
Alain Destexhe
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Médecin, ex : sénateur, SG MSF, prés Crisis Group. Contributeur Figaro, CNews, Causeur. https://t.co/hYeUIh4xD3
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Goma, RDC. Je viens de passer quelques jours à Goma, en République démocratique du Congo, et dans les zones environnantes sous le contrôle du M23. #Kivu2025 1. Goma, une ville apaisée Tombée le 27 janvier 2025, la ville de Goma présente aujourd'hui un visage calme et une apparente normalité. Les rues sont animées, les habitants vaquent à leurs occupations et, à l'exception des banques, tous les commerces sont ouverts. La présence policière et militaire est très discrète, et un ordre nouveau semble s'être installé, contrastant avec le chaos précédent. Les automobilistes respectent désormais les feux rouges et ne sont plus victimes de rackets policiers. La réputation des forces du M23, perçues comme incorruptibles, marque une rupture nette avec la situation antérieure. Autre changement frappant : la propreté de la ville. Jadis envahie par les détritus, elle a été nettoyée lors du Salongo, un travail communautaire organisé par les nouvelles autorités. On aperçoit encore ici ou là quelques tas de déchets regroupés en cours d'évacuation. L'accès à la ville s'étant amélioré depuis les campagnes environnantes et le Rwanda, les prix de certains produits de base, comme les haricots et les pommes de terre, ont baissé. Auparavant, les transporteurs étaient entravés par des interdictions ou des taxes arbitraires le long des routes, ce qui freinait le commerce.
Alain Destexhe482,575 次观看 • 1 年前

Rwanda - RDC : Les FDLR sont complètement intégrés dans les FARDC - ENGLISH BELOW Au cours de mon séjour au Kivu, j'ai recueilli plusieurs témoignages sur les FDLR. Selon mes sources, leur effectif aurait doublé depuis qu’ils sont armés, équipés et financés par Félix Tshisekedi, dans le cadre de sa guerre contre le M23. S’ils disposent d’unités autonomes très bien organisées – bien mieux que les FARDC – ils sont aussi totalement intégrés dans la chaîne de commandement de ces dernières. Parmi les témoignages recueillis sur les liens étroits et l’harmonie totale entre le FDLR et les FARDC, figure celui d’un gamin qui venait d'avoir 13 ans (!) recruté de force et qui est resté six ans dans cette armée. Il explique qu’à partir de 2022, il recevait sa solde mensuelle (120 dollars) via les FARDC. Autre témoignage marquant : celui du capitaine des FARDC qui commandait la défense de la mine de Rubaya. Ravitaillement par hélicoptère, commandement, opérations : la coordination était totale entre les FDLR, les Wazalendos et les FARDC. Plus grave encore, après 30 ans de complicité sur le terrain, de nombreux cadres du FDLR ont été intégrés dans les FARDC, y compris à des postes de commandement, car ils sont souvent de meilleurs officiers. La communauté internationale, qui a qualifié le FDLR de mouvement terroriste, refuse de tirer les conséquences de cette intégration dans les FARDC. Se débarrasser des FDLR, qui bénéficie également de relais en Europe (notamment sous forme d’ONG “de défense des droits de l’homme”), s’avère une tâche très, très compliquée – voire impossible – sans une refonte totale des FARDC. #Kivu2025 ----------------------------------------- ENGLISH - Rwanda – DRC: The FDLR are fully Integrated into the FARDC During my stay in Kivu, I gathered several testimonies about the FDLR. According to my sources, their numbers have doubled since they have been armed, equipped, and funded by Félix Tshisekedi, as part of his war against the M23. Although they have highly organized autonomous units – far better organized than the FARDC – they are also fully integrated into the FARDC's chain of command. Among the testimonies highlighting the close ties and complete coordination between the FDLR and the FARDC is that of a young boy who was forcibly recruited at the age of 12 (!) and remained in the force for six years. He explained that starting in 2022, he received his monthly salary ($120) through the FARDC. Another striking testimony came from the FARDC captain in charge of defending the Rubaya mine. Resupply by helicopter, command, operations – coordination was complete between the FDLR, the Wazalendos, and the FARDC. Even more concerning, after 30 years of on-the-ground cooperation, many FDLR officers have been integrated into the FARDC, including in command positions, as they are often more capable officers. The international community, which has labeled the FDLR a terrorist organization, refuses to acknowledge the implications of this integration into the FARDC. Getting rid of the FDLR – who also have support networks in Europe (notably through so-called “human rights NGOs”) – is proving to be a very, very difficult task, if not an impossible one, without a complete overhaul of the FARDC. #Kivu2025 Maxime PREVOT 🇧🇪 Belgium MFA Department of State U.S. Senior Advisor for Arab and African Affairs Chef de Mission - Ambassade des États-Unis à Kin U.S. Embassy Kigali EU Delegation to Rwanda UE en RDC🇪🇺 Lawrence KANYUKA Ministry of Foreign Affairs & Int'l Cooperation Olivier J.P. Nduhungirehe Yolande Makolo 🇷🇼 AFC-Alliance Fleuve Congo Olivier Kamitatu Etsu Kaja Kallas Presidency | Rwanda Corneille Nangaa African Union Bureau of African Affairs Francesco Commission des Affaires étrangères EU La Libre Afrique RFI Afrique BBC News Afrique DW Afrique Jeune Afrique Agence France-Presse Le Monde Afrique TV5MONDE Afrique IGIHE The New Times (Rwanda) Kigali Today Rwanda Broadcasting Agency (RBA) Roxane de Bilderling Belgique en RDCongo Renaud Girard
Alain Destexhe209,000 次观看 • 1 年前

