
Dominique de Villepin
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Ancien Premier ministre de la République française
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Quand j’entends Marine Le Pen dire que nous n’avons pas les moyens d’aider l’Ukraine, je comprends que la souveraineté n’est pas une priorité pour le Rassemblement national. C’est un aveu de résignation. À l’heure où la France doit affirmer sa fermeté et sa détermination, renoncer à soutenir l’Ukraine envoie à Moscou un signal de faiblesse. Cela encourage le président russe à multiplier les provocations. Notre souveraineté se joue sur tous les fronts : géopolitique, technologique, énergétique, dans l’intelligence artificielle comme dans la décarbonation. Face aux puissances qui veulent nous imposer leur loi, le pouvoir de dire non est un devoir français. Entretien du 27.09.26 sur RTL France
Dominique de Villepin46,249 views • 1 day ago

Une nuit, un taxi, une voix. Cet été, je vous fais découvrir ma playlist, et aujourd’hui j’aimerais vous parler d’une chanson déchirante de Frank Ocean. Prenant pour confident un chauffeur de taxi, sur un fond d'orgue d'église, Frank Ocean lui confie ce qu'il ne peut dire à personne. Un amour impossible, une solitude sans fond, le poids d'un secret trop lourd. Sobre, pudique, voilà un jeune homme entouré de tous les moyens de communication que l'humanité ait jamais inventés, et pourtant son seul interlocuteur possible est un inconnu croisé dans la nuit. Autour de nous, il y a des êtres qui cherchent leur taxi dans la nuit. Un fils, une sœur, un ami, un collègue. Parfois, il suffit d'être là, de rouler, d'écouter. La fraternité commence par cette chose immense et minuscule : offrir à quelqu'un le droit de parler enfin.
Dominique de Villepin1,152,183 views • 1 month ago

Je suis déterminé à porter le combat présidentiel. 80 000 adhérents, premier parti de jeunes de France : nous avons construit en quelques mois un mouvement politique capable de rivaliser avec les plus grandes organisations politiques. Pour garantir son indépendance et porter une campagne présidentielle, la France Humaniste a besoin de vous. Chaque don compte pour faire avancer nos idées. ✅ Donnez sur
Dominique de Villepin110,077 views • 10 days ago

Cela fait vingt ans que je me prépare à être candidat. Je mesure l’immensité de la tâche, je viens avec beaucoup d’humilité devant les Français, et je considère qu’il y a un certain nombre de conditions pour être candidat et recueillir l’adhésion des Français. Il y a là beaucoup d’élus qui sont présents avec moi sur ce plateau. Nous avons aujourd’hui au sein de la France humaniste plus de 80 000 membres. Nous sommes le premier parti de jeunes de France. C’est une force qui se mobilise.
Dominique de Villepin93,033 views • 11 days ago

Cet été, je vous fais découvrir ma playlist, mes coups de cœur. Il y a une chanson qui me hante depuis des années : Dark Globe, de Syd Barrett. Cofondateur de Pink Floyd, il fut l'enfant prodige du Londres psychédélique. Un météore, puis la chute. À vingt-deux ans, ses compagnons doivent l'écarter du groupe qu'il a créé, et il se retire du monde, trente ans durant, chez sa mère à Cambridge. Dark Globe date de ce naufrage. Une voix qui chavire, une supplique, celle d'un homme qui sent qu'il s'éloigne et qui demande qu'on ne l'oublie pas. Un homme en pleine mer et qui agite la main vers le rivage. Nous savons célébrer les génies brisés une fois entrés dans la légende. La vraie question est plus dérangeante : que faisons-nous des êtres fragiles quand ils sont encore parmi nous ? Souvenons-nous que dans nos familles, dans nos écoles, il y a des êtres que leur fragilité rend invisibles. Regardons-les. Parce que les regarder, c'est déjà tendre la main. Et pour l'écouter avec moi, cet été et pour préparer doucement la rentrée, retrouvez en biographie ma playlist sur Deezer.
Dominique de Villepin316,907 views • 1 month ago

