
Dominique de Villepin
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Ancien Premier ministre de la République française
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Et si l’Europe, en colonisant le monde, s’était aussi abîmée elle-même ? Et si le travail de décolonisation commençait d’abord à l’intérieur, dans notre regard, dans nos mots, dans nos habitudes de pensée ? Voilà les questions que pose Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme. En transformant les peuples en objets, les terres en butin, l’Europe s’est ensauvagée. Première leçon de ce texte : une civilisation se juge à la manière dont elle traite ceux qu’elle pourrait vouloir écraser. Deuxième leçon : la langue est un champ de bataille. Césaire s’attaque aux mots qui anesthésient, comme ces « missions civilisatrices » qui, en réalité, sont une entreprise méthodique de déshumanisation. Il nous impose une discipline de fer : nommer avec justesse. Car mal nommer l’inacceptable, c’est lui permettre de s’accomplir sous le couvert de la respectabilité. Troisième leçon : l’universel n’est pas un masque à géométrie variable. Il n’existe pas de droits de l’homme qui s’arrêtent aux frontières ou à la couleur de peau. Accepter que certains soient « moins humains » que d’autres, c’est permettre la destruction de l’édifice entier de notre dignité. La quatrième leçon, enfin, c’est que l’indifférence est une complicité. Le colonialisme prospère dans l’habitude et le confort des consciences qui s’accommodent de la souffrance lointaine. Dès que la vie de l’autre devient une statistique ou un « dossier », nous préparons le lit des barbaries futures. Lire Césaire aujourd’hui est un acte de vigilance absolue : c’est refuser la chosification sous toutes ses formes, qu’elles soient économiques ou sécuritaires, et tenir l’humanité entière pour seule mesure afin de ne plus jamais laisser la force devenir la loi.
Dominique de Villepin1,092,154 views • 2 months ago

Aujourd’hui, 23 juin 2026, la France fait entrer Marc Bloch au Panthéon. À cette occasion, je voudrais vous parler du « non » de Marc Bloch. Un « non » qui unit chez un même homme le savant, le citoyen, le soldat, le résistant. Le premier non de Marc Bloch est peut-être le plus évident, c’est le non à l’abdication. Lorsque Vichy l’exclut de la fonction publique en vertu du statut des Juifs d’octobre 1940, il entre dans la clandestinité, rejoint Franc-Tireur puis les Mouvements unis de la Résistance, est arrêté, torturé, puis exécuté par la Gestapo le 16 juin 1944. Mais ce non de l’action a été préparé par un non de l’intelligence. L’Étrange Défaite est un refus de l’alibi, des consolations faciles, des explications paresseuses. C’est un non à la résignation nationale comme au mensonge patriotique. Il aime la France assez pour ne pas lui mentir. Le « non » de Marc Bloch est une fidélité. À la vérité contre le confort. Au pays contre ses mensonges. À la liberté. À une époque saturée de récits faciles, de simplifications identitaires, de manipulations du passé, de brouillages volontaires de la vérité, Marc Bloch nous rappelle qu’il n’y a pas de liberté commune sans probité intellectuelle.
Dominique de Villepin32,227 views • 4 days ago

La dissolution aura lieu. Demain ou dans quelques semaines. Avec un risque : celui de l’extrême droite. Celle qui a gouverné en 1940. Celle qui sera toujours tentée de s'aligner sur des puissances étrangères illibérales. Nous n'avons plus le choix. Il est de notre devoir de réunir au plus vite les forces sociales, écologistes, républicaines, humanistes pour qu'elles se rassemblent. Entretien du 11.10.25 sur BFM
Dominique de Villepin873,907 views • 8 months ago

Je mesure 1 mètre 91 : je ne rentre dans aucune case ! Il nous faut sortir des vieilles recettes politiques. Je ne me reconnais pas dans ces cases qui cloisonnent le débat et empêchent de se concentrer sur l’essentiel : l’intérêt général de la France et des Français. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans un fourre-tout idéologique comme certains ont pu le faire, mais de se fixer des principes et des boussoles qui nous permettront de faire face à l’état d’urgence républicaine. J’ai choisi les miens : l’ordre républicain et la justice sociale. L’un ne va pas sans l’autre. Je sais d’où je viens, et je souhaite parler à tous les Français, d’où qu’ils viennent ou quels que soient leurs engagements. Ce que je souhaite, c’est échanger, proposer, construire, inventer, transformer l’existant et imaginer un nouvel avenir pour protéger chaque citoyen. C’est la démarche et l’ambition que je me suis fixées et auxquelles je compte me tenir pour l’avenir. Entretien du 11.09.25 sur franceinfo
Dominique de Villepin945,440 views • 9 months ago

