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Bonne et heureuse année 2026 et meilleurs voeux ! Merci de votre soutien ! 🇫🇷 31 décembre 1968, il y a 57 ans, derniers voeux du Général de Gaulle aux Français : « Françaises, Français ! Mes meilleurs voeux de nouvelle année, je vous les offre de tout mon coeur. Un coeur, que depuis longtemps, permettez-moi de le dire, n'épargnent pas les soucis, au sujet du sort de la France. Mais qui, je vous l'affirme, est aujourd'hui rempli d'espoir. Certes, au printemps dernier, notre pays qui, depuis dix ans, gravit la pente du renouveau s'est trouvé, dans son ascension, tout à coup, saisi de vertige. On a même pu croire un moment qu'il s'abandonnait à la très morbide de l'abîme, et qu'il allait rouler jusqu'au plus bas. Par la suite, le grave déséquilibre de notre économie, résultat inéluctable d'une paralysie de près de deux mois, des charges énormes subitement consenties pour la faire cesser, et des crédits massivement prodigués pour la reprise, nous a conduit, soudain, et à chaud, à une crise monétaire, qui mettait en cause la valeur de notre franc, et par là même, celle de nos avoirs et de nos rémunérations,risquait de nous faire passer sous la dépendance de prêteurs étrangers et suscitait la joie odieuse des spéculateurs de la finance, de la politique et de la presse qui jouaient notre déconfiture. Mais au bout du compte, que nous est-il arrivé ? Ceci d'abord, qu'après son passage à vide, la Nation française s'est ressaisie. Le 30 mai, elle a, d'un seul coup, montré, massivement, qu'elle répondait à l'appel du Chef de l'Etat. Après quoi, par les élections, elle a prouvé d'une manière éclatante sa volonté de voir assurer l'ordre, maintenir les institutions et poursuivre la marche vers le progrès. Ceci encore nous est arrivé qu'au total et dans l'ensemble, le bons sens reprend ses droits à l'intérieur de nos facultés. Il nous est arrivé ceci enfin, que notre activité productrice, vigoureusement relancée, dépasse le taux le plus élevé qu'elle ait encore jamais atteint. Que notre monnaie, ayant traversé l'ouragan sans perdre sa parité, se tient ferme sur sa position. Et que tous ceux qui ont misé sur le recul de la France en sont pour leur honte et pour leur frais. Portons donc en terre les diables qui nous ont tourmenté pendant l'année qui se termine. Laissons à leurs complices et à leurs partisans la tristesse et la déception. Car le fait que nous ayons, une fois de plus, heureusement surmonté les épreuves nous donnent les meilleures raisons d'être confiant en nous-mêmes. Cependant il est bien vrai que nous ne réparerons pas dans la pagaille et dans la facilité les mauvais coups qui viennent d'être portés à notre pays. Pour l'éducation nationale, le retour à l'anarchie ne doit pas être toléré, sous peine que soit inapplicable, tout ce qui a été fait pour elle depuis dix ans. Et tout ce qui est en voie de l'être grâce à la loi d'orientation. L'intérêt public exige qu'indépendamment des mesures qui, là comme ailleurs, incombent des services d'ordre, ils reviennent à ceux qui sont dans nos universités, nos lycées, nos écoles, sont en fonction, c'est-à-dire : en charge et en responsabilité d'y exercer leur autorité. Et aux enseignants, aux étudiants, aux familles de les y aider activement. Pour l'économie, qu'il s'agisse des prix et des salaires ou bien des dépenses publiques ou bien des changes et du crédit, les limitations, les contrôles voulus, sont absolument nécessaires jusqu'au retour complet à l'équilibre. Ceci pour que nous puissions sauvegarder la balance de nos paiements, consolider dans la réalité, les accroissements de rémunération qui ont été apparemment fixés dans les chiffres. Faire en sorte que nous vendions au dehors au moins autant que nous y achetions. Bref, empêcher, que la supercherie de l'inflation ne nous fasse glisser au gouffre de la ruine et de la misère, comme jadis le chant des sirènes faisait tomber les marins dans la mer. Alors, nous étant remis d'aplomb, nous franchirons certainement dans l'expansion et dans la règle, une étape nouvelle de développement et de prospérité. Encore faut-il que nous surmontions le malaise moral qui chez nous plus que partout à cause de notre individualisme est inhérent à la civilisation mécanique et matérialiste moderne. Faute de quoi les fanatiques de la destruction, les doctrinaires de la négation, et les spécialistes de la démagogie auraient encore une fois beau jeu, de susciter l'amertume pour provoquer l'agitation. Sans que d'ailleurs leur stérilité qu'ils appellent insolemment et dérisoirement la révolution puissent tendre à rien d'autre qu'à tout dissoudre dans le néant ou bien à tout pousser sous les broyeuses totalitaires. Or à l'origine de ce trouble, il y a le sentiment attristant, irritant qu'éprouvent les hommes d'à présent, d'être saisis et entraînés par un engrenage économique et social sur lequel ils n'ont pas de prise et qui fait d'eux des instruments à ce mal du siècle, qui est le mal des âmes.Nous pouvons pour notre part, contribuer à remédier en organisant la participation de tous à la marche de l'activité à laquelle ils contribuent. De telle façon que chacun soit dignement associé à ce qui se passe à son propre sujet, et qu'il assume des devoirs en même temps qu'il fait valoir des droits. C'est cela que nous sommes en train de faire dans notre université. C'est cela que nous allons développer après l'avoir commencé à l'intérieur de nos entreprises. C'est cela que nous réaliserons en associant les collectivités territoriales de notre pays et les catégories économiques et sociales. Soit au plan de la région, aux mesures qui touchent la vie locale, soit au plan de la Nation, à la préparation des lois. Voilà la réforme de la condition des hommes, autrement dit : de leurs rapports, qui doit marquer l'an de grâce 1969, et nous faire à la fois plus forts et plus fraternels. D'autant mieux que si nous, Français, ne sommes pas actuellement une nation physiquement gigantesque. Si par exemple, il nous faut laisser à d'autres, l'admirable mérite de réussir le tour de la lune, nous n'en avons pas moins à jouer dans le monde, à l'avantage de tous les peuples, un rôle qui soit bien à nous. Cela implique que sans nuire aucunement à nos amitiés traditionnelles, nous restions solides et indépendants. C'est parce que nous le sommes redevenus, depuis dix ans, après une longue période où le malheur alternait avec l'inconsistance que nous nous trouvons en mesure d'agir. Pour aider efficacement à la solution des problèmes aigus de l'univers, lesquels, chacun peut les énumérer. Il s'agit de la détente et de la coopération à pratiquer au lieu de la guerre froide avec le reste de l'Europe qui d'ailleurs de ce fait, est en évolution. Soit aussi de l'affreux conflit vietnamien auquel peuvent mettre un terme des négociations à Paris. Soit de l'issue internationale au drame du Moyen-Orient. Issue qui est déjà tracée, mais qui doit être absolument mise en oeuvre, ce dont les grandes puissances ont les moyens, par l'évacuation des territoires conquis par la force. La garantie accordée à chaque camp quant à une juste frontière et quant à sa sécurité. Par la libre navigation attribuée partout et à tous et par un sort acceptable assuré aux réfugiés. Il s'agit aussi de l'entrée de l'énorme Chine dans le concert des grandes puissances et dans celui des Nations Unies parce que, elle a sa place à y tenir et que l'isolement ne vaut rien. Soit encore de la libre conduite de sa propre vie nationale par le peuple français du Canada. Soit du droit de disposer de lui-même à reconnaître au vaillant Biafra. Soit de l'aide qui doit être apportée par les nations bien pourvues, au progrès de celles qui ne le sont pas. Soit de l'établissement d'un système monétaire mondial qui soit fondé non pas sur le privilège d'une monnaie, mais sur deux critères impartiaux. D'une part, la valeur de l'or, d'autre part, une organisation du crédit, exclusive de la spéculation. Ces positions qui sont les nôtres, qui ont été naguère âprement contestées, mais que les évènements justifient à l'évidence, nous avons à les soutenir pour l'équilibre et pour la paix du monde. Car cette action là, elle est de notre intérêt vital et elle répond parfaitement bien à la nature et à la figure millénaire de la patrie. Françaises, Français, au début de l'année, pour la réussite de la France, je nous souhaite à tous, en son nom, la foi et l'espérance nationale. Vive la République, vive la France ! »