Cet été, je vous fais découvrir ma playlist. Un morceau y revient sans cesse : Zombie, de Fela Kuti. En 1976, en pleine dictature militaire au Nigeria, l’inventeur de l’afrobeat ose l’impensable : comparer les soldats de la junte à des morts-vivants, à des automates qui marchent, tirent et tuent sans jamais penser. En réponse, un millier de soldats attaquent sa maison et brûlent son studio. Sa mère est jetée d’une fenêtre et meurt de ses blessures. Fela Kuti aurait pu se taire, s’exiler, renoncer. Il continue à chanter, parce que, si l’on peut brûler une maison, on ne brûle pas une chanson. Les grands crimes de l’histoire ont eu besoin de zombies. Fela Kuti leur oppose le plus haut des courages : le pouvoir de dire non. Non à l’ordre injuste, non à la force sans droit, non à la fatalité. Alors écoutez Zombie. C’est la démonstration, en douze minutes de cuivres flamboyants, que la joie elle-même peut être une forme de résistance.
Dominique de Villepin360,608 views • 1 month ago

Et si l’Europe, en colonisant le monde, s’était aussi abîmée elle-même ? Et si le travail de décolonisation commençait d’abord à l’intérieur, dans notre regard, dans nos mots, dans nos habitudes de pensée ? Voilà les questions que pose Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme. En transformant les peuples en objets, les terres en butin, l’Europe s’est ensauvagée. Première leçon de ce texte : une civilisation se juge à la manière dont elle traite ceux qu’elle pourrait vouloir écraser. Deuxième leçon : la langue est un champ de bataille. Césaire s’attaque aux mots qui anesthésient, comme ces « missions civilisatrices » qui, en réalité, sont une entreprise méthodique de déshumanisation. Il nous impose une discipline de fer : nommer avec justesse. Car mal nommer l’inacceptable, c’est lui permettre de s’accomplir sous le couvert de la respectabilité. Troisième leçon : l’universel n’est pas un masque à géométrie variable. Il n’existe pas de droits de l’homme qui s’arrêtent aux frontières ou à la couleur de peau. Accepter que certains soient « moins humains » que d’autres, c’est permettre la destruction de l’édifice entier de notre dignité. La quatrième leçon, enfin, c’est que l’indifférence est une complicité. Le colonialisme prospère dans l’habitude et le confort des consciences qui s’accommodent de la souffrance lointaine. Dès que la vie de l’autre devient une statistique ou un « dossier », nous préparons le lit des barbaries futures. Lire Césaire aujourd’hui est un acte de vigilance absolue : c’est refuser la chosification sous toutes ses formes, qu’elles soient économiques ou sécuritaires, et tenir l’humanité entière pour seule mesure afin de ne plus jamais laisser la force devenir la loi.
Dominique de Villepin1,102,716 views • 5 months ago

Je voudrais vous parler d’un livre qui déplace nos certitudes. Dans Les Mots et les choses, Foucault montre que chaque époque pense à l’intérieur d’un cadre invisible, d’une grammaire du possible, et que cet ordre change sans que nous en ayons conscience. Il nous dit que nos débats portent sur des cadres de pensée avant de porter sur des opinions, et que contrôler le savoir, c’est contrôler le possible. Il nous dit aussi qu’une société qui oublie que ses catégories sont construites les transforme en essences, ce qui constitue le premier pas vers la déshumanisation. Lisons Foucault et gardons quelques gestes simples d’humanité : quand un débat s’enflamme, demandons-nous qui a le pouvoir de nommer, de définir, de classer. Quand une technologie promet l’objectivité, demandons-nous quel tableau elle construit et à qui il profite. Quand une société devient dure, demandons-nous quel « homme » elle fabrique. Notre époque se croit moderne parce qu’elle possède des machines puissantes. La vraie modernité serait de garder la liberté de penser autrement qu’elles, de rappeler que derrière les mots il y a des choses, et derrière les choses des vies. Si nous perdons ce lien, nous perdrons plus qu’un débat, nous perdrons notre humanité.
Dominique de Villepin309,923 views • 1 month ago