L’aéroport de Goma n’est pas fonctionnel ! English below Pour acheminer de l’aide humanitaire, l’Union européenne demande la réouverture de l’aéroport de Goma. Le général Makenda (M23, voir post d’hier) est d’accord, mais l’aéroport n’est pas opérationnel. Comme TEDDY MAZINA, j'ai constaté que : 1. La tour de contrôle a été complètement saccagée. Le matériel électronique a disparu, les FARDC (Forces armées de la RDCongo) ont tout détruit : les tableaux électriques ont été endommagés, et même la porte de l’ascenseur a été enfoncée ! 2. La piste est encombrée d’engins de débarquement des passagers, de voitures et de camions, que le M23 soupçonne d’être piégés.Tous les 100 mètres environ, la piste est couverte de positions de défense faites de sacs de terre, qui pourraient également être piégés. La piste elle-même présente des trous causés par l’impact d’obus. 3. Le terrain herbeux autour de l’aéroport, notamment dans la direction où les postes de défense étaient censés tirer, pourrait aussi être miné. Pour rendre l’aéroport fonctionnel, il faudrait dégager la piste, la réparer et rééquiper la tour de contrôle, mais, selon les règles internationales, il faudrait aussi que Kinshasa donne son accord ! Hadja Lahbib #Kivu2025 Goma Airport is not operational! To facilitate the delivery of humanitarian aid, the European Union is calling for the reopening of Goma Airport. General Makenda (M23, see yesterday’s post) agrees, but the airport is not operational. Like Teddy Massima, I was able to see this firsthand (photos and videos). 1. The control tower has been completely ransacked. The electronic equipment is missing, the FARDC (Armed Forces of the DRC) have destroyed everything: electrical panels have been damaged, and even the elevator door has been broken down! Helmets and bulletproof vests are still scattered on the ground. 2. The runway is cluttered with passenger disembarkation equipment, cars, and trucks, which the M23 fears might be booby-trapped. Every 100 meters or so, the runway is covered with defensive positions made of sandbags, which could also be rigged with explosives. What if a mine exploded when moving a bag? The runway itself has several craters caused by shell impacts. 3. The grassy area around the airport, especially in the direction where the defensive positions were supposed to fire, could also be mined. To make the airport functional, the runway would have to be cleared, repaired and the control tower re-equipped, but according to international rules, Kinshasa would also have to give its consent! Olivier J.P. Nduhungirehe Hadja Lahbib Maxime PREVOT Mario Nawfal
Alain Destexhe73,096 次观看 • 1 年前

"L'est du congo, c'est le Congo libre.... Tous ceux qui sont victimes du tribalisme, des divisions de Tshisekedi ont ici un terrain favorable et sont en train de venir..." Interview de Corneille Nangaa coordinateur de AFC-Alliance Fleuve Congo / M23RDCONGO en ligne demain à 12heures #Kivu2025
Alain Destexhe46,369 次观看 • 1 年前

L'AFC/M23 est l'espoir de la RDC - Interview à Goma de Corneille Nangaa, coordinateur de l'Alliance Fleuve Congo/M23 "Tshisekedi ne comprend que le langage de la force Il ne veut pas la paix". "L’est du Congo, c’est le Congo libre". "Personne n’a choisi son ethnie. Nous sommes tous des Congolais et personne ne peut nous enlever ce droit". "À Kinshasa, on enferme les opposants surtout les Baswahili". "29 généraux des FARDC ont été arrêtés. Il a détruit l'armée congolaise". "Tshisekedi punit les population de l'est. Il bloque l'argent dans les banques. Il n’aurait jamais fait cela si c’était au Kasaï". "C'est un tribaliste, un semeur de divisions, Il devra répondre de ses actes". "Nous sommes l’alternative face au désordre de Kinshasa". "Nous voulons un État moderne, un pays réconcilié, en paix avec lui-même et aussi avec ses voisins". #KIVU2025 Demain une réponse à la scandaleuse tribune de Denis Mukwege dans Le Monde
Alain Destexhe41,383 次观看 • 1 年前