🇫🇷 Gaullisme ☨

42,700 Aufrufe • vor 8 Monaten

Quand je vois parfois des personnes railler la vision du Dr. Denis Mukwege, je souris car je me dis s'ils savaient. Personnellement, en tant que femme qui sait ce que le viol veut dire, qui sait ce que cette chose ignoble produit dans la vie d'une femme, car oui j'ai été violée, jamais je ne pourrais insulter un homme qui a compris cela, même si je n'étais pas d'accord avec ce qu'il propose pour la société au-delà de ce fait là. Pour nous Congolais tout est devenu légèreté, tout est nivelé par le bas et le cynisme a fait son lit dans notre lecture du monde nous empêchant de le changer mais hurlant comme des prétentieux que nous savons ce qu'il y a lieu de faire. Les 29 ans de guerre qui ont englouti plus de 6 millions de nos compatriotes sont un démenti cinglant à nos prétentions, un aveux d'échec implacable. Aujourd'hui alors que nous sommes à la croisée des chemins, j'ai bien peur que les années à venir ressemblent aux autres car l'artificiel, la vanité, et le prétentieux crient encore trop fort pour que l'on entende que cette fois-ci il ne s'agit pas seulement de menaces, mais que nous avons à faire face à une menace existentielle. Dr Denis Mukwege le dit depuis qu'il soigne les femmes. C'est en racontant leurs corps déchiquetés qu'il nous invite à la transcendance, à revenir à l'humanité, à la préserver. Il a accepté de payer de sa personne, de son intelligence et de celle des Congolais pour nous dire: arrêtons tout ceci. Saurons-nous entendre? Du lieu, d'où je parle je ne me fatiguerai pas de relayer cette invitation, peu importe les piques, les railleries et les moqueries car je suis convaincue d'une chose, tout ceci est juste. #LobiTeLelo

Bénédicte Ndjoko/ BK Kumbi

22,340 Aufrufe • vor 2 Jahren

Il y a beaucoup de choses à dire en ce lendemain des élections fédérales. D'abord, je tiens à féliciter tous les candidats qui ont osé faire le saut, mais aussi à tous les militants et candidats qui ont travaillé très fort sur le terrain. J'ai une pensée sincère pour tous les députés du Bloc, pour qui j'ai de l'affection et du respect, qui n'ont malheureusement pas été réélus. Je tiens aussi à féliciter tous ceux qui ont été réélu, particulièrement Mario Beaulieu qui partage la même circonscription que la mienne. Les résultats ne sont pas nécessairement ceux que l'on espérait. Je vous avais exprimé mon inquiétude quant à la possibilité de donner à nouveau un mandat aux libéraux, à un chef qui visiblement va continuer les mêmes politiques que son prédécesseur Trudeau. Je le répète, Mark Carney est une menace aux intérêts très sérieuse du Québec, car son programme est la continuité de Trudeau. C'est dans cette optique qu'il aurait été souhaitable que le Bloc obtienne la balance du pouvoir dans un gouvernement minoritaire. Mais j’ai aussi exprimé ce matin, en toute honnêteté et transparence, les limites de l’intervention du PQ en raison de différences fondamentales entre la stratégie du Bloc et la nôtre au Parti Québécois. Dans la mesure où le Bloc a amorcé sa campagne avec la mise à l’écart de l’indépendance pour un an et une validation de Mark Carney avec des nombreux engagements à collaborer avec le PLC, ce qui ne correspond ni aux positions indépendantistes du PQ, ni à la réalité qui nous attend sous Carney à court terme. Cela dit, nous avons tout fait ce qui était possible pour les aider dans cette campagne et les appuyer. Pour la suite des choses et s’assurer d’un arrimage, sachez que M. Blanchet et moi nous sommes parlés ce matin, et avons convenu de nous rencontrer très prochainement afin de discuter de la suite des choses. Cela est crucial pour notre mouvement.

