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Ana Sayfaya Dön

🚴‍♂️ 3,333 km. 21 stages. Every condition imaginable. From fast time trials to technical mountain descents in the rain, Continental France safely equips teams with the right tires for every challenge on the #TDF2026. 🚴‍♂️ 3 333 km. 21 étapes. Toutes les conditions imaginables. Des contre-la-montre rapides aux descentes...

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Benzer Videolar

Le 7 octobre, un an après - La chronique de sophia aram Sophia Aram est encore une fois limpide - MERCI ! "Et bien d'habitude, condamner la barbariste, un peu comme dénoncer le racisme, la torture, le viol ou les bombardements de civils, c'est aussi subversif et clivant qu'un discours de Miss France sur la fin dans le monde aux assises de la bienveillance." "Comme s'il était impossible de chantonner son soutien aux Palestiniens et de réaliser qu'en voulant libérer la Palestine « from the river to the sea », ça ne laissait pas beaucoup de place à l'existence d'Israël." "Comme s'il était impossible d'avoir de la compassion pour les civils gazaouis et libanais morts sous les bombes et condamner le choix du Hamas et du Hezbollah de mettre les hommes armés aux abris et de laisser les civils à découvert." "Vous pardonnerez ma naïveté, mais moi, avant le 7 octobre 2023, j'imaginais que massacrer méthodiquement des familles entières, les brûler vives, exhiber leurs cadavres, violer des femmes devant leurs familles, égorger des enfants ou les kidnapper, séquestrer des individus et les torturer, filmer ces abominations et les retransmettre sur les comptes Facebook des victimes, tout en exultant de joie. J'imaginais que toute cette barbarie pouvait être condamnée sans aucune réserve." "Voilà pourquoi je pense qu'il est de notre devoir aujourd'hui de condamner la barbarie du 7 octobre, les manifestations de joie qui ont suivi et l'explosion des actes antisémites depuis ce jour, sans aucune réserve, sans relativisme, sans confondre la barbarie avec un acte de résistance, de prendre enfin le temps de regarder vraiment la barbarie en face, de penser à tous ces jeunes gens qui étaient venus danser, à toutes ces familles qui ont vécu les pires horreurs, aux otages encore détenus et à leurs proches qui désespèrent de les voir revenir."

Benjamin

56,257 görüntüleme • 1 yıl önce

Après avoir réussi à établir un diagnostic d'AVC en un temps record (9min), le CHU de Montpellier annonce qu'il est en fait possible de traiter les cas les plus sévères d'AVC grâce aux techniques de revascularisation, chose impensable jusqu'ici. Soigner un AVC, c’est essayer de gagner la course contre la montre. Chaque minute, en cas d’attaque, la victime d’un accident vasculaire cérébral perd en moyenne 2 millions de neurones… Sans une prise en charge rapide, les dégâts peuvent être terribles et irréversibles. Dans cet objectif, le CHU de Montpellier a créé il y a plus de 15 ans un service dédié au sein des urgences « tête et cou » de l’hôpital Gui de Chauliac, développant dans cette unité des technologies et des traitements de pointe. Après des années de recherche, le résultat est incroyable : aujourd’hui, un patient est capable d’obtenir un diagnostic en moins de 9 mn dans cet hôpital et, si besoin, pour les cas les plus graves, d'une intervention chirurgicale (soit une thrombectomie) pour retirer manuellement le caillot sanguin) en seulement une demi-heure. Pour parvenir à ce résultat, qui peut toutefois varier en fonction de l’afflux des urgences, le CHU a totalement réorganisé son unité AVC au sein du service d’urgence, en cherchant à optimiser chaque seconde du parcours patient. Plus précisément, lorsque le patient franchit les portes de l’unité des urgences, il faut tout juste 9 minutes pour établir un diagnostic par scanner (l’imposant appareil est désormais installé à quelques mètres de l’entrée), 17 minutes pour le traitement par thrombolyse (un traitement médicamenteux qui dissout le caillot sanguin par l’injection d’un produit) pour les cas les moins graves et 32 minutes pour une thrombectomie. Des délais qui font aujourd’hui du CHU de Montpellier l’un des hôpitaux les plus performants de France et sans doute du monde. Pour comprendre la prouesse, il faut avoir en tête les chiffres nationaux, qui sont respectivement de 30 mn pour accéder au scanner, 64 mn pour une thrombolyse et de 106 mn pour une thrombectomie. Le CHU de Montpellier est donc parvenu à diviser par 3 le temps nécessaire pour avoir un scanner, par 4 le temps du traitement médicamenteux, et par 3 le délai pour l'intervention chirurgicale. Cela représente entre 100 et 150 millions de neurones sauvés donc ! En 2023, environ le tiers des alertes d'AVC en phase aiguë à l'hôpital Gui de Chauliac ont bénéficié de ce diagnostic accéléré, quasi miraculeux parfois. « Avec la thrombectomie rapide, on a vu des patients récupérer directement sur la table d'angiographie. Sur place, leur visage bouge à nouveau, la parole revient. » La même équipe fait à nouveau parler d'elle en publiant une étude internationale qui montre que des cerveaux lourdement endommagés par un AVC ont en réalité la capacité de « récupérer » en employant des techniques de revascularisation jusqu’ici réservées aux patients moins lourds. Baptisée In EXTREMIS-LASTE, la recherche menée par le CHU inclue des patients très sévères, jusqu’ici jugés irrécupérables, condamnés à vivre avec une hémiplégie et de lourdes séquelles. Sur 333 patients sélectionnés à Montpellier et dans les établissements partenaires, en France (26 centres), et en Espagne (7 centres), 56 % d'entre eux avaient ce profil, et ont ainsi pu bénéficier de la fameuse thrombectomie rapide. Les résultats ont dépassé leurs espérances avec : « une réduction du risque absolu de décès de 20 %, et une amélioration fonctionnelle surprenante ramenant à la maison un patient sur cinq après six mois de rééducation. » « Jusqu’ici, on réservait les techniques de revascularisation cérébrale aux patients pour lesquels l’imagerie du cerveau montrait une destruction limitée du cerveau. On a montré que les cas les plus graves aussi ont des chances de récupérer, et de s’en sortir avec moins de séquelles. Le cerveau que l’on croyait mort ne l’est pas » se félicite l’équipe, qui ouvre des perspectives inédites de récupération à des patients jusqu’ici considérés comme condamnés à un handicap sévère. Conséquence de l'étude : « Près de 20 % des patients victimes d’un AVC qui n’étaient pas considérés comme éligibles à un traitement de revascularisation en urgence le sont aujourd’hui. » Sources : - - - -

Aymeric Pontier

664,813 görüntüleme • 1 yıl önce

🇫🇷 19 décembre 1964, intégralité du discours d'André Malraux lors de la cérémonie de transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon : « Monsieur le Président de la République, Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit. Sans la cérémonie d'aujourd'hui, combien d'enfants de France sauraient son nom ? Il ne le retrouva lui-même que pour être tué ; et depuis, sont nés seize millions d'enfants... Puissent les commémorations des deux guerres s'achever par la résurrection du peuple d'ombres que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort. Après vingt ans, la Résistance est devenue un monde de limbes où la légende se mêle à l'organisation. Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a pris depuis son accent de légende, voici comment je l'ai rencontré. Dans un village de Corrèze, les Allemands avaient tué des combattants du maquis, et donné ordre au maire de les faire enterrer en secret, à l'aube. Il est d'usage, dans cette région, que chaque femme assiste aux obsèques de tout mort de son village en se tenant sur la tombe de sa propre famille. Nul ne connaissait ces morts, qui étaient des Alsaciens. Quand ils atteignirent le cimetière, portés par nos paysans sous la garde menaçante des mitraillettes allemandes, la nuit qui se retirait comme la mer laissa paraître les femmes noires de Corrèze, immobiles du haut en bas de la montagne, et attendant en silence, chacune sur la tombe des siens, l'ensevelissement des morts français. Comment organiser cette fraternité pour en faire un combat ? On sait ce que Jean Moulin pensait de la Résistance, au moment où il partit pour Londres : « II serait fou et criminel de ne pas utiliser, en cas d'action alliée sur le continent, ces troupes prêtes aux sacrifices les plus grands, éparses et anarchiques aujourd'hui, mais pouvant constituer demain une armée cohérente de parachutistes déjà en place, connaissant les lieux, ayant choisi leur adversaire et déterminé leur objectif. » C'était bien l'opinion du Général de Gaulle. Néanmoins, lorsque le 1er janvier 1942, Jean Moulin fut parachuté en France, la Résistance n'était encore qu'un désordre de courage : une presse clandestine, une source d'informations, une conspiration pour rassembler ces troupes qui n'existaient pas encore. Or, ces informations étaient destinées à tel ou tel allié, ces troupes se lèveraient lorsque les Alliés débarqueraient. Certes, les résistants étaient des combattants fidèles aux Alliés. Mais ils voulaient cesser d'être des Français résistants, et devenir la Résistance française. C'est pourquoi Jean Moulin est allé à Londres. Pas seulement parce que s'y trouvaient des combattants français (qui eussent pu n'être qu'une légion), pas seulement parce qu'une partie de l'empire avait rallié la France libre. S'il venait demander au Général de Gaulle de l'argent et des armes, il venait aussi lui demander « une approbation morale, des liaisons fréquentes, rapides et sûres avec lui ». Le Général assumait alors le Non du premier jour; le maintien du combat, quel qu'en fût le lieu, quelle qu'en fût la forme ; enfin, le destin de la France. La force des appels de juin 40 tenait moins aux « forces immenses qui n'avaient pas encore donné », qu'à : « II faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. » La France, et non telle légion de combattants français. C'était par la France libre que les résistants de Bir Hakeim se conjuguaient, formaient une France combattante restée au combat. Chaque groupe de résistants pouvait se légitimer par l'allié qui l'armait et le soutenait, voire par son seul courage ; le Général de Gaulle seul pouvait appeler les mouvements de Résistance à l'union entre eux et avec tous les autres combats, car c'était à travers lui seul que la France livrait un seul combat. C'est pourquoi - même lorsque le président Roosevelt croira assister à une rivalité de généraux ou de partis - l'armée d'Afrique, depuis la Provence jusqu'aux Vosges, combattra au nom du gaullisme - comme feront les troupes du parti communiste. C'est pourquoi Jean Moulin avait emporté, dans le double fond d'une boîte d'allumettes, la micro photo du très simple ordre suivant : « M. Moulin a pour mission de réaliser, dans la zone non directement occupée de la métropole, l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs. » Inépuisablement, il montre aux chefs des groupements le danger qu'entraîne le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents. Chaque événement capital - entrée en guerre de la Russie, puis des États-Unis, débarquement en Afrique du Nord - renforce sa position. À partir du débarquement, il apparaît que la France va redevenir un théâtre d'opérations. Mais la presse clandestine, les renseignements (même enrichis par l'action du noyautage des administrations publiques) sont à l'échelle de l'Occupation, non de la guerre. Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les Alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter. Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer; alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter deux cents ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois. En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble. Il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes. Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu, et exécuté, que par l'unité de la Résistance. C'est à quoi Jean Moulin s'emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de Résistance après l'autre : « Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face... » II y a, inévitablement, des problèmes de personnes ; et bien davantage, la misère de la France combattante, l'exaspérante certitude pour chaque maquis ou chaque groupe franc, d'être spolié au bénéfice d'un autre maquis ou d'un autre groupe, qu'indignent, au même moment, les mêmes illusions... Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retour de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison; ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien « préfet de gauche », chassé par Vichy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tels rescapés de la Cagoule ! Jean Moulin n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui a créé Combat, Libération, Franc-Tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy. Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'histoire recueillera tous les noms. Ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée. II a été le Carnot de la Résistance. Attribuer peu d'importance aux opinions dites politiques, lorsque la nation est en péril de mort - la nation, non pas un nationalisme alors écrasé sous les chars hitlériens, mais la donnée invincible et mystérieuse qui allait emplir le siècle : penser qu'elle dominerait bientôt les doctrines totalitaires dont retentissait l'Europe; voir dans l'unité de la Résistance le moyen capital du combat pour l'unité de la nation, c'était peut-être affirmer ce qu'on a, depuis, appelé le gaullisme. C'était certainement proclamer la survie de la France. En février, ce laïc passionné avait établi sa liaison par radio avec Londres, dans le grenier d'un presbytère. En avril, le Service d'information et de propagande, puis le Comité général d'études étaient formés ; en septembre, le noyautage des administrations publiques. Enfin, le Général de Gaulle décidait la création d'un « Comité de coordination » que présiderait Jean Moulin, assisté du chef de l'Armée secrète unifiée. La préhistoire avait pris fin. Coordonnateur de la Résistance en zone Sud, Jean Moulin en devenait le chef. En janvier 1943, le Comité directeur des Mouvements unis de la Résistance (ce que, jusqu'à la Libération, nous appellerions les Murs), était créé sous sa présidence. En février, il repartait pour Londres avec le général Delestraint, chef de l'Armée secrète, et Jacques Dalsace. De ce séjour, le témoignage le plus émouvant a été donné par le colonel Passy. « Je revois Moulin, blême, saisi par l'émotion qui nous étreignait tous, se tenant à quelques pas devant le Général et celui-ci disant, presque à voix basse : "Mettez-vous au garde-à-vous", puis : "Nous vous reconnaissons comme notre compagnon, pour la libération de la France, dans l'honneur et par la victoire." Et pendant que de Gaulle lui donnait l'accolade, une larme, lourde de reconnaissance, de fierté, et de farouche volonté, coulait doucement le long de la joue pâle de notre camarade Moulin. Comme il avait la tête levée, nous pouvions voir encore, au travers de sa gorge, les traces du coup de rasoir qu'il s'était donné, en 1940, pour éviter de céder sous les tortures de l'ennemi. » Les tortures de l'ennemi... En mars, chargé de constituer et de présider le Conseil national de la Résistance, Jean Moulin monte dans l'avion qui va le parachuter au nord de Roanne. Ce Conseil national de la Résistance, qui groupe les mouvements, les partis et les syndicats de toute la France, c'est l'unité précairement conquise, mais aussi la certitude qu'au jour du débarquement, l'armée, en haillons, de la Résistance attendra les divisions blindées de la Libération. Jean Moulin en retrouve les membres, qu'il rassemblera si difficilement. Il retrouve aussi une Résistance tragiquement transformée. Jusque-là, elle avait combattu comme une armée, en face de la victoire, de la mort ou de la captivité. Elle commence à découvrir l'univers concentrationnaire, la certitude de la torture. C'est alors qu'elle commence à combattre en face de l'enfer. Ayant reçu un rapport sur les camps de concentration, il dit à son agent de liaison, Suzette Olivier : « J'espère qu'ils nous fusillerons avant. » Ils ne devaient pas avoir besoin de le fusiller. La Résistance grandit, les réfractaires du travail obligatoire vont bientôt emplir nos maquis ; la Gestapo grandit aussi, la Milice est partout. C'est le temps où, dans la campagne, nous interrogeons les aboiements des chiens au fond de la nuit ; le temps où les parachutes multicolores, chargés d'armes et de cigarettes, tombent du ciel dans la lueur des feux des clairières ou des causses ; le temps des caves, et de ces cris désespérés que poussent les torturés avec des voix d'enfants... La grande lutte des ténèbres a commencé. Le 27 mai 1943, a lieu à Paris, rue du Four, la première réunion du Conseil national de la Résistance. Jean Moulin rappelle les buts de la France libre : « Faire la guerre ; rendre la parole au peuple français ; rétablir les libertés républicaines dans un État d'où la justice sociale ne sera pas exclue et qui aura le sens de la grandeur ; travailler avec les Alliés à l'établissement d'une collaboration internationale réelle sur le plan économique et social, dans un monde où la France aura regagné son prestige. » Puis il donne lecture d'un message du Général de Gaulle, qui fixe pour premier but au premier Conseil de la Résistance, le maintien de l'unité de cette Résistance qu'il représente. Au péril quotidien de la vie de chacun de ses membres. Le 9 juin, le général Delestraint, chef de l'Armée secrète enfin unifiée, est pris à Paris. Aucun successeur ne s'impose. Ce qui est fréquent dans la clandestinité : Jean Moulin aura dit maintes fois avant l'arrivée de Serreules : « Si j'étais pris, je n'aurais pas même eu le temps de mettre un adjoint au courant... » II veut donc désigner ce successeur avec l'accord des mouvements, notamment de ceux de la zone Sud. Il rencontrera leurs délégués le 21, à Caluire. Ils l'y attendent, en effet. La Gestapo aussi. La trahison joue son rôle - et le destin, qui veut qu'aux trois quarts d'heure de retard de Jean Moulin, presque toujours ponctuel, corresponde un long retard de la police allemande. Assez vite, celle-ci apprend qu'elle tient le chef de la Résistance. En vain. Le jour où, au fort Montluc à Lyon, après l'avoir fait torturer, l'agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu'il ne peut plus parler, Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau. Pour la terrible suite, écoutons seulement les mots si simples de sa soeur : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. » Comprenons bien que pendant les quelques jours où il pourrait encore parler ou écrire, le destin de la Résistance est suspendu au courage de cet homme. Comme le dit Mlle Moulin, il savait tout. Georges Bidault prendra sa succession. Mais voici la victoire de ce silence atrocement payé : le destin bascule. Chef de la Résistance martyrisé dans des caves hideuses, regarde de tes yeux disparus toutes ces femmes noires qui veillent nos compagnons : elles portent le deuil de la France, et le tien. Regarde glisser sous les chênes nains du Quercy, avec un drapeau fait de mousselines nouées, les maquis que la Gestapo ne trouvera jamais parce qu'elle ne croit qu'aux grands arbres. Regarde le prisonnier qui entre dans une villa luxueuse et se demande pourquoi on lui donne une salle de bains - il n'a pas encore entendu parler de la baignoire. Pauvre roi supplicié des ombres, regarde ton peuple d'ombres se lever dans la nuit de juin constellée de tortures. Voici le fracas des chars allemands qui remontent vers la Normandie à travers les longues plaintes des bestiaux réveillés : grâce à toi, les chars n'arriveront pas à temps. Et quand la trouée des Alliés commence, regarde, préfet, surgir dans toutes les villes de France les commissaires de la République - sauf lorsqu'on les a tués. Tu as envié, comme nous, les clochards épiques de Leclerc : regarde, combattant, tes clochards sortir à quatre pattes de leurs maquis de chênes, et arrêter avec leurs mains paysannes formées aux bazookas l'une des premières divisions cuirassées de l'empire hitlérien, la division Das Reich. Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit... Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. » L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... » Fondation Charles de Gaulle Académie du Gaullisme Kâplan ThinkerView THEATRUM BELLI Souveraine Tech OpexNews Jérôme Besnard 🇨🇵 Eric Anceau Eric Branca @CyrilCrusillea2 Patrick Samuel David BELLAMY Jacques de Saint Victor @DUVAL_STALLA Christine Clerc

