Il est déjà suspendu neuf mois. Déjà puni pour avoir parlé trop fort dans une autre affaire. Aujourd’hui, on veut sa peau. Sa robe 🩸. Son droit d’exister dans ce prétoire. Parce que Juan Branco dérange. Parce qu’il a défendu ceux qu’on préfère voir muselés. Parce qu’il a été l’avocat de Zoé Sagan, ce pseudo devenu cauchemar pour la caste, dans l’affaire du cyberharcèlement contre Brigitte Macron. Parce qu’il incarne encore cette part de rébellion qu’on veut éradiquer. Moi, je pense que tout ça n’était qu’un prétexte. Pas vraiment pour Brigitte. Mais pour les enfants. Pour bâillonner Zoé avant qu’elle ne puisse interférer avec l’histoire qu’ils avaient déjà rédigée d’avance, mot à mot, scène après scène, comme un mauvais scénario qu’on impose au peuple 🎭. Sur les réseaux, les vidéos circulent déjà. Des gens ont filmé. Des avocats ont parlé. Une pétition circule même pour déplacer le procès au Stade de France, comme si la justice populaire méritait un vrai terrain de jeu. Mais la machine continue de tourner. Discrètement. Efficacement 👁️. Comme toujours. Et si tout se passe comme nos chers élites l’ont prévu, Juan risque de perdre sa robe. Si tel est le cas, Zoé Sagan se retrouvera seule une fois de plus lors de son audience. Seule face à ce système qui dévore ses propres enfants. Seule, encore une fois, dans cette grande mascarade qu’on appelle justice. Le rideau n’est pas encore tombé. Mais l’odeur du sang judiciaire est déjà dans l’air 🩸. Mais tout n’est pas perdu. Beaucoup de gens voient déjà l’envers du décor. Et la partie est loin d’être finie. Quelle fiction passionnante, vous ne trouvez pas ? Attention… silence. Le panneau On Air vient de s’allumer 📺. #SoutienZoéSagan #SoutienBranco Juan Branco ✊

Aide Poule

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La startup 🇫🇷 Sirius Space Services veut faire décoller ses premières fusées réutilisables, qui sont fabriquées en France à Colombes dans les Hauts-de-Seine, depuis un pas de tir en Australie dès 2026/27, puis ensuite depuis Kourou. Antoine Fourcade, le dirigeant de la startup, est un entrepreneur précoce. Elon Musk avait 24 ans lorsqu'il crée sa première entreprise, lui à peine 18 ans ! Il était encore en prépa scientifique, quelques mois après son BAC, quand il a commencé à imaginer les premières ébauches de ses futures fusées. Mais son projet est le fruit d'un parcours personnel édifiant : dès 13 ans, il était déjà membre actif de l'association GAREF qui permet à des jeunes ados passionnés d'espace de participer à des projets innovants. « Ainsi, j'ai fait partie des 200 étudiants du programme de recherche spatiale européen Perseus. Encadrés par des experts du CNES, on nous demandait de travailler sur des nouvelles pistes technologiques pour les lanceurs. » A sa majorité, il décidé de se consacrer à plein temps à son projet de lanceurs réutilisables pour les satellites de petite taille. Il intègre alors l'incubateur du CNES puis IncubAlliance, l'incubateur deeptech de Paris-Saclay afin de développer ses recherches et de réaliser un premier démonstrateur. C'est là qu'il croise François Maroquène-Froissart, avec ses 30 ans de carrière dans le spatial, passé par le CNES et Arianespace notamment où il fut l'un des chefs de la direction commerciale. Une rencontre déterminante. A partir de décembre 2021, l'ancien cadre dirigeant devient associé et directeur technique de la start-up. Ce profil chevronné aide Antoine Fourcade à structurer son projet, à rassurer les investisseurs et à mettre son innovation sur le chemin de l'industrialisation. « Au début, il nous a fait pivoter en abandonnant l'idée de lancer la fusée en altitude par un avion porteur pour revenir à un mini-lanceur plus conventionnel. Mais la dimension réutilisable du lanceur reste », résume l'entrepreneur, qui a 22 ans aujourd'hui, et qui a depuis fait construire et tester un moteur dans l'usine pilote de Colombes (Hauts-de-Seine) : « On veut produire des fusées à 5 kilomètres de la tour Eiffel ! » Antoine Fourcade est désormais entouré d'une équipe étoffée, qui entame le passage au stade industriel. Contrairement à Ariane 6 qui peut transporter jusqu’à 20 tonnes de charges utiles, la jeune pousse démarre, elle, la fabrication de mini-lanceurs réutilisables pour les satellites de taille modeste : 175 kilos à 1 tonne de charge utile. La deeptech développe une gamme de trois lanceurs : Sirius 1, Sirius 13 (deux boosters) et Sirius 15 (quatre boosters). Le vol inaugural de son premier lanceur S1 devrait avoir lieu courant 2026, ou au plus tard en 2027 ! « On a essayé de standardiser au maximum les composants, c’est