Paul St-Pierre Plamondon

17,952 Aufrufe • vor 1 Jahr

Cette année, pour la première fois de ma vie, je suis allée au festival de Cannes, à la cérémonie d'ouverture. C'était pour des raisons professionnelles : j'avais participé à l'écriture du discours, mais là n'est pas la question. Si je vous raconte ma vie, c'est qu'il m'est arrivé, là-bas, quelque chose qui a tout à voir avec vous. Petite mise en situation psychologique avant d'en arriver au vif du sujet : il faut imaginer que quand on est journaliste, éditorialiste, spécialisée dans les sujets de société et la politique, on n'est un peu personne à Cannes. Un « nobody », comme on disait avant. Un « PNJ » comme on dit, paraît-il aujourd'hui - c'est-à-dire un personnage non joueur. C'est bien normal, Cannes c'est le festival du cinéma, des stars et du glamour : chacun sa place. Voilà pour le contexte psychologique. Ce que je voulais vous raconter m'est arrivé, au bas d'un hôtel d'où l'on partait avec la merveilleuse équipe qui avait travaillé au discours, pour se rendre au palais des festivals. Alors qu'on était en train de décoller, un jeune homme, employé de l'hôtel, aux couleurs de l'hôtel, s'est approché de moi et il m'a dit : « Bravo et merci pour votre chronique sur Anne de Gaulle ». Je n'invente pas. J'ai des témoins. Et ils ont vu à quel point j'en ai été scotchée au bitume. La semaine juste avant Cannes j'avais fait, ici même, à l'occasion du 8 mai, une chronique sur l'inspiration que le général de Gaulle avait puisée dans son amour pour Anne, sa fille trisomique - une chronique qui me tient à cœur. Et là, donc, en plein milieu d'un milieu dont je ne suis pas, « PNJ sur la croisette » dans ses petits souliers aux talons très hauts....cet auditeur m'a offert mon Cannes à moi. Mon tapis rouge. Le seul applaudissement qui m'importe, à la fin. Pas le jugement de mes pairs. Ça, je l'ai appris avec le temps : en journalisme, la recherche de l'assentiment des autres journalistes est un petit enfermement, et même une perte de liberté. Non. Dans mon métier, chers auditeurs, le seul aiguillon qui vaille, c'est vous. Et je voulais me servir de cet encouragement-là, l'encouragement de ce jeune homme cannois dont je ne sais rien, pour vous remercier. Vous et ceux des lecteurs de L'Express, qui m'envoient des témoignages, ou des mots d'encouragement, par mail, par courrier, par messages sur les réseaux sociaux, et m'offrent un contrechamp précieux au micro et à la page de magazine. Comme Jérôme, par exemple, agriculteur qui se dit « paysan saturnien », qui nous écoute sur son tracteur ou durant la traite des vaches. Je le sais, il me l'a écrit. Je ne peux bien sûr pas citer chaque mot et chaque auditeur fidèle. Mais en cette veille de grille d'été, je voulais vous dire merci. C'est tout. Merci.

