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Alain Destexhe

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Médecin, ex : sénateur, SG MSF, prés Crisis Group. Contributeur Figaro, CNews, Causeur. https://t.co/hYeUIh4xD3

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La prise d’UVIRA par l'AFC/M23 a d'importantes conséquences. ENGLISH BELOW À l’instar du système de gouvernance mis en place par l’AFC/M23 après la prise de Goma et de Bukavu, il est probable qu’après quelques jours de flottement, l’ordre revienne à Uvira et que les exactions cessent. La population ne sera plus soumise à l’arbitraire des FARDC (armée congolaise) et des Wazalendo. Les déplacés et, peut-être, les réfugiés du Sud-Kivu au Rwanda (que j’ai visités l’année dernière dans les camps du HCR) vont pouvoir rentrer chez eux. Si, après des mois d’hésitations, le M23 s’est décidé à prendre Uvira, c’est suite aux attaques incessantes, notamment aériennes, des FARDC et des Wazalendo sur les populations du Sud-Kivu, en particulier les Banyamulenge. Sur le plan économique, la prise d’Uvira change la donne. Par le lac Tanganyika, l’AFC/M23 va désormais avoir accès aux ports de Kigoma en Tanzanie et Mpulungu en Zambie. Ce qui ouvre un potentiel économique important pour l’Alliance Fleuve Congo. La prise d’Uvira est évidemment un revers pour le régime de Félix Tshisekedi à Kinshasa. Mais le centre économique du pouvoir reste au Katanga et, tant que ce dernier reste aux mains du milliardaire parvenu de Kin, il est peu probable que le régime s’effondre. Lubumbashi est encore à plus de mille km d’Uvira. Entre les deux, il y a Kalemie. En attendant, selon un scénario connu, il faut s’attendre aux gémissements de la "communauté internationale" (le ministre belge Maxime Prévot a commencé dès hier soir) et à des pressions supplémentaires. Rappelons que offensive reste surtout guidée par des considérations sécuritaires locales : venir au secours de populations bombardées, assassinées et discriminées par le régime de Kinshasa, censé protéger ses citoyens. C’est bien beau de faire des communiqués condamnant l’offensive, mais il aurait d’abord fallu condamner – et empêcher par des pressions sur Kinshasa – la violence exercée depuis des mois sur les populations locales dans l’indifférence quasi générale. ---------------------------------------- ENGLISH - The capture of UVIRA by the AFC/M23 has significant consequences. As with the system of governance established by the AFC/M23 after the capture of Goma and Bukavu, it is likely that after a few days of uncertainty, order will return to Uvira and the abuses will cease. The population will no longer be subject to the arbitrary actions of the FARDC (Congolese army) and the Wazalendo. The displaced persons and, perhaps, the refugees from South Kivu in Rwanda (whom I visited last year in the UNHCR camps) will be able to return home. If, after a year of hesitation, the M23 decided to take Uvira, it was in response to the relentless attacks, particularly from the air, by the FARDC and the Wazalendo on the populations of South Kivu, especially the Banyamulenge. Economically, the capture of Uvira is a game changer. Via Lake Tanganyika, the AFC/M23 will now have access to the ports of Kigoma in Tanzania and Mpulungu in Zambia. This opens up significant economic potential for the Alliance Fleuve Congo. The capture of Uvira is obviously a setback for Félix Tshisekedi's regime in Kinshasa. But the economic centre of power remains in Katanga, and as long as it remains in the hands of the upstart billionaire from Kin, it is unlikely that the regime will collapse. Lubumbashi is still more than 1000 km from Uvira. Between the two lies Kalemie. In the meantime, according to a familiar scenario, we can expect complaints from the ‘international community’ (Belgian Minister Maxime Prévot began last night) and additional pressure. Let us remember that the offensive remains primarily guided by local security considerations: to come to the aid of populations bombed, murdered and discriminated against by the Kinshasa regime, which is supposed to protect its citizens. It is all very well to issue statements condemning the offensive, but first it would have been necessary to condemn – and prevent – the violence that has been inflicted on local populations for months amid almost total indifference. Maxime PREVOT 🇧🇪 Belgium MFA Department of State U.S. Senior Advisor for Arab and African Affairs Chef de Mission - Ambassade des États-Unis à Kin U.S. Embassy Kigali EU Delegation to Rwanda UE en RDC🇪🇺 Lawrence KANYUKA Ministry of Foreign Affairs & Int'l Cooperation Olivier J.P. Nduhungirehe Yolande Makolo 🇷🇼 AFC-Alliance Fleuve Congo Olivier Kamitatu Etsu Kaja Kallas Presidency | Rwanda Corneille Nangaa African Union Bureau of African Affairs Francesco Commission des Affaires étrangères EU La Libre Afrique RFI Afrique BBC News Afrique DW Afrique Jeune Afrique Agence France-Presse Le Monde Afrique TV5MONDE Afrique IGIHE The New Times (Rwanda) Kigali Today Rwanda Broadcasting Agency (RBA) Roxane de Bilderling Belgique en RDCongo Renaud Girard Bojana Coulibaly, Ph.D. TEDDY MAZINA

La prise d’UVIRA par l'AFC/M23 a d'importantes conséquences. ENGLISH BELOW À l’instar du système de gouvernance mis en place par l’AFC/M23 après la prise de Goma et de Bukavu, il est probable qu’après quelques jours de flottement, l’ordre revienne à Uvira et que les exactions cessent. La population ne sera plus soumise à l’arbitraire des FARDC (armée congolaise) et des Wazalendo. Les déplacés et, peut-être, les réfugiés du Sud-Kivu au Rwanda (que j’ai visités l’année dernière dans les camps du HCR) vont pouvoir rentrer chez eux. Si, après des mois d’hésitations, le M23 s’est décidé à prendre Uvira, c’est suite aux attaques incessantes, notamment aériennes, des FARDC et des Wazalendo sur les populations du Sud-Kivu, en particulier les Banyamulenge. Sur le plan économique, la prise d’Uvira change la donne. Par le lac Tanganyika, l’AFC/M23 va désormais avoir accès aux ports de Kigoma en Tanzanie et Mpulungu en Zambie. Ce qui ouvre un potentiel économique important pour l’Alliance Fleuve Congo. La prise d’Uvira est évidemment un revers pour le régime de Félix Tshisekedi à Kinshasa. Mais le centre économique du pouvoir reste au Katanga et, tant que ce dernier reste aux mains du milliardaire parvenu de Kin, il est peu probable que le régime s’effondre. Lubumbashi est encore à plus de mille km d’Uvira. Entre les deux, il y a Kalemie. En attendant, selon un scénario connu, il faut s’attendre aux gémissements de la "communauté internationale" (le ministre belge Maxime Prévot a commencé dès hier soir) et à des pressions supplémentaires. Rappelons que offensive reste surtout guidée par des considérations sécuritaires locales : venir au secours de populations bombardées, assassinées et discriminées par le régime de Kinshasa, censé protéger ses citoyens. C’est bien beau de faire des communiqués condamnant l’offensive, mais il aurait d’abord fallu condamner – et empêcher par des pressions sur Kinshasa – la violence exercée depuis des mois sur les populations locales dans l’indifférence quasi générale. ---------------------------------------- ENGLISH - The capture of UVIRA by the AFC/M23 has significant consequences. As with the system of governance established by the AFC/M23 after the capture of Goma and Bukavu, it is likely that after a few days of uncertainty, order will return to Uvira and the abuses will cease. The population will no longer be subject to the arbitrary actions of the FARDC (Congolese army) and the Wazalendo. The displaced persons and, perhaps, the refugees from South Kivu in Rwanda (whom I visited last year in the UNHCR camps) will be able to return home. If, after a year of hesitation, the M23 decided to take Uvira, it was in response to the relentless attacks, particularly from the air, by the FARDC and the Wazalendo on the populations of South Kivu, especially the Banyamulenge. Economically, the capture of Uvira is a game changer. Via Lake Tanganyika, the AFC/M23 will now have access to the ports of Kigoma in Tanzania and Mpulungu in Zambia. This opens up significant economic potential for the Alliance Fleuve Congo. The capture of Uvira is obviously a setback for Félix Tshisekedi's regime in Kinshasa. But the economic centre of power remains in Katanga, and as long as it remains in the hands of the upstart billionaire from Kin, it is unlikely that the regime will collapse. Lubumbashi is still more than 1000 km from Uvira. Between the two lies Kalemie. In the meantime, according to a familiar scenario, we can expect complaints from the ‘international community’ (Belgian Minister Maxime Prévot began last night) and additional pressure. Let us remember that the offensive remains primarily guided by local security considerations: to come to the aid of populations bombed, murdered and discriminated against by the Kinshasa regime, which is supposed to protect its citizens. It is all very well to issue statements condemning the offensive, but first it would have been necessary to condemn – and prevent – the violence that has been inflicted on local populations for months amid almost total indifference. Maxime PREVOT 🇧🇪 Belgium MFA Department of State U.S. Senior Advisor for Arab and African Affairs Chef de Mission - Ambassade des États-Unis à Kin U.S. Embassy Kigali EU Delegation to Rwanda UE en RDC🇪🇺 Lawrence KANYUKA Ministry of Foreign Affairs & Int'l Cooperation Olivier J.P. Nduhungirehe Yolande Makolo 🇷🇼 AFC-Alliance Fleuve Congo Olivier Kamitatu Etsu Kaja Kallas Presidency | Rwanda Corneille Nangaa African Union Bureau of African Affairs Francesco Commission des Affaires étrangères EU La Libre Afrique RFI Afrique BBC News Afrique DW Afrique Jeune Afrique Agence France-Presse Le Monde Afrique TV5MONDE Afrique IGIHE The New Times (Rwanda) Kigali Today Rwanda Broadcasting Agency (RBA) Roxane de Bilderling Belgique en RDCongo Renaud Girard Bojana Coulibaly, Ph.D. TEDDY MAZINA

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Beaucoup de monde hier à Bruxelles à la marche du souvenir du génocide des Tutsis #Kwibuka31 #Rwanda

Beaucoup de monde hier à Bruxelles à la marche du souvenir du génocide des Tutsis #Kwibuka31 #Rwanda

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La racaille gauchiste empêche l’hommage du ⁦MR⁩ à Jean Gol à Liège au cris de “Viva Palestine”. Très agressifs, ils jettent des projectiles et frappent les rares qui arrivent à entrer sous protection policière. Drapeaux palestiniens se mêlent aux couleurs LGBTQ.