Gouvernons la France comme Luis Enrique entraîne le PSG. Avec deux règles simples. La première : jouer collectif. La seconde : insuffler un nouvel esprit, casser les habitudes, remettre chacun dans le mouvement, donner à tous la même consigne : faites le travail sur tout le terrain, courez, soutenez-vous, ne séparez pas la première et la deuxième ligne. Tout le monde a sa place. Tout le monde peut agir. Tout le monde peut marquer pour son pays. C’est ainsi que nous remettrons de l’ordre dans une France en souffrance : par l’exigence, par la confiance, par le collectif. Ce week-end, les Tricolores étaient à la fête : le PSG en Ligue des champions, Victor Wembanyama avec San Antonio, Moïse Kouamé à Roland-Garros. Prenons exemple sur nos sportifs : ils nous rappellent qu’on ne gagne jamais seul, qu’on ne gagne jamais sans discipline, et qu’un pays retrouve sa force lorsqu’il recommence à jouer ensemble. Entretien du 31 mai 2026 sur franceinfo
Dominique de Villepin76,578 views • 26 days ago

« D'où vient que la maison se casse en deux à l’intérieur de nous. » - Khalil Hawi Ce grand poète libanais s'est suicidé en 1982 en apprenant l'occupation de son pays. Nous franchissons une nouvelle étape dans l'histoire du Liban. Chaque Libanais est aujourd'hui victime d'une nouvelle agression. Chaque Libanais est divisé en deux. Et le pays se divise entre des visions irréconciliables. Mesurons notre responsabilité de Français, d'Européens, vis-à-vis de ce peuple ami. Cette tragédie nous concerne, nous Français, plus que tout autre. Ce qui se casse là-bas peut annoncer ce qui, demain, pourrait se briser en Europe même.
Dominique de Villepin198,904 views • 2 months ago

« Vous êtes candidat ? Vous êtes de gauche ou de droite ? À quel moment allez-vous l’annoncer ? » Toujours les mêmes questions, en boucle, sur tous les plateaux, dans tous les médias, et ces questions je les comprends. Je n’en veux à personne de les poser. Mais il y a une question que personne ne m’a jamais posée, alors je me la pose à moi-même. « Quelle France voudrais-je laisser à mes enfants ? »
Dominique de Villepin36,787 views • 15 days ago

Perceval. Son nom a traversé les siècles et nous parvient aujourd’hui comme l’un des plus célèbres héros de la cour du roi Arthur. Rien ne prédestinait pourtant l’enfant qu’il était à devenir chevalier, lui que sa mère protégeait jalousement de la violence et de la civilisation. Dans Le Conte du Graal, de Chrétien de Troyes, l’adolescent quitte l’enfance rustique pour la chevalerie brillante. Il apprend ce nouveau monde par l’imitation, appliquant des règles sans en saisir le sens, jusqu’à transformer le conseil de son initiateur - « ne parle pas trop » - en un absolu sclérosant. Reçu au château du Roi Pêcheur, il assiste à la procession de la lance qui saigne et du Graal, mais s’enferme dans un silence de pure procédure. Il manque ainsi l’essentiel : poser la question qui sauve, celle qui reconnaît la douleur de l’autre et transforme la curiosité en acte de charité. Si j’ai voulu partager avec vous ce récit, c’est parce qu’il nous livre quatre enseignements d’une modernité intacte. D’abord, l’innocence n’est pas la bonté, parce qu’être juste, c’est écouter et comprendre. Ensuite, les règles peuvent être dangereuses quand elles sont sans esprit, et une société se perd lorsqu’elle sacralise les procédures au détriment de leur fidélité humaine. Troisièmement, la question est un acte majeur, une épreuve de conscience, une rupture avec l’indifférence. Enfin, l’apprentissage est un deuil, et l’on perd toujours un peu de soi en affrontant son destin. Le roman est inachevé, et c’est tant mieux. Nous ne saurons jamais si Perceval atteint le Graal tant recherché. Mais ce qui compte vraiment, c’est d’en être digne. Et cela commence par cette phrase simple adressée à la souffrance d’autrui : « Que signifie ta douleur ? Que puis-je faire pour t'aider ? »
Dominique de Villepin109,935 views • 1 month ago

