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Dans une note de plusieurs dizaines de pages, l’Observatoire de l’immigration et de la démographie alerte sur la différence de niveau entre élèves autochtones et élèves issus de l’immigration, alors que les professeurs appliquent une «logique de nivellement par le bas».

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🔴Alors même que l’emballement quantitatif de l’immigration force l’Éducation nationale à multiplier les dispositifs spécifiques et change le visage de notre école (+153 % d’allophones nouvellement arrivés depuis 2007 ; 1 élève de CM1 sur 5 qui parle une autre langue que le français à la maison !), son impact sur notre système éducatif demeure l’éléphant dans la pièce. Cette situation constitue une anomalie démocratique et un drame politique, tant elle empêche de poser les diagnostics permettant, demain, d’apporter les bons remèdes. Dans une note de 40 pages publiée aujourd’hui par l’Observatoire de l'immigration et de la démographie, j’ai voulu, chiffres et exemples à l’appui, mettre fin à l’omerta et expliquer que l’immigration, bien qu’elle ne soit pas à l’origine de l’effondrement de notre école, en exacerbe l’ensemble des maux : - Chute du niveau moyen : dans 73 % des pays de l’OCDE et, selon Pisa, particulièrement en France, où les élèves issus de l’immigration ont 2,4 fois plus de chances que les élèves d’ascendance française de se retrouver parmi les élèves peu performants en mathématiques, cumulant jusqu’à un an et demi de retard scolaire, au prix d’un taux de redoublement plus élevé et d’un niveau de diplômes moindre. - Prolifération de violences, de contestations d’enseignements et de tensions ethno-identitaires d’un genre nouveau, dans l’éducation prioritaire mais plus largement sur l’ensemble du territoire national, alors même que le climat scolaire français est déjà le 3e le plus dégradé de l’OCDE. - Renforcement de l’hétérogénéité des classes et des difficultés des professeurs à faire cours : selon TALIS, seuls 8 % des enseignants français se disent préparés à travailler dans des environnements multiculturels, contre 26 % en moyenne dans l’OCDE. Ces difficultés n’empêchent en rien l’existence de trajectoires de sur-réussite scolaire - la diaspora d’Asie du Sud-Est notamment - ni celle de nombreux jeunes issus de l’immigration, de toutes origines, qui se battent et qui réussissent : 13,4 % d’entre eux figurent dans le quart supérieur des résultats en français selon PISA. Ce n’est pas le binational que je suis qui niera cette réalité !

Joachim Le Floch-Imad

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Avec plus d’un élève de CM1 sur cinq qui parle une autre langue que le français à la maison et 41,6 % des moins de 4 ans qui sont immigrés ou d’origine immigrée (INSEE), l’immigration transforme en profondeur notre école. Elle n’est pas la seule cause de son délitement mais elle en amplifie toutes les difficultés. L’immigration renforce en particulier l’hétérogénéité des classes et abaisse le niveau moyen, chez nous comme dans 70 % des pays de l’OCDE. Les données officielles sont sans appel : PISA, par exemple, montre que les élèves issus de l’immigration ont 2,4 fois plus de risques que les élèves dits « autochtones » de figurer parmi les moins performants en mathématiques. À ces fragilités scolaires s’ajoutent des chocs culturels, un ressentiment post-colonial et des contestations de la laïcité que l’immigration, lorsqu’elle devient quantitativement hors de contrôle, ne fait qu’exacerber. Cette réalité n’exclut pas les belles trajectoires à l’échelle individuelle. Ni ne signifie qu’il faille céder à la stigmatisation ou à la discrimination de qui que ce soit - étant moi-même d’origine extra-européenne, je serais de toute manière très mal placé… Il y a urgence en revanche, au sommet de l’Etat, à poser les bons diagnostics et à reprendre en main les flux migratoires. L’école n’est pas un sanctuaire mais une caisse de résonance des fractures et des maux de la société. On ne remettra de l’ordre dans la première qu’en remettant de l’ordre dans la seconde.

Joachim Le Floch-Imad

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