Je voudrais parler d’un enjeu majeur dont presque aucun candidat ne parle : la culture. Nous vivons une fausse abondance, une abondance de flux et une rareté du sens. Nous brûlons notre attention comme on brûle du pétrole. Et pendant ce temps, personne ne pose la vraie question : qu’est-ce qui nourrit un peuple ? Qu’est-ce qui élève un enfant ? Qu’est-ce qui fait qu’une nation se reconnaît dans un récit commun ? La France a répondu deux fois. En 1959, le Général de Gaulle avec Malraux : la culture pour tous. En 1981, François Mitterrand avec Jack Lang : la culture de tous. Depuis vingt ans, trop souvent, on se satisfait de la simple gestion, des guichets et des organigrammes. Nous n’avons jamais consacré autant de moyens à la culture, et pourtant jamais la vision n’a semblé aussi faible. Pendant que nous gérions, les plateformes ont pris la main sur une part croissante de l’imaginaire de nos enfants, les empires ont fait de la culture une arme, la Corée du Sud a fait de l’exportation culturelle une stratégie de puissance, et les machines se sont entraînées sur des millions d’œuvres sans garantir à leurs auteurs une juste rémunération. Je propose le troisième âge de notre politique culturelle : la culture par tous. Entre le marché total qui vend nos imaginaires et les empires qui les dictent, la France peut porter un troisième chemin : la culture comme bien commun, libre dans sa création, publique dans son accès, exigeante dans sa transmission.
Dominique de Villepin80,456 views • 14 days ago

Décrétons la République culturelle. Ma première mesure pour la culture ? Installer la culture à l’Élysée, la faire entrer dans le domaine réservé du Président de la République, comme la politique étrangère et la défense. À l’heure de la vassalisation des esprits, la culture sera le cœur de notre nouvelle politique d’indépendance. Après la culture pour tous, la culture de tous, nous ferons la culture par tous, en donnant à chaque enfant la possibilité d’exprimer son talent. La culture est aussi notre premier lieu de réconciliation : celui où les corps et les esprits se rassemblent, et où chacun s’affirme pleinement comme citoyen de la République française. Nous instaurerons une véritable solidarité dans le secteur culturel en mettant en place des mécanismes de répartition entre les grandes et les petites salles. Nous créerons une Maison des arts dans chaque bassin de vie. À Avignon, j’ai présenté mon programme culturel pour redresser la France par l’esprit. Retrouvez toutes mes propositions dans ma dernière chronique : “La République Culturelle : Vivants, Toujours !” sur le site
Dominique de Villepin331,525 views • 2 months ago

Je défends la République du respect, dans laquelle, il n'y a pas « deux poids deux mesures », dans laquelle il n'y a pas de place pour des mots aux échos tragiques comme « nuisibles ». Bernard Arnault n'est ni en dessous, ni au dessus des lois. La règle est, et doit être, la même pour tous. Partout et en toute circonstance ma position est la même, au national comme à l'international, sur Gaza, sur l'Ukraine, sur la justice sociale, sur la laïcité : pas de deux poids, deux mesures. Concernant le CPE, quel confort, Madame Aubry, de jouir de la certitude d'avoir été du bon côté ! Moi je ne connais pas cette satisfaction. J'ai écouté la rue, j'ai retiré le texte, mais vingt ans plus tard toujours rien n'a été fait pour répondre à la question concrète de l'égalité des chances : quelles solutions pour les jeunes de banlieues, qui restent encore et toujours stigmatisés et essentialisés, sans stage et sans emploi, ubérisés et deliverooisés ? Dominique de Villepin
Dominique de Villepin139,065 views • 29 days ago

Je suis pour la justice sociale, ce qui me met à gauche. Je suis pour l’ordre républicain, ce qui me met à droite. Mais je suis surtout conscient du drame français. Vous auriez posé la question aux membres du Conseil national de la résistance en 1943 ? Je ne crois pas que quand les Français voient le prix de l’essence, la situation du budget, ils réagissent en homme ou femme de droite, ou de gauche. Ce sont des citoyens malheureux, et les citoyens malheureux veulent d’abord le meilleur pour leur pays.
Dominique de Villepin47,811 views • 11 days ago