La racaille gauchiste empêche l’hommage du ⁦MR⁩ à Jean Gol à Liège au cris de “Viva Palestine”. Très agressifs, ils jettent des projectiles et frappent les rares qui arrivent à entrer sous protection policière. Drapeaux palestiniens se mêlent aux couleurs LGBTQ.

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Le mépris et le racisme décomplexé envers les Africains de Thomas Dermine, le bourgmestre PS de Charleroi ! S'en prenant à la gestion du MR de Georges-L BOUCHEZ qu'il compare à une république bananière, il enchaîne "ça se passerait en Afrique de l'Ouest, ce serait tout à fait normal, mais nous sommes en Wallonie » !!! Bonjour le stéréotype raciste ! Et Martin Buxant ne relève pas. Vous trouvez ça normal M. Buxant ? Qu’en pensent les pays concernés ?

Le mépris et le racisme décomplexé envers les Africains de Thomas Dermine, le bourgmestre PS de Charleroi ! S'en prenant à la gestion du MR de Georges-L BOUCHEZ qu'il compare à une république bananière, il enchaîne "ça se passerait en Afrique de l'Ouest, ce serait tout à fait normal, mais nous sommes en Wallonie » !!! Bonjour le stéréotype raciste ! Et Martin Buxant ne relève pas. Vous trouvez ça normal M. Buxant ? Qu’en pensent les pays concernés ?

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Les leaders FDLR sont des monstres (4) . ENGLISH BELOW Ce garçon a été enrôlé par les FDLR au Congo à 13 ans. Dans quelles circonstances ? « Je n’avais pas le choix. » Il m’explique que les FDLR, ce n’est pas une milice désorganisée. C’est une armée. Une vraie. D’abord six mois de formation dans un centre d’instruction. Puis, il est versé dans une unité d’élite : les CRAP – Commandement, Recherche et Action en Profondeur. Avec eux, il mène des opérations, y compris au Rwanda. Il est armé d’une mitrailleuse PKM, qu’il utilise avec l’aide d’un pourvoyeur. Il ne veut pas entrer dans les détails : « À la guerre, on tue. C’est la guerre. » Dans les bases FDLR, il y a même des écoles pour enfants. Des infirmiers font office de médecins. Il accompagne parfois ses chefs à des réunions avec les FARDC (armée congolaise). À partir de 2021, cette collaboration s’intensifie. Les FARDC livrent de la nourriture : pâtes, haricots, pommes de terre. En camions militaires. Puis, à partir de 2022, les FDLR commencent à être payés directement via les FARDC. Lui, caporal, touche 120 dollars par mois. Les simples soldats 60. C’est plus que ce que gagne un ouvrier non qualifié en RDC. En 2024, il a 18 ans. Quelque chose se fissure. Il comprend enfin que leurs cibles ne sont pas que des militaires. Ce sont aussi des civils. Des gens comme lui. Qui parlent la même langue. Il se souvient qu’il est rwandais. Il ne veut plus tuer ses frères. En février 2025, il prend la décision la plus risquée de sa vie : fuir. Quitter les FDLR, c’est risquer la mort. Alors il se débrouille pour se faire une fausse identité, une carte d’électeur congolaise. Il économise un peu d’argent. Puis un soir, il s’en va. Dix kilomètres dans la nuit noire, à pied. Il atteint Goma. Il est arrêté deux fois par le M23. Mais sa carte d’électeur – qui fait office de carte d’identité au Congo – le sauve. On le laisse passer. Quand je le rencontre, il a 19 ans, mais il a l'air d'un enfant. Calme. Trop calme. Il parle lentement, sans expression. Il se débrouille encore en français, appris à l’école primaire, mais qu’il n’a plus pratiqué depuis des années. Il n’a pas vu ses parents depuis ses 13 ans ! Sa famille le croyait mort. Ils avaient même organisé des funérailles. . Ceux qui brisent des vies comme la sienne sont des monstres. Les leaders FDLR sont des monstres. #Kivu2025 -------------------------------------------- The FDLR leaders are monsters. This boy was recruited by the FDLR when he had just turned 13. Under what circumstances? "I had no choice." He tells me the FDLR aren’t just a militia. They’re a real army. First, six months of training in a military camp. Then he’s placed in an elite unit: the CRAP – Command, Reconnaissance and Deep Action. With them, he carries out operations, including inside Rwanda. He’s armed with a PKM machine gun, operated with the help of an ammo loader. He doesn’t want to go into detail: “In war, you kill. It’s war,” he says simply. In the FDLR bases, there are even schools for children. Medics act as doctors. He sometimes accompanied his commanders to meetings directly with the FARDC — the Congolese army. From 2021, cooperation with the FARDC intensifies. They start delivering food — pasta, beans, potatoes — in FARDC trucks. Then, from 2022, the FDLR fighters are directly paid by the FARDC. As a corporal, he earns $120 a month. Regular soldiers get $60. That’s more than an unskilled worker in Congo. In 2024, he turns 18. Something shifts. He realizes their attacks also target civilians — people like him, speaking the same language. He remembers he’s Rwandan. He no longer wants to kill his own people. In February 2025, he makes the bravest decision of his life: to leave. Fleeing the FDLR means risking death. So he works on building a false identity, gets a Congolese voter card — which serves as an ID in Congo. He saves a bit of money. One night, he escapes. Walks ten kilometers through the forest, in the dark. He reaches Goma. He’s stopped twice by M23 rebels. But thanks to the voter card, they let him through. When I meet him, he’s 19. But he still looks like a child. He’s strangely calm, speaks slowly, his face blank. He can still speak some French, learned in primary school, but he hasn’t used it in years. He hasn’t seen his parents since he was 13. His family thought he was dead. They even held a funeral for him. The people who destroy children like this are monsters. The FDLR are monsters. #Kivu2025

Les leaders FDLR sont des monstres (4) . ENGLISH BELOW Ce garçon a été enrôlé par les FDLR au Congo à 13 ans. Dans quelles circonstances ? « Je n’avais pas le choix. » Il m’explique que les FDLR, ce n’est pas une milice désorganisée. C’est une armée. Une vraie. D’abord six mois de formation dans un centre d’instruction. Puis, il est versé dans une unité d’élite : les CRAP – Commandement, Recherche et Action en Profondeur. Avec eux, il mène des opérations, y compris au Rwanda. Il est armé d’une mitrailleuse PKM, qu’il utilise avec l’aide d’un pourvoyeur. Il ne veut pas entrer dans les détails : « À la guerre, on tue. C’est la guerre. » Dans les bases FDLR, il y a même des écoles pour enfants. Des infirmiers font office de médecins. Il accompagne parfois ses chefs à des réunions avec les FARDC (armée congolaise). À partir de 2021, cette collaboration s’intensifie. Les FARDC livrent de la nourriture : pâtes, haricots, pommes de terre. En camions militaires. Puis, à partir de 2022, les FDLR commencent à être payés directement via les FARDC. Lui, caporal, touche 120 dollars par mois. Les simples soldats 60. C’est plus que ce que gagne un ouvrier non qualifié en RDC. En 2024, il a 18 ans. Quelque chose se fissure. Il comprend enfin que leurs cibles ne sont pas que des militaires. Ce sont aussi des civils. Des gens comme lui. Qui parlent la même langue. Il se souvient qu’il est rwandais. Il ne veut plus tuer ses frères. En février 2025, il prend la décision la plus risquée de sa vie : fuir. Quitter les FDLR, c’est risquer la mort. Alors il se débrouille pour se faire une fausse identité, une carte d’électeur congolaise. Il économise un peu d’argent. Puis un soir, il s’en va. Dix kilomètres dans la nuit noire, à pied. Il atteint Goma. Il est arrêté deux fois par le M23. Mais sa carte d’électeur – qui fait office de carte d’identité au Congo – le sauve. On le laisse passer. Quand je le rencontre, il a 19 ans, mais il a l'air d'un enfant. Calme. Trop calme. Il parle lentement, sans expression. Il se débrouille encore en français, appris à l’école primaire, mais qu’il n’a plus pratiqué depuis des années. Il n’a pas vu ses parents depuis ses 13 ans ! Sa famille le croyait mort. Ils avaient même organisé des funérailles. . Ceux qui brisent des vies comme la sienne sont des monstres. Les leaders FDLR sont des monstres. #Kivu2025 -------------------------------------------- The FDLR leaders are monsters. This boy was recruited by the FDLR when he had just turned 13. Under what circumstances? "I had no choice." He tells me the FDLR aren’t just a militia. They’re a real army. First, six months of training in a military camp. Then he’s placed in an elite unit: the CRAP – Command, Reconnaissance and Deep Action. With them, he carries out operations, including inside Rwanda. He’s armed with a PKM machine gun, operated with the help of an ammo loader. He doesn’t want to go into detail: “In war, you kill. It’s war,” he says simply. In the FDLR bases, there are even schools for children. Medics act as doctors. He sometimes accompanied his commanders to meetings directly with the FARDC — the Congolese army. From 2021, cooperation with the FARDC intensifies. They start delivering food — pasta, beans, potatoes — in FARDC trucks. Then, from 2022, the FDLR fighters are directly paid by the FARDC. As a corporal, he earns $120 a month. Regular soldiers get $60. That’s more than an unskilled worker in Congo. In 2024, he turns 18. Something shifts. He realizes their attacks also target civilians — people like him, speaking the same language. He remembers he’s Rwandan. He no longer wants to kill his own people. In February 2025, he makes the bravest decision of his life: to leave. Fleeing the FDLR means risking death. So he works on building a false identity, gets a Congolese voter card — which serves as an ID in Congo. He saves a bit of money. One night, he escapes. Walks ten kilometers through the forest, in the dark. He reaches Goma. He’s stopped twice by M23 rebels. But thanks to the voter card, they let him through. When I meet him, he’s 19. But he still looks like a child. He’s strangely calm, speaks slowly, his face blank. He can still speak some French, learned in primary school, but he hasn’t used it in years. He hasn’t seen his parents since he was 13. His family thought he was dead. They even held a funeral for him. The people who destroy children like this are monsters. The FDLR are monsters. #Kivu2025