🇫🇷 Gaullisme ☨

172,096 görüntüleme • 2 yıl önce

🇫🇷 19 décembre 1964, il y a 60 ans, inoubliable discours d'André Malraux lors de la cérémonie de transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon : « Monsieur le Président de la République, Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit. Sans la cérémonie d'aujourd'hui, combien d'enfants de France sauraient son nom ? Il ne le retrouva lui-même que pour être tué ; et depuis, sont nés seize millions d'enfants... Puissent les commémorations des deux guerres s'achever par la résurrection du peuple d'ombres que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort. Après vingt ans, la Résistance est devenue un monde de limbes où la légende se mêle à l'organisation. Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a pris depuis son accent de légende, voici comment je l'ai rencontré. Dans un village de Corrèze, les Allemands avaient tué des combattants du maquis, et donné ordre au maire de les faire enterrer en secret, à l'aube. Il est d'usage, dans cette région, que chaque femme assiste aux obsèques de tout mort de son village en se tenant sur la tombe de sa propre famille. Nul ne connaissait ces morts, qui étaient des Alsaciens. Quand ils atteignirent le cimetière, portés par nos paysans sous la garde menaçante des mitraillettes allemandes, la nuit qui se retirait comme la mer laissa paraître les femmes noires de Corrèze, immobiles du haut en bas de la montagne, et attendant en silence, chacune sur la tombe des siens, l'ensevelissement des morts français. Comment organiser cette fraternité pour en faire un combat ? On sait ce que Jean Moulin pensait de la Résistance, au moment où il partit pour Londres : « II serait fou et criminel de ne pas utiliser, en cas d'action alliée sur le continent, ces troupes prêtes aux sacrifices les plus grands, éparses et anarchiques aujourd'hui, mais pouvant constituer demain une armée cohérente de parachutistes déjà en place, connaissant les lieux, ayant choisi leur adversaire et déterminé leur objectif. » C'était bien l'opinion du Général de Gaulle. Néanmoins, lorsque le 1er janvier 1942, Jean Moulin fut parachuté en France, la Résistance n'était encore qu'un désordre de courage : une presse clandestine, une source d'informations, une conspiration pour rassembler ces troupes qui n'existaient pas encore. Or, ces informations étaient destinées à tel ou tel allié, ces troupes se lèveraient lorsque les Alliés débarqueraient. Certes, les résistants étaient des combattants fidèles aux Alliés. Mais ils voulaient cesser d'être des Français résistants, et devenir la Résistance française. C'est pourquoi Jean Moulin est allé à Londres. Pas seulement parce que s'y trouvaient des combattants français (qui eussent pu n'être qu'une légion), pas seulement parce qu'une partie de l'empire avait rallié la France libre. S'il venait demander au Général de Gaulle de l'argent et des armes, il venait aussi lui demander « une approbation morale, des liaisons fréquentes, rapides et sûres avec lui ». Le Général assumait alors le Non du premier jour; le maintien du combat, quel qu'en fût le lieu, quelle qu'en fût la forme ; enfin, le destin de la France. La force des appels de juin 40 tenait moins aux « forces immenses qui n'avaient pas encore donné », qu'à : « II faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. » La France, et non telle légion de combattants français. C'était par la France libre que les résistants de Bir Hakeim se conjuguaient, formaient une France combattante restée au combat. Chaque groupe de résistants pouvait se légitimer par l'allié qui l'armait et le soutenait, voire par son seul courage ; le Général de Gaulle seul pouvait appeler les mouvements de Résistance à l'union entre eux et avec tous les autres combats, car c'était à travers lui seul que la France livrait un seul combat. C'est pourquoi - même lorsque le président Roosevelt croira assister à une rivalité de généraux ou de partis - l'armée d'Afrique, depuis la Provence jusqu'aux Vosges, combattra au nom du gaullisme - comme feront les troupes du parti communiste. C'est pourquoi Jean Moulin avait emporté, dans le double fond d'une boîte d'allumettes, la micro photo du très simple ordre suivant : « M. Moulin a pour mission de réaliser, dans la zone non directement occupée de la métropole, l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs. » Inépuisablement, il montre aux chefs des groupements le danger qu'entraîne le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents. Chaque événement capital - entrée en guerre de la Russie, puis des États-Unis, débarquement en Afrique du Nord - renforce sa position. À partir du débarquement, il apparaît que la France va redevenir un théâtre d'opérations. Mais la presse clandestine, les renseignements (même enrichis par l'action du noyautage des administrations publiques) sont à l'échelle de l'Occupation, non de la guerre. Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les Alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter. Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer; alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter deux cents ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois. En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble. Il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes. Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu, et exécuté, que par l'unité de la Résistance. C'est à quoi Jean Moulin s'emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de Résistance après l'autre : « Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face... » II y a, inévitablement, des problèmes de personnes ; et bien davantage, la misère de la France combattante, l'exaspérante certitude pour chaque maquis ou chaque groupe franc, d'être spolié au bénéfice d'un autre maquis ou d'un autre groupe, qu'indignent, au même moment, les mêmes illusions... Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retour de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison; ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien « préfet de gauche », chassé par Vichy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tels rescapés de la Cagoule ! Jean Moulin n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui a créé Combat, Libération, Franc-Tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy. Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'histoire recueillera tous les noms. Ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée. II a été le Carnot de la Résistance. Attribuer peu d'importance aux opinions dites politiques, lorsque la nation est en péril de mort - la nation, non pas un nationalisme alors écrasé sous les chars hitlériens, mais la donnée invincible et mystérieuse qui allait emplir le siècle : penser qu'elle dominerait bientôt les doctrines totalitaires dont retentissait l'Europe; voir dans l'unité de la Résistance le moyen capital du combat pour l'unité de la nation, c'était peut-être affirmer ce qu'on a, depuis, appelé le gaullisme. C'était certainement proclamer la survie de la France. En février, ce laïc passionné avait établi sa liaison par radio avec Londres, dans le grenier d'un presbytère. En avril, le Service d'information et de propagande, puis le Comité général d'études étaient formés ; en septembre, le noyautage des administrations publiques. Enfin, le Général de Gaulle décidait la création d'un « Comité de coordination » que présiderait Jean Moulin, assisté du chef de l'Armée secrète unifiée. La préhistoire avait pris fin. Coordonnateur de la Résistance en zone Sud, Jean Moulin en devenait le chef. En janvier 1943, le Comité directeur des Mouvements unis de la Résistance (ce que, jusqu'à la Libération, nous appellerions les Murs), était créé sous sa présidence. En février, il repartait pour Londres avec le général Delestraint, chef de l'Armée secrète, et Jacques Dalsace. De ce séjour, le témoignage le plus émouvant a été donné par le colonel Passy. « Je revois Moulin, blême, saisi par l'émotion qui nous étreignait tous, se tenant à quelques pas devant le Général et celui-ci disant, presque à voix basse : "Mettez-vous au garde-à-vous", puis : "Nous vous reconnaissons comme notre compagnon, pour la libération de la France, dans l'honneur et par la victoire." Et pendant que de Gaulle lui donnait l'accolade, une larme, lourde de reconnaissance, de fierté, et de farouche volonté, coulait doucement le long de la joue pâle de notre camarade Moulin. Comme il avait la tête levée, nous pouvions voir encore, au travers de sa gorge, les traces du coup de rasoir qu'il s'était donné, en 1940, pour éviter de céder sous les tortures de l'ennemi. » Les tortures de l'ennemi... En mars, chargé de constituer et de présider le Conseil national de la Résistance, Jean Moulin monte dans l'avion qui va le parachuter au nord de Roanne. Ce Conseil national de la Résistance, qui groupe les mouvements, les partis et les syndicats de toute la France, c'est l'unité précairement conquise, mais aussi la certitude qu'au jour du débarquement, l'armée, en haillons, de la Résistance attendra les divisions blindées de la Libération. Jean Moulin en retrouve les membres, qu'il rassemblera si difficilement. Il retrouve aussi une Résistance tragiquement transformée. Jusque-là, elle avait combattu comme une armée, en face de la victoire, de la mort ou de la captivité. Elle commence à découvrir l'univers concentrationnaire, la certitude de la torture. C'est alors qu'elle commence à combattre en face de l'enfer. Ayant reçu un rapport sur les camps de concentration, il dit à son agent de liaison, Suzette Olivier : « J'espère qu'ils nous fusillerons avant. » Ils ne devaient pas avoir besoin de le fusiller. La Résistance grandit, les réfractaires du travail obligatoire vont bientôt emplir nos maquis ; la Gestapo grandit aussi, la Milice est partout. C'est le temps où, dans la campagne, nous interrogeons les aboiements des chiens au fond de la nuit ; le temps où les parachutes multicolores, chargés d'armes et de cigarettes, tombent du ciel dans la lueur des feux des clairières ou des causses ; le temps des caves, et de ces cris désespérés que poussent les torturés avec des voix d'enfants... La grande lutte des ténèbres a commencé. Le 27 mai 1943, a lieu à Paris, rue du Four, la première réunion du Conseil national de la Résistance. Jean Moulin rappelle les buts de la France libre : « Faire la guerre ; rendre la parole au peuple français ; rétablir les libertés républicaines dans un État d'où la justice sociale ne sera pas exclue et qui aura le sens de la grandeur ; travailler avec les Alliés à l'établissement d'une collaboration internationale réelle sur le plan économique et social, dans un monde où la France aura regagné son prestige. » Puis il donne lecture d'un message du Général de Gaulle, qui fixe pour premier but au premier Conseil de la Résistance, le maintien de l'unité de cette Résistance qu'il représente. Au péril quotidien de la vie de chacun de ses membres. Le 9 juin, le général Delestraint, chef de l'Armée secrète enfin unifiée, est pris à Paris. Aucun successeur ne s'impose. Ce qui est fréquent dans la clandestinité : Jean Moulin aura dit maintes fois avant l'arrivée de Serreules : « Si j'étais pris, je n'aurais pas même eu le temps de mettre un adjoint au courant... » II veut donc désigner ce successeur avec l'accord des mouvements, notamment de ceux de la zone Sud. Il rencontrera leurs délégués le 21, à Caluire. Ils l'y attendent, en effet. La Gestapo aussi. La trahison joue son rôle - et le destin, qui veut qu'aux trois quarts d'heure de retard de Jean Moulin, presque toujours ponctuel, corresponde un long retard de la police allemande. Assez vite, celle-ci apprend qu'elle tient le chef de la Résistance. En vain. Le jour où, au fort Montluc à Lyon, après l'avoir fait torturer, l'agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu'il ne peut plus parler, Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau. Pour la terrible suite, écoutons seulement les mots si simples de sa soeur : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. » Comprenons bien que pendant les quelques jours où il pourrait encore parler ou écrire, le destin de la Résistance est suspendu au courage de cet homme. Comme le dit Mlle Moulin, il savait tout. Georges Bidault prendra sa succession. Mais voici la victoire de ce silence atrocement payé : le destin bascule. Chef de la Résistance martyrisé dans des caves hideuses, regarde de tes yeux disparus toutes ces femmes noires qui veillent nos compagnons : elles portent le deuil de la France, et le tien. Regarde glisser sous les chênes nains du Quercy, avec un drapeau fait de mousselines nouées, les maquis que la Gestapo ne trouvera jamais parce qu'elle ne croit qu'aux grands arbres. Regarde le prisonnier qui entre dans une villa luxueuse et se demande pourquoi on lui donne une salle de bains - il n'a pas encore entendu parler de la baignoire. Pauvre roi supplicié des ombres, regarde ton peuple d'ombres se lever dans la nuit de juin constellée de tortures. Voici le fracas des chars allemands qui remontent vers la Normandie à travers les longues plaintes des bestiaux réveillés : grâce à toi, les chars n'arriveront pas à temps. Et quand la trouée des Alliés commence, regarde, préfet, surgir dans toutes les villes de France les commissaires de la République - sauf lorsqu'on les a tués. Tu as envié, comme nous, les clochards épiques de Leclerc : regarde, combattant, tes clochards sortir à quatre pattes de leurs maquis de chênes, et arrêter avec leurs mains paysannes formées aux bazookas l'une des premières divisions cuirassées de l'empire hitlérien, la division Das Reich. Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit... Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. » L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... »