J’ai moi-même fait mon service militaire en mer rouge, à Djibouti. J’ai bien vu ce que cela impliquait pour nos armées. Je ne rétablirai pas la conscription. En revanche, il faut prendre en compte l’évolution de la guerre, sous toutes ses formes. Je suis pour un renforcement citoyen à l’échelle de la nation, pour faire face aux catastrophes naturelles, aux cyber-attaques. Chaque Français doit savoir ce qu’il fera si la nation est attaquée. C’est une culture à développer.
Dominique de Villepin43,918 views • 11 days ago

Je mesure 1 mètre 91 : je ne rentre dans aucune case ! Il nous faut sortir des vieilles recettes politiques. Je ne me reconnais pas dans ces cases qui cloisonnent le débat et empêchent de se concentrer sur l’essentiel : l’intérêt général de la France et des Français. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans un fourre-tout idéologique comme certains ont pu le faire, mais de se fixer des principes et des boussoles qui nous permettront de faire face à l’état d’urgence républicaine. J’ai choisi les miens : l’ordre républicain et la justice sociale. L’un ne va pas sans l’autre. Je sais d’où je viens, et je souhaite parler à tous les Français, d’où qu’ils viennent ou quels que soient leurs engagements. Ce que je souhaite, c’est échanger, proposer, construire, inventer, transformer l’existant et imaginer un nouvel avenir pour protéger chaque citoyen. C’est la démarche et l’ambition que je me suis fixées et auxquelles je compte me tenir pour l’avenir. Entretien du 11.09.25 sur franceinfo
Dominique de Villepin945,440 views • 1 year ago

La dissolution aura lieu. Demain ou dans quelques semaines. Avec un risque : celui de l’extrême droite. Celle qui a gouverné en 1940. Celle qui sera toujours tentée de s'aligner sur des puissances étrangères illibérales. Nous n'avons plus le choix. Il est de notre devoir de réunir au plus vite les forces sociales, écologistes, républicaines, humanistes pour qu'elles se rassemblent. Entretien du 11.10.25 sur BFM
Dominique de Villepin874,238 views • 11 months ago

Je veux vous parler de l'école, parce que l'école, chacun de nous la porte en soi. L'école a fait la République, et la République a fait l'école. Aujourd'hui, cette promesse se brise. Nos CM1 sont derniers de l'UE en mathématiques, 3 élèves sur 10 entrent en sixième sans savoir lire, et les candidats aux concours d'enseignants ont été divisés par deux en 25 ans. Et l'école trie. 64 % des élèves des grandes écoles viennent des 23 % les plus favorisés. Nous avons laissé l'école devenir un marché : marché des places, marché des études, marché de l'avenir. Et dans un marché, ce sont toujours les mêmes qui gagnent. Alors, que faire ? Priorité absolue au primaire, parce que tout se joue avant 11 ans. Exiger de l'enseignement privé financé par l'argent public sa pleine part des obligations de service public, à commencer par la mixité. Nos enfants doivent apprendre ensemble puisqu'ils auront à vivre ensemble. Renouveler le cadre scolaire, en consacrant les matinées aux savoirs fondamentaux, les après-midi aux savoir-faire pratiques et manuels, pour former des personnes entières, avec une tête, un cœur et des mains. En finir avec le tri trop précoce : un lycée commun jusqu'à 18 ans, où chacun compose son parcours par modules. Sortir de la solitude de l'orientation : remplaçons la boîte noire de Parcoursup, machine à stress, machine à refus, machine à solitude, par 3 vrais rendez-vous avec des professeurs en chair et en os. Rien ne changera sans les enseignants. Leur rendre du temps, de l'autorité, une perspective, une juste rémunération, et aller chercher de nouveaux hussards noirs de la République dans les quartiers populaires, les campagnes, les secondes carrières. Protéger enfin l'école du harcèlement, de la compétition qui épuise trop tôt et du bruit des réformes permanentes, avec un pacte de stabilité scolaire, 10 ans de constance. Les moyens existent. Un élève sur sept en moins dans 10 ans. Je maintiendrai chaque euro du budget de l'éducation, soit 13 % de moyens en plus par élève. Chaque génération a agrandi la promesse. La nôtre l'a laissée rétrécir. À nous de l'agrandir de nouveau.
Dominique de Villepin118,833 views • 1 month ago