Anne Rosencher

39,190 Aufrufe • vor 2 Monaten

🇫🇷 15 mai 1962, importante conférence de presse du Général de Gaulle sur sa conception de la construction européenne : refus de la supranationalité et de l'Europe intégrée, pour une coopération des États et contre le volapük : « Dans un monde comme le nôtre où tout se ramène à la menace d'un conflit mondial, l'idée d'une Europe unie et qui aurait assez de force, assez de moyens et assez de cohésion pour exister par elle-même, cette idée-là apparaît tout naturellement. Et elle apparaît d'autant mieux que les inimitiés qui l'avaient séculairement déchirée, et en particulier l'opposition entre l'Allemagne et la France, ont actuellement cessé. Alors, du coup, voilà, mis en lumière, d'abord le caractère qu'on peut appeler complémentaire au point de vue géographique, stratégique, économique, culturel, etc. qui existe, les caractères communs, complémentaires qui existent entre les peuples de cette partie de l'ancien continent, l'Europe occidentale, et puis, en même temps, la capacité globale qu'ils représentent en fait de puissance, en fait de production, de création, d'échanges, etc., par rapport à l'activité générale de l'univers. Et puis, enfin, les possibilités que leur ensemble pourrait offrir aux deux milliards d'hommes qui peuplent les pays sous-développés. Voilà des données de fait qui ont conduit six Etats du continent à tâcher d'établir entre eux des liens particuliers. Déjà, pendant la guerre mondiale, je me permets de le rappeler, je proclamais que cette évolution était un des buts essentiels de la France. Dans cet ordre d'idée-là, on a déjà fait quelque chose, quelque chose de positif, et qui s'appelle la Communauté Economique Européenne, qui a été créée en vertu du traité de Rome, créée en principe, et qui a été mise en œuvre grâce, d'abord, à notre redressement économique et financier de 58-59, car si nous n'avions pas fait ce redressement là, il n'y avait pas de communauté qui tienne. En second lieu, grâce au fait que nous avons obtenu, en janvier dernier, que l'agriculture entre dans le marché commun. Et corrélativement, nous avons accepté de passer à ce que l'on appelle la deuxième phase, c'est-à-dire à une réelle application. Alors, ceci est fait. Il existe une organisation économique telle que peu à peu, les barrières douanières entre les Six s'effacent, ce qui ne manque pas de susciter leurs efforts. Et puis aussi, progressivement, leurs productions respectives sont ajustées, sont réglementées de telle sorte que le marché commun puisse, en bon ordre, ou bien les absorber lui-même ou bien les échanger au-dehors. C'est quelque chose, c'est beaucoup. Ce n'est pas tout. Aux yeux de la France, cette construction économique ne suffit pas. L'Europe occidentale, qu'il s'agisse de son action vis-à-vis des autres peuples ou de sa défense ou de sa contribution au développement des régions qui en ont besoin ou de son devoir d'équilibre européen et de détente internationale, l'Europe occidentale doit se constituer politiquement. Et puis, d'ailleurs, si elle ne le fait pas, la communauté économique elle-même ne pourra, à la longue, s'affermir ni même se maintenir. Autrement dit, il faut, à l'Europe, des institutions qui la constituent en un ensemble politique aussi bien qu'elle en est un déjà, tout au moins son commencement dans l'ordre économique. La France a donc pris l'initiative de proposer une telle organisation. Et vous savez bien que l'année dernière, au mois d'avril, les six chefs d'état ou de gouvernement se sont réunis à Paris pour discuter de son projet. Et puis, qu'ils l'ont fait, de nouveau, à Bonn, au mois de juillet. Et puis, qu'on a formé, à Paris, une commission politique, la commission Fouchet, qui était destinée à mettre sur pieds, à mettre au point un projet de traité d'union. Et puis, entre-temps, il y avait beaucoup de contacts pris, bilatéraux ou multilatéraux sur ce sujet. Il était finalement convenu que les six se réuniraient au sommet, à Rome, pour conclure le cas échéant. On sait pourquoi et on sait comment on n'a pas encore abouti. Qu'est-ce que la France propose à ces cinq partenaires ? Voici. Je le répète une fois de plus. Pour que nous nous organisions politiquement, commençons par le commencement. Organisons notre coopération. Réunissons périodiquement nos chefs d'Etat ou de gouvernement pour qu'ils examinent en commun les problèmes qui sont les nôtres et pour qu'ils prennent, à leur égard, des décisions qui seront celles de l'Europe. Formons une commission politique, une commission de défense et une commission culturelle, tout de même que nous avons déjà une commission économique à Bruxelles, qui étudie les questions communes et qui prépare les décisions des six gouvernements. Naturellement, la commission politique et les autres procéderont, à cet égard, dans des conditions propres aux domaines particuliers qui seront les leurs, pour appliquer de concert les décisions qui ont été prises par le conseil. Nous avons une assemblée parlementaire européenne qui est composée des délégations de nos six parlements nationaux, mettons, et qui siège à Strasbourg, mettons cette assemblée à même de discuter des questions politiques communes, comme elle discute déjà des questions économiques. Après expérience, et bien, nous verrons, dans trois ans, comment nous pourrons faire pour resserrer nos liens. Mais tout au moins, nous aurons commencé à prendre l'habitude de vivre et d'agir ensemble. Voilà ce que la France a proposé. Elle croit que c'est ce qu'il y a, à l'heure qu'il est, de plus pratique qui puisse être fait. Voilà pourquoi elle l'a fait et voilà ce qu'elle a fait. Et ceci dit, je voudrais répondre à une autre question qui m'a été posée sur le même sujet et qui se rapporte, je crois, aux objections qu'on nous a faites. Il est parfaitement vrai que les propositions de la France ont soulevé deux objections, d'ailleurs, parfaitement contradictoires, quoiqu'elles soient présentées par les mêmes opposants. Et voici ces deux objections. Ces opposants nous disent : " Vous voulez faire l'Europe des patries, nous voulons, nous, faire l'Europe supranationale ". Comme s'il suffisait d'une formule pour confondre ensemble ces entités puissamment établies qui s'appellent les peuples et les Etats. Et puis, les mêmes opposants nous disent, en même temps : " L'Angleterre a posé sa candidature pour entrer au marché commun. Tant qu'elle n'y est pas, nous ne pouvons rien faire de politique ". Et pourtant, tout le monde sait que l'Angleterre, en tant que grand Etat, et que nation fidèle à elle-même, ne consentirait jamais à se dissoudre dans quelque utopique construction. Je voudrais, incidemment, puisqu'en voici l'occasion, je m'excuse messieurs les