
Raphaël Doan
@raphaeldoan • 7,128 subscribers
Author of Quand Rome inventait le populisme and other essays. I write about ancient history, tech, AI, and politics. Founder of @vestigialab.
Shorts
Videos

De Gaulle aurait dit lui-même que "l’abandon du latin, ça a été la revanche des cancres". Mais son propre tropisme antique était déjà perçu comme un peu spécial : Roland Barthes trouvait la France du Général "à peu près aussi insolite que la Grèce de Plutarque", tandis que Malraux parlait d’une "sorte d’Œdipe dont un Sophocle nous dirait comment il a voulu faire Thèbes contre les Thébains." Claude Roy voyait en lui "l’un de ces grands écrivains latins de langue française." Et c'est vrai que De Gaulle écrit comme en latin ! Il adore des expressions comme "loi d’airain", "ultime raison", "salut de la patrie", "force des choses", "ordre des choses", "nature des choses" ; de manière générale, il aime bien les "choses", ce qui est un goût latin : res est un mot mieux accepté en latin que "chose" en français (souvent accusé, à tort, d’être une béquille maladroite). Et sur le fond, son art de la guerre et sa politique sont très inspirés des modèles antiques, de la dictature temporaire à la flexibilité des cohortes. Je pense même depuis longtemps que sa disparition surprise à Baden-Baden en mai 68 est inspirée d'une anecdote de la vie d'Alexandre le Grand qu'il avait lui-même rapportée ainsi dans un de ses livres : "Excédés de fatigue, les Macédoniens murmurent autour d’Alexandre. Sur-le-champ, le roi fait annoncer aux troupes qu’il les congédie et se retire dans sa tente. Deux jours entiers, il y demeure seul et l’armée silencieuse et désolée guette un signe de lui. À la fin, n’y tenant plus, les soldats courent à sa porte et implorent son pardon." De Gaulle était notre seul président gréco-romain, j'en avais fait une conférence à la Fondation Charles de Gaulle :
Raphaël Doan43,211 Aufrufe • vor 1 Monat

J'étais interrogé ce matin par Le Figaro TV sur la récente audition d'Arthur Mensch à l'Assemblée nationale, et plus généralement sur la politique française en matière d'intelligence artificielle. Le patron de Mistral explique qu'on a deux ans pour investir massivement dans la puissance de calcul et tenter d'échapper à la vassalité technologique ; juste après, un député s'inquiète de l'impact environnemental d'un projet de centres de données qui va "consommer des terres arables" à un endroit où "il y avait des betteraves." A réécouter ici.
Raphaël Doan26,943 Aufrufe • vor 1 Monat
Keine weiteren Inhalte verfügbar