La première personne que je ferai entrer au Panthéon sera un tirailleur sénégalais. Notre histoire est faite de beaucoup d’ingratitude, et j’aime que la France reconnaisse ses dettes. Je suis issu d’une lignée de militaires, et beaucoup de mes parents ont combattu aux côtés de tirailleurs algériens, de tirailleurs sénégalais. Je sais que sans eux la France ne serait pas la même. Mais nous n’oublions pas comment nous avons traité les tirailleurs sénégalais, le massacre de Thiaroye, les stratégies pour éviter de payer leurs pensions. Alors j’estime que nous avons, vis-à-vis de l’Afrique, un devoir de reconnaissance central. Entretien du 30.08.26 sur BFM
Dominique de Villepin67,370 views • 28 days ago

Merci à François Ruffin pour cet échange riche, dans une salle qui aurait pu être celle où se réunirent les hommes du Conseil national de la Résistance ou celle où, en juin 1789, des députés décidèrent de ne plus se séparer avant d’avoir donné une Constitution à la France. Nous partageons une conviction : il faut faire dérailler le train fou de l’Histoire. Je suis resté gaulliste, attaché à un gaullisme social, humaniste, républicain, écologique et culturel. Je ne me résigne pas à une victoire de l’extrême droite. Je veux donc parler avec tous ceux qui, d’où qu’ils viennent, refusent cette fatalité et cherchent à remettre l’intérêt général au cœur de la politique. François Ruffin a, à mes yeux, un mérite particulier : dans un temps où la politique s’est trop souvent éloignée des réalités quotidiennes, il va au contact du réel, il écoute, il regarde, et il cherche à réparer ce qui peut l’être. Nous ne sommes pas d’accord sur tout. Mais la République ne se reconstruira pas entre gens qui pensent déjà la même chose. Elle se reconstruira entre ceux qui acceptent de partir du réel et de chercher ce qui peut encore nous réunir.
Dominique de Villepin57,782 views • 25 days ago

Cet été, je vous fais découvrir ma playlist. Dans Let England Shake, l’album que PJ Harvey a consacré, en 2011, à la guerre, j’aurais pu tout recommander. Mais je choisis une seule chanson : The Words That Maketh Murder. C’est la guerre vue d’en bas, celle des soldats de Gallipoli en 1915, celle des corps abandonnés, des membres arrachés, des jeunes hommes fauchés par vagues entières pour quelques mètres de terrain. Et l’horreur absolue chantée sur des mélodies presque enfantines, par une voix haut perchée, sur un air de comptine, comme ces chansons de marche que fredonnaient les soldats pour ne pas devenir fous. J’ai passé une partie de ma vie à étudier la guerre, à la côtoyer dans l’exercice de la diplomatie, à tenter de l’empêcher. PJ Harvey a compris ce que bien des chancelleries oublient : la guerre commence toujours par des mots. Des mots qui déshumanisent l’adversaire, des mots qui promettent une victoire facile, des mots qui fabriquent le meurtre avant la première balle. J’entends dans cette chanson le rappel que, face à la barbarie, il n’existe que deux voies : la vengeance infinie ou le droit, seule invention humaine capable d’interrompre le cycle du sang. À l’heure où la guerre est revenue en Europe et déchire le Proche-Orient, écoutez cette chanson. Écoutez tout l’album. C’est l’œuvre d’une poétesse qui dit non.
Dominique de Villepin109,282 views • 1 month ago