
Natacha Polony
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Directrice de la revue l’Audace ! Essayiste, Présidente de l'Institut Français du Goût
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Trois candidats plus ou moins proches de l’héritage macronisme ou de son positionnement originel proclament avoir été victimes d’ingérences russes. Viginum, l’instance chargée d’assurer une veille, a alerté sur de fausses informations avant même qu’elles ne soient parvenues à la connaissance d’un nombre significatif de Français. Tant mieux. Pour autant, faut-il parler d’un risque contre la démocratie ? Les vraies ingérences russes sont beaucoup plus perverses et beaucoup plus dangereuses. Elles appuient sur nos faiblesses et nos fractures. Elles ciblent nos fragilités : les outre-mers, l’immigration… on l’a vu au Sahel, en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte par le biais des Comores voisines… on l’a vu en 2021 avec le chantage migratoire de la Biélorussie. S’agiter sur des fakenews sans grande portée passe à côté du problème mais permet de laisser croire que la colère des citoyens, leurs protestations par le vote ou les manifestations, seraient le fruit de manipulations extérieures et non une conséquence des politiques menées. La réponse aux véritables ingérences, c’est avant tout le retour de la République dans tous nos territoires, une instruction de tous les citoyens qui leur donne le recul nécessaire,,et un retour de la politique extérieure de la France comme puissance indépendante. Les ingérences extérieures fragilisent les pays fracturés, pas les puissances soudées, qui savent quelles sont leurs valeurs.
Natacha Polony78,574 views • 3 days ago

Ceuta et Melilla ne sont pas un fait divers méditerranéen. Ce sont un avertissement et il nous concerne directement. En quelques jours, 60 000 personnes ont franchi la frontière de Ceuta. 57 sont mortes en tentant la traversée. Pendant ce temps, l'Europe se déchire : Meloni veut suspendre l'Espagne de Schengen, Madrid convoque l'ambassadeur d'Italie, la France renforce ses contrôles. Cette crise survient une semaine à peine après la visite de Sánchez à Alger, rival de Rabat, pendant que l'Espagne accumule les contentieux avec Washington et Netanyahou. Rien n'est prouvé. Mais la coïncidence est troublante. Le scénario rappelle étrangement la Biélorussie de 2021 : plus besoin de chars pour déstabiliser l'Europe, il suffit d'envoyer des migrants vers une frontière et de la regarder se disloquer seule. Ceuta et Melilla, c'est une répétition générale. Et Mayotte pourrait être la prochaine scène. Alors, il est temps d’en finir avec les postures et la démagogie pour définir une politique cohérente : ne pas créer d’appel d’air, ne pas se donner des armes à ceux qui veulent nous déstabiliser.
Natacha Polony111,959 views • 10 days ago

Nous vivons sans doute le plus grand bouleversement géopolitique depuis la chute de l'URSS. Le monde devient multipolaire, et les nations qui pensent encore avec les catégories du passé sont condamnées au déclassement. C'est dans cet esprit que j'ai accepté de rejoindre le Quincy Institute for Responsible Statecraft comme Non-Resident Fellow. Ce think tank, fondé en 2019 par des universitaires, diplomates, militaires et journalistes américains et internationaux, défend une conviction à contre-courant : la guerre doit redevenir l'exception dans la politique étrangère des États-Unis, la paix l'objectif central, la diplomatie doit retrouver sa place. Pour moi, c'est l'occasion de porter à Washington une voix française indépendante, attachée au réalisme stratégique et à une relation franco-américaine fondée non sur la dépendance, mais sur le respect mutuel. Car les grandes amitiés ne reposent jamais sur la soumission. Elles reposent sur le respect. Et la France ne rend jamais davantage service à ses alliés que lorsqu'elle demeure fidèle à elle-même. Le lien vers ma première publication sur le site du Quincy Institute :
Natacha Polony45,195 views • 7 days ago

