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Shaby Kazungu

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Journalist | Writer | Researcher in Media et diplomatic | Email : [email protected]

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« Pourquoi nos frères burundais s’invitent‑ils dans un conflit qui ne leur appartient pas ? Telle est la question. » — Corneille Nangaa Yobeluo, coordonnateur politique de l’AFC/M23.

« Pourquoi nos frères burundais s’invitent‑ils dans un conflit qui ne leur appartient pas ? Telle est la question. » — Corneille Nangaa Yobeluo, coordonnateur politique de l’AFC/M23.

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« Des Américains avaient envoyé deux sénateurs ainsi qu’une délégation du Congrès en Ouganda, vers la fin de 2022. Ils avaient rencontré le président Museveni à State House dans le cadre de leurs consultations sur la crise sécuritaire à l’est de la RDC. Leur principale préoccupation était de comprendre le rôle des différentes forces régionales déployées sur le terrain, notamment après l’arrivée des contingents de la Communauté d’Afrique de l’Est, et d’évaluer si cette présence pouvait contribuer à stabiliser la région sans provoquer de nouvelles tensions, en particulier avec le Rwanda, alors même que Kigali n’avait pas participé à ce déploiement, contrairement au Kenya, à l’Ouganda et au Burundi. Le président Museveni leur a répondu qu’avec une force est-africaine déployée sur le terrain, aucun acteur de la région ne pouvait attaquer cette mission. Selon lui, cette présence ouvrait déjà la voie à une solution au conflit. Les Américains sont repartis satisfaits. Mais en décembre 2023, le président Tshisekedi a dissous la force est-africaine, sans consulter ses homologues de la Communauté d’Afrique de l’Est, avec lesquels il avait pourtant signé un accord de déploiement. Il a simplement ordonné : “Partez.” Il a ensuite appelé le président Museveni en privé pour lui demander de maintenir ses troupes. Il a également appelé le président burundais, Évariste Ndayishimiye, pour lui demander de rester. Il semble qu’il voulait surtout que les Kényans partent. Mais Museveni lui a répondu que l’Ouganda faisait partie de la force est-africaine et que, si cette force était effectivement chassée, il n’était pas possible de rester officieusement à la suite d’un simple appel privé. Il a donc décidé de se retirer lui aussi. Rappelons que l’Ouganda était présent en RDC à deux niveaux : comme force est-africaine à Goma, mais aussi comme UPDF dans le cadre de l’opération Shujaa. L’Ouganda a donc maintenu l’opération Shujaa, mais s’est retiré de Goma. Le Burundi est resté, tandis que l’UPDF s’est retirée. Lorsque la force est-africaine était sur place, Tshisekedi voulait qu’elle combatte le M23 pour son compte. Mais les troupes ont répondu qu’elles n’étaient pas là pour mener sa guerre, mais pour l’aider à négocier une solution politique avec ses adversaires. Il les a donc fait venir, semble-t-il, pour qu’elles fassent la guerre à sa place. Tshisekedi a ensuite fait venir les Sud-Africains, les Tanzaniens et les Malawites, c’est-à-dire la SADC, qui s’est déployée à son tour. Les Sud-Africains ont tenté d’attaquer le M23, mais ils ont été sévèrement battus. Ils ont perdu plusieurs véhicules blindés de transport de troupes ainsi que des chars au cours des combats. Le M23 les a encerclés, capturés, et ils se sont rendus. On ne peut donc pas dire que la force sud-africaine ait véritablement pesé militairement. » — Andrew Mwenda [Andrew M. Mwenda , journaliste et analyste ougandais, proche conseiller du général Muhoozi Kainerugaba, commandant de l’armée ougandaise (UPDF).

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« Quand Tshisekedi a été élu président, dans l’année qui a suivi, il a eu une rencontre avec le président Paul Kagame pour revoir beaucoup de choses. Kagame lui a dit : “Tu vois, Tshisekedi, nos pays traînent depuis longtemps des problèmes sécuritaires liés à des groupes armés basés en RDC. Pour nous, au Rwanda, notre problème, c’est le FDLR. L’Ouganda a le problème de l’ADF. Le Burundi a un problème avec un groupe rebelle qui le combat. Je veux t’encourager à convoquer tous tes voisins qui ont des rebelles hostiles à nos pays mais basés sur ton territoire. Invite‑nous tous à venir. Nous viendrons t’aider à combattre nos rebelles et à stabiliser la zone.” Tshisekedi a accepté la proposition du président Paul Kagame. Il a appelé le président Museveni, lui a parlé, et ils se sont mis d’accord sur l’opération Shujaa. Il a appelé le Burundi, ils se sont entendus pour une opération burundaise. Puis il a exclu le Rwanda. Non seulement il a exclu le Rwanda, mais – et c’est un autre problème – il a allié sa propre armée (FARDC) au FDLR, un groupe rebelle composé d’anciens génocidaires rwandais. Ils ont été intégrés comme force auxiliaire de son armée pour attaquer le M23 et la communauté tutsie en RDC. Pour le Rwanda, c’est une ligne rouge. Donc, la solution même que Kagame lui avait proposée, il l’a appliquée pour l’Ouganda et le Burundi, mais pas pour le Rwanda. Et c’est une autre source du conflit actuel entre la RDC et le RWANDA. Mais en cours de route, tout conflit, quelles que soient ses racines, peut être résolu. Tshisekedi, lui, a rendu la résolution beaucoup plus difficile. » — Andrew Mwenda Andrew M. Mwenda , journaliste et analyste politique ougandais