journalistes. Vous allez être assez étonnés, mais je n'ai jamais, quant à moi, dans aucune de mes déclarations, parlé de l'Europe des patries, bien qu'on prétende toujours que je l'ai fait. Ce n'est pas, bien sûr, que je renie, moi, la mienne, bien au contraire. Je lui suis attaché plus que jamais. Et d'ailleurs, je ne crois pas que l'Europe puisse avoir aucune réalité vivante si elle ne comporte pas la France avec ses Français, l'Allemagne avec ses Allemands, l'Italie avec ses Italiens, etc. Dante, Goethe, Chateaubriand appartiennent à toute l'Europe dans la mesure même où ils étaient respectivement et éminemment italiens, allemands et français. Ils n'auraient pas beaucoup servi l'Europe s'ils avaient été des apatrides et qu'ils avaient pensé, écrit en quelque esperanto ou volapük intégré. Alors, il est vrai que la patrie est un élément humain sentimental et que c'est sur des éléments d'action, d'autorité, de responsabilité qu'on peut construire l'Europe. Quels éléments ? Et bien, les Etats. Car il n'y a que les Etats qui, à cet égard, soient valables, soient légitimes, et, en outre, soient capables de réaliser. J'ai déjà dit, je répète qu'à l'heure qu'il est, il ne peut pas y avoir d'autre Europe possible que celle des Etats, en dehors, naturellement, des mythes, des fictions, des parades. D'ailleurs, ce qui se passe pour la communauté économique le prouve tous les jours. Car ce sont les Etats, et les Etats seulement qui ont créé cette communauté économique, qui l'ont pourvue de crédit et qui l'ont dotée de fonctionnaires. Et ce sont les Etats qui lui donnent une réalité et une efficacité. Et d'autant plus qu'on ne peut prendre aucune mesure économique importante sans commettre un acte politique. On fait de la politique quand on manie en commun, les tarifs, quand on convertit les charbonnages, quand on tâche de faire en sorte que les salaires et les charges sociales soient les mêmes dans les six Etats, quand chaque Etat permet aux travailleurs des cinq autres de venir s'installer chez lui, quand on prend des décrets en conséquence de tout ça, quand on demande au Parlement de voter des lois, des crédits, des sanctions nécessaires. On fait de la politique quand on fait entrer l'agriculture dans le marché commun. Ce sont les six Etats, et eux seulement, qui sont parvenus, au mois de janvier dernier, par leurs instances politiques. On fait de la politique quand on traite de l'association de la Grèce ou des Etats africains ou de la République malgache. On fait de la politique quand on négocie avec la Grande Bretagne au sujet de la demande qu'elle a déposée, de faire partie du marché commun. On en fait quand on considère les candidatures qui sont avancées par d 'autres Etats au sujet de leur participation ou de leur association. On en fait quand on est amené à envisager les demandes que les Etats-Unis annoncent en ce qui concerne leur rapport économique avec la communauté. En vérité, on ne peut pas assurer le développement économique de l'Europe sans son union politique. Et à ce sujet, je signale combien est arbitraire une certaine idée qui était apparue dans les débats récents, et qui prétendait soustraire le domaine économique aux réunions de chefs d'Etat ou de gouvernement, alors que pour chacun d'eux, dans leur pays respectif, c'est là le sujet quotidien et capital. Je voudrais parler plus spécialement de l'objection de l'intégration. On nous l'oppose en nous disant : "Fondons ensemble les six Etats dans quelque chose de supra national, dans une entité supra nationale. Et ainsi, tout sera très simple et très pratique". Cette entité nationale, on ne la propose pas parce qu'elle n'existe pas. Il n'y a pas de fédérateur, aujourd'hui, en Europe, qui ait la force, le crédit et l'attrait suffisants. Alors, on se rabat sur une espèce d'hybride et on dit : " Et bien, tout au moins que les six Etats acceptent, s'engagent à se soumettre à ce qui sera décidé par une certaine majorité". En même temps, on dit : "Il y a déjà six parlements européens, six parlements nationaux, plus exactement, une assemblée parlementaire européenne. Il y a même une assemblée parlementaire du conseil de l'Europe qui, il est vrai, est antérieure à la conception des Six et qui, me dit-on, se meurt au bord où elle fut laissée. Et bien malgré tout cela, élisons un parlement de plus, que nous qualifierons d'européen, et qui fera la loi aux six Etats". Ce sont des idées qui peuvent, peut-être, charmer quelques esprits, mais je ne vois pas du tout comment on pourrait les réaliser pratiquement quand bien même on aurait six signatures au bas d'un papier. Y a-t-il une France, y a-t-il une Allemagne, y a-t-il une Italie, y a-t-il une Hollande, y a-t-il une Belgique, y a-t-il un Luxembourg qui soient prêts à faire, sur une question importante pour eux au point de vue national et au point de vue international, ce qui leur paraîtrait mauvais parce que ça leur serait commandé par d'autres ? Est-ce que le peuple français, le peuple allemand, le peuple italien, le peuple hollandais, le peuple belge, le peuple luxembourgeois sont prêts à se soumettre à des lois que voteraient des députés étrangers dès lors que ces lois iraient à l'encontre de leur volonté profonde ? Ce n'est pas vrai. Il n'y a pas moyen, à l'heure qu'il est, de faire en sorte qu'une majorité puisse contraindre, une majorité étrangère, puisse contraindre des nations récalcitrantes. Il est vrai que dans cette Europe intégrée, comme on dit, et bien, il n'y aurait peut-être pas de politique du tout. Ca simplifierait beaucoup les choses. Et puis, en effet, dès lors qu'il n'y aurait pas de France, pas d'Europe, qu'il n'y aurait qu'une politique, et faute qu'on puisse en imposer une à chacun des six Etats, on s'abstiendrait d'en faire. Mais alors, peut-être, tout ce monde se mettrait à la suite de quelqu'un du dehors, et qui, lui, en aurait une. Il y aurait peut-être un fédérateur, mais il ne serait pas européen, et ça ne serait pas l'Europe intégrée. Ce serait tout autre chose de beaucoup plus large et de beaucoup plus étendu avec, je le répète, un fédérateur. Et peut-être que c'est ça qui, dans quelque mesure et quelquefois, inspire certains propos de tels ou tels partisans de l'intégration de l'Europe. Alors, il vaudrait mieux le dire. Voyez-vous, quand on évoque les grandes affaires, et bien, on trouve agréable de rêver à la lampe merveilleuse, vous savez, celle qu'il suffisait à Aladin de frotter pour voler au-dessus du réel. Mais il n'y a pas de formule magique qui permette de construire quelque chose d'aussi difficile que l'Europe unie. Alors, mettons la réalité à la base de l'édifice. Quand nous aurons fait le travail, nous pourrons nous bercer aux contes des Mille-et-une nuits. »