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Réponse au Dr Denis Mukwege. ENGLISH BELOW On peut être un excellent médecin, tout en étant un piètre politicien — voire un menteur. En mobilisant le réseau des Prix Nobel, Denis Mukwege a convaincu certains d’entre eux de signer une tribune publiée dans Le Monde , truffée d’erreurs factuelles et de contrevérités sur la crise en RDC. On connaît bien le procédé : les Nobel signent par sympathie, sans jamais s’être rendus dans l’est de la RDC — ni même dans le pays. Je viens de passer plusieurs jours au cœur de la région montagneuse du Masisi, à l’ouest de Goma. Jusqu’à récemment disputée entre les FARDC et le M23, cette zone est désormais pacifiée. Dimanche dernier, j’ai parcouru à pied — oui, à pied — 27 kilomètres sur des sentiers escarpés. Dans chaque village traversé, j’ai pris le temps de discuter avec les habitants . Tous m’ont dit la même chose : depuis que la région est passée sous le contrôle du M23, le calme est revenu. Il n’y a plus d’incursions des FDLR ou des Wazalendo, et la population ne subit plus l’arbitraire des FARDC. La frontière avec le Rwanda n’est plus non plus le théâtre d’incursions armées des FDLR, issus des génocidaires de 1994 au Rwanda. Ces derniers, ainsi que les Wazalendo — milices armées par Kinshasa — ont été repoussés plus à l’ouest. Un Prix Nobel de la paix devrait se réjouir de voir ces groupes terroristes subir des revers, mais il n’en dit mot dans sa tribune. Hélas, ce sont ces mêmes groupes que le régime de Félix Tshisekedi — que le Dr Mukwege a choisi de soutenir — finance, arme et équipe. Il reprend également cette comparaison absurde avec la guerre en Ukraine. Selon lui, à l’image de la Russie en Ukraine, le Rwanda — pourtant huit fois moins peuplé et 90 fois plus petit — serait l’agresseur de la RDC (102 millions d’habitants) ! La paix qui règne aujourd’hui dans une grande partie du Kivu mérite d’être reconnue, voire saluée. J’invite le Dr Mukwege, ainsi que ses collègues signataires, à se rendre à Goma, dans le Kivu, pour constater par eux-mêmes la situation sur le terrain — et à venir randonner avec moi dans le Masisi pacifié. Alain DESTEXHE Demain : les FDLR ---------------------------------- ENGLISH Response to Dr Mukwege You can be an excellent doctor and a poor politician - or even a liar. By mobilising the network of Nobel Prize winners, Dr Denis Mukwege persuaded some of them to sign an article published in Le Monde that was riddled with factual errors and untruths about the crisis in the DRC. The process is well known: Nobel laureates sign out of sympathy, without ever having been to the east of the DRC - or even to the country itself. I have just spent several days in the heart of the mountainous Masisi region, west of Goma. Until recently disputed between the FARDC and the M23, this area has now been pacified. Last Sunday, I walked - yes, walked - 27 kilometres along steep paths. In every village I passed, I took the time to talk to the locals. They all told me the same thing: since the region came under M23 control, calm has returned. There are no more incursions by the FDLR or the Wazalendo, and the population is no longer subjected to the arbitrary actions of the FARDC. The border with Rwanda is also no longer the scene of armed incursions by the FDLR, the descendants of the 1994 genocide in Rwanda. The FDLR and the Wazalendo - militias armed by Kinshasa - have been pushed further west. A Nobel Peace Prize winner should be delighted to see these terrorist groups suffer setbacks, but he says nothing about it in his article. Unfortunately, these are the same groups that Félix Tshisekedi's regime - which Dr Mukwege has chosen to support - finances, arms and equips. He also makes this absurd comparison with the war in Ukraine. According to him, just like Russia in Ukraine, Rwanda - though eight times less populated and 90 times smaller - would be the aggressor of the DRC (102 million inhabitants)! The peace that now reigns in a large part of Kivu deserves to be recognised, and even applauded. I invite Dr Mukwege and his fellow signatories to go to Goma, in the Kivus, to see for themselves the situation on the ground - and to come and walk with me in the pacified Masisi. Alain DESTEXHE Tomorrow, the FDLR

Réponse au Dr Denis Mukwege. ENGLISH BELOW On peut être un excellent médecin, tout en étant un piètre politicien — voire un menteur. En mobilisant le réseau des Prix Nobel, Denis Mukwege a convaincu certains d’entre eux de signer une tribune publiée dans Le Monde , truffée d’erreurs factuelles et de contrevérités sur la crise en RDC. On connaît bien le procédé : les Nobel signent par sympathie, sans jamais s’être rendus dans l’est de la RDC — ni même dans le pays. Je viens de passer plusieurs jours au cœur de la région montagneuse du Masisi, à l’ouest de Goma. Jusqu’à récemment disputée entre les FARDC et le M23, cette zone est désormais pacifiée. Dimanche dernier, j’ai parcouru à pied — oui, à pied — 27 kilomètres sur des sentiers escarpés. Dans chaque village traversé, j’ai pris le temps de discuter avec les habitants . Tous m’ont dit la même chose : depuis que la région est passée sous le contrôle du M23, le calme est revenu. Il n’y a plus d’incursions des FDLR ou des Wazalendo, et la population ne subit plus l’arbitraire des FARDC. La frontière avec le Rwanda n’est plus non plus le théâtre d’incursions armées des FDLR, issus des génocidaires de 1994 au Rwanda. Ces derniers, ainsi que les Wazalendo — milices armées par Kinshasa — ont été repoussés plus à l’ouest. Un Prix Nobel de la paix devrait se réjouir de voir ces groupes terroristes subir des revers, mais il n’en dit mot dans sa tribune. Hélas, ce sont ces mêmes groupes que le régime de Félix Tshisekedi — que le Dr Mukwege a choisi de soutenir — finance, arme et équipe. Il reprend également cette comparaison absurde avec la guerre en Ukraine. Selon lui, à l’image de la Russie en Ukraine, le Rwanda — pourtant huit fois moins peuplé et 90 fois plus petit — serait l’agresseur de la RDC (102 millions d’habitants) ! La paix qui règne aujourd’hui dans une grande partie du Kivu mérite d’être reconnue, voire saluée. J’invite le Dr Mukwege, ainsi que ses collègues signataires, à se rendre à Goma, dans le Kivu, pour constater par eux-mêmes la situation sur le terrain — et à venir randonner avec moi dans le Masisi pacifié. Alain DESTEXHE Demain : les FDLR ---------------------------------- ENGLISH Response to Dr Mukwege You can be an excellent doctor and a poor politician - or even a liar. By mobilising the network of Nobel Prize winners, Dr Denis Mukwege persuaded some of them to sign an article published in Le Monde that was riddled with factual errors and untruths about the crisis in the DRC. The process is well known: Nobel laureates sign out of sympathy, without ever having been to the east of the DRC - or even to the country itself. I have just spent several days in the heart of the mountainous Masisi region, west of Goma. Until recently disputed between the FARDC and the M23, this area has now been pacified. Last Sunday, I walked - yes, walked - 27 kilometres along steep paths. In every village I passed, I took the time to talk to the locals. They all told me the same thing: since the region came under M23 control, calm has returned. There are no more incursions by the FDLR or the Wazalendo, and the population is no longer subjected to the arbitrary actions of the FARDC. The border with Rwanda is also no longer the scene of armed incursions by the FDLR, the descendants of the 1994 genocide in Rwanda. The FDLR and the Wazalendo - militias armed by Kinshasa - have been pushed further west. A Nobel Peace Prize winner should be delighted to see these terrorist groups suffer setbacks, but he says nothing about it in his article. Unfortunately, these are the same groups that Félix Tshisekedi's regime - which Dr Mukwege has chosen to support - finances, arms and equips. He also makes this absurd comparison with the war in Ukraine. According to him, just like Russia in Ukraine, Rwanda - though eight times less populated and 90 times smaller - would be the aggressor of the DRC (102 million inhabitants)! The peace that now reigns in a large part of Kivu deserves to be recognised, and even applauded. I invite Dr Mukwege and his fellow signatories to go to Goma, in the Kivus, to see for themselves the situation on the ground - and to come and walk with me in the pacified Masisi. Alain DESTEXHE Tomorrow, the FDLR

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10. Marqué à vie parce que Tutsi - ENGLISH Below Pour terminer le témoignage de mon ami P. Vidéo de 1' en français. Enfant, il a dû fuir le Kivu (RDC) lorsque les génocidaires de 1994 s’en sont pris aux Tutsis de la région, pour, comme ils le disaient eux-même , "achever le travail". Réfugié au Rwanda, il a vu sa famille décimée lors d'une incursion des Interahamwe/FDLR. Lui a survécu, mais il en garde à jamais les marques sur son visage. Quel monstre peut porter un coup de machette au visage d’un enfant de 9 ans ? --------------------------------------------- 10. Marked for Life Because He Was Tutsi To conclude the testimony of my friend P. 19" video in English As a child, he had to flee the Kivu region when the 1994 génocidaires turned on the local Tutsis, aiming, as they put it, "to finish the job." He took refuge in Rwanda, where he witnessed the massacre of his family during a raid by the Interahamwe/FDLR. He survived, but the scars on his face will remain forever. What kind of monster strikes a 9-year-old child in the face with a machete? #Kivu2025 #Kivu2025

10. Marqué à vie parce que Tutsi - ENGLISH Below Pour terminer le témoignage de mon ami P. Vidéo de 1' en français. Enfant, il a dû fuir le Kivu (RDC) lorsque les génocidaires de 1994 s’en sont pris aux Tutsis de la région, pour, comme ils le disaient eux-même , "achever le travail". Réfugié au Rwanda, il a vu sa famille décimée lors d'une incursion des Interahamwe/FDLR. Lui a survécu, mais il en garde à jamais les marques sur son visage. Quel monstre peut porter un coup de machette au visage d’un enfant de 9 ans ? --------------------------------------------- 10. Marked for Life Because He Was Tutsi To conclude the testimony of my friend P. 19" video in English As a child, he had to flee the Kivu region when the 1994 génocidaires turned on the local Tutsis, aiming, as they put it, "to finish the job." He took refuge in Rwanda, where he witnessed the massacre of his family during a raid by the Interahamwe/FDLR. He survived, but the scars on his face will remain forever. What kind of monster strikes a 9-year-old child in the face with a machete? #Kivu2025 #Kivu2025