🇫🇷 Gaullisme ☨

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🇫🇷 19 décembre 1964, intégralité du discours d'André Malraux lors de la cérémonie de transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon : « Monsieur le Président de la République, Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit. Sans la cérémonie d'aujourd'hui, combien d'enfants de France sauraient son nom ? Il ne le retrouva lui-même que pour être tué ; et depuis, sont nés seize millions d'enfants... Puissent les commémorations des deux guerres s'achever par la résurrection du peuple d'ombres que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort. Après vingt ans, la Résistance est devenue un monde de limbes où la légende se mêle à l'organisation. Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a pris depuis son accent de légende, voici comment je l'ai rencontré. Dans un village de Corrèze, les Allemands avaient tué des combattants du maquis, et donné ordre au maire de les faire enterrer en secret, à l'aube. Il est d'usage, dans cette région, que chaque femme assiste aux obsèques de tout mort de son village en se tenant sur la tombe de sa propre famille. Nul ne connaissait ces morts, qui étaient des Alsaciens. Quand ils atteignirent le cimetière, portés par nos paysans sous la garde menaçante des mitraillettes allemandes, la nuit qui se retirait comme la mer laissa paraître les femmes noires de Corrèze, immobiles du haut en bas de la montagne, et attendant en silence, chacune sur la tombe des siens, l'ensevelissement des morts français. Comment organiser cette fraternité pour en faire un combat ? On sait ce que Jean Moulin pensait de la Résistance, au moment où il partit pour Londres : « II serait fou et criminel de ne pas utiliser, en cas d'action alliée sur le continent, ces troupes prêtes aux sacrifices les plus grands, éparses et anarchiques aujourd'hui, mais pouvant constituer demain une armée cohérente de parachutistes déjà en place, connaissant les lieux, ayant choisi leur adversaire et déterminé leur objectif. » C'était bien l'opinion du Général de Gaulle. Néanmoins, lorsque le 1er janvier 1942, Jean Moulin fut parachuté en France, la Résistance n'était encore qu'un désordre de courage : une presse clandestine, une source d'informations, une conspiration pour rassembler ces troupes qui n'existaient pas encore. Or, ces informations étaient destinées à tel ou tel allié, ces troupes se lèveraient lorsque les Alliés débarqueraient. Certes, les résistants étaient des combattants fidèles aux Alliés. Mais ils voulaient cesser d'être des Français résistants, et devenir la Résistance française. C'est pourquoi Jean Moulin est allé à Londres. Pas seulement parce que s'y trouvaient des combattants français (qui eussent pu n'être qu'une légion), pas seulement parce qu'une partie de l'empire avait rallié la France libre. S'il venait demander au Général de Gaulle de l'argent et des armes, il venait aussi lui demander « une approbation morale, des liaisons fréquentes, rapides et sûres avec lui ». Le Général assumait alors le Non du premier jour; le maintien du combat, quel qu'en fût le lieu, quelle qu'en fût la forme ; enfin, le destin de la France. La force des appels de juin 40 tenait moins aux « forces immenses qui n'avaient pas encore donné », qu'à : « II faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. » La France, et non telle légion de combattants français. C'était par la France libre que les résistants de Bir Hakeim se conjuguaient, formaient une France combattante restée au combat. Chaque groupe de résistants pouvait se légitimer par l'allié qui l'armait et le soutenait, voire par son seul courage ; le Général de Gaulle seul pouvait appeler les mouvements de Résistance à l'union entre eux et avec tous les autres combats, car c'était à travers lui seul que la France livrait un seul combat. C'est pourquoi - même lorsque le président Roosevelt croira assister à une rivalité de généraux ou de partis - l'armée d'Afrique, depuis la Provence jusqu'aux Vosges, combattra au nom du gaullisme - comme feront les troupes du parti communiste. C'est pourquoi Jean Moulin avait emporté, dans le double fond d'une boîte d'allumettes, la micro photo du très simple ordre suivant : « M. Moulin a pour mission de réaliser, dans la zone non directement occupée de la métropole, l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs. » Inépuisablement, il montre aux chefs des groupements le danger qu'entraîne le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents. Chaque événement capital - entrée en guerre de la Russie, puis des États-Unis, débarquement en Afrique du Nord - renforce sa position. À partir du débarquement, il apparaît que la France va redevenir un théâtre d'opérations. Mais la presse clandestine, les renseignements (même enrichis par l'action du noyautage des administrations publiques) sont à l'échelle de l'Occupation, non de la guerre. Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les Alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter. Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer; alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter deux cents ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois. En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble. Il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes. Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu, et exécuté, que par l'unité de la Résistance. C'est à quoi Jean Moulin s'emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de Résistance après l'autre : « Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face... » II y a, inévitablement, des problèmes de personnes ; et bien davantage, la misère de la France combattante, l'exaspérante certitude pour chaque maquis ou chaque groupe franc, d'être spolié au bénéfice d'un autre maquis ou d'un autre groupe, qu'indignent, au même moment, les mêmes illusions... Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retour de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison; ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien « préfet de gauche », chassé par Vichy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tels rescapés de la Cagoule ! Jean Moulin n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui a créé Combat, Libération, Franc-Tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy. Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'histoire recueillera tous les noms. Ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée. II a été le Carnot de la Résistance. Attribuer peu d'importance aux opinions dites politiques, lorsque la nation est en péril de mort - la nation, non pas un nationalisme alors écrasé sous les chars hitlériens, mais la donnée invincible et mystérieuse qui allait emplir le siècle : penser qu'elle dominerait bientôt les doctrines totalitaires dont retentissait l'Europe; voir dans l'unité de la Résistance le moyen capital du combat pour l'unité de la nation, c'était peut-être affirmer ce qu'on a, depuis, appelé le gaullisme. C'était certainement proclamer la survie de la France. En février, ce laïc passionné avait établi sa liaison par radio avec Londres, dans le grenier d'un presbytère. En avril, le Service d'information et de propagande, puis le Comité général d'études étaient formés ; en septembre, le noyautage des administrations publiques. Enfin, le Général de Gaulle décidait la création d'un « Comité de coordination » que présiderait Jean Moulin, assisté du chef de l'Armée secrète unifiée. La préhistoire avait pris fin. Coordonnateur de la Résistance en zone Sud, Jean Moulin en devenait le chef. En janvier 1943, le Comité directeur des Mouvements unis de la Résistance (ce que, jusqu'à la Libération, nous appellerions les Murs), était créé sous sa présidence. En février, il repartait pour Londres avec le général Delestraint, chef de l'Armée secrète, et Jacques Dalsace. De ce séjour, le témoignage le plus émouvant a été donné par le colonel Passy. « Je revois Moulin, blême, saisi par l'émotion qui nous étreignait tous, se tenant à quelques pas devant le Général et celui-ci disant, presque à voix basse : "Mettez-vous au garde-à-vous", puis : "Nous vous reconnaissons comme notre compagnon, pour la libération de la France, dans l'honneur et par la victoire." Et pendant que de Gaulle lui donnait l'accolade, une larme, lourde de reconnaissance, de fierté, et de farouche volonté, coulait doucement le long de la joue pâle de notre camarade Moulin. Comme il avait la tête levée, nous pouvions voir encore, au travers de sa gorge, les traces du coup de rasoir qu'il s'était donné, en 1940, pour éviter de céder sous les tortures de l'ennemi. » Les tortures de l'ennemi... En mars, chargé de constituer et de présider le Conseil national de la Résistance, Jean Moulin monte dans l'avion qui va le parachuter au nord de Roanne. Ce Conseil national de la Résistance, qui groupe les mouvements, les partis et les syndicats de toute la France, c'est l'unité précairement conquise, mais aussi la certitude qu'au jour du débarquement, l'armée, en haillons, de la Résistance attendra les divisions blindées de la Libération. Jean Moulin en retrouve les membres, qu'il rassemblera si difficilement. Il retrouve aussi une Résistance tragiquement transformée. Jusque-là, elle avait combattu comme une armée, en face de la victoire, de la mort ou de la captivité. Elle commence à découvrir l'univers concentrationnaire, la certitude de la torture. C'est alors qu'elle commence à combattre en face de l'enfer. Ayant reçu un rapport sur les camps de concentration, il dit à son agent de liaison, Suzette Olivier : « J'espère qu'ils nous fusillerons avant. » Ils ne devaient pas avoir besoin de le fusiller. La Résistance grandit, les réfractaires du travail obligatoire vont bientôt emplir nos maquis ; la Gestapo grandit aussi, la Milice est partout. C'est le temps où, dans la campagne, nous interrogeons les aboiements des chiens au fond de la nuit ; le temps où les parachutes multicolores, chargés d'armes et de cigarettes, tombent du ciel dans la lueur des feux des clairières ou des causses ; le temps des caves, et de ces cris désespérés que poussent les torturés avec des voix d'enfants... La grande lutte des ténèbres a commencé. Le 27 mai 1943, a lieu à Paris, rue du Four, la première réunion du Conseil national de la Résistance. Jean Moulin rappelle les buts de la France libre : « Faire la guerre ; rendre la parole au peuple français ; rétablir les libertés républicaines dans un État d'où la justice sociale ne sera pas exclue et qui aura le sens de la grandeur ; travailler avec les Alliés à l'établissement d'une collaboration internationale réelle sur le plan économique et social, dans un monde où la France aura regagné son prestige. » Puis il donne lecture d'un message du Général de Gaulle, qui fixe pour premier but au premier Conseil de la Résistance, le maintien de l'unité de cette Résistance qu'il représente. Au péril quotidien de la vie de chacun de ses membres. Le 9 juin, le général Delestraint, chef de l'Armée secrète enfin unifiée, est pris à Paris. Aucun successeur ne s'impose. Ce qui est fréquent dans la clandestinité : Jean Moulin aura dit maintes fois avant l'arrivée de Serreules : « Si j'étais pris, je n'aurais pas même eu le temps de mettre un adjoint au courant... » II veut donc désigner ce successeur avec l'accord des mouvements, notamment de ceux de la zone Sud. Il rencontrera leurs délégués le 21, à Caluire. Ils l'y attendent, en effet. La Gestapo aussi. La trahison joue son rôle - et le destin, qui veut qu'aux trois quarts d'heure de retard de Jean Moulin, presque toujours ponctuel, corresponde un long retard de la police allemande. Assez vite, celle-ci apprend qu'elle tient le chef de la Résistance. En vain. Le jour où, au fort Montluc à Lyon, après l'avoir fait torturer, l'agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu'il ne peut plus parler, Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau. Pour la terrible suite, écoutons seulement les mots si simples de sa soeur : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. » Comprenons bien que pendant les quelques jours où il pourrait encore parler ou écrire, le destin de la Résistance est suspendu au courage de cet homme. Comme le dit Mlle Moulin, il savait tout. Georges Bidault prendra sa succession. Mais voici la victoire de ce silence atrocement payé : le destin bascule. Chef de la Résistance martyrisé dans des caves hideuses, regarde de tes yeux disparus toutes ces femmes noires qui veillent nos compagnons : elles portent le deuil de la France, et le tien. Regarde glisser sous les chênes nains du Quercy, avec un drapeau fait de mousselines nouées, les maquis que la Gestapo ne trouvera jamais parce qu'elle ne croit qu'aux grands arbres. Regarde le prisonnier qui entre dans une villa luxueuse et se demande pourquoi on lui donne une salle de bains - il n'a pas encore entendu parler de la baignoire. Pauvre roi supplicié des ombres, regarde ton peuple d'ombres se lever dans la nuit de juin constellée de tortures. Voici le fracas des chars allemands qui remontent vers la Normandie à travers les longues plaintes des bestiaux réveillés : grâce à toi, les chars n'arriveront pas à temps. Et quand la trouée des Alliés commence, regarde, préfet, surgir dans toutes les villes de France les commissaires de la République - sauf lorsqu'on les a tués. Tu as envié, comme nous, les clochards épiques de Leclerc : regarde, combattant, tes clochards sortir à quatre pattes de leurs maquis de chênes, et arrêter avec leurs mains paysannes formées aux bazookas l'une des premières divisions cuirassées de l'empire hitlérien, la division Das Reich. Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit... Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. » L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... »