🇫🇷 Gaullisme ☨

18,165 Aufrufe • vor 1 Jahr

🇫🇷 27 novembre 1962, obsèques de René Coty au Havre, le Général de Gaulle prononce un discours d'hommage : « Au jour où le président Coty est conduit à sa dernière demeure, le pays joint l'hommage de ses profonds regrets et de sa très vive estime au chagrin qui étreint la famille du disparu et à l'affliction de la grande ville du Havre. René Coty, tout au long de sa vie, fit honneur à l'homme. Vis-à-vis des siens, aux côtés de celle qui fut sa noble et généreuse compagne, ou bien dans l'exercice de sa profession d'avocat et notamment quand il assumait des causes particulièrement difficiles, enfin dans son comportement à l'égard des autres, en particulier de ses compatriotes normands, il ne voulut que ce qui était juste et que ce qui était bien. René Coty fit honneur à la République. Les mandats qu'il exerça comme parlementaire, comme ministre, comme président et, en dernier lieu, comme membre de droit du Conseil constitutionnel, il ne les exerça jamais qu'en vue de servir l'intérêt national. René Coty fait honneur à la France, soit qu'il ait courageusement combattu pour sa défense au cours de la grande guerre, soit qu'il ait eu à la représenter vis-à-vis des Etats étrangers, soit qu'au sein de l'Institut il ait pris part aux travaux de l'élite de la pensée, soit qu'il eût à parler d'elle, ce qu'il fit toujours avec une noblesse et une dignité émouvantes. En rappelant ce que fut la personnalité de René Coty, comment ne pas évoquer cette pensée de La Bruyère : « La modestie « est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elles lui donnent force et relief ». Or voici que cet homme, ce citoyen, ce Français, quand il était établi dans la fonction la plus haute, vit tout à coup se déchaîner une très grave crise nationale, au mois de mai 1958. Sous un régime paralysé par sa propre confusion, la France et la République se trouvaient soudain au bord de l'abîme. Devant le péril public, le président voyait autour de lui les hommes en charge des leviers de commande défaillir dans l'impuissance, quelle que pût être leur valeur, et il se voyait lui-même dépourvu des moyens d'assurer la conduite de l'Etat et de la nation. Qu'il manquât à ce moment de hauteur d'âme et de bon sens, qu'il s'accrochât à un système à la dérive, qu'il cherchât à se réfugier derrière le vide qui était alors le propre de sa fonction, nul doute que la crise eût jeté la France dans les pires épreuves. Mais c'est alors que, n'écoutant que son patriotisme, sa clairvoyance et son désintéressement, le président Coty décida de recourir lui-même et adjura le régime aux abois de s'en remettre, comme lui, à la légitimité profonde, celle qui procède, non point de la représentation multiple, incertaine et troublée des tendances qui divisent la nation, mais bien des sentiments, des espoirs, des institutions qui tendent, au contraire, à l'unir. Ainsi il put commencer, sans qu'il y eût rupture dans l'Etat ni déchirement dans la nation, la nécessaire et féconde rénovation de la République française. Président René Coty, pour toujours votre sommeil est celui du juste, et le respect du peuple français entoure votre mémoire. » Biographie de René Coty : Né au Havre en 1882, René Coty est un avocat plaidant surtout des dossiers commerciaux. Il est élu député du Havre pour les Républicains de gauche en 1923 à 1935. En 1935, il rentre au Sénat et fait partie de ceux qui en 1940 voteront les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. A la Libération, il reprend sa carrière mise en parenthèse pendant la guerre et est réélu député du Havre et chef de file des Indépendants. Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme de 1947 à 1948, il est élu cette année-là président du Conseil de la République (Sénat). A la veille de Noël 1953, il est élu Président de la République. Son mandat sera très agité marqué par une forte instabilité ministérielle. A la chute du gouvernement Pflimlin suite à la crise d’Algérie en le 28 mai 1958, Coty refuse de démissionner. Il confie alors au Général de Gaulle le soin de former un gouvernement. Le 8 janvier 1959, il abandonne ses fonctions de Président de la République. Il s’éteint au Havre en 1962.

🇫🇷 Gaullisme ☨

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Le grand philosophe et scientifique Leibniz avait son idée pour apaiser les querelles dans les sociétés. Et comme ça peut nous intéresser peut-être, en ce moment, je vous la livre : il s’agit de prendre sa plume en main, de s’asseoir à son boulier, et de se dire l'un à l'autre : « calculemus » - calculons. Il existe plusieurs interprétations à cette phrase de Leibniz ; ma préférée : qu’il y a, dans la vérité des mathématiques, quelque chose qui échappe aux affects, aux croyances, aux propagandes et à la mauvaise foi. Deux et deux font quatre, et cela n'est pas une opinion. Si je commence par ce « calculemus », c'est pour dire d'emblée que l'effondrement du niveau en maths n'est pas qu'une question utilitaire, comme on la présente parfois. « Effondrement du niveau », je sais que le mot est fort. Il est hélas mérité. Les dernières évaluations TIMSS placent les petits Français de CM1 derniers de l'Union Européenne. Au niveau international, nous arrivons même après l'Albanie ou l’Azerbaïdjan. Et ça n’est pas seulement dommageable, donc, pour le nombre d'ingénieurs que la Nation forme, pour sa puissance créatrice, innovatrice, pour sa souveraineté aussi. Tout cela, c’est un vrai problème. Extrêmement important, même, mais plus large encore… ` D'abord, les mathématiques, c’est une culture. Qui permet d'appréhender les règles du monde dans lequel nous vivons. Les notions de statistiques, de proportions et de probabilités président à de très nombreuses décisions qui régentent nos vies. L'une des missions de l'école est justement de rendre tout cela compréhensible aux citoyens. Ensuite, les mathématiques c’est l’apprentissage du raisonnement. C'est-à-dire de la progression logique par étapes. Et c'est précisément ce qui permet de s’extraire du monde des opinions,de la polémique, et des affects chauffés à blanc. Enfin, de toutes les disciplines, les maths étaient la moins inégalitaire. Et que s’est-il passé, quand nous avons baissé le niveau ? Nous avons pris cette discipline-là, et nous en avons fait celle où la prédestination sociale pèse le plus lourd. Car ce qui ne s'acquiert pas en classe s'apprend à la maison. Vraiment, il est impératif que nous nous ressaisissions. Il y a bien sûr ce qui relève de l’Éducation Nationale : la formation des professeurs, les programmes, etc. Mais il y a aussi notre façon à nous, société, d’envisager les maths. Qui ne sont pas un snobisme. Ni un masochisme. Ni une nostalgie de l’élitisme d’antan. C’est une culture de base. Commune. Même quand, plus tard, on a oublié Thalès, Pythagore, et les tableaux de conversion, il reste quelque chose comme un exosquelette nécessaire au fonctionnement des sociétés. « Le monde ne tient que par le souffle des enfants qui étudient. » C’est mon proverbe préféré de toute la vie. « Le monde ne tient que par le souffle des enfants qui étudient. » Bon brevet aux 3ᵉ !