la seule chose qui nous permet de réduire les coûts et de développer un lanceur aussi rapidement. » Une standardisation qui passe également par l’utilisation de composants COTS [commercial off-the-shelf] requalifiés pour le spatial. Sirius Space Services perfectionne en ce moment la conception de son moteur, nommé Star-1, qui utilise un mélange d’oxygène liquide et de méthane liquide, et qui propulsera chacun des étages de la fusée. Pour ce faire, la startup mise sur une technologie semblable à l’impression 3D, mais avec du métal comme le cuivre au lieu du plastique : la fabrication additive métallique. « On utilise de la poudre métallique, avec des tailles comprises entre 10 et 50 microns, l’épaisseur d’un cheveu. Cela permet de faire des pièces qui sont irréalisables par des procédés traditionnels. » Et aussi d’accélérer le développement avant de lancer, un jour, une fusée par mois, comme espéré. Le moteur est ainsi réalisé à 85 % en fabrication additive métallique « avec une machine qui consomme autant qu'un gros serveur de calcul en une heure. » Grâce à cette forme d'impression 3D, en découle une pièce aussi solide que si elle était fondue en un bloc par une méthode classique, dit l'entreprise. Et alors qu'un moteur traditionnel coûte environ 400 000 € et nécessite neuf mois de construction, « on tombe à deux semaines, avec un montant 20 à 25 fois moindre. C'est un vrai tournant dans le secteur. » Car avec l'impression 3D, la complexité d'une pièce n'est plus un frein et la géométrie complexe des veines fluidiques ou des chambres capillaires, au cœur des moteurs. « On peut dessiner une pièce sur ordinateur dans les bureaux, et la voir s'imprimer dans le local d'à côté en quelques jours. » Reste que pour l'heure, la startup doit encore imprimer son moteur en plusieurs parties, faute d'avoir une imprimante assez grande en interne. Les premiers lancements auront lieu au centre spatial d’Arnhem situé dans le Territoire du Nord sur le 12e parallèle sud (au sud de l’équateur), une zone très peu peuplée de l’Australie. « Nous espérons pourvoir lancer les travaux dès ce mois d’octobre sur le site SLC3, qui va être rebaptisé complexe de lancement spatial Le Mans. La zone sera aménagée afin d’accueillir le pas de tir pour les lanceurs réutilisables mais aussi les tours de contrôle et des zones blanches pour les essais. » L'entreprise prévoit aussi de réaliser des vols depuis la base de Kourou en Guyane française. Les lanceurs seront produits en région parisienne avant d'être acheminés via des bateaux porte-conteneurs jusqu’en Australie et en Guyane. Aujourd’hui, la startup prévoit de récupérer chacune des parties de ses fusées. Le premier étage atterrit doucement grâce à des parachutes. Le deuxième supporte sa descente dans les parties chaudes de l’atmosphère grâce à une protection thermique gonflable. Quant aux deux demi-coiffes qui s’ouvrent comme une corolle pour libérer les satellites, elles seront également récupérées après avoir été localisées au moyen d’un GPS. Avec une certitude, résumée par François Maroquene-Froissart : « Nous pensons que dans les vingt ans à venir, tout lanceur qui ne sera pas réutilisable sortira du marché. » Sources : - - - - - - -

Le Génie Humain

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🇫🇷 6 septembre 1964, le Général de Gaulle célèbre le 50e anniversaire de la bataille de la Marne. Après Meaux, Esternay et Bar-sur-Aube, le Général s'adresse aux Français sur le parvis de la cathédrale de Reims : « Aucune région de notre territoire, aucun événement de notre histoire, ne permettent mieux que cette région où coule la Marne et que cet événement que fut la victoire remportée sur ces rives, voici cinquante ans, de mesurer les conditions dont bien souvent a dépendu le destin de la France. En septembre 1914, une fois de plus, tout pour nous s'est joué ici, et par les armes. Dans la même contrée du nord-est où furent jadis les Champs Catalauniques, où Villars dans l'extrémité repoussa les impériaux, où à Valmy Brunswick recula devant l'élan militaire de la Révolution, où l'Europe coalisée submergea Napoléon. Où en 1870 passèrent les armées allemandes en marche vers la Capitale, la guerre devait décider de ce que nous allions être Ou bien de nouveau des vaincus sans qu'il y eût de recours ou bien, cette fois, des vainqueurs à qui resterait ouverte la carrière d'un grand Etat. A vrai dire, ce n'est pas sans une longue et méritoire préparation que nous avions abordé l'épreuve. Les lois d'organisation, de recrutement, d'encadrement mises en oeuvre par la République, avaient donné à notre armée l'armature, et