🇫🇷 Gaullisme ☨

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#AES État du Burkina Faso🇧🇫 Les néocolons paternalistes européens en général et la France en particulier, les USA, leurs valets locaux et esclaves de salon, ont tous eu leur dose dans ce message du vaillant Dr. A.J. KYELEM de TAMBELA, Premier Ministre de l’#AES État du Burkina Faso 🇧🇫, ̀à la montée des couleurs du 06.05.2024 🛑Mesdames et messieurs! 𝐐𝐮𝐞𝐥 𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 ? 1- Chaque fois que les autorités de la Transition prennent la parole, l'impérialisme et ses valets locaux tremblent. Ils tremblent parce qu'ils savent que c'est pour encore révéler au public un aspect de leurs intrigues. Leur arme contre cela, c'est, chaque fois qu'une autorité prend la parole, de claironner que nous parlons trop au lieu d'agir. Comme si le peuple n'était pas témoin des actes de développement, de transformation sociale et de lutte contre le terrorisme que nous posons. 2- Nous avons parlé, nous parlons et nous parlerons, pour contribuer à l'éveil des consciences, afin que plus jamais le peuple ne se laisse duper par des aventuriers sans foi ni loi, et des marchands d'illusions. 3- Cela dit, je me permets de poser une question. Que représente le drapeau que nous venons de hisser ? Le drapeau est un élément fédérateur. C'est le symbole de l'unité d'un peuple pour une cause, la cause nationale. Le drapeau nous rappelle chaque fois, qu'avant toute chose, il y a la nation à défendre et à promouvoir. 4- Le drapeau nous rappelle que les intérêts particuliers, les intérêts partisans doivent pouvoir se conjuguer avec l'intérêt général. À défaut, les intérêts particuliers doivent s'effacer pour que triomphe l'intérêt général et la cause nationale. 5- J'ai l'habitude de dire que mieux vaut être pauvre dans un État riche et fort que riche dans un État pauvre et faible. Il y a eu des Hommes riches et forts dans des pays pauvres ou faibles. Certains d'entre eux ont trouvé leurs limites. 6- Il suffit de citer le cas du général Manuel Noriega, le tout puissant président du Panama des années 1980. En décembre 1989, quand les Américains décidèrent de l'arrêter, ils allèrent le cueillir dans son palais. Sa fuite dans une enclave diplomatique ne fut pour lui qu'un répit de courte durée. Les Américains finirent par obtenir son extradition. 7- De même en Haïti, le général Raoul Cédras renversait le président Jean-Bertrand Aristide en 1994. Les Américains finirent par lui donner un ultimatum pour quitter le pouvoir. Face à son refus d'obtempérer, l'armée américaine le délogea de son palais. Il eut son salut en se réfugiant au Panama. Ces Hommes forts et riches régnaient dans des États pauvres ou faibles. 8- À l'inverse, des Hommes, pas particulièrement riches, mais qui présidaient aux destinées d'États forts, ont pu faire face à toutes les tentatives de récupération ou de déstabilisation. 9- Il suffit de citer le cas de Cuba, petit pays à quelques encablures des États-Unis, qui a su résister à tous les assauts des Américains. On peut citer aussi le cas du petit Nicaragua qui a tenu tête à la toute puissante Amérique dans les années 1980. On pourrait citer aussi les cas du Venezuela, de Hugo Chavez à Nicola Maduro, et de l'Iran qui, depuis la Révolution islamique de 1979 fait face avec succès à toutes les tentatives de déstabilisation. 10- Un État fort est donc une garantie de sécurité et de stabilité des institutions, et un facteur de développement. La pauvreté actuelle de l'Afrique noire est due en partie aux tentatives de caporalisation des dirigeants, et de déstabilisation des régimes. On peut être d'accord que si la Révolution de Thomas Sankara avait duré, ne serait-ce qu'une dizaine d'années, le Burkina aurait pu être mis sur les rails du développement. Le Ghana qui était un État failli et sans perspective, a été mis sur les rails du développement grâce à la politique visionnaire du président Rawlings, à travers la mise en place d'un État fort. 11- Pour construire un État fort, il faudra être en mesure de déjouer les pièges conçus par les dominateurs pour faire de nos États des États faibles, malléables à souhait. Parmi ces pièges, il y en a trois qu'il convient d'analyser. Ce sont le prétendu respect des droits de l'Homme (1), le prétendu respect de la liberté d'expression (2) et les institutions néocoloniales de nos États modernes (3). 𝟏- 𝐃𝐮 𝐩𝐫𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐥'𝐇𝐨𝐦𝐦𝐞 12- Il est évident que si les droits de l'Homme étaient méconnus en Afrique, les Européens ne seraient pas venus trouver des royaumes et des sociétés organisés avec de brillantes civilisations. L'art africain précolonial a ébloui le colonisateur au point qu'il a pillé les œuvres d'art pour garnir ces musées et les salons des aristocrates et des bourgeois. Sans une organisation sociale élaborée, dans le respect des droits de chaque catégorie sociale, un tel résultat n'aurait pu être atteint. 13- De nos jours, les droits de l'Homme sont un instrument de contrôle des sociétés du Tiers-Monde au service de l'Occident. Ils permettent à l'Occident d'avoir la garantie que ses valets locaux, dont certains sont directement financés par l'Occident, d'autres indirectement par des procédures détournées, auront toutes les latitudes pour mener dans nos pays leurs activités subversives à son profit. Lesquelles activités ont pour finalité d'infiltrer les appareils d'État et d'affaiblir nos États au profit de l'Occident. 14- Dans nos pays, les droits fondamentaux ne sont pas encore satisfaits. Les droits de l'Homme consistent d'abord à donner à manger aux populations, à les soigner, à les instruire, à les loger décemment. L'Occident ne voit pas ces droits à satisfaire dans nos pays, alors même qu'il jette régulièrement à la poubelle sa surproduction agricole et industrielle, rien que pour maintenir élevés les prix de ses produits. Ce qui le préoccupe, c'est uniquement l'assurance que ses éléments infiltrés dans nos sociétés peuvent poursuivre leur travail d'agitation et de sape à son profit en toute impunité. 15- Quand les mêmes droits sont violés en Occident, cela est passé sous silence, ou tout au plus qualifié de simple mesure de maintien de l'ordre. Chacun sait qu'aux États-Unis, toute personne présumée être une menace pour la sécurité nationale est éliminée sans autre forme de procès. Personne ne parlera de violation des droits de l'Homme. Partout dans le monde, les États-Unis se donnent le droit de tuer ou d'intervenir dès lors qu'ils estiment cela nécessaire pour leurs intérêts. On peut rappeler ici les cas du Panama et de Haïti, mais aussi ceux de Cuba en 1901 et en 1961. Sans oublier le Vietnam, l'Iran en 1980, l'Irak, et l'Afghanistan plus récemment. 16- La France n'est pas en reste, elle qui a commandité et continue de commanditer des coups d'État en Afrique, principalement en Afrique francophone, sans aucun égard pour les pertes en vies humaines. Sans oublier son soutien au terrorisme au Sahel qui a fait des milliers de victimes, et qui continue d'endeuiller nos populations. En France même, l'on a vu comment en novembre-décembre 2018 les “Gilets jaunes” ont été réprimés. Toujours en France, à la suite du meurtre par la police du jeune Nahel en 2023, le petit peuple de France s'est soulevé. Il fut violemment réprimé, avec des scènes de tortures dignes d'un autre âge. Comme il s'agit de la France, personne n'a élevé la moindre protestation. Personne n'a parlé de violations des droits de l'Homme. Même dans nos propres pays, les médias déjà conditionnés, n'y ont pas vu de violations des droits de l'Homme. 17- Dans nos pays, surtout dans les pays sous contrôle de l'Occident, et plus particulièrement sous contrôle de la France, les régimes en place peuvent assassiner, torturer, on ne parlera jamais de violation des droits de l'Homme. En Guinée, en Côte d'Ivoire, au Sénégal des citoyens qui manifestaient contre les troisièmes mandats anticonstitutionnels ont été massacrés avec la bénédiction de l'Occident. Plus récemment encore, des opposants ont été massacrés au Tchad à plusieurs reprises, sans que l'Occident trouve à redire. Non loin du Burkina Faso, des procès iniques ont été organisés, et des condamnations hors-normes ont été prononcées. Des opposants ont été jetés en prison pendant des années. Les Occidentaux n'y ont rien vu et n'ont rien entendu. Personne n'a parlé de violations des droits de l'Homme. Quelle hypocrisie! 𝟐- 𝐃𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮𝐞 𝐥𝐢𝐛𝐞𝐫𝐭𝐞́ 𝐝'𝐞𝐱𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 18- Tout comme les droits de l'Homme, il en est de même de cet autre cheval de Troie qu'est la liberté d'expression. Pour l'Occident, ses valets locaux infiltrés dans nos sociétés ont le droit de s'exprimer comme ils l'entendent, sans aucune restriction ni règlementation. Gare à quiconque osera remettre cela en cause. Aussitôt les Gouvernements et les médias occidentaux montent sur leurs grands chevaux, grossissent négativement les faits et brandissent les menaces. Les ambassades, les O.N.G. à la solde de l'Occident et les institutions internationales sont mises à contribution pour vilipender, intimider et réprimer. 19- Pourtant, nul ne viole autant la liberté d'expression que les Occidentaux. Dès le déclenchement du conflit Russie-Ukraine, la France et d'autres pays occidentaux, bien que n'étant pas belligérants, ont expulsé les organes de presse russes de leur territoire. Par la suite, la dame de Sotchi a été interdite d'entrer et de séjour en France pour simple délit d'opinion. Récemment, un activiste (Kémi Séba) s'est vu retirer la nationalité française, également pour délit d'opinion. 20-Le 20 mars dernier, un élu local français aurait été suspendu, simplement pour avoir accepté d'être observateur au scrutin présidentiel russe. Alors ! Où se trouve la liberté d'expression en Occident? Il est temps de comprendre que ce n'est pas la liberté d'expression que l'Occident défend, mais plutôt des intérêts idéologiques, politiques et économiques. La prétendue liberté d'expression et les prétendus droits de l'Homme sont de simples moyens d'action pour aboutir à ses fins dans nos pays. 21- Il ne viendra à l'idée de personne de contester que les droits de l'Homme sont de loin mieux respectés dans nos pays que dans les pays arabo-musulmans où la liberté de croyance n'existe pas; où les femmes n'ont ni la liberté de leur mouvement, ni la liberté de leur choix de vie; où les délinquants sont parfois amputés ou torturés publiquement. Comme ces pays gèrent bien les intérêts des Occidentaux, ou sont capables de mesures de rétorsions redoutables, ils peuvent tout se permettre. L'Occident fermera toujours les yeux. 22- Même les valets locaux de l'impérialisme qui sont dans nos pays et qui revendiquent tant la liberté d'expression, refusent cette même liberté d'expression à ceux qui ne partagent pas leur point de vue. Ils créent des comptes Facebook et autres, pour essaimer leur venin, en prenant soin de bloquer les commentaires qui ne leur sont pas favorables. 23- Quand on revendique la liberté d'expression et qu'on est logique et de bonne foi, on doit avoir le courage de l'accepter aussi pour les autres. Ces valets locaux, qui sont de simples véhicules de transport des intérêts occidentaux, sans contenu propre, utilisent la prétendue liberté d'expression pour nuire, afin de mieux plaire à leurs maîtres. Ils sont des dangers publics pour nos sociétés en construction. C'est pourquoi Thomas Sankara avait dit que la liberté d'expression ne doit pas être la liberté de nuire pour les ennemis du peuple. 𝟑- 𝐃𝐮 𝐦𝐢𝐦𝐞́𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 24- Le dernier piège dans lequel sont tombés beaucoup de pays du Tiers-Monde, surtout les pays francophones, c'est le mimétisme institutionnel. L'Occident a sa propre histoire. Il a mis des siècles pour se doter de ses institutions actuelles. Faisant fi de notre histoire à nous, il tient à nous imposer sur le champ les mêmes institutions, tout en sachant que nous n'avons ni la même histoire, ni la même culture, ni les mêmes aspirations. 25- Ces institutions qui nous sont appliquées comme des corsets, sont des moyens par lesquels l'Occident nous tient en laisse comme le maître tient son chien. Par ces moyens, les Occidentaux ont le contrôle de nos États et de nos sociétés, car pour la règlementation et l'évolution de ces institutions il faudra chaque fois se référer à leur histoire, à leur présent, à leurs instructions, et nous accorder avec eux. 26- Nous ne devons plus être dupes. Droits de l'Homme, liberté d'expression et mimétisme institutionnel sont des produits fabriqués en Occident, et destinés à la consommation des peuples dominés. Nos sociétés connaissaient les droits de l'Homme et la liberté d'expression qui étaient règlementés en fonction des besoins de la société. C'est pour cela qu'elles avaient pu mettre en place de grands royaumes dont la finesse de l'organisation surprend toujours l'intelligence humaine. Nos sociétés avaient des institutions adaptées qui ne demandent qu'à être revisitées. Auparavant, il nous faudra accepter de revisiter nos propres mentalités qui pataugent dans les méandres de l'aliénation mentale et culturelle. 27-Pour construire des États forts à même d'assurer la stabilité des institutions, le respect de la souveraineté, et d'enclencher le processus de développement, il nous revient de savoir détecter les pièges par lesquels on nous maintient dans la soumission et l'arriération. Gouverner c'est choisir. Les dirigeants africains doivent choisir avec détermination de tenir haut leur drapeau, au risque de laisser nos pays toujours tourner en rond, au gré des intérêts des autres. C'est dans ce sens qu'il faut saluer le courage et la détermination des dirigeants nigériens dans la décision de mettre fin à la présence militaire américaine dans leur pays, après voir mis les militaires français à la porte. 28-Il nous faut donc, en Afrique, mettre en place des États forts à même de défendre l'intégrité territoriale des États, la souveraineté des États, et les orientations de développement élaborées par nos États. Voilà ce que le drapeau doit représenter pour nous. Nous devons prendre conscience qu'il n'y a pas de destin individuel prospère et permanent dans un État faible, désarticulé et sans repère. Seule l'union autour des valeurs du drapeau peut garantir la sécurité, la prospérité et l'émancipation de chaque citoyen et de tous les citoyens. Pour la Patrie, nous vaincrons ! Dr. A.J. KYELEM de TAMBELA, Premier Ministre de l'#AES État du Burkina Faso 🇧🇫 Les vaillants peupes et les courageuse autorités de l'#AES ont pris leur destin en main. 🫡 #TousEngagésPourUnSahelLibre