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4. Les routes, témoins de la faillite de l'État congolais + le village fantôme et la ligne électrique "Kabila" ENGLISH BELOW Qu'ont apporté aux Congolais leurs présidents successifs ? Rien, si ce n'est la misère des habitants et l'épuisement des ressources naturelles du pays. Autrefois, sous la colonisation, routes et pistes étaient en bien meilleur état. Monseigneur Faustin Ngabu, évêque de Goma de 1974 à 2000, né en 1935 me raconte qu’il était possible de parcourir les 550 km environ séparant Bunia de Bukavu en deux jours seulement, grâce à une piste bien entretenue, avec un cantonnier affecté à chaque tronçon de cinq kilomètres. Aujourd’hui, ce même trajet prend plus du double de temps, les véhicules brinquebalés en permanence par les nids-de-poule et les crevasses. Pendant ce temps, chez le voisin rwandais, les routes principales sont impeccables. En RDCongo, dès que l'on s’éloigne de Goma, la vitesse moyenne tombe à 15-20 km/h. Vers le nord, en direction de Rutshuru, la route asphaltée s’arrête brutalement après quelques kilomètres, précisément à l’endroit où l'ancienne Première dame, Marie-Olive Lembe Kabila, avait promis la construction d’une "Nouvelle Cité". Mais il n’y a rien. Pas une maison, pas un bâtiment, juste un panneau indiquant un projet fantôme (photo). À partir de là, il ne reste qu’une ancienne route construite par une société italienne, qui aurait posé une couche de base de 10 cm au lieu des 40 prévus ! Une caricature de corruption et d’incompétence : non seulement la route mal conçue s’est rapidement détériorée, mais pour la rénover ou même la transformer en piste praticable, il faudrait d'abord arracher cette base fragile, un travail long, difficile et coûteux. Il aurait mieux valu ne rien construire et simplement entretenir la piste d’origine. À l’ouest, après Saké, à 26 km de Goma, nous avançons péniblement à 15 km/h vers le village de Ntoro, dans les montagnes. Le long de la route, une ligne électrique attire mon attention : elle ne dessert aucun des villages traversés. Mais au bout du parcours, elle alimente une grande ferme appartenant à Joseph Kabila. Voilà à quoi sert l’infrastructure publique en RDC ! (photo) Au Rwanda, les routes sont bordées de fossés profonds pour canaliser les eaux de pluie. En RDC, ces fossés n’existent pas. Résultat : à la moindre averse, les routes se transforment en torrents boueux, accélérant leur dégradation. À Goma, les rares routes en bon état ont été financées non par l'État, mais par des entrepreneurs privés, grâce à une taxe sur le carburant instaurée avec l'accord des autorités locales de l'époque. Vol, prédation, incompétence : voilà les seules compétences de l’État congolais, et ce, sous tous les présidents jusqu'à aujourd’hui. Demain, le village incendié de Ntoro #Kivu2025 ***************************************************************** ENGLISH 4. The roads, testimony to the bankruptcy of the Congolese state and the ‘Kabila’ ghost city and power line What have successive presidents - Mobutu, Kabila father and son, Tshisekedi - brought to the Congolese people? Nothing, apart from the misery of the people and the depletion of the country's natural resources. In the past, under colonisation, roads and tracks were in much better condition. Monseigneur Faustin Ngabu, Bishop of Goma from 1974 to 2000, born in 1935, tells me that it was possible to cover the 550 km separating Bunia from Bukavu in just two days, thanks to a well-maintained track, with a road-mender assigned to each five-kilometre stretch. Today, that same journey takes more than twice as long, with vehicles constantly buffeted by potholes and crevasses. Meanwhile, in neighbouring Rwanda, the main roads are impeccable. In the DRC, as soon as you leave Goma, the average speed drops to 15-20 kph (video). Heading north towards Rutshuru, the tarmac road comes to an abrupt halt after a few kilometres, precisely at the spot where the former First Lady, Marie-Olive Lembe Kabila, had promised the construction of a ‘New City’. But there's nothing there. Not a house, not a building, just a sign indicating a ghost project. (photo) All that's left is an old road built by an Italian company, which laid a 10 cm base course instead of the planned 40! A caricature of corruption and incompetence: not only did the poorly designed road deteriorate rapidly, but in order to renovate it or even transform it into a passable runway, the fragile base would first have to be torn up, a long, difficult and costly job. It would have been better not to build anything and simply maintain the original runway. To the west, after Saké, 26 km from Goma, we make slow progress at 15 km/h towards the village of Ntoro, in the mountains. Along the road, a power line catches my eye: it doesn't serve any of the villages we pass through. But at the end of the road, it supplies power to a large farm belonging to Joseph Kabila. That's what public infrastructure is for in the DRC! (photo) In Rwanda, the roads are lined with deep ditches to channel rainwater. In the DRC, there are no such ditches. The result: the slightest downpour turns the roads into muddy torrents, accelerating their deterioration (video) . In Goma, the few roads in good condition were financed not by the state, but by private contractors, thanks to a tax on fuel introduced with the agreement of the local authorities at the time. Theft, predation, incompetence: these are the only competencies of the Congolese state, and this has been the case under every president to date. Tomorrow, the burnt village of Ntoro #Kivu2025

4. Les routes, témoins de la faillite de l'État congolais + le village fantôme et la ligne électrique "Kabila" ENGLISH BELOW Qu'ont apporté aux Congolais leurs présidents successifs ? Rien, si ce n'est la misère des habitants et l'épuisement des ressources naturelles du pays. Autrefois, sous la colonisation, routes et pistes étaient en bien meilleur état. Monseigneur Faustin Ngabu, évêque de Goma de 1974 à 2000, né en 1935 me raconte qu’il était possible de parcourir les 550 km environ séparant Bunia de Bukavu en deux jours seulement, grâce à une piste bien entretenue, avec un cantonnier affecté à chaque tronçon de cinq kilomètres. Aujourd’hui, ce même trajet prend plus du double de temps, les véhicules brinquebalés en permanence par les nids-de-poule et les crevasses. Pendant ce temps, chez le voisin rwandais, les routes principales sont impeccables. En RDCongo, dès que l'on s’éloigne de Goma, la vitesse moyenne tombe à 15-20 km/h. Vers le nord, en direction de Rutshuru, la route asphaltée s’arrête brutalement après quelques kilomètres, précisément à l’endroit où l'ancienne Première dame, Marie-Olive Lembe Kabila, avait promis la construction d’une "Nouvelle Cité". Mais il n’y a rien. Pas une maison, pas un bâtiment, juste un panneau indiquant un projet fantôme (photo). À partir de là, il ne reste qu’une ancienne route construite par une société italienne, qui aurait posé une couche de base de 10 cm au lieu des 40 prévus ! Une caricature de corruption et d’incompétence : non seulement la route mal conçue s’est rapidement détériorée, mais pour la rénover ou même la transformer en piste praticable, il faudrait d'abord arracher cette base fragile, un travail long, difficile et coûteux. Il aurait mieux valu ne rien construire et simplement entretenir la piste d’origine. À l’ouest, après Saké, à 26 km de Goma, nous avançons péniblement à 15 km/h vers le village de Ntoro, dans les montagnes. Le long de la route, une ligne électrique attire mon attention : elle ne dessert aucun des villages traversés. Mais au bout du parcours, elle alimente une grande ferme appartenant à Joseph Kabila. Voilà à quoi sert l’infrastructure publique en RDC ! (photo) Au Rwanda, les routes sont bordées de fossés profonds pour canaliser les eaux de pluie. En RDC, ces fossés n’existent pas. Résultat : à la moindre averse, les routes se transforment en torrents boueux, accélérant leur dégradation. À Goma, les rares routes en bon état ont été financées non par l'État, mais par des entrepreneurs privés, grâce à une taxe sur le carburant instaurée avec l'accord des autorités locales de l'époque. Vol, prédation, incompétence : voilà les seules compétences de l’État congolais, et ce, sous tous les présidents jusqu'à aujourd’hui. Demain, le village incendié de Ntoro #Kivu2025 ***************************************************************** ENGLISH 4. The roads, testimony to the bankruptcy of the Congolese state and the ‘Kabila’ ghost city and power line What have successive presidents - Mobutu, Kabila father and son, Tshisekedi - brought to the Congolese people? Nothing, apart from the misery of the people and the depletion of the country's natural resources. In the past, under colonisation, roads and tracks were in much better condition. Monseigneur Faustin Ngabu, Bishop of Goma from 1974 to 2000, born in 1935, tells me that it was possible to cover the 550 km separating Bunia from Bukavu in just two days, thanks to a well-maintained track, with a road-mender assigned to each five-kilometre stretch. Today, that same journey takes more than twice as long, with vehicles constantly buffeted by potholes and crevasses. Meanwhile, in neighbouring Rwanda, the main roads are impeccable. In the DRC, as soon as you leave Goma, the average speed drops to 15-20 kph (video). Heading north towards Rutshuru, the tarmac road comes to an abrupt halt after a few kilometres, precisely at the spot where the former First Lady, Marie-Olive Lembe Kabila, had promised the construction of a ‘New City’. But there's nothing there. Not a house, not a building, just a sign indicating a ghost project. (photo) All that's left is an old road built by an Italian company, which laid a 10 cm base course instead of the planned 40! A caricature of corruption and incompetence: not only did the poorly designed road deteriorate rapidly, but in order to renovate it or even transform it into a passable runway, the fragile base would first have to be torn up, a long, difficult and costly job. It would have been better not to build anything and simply maintain the original runway. To the west, after Saké, 26 km from Goma, we make slow progress at 15 km/h towards the village of Ntoro, in the mountains. Along the road, a power line catches my eye: it doesn't serve any of the villages we pass through. But at the end of the road, it supplies power to a large farm belonging to Joseph Kabila. That's what public infrastructure is for in the DRC! (photo) In Rwanda, the roads are lined with deep ditches to channel rainwater. In the DRC, there are no such ditches. The result: the slightest downpour turns the roads into muddy torrents, accelerating their deterioration (video) . In Goma, the few roads in good condition were financed not by the state, but by private contractors, thanks to a tax on fuel introduced with the agreement of the local authorities at the time. Theft, predation, incompetence: these are the only competencies of the Congolese state, and this has been the case under every president to date. Tomorrow, the burnt village of Ntoro #Kivu2025

