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"Parce que tu comprends, sur cette terre, il y a une chose effroyable, c'est que tout le monde a ses raisons." Jean Renoir, La règle du jeu Jeanne Moreau : "François Truffaut avait de la tolérance. On ne peut pas aimer les films de Renoir comme il les a...

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Orson Welles : "J'ai eu le coeur brisé de ne pas avoir pu continuer. J'étais absolument sûr de faire des tas d'autres films pour Universal quand j'ai été viré : c'était très traumatisant. Parce que j'étais sûr de moi. Tous les soirs, ils m'inondaient de compliments sur les rushes. "Alors, quand allez-vous nous le signer, ce contrat pour quatre ou cinq films ? N'hésitez pas à venir nous voir." Tous les jours, on me demandait de signer ce contrat. Et quand j'ai montré la version finale (La Soif du Mal), on m'a fichu à la porte. - Sans donner d'explications ? - Aucune. Le film était trop noir, trop étrange pour eux. Cela reste un mystère. Il y a quelque chose qui manque, et je ne sais pas quoi, je ne comprendrai jamais. C'est le seul problème que j'aie jamais eu dont je n'entrevois même pas la cause. Le film les a retournés d'une drôle de façon. Dans le milieu du cinéma, on n'aimait pas du tout l'humour noir, celui qu'on adore aujourd'hui. Les films n'étaient pas si noirs il y a dix ou douze ans. Ils n'ont pas compris où je voulais en venir. Et moi qui croyais enfin avoir trouvé mon chez moi ! A les entendre parler, je me disais : "Bon, je vais passer trois ou quatre ans à faire des films pour Universal". Et tout d'un coup, je n'avais plus le droit de mettre les pieds sur le plateau ! Il y avait un garde à la porte qui m'empêchait d'entrer. Ils étaient choqués, ils s'étaient sentis insultés par le film. Blessés et insultés... Je les avais entraînés dans une sinistre aventure. C'était triste pour moi que cela tourne de cette façon, car j'étais bien décidé à rester aux Etats-Unis. C'est ici que je préfère faire des films."

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Jean Renoir : "le cinématographe, c'est le gros plan." Qu'est-ce qui différencie le cinéma des autres arts dramatiques ? Jean Renoir : "A mon avis, il y a une chose qui différencie le cinématographe de toutes les autres formes de spectacle, de toutes les formes de spectacle pratiquées jusqu'à maintenant, et c'est le gros plan. Le gros plan, c'est une chose extraordinaire, c'est une chose absolument mystérieuse, c'est une chose qui ne s'explique pas. En tout cas c'est quelque chose qu'on n'avait jamais vu jusqu'alors. Peut-être y-a-t-il une chose de vaguement analogue dans l'opéra, c'est le solo, lorsqu'une fille, lorsqu'un contralto lance son grand air, brusquement tout le décor disparaît, tous les autres acteurs, les costumes, tout ça disparaît, et toute une salle est suspendue au mouvement de lèvres d'une fille, et on suit les modulations de la gorge. Le gros plan, c'est ça, en beaucoup plus fort. Le gros plan, c'est le meilleur pont je crois qui existe, qui ait jamais existé, dans toute l'histoire du spectacle. C'est brusquement un lien mystérieux et très fort entre ce personnage qui est sur l'écran, et les gens dans la salle. Ces gens dans la salle, brusquement s'oublient eux-mêmes, ils pénètrent dans cet acteur, dans cette actrice qui est sur un écran, ils s'identifient à lui, ou à elle. Et je crois que c'est cela, le grand mystère du cinéma, je crois c'est ça qui a fait le cinématographe, je crois que c'est pour ça que des milliers de gens aiment le cinéma. C'est de temps en temps pour s'oublier eux-mêmes dans l'émotion due à la contemplation d'un gros plan. C'est au moment du gros plan qu'on arrive à établir ce pont. C'est un phénomène hypnotique." Vidéo complète :

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"Nous ne nous verrons plus jamais même si j'en ai envie. Après notre nuit à Calais, nous ne pourrions pas monter plus haut. Le bonheur, on ne le sait qu'après." (François Truffaut, 1971, Les Deux Anglaises et le Continent) François Truffaut : "Un auteur dramatique disait : "Tous les genres sont permis, sauf le genre ennuyeux." J'accepterais volontiers cette définition, à condition de se mettre d'accord sur ce qui est ennuyeux, ce qui est impossible. Le danger qui nous guette lorsque nous accordons une interview au cours de laquelle nous définissons notre travail, c'est de se livrer à des déclarations péremptoires et définitives qui sont encore pires que des justifications. En affirmant : "Le cinéma, c'est ceci ou cela et seulement ceci ou cela", on sous-entend sournoisement qu'on est un type formidable et que tous les autres sont des cloches. Nous sommes menacés par notre propre intolérance, notre jalousie, notre inacceptation des autres et je crois que nous devons lutter contre cette tendance qui est en nous. Quand on est un cinglé de cinéma, on aime en bloc tous ceux qui constituent cette famille, sans se douter un seul instant qu'il s'agit de la famille d'Oreste et d'Agamemnon! Robert Bresson dans ses films refuse de faire tourner des acteurs professionnels, il a raison, pour lui. Alfred Hitchcock refuse de tourner des westerns ou des films d'époque, il a raison, pour lui. Jean-Luc Godard ne veut plus tourner des films produits et consommés par une société dont il souhaite la destruction, il a raison, pour lui. Ingmar Bergman ne veut pas tourner de films en dehors de son pays la Suède, il a raison, pour lui. Luis Bunuel ne veut plus mettre de musique dans ses films, il a raison, pour lui. Roberto Rossellini ne veut plus tourner que des films éducatifs, il a raison, pour lui. Howard Hawks entend toujours placer sa caméra "à la hauteur de l'oeil humain", il a raison, pour lui. Ces cinéastes sont parmi les plus grands du monde. Ils sont tous de grands cinéastes parce que les films qu'ils tournent leur ressemblent, qu'ils expriment à la fois leurs idées sur la vie et leur idée du cinéma et que ces idées sont fortes et fortement présentées". (François Truffaut, Esquire, 1969) ~~ Sidney Lumet : "Le danger qui menace les gens qui écrivent sur leur travail est que le lecteur puisse bâtir un système à partir de leurs déclarations. Je ne connais pas de système pour mettre en scène. Je ne connais pas de bonne ou de mauvaise méthode de mise en scène, pas plus qu'il n'y a de bonne ou de mauvaise méthode dans n'importe quelle autre forme d'art. Le maximum qu'on puisse attendre de la lecture des opinions d'autrui et de sa façon d'aborder le travail est de les trouver intéressantes, stimulantes, quelque chose qu'on absorbe, digère, rejette ou assimile selon le besoin du lecteur. On doit bien comprendre que travailler dans le monde du spectacle est une affaire purement individuelle. C'est ce qui le rend passionnant. C'est ce qui en fait la magie. Mais ce sur quoi je veux insister encore et encore, c'est que les questions et idées que cet article provoquera peut-être en vous, trouveront leur réponse dans votre propre travail, dans vos propres méthodes, dans votre propre façon de procéder. Nulle lecture, nulle théorie, nulle discussion, ne vous fournira jamais la réponse désirée. Seul le travail lui-même vous l'apportera. Ce qui compte c'est votre point de vue à vous." (Le point de vue du metteur en scène, par Sidney Lumet, Cahiers du cinéma n°94, avril 1959) Jean-Pierre Léaud : Claude Roc Kika Markham : Ann Brown Stacey Tendeter : Muriel Brown

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