M.PORGO

31,008 görüntüleme • 2 yıl önce

📢🚨 La France a construit une machine à détruire la richesse des classes moyennes sous couvert de protection du patrimoine. Un homme achète sa deuxième maison après une séparation, emprunte à nouveau, signe chez le notaire, et peu de gens voient le mécanisme d'appauvrissement qu'il accepte. C'est pourtant là que gît la vraie dépossession. L'immobilier en France n'est pas un investissement. C'est un refuge forcé. Quand les frais bancaires vous volent 0,5% par an, quand l'assurance-vie perd du pouvoir d'achat, quand les actions effrayent par le jargon de la complexité réglementaire, il ne reste qu'une option : la pierre. Le Français moyen ne choisit pas l'immobilier par conviction libérale de possession ou de capitalisme productif. Il y va parce que tout le reste a été fermé, taxé, régulé jusqu'à l'absurdité. Ceux qui ont 150 000 euros d'économies après trente ans de travail ne peuvent aller nulle part sauf dans la maison. C'est par défaut, pas par succès. Mais voici ce que presque personne ne calcule vraiment. Acheter une maison en France, c'est accepter que l'État prélève immédiatement entre 7 et 8% de son prix sur les frais de notaire. Pour une maison à 300 000 euros, c'est 21 000 à 24 000 euros qui disparaissent avant même que vous n'ayez les clés. Ce n'est pas une commission normale de courtier. C'est une taxe de mutation qui porte un autre nom, avec juste assez de maquillage bureaucratique pour ne pas être appelée par son vrai nom. Elle s'appelle « droit de mutation ». Elle représente, selon les estimations les plus conservatrices, 85 à 90% des revenus des notaires, qui ne sont jamais des prestataires de marché libre mais toujours des monopoles territoriaux créés par l'État. Comparez cela à l'Allemagne, où les frais d'acquisition s'échelonnent entre 1,5 et 3,5% du prix total. Aux Pays-Bas, c'est 2 à 3% avec une part de cela remboursée aux futurs acheteurs. En Belgique, c'est autour de 3,5 à 4%. Même en Espagne, où la fiscalité immobilière n'est généralement pas connue pour sa légèreté, c'est 6 à 7%. La France impose donc la pénalité la plus lourde d'Europe sur celui qui ose bouger. Pourquoi cette structure particulière ? Parce qu'elle capture une part inévitable de la richesse du citoyen à chaque transaction. Chaque divorce, chaque déménagement pour le travail, chaque envie de changer de vie entraîne un coût fixe masqué qui disparaît du patrimoine. L'État français ne cache pas son cynisme : plus les gens bougent, plus il prélève. C'est une taxe sur la liberté de mouvement déguisée en frais administratifs. Maintenant, imaginez la pile de frais réels auxquels doit faire face cet homme qui en est à sa deuxième maison et sa troisième séparation. À la première séparation : partage du patrimoine. À la deuxième : encore. Les mécanismes de prestation compensatoire, pensés pour protéger le conjoint le plus faible, créent une destruction systématique du capital familial. Quand un couple divise ses actifs de 500 000 euros en deux parts de 250 000 euros, puis que 10 à 12% s'envolent en frais de notaire chez l'un, puis chez l'autre (sur l'achat suivant ou la revente), on parle déjà de 50 000 à 60 000 euros volatilisés. Ajoutez les frais d'avocats : 3 000 à 8 000 euros par personne pour une séparation complexe. Ajoutez la soulte si l'un des conjoints souhaite garder la maison : c'est une nouvelle négociation, des frais supplémentaires. Le divorce français n'est donc pas juste un événement émotionnel ou social. C'est une destruction programmée de capital. Et chaque fois que cet homme revient au marché immobilier, il accepte à nouveau le prélèvement de 7 à 8% pour entrer. C'est comme payer un droit d'entrée à chaque fois qu'on respire trop fort. L'argument habituel est que les frais de notaire « protègent ». Ils assurent la traçabilité, la légalité, l'enregistrement. Mais la technologie blockchain offrait déjà ce service pour une fraction du coût il y a dix ans. Aujourd'hui, on pourrait sécuriser une transmission immobilière en ligne pour 500 à 1 000 euros avec une authentification cryptographique. Au lieu de cela, la France maintient des monopoles territoriaux avec un tarif unique, imposé légalement, qui n'a rien à voir avec la complexité réelle de l'acte. C'est un rentier créé par la loi, pas un service du marché libre. Pendant ce temps, les États-Unis n'ont pas d'impôt fédéral sur les transactions immobilières. L'Irlande non plus. La Belgique a réduit les droits de mutation pour stimuler la mobilité. La Suisse compte sur les impôts fonciers récurrents, pas sur les taxes de transaction. Ces pays ont compris une vérité économique simple : taxer les transactions détruit la mobilité, fige les décisions, et rend les gens captifs. Mais la France préfère capturer la transition de vie et la monétiser. Il y a pire encore. Une fois propriétaire, cet homme ne possède rien. Il loue sa maison à l'État via les taxes foncières, qui ont augmenté de 75% en vingt ans. Elles ne cessent de croître, indexées sur l'inflation, ou pire, sur les réévaluations cadastrales. Un petit recul : en 2005, les taxes foncières représentaient environ 4,2 milliards d'euros. En 2024, c'est plus de 18 milliards. Les résidences principales ont échappé à la hausse la plus violente grâce à des exonérations partielles, mais pas pour longtemps. Chaque mairie réclame plus, chaque département ajuste ses taux. Puis viennent les normes. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) oblige à rénover pour maintenir sa valeur de vente. Les normes de construction évoluent en permanence. Une maison achetée normale hier devient une passoire thermique à rénover demain. C'est un coût permanent, une menace suspendue au-dessus de tout propriétaire. En Allemagne, le coût des normes thermiques existe, mais il s'étend sur une période définie. En France, c'est flou, rétrospectif, punitif. Et nous n'avons pas encore parlé de l'assurance. Une maison de 300 000 euros, c'est 300 à 600 euros d'assurance habitation par an. Pour une prêt de 250 000 euros sur 25 ans au taux actuel de 3,5%, c'est 700 euros par mois de versement principal et intérêts. Ajoutez 200 euros pour l'impôt foncier annuel, soit 17 euros par mois. Ajoutez 25 à 50 euros par mois d'entretien moyen sur trente ans (toiture, chaudière, tuyauterie). Maintenant, cet homme dépense 917 euros par mois pour n'être techniquement propriétaire que du titre : l'État est propriétaire des flux, la banque du droit de saisie, et l'inflation du pouvoir d'achat réel de l'actif. Comparez cela à un portefeuille d'actions diversifiées. Frais de courtage : 5 à 10 euros par transaction. Pas de taxe de mutation. Pas de taxe foncière annuelle. Pas de DPE. Pas d'obligation de rénover. Une hausse de valeur de 5% par an c'est 5% net dans votre portefeuille, pas 5% moins 8% de frais et moins 2% de nouvelles taxes. Et si vous devez vendre, l'impôt sur les plus-values immobilières est de 19% (impôt standard) plus les prélèvements sociaux de 17,2%, soit 36,2% total. Pour les actions à long terme (plus de cinq ans), c'est 26,8%. Mais qui parle de cela ? Personne. L'immobilier en France a bénéficié d'un mensonge magnifique : que c'est une forme de liberté, de propriété vraie, de richesse palpable. C'est un mensonge. C'est un engagement perpétuel envers l'État. Vous pensez posséder, vous êtes possédé. Le taux d'endettement des ménages français pour l'accession immobilière dépasse 60% du patrimoine des classes moyennes. En 1990, c'était 35%. L'illusion de propriété s'accompagne d'une réalité de captivité budgétaire. Alors pourquoi cet homme achète-t-il une deuxième maison après deux séparations qui ont probable vidé une bonne partie de son capital ? Parce qu'il n'a pas le choix. L'épargne-retraite n'existe pas vraiment (les régimes légaux sont à l'équilibre ou en déficit structurel, les fonds de pension privés sont minuscules). L'assurance-vie est un placement d'inflation zéro. Les actions semblent risquées pour celui qui n'a pas reçu une formation financière. Il ne lui reste que la pierre. C'est une capture de marché involontaire. L'État a tellement fermé les autres portes (taxe sur les dividendes, taxes sur les gains en capital, complexité des produits d'épargne, promotion obsessionnelle de l'immobilier via les aides fiscales des années 1980) qu'il a créé une monoculture d'épargne. Celle-ci crée elle-même sa propre bulle d'illusion : les prix montent, on croit que c'est un investissement, les gens s'endettent plus, les prix montent plus, les banques centrales baissent les taux pour« soutenir la stabilité », et voilà, on a une économie où tous les 500 euros d'épargne d'un Français vont à une trace d'un hectare de terrain et quatre murs. Regardez les comparaisons internationales. En Allemagne, la part de l'immobilier dans le patrimoine des ménages est d'environ 55% (données Bundesbank, 2023). En France, elle est de 62 à 65%, certaines années jusqu'à 70%. Les Pays-Bas : 48%. La Belgique : 58%. Même l'Italie, avec ses propriétaires qui revendiquent un attachement sentimental à la maison familiale depuis six générations, c'est 60%. La France dépasse parce que les autres options ont été systématiquement sabotées. Et les rendements bruts de l'immobilier ? En France, le rendement locatif brut moyen est autour de 3 à 4%, parfois moins dans les grandes villes. Ajoutez les frais de gestion immobilière (8 à 12%), l'entretien (2 à 3%), les impôts fonciers (1 à 2%), la vacance (1 à 2%), les frais d'agence à la vente (5 à 6%), et le rendement net tombe à moins de 1% avant les plus-values. Un portefeuille d'actions diversifiées affiche historiquement 7 à 9% de rendement nominal avant frais. Avec des frais d'ETF à 0,1%, vous êtes à 6,9 à 8,9%. La différence n'est pas marginale. Elle construit deux richesses alternatives au long terme. L'une crée une captivité durable, l'autre crée de véritables actifs productifs. Mais l'histoire qu'on raconte au Français est celle du propriétaire, du petit bourgeois qui a acheté pierre par pierre sa propre maison. C'est une belle histoire. C'est simplement une histoire où l'État a retiré toutes les autres portes pour s'assurer que c'était la seule histoire possible. Cet homme qui en est à sa deuxième maison et sa troisième séparation n'est pas faible ou mauvais gestionnaire. Il est prisonnier d'une architecture où les coûts de transaction, les taxes de mobilité, les prélèvements obligatoires sur les partages patrimoniaux, et l'absence d'alternatives crédibles l'ont enfermé dans un seul motif : revenir à l'immobilier à chaque occasion de redémarrer. L'obsession française pour la pierre n'est pas un défaut national, c'est une ingénierie du captage de capital. Chaque séparation détruit de la richesse via les frais et les taxes. Chaque nouvel achat la détruit à nouveau via les droits de mutation. L'impôt foncier permanent la grignote. Et l'absence d'alternatives viables la concentre dans la pierre plutôt que de la diversifier dans des actifs productifs qui créent de la croissance réelle. Les pays qui ont libéralisé cela l'ont compris. Aux États-Unis, la mobilité résidentielle est facile. Il n'y a pas de droits de mutation significatifs. La taxe foncière existe mais elle est généralement plus transparente et négociable localement. L'impôt sur les plus-values immobilières de long terme s'arrête à zéro après deux ans si c'est votre résidence principale. Résultat : les Américains changent de maison en moyenne tous les sept ans. Ils expérimentent, se trompent, recommencent. La mobilité économique suit. Les Allemands louent à 50%, ce qui semble contre-intuitif jusqu'au moment où vous réalisez que louer en Allemagne c'est un accord à long terme de marché libre, pas une capitation d'instabilité. Et les Allemands ont diversifié leurs portefeuille : Bourse, immobilier, épargne liquide, fonds de pension, tout ensemble. La France paie le coût inverse. Un Français qui se sépare trois fois verra sa capacité d'épargne diminuer à chaque cycle, ses décisions de mouvement paralyser par les coûts, son capital fragmenté par les taxes. Il s'endette plus pour garder une illusion de propriété. Cela détruit sa flexibilité économique juste au moment où la mobilité devient un besoin. La solution n'est pas utopique. Elle existe dans d'autres juridictions. Réduire les droits de mutation à 1-2% sur les résidences principales. Indexer l'impôt foncier sur des valeurs claires et publiques plutôt que des estimations administratives opaques. Autoriser les fonds de pension privés sans limite de contribution. Simplifier la fiscalité des actions via un impôt unique sur les gains en capital (30% de rendement nets, point, pas de couches supplémentaires de prélèvements sociaux). Réduire les normes thermiques à un calendrier clair plutôt qu'une menace perpétuelle. Créer une vraie concurrence pour les services notariaux plutôt qu'un monopole territorial. Aucune de ces idées n'est extrémiste. Aucune n'est radicale. Ce sont simplement des normes dans des économies libérales meilleures que la nôtre en mobilité économique et en création d'épargne réelle. Cet homme qui achète sa deuxième maison après sa troisième séparation est un symbole d'une nation qui a construit ses chaînes invisibles si bien que les captifs ne les voient même plus. Il croit investir. Il accepte à chaque fois les prélèvements que l'État a légalement placés sur son chemin. Il pense que c'est la vie, les aléas, la normalité. C'est une normalité, mais c'est une normalité de pays qui a oublié ce que signifie la liberté économique. Il n'y a rien à blâmer chez lui. Il y a tout à réformer chez nous.