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6. Nturo, un village martyr, évacué trois fois en 30 ans Le village de Nturo, peuplé au départ de 800 familles, illustre tragiquement le sort des Tutsis congolais. Trois fois depuis 1994, ces éleveurs ont dû abandonner leurs terres. Presque toutes leurs vaches ont été massacrées, et nombre d’entre eux ont été tués par les milices qui sévissent dans la région. Dès 1995, les génocidaires hutus et l’armée rwandaise défaite ont commencé à s’aventurer toujours plus loin à partir des camps de Goma, où ils étaient généreusement assistés par les organisations internationales, qui fermaient les yeux sur le fait qu’elles aidaient des assassins (y compris les femmes, souvent complices du génocide). Le bétail volé était abattu dans des abattoirs financés par l’aide internationale ! Dépouillés, menacés de mort simplement parce qu’ils étaient tutsis – et pour les génocidaires, il s’agissait d’achever le “travail” – ils ont dû se réfugier au Rwanda ou en Ouganda, où ils ont vécu dans des camps pendant des années. Le 5 octobre 2023, le village a été incendié par la milice hutue Nyatura, les FDLR et les FARDC. Les troupes burundaises, présentes dans le cadre d’un des multiples “accords de paix”, campaient sur une colline à quelques centaines de mètres. Elles sont restées l’arme au pied, en parfaite complicité avec les incendiaires. Les habitants, ayant eu le temps de fuir à Bwiza, en zone contrôlée par le M23, sont revenus deux mois plus tard, après la reprise de la zone par ce dernier. Ils ont trouvé leur village entièrement dévasté. Depuis, ils l’ont reconstruit, mais de manière plus concentrée : les habitations isolées – que l’on voit brûler sur les images – ont été jugées trop difficiles à défendre. Le travail accompli est impressionnant. Le bois neuf témoigne de la reconstruction récente. En journée, lors de ma visite, un seul groupe électrogène fonctionne. À quelques kilomètres de là, on voit la ligne électrique qui alimente la ferme de Kabila mais aucun village. Ces Tutsis congolais, enracinés dans le Masisi depuis toujours, ont été chassés trois fois de leurs terres en trente ans, la dernière fois il y a moins de deux ans. Ils ont été massacrés, leur bétail volé ou tué. Pourquoi feraient-ils confiance aux autorités de Kinshasa ou à la “communauté internationale” ? Le M23 est leur seul protecteur, le seul garant de leur survie. L’alternative ? Au pire, la mort. Au mieux, une vie indigne dans un camp de réfugiés dans un autre pays que le leur, sous l’assistance des ONG et des Nations Unies, le camp du bien et de la bien-pensance du monde occidental. Nturo est loin d'être un cas isolé, des centaines de villages ont vécu pire. Pour l'ONU, l'Union européenne, la Belgique ces gens n'ont sans doute pas le droit de vivre ... #Kivu2025 Légende : l'incendie du village, une partie reconstruite Plus d'images sur et

6. Nturo, un village martyr, évacué trois fois en 30 ans Le village de Nturo, peuplé au départ de 800 familles, illustre tragiquement le sort des Tutsis congolais. Trois fois depuis 1994, ces éleveurs ont dû abandonner leurs terres. Presque toutes leurs vaches ont été massacrées, et nombre d’entre eux ont été tués par les milices qui sévissent dans la région. Dès 1995, les génocidaires hutus et l’armée rwandaise défaite ont commencé à s’aventurer toujours plus loin à partir des camps de Goma, où ils étaient généreusement assistés par les organisations internationales, qui fermaient les yeux sur le fait qu’elles aidaient des assassins (y compris les femmes, souvent complices du génocide). Le bétail volé était abattu dans des abattoirs financés par l’aide internationale ! Dépouillés, menacés de mort simplement parce qu’ils étaient tutsis – et pour les génocidaires, il s’agissait d’achever le “travail” – ils ont dû se réfugier au Rwanda ou en Ouganda, où ils ont vécu dans des camps pendant des années. Le 5 octobre 2023, le village a été incendié par la milice hutue Nyatura, les FDLR et les FARDC. Les troupes burundaises, présentes dans le cadre d’un des multiples “accords de paix”, campaient sur une colline à quelques centaines de mètres. Elles sont restées l’arme au pied, en parfaite complicité avec les incendiaires. Les habitants, ayant eu le temps de fuir à Bwiza, en zone contrôlée par le M23, sont revenus deux mois plus tard, après la reprise de la zone par ce dernier. Ils ont trouvé leur village entièrement dévasté. Depuis, ils l’ont reconstruit, mais de manière plus concentrée : les habitations isolées – que l’on voit brûler sur les images – ont été jugées trop difficiles à défendre. Le travail accompli est impressionnant. Le bois neuf témoigne de la reconstruction récente. En journée, lors de ma visite, un seul groupe électrogène fonctionne. À quelques kilomètres de là, on voit la ligne électrique qui alimente la ferme de Kabila mais aucun village. Ces Tutsis congolais, enracinés dans le Masisi depuis toujours, ont été chassés trois fois de leurs terres en trente ans, la dernière fois il y a moins de deux ans. Ils ont été massacrés, leur bétail volé ou tué. Pourquoi feraient-ils confiance aux autorités de Kinshasa ou à la “communauté internationale” ? Le M23 est leur seul protecteur, le seul garant de leur survie. L’alternative ? Au pire, la mort. Au mieux, une vie indigne dans un camp de réfugiés dans un autre pays que le leur, sous l’assistance des ONG et des Nations Unies, le camp du bien et de la bien-pensance du monde occidental. Nturo est loin d'être un cas isolé, des centaines de villages ont vécu pire. Pour l'ONU, l'Union européenne, la Belgique ces gens n'ont sans doute pas le droit de vivre ... #Kivu2025 Légende : l'incendie du village, une partie reconstruite Plus d'images sur et

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Nturo, a martyred village, evacuated three times in 30 years (Original in French published yesterday) The village of Nturo tragically illustrates the fate of Congolese Tutsis. Three times since 1994, these cattle herders have been forced to abandon their lands. Nearly all their cows have been slaughtered, and many of them have been killed by the militias rampant in the region. As early as 1995, Hutu génocidaires and the defeated Rwandan army began venturing farther and farther from the Goma camps, where they were generously assisted by international organizations that turned a blind eye to the fact that they were aiding murderers (including women, often complicit in the genocide). Stolen cattle were slaughtered in abattoirs funded by international aid! Stripped of their belongings and threatened with death simply for being Tutsis - and for the génocidaires, it was about finishing the “job” - they were forced to seek refuge in Rwanda or Uganda, where they lived in camps for years. On October 5, 2023, the village was set ablaze by the Hutu Nyatura militia, the FDLR, and the FARDC. Burundian troops, present as part of one of the many “peace agreements,” were camped on a hill just a few hundred meters away. They stood by, weapons at rest, in perfect complicity with the arsonists. The residents, having had time to flee to Bwiza in an area controlled by the M23, returned two months later after the zone was retaken by the latter. They found their village completely devastated. Since then, they have rebuilt it, but in a more concentrated manner: isolated homes—seen burning in the images—were deemed too difficult to defend. The work accomplished is impressive. Freshly cut wood bears witness to the recent reconstruction. During my daytime visit, only one generator was running. A few kilometers away, you can see the power line supplying Kabila’s farm, but no village benefits from it. These Congolese Tutsis, rooted in Masisi since time immemorial, have been driven from their lands three times in thirty years, the most recent being less than two years ago. They have been massacred, their cattle stolen or killed. Why would they trust the authorities in Kinshasa or the “international community”? The M23 is their only protector, the sole guarantor of their survival. The alternative? At worst, death. At best, an undignified life in a refugee camp in a country not their own. Olivier J.P. Nduhungirehe Yolande Makolo 🇷🇼 Hege Solskinnsbakk

Nturo, a martyred village, evacuated three times in 30 years (Original in French published yesterday) The village of Nturo tragically illustrates the fate of Congolese Tutsis. Three times since 1994, these cattle herders have been forced to abandon their lands. Nearly all their cows have been slaughtered, and many of them have been killed by the militias rampant in the region. As early as 1995, Hutu génocidaires and the defeated Rwandan army began venturing farther and farther from the Goma camps, where they were generously assisted by international organizations that turned a blind eye to the fact that they were aiding murderers (including women, often complicit in the genocide). Stolen cattle were slaughtered in abattoirs funded by international aid! Stripped of their belongings and threatened with death simply for being Tutsis - and for the génocidaires, it was about finishing the “job” - they were forced to seek refuge in Rwanda or Uganda, where they lived in camps for years. On October 5, 2023, the village was set ablaze by the Hutu Nyatura militia, the FDLR, and the FARDC. Burundian troops, present as part of one of the many “peace agreements,” were camped on a hill just a few hundred meters away. They stood by, weapons at rest, in perfect complicity with the arsonists. The residents, having had time to flee to Bwiza in an area controlled by the M23, returned two months later after the zone was retaken by the latter. They found their village completely devastated. Since then, they have rebuilt it, but in a more concentrated manner: isolated homes—seen burning in the images—were deemed too difficult to defend. The work accomplished is impressive. Freshly cut wood bears witness to the recent reconstruction. During my daytime visit, only one generator was running. A few kilometers away, you can see the power line supplying Kabila’s farm, but no village benefits from it. These Congolese Tutsis, rooted in Masisi since time immemorial, have been driven from their lands three times in thirty years, the most recent being less than two years ago. They have been massacred, their cattle stolen or killed. Why would they trust the authorities in Kinshasa or the “international community”? The M23 is their only protector, the sole guarantor of their survival. The alternative? At worst, death. At best, an undignified life in a refugee camp in a country not their own. Olivier J.P. Nduhungirehe Yolande Makolo 🇷🇼 Hege Solskinnsbakk

