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#DSA « CE N'EST PAS LE PROGRAMME DE THIERRY BRETON » — Vraiment ? Thierry Breton ne dit pas toute la vérité sur le DSA, et il le sait parfaitement. Il affirme n'avoir fait qu'exécuter un mandat, et invoque un vote « à 90 % » du Parlement européen....

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🇫🇷🏛️ THIERRY BRETON A-T-IL MENTI SOUS SERMENT ? — L'architecte du #DSA, Thierry Breton, explique devant les députés de la commission d'enquête sur le secteur du numérique, (président : Philippe Latombe; rapporteure Cyrielle Chatelain) que le règlement est moins démocratique qu'une directive car il s'impose aux 27 pays européens — sans débat national. Autrement dit, il se félicite devant la représentation nationale qu'elle n'ait pas été consulté sur ce texte majeur qui régule l'espace numérique... Mais il y a plus grave quand il oublie de préciser que si les parlementaires européens ont voté en 2022 pour le DSA "à une majorité écrasante" (alors que certains expriment des doutes désormais, dommage...), le texte définitivement voté comportait 102 pages pour réguler les plateformes numériques. 102 pages, pas une de plus mais avec deux dispositions, enfouies dans le texte, qui confèrent à la Commission européenne le pouvoir d'étendre indéfiniment le périmètre du règlement. En effet, l'article 35(3) l'autorise à émettre des « lignes directrices » (guidelines). L'article 45 l'autorise à faciliter l'élaboration de « codes de conduite ». Ces instruments s'ajoutent au DSA comme des annexes et ne nécessitent aucun vote du Parlement européen ni des États membres. Ils sont adoptés par la Commission, point final et contraignent les plateformes. ⚠️ Ainsi, la Commission européenne a ajouté au texte voté par le parlement 153 pages de réglementation contraignante sans aucun vote du Parlement européen. Ce sont ces codes ajoutés qui ont transformé le DSA en machine infernale de censure de la liberté d'expression en ligne, et la crise avec les USA, sans qu'aucun élu n'ait eu son mot à dire : 1️⃣ Code de conduite sur la désinformation. Initialement un « code de bonnes pratiques » de 2018, révisé en 2022, officiellement intégré au cadre du DSA le 13 février 2025. L'adhésion au code constitue désormais « un critère significatif et pertinent pour déterminer la conformité au DSA ». 2️⃣ Lignes directrices sur les processus électoraux. Publiées le 26 mars 2024 à l'approche des élections européennes de juin 2024. Elles recommandent des mesures de mitigation des risques avant, pendant et après les élections : modération de contenu renforcée, équipes internes dédiées, étiquetage des contenus générés par IA, coopération avec les autorités nationales, rapports post-électoraux. 3️⃣ Lignes directrices sur la protection des mineurs. Elles couvrent la vérification d'âge, la conception des systèmes de recommandation, les contrôles parentaux, les garde-fous pour les chatbots IA, la modération de contenu, la conception d'interface (interdiction du scroll infini, des dark patterns, des incitations à l'urgence). La Commission a précisé qu'elle utiliserait ces lignes directrices comme « référence significative et pertinente » pour évaluer la conformité des plateformes. 4️⃣ Code de conduite sur la lutte contre les discours de haine illégaux en ligne. Héritier d'un code de 2016, intégré au cadre du DSA le 20 janvier 2025. A aucun moment Thierry Breton n'apporte ses éléments essentiels à la compréhension des enjeux des députés français. Il a présenté une vision partielle et égo-centrée. Il y a un terme pour qualifier cela, c'est le mensonge par omission.