9. Revenus au Kivu (RDC) pour reconstruire leur pays d'origine - ENGLISH BELOW #Kivu2025 Parmi les choses qui m’impressionnent vraiment à Goma, il y a les natifs du Kivu qui reviennent dans leur région pour reconstruire un pays dévasté. Ils ont souvent des parcours extraordinaires. Prenons l’exemple de Willy Manzi Manzi Willy (vidéo) , le nouveau vice-gouverneur de la province du Nord-Kivu. Sa famille a dû fuir l’est du Congo lorsque les génocidaires rwandais, en fuite après leurs crimes, se sont réfugiés au Congo. Il a passé près de vingt ans dans un camp de réfugiés avant d’avoir la chance de poursuivre des études et de s’installer au Canada. Là-bas, il menait une vie stable : il avait une bonne situation professionnelle et avait fondé une famille. Mais après la récente prise de Goma, il a décidé de revenir, déterminé à mettre ses compétences au service de la population. J’ai pu constater, par exemple, comment, malgré des moyens très limités et les blocages venant de Kinshasa, la province du Nord-Kivu a commencé à réparer des routes dans un état déplorable (voir photos). Des personnes comme le vice-gouverneur Manzi, il y en a des centaines qui rejoignent le Congo aujourd’hui — comme il y en a eu des dizaines de milliers qui sont retournés au Rwanda après le génocide des Tutsis en 1994. Je trouve cela remarquable. ------------------------------------------------- Returned to Kivu (DRC) to Rebuild Their Homeland One of the things that truly impresses me in Goma is seeing natives of Kivu return to their region to help rebuild a devastated country. They often have extraordinary life stories. Take the example of Willy Manzi Manzi Willy (video) , the newly appointed Vice-Governor of North Kivu Province. His family had to flee eastern Congo when the Rwandan genocidaires, fleeing after their crimes, took refuge in the Congo. He spent nearly twenty years in a refugee camp before getting the opportunity to study and eventually settle in Canada. There, he lived a stable life: he had a good professional career and had started a family. But after the recent takeover of Goma, he decided to return, determined to put his skills to work for the benefit of the population. I saw firsthand how, despite very limited resources and obstacles coming from Kinshasa, the province of North Kivu began to repair roads that were in terrible condition (see photo). There are hundreds of people like Vice-Governor Manzi returning to Congo today — just as there were tens of thousands who returned to Rwanda after the 1994 genocide against the Tutsis. I find this remarkable.
Alain Destexhe34,741 次观看 • 1 年前