Dostoïevski est un écrivain rare parce qu’il sait relier l’intime et le commun. Il déterre ce que nous avons de plus fragile pour en faire une vérité universelle. Dans les Carnets du sous-sol, il nous tend un miroir discret mais implacable : il nous fait descendre dans cette « cave » intérieure où s’accumulent les petites humiliations, les rancœurs, la peur d’être vu tel que l’on est. Si je partage ce livre aujourd’hui, c’est parce qu’il éclaire une tentation très humaine : rester attaché à sa blessure, parce qu’elle est familière, plutôt que risquer la guérison et s’employer à vivre. Le narrateur veut être reconnu, mais il se défend de tout par l’ironie, la contradiction, le retrait. Il souffre, et il se fait souffrir encore, comme si la douleur était devenue une manière d’exister. Dostoïevski ne moralise pas. Il regarde. Et il laisse une leçon simple, presque tendre : la vengeance n’apaise pas, elle enferme ; la vérité, elle, libère. La force commence peut-être là, dans l’acceptation de sa fragilité, dans ce pas vers soi et vers l’autre qui coûte, mais qui ouvre et libère. En 2026, dans un monde où la colère circule vite, c’est une boussole précieuse : ne pas faire de sa blessure une identité, ne pas laisser le ressentiment gouverner sa vie.
Dominique de Villepin275,392 views • 4 months ago

« La Conférence des oiseaux », de Farid al-Din ‘Attar, grand poème mystique persan, écrit dans la beauté pure de la langue persane, nous éclaire aujourd’hui avec la force d’une lumière qui a traversé les siècles sans rien perdre de son éclat. Le peuple des oiseaux se cherche un roi. Un roi sage, puissant, rayonnant. Cette quête les conduira à traverser sept vallées : la vallée de la quête, de l’amour, de la connaissance, du détachement, de l’unité, de la stupeur, de l’effacement. Jusqu’à découvrir que le roi qu’ils cherchaient n’était pas dehors, mais dans leur reflet commun, « si morgh », « trente oiseaux ». Ils se dépouillent de leur ego, de leur peur, de leurs préjugés, et nous offrent trois grandes leçons pour aujourd’hui. Une leçon de responsabilité collective, une leçon d’exigence personnelle, une leçon de mesure. Dans un monde pétri de rivalités, de tensions et de craintes, prenons ensemble le temps d’écouter cette voix qui nous parvient du XIIe siècle. Prenons le temps de grandir ensemble.
Dominique de Villepin225,739 views • 3 months ago

À mesure que l’on se rapproche de l’élection présidentielle, trois questions vont se poser : Qui est capable de faire face à Donald Trump, à Xi Jinping ou à Vladimir Poutine pour défendre les intérêts de la France ? Qui est capable de défendre la souveraineté de la France, technologique, financière, économique, sécuritaire, en créant par exemple un grand fonds de souveraineté et de solidarité ? Qui est capable de répondre aux problèmes des Français, de réparer l’État, qui ne fonctionne plus, de réparer la République, de redonner du bonheur à un pays malheureux ? La situation est d’autant plus grave que la fonction présidentielle n’a cessé de s’abîmer depuis 2007. Le défi que nous devons relever, c’est d’apprendre à nouveau à gouverner avec les Français, pour les Français. J’y suis prêt. Entretien du 26.04.26 sur France tv
Dominique de Villepin107,828 views • 1 month ago

Il y a des scènes qui traversent les siècles parce qu’elles parlent profondément de nous et de ce que nous sommes. Dans l’Evangile selon Saint Jean, il en est une qui nous atteint profondément, quelles que soient nos croyances, nos convictions religieuses, nos inclinaisons à la foi. Ce n’est pas une parabole au sens strict, mais elle résonne aujourd’hui particulièrement, parce qu’elle nous rappelle qu’il ne faut jamais accepter l’immédiateté du verdict, qu’il est toujours essentiel de faire commencer la vérité par soi-même, que la justice sans conscience n’est que violence, que la miséricorde n’est pas le laxisme, et que la justice ne doit jamais humilier, mais relever, redonner du corps et du souffle. En 2026, retenons l’exigence sans jeter la pierre.
Dominique de Villepin274,392 views • 4 months ago

Personne ne regrettera Nicolas Maduro. Il a mis son pays en faillite et en ruine, avec huit millions d’exilés. Mais cela ne justifie pas que les États-Unis remettent unilatéralement en cause la souveraineté d'un État. Ce qui se joue, c'est une remise en cause de l’ordre mondial. L’illimitisme des Empires, la prédation des États-Unis sur les ressources. Donald Trump vient de mettre la main sur la plus grande station essenc du monde. Entretien du 04.01.2025 sur BFM
Dominique de Villepin295,647 views • 5 months ago

Je ne pourrai jamais mettre un bulletin du Rassemblement national dans l'urne. Je connais son histoire, le poids de son héritage, ses traditions. Ils jouent sur les peurs et désignent des boucs émissaires là où il faudrait agir pour redresser et réconcilier le pays. Il y a un risque fondamental : celui du piège identitaire, sécuritaire, autoritaire. Entretien du 02.11.25 sur BFM
Dominique de Villepin382,886 views • 7 months ago