JBG 🇫🇷

33,063 просмотров • 3 месяцев назад

🇫🇷 10 avril 1969, dans son dernier entretien télévisé devant les Français, le Général de Gaulle évoque sa conception du référendum et de la souveraineté du peuple : « Pour un bon nombre de professionnels de la politique qui ne se résignent pas à voir le peuple exercer directement sa souveraineté par dessus leur intermédiaire, et aussi pour certains juristes qui en sont restés au droit tel qu'il était à l'époque où cette pratique éminemment démocratique n'existait pas dans nos institutions, le référendum apparaît comme fâcheux et anormal. Et cela parce qu'il est la participation directe de chaque français aux décisions qui règlent le sort de la France. En 1945, c'est malgré ces objecteurs que j'ai institué le référendum afin qu'il rouvre la porte à la démocratie, et qu'il devienne ensuite la sanction obligatoire de toute constitution. En 1958, comme le danger public contraignait leurs habitudes, et foudroyait le régime des partis, ces opposants de principe et ces juristes engagés se sont, sur le moment, pliés à l'inévitable. J'ai alors établi la constitution nouvelle et l'ai proposé au pays par un référendum. Mais dès lors que le référendum s'était imposé, d'abord comme le moyen éclatant de rétablir la république, après la Libération, et ensuite comme la source même de nos actuelles institutions, tout commandait de prévoir désormais comme un recours normal en matière constitutionnelle. Et de fait, l'actuelle constitution l'a prévu et d'une manière tellement explicite, qu'il est incroyable qu'on puisse le nier. L'article 11, en tête de ceux qui fixent les pouvoirs du Président de la République, lui attribue le droit de soumettre au référendum, sur la proposition du gouvernement, tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics. Je répète et je souligne : tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics. Or qu'est-ce que c'est qu'une constitution, sinon précisément l'organisation des pouvoirs publics ? Si bien que la loi constitutionnelle de 1875, d'où est sortie la République, était intitulée tout justement "loi sur l'organisation des pouvoirs publics". Par conséquent, ne pas admettre qu'on puisse proposer au pays un changement de la constitution, portant sur l'organisation des pouvoirs publics, c'est nier que ce qui est écrit est écrit. C'est ne tenir aucun compte de l'évènement capital suivant lequel, depuis 1945, c'est le peuple qui détient directement le pouvoir constituant. C'est ne pas vouloir reconnaître ce qui a été décidé par 75% des français par leur vote. C'est fermer les yeux sur le fait, qu'étant moi-même le principal auteur de l'actuelle constitution, puisque c'est moi qui était chargé de l'élaborer avec mon gouvernement et de la soumettre au pays, j'en ai arrêté et proposé le texte, parce que l'article 11 signifie ce qu'il signifie. Et je n'aurais certainement ni arrêté, ni proposé autrement. Certes, il est de bon sens, quand il s'agit de modifications qui peuvent être apportées à la constitution, à cause de la marche du temps, comme c'est le cas pour tout ce qui est humain, il est de bon sens que la voie parlementaire soit ouverte à la révision, parallèlement à celle du référendum. Et c'est pourquoi l'article 89 de la constitution prévoit cette procédure. Etant donné la nature de ce qui est en cause, et le changement de structure très important qu'il comporte, le mieux, de toute façon , c'est de le soumettre à la direction, à la décision directe du pays. Mais il se trouve, en outre, que le référendum est la seule voie possible. En effet, l'article 46 de la constitution interdit de procéder par la voie parlementaire à tout changement qui n'aurait pas la, concernant le sénat, et qui n'aurait pas l'accord du sénat. Cette voie là est donc bouchée, et ça devrait suffire, me semble-t-il, à faire taire ceux qui prétendent qu'on ne peut pas utiliser l'article 11. Car adopter leur thèse, ce serait reconnaître au Sénat le privilège unique et sans précédent, d'être à son gré, de siècle en siècle, et quoiqu'il arrive, immuable et intangible. La querelle qui m'était faite, en 1965, en 1962 veux-je dire, et qui m'est refaite aujourd'hui, quant à l'emploi de l'article 11, en matière constitutionnelle, est donc la mauvaise querelle des partis pris, et de la routine. Il est vrai que l'indignation apparente, qui, à la suite de la soi-disant violation de la constitution sur ce sujet, soulevait les opposants, n'a nullement empêché tel et tel de leurs principaux représentants de s'efforcer, en 1965, de devenir chef de l'Etat, en empruntant cette voie, qu'ils prétendaient maudite et illégitime. Alors, sans aller jusqu'à suspecter leur vertu, on s'interroge sur leur sincérité. »