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5. Vers Nturo ENGLISH BELOW Hier j'ai raconté la drame de Nturo. Aujourd'hui le trajet sur la route chaotique vers le village incendié. En quittant Goma, nous passons devant les traces du camp de déplacés de Mugunga récemment évacué. J'avais visité ce camp en septembre 1994, alors qu'il étaient rempli de génocidaires hutus rwandais (j'y reviendrai). Depuis, ce camp et les autres dans la région sont devenus le centre d’un immense business humanitaire (j’y reviendrai aussi). Juste avant Saké, on aperçoit l’énorme camp fortifié des FARDC, ainsi que des forces d’intervention sud-africaines, tanzaniennes et malawites, vaincues mais toujours présentes. À Saké, je visite l’hôpital où MSF-Belgique intervient. Diarrhées bactériennes, fièvre typhoïde et choléra (endémique dans la région) sont les principales pathologies. Après Saké, le paysage change progressivement. D’abord, la plaine fertile autour de Goma avec des nombreuses cultures de bananiers, puis la route grimpe à travers de magnifiques collines boisées et cultivées, où les populations vivent de l’agriculture, du sorgho notamment. Plus haut, nous atteignons les majestueuses montagnes herbeuses du Masisi, qui rappellent la Suisse. Jadis, avant 1994, des milliers de vaches paissaient ici. Aujourd’hui, elles ne sont plus que quelques dizaines. Nous sommes en territoire d’éleveurs, à 2 400 mètres d’altitude, mais on voit aussi de rares cultures des pommes de terre et de petits pois. Tout au long du trajet, nous croisons des habitations traditionnelles en bois, élégantes, à un étage et aux toits très pentus, mais aussi des abris précaires faits de tiges de bananiers et recouverts de bâches du HCR, le Haut commissariat aux réfugiés, récupérées dans les camps de déplacés. Ces derniers abritent ceux dont la maison a été détruite ou nécessite une réparation. Je m’arrête souvent pour discuter avec les rapatriés. Tous expriment leur satisfaction d’être rentrés chez eux, mais l’inquiétude pour les mois à venir est omniprésente. Ils ont besoin de semences et de houes pour cultiver leurs terres, et certains ont besoin d'une aide alimentaire d’urgence. Le Programme alimentaire mondial et la FAO seront-ils à la hauteur ? À part MSF et une église locale, l’aide internationale est quasi inexistante. Pourtant, dans les camps, ces mêmes populations recevaient une assistance humanitaire. L’argument de l’insécurité ne tient pas : ces zones sont sous le contrôle total du M23. Je voyage sans escorte, simplement accompagné d’un chauffeur-traducteur, et jamais je ne me suis senti en danger. Partout, la pauvreté est extrême. Les habitants sont mal habillés, mal chaussés, parfois pieds nus. Ici aussi, le contraste avec les campagnes rwandaises est frappant, bien que le Rwanda soit lui aussi un pays pauvre. Autre différence : au Rwanda, les villageois ne demandent pas d’argent aux étrangers, alors qu’ici, les personnes seules que je croise le font quasi systématiquement. Nous croisons des dizaines de villageois, notamment des jeunes filles et de très jeunes enfants, portant sur leur dos d’énormes charges de récoltes ou de charbon de bois, attachées à leur front par un tissu. Et même des femmes portant bébé et charges ! Ces scènes offrent certes des photos "exotiques", mais la réalité est accablante. Dans ce paysage magnifique et fertile, voir ces enfants courbés sous le poids de leurs fardeaux est profondément attristant. Qu'a fait l’État congolais pour ces populations depuis l’indépendance ? Rien, encore une fois. Ah si, il a construit une ligne électrique… qui n’alimente pas les villages, mais uniquement la ferme de Kabila ! Si ces agriculteurs disposaient d’une piste en bon état, ils pourraient vendre leurs surplus alimentaires à Goma. Et les éleveur du lait et des vaches ! Mais en une journée, nous avons croisé des milliers de paysans, mais seulement quatre camions et des motos surchargées, peinant dans les montées et dévalant sans casque les descentes de ces routes chaotiques, mettant en grand dangers les passagers. Le dos meurtri, émerveillé par la beauté du paysage, mais attristé par la misère des habitants et révolté contre les dirigeants/bandits congolais, nous arrivons enfin à Nturo, village tutsi incendié en octobre 2023 (voir épisode précédent) #Kivu2025 Demain, la MONUSCO ------------------------------------------------------ ENGLISH 5. Towards Nturo Yesterday, I recounted the tragedy of Nturo. Today, the journey along the chaotic road to the burned village. Leaving Goma, we pass by the remnants of the recently evacuated Mugunga displaced persons camp. I had visited this camp in September 1994 when it was filled with Rwandan Hutu génocidaires (I will come back to this). Since then, this camp and others in the region have become the center of a massive humanitarian business (I will also return to this). Just before Saké, we catch sight of the enormous fortified camp of the FARDC, along with the South African, Tanzanian, and Malawian intervention forces—defeated but still present. In Saké, I visit the hospital where MSF-Belgium is working. Bacterial diarrhea, typhoid fever, and cholera (which is endemic in the region) are the main illnesses. Beyond Saké, the landscape gradually changes. First, the fertile plains around Goma with numerous banana plantations, then the road climbs through magnificent wooded and cultivated hills, where people live mainly from agriculture, particularly sorghum. Higher up, we reach the majestic grassy mountains of Masisi, reminiscent of Switzerland. Once, before 1994, thousands of cows grazed here. Today, only a few dozen remain. We are in livestock territory, at 2,400 meters above sea level, but there are also some potato and pea crops. Along the way, we pass traditional wooden houses—elegant, with one floor and steeply pitched roofs—but also precarious shelters made of banana stalks and covered with UNHCR tarps, salvaged from the displaced persons camps. These shelters house those whose homes were destroyed or in need of repair. I often stop to talk with returnees. All express their satisfaction at being back home, but their worries about the months ahead are omnipresent. They need seeds and hoes to cultivate their land, and some require emergency food aid. Will the World Food Programme and the FAO step up? Apart from MSF and a local church, international aid is almost nonexistent. Yet, in the camps, these same people received humanitarian assistance. The argument of insecurity does not hold: these areas are under the full control of the M23. I travel without an escort, accompanied only by a driver-translator, and never have I felt in danger. Everywhere, poverty is extreme. The inhabitants are poorly dressed, poorly shod—sometimes even barefoot. Here too, the contrast with the Rwandan countryside is striking, despite Rwanda also being a poor country. Another difference: in Rwanda, villagers do not ask foreigners for money, whereas here, lone individuals I encounter almost systematically do. We pass dozens of villagers, especially young girls and very young children, carrying enormous loads of crops or charcoal on their backs, strapped to their foreheads with fabric. And even women carrying both babies and heavy loads! These scenes may provide "exotic" photos, but the reality is heartbreaking. In this beautiful and fertile landscape, seeing these children bent under the weight of their burdens is deeply saddening. What has the Congolese state done for these people since independence? Nothing, once again. Oh, wait—it did build an electric line… which does not power the villages, only Kabila’s farm! If these farmers had a decent road, they could sell their surplus food in Goma. And the herders—their milk and cattle! But in an entire day, we have passed thousands of farmers, yet only four trucks and a few overloaded motorcycles, struggling up the hills and racing dangerously downhill without helmets, putting passengers at great risk. With aching backs, mesmerized by the beauty of the landscape but saddened by the misery of the people and outraged at the Congolese leaders-turned-bandits, we finally arrive in Nturo, the Tutsi village burned down in October 2023 (see the previous episode). #Kivu2025 Tomorrow the MONUSCO

5. Vers Nturo ENGLISH BELOW Hier j'ai raconté la drame de Nturo. Aujourd'hui le trajet sur la route chaotique vers le village incendié. En quittant Goma, nous passons devant les traces du camp de déplacés de Mugunga récemment évacué. J'avais visité ce camp en septembre 1994, alors qu'il étaient rempli de génocidaires hutus rwandais (j'y reviendrai). Depuis, ce camp et les autres dans la région sont devenus le centre d’un immense business humanitaire (j’y reviendrai aussi). Juste avant Saké, on aperçoit l’énorme camp fortifié des FARDC, ainsi que des forces d’intervention sud-africaines, tanzaniennes et malawites, vaincues mais toujours présentes. À Saké, je visite l’hôpital où MSF-Belgique intervient. Diarrhées bactériennes, fièvre typhoïde et choléra (endémique dans la région) sont les principales pathologies. Après Saké, le paysage change progressivement. D’abord, la plaine fertile autour de Goma avec des nombreuses cultures de bananiers, puis la route grimpe à travers de magnifiques collines boisées et cultivées, où les populations vivent de l’agriculture, du sorgho notamment. Plus haut, nous atteignons les majestueuses montagnes herbeuses du Masisi, qui rappellent la Suisse. Jadis, avant 1994, des milliers de vaches paissaient ici. Aujourd’hui, elles ne sont plus que quelques dizaines. Nous sommes en territoire d’éleveurs, à 2 400 mètres d’altitude, mais on voit aussi de rares cultures des pommes de terre et de petits pois. Tout au long du trajet, nous croisons des habitations traditionnelles en bois, élégantes, à un étage et aux toits très pentus, mais aussi des abris précaires faits de tiges de bananiers et recouverts de bâches du HCR, le Haut commissariat aux réfugiés, récupérées dans les camps de déplacés. Ces derniers abritent ceux dont la maison a été détruite ou nécessite une réparation. Je m’arrête souvent pour discuter avec les rapatriés. Tous expriment leur satisfaction d’être rentrés chez eux, mais l’inquiétude pour les mois à venir est omniprésente. Ils ont besoin de semences et de houes pour cultiver leurs terres, et certains ont besoin d'une aide alimentaire d’urgence. Le Programme alimentaire mondial et la FAO seront-ils à la hauteur ? À part MSF et une église locale, l’aide internationale est quasi inexistante. Pourtant, dans les camps, ces mêmes populations recevaient une assistance humanitaire. L’argument de l’insécurité ne tient pas : ces zones sont sous le contrôle total du M23. Je voyage sans escorte, simplement accompagné d’un chauffeur-traducteur, et jamais je ne me suis senti en danger. Partout, la pauvreté est extrême. Les habitants sont mal habillés, mal chaussés, parfois pieds nus. Ici aussi, le contraste avec les campagnes rwandaises est frappant, bien que le Rwanda soit lui aussi un pays pauvre. Autre différence : au Rwanda, les villageois ne demandent pas d’argent aux étrangers, alors qu’ici, les personnes seules que je croise le font quasi systématiquement. Nous croisons des dizaines de villageois, notamment des jeunes filles et de très jeunes enfants, portant sur leur dos d’énormes charges de récoltes ou de charbon de bois, attachées à leur front par un tissu. Et même des femmes portant bébé et charges ! Ces scènes offrent certes des photos "exotiques", mais la réalité est accablante. Dans ce paysage magnifique et fertile, voir ces enfants courbés sous le poids de leurs fardeaux est profondément attristant. Qu'a fait l’État congolais pour ces populations depuis l’indépendance ? Rien, encore une fois. Ah si, il a construit une ligne électrique… qui n’alimente pas les villages, mais uniquement la ferme de Kabila ! Si ces agriculteurs disposaient d’une piste en bon état, ils pourraient vendre leurs surplus alimentaires à Goma. Et les éleveur du lait et des vaches ! Mais en une journée, nous avons croisé des milliers de paysans, mais seulement quatre camions et des motos surchargées, peinant dans les montées et dévalant sans casque les descentes de ces routes chaotiques, mettant en grand dangers les passagers. Le dos meurtri, émerveillé par la beauté du paysage, mais attristé par la misère des habitants et révolté contre les dirigeants/bandits congolais, nous arrivons enfin à Nturo, village tutsi incendié en octobre 2023 (voir épisode précédent) #Kivu2025 Demain, la MONUSCO ------------------------------------------------------ ENGLISH 5. Towards Nturo Yesterday, I recounted the tragedy of Nturo. Today, the journey along the chaotic road to the burned village. Leaving Goma, we pass by the remnants of the recently evacuated Mugunga displaced persons camp. I had visited this camp in September 1994 when it was filled with Rwandan Hutu génocidaires (I will come back to this). Since then, this camp and others in the region have become the center of a massive humanitarian business (I will also return to this). Just before Saké, we catch sight of the enormous fortified camp of the FARDC, along with the South African, Tanzanian, and Malawian intervention forces—defeated but still present. In Saké, I visit the hospital where MSF-Belgium is working. Bacterial diarrhea, typhoid fever, and cholera (which is endemic in the region) are the main illnesses. Beyond Saké, the landscape gradually changes. First, the fertile plains around Goma with numerous banana plantations, then the road climbs through magnificent wooded and cultivated hills, where people live mainly from agriculture, particularly sorghum. Higher up, we reach the majestic grassy mountains of Masisi, reminiscent of Switzerland. Once, before 1994, thousands of cows grazed here. Today, only a few dozen remain. We are in livestock territory, at 2,400 meters above sea level, but there are also some potato and pea crops. Along the way, we pass traditional wooden houses—elegant, with one floor and steeply pitched roofs—but also precarious shelters made of banana stalks and covered with UNHCR tarps, salvaged from the displaced persons camps. These shelters house those whose homes were destroyed or in need of repair. I often stop to talk with returnees. All express their satisfaction at being back home, but their worries about the months ahead are omnipresent. They need seeds and hoes to cultivate their land, and some require emergency food aid. Will the World Food Programme and the FAO step up? Apart from MSF and a local church, international aid is almost nonexistent. Yet, in the camps, these same people received humanitarian assistance. The argument of insecurity does not hold: these areas are under the full control of the M23. I travel without an escort, accompanied only by a driver-translator, and never have I felt in danger. Everywhere, poverty is extreme. The inhabitants are poorly dressed, poorly shod—sometimes even barefoot. Here too, the contrast with the Rwandan countryside is striking, despite Rwanda also being a poor country. Another difference: in Rwanda, villagers do not ask foreigners for money, whereas here, lone individuals I encounter almost systematically do. We pass dozens of villagers, especially young girls and very young children, carrying enormous loads of crops or charcoal on their backs, strapped to their foreheads with fabric. And even women carrying both babies and heavy loads! These scenes may provide "exotic" photos, but the reality is heartbreaking. In this beautiful and fertile landscape, seeing these children bent under the weight of their burdens is deeply saddening. What has the Congolese state done for these people since independence? Nothing, once again. Oh, wait—it did build an electric line… which does not power the villages, only Kabila’s farm! If these farmers had a decent road, they could sell their surplus food in Goma. And the herders—their milk and cattle! But in an entire day, we have passed thousands of farmers, yet only four trucks and a few overloaded motorcycles, struggling up the hills and racing dangerously downhill without helmets, putting passengers at great risk. With aching backs, mesmerized by the beauty of the landscape but saddened by the misery of the people and outraged at the Congolese leaders-turned-bandits, we finally arrive in Nturo, the Tutsi village burned down in October 2023 (see the previous episode). #Kivu2025 Tomorrow the MONUSCO