Chaque été, les mêmes responsables politiques viennent expliquer pourquoi il était impossible de faire autrement. Mais gouverner ne consiste pas à justifier l'impréparation après la catastrophe : gouverner, c'est prévoir. Depuis vingt ans, tous les experts annoncent l'aggravation des incendies. Pourtant, les budgets ont été rabotés, les effectifs de l'ONF réduits, une partie de la maintenance des Canadair privatisée, les investissements repoussés au nom d'économies de court terme. Résultat : des avions immobilisés, des forestiers moins nombreux, des moyens insuffisants et des milliers d'hectares qui partent en fumée. Les excuses ne font pas une politique. Être responsable, c'est bâtir dès maintenant un grand plan national pour la forêt. Un plan global, associant pompiers, forestiers, élus locaux, industriels et État, pour renforcer l'ONF, entretenir les massifs, prévenir les feux, développer une véritable filière française de bombardiers d'eau et faire de la protection des forêts une priorité stratégique. Il faut cesser de considérer ces dépenses comme des coûts, ce sont des investissements pour notre sécurité, notre patrimoine et notre souveraineté. Une politique responsable ne réagit pas aux catastrophes, elle les anticipe.
Natacha Polony59,782 views • 28 days ago

Marine Le Pen sera finalement candidate, mais pour combien de temps ? Après sa condamnation en appel, le Rassemblement national plonge les Français dans une incertitude inédite. Au-delà de la question judiciaire, c'est un problème politique majeur qui se pose : comment un parti qui prétend gouverner le pays peut-il laisser planer un tel doute sur son candidat, sa stratégie et même sa ligne politique ? Marine Le Pen et Jordan Bardella, il ne s'agit pas seulement de deux personnalités différentes, mais de deux projets politiques : d'un côté une stratégie de rassemblement au-delà du clivage droite-gauche, de l'autre une ligne d'union des droites, plus libérale, conservatrice et atlantiste. Les électeurs ont le droit de savoir quel projet leur est réellement proposé. À cette confusion politique s'ajoute désormais une incertitude juridique. De nombreux juristes estiment qu'un pourvoi en cassation pourrait placer Marine Le Pen dans une situation encore plus délicate pendant l'examen de son recours. Pendant ce temps, les véritables préoccupations des Français - l'industrie, le pouvoir d'achat, l'école, la sécurité ou la dette - passent au second plan. Une élection présidentielle ne peut pas se transformer en feuilleton judiciaire ni en jeu de chaises musicales. La France mérite une candidature claire, une ligne assumée et une parole responsable.
Natacha Polony37,738 views • 1 month ago

Quel plaisir d'écouter Gaston Monnerville expliquer devant Angela Davis la différence fondamentale entre la France et les Etats-Unis ! Quel dommage que le suivisme américanolâtre de la gauche française l'empêche de voir ce trésor national qu'est l'universalisme républicain !
Natacha Polony108,514 views • 4 months ago

On ne modifie pas la Constitution pour faire de la communication politique. La Corse mérite mieux qu'un symbole constitutionnel censé masquer l'absence de réponses aux véritables problèmes de l'île : logement, énergie, transports, santé, développement économique ou lutte contre le crime organisé. En introduisant dans la Constitution des notions identitaires floues et particulières, ce projet ouvre une brèche dangereuse dans l'unité républicaine. La diversité des territoires français doit être respectée et valorisée, mais dans le cadre d'une même République et d'une même loi pour tous. La Corse a besoin d'actions concrètes, pas d'un affichage politique sans lendemain et potentiellement destructeur de la nation.
Natacha Polony43,745 views • 1 month ago

Une question de Hugo Clément sur la taxation des petits colis… et la réponse de Jordan Bardella. Conclusion: comme l’UMP, comme le macronisme, il s’agit de jouer sur « la compétitivité » et peut-être après, un jour, on protègera, mais à l’échelle européenne…
Natacha Polony97,667 views • 7 months ago