🇫🇷 Gaullisme ☨

14,551 просмотров • 1 год назад

Un vieil homme vend sa voiture des années 70. Son prix : « trois millions ». Il compte en anciens francs — une monnaie morte en 1960. Pour le comprendre, il faut deux conversions successives : trois millions d'anciens francs, c'est trente mille francs, c'est environ quatre mille six cents euros. Cet homme a soixante-cinq ans de retard monétaire, et le premier réflexe est d'en sourire. Le second devrait être de s'incliner. Car dans sa tête, quelque chose a résisté que nous avons tous abandonné — et son « trois millions » raconte l'histoire de la dépossession monétaire des Français mieux qu'aucun traité. Comptez avec lui. Cet homme est né dans une monnaie, le franc. En 1960, l'État l'a divisée par cent, par ordonnance : nouveau franc. En 2002, on la lui a retirée entièrement. À aucun de ces moments son avis n'a compté — mais au moins, en 1992, on avait fait mine de le demander. Le référendum de Maastricht, gagné à 51 %, portait sur un traité dont le texte nommait la future monnaie unique : l'écu. Un mot français, vieux de sept siècles, celui des pièces de Saint Louis. Trois ans plus tard, au Conseil européen de Madrid, le nom fut changé en « euro » — sans nouveau vote, nulle part. Les Français avaient ratifié l'écu. On leur a livré autre chose. Jusqu'au nom, le contrat a été réécrit après signature. Et ce n'était que le début de la méthode. En 2005, on leur a cette fois posé la vraie question : voulez-vous une Constitution pour l'Europe, avec la BCE et sa monnaie gravées dedans ? Réponse : non, à près de 55 %. Trois ans plus tard, l'essentiel du même texte revenait sous le nom de traité de Lisbonne — ratifié par le Congrès, à Versailles, sans référendum. Le peuple avait dit non ; le Parlement a dit oui à sa place. Depuis, la valeur de ce que contient votre portefeuille est déterminée à Francfort, par une institution statutairement indépendante des électeurs de tous les pays qu'elle gouverne — c'est écrit dans les traités — et dont l'objectif officiel est une inflation de 2 % par an. Faites le calcul que personne ne fait : 2 % par an, c'est une monnaie qui perd un cinquième de son pouvoir d'achat tous les dix ans. Par construction. La fonte est le mandat. Alors ce « trois millions », écoutez-le autrement. Cet homme a vu l'État diviser sa monnaie par cent, puis la remplacer, puis en confier la valeur à une institution qu'aucun bulletin de vote ne peut atteindre — chaque étape par ordonnance, traité ou congrès, jamais par la question directe, ou alors en repassant les plats quand la réponse déplaisait. S'il compte encore en anciens francs, ce n'est peut-être pas qu'il n'a pas suivi. C'est qu'à force de se faire changer sa monnaie sans qu'on lui demande, il a gardé la seule qui ait jamais été vraiment la sienne. La souveraineté monétaire ne s'est pas perdue dans une bataille. Elle s'est perdue dans des renumérotations, des renominations et des ratifications — un truchement à la fois. Le vieil homme, lui, tient les comptes depuis 1960. Et à sa façon, il est le seul à ne s'être jamais fait avoir deux fois. Sources : ordonnance du 27 décembre 1958 et passage au nouveau franc (1960), traité de Maastricht (texte désignant l'écu) et référendum du 20 septembre 1992, Conseil européen de Madrid (décembre 1995, adoption du nom « euro »), référendum du 29 mai 2005 et traité de Lisbonne (ratification par le Congrès, février 2008), statuts du SEBC et de la BCE (indépendance, cible d'inflation de 2 %).