Anne Rosencher

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L'historien algérien Abdelmadjid Cheikhi, conseiller du président de la République Abdelmadjid Tebboune et chargé du dossier de la mémoire, dans un moment d'hilarité délirante : « Pendant la période de la colonisation française en Algérie, je me souviens qu'il y avait une cigogne qui s'en prenait au drapeau français hissé au sommet d'un bâtiment, elle le déchirait en morceaux et les emportait dans son nid où elle les souillait de ses excréments. À ce moment-là, un soldat français l'a vu, lui a tiré dessus, et elle est tombée de son nid, blessée à la patte. Le soldat français l'a arrêté. et je peux vous assurer qu'un Algérien qui collaborait avec l'armée française et qui était en réalité un patriote, mais qui espionnait les Français, m'a confirmé que l'armée française avait tenu un conseil de guerre pour cette cigogne et l'avait condamné à la prison à perpétuité ! Lorsque le soldat français l'a blessé à la patte, j'ai vu cette cigogne boiter et j'ai eu l'honneur de la prendre en photo alors qu'elle boitait. La photo est dans mon téléphone, je vous la montrerai plus tard... » !!! Oui, c'est bel et bien le conseiller du président Abdelmadjid Tebboune, chargé du dossier de la mémoire, qui est essentiellement lié à la France et aux archives algériennes en sa possession !!! Ce sont des personnes comme celles-ci qui occupent le poste de conseillers à la présidence de la République en Algérie !! Je comprends mieux maintenant à quel point la diplomatie algérienne est ridicule et échoue dans tous les domaines !!!

kalima

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🔴 Călin Georgescu reste sous contrôle judiciaire. 📍 Déclaration de Călin Georgescu devant le Tribunal de Bucarest : « Avant toute chose, nous devons évoquer la tragédie survenue en Amérique, à savoir l’assassinat de Charlie Kirk, un jeune leader qui mobilisait de manière remarquable les étudiants et la jeunesse en général autour des valeurs de vérité et de justice. C’est pour cela qu’il a été assassiné. Je le considère comme un martyr pour tout ce qui s’est passé. Sa mort révèle une blessure profonde de la jeune génération, qui refuse de continuer à vivre dans le mensonge globaliste et rejette l’idéologie woke. Cet événement prouve que Charlie Kirk avait raison. Il a toujours prôné la paix : la paix en Ukraine, la paix en Amérique, la paix dans le monde entier. La question est : qui profite de la paix, et qui profite de la guerre ? Il est clair que la guerre profite uniquement au système oligarchique mondial, soutenu par des intérêts comme ceux de Soros, ainsi qu’à l’industrie de l’armement. La paix, elle, profite à l’humanité tout entière, à l’univers. C’est l’héritage de Charlie Kirk. C’est pourquoi je m’adresse à la jeunesse roumaine avec ce même message de paix, une paix que nous devons cultiver en nous et dans toutes nos actions. Car l’assassinat de Charlie Kirk a eu lieu en Amérique, mais cela aurait pu arriver n’importe où, y compris ici. Ce qui compte, c’est que la jeunesse refuse désormais de se taire par peur. C’est un message crucial que sa mort nous transmet. Le système est manifestement à bout de souffle partout dans le monde, et cela se voit dans le fait qu’il ne repose plus que sur l’instauration de la peur. Mais la jeunesse ne veut plus céder à la peur ; elle fait preuve de courage, de dignité et de foi en Dieu. Elle refuse d’être l’esclave d’une idéologie globaliste. En Roumanie, la question est simple : voulons-nous continuer à vivre dans le mensonge, comme le fait le pouvoir actuel, ou choisir la liberté, comme Charlie Kirk nous y exhortait, une liberté inspirée par notre Sauveur ? L’avenir appartient à la jeunesse : prenez-le, il est à vous, et ne laissez personne vous le voler. Concernant ma situation juridique, Georgescu a ajouté : « J’assiste, comme vous, à un abandon de la loi au profit du pouvoir, à une chasse à l’homme au détriment de la justice. J’espère que le pouvoir judiciaire ne sacrifiera pas la justice pour servir le pouvoir. Il n’y a ni dialogue basé sur l’honneur, ni solutions concrètes. Le corps professionnel est méprisé, et les citoyens ont perdu confiance en l’État de droit. En d’autres termes, nous vivons une situation grave où les véritables valeurs sont bafouées. En Roumanie, la valeur est humiliée, tandis que l’hypocrisie et l’incompétence sont récompensées. Je me pose sincèrement la question : quelle place reste-t-il pour l’honneur dans un pays où l’honneur et la déshonneur s’assoient à la même table que le roi ? Et, bien sûr, le roi est nu », a conclu Călin Georgescu.