Les leaders FDLR sont des monstres (4) . ENGLISH BELOW Ce garçon a été enrôlé par les FDLR au Congo à 13 ans. Dans quelles circonstances ? « Je n’avais pas le choix. » Il m’explique que les FDLR, ce n’est pas une milice désorganisée. C’est une armée. Une vraie. D’abord six mois de formation dans un centre d’instruction. Puis, il est versé dans une unité d’élite : les CRAP – Commandement, Recherche et Action en Profondeur. Avec eux, il mène des opérations, y compris au Rwanda. Il est armé d’une mitrailleuse PKM, qu’il utilise avec l’aide d’un pourvoyeur. Il ne veut pas entrer dans les détails : « À la guerre, on tue. C’est la guerre. » Dans les bases FDLR, il y a même des écoles pour enfants. Des infirmiers font office de médecins. Il accompagne parfois ses chefs à des réunions avec les FARDC (armée congolaise). À partir de 2021, cette collaboration s’intensifie. Les FARDC livrent de la nourriture : pâtes, haricots, pommes de terre. En camions militaires. Puis, à partir de 2022, les FDLR commencent à être payés directement via les FARDC. Lui, caporal, touche 120 dollars par mois. Les simples soldats 60. C’est plus que ce que gagne un ouvrier non qualifié en RDC. En 2024, il a 18 ans. Quelque chose se fissure. Il comprend enfin que leurs cibles ne sont pas que des militaires. Ce sont aussi des civils. Des gens comme lui. Qui parlent la même langue. Il se souvient qu’il est rwandais. Il ne veut plus tuer ses frères. En février 2025, il prend la décision la plus risquée de sa vie : fuir. Quitter les FDLR, c’est risquer la mort. Alors il se débrouille pour se faire une fausse identité, une carte d’électeur congolaise. Il économise un peu d’argent. Puis un soir, il s’en va. Dix kilomètres dans la nuit noire, à pied. Il atteint Goma. Il est arrêté deux fois par le M23. Mais sa carte d’électeur – qui fait office de carte d’identité au Congo – le sauve. On le laisse passer. Quand je le rencontre, il a 19 ans, mais il a l'air d'un enfant. Calme. Trop calme. Il parle lentement, sans expression. Il se débrouille encore en français, appris à l’école primaire, mais qu’il n’a plus pratiqué depuis des années. Il n’a pas vu ses parents depuis ses 13 ans ! Sa famille le croyait mort. Ils avaient même organisé des funérailles. . Ceux qui brisent des vies comme la sienne sont des monstres. Les leaders FDLR sont des monstres. #Kivu2025 -------------------------------------------- The FDLR leaders are monsters. This boy was recruited by the FDLR when he had just turned 13. Under what circumstances? "I had no choice." He tells me the FDLR aren’t just a militia. They’re a real army. First, six months of training in a military camp. Then he’s placed in an elite unit: the CRAP – Command, Reconnaissance and Deep Action. With them, he carries out operations, including inside Rwanda. He’s armed with a PKM machine gun, operated with the help of an ammo loader. He doesn’t want to go into detail: “In war, you kill. It’s war,” he says simply. In the FDLR bases, there are even schools for children. Medics act as doctors. He sometimes accompanied his commanders to meetings directly with the FARDC — the Congolese army. From 2021, cooperation with the FARDC intensifies. They start delivering food — pasta, beans, potatoes — in FARDC trucks. Then, from 2022, the FDLR fighters are directly paid by the FARDC. As a corporal, he earns $120 a month. Regular soldiers get $60. That’s more than an unskilled worker in Congo. In 2024, he turns 18. Something shifts. He realizes their attacks also target civilians — people like him, speaking the same language. He remembers he’s Rwandan. He no longer wants to kill his own people. In February 2025, he makes the bravest decision of his life: to leave. Fleeing the FDLR means risking death. So he works on building a false identity, gets a Congolese voter card — which serves as an ID in Congo. He saves a bit of money. One night, he escapes. Walks ten kilometers through the forest, in the dark. He reaches Goma. He’s stopped twice by M23 rebels. But thanks to the voter card, they let him through. When I meet him, he’s 19. But he still looks like a child. He’s strangely calm, speaks slowly, his face blank. He can still speak some French, learned in primary school, but he hasn’t used it in years. He hasn’t seen his parents since he was 13. His family thought he was dead. They even held a funeral for him. The people who destroy children like this are monsters. The FDLR are monsters. #Kivu2025
Alain Destexhe32,867 次观看 • 1 年前

10. Marqué à vie parce que Tutsi - ENGLISH Below Pour terminer le témoignage de mon ami P. Vidéo de 1' en français. Enfant, il a dû fuir le Kivu (RDC) lorsque les génocidaires de 1994 s’en sont pris aux Tutsis de la région, pour, comme ils le disaient eux-même , "achever le travail". Réfugié au Rwanda, il a vu sa famille décimée lors d'une incursion des Interahamwe/FDLR. Lui a survécu, mais il en garde à jamais les marques sur son visage. Quel monstre peut porter un coup de machette au visage d’un enfant de 9 ans ? --------------------------------------------- 10. Marked for Life Because He Was Tutsi To conclude the testimony of my friend P. 19" video in English As a child, he had to flee the Kivu region when the 1994 génocidaires turned on the local Tutsis, aiming, as they put it, "to finish the job." He took refuge in Rwanda, where he witnessed the massacre of his family during a raid by the Interahamwe/FDLR. He survived, but the scars on his face will remain forever. What kind of monster strikes a 9-year-old child in the face with a machete? #Kivu2025 #Kivu2025
Alain Destexhe21,603 次观看 • 11 个月前