Au fond, le véritable sujet n'est ni Gérard Larcher, ni François Hollande, ni Emmanuel Macron. Ils ne sont que les symptômes d'un système politique qui tourne en circuit fermé, où les appareils cherchent d'abord à préserver leur pouvoir avant de répondre aux défis du pays. La France n'a pourtant jamais eu autant besoin d'un débat présidentiel de haut niveau. Car le monde qui s'ouvre n'a plus rien de commun avec celui de 2017. Les rapports de puissance se redessinent, les équilibres économiques basculent, la souveraineté industrielle, énergétique, alimentaire ou militaire redevient une condition de l'indépendance nationale. Face à ces bouleversements, les Français n'ont pas besoin d'une nouvelle distribution des rôles entre les mêmes acteurs. Ils ont besoin d'une vision et d'un renouveau. L'élection présidentielle devrait être le moment où une nation choisit le cap qu'elle entend suivre pour la décennie à venir. Elle ne peut devenir une simple opération de verrouillage organisée par quelques professionnels de la politique persuadés que le peuple finira, une fois encore, par se contenter de l'offre qu'ils auront eux-mêmes fabriquée. La démocratie ne consiste pas à arbitrer entre des candidatures préfabriquées, mais à permettre la confrontation de projets capables de répondre aux réalités nouvelles du siècle. C'est à cette hauteur qu'il faudra ramener le débat. Sans quoi la France risque de rejouer, en 2027, la même pièce avec les mêmes personnages, tandis que le monde, lui, aura définitivement changé de décor.
Natacha Polony23,044 views • 1 month ago

Quand on évoque le fait que l’Europe est une colonie numérique, industrielle, idéologique et culturelle des Etats-Unis, quand on évoque les lobbys atlantistes en France ou à Bruxelles, il y a toujours quelqu’un pour crier au « complotisme ». Le soft power américain ne relève pas du complot. Il est affiché, assumé, revendiqué. C’est ce que montraient parfaitement les câbles diplomatiques révélés pas Wikileaks. Un travail d’influence indirecte reposant sur l’identification des élites européennes les plus susceptibles de partager une vision qui coïncide avec les intérêts américains.
Natacha Polony65,889 views • 6 months ago

La France doit se préparer à une réalité désormais incontestable, celle d'étés plus chauds, de canicules plus fréquentes et plus longues. Face à cette évolution, le rôle de l’État n’est pas de s’enfermer dans des débats idéologiques mais d’organiser l’adaptation du pays. Cela suppose de faire de la protection contre la chaleur un véritable enjeu de service public, au même titre que le chauffage en hiver. Écoles, crèches, hôpitaux, EHPAD, administrations et logements sociaux doivent devenir les priorités d’un vaste plan national associant climatisation raisonnée, pompes à chaleur réversibles, isolation performante, ventilation intelligente et transformation des espaces urbains afin de mieux résister aux épisodes de forte chaleur. Mais cette adaptation climatique peut également devenir une formidable opportunité économique et industrielle. Les centaines de milliards d’euros qui seront investis dans les prochaines décennies pour le refroidissement des bâtiments, les infrastructures énergétiques et le numérique doivent servir à reconstruire une filière industrielle française plutôt qu’à enrichir les producteurs étrangers. Pour y parvenir, la France doit s’appuyer sur son principal atout stratégique qu'est l'électricité abondante et décarbonée grâce au nucléaire. L’objectif est de faire de l’adaptation climatique un moteur de réindustrialisation, de souveraineté énergétique et de prospérité, en transformant une contrainte inévitable en projet national au service de la protection des Français et de la puissance du pays.
Natacha Polony19,155 views • 1 month ago