ChienSurpris

273,513 просмотров • 18 дней назад

Dans les gares du RER, on a remplacé les guichetiers par des bornes. Puis on a oublié d'entretenir les bornes. Écran figé, lecteur de carte hors service, monnayeur qui refuse les pièces, film plastique « appareil momentanément indisponible » — tout usager francilien connaît la scène. Mais ce que la plupart ignorent, c'est ce qui se passe juridiquement à cet instant précis : quand la borne tombe en panne, ce n'est pas l'opérateur qui est en faute. C'est vous. Suivez le raisonnement, il vaut le détour. D'abord, le remplacement, assumé. Depuis des années, la vente physique disparaît des gares : sur les seules lignes D et R du RER, un projet de réorganisation a programmé la fin de la vente de billets au guichet dans quatorze gares d'un coup — de Ris-Orangis à Bois-le-Roi — avec, en tout et pour tout, des agents censés « passer de temps en temps » pour orienter les voyageurs vers les automates. Une politique de réduction des coûts parfaitement documentée dans les questions parlementaires. La borne n'est plus un complément du service : elle est le service. Sauf que la borne, elle, n'a pas d'obligation de fonctionner. Elle ne vend ni tous les abonnements, ni les échanges, ni les remboursements, ne renseigne personne — et quand elle est en panne, aucun texte ne sanctionne sa défaillance. En revanche, un texte sanctionne la vôtre : voyager sans titre valide est une infraction, verbalisable sur-le-champ. La Défenseure des droits l'a constaté noir sur blanc dans une décision formelle : des usagers de bonne foi, privés de guichet et confrontés à des appareils absents ou défaillants, se retrouvent « placés en situation de fraude » et verbalisés immédiatement, au nom d'une « logique de suspicion » qui a remplacé la présomption de bonne foi. La panne de la machine devient l'infraction de l'humain. Et voici le plus instructif : tout cela a déjà été jugé inacceptable. Il y a cinq ans. Dès juin 2021, la Défenseure des droits — autorité indépendante inscrite dans la Constitution — a adressé cinq recommandations formelles : limiter la suppression des guichets, revoir les modalités de régularisation, ne verbaliser qu'en cas de fraude avérée. Cinq ans plus tard, les saisines continuent de s'empiler — associations d'usagers en 2025, parlementaires, collectifs de lignes — parce que la politique de fermeture, elle, s'est poursuivie et amplifiée. Une recommandation du Défenseur des droits n'a aucune force contraignante : l'opérateur en prend connaissance, la classe, et continue. Le contre-pouvoir existe sur le papier. Le papier ne bloque aucun tourniquet. Alors ce petit écran figé devant lequel vous pestez, lisez-le en entier. Il raconte un service public qui a supprimé l'humain pour économiser, n'entretient pas la machine qui le remplace, fait porter à l'usager le risque juridique de ses propres pannes — et ignore depuis cinq ans les recommandations de l'autorité chargée de le rappeler à l'ordre. Le génie français n'est pas d'avoir installé des bornes. C'est d'avoir construit un système où leur panne ne coûte qu'à vous. Sources : Défenseur des droits (décision du 28 juin 2021, cinq recommandations à la SNCF), saisines d'associations d'usagers et de parlementaires (2021-2025), projet de réorganisation des gares des lignes D et R du RER, questions écrites à l'Assemblée nationale sur la fermeture des guichets.