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Rwanda - RDC : Les FDLR sont complètement intégrés dans les FARDC - ENGLISH BELOW Au cours de mon séjour au Kivu, j'ai recueilli plusieurs témoignages sur les FDLR. Selon mes sources, leur effectif aurait doublé depuis qu’ils sont armés, équipés et financés par Félix Tshisekedi, dans le cadre de sa guerre contre le M23. S’ils disposent d’unités autonomes très bien organisées – bien mieux que les FARDC – ils sont aussi totalement intégrés dans la chaîne de commandement de ces dernières. Parmi les témoignages recueillis sur les liens étroits et l’harmonie totale entre le FDLR et les FARDC, figure celui d’un gamin qui venait d'avoir 13 ans (!) recruté de force et qui est resté six ans dans cette armée. Il explique qu’à partir de 2022, il recevait sa solde mensuelle (120 dollars) via les FARDC. Autre témoignage marquant : celui du capitaine des FARDC qui commandait la défense de la mine de Rubaya. Ravitaillement par hélicoptère, commandement, opérations : la coordination était totale entre les FDLR, les Wazalendos et les FARDC. Plus grave encore, après 30 ans de complicité sur le terrain, de nombreux cadres du FDLR ont été intégrés dans les FARDC, y compris à des postes de commandement, car ils sont souvent de meilleurs officiers. La communauté internationale, qui a qualifié le FDLR de mouvement terroriste, refuse de tirer les conséquences de cette intégration dans les FARDC. Se débarrasser des FDLR, qui bénéficie également de relais en Europe (notamment sous forme d’ONG “de défense des droits de l’homme”), s’avère une tâche très, très compliquée – voire impossible – sans une refonte totale des FARDC. #Kivu2025 ----------------------------------------- ENGLISH - Rwanda – DRC: The FDLR are fully Integrated into the FARDC During my stay in Kivu, I gathered several testimonies about the FDLR. According to my sources, their numbers have doubled since they have been armed, equipped, and funded by Félix Tshisekedi, as part of his war against the M23. Although they have highly organized autonomous units – far better organized than the FARDC – they are also fully integrated into the FARDC's chain of command. Among the testimonies highlighting the close ties and complete coordination between the FDLR and the FARDC is that of a young boy who was forcibly recruited at the age of 12 (!) and remained in the force for six years. He explained that starting in 2022, he received his monthly salary ($120) through the FARDC. Another striking testimony came from the FARDC captain in charge of defending the Rubaya mine. Resupply by helicopter, command, operations – coordination was complete between the FDLR, the Wazalendos, and the FARDC. Even more concerning, after 30 years of on-the-ground cooperation, many FDLR officers have been integrated into the FARDC, including in command positions, as they are often more capable officers. The international community, which has labeled the FDLR a terrorist organization, refuses to acknowledge the implications of this integration into the FARDC. Getting rid of the FDLR – who also have support networks in Europe (notably through so-called “human rights NGOs”) – is proving to be a very, very difficult task, if not an impossible one, without a complete overhaul of the FARDC. #Kivu2025 Maxime PREVOT 🇧🇪 Belgium MFA Department of State U.S. Senior Advisor for Arab and African Affairs Chef de Mission - Ambassade des États-Unis à Kin U.S. Embassy Kigali EU Delegation to Rwanda UE en RDC🇪🇺 Lawrence KANYUKA Ministry of Foreign Affairs & Int'l Cooperation Olivier J.P. Nduhungirehe Yolande Makolo 🇷🇼 AFC-Alliance Fleuve Congo Olivier Kamitatu Etsu Kaja Kallas Presidency | Rwanda Corneille Nangaa African Union Bureau of African Affairs Francesco Commission des Affaires étrangères EU La Libre Afrique RFI Afrique BBC News Afrique DW Afrique Jeune Afrique Agence France-Presse Le Monde Afrique TV5MONDE Afrique IGIHE The New Times (Rwanda) Kigali Today Rwanda Broadcasting Agency (RBA) Roxane de Bilderling Belgique en RDCongo Renaud Girard

Alain Destexhe

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L’aéroport de Goma n’est pas fonctionnel ! English below Pour acheminer de l’aide humanitaire, l’Union européenne demande la réouverture de l’aéroport de Goma. Le général Makenda (M23, voir post d’hier) est d’accord, mais l’aéroport n’est pas opérationnel. Comme TEDDY MAZINA, j'ai constaté que : 1. La tour de contrôle a été complètement saccagée. Le matériel électronique a disparu, les FARDC (Forces armées de la RDCongo) ont tout détruit : les tableaux électriques ont été endommagés, et même la porte de l’ascenseur a été enfoncée ! 2. La piste est encombrée d’engins de débarquement des passagers, de voitures et de camions, que le M23 soupçonne d’être piégés.Tous les 100 mètres environ, la piste est couverte de positions de défense faites de sacs de terre, qui pourraient également être piégés. La piste elle-même présente des trous causés par l’impact d’obus. 3. Le terrain herbeux autour de l’aéroport, notamment dans la direction où les postes de défense étaient censés tirer, pourrait aussi être miné. Pour rendre l’aéroport fonctionnel, il faudrait dégager la piste, la réparer et rééquiper la tour de contrôle, mais, selon les règles internationales, il faudrait aussi que Kinshasa donne son accord ! Hadja Lahbib #Kivu2025 Goma Airport is not operational! To facilitate the delivery of humanitarian aid, the European Union is calling for the reopening of Goma Airport. General Makenda (M23, see yesterday’s post) agrees, but the airport is not operational. Like Teddy Massima, I was able to see this firsthand (photos and videos). 1. The control tower has been completely ransacked. The electronic equipment is missing, the FARDC (Armed Forces of the DRC) have destroyed everything: electrical panels have been damaged, and even the elevator door has been broken down! Helmets and bulletproof vests are still scattered on the ground. 2. The runway is cluttered with passenger disembarkation equipment, cars, and trucks, which the M23 fears might be booby-trapped. Every 100 meters or so, the runway is covered with defensive positions made of sandbags, which could also be rigged with explosives. What if a mine exploded when moving a bag? The runway itself has several craters caused by shell impacts. 3. The grassy area around the airport, especially in the direction where the defensive positions were supposed to fire, could also be mined. To make the airport functional, the runway would have to be cleared, repaired and the control tower re-equipped, but according to international rules, Kinshasa would also have to give its consent! Olivier J.P. Nduhungirehe Hadja Lahbib Maxime PREVOT Mario Nawfal

Alain Destexhe

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9. Revenus au Kivu (RDC) pour reconstruire leur pays d'origine - ENGLISH BELOW #Kivu2025 Parmi les choses qui m’impressionnent vraiment à Goma, il y a les natifs du Kivu qui reviennent dans leur région pour reconstruire un pays dévasté. Ils ont souvent des parcours extraordinaires. Prenons l’exemple de Willy Manzi Manzi Willy (vidéo) , le nouveau vice-gouverneur de la province du Nord-Kivu. Sa famille a dû fuir l’est du Congo lorsque les génocidaires rwandais, en fuite après leurs crimes, se sont réfugiés au Congo. Il a passé près de vingt ans dans un camp de réfugiés avant d’avoir la chance de poursuivre des études et de s’installer au Canada. Là-bas, il menait une vie stable : il avait une bonne situation professionnelle et avait fondé une famille. Mais après la récente prise de Goma, il a décidé de revenir, déterminé à mettre ses compétences au service de la population. J’ai pu constater, par exemple, comment, malgré des moyens très limités et les blocages venant de Kinshasa, la province du Nord-Kivu a commencé à réparer des routes dans un état déplorable (voir photos). Des personnes comme le vice-gouverneur Manzi, il y en a des centaines qui rejoignent le Congo aujourd’hui — comme il y en a eu des dizaines de milliers qui sont retournés au Rwanda après le génocide des Tutsis en 1994. Je trouve cela remarquable. ------------------------------------------------- Returned to Kivu (DRC) to Rebuild Their Homeland One of the things that truly impresses me in Goma is seeing natives of Kivu return to their region to help rebuild a devastated country. They often have extraordinary life stories. Take the example of Willy Manzi Manzi Willy (video) , the newly appointed Vice-Governor of North Kivu Province. His family had to flee eastern Congo when the Rwandan genocidaires, fleeing after their crimes, took refuge in the Congo. He spent nearly twenty years in a refugee camp before getting the opportunity to study and eventually settle in Canada. There, he lived a stable life: he had a good professional career and had started a family. But after the recent takeover of Goma, he decided to return, determined to put his skills to work for the benefit of the population. I saw firsthand how, despite very limited resources and obstacles coming from Kinshasa, the province of North Kivu began to repair roads that were in terrible condition (see photo). There are hundreds of people like Vice-Governor Manzi returning to Congo today — just as there were tens of thousands who returned to Rwanda after the 1994 genocide against the Tutsis. I find this remarkable.