La panthéonisation de Marc Bloch est une excellente nouvelle. Elle rend hommage à l’une des plus grandes figures du patriotisme français, un homme qui sut conjuguer l’exigence intellectuelle, le courage militaire et l’engagement civique. Historien de premier plan, cofondateur de l’école des Annales avec Lucien Febvre, résistant face à l’occupant nazi, Marc Bloch incarne une certaine idée de la France, à la fois savante, libre et profondément attachée à son destin collectif. Son œuvre comme son parcours témoignent d’un refus des lectures partisanes ou fragmentées de l’histoire. Pour lui, la nation ne pouvait se construire qu’en assumant l’ensemble de son héritage, dans sa continuité et sa diversité. Le patriotisme ne consistait pas à sélectionner les épisodes du passé qui confortent nos convictions, mais à aimer la France dans sa totalité, ses grandeurs comme ses contradictions, ses paysages, sa culture et son peuple. Cette vision conserve aujourd’hui une remarquable actualité. Dans son analyse des faiblesses françaises face à la débâcle de 1940, Marc Bloch pointait déjà les dangers de l’entre-soi des élites, du conformisme intellectuel et de la rupture entre les dirigeants et la nation. Son autorité sur ces sujets tient autant à la qualité de sa réflexion qu’à son engagement personnel. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, puis résistant jusqu’au sacrifice ultime, il a toujours mis ses actes en accord avec ses convictions. En honorant Marc Bloch, la Nation ne célèbre pas seulement un immense historien. Elle rend hommage à un homme qui a consacré sa vie à comprendre la France, à la servir et à la défendre. Son exemple demeure une source d’inspiration précieuse pour tous ceux qui cherchent à penser l’avenir sans renier l’héritage dont ils sont les dépositaires.
Natacha Polony14,290 views • 1 month ago

Il y a des drames qui bouleversent une famille. Et puis il y a ceux qui interrogent une nation tout entière. La disparition puis la mort tragique de la petite Lyhanna, onze ans, appartiennent à cette seconde catégorie. Car derrière l'émotion légitime, derrière l'horreur et la compassion que nous ressentons tous, revient une interrogation lancinante : combien d'enfants auraient pu être protégés si les alertes avaient été entendues, si les plaintes avaient été traitées à temps, si nos institutions avaient fait de leur sécurité une priorité absolue ? Lorsqu'un enfant est victime, ce n'est pas seulement un individu qui est frappé, c'est le pacte de confiance qui unit les citoyens à la société qui se fissure. Et lorsque les signaux étaient connus, lorsque les alertes existaient, lorsque les défaillances étaient identifiées, alors le devoir n'est plus seulement de s'émouvoir,il est de comprendre, de nommer les responsabilités et d'agir. Qu'est-ce qui compte le plus dans une société ? Si la protection des enfants est réellement notre priorité, alors elle doit devenir la priorité de nos institutions, de notre justice, de notre police et de notre action politique. Les discours de circonstance, les hommages et les promesses ne suffisent plus. Une civilisation se juge moins à ce qu'elle proclame qu'à ce qu'elle protège effectivement. Chaque enfant agressé malgré des alertes ignorées, chaque plainte abandonnée faute de moyens, chaque victime laissée seule constitue un échec collectif. Le nom de Lyhanna ne doit pas devenir une affaire de plus dans la longue liste des tragédies oubliées. Il doit être le rappel que la sécurité des enfants n'est pas un sujet parmi d'autres, mais qu'elle est un des premiers devoirs d'une nation digne de ce nom, parce qu'une société qui n'est plus capable de protéger ses enfants finit toujours par perdre ce qu'elle prétend défendre.
Natacha Polony12,155 views • 2 months ago

Alors que s’ouvre ce lundi 15 juin le G7 en France, on peut se demander si les dirigeants occidentaux ont vraiment pris la mesure du monde qui est en train d’émerger. Car la puissance industrielle, énergétique et de plus en plus technologique n’est plus exclusivement occidentale - loin de là même. Pendant que de nouveaux pôles de puissance s’affirment, l’Europe s’enfonce dans la désindustrialisation, la dépendance énergétique et le ralentissement économique. Surtout, l’Occident doit cesser de se penser comme un bloc aux intérêts naturellement convergents. Les intérêts européens ne sont pas ceux des États-Unis. Et la France à des intérêts spécifiques. Une fois encore, les Européens se retrouvent entraînés dans une crise et une guerre (dans le Golfe) dont ils paient le prix économique, énergétique et stratégique. L’urgence n’est pas de prétendre diriger le monde, mais de reconstruire les bases de notre propre puissance : une industrie forte, une énergie abondante et bon marché, et une souveraineté productive capable de garantir notre indépendance dans le monde multipolaire qui est désormais le nôtre.
Natacha Polony10,928 views • 1 month ago
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