ChienSurpris

58,670 просмотров • 18 дней назад

Ils commandent, ils mangent, ils se lèvent, ils partent. Et le restaurateur, lui, n'a légalement pas le droit de les retenir. Vous avez bien lu. Le « resto-basket » est un délit — six mois de prison et 7 500 euros d'amende sur le papier — mais si le patron attrape le fuyard par le bras, c'est lui qui risque la condamnation. Voilà l'état exact du droit français : la victime doit regarder son voleur franchir la porte. Et une fois ce point compris, tout le reste s'explique. D'abord, le phénomène. Les témoignages de restaurateurs se multiplient dans la presse ces derniers mois : additions abandonnées, tablées entières qui s'évaporent entre le dessert et le café, terrasses surveillées comme des zones à risque. Aucun chiffre officiel n'existe — et c'est déjà un premier scandale : ce délit n'est même pas compté dans les statistiques publiques. Mais le contexte, lui, est documenté : un pouvoir d'achat laminé, des additions alourdies par les coûts, et un secteur qui traverse un record historique de faillites — deux fois plus qu'en 2022. Chaque addition envolée tombe sur des marges déjà exsangues : à 5 % de marge nette, une table de 80 euros partie sans payer, c'est le bénéfice de 1 600 euros de chiffre d'affaires anéanti. Maintenant, le parcours de la victime. Suivez-le jusqu'au bout. Le restaurateur ne peut pas retenir le client : ce serait une voie de fait. Il ne peut pas exiger sa pièce d'identité : seul un officier de police judiciaire le peut. Il peut appeler la police — qui, pour une addition de 60 euros, arrivera rarement avant que le client ne soit loin. Reste la plainte : le délit de filouterie de l'article 313-5 du code pénal, avec ses 7 500 euros d'amende théorique et, depuis quelques années, une amende forfaitaire de 250 à 600 euros censée simplifier la répression. Détail amusant : encore faut-il identifier l'auteur. Un inconnu payé en rien et parti à pied n'a ni nom ni adresse. Et pour les rares cas identifiés, les montants en jeu — 30, 60, 90 euros — condamnent la plainte au classement sans suite, principe d'opportunité des poursuites oblige. La sanction existe dans le code. Elle n'existe nulle part ailleurs. Résumons l'équation, car elle est parfaite. Un délit sans statistique, donc invisible. Une victime désarmée par la loi elle-même sur le moment des faits. Une répression théoriquement lourde, pratiquement nulle. Et en face, un calcul que les fraudeurs font très bien : le risque réel de partir sans payer est proche de zéro. Quand un système garantit l'impunité à ce point, il ne faut pas s'étonner que l'incivilité prospère — elle ne transgresse plus rien, elle exploite une faille que tout le monde connaît, y compris ceux qui pourraient la refermer. Le restaurateur, lui, paie ses fournisseurs, ses charges, sa TVA — au centime, sous peine de majorations. Ses clients indélicats ne paient rien, sous la protection involontaire du droit. Dans ce pays, la seule addition qu'on peut fuir sans conséquence, c'est celle qu'on doit à celui qui vous a nourri. Sources : article 313-5 du code pénal (filouterie : 6 mois, 7 500 €), et (amende forfaitaire délictuelle de 250 à 600 €, droits du professionnel), franceinfo et presse professionnelle (témoignages de restaurateurs, « resto-basket »), Altares (défaillances dans la restauration).

