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Joachim Le Floch-Imad

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Directeur de la @fondarespublica (@Chevenement) ; enseignant, auteur de « Main basse sur l’Éducation nationale » et de « Tolstoï: une vie philosophique » (Cerf)

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L'effondrement du niveau scolaire n'épargne personne et frappe jusqu'aux meilleurs élèves. Selon les données du ministère, les 7 % des meilleurs élèves de CM2 de 2017 étaient au même niveau de performance que l’élève moyen de 1987. Et selon l'étude TIMSS, seuls 2 % des collégiens français ont un "niveau avancé" en mathématiques, contre 50 % en Corée du Sud et à Singapour. À dynamique constante, cette régression éducative aura vite fait de nous précipiter dans la tiers-mondisation, une perspective à laquelle on ne peut se résoudre lorsqu'on aime sincèrement la France. 📎

L'effondrement du niveau scolaire n'épargne personne et frappe jusqu'aux meilleurs élèves. Selon les données du ministère, les 7 % des meilleurs élèves de CM2 de 2017 étaient au même niveau de performance que l’élève moyen de 1987. Et selon l'étude TIMSS, seuls 2 % des collégiens français ont un "niveau avancé" en mathématiques, contre 50 % en Corée du Sud et à Singapour. À dynamique constante, cette régression éducative aura vite fait de nous précipiter dans la tiers-mondisation, une perspective à laquelle on ne peut se résoudre lorsqu'on aime sincèrement la France. 📎

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« Quand je vous écoute et quand je vous lis, Jean-François Copé, je comprends pourquoi la droite dite de gouvernement n’a plus d’électeurs aujourd’hui. Vous avez occupé depuis trente ans les responsabilités les plus éminentes : président de l'UMP, porte-parole du gouvernement, ministre, parlementaire dès 1995 (je n'étais même pas né !). Votre famille politique a longuement été au pouvoir, avec l'ensemble des leviers possibles et imaginables pour agir. Elle a alors trahi toutes les promesses faites à ses électeurs sur l'immigration. Et maintenant que les flux ont explosé et que la démographie du pays a changé, vous nous expliquez qu'il est "trop tard" pour légiférer sur le voile. Quand bien même en 2016 encore, vous vouliez interdire le port de signes religieux dans les établissements publics, jusque dans les musées, ce qui allait très loin à l'époque ! Cette attitude a un nom : le fatalisme. C'est le degré zéro de la politique. On n'attend pas de nos responsables qu'ils se contentent de prendre acte des processus à l'oeuvre, mais qu'ils fassent montre de méthode et de courage pour inverser le cours des choses. C’est l’une des leçons du général de Gaulle qui disait qu’entre « possible » et « impossible », il y avait deux lettres de différence et, surtout, un état d’esprit. Mais je n'ai pas le sentiment à vous écouter qu’il y ait encore beaucoup de gaullisme en vous. » 📎

Joachim Le Floch-Imad

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Avec plus d’un élève de CM1 sur cinq qui parle une autre langue que le français à la maison et 41,6 % des moins de 4 ans qui sont immigrés ou d’origine immigrée (INSEE), l’immigration transforme en profondeur notre école. Elle n’est pas la seule cause de son délitement mais elle en amplifie toutes les difficultés. L’immigration renforce en particulier l’hétérogénéité des classes et abaisse le niveau moyen, chez nous comme dans 70 % des pays de l’OCDE. Les données officielles sont sans appel : PISA, par exemple, montre que les élèves issus de l’immigration ont 2,4 fois plus de risques que les élèves dits « autochtones » de figurer parmi les moins performants en mathématiques. À ces fragilités scolaires s’ajoutent des chocs culturels, un ressentiment post-colonial et des contestations de la laïcité que l’immigration, lorsqu’elle devient quantitativement hors de contrôle, ne fait qu’exacerber. Cette réalité n’exclut pas les belles trajectoires à l’échelle individuelle. Ni ne signifie qu’il faille céder à la stigmatisation ou à la discrimination de qui que ce soit - étant moi-même d’origine extra-européenne, je serais de toute manière très mal placé… Il y a urgence en revanche, au sommet de l’Etat, à poser les bons diagnostics et à reprendre en main les flux migratoires. L’école n’est pas un sanctuaire mais une caisse de résonance des fractures et des maux de la société. On ne remettra de l’ordre dans la première qu’en remettant de l’ordre dans la seconde.