Péonia

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🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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🇫🇷 5 mai 1992, discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht, si visionnaire et si actuel sur la réalité d'une construction européenne opposée à la souveraineté nationale, aux nations et aux peuples : « Monsieur le président, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots ! C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'Etat et de gou­vernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier. Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la sou­veraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution. Il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souverai­neté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre Etat de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental. La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing. Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n'existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu'il s'agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n'en a pas le droit, rien de moins que d'abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l'application du traité. Ayant fait référence à 'a Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l'esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j'entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n'est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l'avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous - et vous l'avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n'y a en vérité qu'un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l'entamer tout de suite et dans sa totalité. De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu'il n'y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l'astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l'on vous comprend, au point d'ailleurs d'esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s'agit même pas, si je m'en tiens à son libellé, d'un projet de loi de révision, mais d'un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire, Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n'est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d'une manipulation constitutionnelle. Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l'illusion. La révision, la ratification, c'est à prendre ou à laisser. C'est assez dire qu'il ne m'est pas possible de séparer l'appréciation constitutionnelle de l'ana­lyse critique des accords. Dès lors que l'on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité. Ce faisant, je me plie - je n'ai guère le choix - à la procé­dure, à la méthode, imposée par le Président de la Répu­blique. L'inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l'article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct. Allez dire à d'autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procé­dure de l'article 89 rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! Je le proclame donc d'emblée : dès lors que l'entrée de la France dans l'Europe de Maastricht constitue bien l'acte his­torique qu'a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l'abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution. Je constate d'ailleurs la contradiction dans laquelle s'enferment aujourd'hui nombre d'entre eux en se refusant à l'idée d'un référendum. Ce que je veux seulement dire c'est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire. En outre, c'est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien' l'affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décldé, Non, foin d'arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d'autres, au nom de beaucoup d'autres, qu'il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l'on m'entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l'on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d'ailleurs bien passé d'être là. Il eût mieux valu, à l'évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat. Elles ne l'ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d'assumer un autre choix. Ce n'est pas si facile. A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terro­risme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invec­tive. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste for­cené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s'effacer. Et je ne parle pas ici au nom d'une France contre l'autre, car dès lors qu'il s'agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l'enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n'est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu'il est, l'idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l'Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous. Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fonda­mentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté, Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas. Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitéé, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'Etats fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux Etats, En fait, ce traité est un « anticompromis » de Luxembourg en tant qu'iI interdit, non seulement aux parlements natio­naux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l'in­térêt national quand il est en cause puisque chacun s'engage à éviter autant que possible d'empêcher qu'il y ait unanimité lorsqu'une majorité qualifiée est favorable à la décision. Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étran­gère et la politique de défense, D'ailleurs, vous nous l'avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l'engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l'interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté. Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la sou­veraineté des Etats membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés. Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L'alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer. Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire. Evidemment, et aujourd'hui encore, on s'échine à nous persuader qu'il n'y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu'ici et qui étaient d'une tout autre nature, Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maas­tricht, que nous n'avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D'ailleurs, dix-­huit mois après la signature du traité de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l'ont pas fait pas inadver­tance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux, Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l'une, celle des transports, n'a jamais vu le jour, tandis que l'autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin - provisoirement - à toute tentation supranatio­nale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s'était engagée, et il n'y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s'était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités. De toute évidence se posait un pro­blème d'interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commis­sion, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes commu­nautaires. L'exemple de l'Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d'harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fis­cales. A priori, cela n'engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l'on veut bien considérer qu'un marche unique n'est pas un espace économique uniforme et qu'il n'est pas besoin de nombreuses mesures d'harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations, Mais il a suffi que la Commis­sion, disposant de l'initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l'adoption de trois cents directives d'harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu'aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l'idéologie fédéra­liste. C'est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité. Pour autant, ce n'est quand même, là encore, qu'un problème d'interprétation, pour lequel on pour­rait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s'impose aux juges. Ce n'est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté. On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les Etats souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi! C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un Etat peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un Etat à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix. La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des Etats. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune. On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples. D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux Etats-Unis les Etats du Nord ont interprété ce droit quand les Etats du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire. Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France. Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous? Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités ! Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maas­tricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 1/5

🇫🇷 Gaullisme ☨

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📢🚨 Une école française vient d'installer un sonomètre dans sa cantine. Au-delà de 80 décibels, la pièce devient rouge. Les enfants doivent faire moins de bruit. L'initiative est présentée comme inédite, innovante, bienveillante. Elle marche, dit-on. Personne ne demande ce que ça dit de nous. Un sonomètre pour apprendre aux enfants à parler moins fort à table. Un dispositif technologique pour gérer un problème que des générations d'instituteurs ont résolu avec une voix posée et une présence d'autorité naturelle. Un signal lumineux pour remplacer ce que la transmission d'une norme sociale ordinaire accomplissait sans matériel ni budget. L'enfant n'obéit plus à l'adulte qui lui dit de baisser le ton. Il obéit au mur qui devient rouge. La médiation technologique remplace la relation humaine directe parce que cette relation est devenue juridiquement risquée et pédagogiquement suspecte. Ce glissement n'est pas anodin. L'obéissance à une règle incarnée par un adulte qui la porte et l'explique construit quelque chose chez l'enfant. Elle lui apprend que l'autorité n'est pas arbitraire mais fondée sur une responsabilité, et que le respect des autres dans un espace partagé est une norme sociale qui vient des humains, pas des machines. L'obéissance à un signal lumineux construit autre chose. Elle construit un rapport au contrôle qui passe par le dispositif, pas par la relation. C'est de la conformité comportementale, pas de la socialisation. La différence est fondamentale et personne n'en parle parce que le sonomètre marche et que ce qui marche à court terme est présenté comme une réussite sans qu'on se demande ce qu'il produit à moyen terme. Le sonomètre est une métaphore parfaite de la gouvernance par le nudge, cette technique qui consiste à modifier les comportements non pas par la contrainte directe ni par la persuasion raisonnée, mais par la manipulation de l'environnement. On ne dit pas à l'enfant pourquoi il faut parler moins fort. On ne lui demande pas d'intérioriser une norme. On lui fait voir rouge au sens propre jusqu'à ce qu'il se taise. C'est exactement la même logique que les pictogrammes effrayants sur les paquets de cigarettes, les taxes comportementales sur le sucre et l'alcool, les designs d'interface qui rendent certains choix plus difficiles que d'autres. L'État ne fait plus confiance aux individus pour comprendre et décider. Il modifie leur environnement pour produire les comportements qu'il juge souhaitables. Il traite les citoyens comme des variables à optimiser plutôt que comme des personnes capables de raisonner. Appliqué aux enfants, ce paradigme est particulièrement révélateur parce que l'enfance est précisément le moment où on construit la capacité à raisonner et à s'autodiscipliner. Former un enfant par le nudge plutôt que par l'explication et la responsabilisation, c'est choisir délibérément de ne pas développer cette capacité. C'est produire un adulte qui fonctionne bien dans les environnements conçus pour orienter son comportement et qui est démuni quand ces environnements n'existent pas. On s'inquiète beaucoup en France du niveau scolaire en baisse, de la difficulté à maintenir l'attention des élèves, du rapport compliqué à l'autorité dans les établissements. On cherche des explications dans les réseaux sociaux, les écrans, les familles. On ne cherche pas dans les choix pédagogiques qui ont progressivement retiré à l'adulte scolaire les outils de son autorité naturelle et les ont remplacés par des dispositifs, des protocoles, des sonomètres. Le sonomètre qui marche est la preuve que les enfants peuvent adapter leur comportement à un signal environnemental. Ce n'est pas la preuve qu'ils apprennent quelque chose d'utile pour leur vie. Le sonomètre marche. Et c'est exactement pour ça qu'il est inquiétant.

ChienSurpris

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