ChienSurpris

70,598 просмотров • 17 дней назад

La plus grande place de Paris va fermer aux deux tiers à la circulation. Huit hectares au cœur de la capitale, l'un des plus gros carrefours de la rive droite — piétonnisé à 66 %, végétalisé sur 2,8 hectares, trémies souterraines supprimées. Le projet est validé, l'architecte désigné, les travaux engagés, horizon 2030. Et avant de débattre du fond — pelouses contre voitures, chacun ses goûts —, posez la seule question qui devrait précéder une décision de cette ampleur : où est l'étude sérieuse de ce que deviennent le trafic, les livraisons et le commerce du centre-ouest parisien ? Réponse : nulle part où elle engage qui que ce soit. Et ce n'est pas une négligence. C'est une méthode, rodée depuis dix ans. Démonstration. D'abord, mesurez ce qui ferme. La Concorde n'est pas une place ornementale : c'est un échangeur. Elle distribue les quais, la rue de Rivoli, la rue Royale, les Champs-Élysées — des dizaines de milliers de véhicules par jour, dont les artisans, les livreurs et les clients qui font vivre le faubourg Saint-Honoré, le triangle d'or et les commerces du 1er et du 8e, déjà privés de la voie sur berges et d'une Rivoli restreinte. Chaque axe fermé reporte son flux sur les axes restants ; chaque report allonge les livraisons et décourage la clientèle motorisée. Les commerçants du quartier ne « crèveront » peut-être pas tous — mais ils absorberont, une fois de plus, un coût que personne n'a chiffré devant eux. Car voici le précédent qui dit tout — et que la mairie connaît par cœur. En 2016, la voie Georges-Pompidou a été piétonnisée sur la base d'une étude d'impact. En 2018, le tribunal administratif a annulé la décision : l'étude était entachée d'« inexactitudes » sur le trafic et la pollution reportés. Que fit alors l'exécutif parisien ? Il n'a pas refait l'étude. Il a repris un nouvel arrêté, fondé cette fois sur la protection du patrimoine — un fondement qui dispense d'évaluer l'impact sur la circulation. La justice avait exigé la vérité sur les conséquences ; on a changé de base légale pour ne plus avoir à la dire. Les berges sont restées fermées, et la leçon a été retenue : l'impact économique et routier d'une piétonnisation parisienne n'est jamais un obstacle, puisqu'il suffit de choisir le terrain juridique où il ne compte pas. Et la démocratie locale, dans tout ça ? Savourez la sélectivité. La mairie de Paris a organisé des votations citoyennes pour les trottinettes en libre-service et pour le tarif de stationnement des SUV. Pour la transformation définitive de la plus grande place de la capitale — patrimoine national, nœud de circulation régional —, pas de votation : une commission d'experts, un jury, un lauréat. On consulte les Parisiens sur les gadgets ; on les informe sur l'essentiel. Les commerçants, eux, découvrent le calendrier dans la presse, comme tout le monde. Alors retenez la mécanique, car elle resservira. Une décision structurante, prise sans étude d'impact opposable, sans consultation des premiers concernés, avec un précédent judiciaire contourné par changement de fondement légal. Le problème n'est pas la pelouse — Paris peut légitimement vouloir des places apaisées. Le problème est qu'aucun contre-pouvoir — ni le juge, ni l'électeur, ni le commerçant — n'a plus de prise sur la manière dont on redessine la ville. Quand la Concorde sera inaugurée, en 2030, on saura enfin ce que coûtait sa fermeture. C'est-à-dire trop tard — exactement comme prévu. Sources : Ville de Paris et mairie du 8e (projet Concorde : 66 % piétonnisé, 2,8 ha végétalisés, suppression des trémies, lauréat désigné le 27 mars 2025, avis favorable de la CNPA), tribunal administratif de Paris (jugement de 2018 annulant la piétonnisation des voies sur berges pour étude d'impact inexacte, puis nouvel arrêté fondé sur le patrimoine), votations parisiennes de 2023 (trottinettes) et 2024 (SUV).