Joachim Le Floch-Imad

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« Quand l’idiot regarde Parcoursup, le sage désigne la massification universitaire. Rappelons que le taux de réussite au bac s’élève désormais à 96 % et que le nombre d’étudiants a été multiplié par huit depuis les années 60. Le résultat est connu : entre amphithéâtres surchargés, diplômes dévalués et échec massif en premier cycle. Seuls 36 % des étudiants obtiennent ainsi leur licence en trois ans. Selon la Cour des comptes, ces redoublements, réorientations et abandons coûtent plus d’un demi-milliard d’euros par an. Un luxe qu’une France surendettée ne peut plus se permettre. […] En sacralisant les études longues et les sciences sociales, nous avons produit des cohortes de diplômés frustrés, tout en dévalorisant les métiers de la main. Georges Pompidou nous avait pourtant prévenus : « Si l’université n’organise pas la sélection, la vie s’en chargera. » Sa prophétie s’est réalisée. La méritocratie a été abandonnée. Et le verdict est sans appel. Avec 21 % de chômage des jeunes, contre 3,2 % en Suisse, la France paie aujourd’hui le prix de ses illusions. […] Pour permettre une entrée plus précoce sur le marché du travail, il faut d’abord un sursaut culturel : reconnaître la diversité des talents et des intelligences. Les métiers de l’agriculture, du bâtiment, de la restauration ou de l’industrie ne sont pas seulement de beaux métiers ; ce sont des métiers d’avenir dont dépendent notre prospérité et notre souveraineté. Mais ce changement de regard ne suffira pas. Il faut aussi cesser d’enfermer les jeunes dans un même moule généraliste et refaire de l’enseignement technique et de l’apprentissage des voies d’excellence. Cela suppose notamment de passer du collège unique au collège modulaire, pour favoriser dès la classe de 4e, l’immersion professionnelle et l’acquisition de compétences nécessaires au rebond productif. Un tel chantier se heurtera à de puissantes résistances. Il exigera du courage politique, au service d’une demande populaire claire. L’élection présidentielle à venir représente à cet égard une chance de passer du diagnostic à l’action. Encore faut-il que l’école occupe une place centrale, sinon première, dans les débats ! » 📎

Joachim Le Floch-Imad

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🔴Alors même que l’emballement quantitatif de l’immigration force l’Éducation nationale à multiplier les dispositifs spécifiques et change le visage de notre école (+153 % d’allophones nouvellement arrivés depuis 2007 ; 1 élève de CM1 sur 5 qui parle une autre langue que le français à la maison !), son impact sur notre système éducatif demeure l’éléphant dans la pièce. Cette situation constitue une anomalie démocratique et un drame politique, tant elle empêche de poser les diagnostics permettant, demain, d’apporter les bons remèdes. Dans une note de 40 pages publiée aujourd’hui par l’Observatoire de l'immigration et de la démographie, j’ai voulu, chiffres et exemples à l’appui, mettre fin à l’omerta et expliquer que l’immigration, bien qu’elle ne soit pas à l’origine de l’effondrement de notre école, en exacerbe l’ensemble des maux : - Chute du niveau moyen : dans 73 % des pays de l’OCDE et, selon Pisa, particulièrement en France, où les élèves issus de l’immigration ont 2,4 fois plus de chances que les élèves d’ascendance française de se retrouver parmi les élèves peu performants en mathématiques, cumulant jusqu’à un an et demi de retard scolaire, au prix d’un taux de redoublement plus élevé et d’un niveau de diplômes moindre. - Prolifération de violences, de contestations d’enseignements et de tensions ethno-identitaires d’un genre nouveau, dans l’éducation prioritaire mais plus largement sur l’ensemble du territoire national, alors même que le climat scolaire français est déjà le 3e le plus dégradé de l’OCDE. - Renforcement de l’hétérogénéité des classes et des difficultés des professeurs à faire cours : selon TALIS, seuls 8 % des enseignants français se disent préparés à travailler dans des environnements multiculturels, contre 26 % en moyenne dans l’OCDE. Ces difficultés n’empêchent en rien l’existence de trajectoires de sur-réussite scolaire - la diaspora d’Asie du Sud-Est notamment - ni celle de nombreux jeunes issus de l’immigration, de toutes origines, qui se battent et qui réussissent : 13,4 % d’entre eux figurent dans le quart supérieur des résultats en français selon PISA. Ce n’est pas le binational que je suis qui niera cette réalité !

Joachim Le Floch-Imad

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