Alain Destexhe

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Les leaders FDLR sont des monstres (4) . ENGLISH BELOW Ce garçon a été enrôlé par les FDLR au Congo à 13 ans. Dans quelles circonstances ? « Je n’avais pas le choix. » Il m’explique que les FDLR, ce n’est pas une milice désorganisée. C’est une armée. Une vraie. D’abord six mois de formation dans un centre d’instruction. Puis, il est versé dans une unité d’élite : les CRAP – Commandement, Recherche et Action en Profondeur. Avec eux, il mène des opérations, y compris au Rwanda. Il est armé d’une mitrailleuse PKM, qu’il utilise avec l’aide d’un pourvoyeur. Il ne veut pas entrer dans les détails : « À la guerre, on tue. C’est la guerre. » Dans les bases FDLR, il y a même des écoles pour enfants. Des infirmiers font office de médecins. Il accompagne parfois ses chefs à des réunions avec les FARDC (armée congolaise). À partir de 2021, cette collaboration s’intensifie. Les FARDC livrent de la nourriture : pâtes, haricots, pommes de terre. En camions militaires. Puis, à partir de 2022, les FDLR commencent à être payés directement via les FARDC. Lui, caporal, touche 120 dollars par mois. Les simples soldats 60. C’est plus que ce que gagne un ouvrier non qualifié en RDC. En 2024, il a 18 ans. Quelque chose se fissure. Il comprend enfin que leurs cibles ne sont pas que des militaires. Ce sont aussi des civils. Des gens comme lui. Qui parlent la même langue. Il se souvient qu’il est rwandais. Il ne veut plus tuer ses frères. En février 2025, il prend la décision la plus risquée de sa vie : fuir. Quitter les FDLR, c’est risquer la mort. Alors il se débrouille pour se faire une fausse identité, une carte d’électeur congolaise. Il économise un peu d’argent. Puis un soir, il s’en va. Dix kilomètres dans la nuit noire, à pied. Il atteint Goma. Il est arrêté deux fois par le M23. Mais sa carte d’électeur – qui fait office de carte d’identité au Congo – le sauve. On le laisse passer. Quand je le rencontre, il a 19 ans, mais il a l'air d'un enfant. Calme. Trop calme. Il parle lentement, sans expression. Il se débrouille encore en français, appris à l’école primaire, mais qu’il n’a plus pratiqué depuis des années. Il n’a pas vu ses parents depuis ses 13 ans ! Sa famille le croyait mort. Ils avaient même organisé des funérailles. . Ceux qui brisent des vies comme la sienne sont des monstres. Les leaders FDLR sont des monstres. #Kivu2025 -------------------------------------------- The FDLR leaders are monsters. This boy was recruited by the FDLR when he had just turned 13. Under what circumstances? "I had no choice." He tells me the FDLR aren’t just a militia. They’re a real army. First, six months of training in a military camp. Then he’s placed in an elite unit: the CRAP – Command, Reconnaissance and Deep Action. With them, he carries out operations, including inside Rwanda. He’s armed with a PKM machine gun, operated with the help of an ammo loader. He doesn’t want to go into detail: “In war, you kill. It’s war,” he says simply. In the FDLR bases, there are even schools for children. Medics act as doctors. He sometimes accompanied his commanders to meetings directly with the FARDC — the Congolese army. From 2021, cooperation with the FARDC intensifies. They start delivering food — pasta, beans, potatoes — in FARDC trucks. Then, from 2022, the FDLR fighters are directly paid by the FARDC. As a corporal, he earns $120 a month. Regular soldiers get $60. That’s more than an unskilled worker in Congo. In 2024, he turns 18. Something shifts. He realizes their attacks also target civilians — people like him, speaking the same language. He remembers he’s Rwandan. He no longer wants to kill his own people. In February 2025, he makes the bravest decision of his life: to leave. Fleeing the FDLR means risking death. So he works on building a false identity, gets a Congolese voter card — which serves as an ID in Congo. He saves a bit of money. One night, he escapes. Walks ten kilometers through the forest, in the dark. He reaches Goma. He’s stopped twice by M23 rebels. But thanks to the voter card, they let him through. When I meet him, he’s 19. But he still looks like a child. He’s strangely calm, speaks slowly, his face blank. He can still speak some French, learned in primary school, but he hasn’t used it in years. He hasn’t seen his parents since he was 13. His family thought he was dead. They even held a funeral for him. The people who destroy children like this are monsters. The FDLR are monsters. #Kivu2025

Alain Destexhe

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6. Nturo, un village martyr, évacué trois fois en 30 ans Le village de Nturo, peuplé au départ de 800 familles, illustre tragiquement le sort des Tutsis congolais. Trois fois depuis 1994, ces éleveurs ont dû abandonner leurs terres. Presque toutes leurs vaches ont été massacrées, et nombre d’entre eux ont été tués par les milices qui sévissent dans la région. Dès 1995, les génocidaires hutus et l’armée rwandaise défaite ont commencé à s’aventurer toujours plus loin à partir des camps de Goma, où ils étaient généreusement assistés par les organisations internationales, qui fermaient les yeux sur le fait qu’elles aidaient des assassins (y compris les femmes, souvent complices du génocide). Le bétail volé était abattu dans des abattoirs financés par l’aide internationale ! Dépouillés, menacés de mort simplement parce qu’ils étaient tutsis – et pour les génocidaires, il s’agissait d’achever le “travail” – ils ont dû se réfugier au Rwanda ou en Ouganda, où ils ont vécu dans des camps pendant des années. Le 5 octobre 2023, le village a été incendié par la milice hutue Nyatura, les FDLR et les FARDC. Les troupes burundaises, présentes dans le cadre d’un des multiples “accords de paix”, campaient sur une colline à quelques centaines de mètres. Elles sont restées l’arme au pied, en parfaite complicité avec les incendiaires. Les habitants, ayant eu le temps de fuir à Bwiza, en zone contrôlée par le M23, sont revenus deux mois plus tard, après la reprise de la zone par ce dernier. Ils ont trouvé leur village entièrement dévasté. Depuis, ils l’ont reconstruit, mais de manière plus concentrée : les habitations isolées – que l’on voit brûler sur les images – ont été jugées trop difficiles à défendre. Le travail accompli est impressionnant. Le bois neuf témoigne de la reconstruction récente. En journée, lors de ma visite, un seul groupe électrogène fonctionne. À quelques kilomètres de là, on voit la ligne électrique qui alimente la ferme de Kabila mais aucun village. Ces Tutsis congolais, enracinés dans le Masisi depuis toujours, ont été chassés trois fois de leurs terres en trente ans, la dernière fois il y a moins de deux ans. Ils ont été massacrés, leur bétail volé ou tué. Pourquoi feraient-ils confiance aux autorités de Kinshasa ou à la “communauté internationale” ? Le M23 est leur seul protecteur, le seul garant de leur survie. L’alternative ? Au pire, la mort. Au mieux, une vie indigne dans un camp de réfugiés dans un autre pays que le leur, sous l’assistance des ONG et des Nations Unies, le camp du bien et de la bien-pensance du monde occidental. Nturo est loin d'être un cas isolé, des centaines de villages ont vécu pire. Pour l'ONU, l'Union européenne, la Belgique ces gens n'ont sans doute pas le droit de vivre ... #Kivu2025 Légende : l'incendie du village, une partie reconstruite Plus d'images sur et

Alain Destexhe

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Nturo, a martyred village, evacuated three times in 30 years (Original in French published yesterday) The village of Nturo tragically illustrates the fate of Congolese Tutsis. Three times since 1994, these cattle herders have been forced to abandon their lands. Nearly all their cows have been slaughtered, and many of them have been killed by the militias rampant in the region. As early as 1995, Hutu génocidaires and the defeated Rwandan army began venturing farther and farther from the Goma camps, where they were generously assisted by international organizations that turned a blind eye to the fact that they were aiding murderers (including women, often complicit in the genocide). Stolen cattle were slaughtered in abattoirs funded by international aid! Stripped of their belongings and threatened with death simply for being Tutsis - and for the génocidaires, it was about finishing the “job” - they were forced to seek refuge in Rwanda or Uganda, where they lived in camps for years. On October 5, 2023, the village was set ablaze by the Hutu Nyatura militia, the FDLR, and the FARDC. Burundian troops, present as part of one of the many “peace agreements,” were camped on a hill just a few hundred meters away. They stood by, weapons at rest, in perfect complicity with the arsonists. The residents, having had time to flee to Bwiza in an area controlled by the M23, returned two months later after the zone was retaken by the latter. They found their village completely devastated. Since then, they have rebuilt it, but in a more concentrated manner: isolated homes—seen burning in the images—were deemed too difficult to defend. The work accomplished is impressive. Freshly cut wood bears witness to the recent reconstruction. During my daytime visit, only one generator was running. A few kilometers away, you can see the power line supplying Kabila’s farm, but no village benefits from it. These Congolese Tutsis, rooted in Masisi since time immemorial, have been driven from their lands three times in thirty years, the most recent being less than two years ago. They have been massacred, their cattle stolen or killed. Why would they trust the authorities in Kinshasa or the “international community”? The M23 is their only protector, the sole guarantor of their survival. The alternative? At worst, death. At best, an undignified life in a refugee camp in a country not their own. Olivier J.P. Nduhungirehe Yolande Makolo 🇷🇼 Hege Solskinnsbakk

Alain Destexhe

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