Alfred Hitchcock. Un œil, une pensée en mouvements. Un cinéaste qui savait dire la vie. En 1958, il réalise Vertigo. D'abord accueilli froidement, ce film deviendra l'un des plus admirés de l'histoire du cinéma. À travers l'histoire de Scottie Ferguson, policier hanté par le vertige et l'obsession, Hitchcock invente une méditation implacable sur le désir, l'image et la perte. Une spirale : celle d'un homme qui préfère son rêve à la femme vivante qui se tient devant lui. Ce film, qui nous bouleverse encore aujourd'hui, est un film qui dit non à l'amour de possession. Non à la toute-puissance du regard. Plus il regarde, moins il voit. Non, enfin, au fantasme de recommencement. Par sa forme, par ses choix d'artiste, Hitchcock fait du style lui-même une expérience morale. Vertigo nous avertit que le regard peut être une violence lorsqu'il veut imposer à l'autre la forme de son manque. Il nous rappelle qu'un homme ne se sauve jamais en voulant refaire le monde à l'image de sa blessure, et que laisser le désir transformer l'autre en fiction, c'est détruire la vérité même de la rencontre.
Dominique de Villepin48,598 views • 27 days ago

La pauvreté n'a pas disparu. Nous avons seulement cessé d'en parler. Comment ne pas lire ces chiffres avec révolte ? 2 000 enfants dorment dans la rue. 1 Français sur 7 vit en dessous du seuil de pauvreté. Derrière ces chiffres, il y a des vies, des visages, des histoires. Ceux que nous voyons dans la rue, et ceux que nous ne voyons pas : les travailleurs pauvres, les retraités isolés, les étudiants qui sautent des repas, les familles qui vivent dans des logements indignes. L'exigence de justice commence par la dignité rendue aux plus pauvres.
Dominique de Villepin358,346 views • 7 months ago

Je ne crois ni en une « vieille France », objet de fantasmes identitaires, ni en une « nouvelle France » qui prétendrait rompre avec notre histoire et notre héritage. Je crois en la France. Dans sa diversité, dans ses brassages, dans son histoire. Je crois en cette France qui regarde vers l’avenir, celle qui croit à des lendemains meilleurs et qui sait qu’elle ne les atteindra que par la solidarité et l’humanisme. Nous ne voulons vivre ni dans la nostalgie d’un passé imaginaire, ni dans une France sans racines. Nous voulons vivre et faire vivre cette France qui est un projet universel, un projet d’avenir et un idéal commun.
Dominique de Villepin290,768 views • 7 months ago

Il y a 9 mois, nous avons fondé la France Humaniste. Un mouvement différent, singulier, unique, pour réunir des femmes et des hommes désireux de défendre ensemble un nouveau projet républicain autour de deux promesses : la justice sociale et l’ordre républicain. Un mouvement dans lequel il n’y aura pas de chefs, pas de guerres intestines, encore moins de soldats aux ordres. Aujourd’hui, nous sommes plus de 60 000, dans tous les départements, sur tous les continents. Pendant ces neuf mois, je suis venu à votre rencontre. À Marseille, Bordeaux, Garges-lès-Gonnesse, Mantes-la-Ville, Grenoble, Fort-de-France, Damazan, Nantes, à Lille, et dans tant d’autres villes. Partout, vous m’avez demandé : « Quand est-ce qu’on passe à l’action ? » C’est aujourd’hui. Partout, je vous lance un appel. Créez des cercles humanistes. Dans votre quartier, dans votre ville, dans votre village. Retrouvez-vous autour d'une table pour échanger, pour réfléchir, et surtout pour vous écouter, pour débattre. Géographiques, thématiques, professionnels : ces cercles vous appartiennent. Ils doivent vous ressembler, ressembler à votre diversité et à la pluralité de vos idées et de vos parcours. Ils seront l’échelon de base de notre mouvement, le coeur militant sur lequel nous allons construire notre force et notre puissance. Avec la France Humaniste, nous avons essayé de penser à tout. Désormais, sur le site internet, vous pouvez créer votre cercle humaniste, et accéder à tous les outils pour vous aider à organiser des événements, partout dans le pays. Avec quelques amis, quelques voisins, quelques camarades, avec les femmes et les hommes qui vous entourent et qui veulent s'engager. Et nous voulons que vous fassiez déborder ce mouvement, que vous en preniez possession, que vous en deveniez les ambassadeurs et les moteurs. À très bientôt, Dominique de Villepin.
Dominique de Villepin122,307 views • 3 months ago