même en dépit d'une désastreuse dénatalité, l'effectif qui la mettait en mesure d'accomplir les plus grands efforts. D'autant plus que cette armée, d'année en année, s'était obligée à l'entraînement et à l'instruction voulus. Encore était-ce l'élite du pays qui, après les malheurs de 70, lui fournissait ses officiers de l'active et de la réserve. Par dessus tout, elle était la Nation en armes, de telle sorte que la même unité et la même volonté qui animaient le peuple français devant le péril mortel marquaient chacun de nos éléments militaires. Sans doute, la routine et la démagogie, avaient-elle, comme d'habitude, eu de funestes effets quant à l'armement et quant à l'équipement. Mais au total, la France avait abordé la bataille des frontières avec un instrument de guerre plein de valeur et de ressort. Cependant, le premier choc avait été une immense surprise. Au point de vue stratégique, les prévisions de notre commandement s'étaient trouvées brutalement démenties par le fait que l'ennemi nous débordait largement à travers la Belgique et qu'il mettait tout de suite en action de nombreuses grandes unités de réserve. Il en était résulté l'isolement de l'armée belge et l'obligation pour nous de changer précipitamment nos objectifs et notre dispositif. Au point de vue tactique, la théorie qui était à la base de nos règlements, et suivant laquelle l'attaque avait une valeur absolue, quel que pût être l'obstacle du feu, nous avait jeté du 20 au 23 août sur toute la ligne, au prix des pertes les plus graves, dans une ruée inconsidérée. A grand' peine, notre armée décimée avait pu, en se repliant, échapper au pire désastre, son flanc gauche surtout, qui, complètement débordé, n'avait dû son salut qu'à la capacité manoeuvrière de Lanrezac et à la solidité du Corps expéditionnaire britannique. Maintenant, notre armée s'efforçait d'établir son front face au Nord, entre le camps retranché de Paris et le camps retranché de Verdun, et de le maintenir face à l'est vers Nancy et dans les Vosges. Ainsi mesurait-on, une fois de plus, l'affreuse infirmité de notre frontière qui fait qu'un seul revers essuyé, aux sources de l'Oise, risque de mettre aussitôt la capitale de la France, et par là sa destinée, à la merci de l'envahisseur. Il aurait suffi quelque part d'une erreur de manoeuvre ou d'une défaillance pour que l'ensemble fût disloqué. Alors, ç'aurait été la retraite derrière la Loire, le repli dans leurs îles de nos alliés anglais, le défilé des troupes allemandes sous l'Arc de Triomphe de l'Etoile et sans doute pour finir, une paix de démembrement. Mais telles étaient la cohésion et la résolution des nôtres, que d'aussi mauvais débuts ne les avaient pas entamés. On voyait par là, tout à coup, ce que valent, pour un pays, l'ordre et la discipline militaires. Dans les premiers jours de septembre, j'en prends à témoins tous mes camarades de l'époque qui sont là, il n'y avait pas un seul combattant qui tînt la partie pour perdue. Et en même temps, dans l'union sacrée, proclamée par Poincaré, quelle que fût à l'intérieur l'angoisse publique, et lors même que le gouvernement avait du se transporter à Bordeaux, aucune intrigue politique, aucun trouble administratif, aucun mouvement populaire, ne contrarièrent en quoi que ce soit le redressement attendu. Or si la guerre sanctionne impitoyablement les déficiences et les défaillances, elle ne ménage pas le succès à la valeur et à la vertu. Ce fut la fortune de la France que notre armée qui ne s'était pas laissée abattre par un revers initial eût alors, à sa tête, un chef qui ne perdit point l'équilibre. Joffre, à son quartier général, installé successivement à Vitry-le-François, à Bar-sur-Aube, à Châtillon-sur-Seine, à Romilly, avait vu se succéder les mauvais coups qui le frappaient, en même temps que ses soldats. Extension au nord de la Meuse du mouvement tournant de l'ennemi, échec de notre offensive en Alsace, en Lorraine, dans les Ardennes et à Charleroi, repli précipité sur l'Aisne et puis sur la Marne depuis notre dispositif à l'ouest de Verdun. Mais la maîtrise de soi, la lucidité, l'obstination, qui marquaient essentiellement sa puissante personnalité, préservèrent le Général Joffre de ce renoncement du chef par où passe toujours le désastre. Dès qu'il eut constaté l'effondrement de son plan, il se dressa, au contraire, vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis des autres, comme d'autant plus résolu à l'emporter sur de nouvelles bases. A peine perdue la bataille des frontières, il avait fixé son dessein, porté l'effort principal à gauche au lieu que ce fût à droite, prélevé