ChienSurpris

65,479 görüntüleme • 3 ay önce

#EST_RDC: Les FDLR existent bel et bien et figurent parmi les principaux acteurs responsables d'attaques systématiques et particulièrement violentes contre les populations civiles dans l'Est de la RDC, notamment contre les Tutsis congolais et leurs biens. En raison de ces violences répétées, des milliers de familles tutsies congolaises ont été contraintes de fuir vers les pays voisins de la région des Grands Lacs, où une partie d'entre elles vit encore en exil depuis plus de vingt-cinq ans. Continuer à nier l'existence ou le rôle des FDLR ne permettra pas de résoudre durablement la crise sécuritaire dans l'Est de la RDC. Plus préoccupant encore, le gouvernement congolais, qui devrait être un acteur central dans leur neutralisation, est régulièrement accusé d'entretenir avec eux des relations de coopération ou d'alliance, une dynamique qui remonte à différentes périodes allant du régime de Mobutu jusqu'à aujourd'hui. Nous ne pouvons pas reconnaître la souffrance de certaines victimes tout en ignorant celle des autres. La recherche d'une paix durable exige une prise en compte équitable de toutes les tragédies humaines qui ont marqué la région. Pourquoi la question des réfugiés tutsis congolais continue-t-elle d'alimenter des discours de haine, d'exclusion et de contestation identitaire ? Pourquoi des responsables politiques ou acteurs de la société civile en RDC affirment-ils encore qu'il n'existe pas de réfugiés tutsis congolais, alors que ces populations sont originaires du Kivu et qu'elles ont été contraintes de quitter leurs terres sous la pression de groupes armés locaux, des FDLR et d'autres acteurs impliqués dans les violences ? La compassion que nous exprimons à l'égard des populations de l'Est de la RDC devrait s'inscrire dans un humanisme universel, fondé sur la reconnaissance de toutes les victimes, indépendamment de leur identité. Elle ne devrait pas être instrumentalisée ou politisée pour conforter des récits qui nient l'appartenance nationale des Tutsis congolais ou les présentent systématiquement comme des étrangers rwandais. Les FDLR ne constituent pas uniquement une menace pour le Rwanda. Depuis 1994, elles représentent également une menace majeure pour des Tutsis congolais vivant dans les provinces du Kivu. Dans plusieurs zones où les FDLR et les milices qui leur sont associées demeurent actives, les conditions de sécurité ne permettent toujours pas à ces populations de vivre sereinement sur leurs terres d'origine. Tant que la question des FDLR, du retour des réfugiés et de la protection de toutes les communautés concernées ne sera pas abordée avec honnêteté et sans instrumentalisation politique, les perspectives d'une paix durable dans l'Est de la RDC resteront fragiles. Lydia Mutyebele Ngoi Thierry MARIANI Huang Xia 🇺🇳 Tibor Nagy U.S. Senior Advisor for Arab and African Affairs USA en Français Jean-François Le Drian Dr. J. Peter Pham 🇺🇲 UE en RDC🇪🇺 Josep Borrell Fontelles Maxime PREVOT António Costa Vivian van de Perre France Diplomatie 🇫🇷🇪🇺 João Lourenço UNHCR, the UN Refugee Agency Ambassade de Suisse en RDC محمد الكعبي Faure Essozimna GNASSINGBÉ Yoweri K Museveni Samia Suluhu Cyril Ramaphosa 🇿🇦 Volker Türk Patrick Muyaya Thérèse Kayikwamba Wagner Nicolas de Rivière MONUSCO Olivier J.P. Nduhungirehe Moussa Faki Mahamat António Guterres

MAISHA RDC

12,036 görüntüleme • 1 ay önce

Tonight, Mayor Olivia Chow and I came to Nathan Phillips Square to light the Hanukkiah and welcome the first night of Chanukah — a festival of light, hope, and resilience. But our joy tonight is tempered by deep sorrow. My heart is heavy for the families and communities affected by the horrific attack at Bondi Beach in Sydney, where people gathered to celebrate the same holy occasion were met with unimaginable violence. Every Jewish community around the world — and right here in Toronto — deserves to feel safe and secure as they celebrate. We will fight to ensure the community is free from hate and danger. On this first night of Chanukah, we stand in solidarity with Jewish communities in Australia and around the world. We mourn those lost, hold the injured and their loved ones in our thoughts, and reject in every form the hatred that seeks to silence joy and spread fear. May the light of these candles remind us that even in the darkest moments, our shared humanity, compassion, and commitment to peace will always burn brighter. —- Ce soir, la mairesse Olivia Chow et moi sois venus à Nathan Phillips Square pour allumer le Hanoukkah et accueillir la première nuit de Hanoukka - un festival de lumière, d'espoir et de résilience. Mais notre joie ce soir est tempérée par un profond chagrin. J'ai le cœur lourd pour les familles et les communautés touchées par l'horrible attaque de Bondi Beach à Sydney, où les personnes rassemblées pour célébrer la même occasion sacrée ont été confrontées à une violence inimaginable. Chaque communauté juive à travers le monde - et ici même à Toronto - mérite de se sentir en sécurité pendant qu'elle célèbre. Nous nous battrons pour nous assurer que la communauté est exempte de haine et de danger. En cette première nuit de Hanoukka, nous sommes solidaires des communautés juives en Australie et dans le monde entier. Nous pleurons les perdus, tenons les blessés et leurs proches dans nos pensées, et rejetons sous toutes les formes la haine qui cherche à faire taire la joie et à répandre la peur. Que la lumière de ces bougies nous rappelle que même dans les moments les plus sombres, notre humanité partagée, notre compassion et notre engagement envers la paix brûleront toujours plus fort.