ChienSurpris

48,082 просмотров • 15 дней назад

27 % des adultes français aimeraient vivre à l'étranger si l'opportunité se présentait. Un an plus tôt, ils étaient 11 %. L'envie de partir a plus que doublé en douze mois. Le chiffre est de Gallup, repris par la presse européenne, et il mérite qu'on s'y arrête — car un pays où plus d'un adulte sur quatre rêve de la sortie n'a pas un problème d'humeur passagère. Croisez-le avec les données de départs réels, les motifs documentés et la réponse que l'État y a apportée : le tableau est saisissant. Déroulons-le. D'abord, ceux qui sont déjà partis. 1 785 000 Français inscrits au registre consulaire fin 2025, en hausse continue — et le ministère des Affaires étrangères estime lui-même le chiffre réel entre 2,5 et 3 millions, l'inscription étant volontaire. Destinations de tête : Suisse, États-Unis, Royaume-Uni, Belgique, Canada — des pays qui ont un point commun sur lequel nous reviendrons. Et parmi les partants, le profil qui coûte le plus cher au pays : environ 9 000 diplômés de grandes écoles quittent la France chaque année après leurs études — jusqu'à 19 % d'une promotion de Polytechnique, 17 % de CentraleSupélec. Des cerveaux formés par l'école publique française, de la maternelle au diplôme, aux frais du contribuable — livrés clés en main aux économies concurrentes. Ensuite, le motif — car il est documenté, et il n'est pas celui qu'on croit. Ils ne partent ni par haine de la France ni par goût de l'exotisme : dans l'enquête Ipsos sur les jeunes diplômés expatriés, 86 % citent la revalorisation des rémunérations comme la mesure prioritaire qui les convaincrait de rester ; plus d'un tiers renoncerait au départ pour une simple hausse de revenus. Traduction : ils ne fuient pas le pays, ils fuient sa fiche de paie — ce coin socio-fiscal record qui fait qu'entre ce que coûte un talent et ce qu'il touche, la France confisque l'écart le plus large de l'OCDE. La Suisse ne les attire pas par ses lacs. Elle les attire par son net. Et maintenant, la réponse de l'État à cette hémorragie. Tenez-vous bien. Il a créé un impôt sur le départ. L'« exit tax », article 167 bis du code général des impôts : celui qui transfère son domicile fiscal hors de France peut être taxé sur des plus-values... qu'il n'a pas encore réalisées. La France est l'un des rares pays au monde à avoir installé un péage fiscal à sa propre frontière de sortie. Réfléchissez à ce que ce choix révèle : face à des citoyens qui veulent partir, un État peut réparer ce qui les fait fuir — ou verrouiller la porte. Le nôtre a tarifé la porte. Et le plus révélateur est dans l'écart entre les deux chiffres du début : l'envie de partir a explosé, les départs effectifs suivent plus lentement. Ce delta n'est pas de l'attachement. C'est le coût de sortie — la famille, la langue, la paperasse, l'impôt du départ. Des millions de Français ne restent pas parce qu'ils ont envie de rester. Ils restent parce que partir coûte cher. Un pays qui ne retient ses habitants que par la friction n'est plus une patrie : c'est une position. Alors ce chiffre de 27 %, gouvernements présents et futurs devraient le punaiser au mur. Chaque planche de cet été — le travail qui ne paie plus, l'entreprise qui ruine, le patrimoine confisqué à la succession, la consommation gelée par la défiance — est une raison de plus dans la colonne « départ ». On ne répondra pas à l'exode par un impôt de sortie ni par des discours sur l'attractivité. On y répondra le jour où rester redeviendra une bonne affaire. Ce jour-là n'est pas encore au calendrier. Sources : Gallup / Euronews (27 % en 2025 contre 11 % en 2024), ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (registre : 1 784 975 inscrits fin 2025, estimation réelle 2,5-3 M), Ipsos-Syntec, septembre 2025 (~9 000 diplômés de grandes écoles partis en 2023, 19 % à Polytechnique ; 86 % citent la rémunération), OCDE (coin socio-fiscal), article 167 bis du CGI (exit tax).

ChienSurpris

18,653 просмотров • 10 дней назад

Comment fonctionne ChatGPT ? Si vous voulez comprendre en 4 minutes avant de finir 2025, c’est ici, avec des petits schémas que j’ai faits. Je vous ai extrait l’explication vulgarisée d’une de mes dernières vidéos YouTube. Plus d’excuses 😄 On peut voir les mécanismes d’attention comme une capacité de concentration donnée aux grands modèles de langage. Quand un LLM lit un texte, il ne met pas tout au même niveau. Il essaie plutôt de repérer ce qui est important à ce moment précis pour comprendre le sens ou pour continuer la phrase correctement. À chaque mot, le modèle se pose implicitement la question suivante : « sur quoi dois-je me concentrer dans ce que j’ai déjà lu ? ». L’attention lui permet de regarder en arrière dans le texte et de donner plus de poids aux mots, aux idées ou aux phrases qui comptent vraiment. Par exemple, s’il rencontre un pronom comme « il », l’attention l’aide à retrouver de qui on parle, même si la référence est loin dans le texte. C’est exactement ce qui permet à des modèles comme ChatGPT de tenir une conversation cohérente. Ils ne répondent pas mot par mot de manière mécanique ; ils gardent en tête ce qui a été dit avant, ce qui est central dans la discussion et ce qui est secondaire. L’attention agit comme un projecteur qui se déplace en permanence sur le texte pour éclairer les bonnes informations au bon moment. Le fait d’avoir plusieurs mécanismes d’attention en parallèle permet au modèle de regarder le même texte sous différents angles en même temps. Une partie peut se concentrer sur la grammaire, une autre sur le sens, une autre encore sur la logique ou l’intention. C’est cette combinaison qui donne l’impression que le modèle comprend le langage de manière globale et nuancée. En résumé, l’attention est ce qui permet aux LLMs de ne pas se perdre dans la masse d’informations, de garder le fil d’une idée et de produire des réponses qui semblent réfléchies et adaptées au contexte.

Defend Intelligence (Anis Ayari)

16,976 просмотров • 7 месяцев назад