6. Nturo, un village martyr, évacué trois fois en 30 ans Le village de Nturo, peuplé au départ de 800 familles, illustre tragiquement le sort des Tutsis congolais. Trois fois depuis 1994, ces éleveurs ont dû abandonner leurs terres. Presque toutes leurs vaches ont été massacrées, et nombre d’entre eux ont été tués par les milices qui sévissent dans la région. Dès 1995, les génocidaires hutus et l’armée rwandaise défaite ont commencé à s’aventurer toujours plus loin à partir des camps de Goma, où ils étaient généreusement assistés par les organisations internationales, qui fermaient les yeux sur le fait qu’elles aidaient des assassins (y compris les femmes, souvent complices du génocide). Le bétail volé était abattu dans des abattoirs financés par l’aide internationale ! Dépouillés, menacés de mort simplement parce qu’ils étaient tutsis – et pour les génocidaires, il s’agissait d’achever le “travail” – ils ont dû se réfugier au Rwanda ou en Ouganda, où ils ont vécu dans des camps pendant des années. Le 5 octobre 2023, le village a été incendié par la milice hutue Nyatura, les FDLR et les FARDC. Les troupes burundaises, présentes dans le cadre d’un des multiples “accords de paix”, campaient sur une colline à quelques centaines de mètres. Elles sont restées l’arme au pied, en parfaite complicité avec les incendiaires. Les habitants, ayant eu le temps de fuir à Bwiza, en zone contrôlée par le M23, sont revenus deux mois plus tard, après la reprise de la zone par ce dernier. Ils ont trouvé leur village entièrement dévasté. Depuis, ils l’ont reconstruit, mais de manière plus concentrée : les habitations isolées – que l’on voit brûler sur les images – ont été jugées trop difficiles à défendre. Le travail accompli est impressionnant. Le bois neuf témoigne de la reconstruction récente. En journée, lors de ma visite, un seul groupe électrogène fonctionne. À quelques kilomètres de là, on voit la ligne électrique qui alimente la ferme de Kabila mais aucun village. Ces Tutsis congolais, enracinés dans le Masisi depuis toujours, ont été chassés trois fois de leurs terres en trente ans, la dernière fois il y a moins de deux ans. Ils ont été massacrés, leur bétail volé ou tué. Pourquoi feraient-ils confiance aux autorités de Kinshasa ou à la “communauté internationale” ? Le M23 est leur seul protecteur, le seul garant de leur survie. L’alternative ? Au pire, la mort. Au mieux, une vie indigne dans un camp de réfugiés dans un autre pays que le leur, sous l’assistance des ONG et des Nations Unies, le camp du bien et de la bien-pensance du monde occidental. Nturo est loin d'être un cas isolé, des centaines de villages ont vécu pire. Pour l'ONU, l'Union européenne, la Belgique ces gens n'ont sans doute pas le droit de vivre ... #Kivu2025 Légende : l'incendie du village, une partie reconstruite Plus d'images sur et
Alain Destexhe19,635 次观看 • 1 年前

Nturo, a martyred village, evacuated three times in 30 years (Original in French published yesterday) The village of Nturo tragically illustrates the fate of Congolese Tutsis. Three times since 1994, these cattle herders have been forced to abandon their lands. Nearly all their cows have been slaughtered, and many of them have been killed by the militias rampant in the region. As early as 1995, Hutu génocidaires and the defeated Rwandan army began venturing farther and farther from the Goma camps, where they were generously assisted by international organizations that turned a blind eye to the fact that they were aiding murderers (including women, often complicit in the genocide). Stolen cattle were slaughtered in abattoirs funded by international aid! Stripped of their belongings and threatened with death simply for being Tutsis - and for the génocidaires, it was about finishing the “job” - they were forced to seek refuge in Rwanda or Uganda, where they lived in camps for years. On October 5, 2023, the village was set ablaze by the Hutu Nyatura militia, the FDLR, and the FARDC. Burundian troops, present as part of one of the many “peace agreements,” were camped on a hill just a few hundred meters away. They stood by, weapons at rest, in perfect complicity with the arsonists. The residents, having had time to flee to Bwiza in an area controlled by the M23, returned two months later after the zone was retaken by the latter. They found their village completely devastated. Since then, they have rebuilt it, but in a more concentrated manner: isolated homes—seen burning in the images—were deemed too difficult to defend. The work accomplished is impressive. Freshly cut wood bears witness to the recent reconstruction. During my daytime visit, only one generator was running. A few kilometers away, you can see the power line supplying Kabila’s farm, but no village benefits from it. These Congolese Tutsis, rooted in Masisi since time immemorial, have been driven from their lands three times in thirty years, the most recent being less than two years ago. They have been massacred, their cattle stolen or killed. Why would they trust the authorities in Kinshasa or the “international community”? The M23 is their only protector, the sole guarantor of their survival. The alternative? At worst, death. At best, an undignified life in a refugee camp in a country not their own. Olivier J.P. Nduhungirehe Yolande Makolo 🇷🇼 Hege Solskinnsbakk
Alain Destexhe19,375 次观看 • 1 年前
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