Evan Solomon

116,050 görüntüleme • 7 ay önce

Dans cette interview que les officiels français feraient bien de visionner, Louise Mushikiwabo légitime tacitement les assassinats extraterritoriaux des opposants au gouvernement rwandais. Rappelons qu’une dizaine de jours après l’assassinat du 31.12.13 en Afrique du Sud de Patrick Karegeya, ancien directeur du renseignement du FPR, Kagame prononçait un discours levant toute ambiguïté sur le commanditaire de ce crime : « Quiconque trahit le pays en paiera le prix. Si vous décevez le pays, si vous souhaitez du mal à son peuple, vous finirez par en subir les conséquences. Il ne reste qu’à savoir comment. » Le critère est simple : il suffit de décevoir le pays ou de vouloir du mal à son peuple – ou plutôt aux extrémistes qui gouvernent le Rwanda. Si cette méthode était appliquée en France, une partie de la classe politique aurait déjà disparu. Sérieusement, l’État français, qui depuis plusieurs décennies a cessé d’incarner la France édifiée par nos rois et nos révolutions, a osé nommer Louise Mushikiwabo, cette apparatchik du FPR, à la tête de la Francophonie. Quelle trahison nationale et quel affront pour nos amis congolais, que la France a le devoir de préférer aux extrémistes rwandais ! David Blair, un journaliste anglais écrivait récemment dans The Telegraph : «Kagame exploite sans vergogne la culpabilité occidentale pour poursuivre son propre impérialisme. Le président du Rwanda est le Poutine de l’Afrique : il attaque et pille un pays voisin.» Oui sur la culpabilisation outrancière et l’impérialisme. Mais quelle mauvaise comparaison ! Le conflit en Ukraine n’a rien à voir avec l’agression perpétrée par le Rwanda. Comme le déclarait récemment Jeffrey Sachs : «L’idée selon laquelle Vladimir Poutine chercherait à recréer l’Empire russe n’est qu’une propagande simpliste, destinée aux enfants. Quand on connaît l’histoire jour après jour, année après année, ces récits relèvent de la puérilité. Malheureusement, les enfantillages semblent mieux fonctionner que les analyses sérieuses destinées aux adultes.» Depuis le début de la guerre en Ukraine, malgré les insultes et moqueries des journalistes occidentaux à son encontre, Vladimir Poutine n’a jamais proféré de menaces directes contre la presse. Ainsi, les journalistes occidentaux, invités des plateaux télévisés, purent s'en donner à cœur joie, puisqu'ils savaient qu’ils n’avaient pas à craindre de représailles. Kagame, en revanche, ne tolère aucune offense. Bien que sa puissance militaire soit dérisoire comparée à celle de la Russie, il se montre infiniment plus menaçant et dangereux. La terreur, l'arme des faibles, est un outil qu’il manie avec une perfection sadique. Dans une vidéo qu’un troll rwandais m’a gentiment adressée pour me menacer, le message de Kagame était limpide : « We are going to shoot you down in broad daylight.» Il visait les activistes et les journalistes hostiles au FPR. (Cf vidéo) Vraiment !!! La France va t-elle enfin cesser de s’autoflageller alors qu'eu égard au génocide de 1994, elle a mille fois moins de raisons de se reprocher ses actes que le FPR, les US, le Royaume-Uni, le Canada, l’ONU ou même l’Ouganda. L’histoire, lorsqu’elle ne sera plus contrainte révélera que la critique de la France ne fut qu'un moyen de diversion. En guise de conclusion : fin du rapport de Guillaume Ancel du 15 septembre 1994 sur l’opération Turquoise : «Si l’objectif était bien d’arrêter les massacres, alors cette opération fut un succès indéniable. J’ai pu observer que 300 hommes, certes des légionnaires, ont réussi là où 1 500 Casques bleus ont lamentablement échoué. La Légion étrangère a un prestige tel qu’aucun Rwandais n’a osé la prendre à partie pendant cette mission. Pour cette tâche délicate de rétablissement de la paix, la rigueur et la discipline de la Légion ont été prépondérantes ; leur détermination a été la clé de leur succès.» La France sauva en effet 15 000 tutsi. Ministère de l'Intérieur Ministère des Armées et des Anciens combattants CourrierDesStratèges
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Dans cette interview que les officiels français feraient bien de visionner, Louise Mushikiwabo légitime tacitement les assassinats extraterritoriaux des opposants au gouvernement rwandais. Rappelons qu’une dizaine de jours après l’assassinat du 31.12.13 en Afrique du Sud de Patrick Karegeya, ancien directeur du renseignement du FPR, Kagame prononçait un discours levant toute ambiguïté sur le commanditaire de ce crime : « Quiconque trahit le pays en paiera le prix. Si vous décevez le pays, si vous souhaitez du mal à son peuple, vous finirez par en subir les conséquences. Il ne reste qu’à savoir comment. » Le critère est simple : il suffit de décevoir le pays ou de vouloir du mal à son peuple – ou plutôt aux extrémistes qui gouvernent le Rwanda. Si cette méthode était appliquée en France, une partie de la classe politique aurait déjà disparu. Sérieusement, l’État français, qui depuis plusieurs décennies a cessé d’incarner la France édifiée par nos rois et nos révolutions, a osé nommer Louise Mushikiwabo, cette apparatchik du FPR, à la tête de la Francophonie. Quelle trahison nationale et quel affront pour nos amis congolais, que la France a le devoir de préférer aux extrémistes rwandais ! David Blair, un journaliste anglais écrivait récemment dans The Telegraph : «Kagame exploite sans vergogne la culpabilité occidentale pour poursuivre son propre impérialisme. Le président du Rwanda est le Poutine de l’Afrique : il attaque et pille un pays voisin.» Oui sur la culpabilisation outrancière et l’impérialisme. Mais quelle mauvaise comparaison ! Le conflit en Ukraine n’a rien à voir avec l’agression perpétrée par le Rwanda. Comme le déclarait récemment Jeffrey Sachs : «L’idée selon laquelle Vladimir Poutine chercherait à recréer l’Empire russe n’est qu’une propagande simpliste, destinée aux enfants. Quand on connaît l’histoire jour après jour, année après année, ces récits relèvent de la puérilité. Malheureusement, les enfantillages semblent mieux fonctionner que les analyses sérieuses destinées aux adultes.» Depuis le début de la guerre en Ukraine, malgré les insultes et moqueries des journalistes occidentaux à son encontre, Vladimir Poutine n’a jamais proféré de menaces directes contre la presse. Ainsi, les journalistes occidentaux, invités des plateaux télévisés, purent s'en donner à cœur joie, puisqu'ils savaient qu’ils n’avaient pas à craindre de représailles. Kagame, en revanche, ne tolère aucune offense. Bien que sa puissance militaire soit dérisoire comparée à celle de la Russie, il se montre infiniment plus menaçant et dangereux. La terreur, l'arme des faibles, est un outil qu’il manie avec une perfection sadique. Dans une vidéo qu’un troll rwandais m’a gentiment adressée pour me menacer, le message de Kagame était limpide : « We are going to shoot you down in broad daylight.» Il visait les activistes et les journalistes hostiles au FPR. (Cf vidéo) Vraiment !!! La France va t-elle enfin cesser de s’autoflageller alors qu'eu égard au génocide de 1994, elle a mille fois moins de raisons de se reprocher ses actes que le FPR, les US, le Royaume-Uni, le Canada, l’ONU ou même l’Ouganda. L’histoire, lorsqu’elle ne sera plus contrainte révélera que la critique de la France ne fut qu'un moyen de diversion. En guise de conclusion : fin du rapport de Guillaume Ancel du 15 septembre 1994 sur l’opération Turquoise : «Si l’objectif était bien d’arrêter les massacres, alors cette opération fut un succès indéniable. J’ai pu observer que 300 hommes, certes des légionnaires, ont réussi là où 1 500 Casques bleus ont lamentablement échoué. La Légion étrangère a un prestige tel qu’aucun Rwandais n’a osé la prendre à partie pendant cette mission. Pour cette tâche délicate de rétablissement de la paix, la rigueur et la discipline de la Légion ont été prépondérantes ; leur détermination a été la clé de leur succès.» La France sauva en effet 15 000 tutsi. Ministère de l'Intérieur Ministère des Armées et des Anciens combattants CourrierDesStratèges

Jean-François Le Drian

22,940 görüntüleme • 1 yıl önce

La chasse aux "terroristes". En octobre 2023, Jonathan est entré à Gaza comme soldat. Voici des extraits de son témoignage, publié dans The Economist : Limites : "À Gaza, on n’avait aucune limite. Il y avait bien des lignes rouges et des secteurs délimités, mais leur seul but était de nous empêcher de tirer sur les forces alliées, d'éviter les tirs amis. Le mot "civil" n'a jamais été prononcé." En décembre 2023, 3 otages ont été abattus par des soldats israéliens car ils voulaient s'échapper, bien qu'ils fussent en sous-vêtements et portaient un drapeau blanc. Ce n'est qu'à ce moment-là que des indications ont été données. "Mais même là, c’était plutôt des conseils", a déclaré Jonathan. "Vous n'êtes pas obligé de tirer sur les femmes, les enfants, les personnes âgées ou toute personne nue avec un drapeau blanc. Rien n'a été dit sur le fait de tirer sur les secouristes ou les journalistes. Tous les hommes en âge de porter les armes étaient considérés comme des cibles légitimes. La plupart des personnes tuées par mon unité n'étaient pas armées." Déshumanisation : L’atmosphère s’est dégradée à mesure que la guerre s’éternisait. L’idée qu’il n’y avait "pas d’innocents à Gaza" s’est enracinée. Dans leurs communications radio, le terme "saletés" était utilisé pour désigner les Palestiniens, comme dans "on voit deux saletés devant nous". Les soldats parlaient d’aller "chasser" à Gaza. "Aux yeux de nombreux Israéliens et soldats, chaque Palestinien à Gaza est un terroriste. Si c’est un enfant, il deviendra probablement un terroriste. Si c’est une femme, elle sera probablement la mère d’un futur terroriste." Boucliers humains : "Il y a eu des désaccords au sein de ma section, mais ce n’était pas un débat moral sur l'utilisation de boucliers humains. On parlait plutôt de la façon de le traiter : avec quoi et en quelle quantité le nourrir, s'il fallait le frapper ou non. La plupart des gens le voyaient comme un terroriste." Lorsque l'unité de Jonathan a été retirée des opérations, ils n'ont pas emmené leur "moustique" [bouclier humain] en prison en Israël, et ne l'ont pas abandonné dans le couloir humanitaire : "On lui a juste dit de partir." Certains de ces "moustiques", des hommes en âge de porter les armes, ont ensuite été abattus par des soldats. Outre les "moustiques", Tsahal a également utilisé des "guêpes" (des Palestiniens amenés de Cisjordanie et équipés d'uniformes de Tsahal) et même quelques "castors" (des demandeurs d'asile soudanais arabophones à qui l'on a proposé des permis de séjour en échange de repérages dans les tunnels). En mars 2025, Tsahal a annoncé qu'elle enquêterait sur l'utilisation de boucliers humains à Gaza. À ce jour, aucune accusation n'a été portée contre des soldats pour ces motifs. Destruction : "Tout est détruit. Je ne pouvais pas expliquer ces destructions par une raison militaire. Ce n'était pas une question de sécurité ou de défaite du Hamas. C'était autre chose : des quartiers entiers complètement rasés." Les démolitions sont devenues la principale mission de l'unité de Jonathan, et d'ailleurs, de la plupart des fantassins de Tsahal à Gaza. On leur donnait des justifications opérationnelles : il fallait dégager les terrains de part et d'autre des routes logistiques ; des caches de roquettes ou des puits de tunnel avaient été découverts dans un sous-sol ; les immeubles élevés pouvaient servir de point d'observation aux tireurs d'élite du Hamas. Mais après la destruction du plus haut immeuble du quartier, un autre est devenu le plus haut, alors il a été détruit lui aussi. Et ainsi de suite. J'ai demandé à Jonathan s'il regrettait quelque chose de précis. Ses lèvres tremblaient, mais il n'a pas pu répondre. Raconter son histoire était une façon "d'améliorer les choses, d'assumer mes responsabilités, de faire savoir aux gens ce qui s'était passé", a-t-il dit. "Mais ce n’est pas une façon de réduire ma propre responsabilité. Je ne peux pas effacer mon passé." 🗞

🇫🇷•٭𝓛𝓮 𝓯𝓲𝓵 𝓻𝓸𝓾𝓰𝓮 ٭•〰️

14,772 görüntüleme • 1 ay önce

#EST_RDC_USA_RWANDA: Le général des FARDC et chef des renseignements militaires, Tchaligonza, a annoncé depuis Kisangani le lancement d’une opération visant les FDLR. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des accords de Washington, avec pour objectif principal d’exiger le dépôt des armes par les combattants FDLR en vue de leur rapatriement au Rwanda. Cependant, derrière cette annonce se cache une réalité opérationnelle beaucoup plus complexe. Les FDLR ne constituent plus aujourd’hui une force isolée et identifiable de manière classique. Au fil des années, ce groupe armé s’est transformé en une nébuleuse de réseaux hybrides, s’intégrant et créant milices portant des noms congolais. Parmi ces relais figurent notamment, les différentes factions du CMC Nyatura disséminées dans plusieurs territoires Des milices dites wazalendo VDP, telles que UPRCN, MCDPIN, UFDPC, MPA, sont nouvelles par rapport aux fractions NYATURA. Ces groupes ne sont pas simplement alliés aux FDLR, ils constituent des extensions fonctionnelles, servant de couverture stratégique, de force supplétive et de mécanisme de dispersion. Lancer des opérations exclusivement contre les FDLR, sans intégrer ces structures satellites, expose les FARDC à plusieurs risques majeurs : 1: Les combattants FDLR pourraient se replier ou se fondre dans les milices affiliées, rendant toute neutralisation directe inefficace. 2: La multiplicité des groupes armés aux loyautés floues complique l’identification de l’ennemi réel, créant un risque d’erreurs tactiques et de pertes inutiles. 3: Même en cas de succès partiel, les FDLR pourraient se reconstituer rapidement à travers leurs réseaux locaux, maintenant ainsi leur capacité de nuisance. Ces milices sont utilisées toujours comme force de diversion dans les opérations contre le M23, ce qui brouille davantage les lignes entre alliés tactiques et ennemis stratégiques. Mener une opération contre les FDLR sans cibler l’ensemble de leurs ramifications revient à « soigner une plaie sans pansement ». Pour espérer une efficacité réelle, toute opération contre les FDLR devrait intégrer une approche globale incluant toutes les factions affiliées (Nyatura et autres VDP comme UPRCN, MCDPIN, UFDPC, MPA...) Il faut un travail approfondi de renseignement pour cartographier les réseaux d’influence; une stratégie de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) adaptée aux dynamiques locales, et une clarification politique sur le statut des milices dites « wazalendo » L’initiative lancée depuis Kisangani marque une volonté politique et militaire importante. Toutefois, en l’absence d’une approche systémique prenant en compte l’écosystème complet des FDLR, cette opération risque de produire des effets limités, voire contre-productifs. La clé du succès réside dans la capacité à reconnaître que les FDLR ne sont plus seulement un groupe armé, mais un réseau profondément enraciné dans le tissu sécuritaire et communautaire de l’Est de la RDC. N.B. Les deux premières vidéos sont des FDLR qui conduisent les opérations militaires des FARDC contre le m23, et l'autre vidéo est des miliciens recrutés dans Masisi qui célèbrent la fin de leur formation militaire devant les officiers FDLR en 2023. African Union Moussa Faki Mahamat European Commission 🇪🇺EU at UN-NY. Mahmoud Ali youssouf SE Evariste Ndayishimiye Hadja Lahbib Bureau of African Affairs Patrick Muyaya Jutta Urpilainen Faure Essozimna GNASSINGBÉ UN Security Council News Senate Foreign Relations Committee Chairman Ministère Des Affaires Étrangères du Qatar Canada Mission UN UK at the UN 🇬🇧🇺🇳 Canada et l'UE 🇨🇦🇪🇺 Senate Foreign Relations Committee Chairman Michael Imran Kanu, SJD Johan Borgstam Treasury Secretary Scott Bessent La France à l'ONU 🇫🇷🇺🇳 Jutta Urpilainen Huang Xia 🇺🇳 Countess of Wessex António Costa Josep Borrell Fontelles Tommy Pigott Roberta Metsola Maxime PREVOT Ambassador Mike Waltz Archive: U.S. Rep. Stephanie Murphy MONUSCO William Samoei Ruto, PhD Office of the 4th President of Kenya. João Lourenço Rep. Elise Stefanik Dr. Mokgweetsi E.K Masisi U.S. Senior Advisor for Arab and African Affairs Emmanuel Macron Unofficial Sec-Gen UE en RDC🇪🇺 Volker Türk Ambassade de France au Rwanda 🇫🇷🇪🇺 La France au Congo 🇫🇷🇪🇺 Maxime PREVOT Olivier J.P. Nduhungirehe Huang Xia 🇺🇳 António Guterres