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« Nous voulons rappeler à tous les Swahiliphones que ces massacres ne se produisent pas seulement à Minembwe. Ceux qui tuent, tuent partout à l’est de la RDC. Il y a ceux qu’on appelle les “Wazalendo”. Les Wazalendo sont des Swahiliphones, et ces Wazalendo tuent leurs propres frères swahiliphones. Ceux qui les envoient, c’est le gouvernement de Kinshasa, pour qu’ils aillent tuer leurs frères. Il y a aussi ceux qu’on appelle les FDLR, qui ont commencé les massacres depuis longtemps à l’est de la RDC et qui continuent de tuer. Ceux qui tombent, ce sont des Swahiliphones. Ils ne tuent pas les gens du Kasaï, ni ceux de Kinshasa, du Bandundu, de l’Équateur ou du Kongo Central. Ils tuent ici, à l’est de la RDC, dans la région des Swahiliphones. Il y a ensuite ceux qu’on appelle les ADF. Les ADF égorgent nos frères Nande, leur coupent la tête. Ces Nande sont des Swahiliphones, tués sans aucune raison. Il y a aussi ceux qui sont tués chaque jour parmi les Hema, en Ituri : ce sont les miliciens de CODECO qui les massacrent, leurs propres frères swahiliphones, agissant comme supplétifs envoyés par le gouvernement congolais, mais aussi par Tshisekedi lui‑même, et opérant de concert avec les FARDC. Et aujourd’hui vient s’ajouter un autre type de massacre, celui qu’on appelle Ebola. Ebola n’est pas née à l’est de la RDC, mais on l’a amenée à l’est de la RDC. Et ceux qui meurent aujourd’hui, ce sont des Swahiliphones. C’est pourquoi nous disons que, face à toutes ces menaces qui se multiplient contre les Swahiliphones, nous demandons aux Swahiliphones de se lever. Qu’ils se lèvent pour dire : “Nous ne voulons plus de massacres, nous sommes des Congolais comme les autres.” Ils doivent se lever pour dire au président Tshisekedi que, s’il apporte ses plans de massacres et de génocide à l’est de la RDC, nous ne l’accepterons pas et nous continuerons à combattre afin que cette politique de tueries contre les Swahiliphones échoue. » — Bertrand Bisimwa (Bertrand Bisimwa ), coordonnateur adjoint de l’AFC/M23.

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« Aujourd’hui, n’importe quel Congolais peut traverser la frontière et se rendre dans n’importe quelle partie du Rwanda. Qu’il vienne étudier, faire du commerce ou simplement voyager, il peut s’identifier comme Congolais, et aucun Rwandais ne le touchera. Mais l’inverse n’est pas vrai pour un Rwandais en RDC. Dès qu’une personne est identifiée comme rwandaise, et plus encore si elle est perçue comme tutsie, elle risque d’être molestée, tuée, parfois même tailladée, lynchée et victime d’actes de cannibalisme. Des cas de violences et de lynchages d’une extrême brutalité ont été documentés, conséquence d’un climat de diabolisation et d’un discours anti‑Tutsi utilisé pour façonner l’opinion publique congolaise. De notre côté, l’image que nous avons des Congolais est celle de voisins dont nous avons besoin et que nous devons protéger. Des Congolais franchissent chaque jour la frontière vers le Rwanda, remplissent les hôtels de Kigali, transitent vers Dubaï ou d’autres pays d’Afrique de l’Est, sans être inquiétés. Ils bénéficient de facilités et de sécurité. En revanche, le phénomène anti‑Rwanda, et plus particulièrement anti‑Tutsi, construit et entretenu par des responsables politiques congolais, est une stratégie extrêmement dangereuse. Tant que cette logique ne sera pas déracinée, même si le M23 cessait d’exister ou si le FDLR était totalement démantelé, il sera difficile d’avancer vers une normalisation durable. Et qui doit changer cette situation ? Cela doit venir du leadership congolais. Ce sont les dirigeants de la RDC qui doivent comprendre l’importance de construire un « vivre‑ensemble » qui garantisse la sécurité de tous, sans haine ciblée. » — James Kabarebe.

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