partout ce qu'il fallait pour modifier en conséquence la répartition des forces, différé coûte que coûte la reprise de l'offensive tant que cela ne serait pas fait, mais alors, l'engager d'un bout à l'autre, et sans restriction. En attendant, résister à toutes les pressions, objurgations et péripéties, et imposer son autorité pour maintenir la cohésion. Il se trouva que le comportement du Généralissime répondait à celui de l'armée et de la nation, et c'est ainsi, qu'après des évènements qui auraient pu nous mettre en pièces, par un subit et étonnant retournement, nous allions aborder le choc décisif dans l'harmonie et dans l'espérance. Or en même temps, c'était la discordance qui se faisait jour chez l'ennemi. Sous le commandement lointain et incertain du Général Von Moltke, les circonstances concourraient, à placer en état d'infériorité l'armée allemande qui croyait déjà tenir la victoire. Tandis que, pour notre adversaire, toute la question c'était sa droite, dont d'ailleurs son plan avait voulu qu'elle fût aussi puissante que possible, c'est elle, qui, dans l'espace de 10 jours, était devenue sa faiblesse. Trop assuré, de l'issue des opérations de France, après l'avoir emporté sur les frontières, le commandement allemand avait prélevé, pour repousser l'invasion russe, en Prusse orientale, 4 corps d'armée sur son aile marchante. Et en outre, celle-ci, dont les chefs n'imaginaient pas que les français seraient capables de se redresser, et en particulier qu'ils pourraient monter une manoeuvre d'envergure, cette aile marchante commettait la faute ainsi de changer les directions, en offrant son flanc aux forces que Joffre, tout justement avait rassemblé autour de la capitale. Pour nous, c'était le moment ou jamais. Galliéni, gouverneur de Paris, le vit et en rendit compte. Le Généralissime saisit aussitôt l'occasion, le 6 septembre, sur tout le front, nos forces passèrent à l'attaque. On sait comment l'aile droite allemande, débordée sur l'Ourcq par Maunoury, impuissante à rompre dans les marais de Saint-Gond la résistance de Foch, désunie en 2 tronçons par l'avance au nord de la Marne de French et de Franchet d'Esperey, dans la région à l'est de Meaux, on sait comment, dis je, cette droite, le 9 septembre, fut contrainte de se replier. Et dans le même temps, Langle de Cary en Champagne et Sarrail, autour de Verdun, avait maintenu leur position, et même ressaisi l'avantage. Tandis qu'en Lorraine, Castelnau, et dans les Vosges, Dubail, s'étaient montrés inébranlables. Le haut commandement allemand, le 10 septembre, tirant les conséquences du bouleversement total de la situation ordonnait la retraite générale, à l'ouest de Verdun. On sait comment l'ennemi, poursuivi par nos troupes, quelle que fût leur fatigue, se rétablissait avec peine, sur la ligne Noyon-Laon-Rethel-Stenay, sans aucune possibilité de la dépasser avant longtemps. Et Reims, libéré, devenait alors, pour tout le reste de la guerre, et au prix d'immenses destructions, un môle glorieux de notre front. La France et son armée avaient vaincu sur la Marne. Si au départ, elles avaient dû payer cher l'illusion habituelle, l'illusion nationale, qui croit pouvoir fonder l'action sur le système et la théorie, en passant outre aux réalités, illusion qui nous avait causé de grandes lacunes d'armement, en particulier en fait d'artillerie et de mitrailleuses, et qui avait provoqué de graves erreurs stratégiques et tactiques, en revanche, voici que pendant les 5 grandes journées de septembre, tout avait compté à la fois. De ce que l'une et l'autre, la France et son armée, s'étaient longuement obligées à faire pour préparer l'épreuve d'un conflit et de ce qu'elles avaient su tirer d'elle-même pour gagner la grande bataille. Mais dès lors que la victoire eut fait passer dans l'âme du peuple et des soldats son frisson incomparable, le salut de la France, dans cette guerre, était assuré, quelles que puissent être les crises par où il lui faudrait encore passer avant le terme. Et quand, après un quart de siècle, d'immenses malheurs fondirent sur la Patrie, c'est la confiance en son destin, enflammée sur la Marne, en septembre 1914, qui inspira la foi et l'espérance de ceux qui ne renoncèrent pas, tant il est vrai que chaque action passée dans la vie d'un peuple entre en compte dans son avenir. Il n'y a qu'une Histoire de France. Vive la France ! Ce magnifique anniversaire, marqué à Reims par cette si belle cérémonie et terminé par l'assemblée que voici, nous allons le marquer, tous ensemble, en chantant la Marseillaise. »

🇫🇷 Gaullisme ☨

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