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Raphaël Doan

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Author of Quand Rome inventait le populisme and other essays. I write about ancient history, tech, AI, and politics. Founder of @vestigialab.

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En visitant l’exposition Jacques-Louis David au Louvre, je suis tombé sur les dessins préparatoires que le peintre avait réalisés en 1794 à la demande de la Convention pour imaginer des costumes propres à chaque magistrature nouvelle, et même un nouveau costume national pour tous les citoyens français. J'en ai tiré quelques réflexions, développées dans l'article suivant. 1) Pourquoi a-t-on abandonné l'idée de costumes originaux pour chaque fonction ? C'était chouette. Le costume-cravate (ou veste-jean) omniprésent est franchement nul. 2) On peine à concevoir le délire collectif de cette époque ; pas seulement de la Révolution, mais de toute la fin du XVIIIe siècle. Imaginez ce qu’il fallait d’hallucination collective pour envisager de dessiner un costume inspiré de la Phrygie antique et de dire à tous les citoyens que ce serait désormais leur costume national à porter tous les jours. L'extrême-gauche d'aujourd'hui a beaucoup baissé en créativité. C'est toute la passion de cette époque pour l'Antiquité qui est surprenante, quand on y pense. Ils étaient beaucoup plus fans de l'Antiquité que les fans de Star Wars ou du Seigneur des Anneaux ne le sont aujourd'hui de leurs sagas respectives. Les gens du XVIIIe siècle ont littéralement changé en quelques années leurs costumes, leurs coiffures, leur architecture extérieure et intérieure, leurs prénoms, leurs modes de vie, leurs institutions politiques pour faire ce qu'on peut sans exagération appeler un cosplay gréco-romain. Un cosplay permanent et quotidien. J'en conclus que nous sommes devenus terriblement ennuyeux. Nous sommes plus corsetés dans l’expression de nos passions que les gens du XVIIIe siècle, nous osons moins changer notre cadre de vie, nous sommes, en un sens, moins jeunes qu’eux. Lien de l'article dans le post suivant. PS : En exclusivité, la vidéo du défilé de la collection printemps-été 1794 de Jacques-Louis David, dite “Révolution” :

En visitant l’exposition Jacques-Louis David au Louvre, je suis tombé sur les dessins préparatoires que le peintre avait réalisés en 1794 à la demande de la Convention pour imaginer des costumes propres à chaque magistrature nouvelle, et même un nouveau costume national pour tous les citoyens français. J'en ai tiré quelques réflexions, développées dans l'article suivant. 1) Pourquoi a-t-on abandonné l'idée de costumes originaux pour chaque fonction ? C'était chouette. Le costume-cravate (ou veste-jean) omniprésent est franchement nul. 2) On peine à concevoir le délire collectif de cette époque ; pas seulement de la Révolution, mais de toute la fin du XVIIIe siècle. Imaginez ce qu’il fallait d’hallucination collective pour envisager de dessiner un costume inspiré de la Phrygie antique et de dire à tous les citoyens que ce serait désormais leur costume national à porter tous les jours. L'extrême-gauche d'aujourd'hui a beaucoup baissé en créativité. C'est toute la passion de cette époque pour l'Antiquité qui est surprenante, quand on y pense. Ils étaient beaucoup plus fans de l'Antiquité que les fans de Star Wars ou du Seigneur des Anneaux ne le sont aujourd'hui de leurs sagas respectives. Les gens du XVIIIe siècle ont littéralement changé en quelques années leurs costumes, leurs coiffures, leur architecture extérieure et intérieure, leurs prénoms, leurs modes de vie, leurs institutions politiques pour faire ce qu'on peut sans exagération appeler un cosplay gréco-romain. Un cosplay permanent et quotidien. J'en conclus que nous sommes devenus terriblement ennuyeux. Nous sommes plus corsetés dans l’expression de nos passions que les gens du XVIIIe siècle, nous osons moins changer notre cadre de vie, nous sommes, en un sens, moins jeunes qu’eux. Lien de l'article dans le post suivant. PS : En exclusivité, la vidéo du défilé de la collection printemps-été 1794 de Jacques-Louis David, dite “Révolution” :

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De Gaulle aurait dit lui-même que "l’abandon du latin, ça a été la revanche des cancres". Mais son propre tropisme antique était déjà perçu comme un peu spécial : Roland Barthes trouvait la France du Général "à peu près aussi insolite que la Grèce de Plutarque", tandis que Malraux parlait d’une "sorte d’Œdipe dont un Sophocle nous dirait comment il a voulu faire Thèbes contre les Thébains." Claude Roy voyait en lui "l’un de ces grands écrivains latins de langue française." Et c'est vrai que De Gaulle écrit comme en latin ! Il adore des expressions comme "loi d’airain", "ultime raison", "salut de la patrie", "force des choses", "ordre des choses", "nature des choses" ; de manière générale, il aime bien les "choses", ce qui est un goût latin : res est un mot mieux accepté en latin que "chose" en français (souvent accusé, à tort, d’être une béquille maladroite). Et sur le fond, son art de la guerre et sa politique sont très inspirés des modèles antiques, de la dictature temporaire à la flexibilité des cohortes. Je pense même depuis longtemps que sa disparition surprise à Baden-Baden en mai 68 est inspirée d'une anecdote de la vie d'Alexandre le Grand qu'il avait lui-même rapportée ainsi dans un de ses livres : "Excédés de fatigue, les Macédoniens murmurent autour d’Alexandre. Sur-le-champ, le roi fait annoncer aux troupes qu’il les congédie et se retire dans sa tente. Deux jours entiers, il y demeure seul et l’armée silencieuse et désolée guette un signe de lui. À la fin, n’y tenant plus, les soldats courent à sa porte et implorent son pardon." De Gaulle était notre seul président gréco-romain, j'en avais fait une conférence à la Fondation Charles de Gaulle :

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