MAISHA RDC

24,286 görüntüleme • 3 ay önce

Dissiper les incompréhensions autour du statut de l'esclavage en Islam L'esclavage, dans sa réalité historique et anthropologique, est avant tout un statut social parmi d'autres qui ont existé dans toutes les civilisations humaines sans exception. De la même façon qu'il existe des riches et des pauvres, des souverains et des sujets, des maîtres artisans et des apprentis, l'esclavage était une catégorie juridique définissant un rapport entre personnes, pas nécessairement une condition de cruauté ou d'inhumanité en elle-même. Confondre le statut avec les abus qui ont pu l'accompagner dans certaines civilisations est une erreur de raisonnement qui fausse tout le débat avant même qu'il commence. Le problème vient du fait que lorsqu'un occidental moderne entend le mot "esclavage", il pense immédiatement à l'esclavage racial américain des XVIIe-XIXe siècles avec les traversées de l'Atlantique dans des conditions inhumaines, les fouets, les familles séparées de force, la déshumanisation systématique, le déni de toute personnalité juridique. C'est une réalité historique précise et elle est effectivement l'une des pages les plus sombres de l'histoire humaine. Mais projeter cette image spécifique sur toutes les formes d'esclavage qui ont existé dans toutes les civilisations et à toutes les époques est un anachronisme malhonnête. Ce biais cognitif est d'autant plus problématique qu'il conduit à juger une législation du VIIe siècle avec les catégories morales du XXIe siècle occidental tout en ignorant que ces mêmes sociétés occidentales pratiquaient elles-mêmes des formes d'esclavage infiniment plus brutales bien après que l'islam eut encadré et humanisé ce statut. Avant d'aborder la position islamique, il est indispensable de rappeler une réalité que le débat contemporain tend à occulter. Comme on a déjà dit, l'esclavage a existé dans toutes les civilisations humaines connues, sans exception. Dans la Grèce antique, Aristote théorisait l'esclavage comme un état naturel pour certains hommes (politique, Livre I), et les esclaves représentaient entre un quart et un tiers de la population athénienne. À Rome, l'esclavage était le fondement même de l'économie on estime que jusqu'à 35 % de la population italienne était réduite en esclavage au Ier siècle avant J.-C. Les Romains pratiquaient une cruauté institutionnalisée entre esclaves crucifiés, envoyés dans les mines jusqu'à la mort, livrés aux bêtes dans les arènes. En Chine, en Inde, chez les peuples précolombiens d'Amérique, en Afrique subsaharienne bien avant toute présence arabe ou européenne partout, l'esclavage existait comme réalité sociale structurante. Ce constat n'est bien entendu pas une justification, c'est un cadre indispensable pour comprendre la suite. Donc l'islam n'a pas inventé l'esclavage, il l'a trouvé solidement installé dans toutes les sociétés qu'il a rencontrées, et a fait le choix d'une réforme progressive plutôt que d'une rupture brutale. L'islam à donc régulé ce statut social plutôt que de tenter une abolition immédiate qui aurait été impossible et aurait surtout créé des bouleversements sociaux et économiques considérables dans la société arabique du VIIe siècle. Le Coran lui-même a procédé de la même manière avec d'autres réalités sociales comme l'alcool qui a été interdit progressivement, en plusieurs étapes, pour ne pas heurter de front des habitudes profondément ancrées. De même, concernant l'esclavage, la stratégie islamique a été de tarir les sources, élargir les voies de sortie, et humaniser radicalement les conditions pour ceux qui se trouvaient dans cette situation. En matière de sources d'asservissement, l'islam a drastiquement réduit les cas légitimes. Contrairement aux pratiques de l'Antiquité ou de l'esclavage colonial, la capture arbitraire, la traite commerciale libre, l'asservissement pour dettes, par naissance libre ou par appartenance raciale étaient interdits. Seul le contexte de guerre légitime pouvait, dans certaines conditions strictement encadrées, conduire à un statut d'esclave et encore, les savants ont débattu de nombreuses restrictions supplémentaires à ce sujet. Loin d'être une légitimation de l'oppression, la sharîa a imposé un corpus de droits précis et contraignants pour l'esclave : 🔸Sur le plan matériel : l'esclave devait être nourri de ce que mange son maître, vêtu de ce qu'il porte, et ne pouvait être chargé d'un travail au-delà de ses capacités physiques. Ces obligations avaient une force juridique. 🔸Sur le plan physique : il était interdit de mutiler un esclave, de le tuer, de le prostituer. Si un maître frappait injustement son esclave, son affranchissement devenait une expiation obligatoire. 🔸Sur le plan familial : il était interdit de séparer une mère de son enfant, là où l'esclavage transatlantique en avait fait une pratique courante et institutionnalisée pendant des siècles. 🔸Sur le plan juridique : l'esclave avait le droit d'ester en justice, le droit au mariage, et surtout le droit de se racheter lui-même par le contrat de mukâtaba qui est un mécanisme légal permettant à l'esclave de convenir avec son maître d'un prix de rachat et d'acquérir progressivement sa liberté par son propre travail. 🔸Sur le plan spirituel et intellectuel : L'islam ne considérait pas l'esclavage comme une infériorité ontologique. La valeur d'un être humain est dans sa piété, non dans son statut social. Bilâl ibn Rabâh, ancien esclave éthiopien affranchi par Abû Bakr, est devenu le premier muezzin de l'islam et l'une des figures les plus vénérées de la tradition musulmane. Salmân al-Fârisî, affranchi, était considéré comme un membre de la famille du Prophète. Et cette réalité ne s'est pas arrêtée à la génération des compagnons, Hassan al-Basrî, né d'une mère esclave et lui-même esclave, est devenu l'un des plus grands savants de l'islam, ils révèlent une conception de la dignité humaine radicalement différente de celle qui présidait à l'esclavage racial occidental. Ce qui distingue le plus profondément le cadre islamique de toute autre forme historique d'esclavage, c'est la centralité de l'affranchissement dans la logique religieuse et juridique. L'islam a fait de la libération des esclaves l'une des meilleures œuvres de rapprochement envers Allah. Elle est l'expiation de nombreux péchés graves. Elle est explicitement mentionnée dans le Coran parmi les usages de la zakât (aumône légale), au même titre que le soulagement de la pauvreté. Le Prophète a déclaré que celui qui affranchit un esclave musulman, Allah libère de l'Enfer chaque membre de son corps en échange de chaque membre de l'esclave affranchi. Maintenant concernant la comparaison entre l'esclavage islamique et l'esclavage transatlantique, elle révèle des différences de nature. L'esclavage racial trans-atlantique reposait sur trois piliers absents du cadre islamique : 🔸 La race comme critère absolu : naître noir signifiait naître esclave, et cette condition était héréditaire et permanente, indépendamment de toute circonstance. L'islam n'a jamais fondé le statut d'esclave sur la race ou l'ethnie. 🔸La déshumanisation juridique totale : l'esclave trans-atlantique n'était pas une personne juridique. Il était une propriété mobilière, sans droit au mariage légal, sans droit à l'éducation (interdite par la loi dans plusieurs États), sans droit d'ester en justice, séparable de sa famille à la volonté du propriétaire. Tout cela était explicitement interdit par la sharîa. 🔸La finalité économique exclusive : le système colonial n'avait aucune dimension d'humanisation ou de libération. Il était conçu pour maximiser l'extraction de travail jusqu'à l'épuisement physique des personnes réduites en esclavage. La logique islamique, avec ses obligations de soin, ses voies d'affranchissement et ses sanctions contre les mauvais traitements, est structurellement incompatible avec cette finalité. Il faut également rappeler, pour remettre les choses en perspective, que l'abolition de l'esclavage en Occident est extrêmement récente : 1833 en Grande-Bretagne, 1848 en France, 1865 aux États-Unis et la ségrégation raciale légale a perduré aux États-Unis jusqu'en 1964. Des pratiques proches de l'esclavage, comme le travail forcé colonial, ont existé jusqu'au milieu du XXe siècle. Ceux qui font le procès de l'islam sur ce sujet vivent dans des sociétés dont l'histoire récente sur cette question est pour le moins chargée. 📍 Pour plus de détails : Il y a aussi une objection légitime qui mérite d'être traitée : "Même si l'islam a encadré l'esclavage, ne devrait-il pas, à l'heure actuelle, le condamner explicitement et universellement ?" Il faut savoir que les conditions qui rendaient certaines formes d'esclavage légalement admissibles dans le fiqh n'existent plus aujourd'hui, du moins pas dans la forme la plus connue. La traite humaine sous toutes ses formes est unanimement condamnée par les savants et les conventions internationales auxquelles participent les pays à majorité musulmane reflètent ce consensus. Et c'est ici qu'une distinction fondamentale s'impose, ce que font certains individus ou certains groupes se réclamant de l'islam n'est pas nécessairement ce que l'islam autorise. Les enlèvements et réductions en esclavage que l'on a pu voir en Libye ces dernières années, l'islam les condamne formellement. Les exécutions injustes pratiquées sous prétexte d'adultère en Afghanistan ou en Irak, où des hommes et des femmes sont tués sur la base de procédures arbitraires et contraires aux conditions légales, l'islam les condamne. Il ne faut pas confondre les actes d'ignorants ou de sectaires avec la législation islamique elle-même. Ce sont deux choses radicalement différentes. Quant à la question de l'esclavage dans sa forme classique, le fait qu'il n'existe plus aujourd'hui dans cette forme est une bonne chose. Mais les lois islamiques qui l'encadraient restent valides et intemporelles. L'histoire montre que des réalités disparues peuvent réapparaître sous des formes diverses, et l'islam a déjà légiféré sur ce sujet avec une clarté et une précision que le fiqh a solidement établies. Ses règles ne sont pas liées à une époque elles sont une législation divine applicable en tout temps et en tout lieu, selon les circonstances. Pour conclure, comprendre l'esclavage en Islam exige de dépasser les raccourcis émotionnels et les anachronismes idéologiques. Ce que la sharîa a mis en place n'est pas une légitimation de la barbarie, mais une législation de protection dans un monde où l'esclavage était une réalité universelle, une législation qui a garanti des droits sans équivalent dans l'Antiquité, posé l'affranchissement comme horizon moral central, et refusé toute déshumanisation fondée sur la race ou l'origine. Qu'Allah Ta'ala récompense grandement le frère Islamy pour ce live bénéfique, j'ai mis la vidéo en plus pour ceux qui souhaitent l'écouter, car il a expliqué la situation avec beaucoup de détails et de précision. Wa bi Llah At-Tawfiq

𝗠𝗮𝗿-𝗪𝗮𝗻 🇹🇳

89,563 görüntüleme • 2 ay önce

❤️❤️Gazans arriving in France as France Opens Its Doors to Gazans In a moving development, Gazans have begun arriving in France. They are safe and we urge many to join them! For the first time, a French court has granted official refugee status to Gazans — even those outside the UNRWA mandate. This is historic. This is just. And we say clearly: 👉 To every Gazan who wants to leave: Go to France. Now. If Gaza is unlivable… If there’s no future under Hamas… If the world demands compassion… Then let it begin — in Paris, in Lyon, in Marseille. 🏛️ France has spoken. Now it’s time for the Gazan people to respond. Flee Hamas. Flee terror. Flee endless war. Choose safety. Choose Europe. Choose France. We call on France to accelerate this process, and urge the entire European Union to follow its example. If you say “Free Palestine” — then free Palestinians to leave. #FranceForGaza #LetThemLeave #Betar #Zionism #RefugeeStatusNow #FleeGaza #OpenBordersEurope #NoMoreExcuses 🟡🟦 עם ישראל חי – ואומר את האמת 🇫🇷 FRANÇAIS — Betar salue la décision historique de la France Des réfugiés de Gaza commencent à arriver en France — une décision émotive et courageuse. Pour la première fois, un tribunal français a accordé le statut officiel de réfugié à des Gazaouis — même ceux hors du mandat de l’UNRWA. C’est un moment historique. C’est une décision juste. 👉 À tous les Gazaouis qui veulent partir : allez en France, maintenant. Si Gaza est inhabitable… S’il n’y a aucun avenir sous le Hamas… Si le monde exige la compassion… Alors que cela commence ici : à Paris, à Lyon, à Marseille. 🏛️ La France a parlé. Maintenant, aux Gazaouis de répondre. Fuyez le Hamas. Fuyez la guerre. Choisissez la sécurité. Choisissez la France. Nous appelons la France à accélérer le processus et demandons à l’ensemble de l’Union européenne d’en faire autant. Si vous dites « Libérez la Palestine » — alors libérez les Palestiniens pour qu’ils puissent partir. #FrancePourGaza #QuIlsPartent #RefugiésGaza #ChoisissezLaSécurité #Betar #Zionisme בפעם הראשונה בהיסטוריה, בית משפט בצרפת העניק מעמד פליט רשמי לעזתים — גם לאלה שאינם תחת המנדט של אונר”א. זה רגע מרגש. זה צעד הומאני אמיתי. ואנחנו אומרים זאת בבירור: 👉 לכל עזתי שרוצה לצאת: לך לצרפת. עכשיו. אם עזה אינה ראויה למגורים… אם אין עתיד תחת חמאס… אם הקהילה הבינלאומית דורשת חמלה… אז בואו נתחיל כאן — בפריז, בליון, במרסיי. 🏛️ צרפת אמרה את דברה. עכשיו, תורם של תושבי עזה להשיב. ברחו מחמאס. ברחו מהפחד. בחרו בחיים. בחרו באירופה. בחרו בצרפת. אנו קוראים לצרפת להאיץ את התהליך, וקוראים לכל מדינות אירופה להצטרף ליוזמה. אם אתם אומרים “שחררו את פלסטין” — אז שחררו את הפלסטינים לצאת. #FranceForGaza #LetThemLeave #בית”ר #ציונות #פליטיםעזה #פתחו_את_הגבולות #בריחהמחמאס

Betar Worldwide

15,344 görüntüleme • 11 ay önce